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28 décembre 2020

Pas de voeux en vue (Exmed)


    C’était pourtant si facile ces formules ! Bonne année, bonne santé. Le plus important, c’est la santé. Bonheur, santé, prospérité. Mes voeux les plus sincères. La liste, accompagnée des gestes rituels d’accompagnement était interminable.

Quand vint Covid numéro 19,  tout devint vain. La foi en la puissance sur le réel de ce que nous pouvions déclarer souhaiter aux autres en face s’était volatilisée.


   Alors, on baisse les bras de désespoir ? Pas question, le vivant n’accepte pas de mourir. The show must go on, le groupe de rock britannique Queen nous le chante depuis 1991.
Voici, en guise de roue de secours, la LEM 1205 : Vivre autrement 2021.

 1er janvier 2021
François-Marie Michaut

Vivre autrement 2021 (LEM1105

       
   Claire Marin, dans Le Monde du 27 décembre 2020, évoque «l’idée de devoir vivre autrement». Elle aurait surgi «douloureusement» en nous ces derniers trimestres. Pourquoi cette douleur ressentie ? Est-ce la prise de conscience diffuse d’avoir perdu au quotidien une grande partie de notre animalité groupale fondatrice ? Perte provisoire, espérons nous de façon infantile, avec l’espoir de revenir au monde d’avant. Comme si nous n’avions à affronter qu’un accident de parcours (1) uniquement causé par un méchant agent infectieux à éliminer.



   Nous ne parvenons pas, et les discours scientifiques ne nous y aident pas, à renoncer à la notion de pandémie. Celle-ci suppose une temporalité virale stricte avec un avant, un pendant croissant puis décroissant et... une fin. La probabilité que  le Coronavirus 2 soit déjà devenu endémique n’est pas nulle. Malgré tous ses efforts Homo sapiens continue à vivre avec comme redoutables compagnons la tuberculose, le paludisme, le sida et une foule d’autres envahisseurs microbiologiques. Malgré les médicaments, des humains meurent chaque jour, dans tous les pays, d’infections bactériennes inguérissables avec nos méthodes les plus sophistiquées. Nous ne sommes pas toujours les plus forts. Quel orgueil que de penser que nos techniques et nos connaissances ont - ou auront-  le pouvoir de faire disparaitre totalement et définitivement quelque virus que se soit !

Qu’est-ce que ça peut être alors que ce vivre autrement qui nous est imposé par la réalité ? Il serait présomptueux (et probablement ridicule, ce qui n’est jamais mortel) que de vouloir en proposer un contenu acceptable par le plus grand nombre. L’illusion que l’on est plus fort, plus intelligent, plus heureux même, quand on est en groupe que quand on est seul a volé en éclat avec le confinement, les gestes barrières sociales, les interdictions officielles. Le groupal (2) est devenu non essentiel dans nos têtes. Chacun face à soi-même sans échappement possible vers d’autres pouvant nous rassurer sur la pertinence et le bien fondé des choix que nous avons à faire en permanence. Le défi n’est pas mince, mais nous n’avons plus le choix dans la vraie vie, pas celle des médias, de la communication ou de l’internet avec ses réseaux virtuels.

Faut-il se désespérer devant l’immensité de la tâche à accomplir ? La tentation est grande pour qui prend comme grille de lecture celle de l’histoire et ne comprend pas que le futur n’est pas la projection géométrique du passé au présent déterminant le futur (3). Malgré des feux de paille trompeurs  dans le monde virtuel, bien des illusions se heurtant durement à la réalité sont en train de se déliter (4). Nous n’avons pas d’alternative, faire notre propre ménage intérieur « sans filet» des forces personnelles nous déterminant , c’est cela le vivre autrement pour l’année 2021.

Et pas le moindre manuel de savoir-vivre ou de méthode pour les nuls à se mettre sous la dent. Alors, tel Don Quichotte dans ses combats, on y va bravement.
                                          François-Marie Michaut
________________

Notes :

(1) Pour aller vers quoi ? La question demande d’être éclaircie. Faute de pouvoir répondre à cette question élémentaire, le parti d’Emmanuel Macron  : la République en marche patauge.



(2) Pour illustration, le slogan politique de Ségolène Royal en mai 2007 faisant scander à une foule de militants : Tous ensemble, tous ensemble !

(3) Ph. Guillemant, La route du temps, théorie de la double causalité, ( Le temps présent 2014)  ISBN 978-2-35185-163-0

(4) Les séparatismes, compirationnismes, extrêmismes, ségrégationismes, fondamentalismes et autres sectarismes florissants pour n’en citer que quelques uns.
 
Os court :
« Vivre est la chose la plus rare. La plupart des gens se contente d’exister.  »

Oscar Wilde

 Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1205   1er janvier 2021   

 
 

26 décembre 2020

ARCHE DE NOËL ( LEM 1204)

       
Quand la laïcité défraye la chronique,
Noël est l’occasion d’en repenser l’optique.
Si le principe est sain, aux nobles intentions,
Il est souvent prétexte à des déformations.
Les bulles du champagne ouvrant parfois l’esprit,
J’ai vu que de Noël on n’avait rien compris.

C’est devant une crèche où je fus inspiré,
Car le monde animal, j’ai toujours admiré.
Une crèche d’antan pas encore évacuée,
Que les libres penseurs n’avaient pas remarquée. ( ?)
Les méfaits de l’alcool augmentant les tendances,
Je n’ai pu résister à en faire pitance.

J’ai rêvé de Noé et sa ménagerie ;
Après avoir bien bu, il rêvait, lui aussi :
C’est  aujourd’hui  25 ! Et 25 de décembre !
Père Noël m’a pris, en crèche, tous mes membres !
Il m’en manque moitié, partout éparpillés !

(Sur le Mont Ararat, cherchant tout son gibier).

Titubant près de l’Arche, il prie le Très Haut
Seigneur, c’est de la faute aux grands crûs de bordeaux :
Depuis votre déluge, nul ne veut boire d’eau.
Au secours ! Les laïcs, rendez-moi mon troupeau !
De ma mission sacrée, on me rend incapable.
Alors comment Joseph aura-t-il son étable ?


Mais si ces rimes-là vous paraissent obscures,
Ne vous hâtez donc pas trop vite de conclure.
Laissez-vous apaiser par cette confiture,
Sans la chronologie ou la juste mesure,
Sans trop savoir pourquoi certains voudraient exclure,
Cette tradition-là en nos mairies les murs.

On rebaptisera toutes nos villes « en saint » ?
Adieu à Saint-Malo, Saint-Dié et Saint-Germain ?
Ces pseudo-laïcards nous les brisent menu,
Qui réveillonnent tard en fêtes mal venues.
Leur a-t-on demandé  à quel endroit ils crèchent ?
Et de quel Dieu païen ils écoutent le prêche ?

Comment les illettrés trouveront-ils leur voie
Si on leur interdit de signer d’une croix ?
Faudra-t-il agresser des Paty, des Mila
Pour que laïcité ne soit plus omerta
Et que la liberté traverse enfin les cultes ?
Mais les laïcs zélés ne sont que des incultes .

Ils devraient s’interdire aussi le pain, le vin,
Puisqu’un certain Jésus pendant la Cène vînt.
Sur les bords de nos routes, on devra démolir
Les croix en vieux granit dont la vue fait vomir ?
Au bout de leur logique, on attend de les voir,
Travailler à Noël du matin jusqu’au soir

                    Jacques Grieu



Os court :

« Quand Noé a vu arriver la mouche tsé-tsé, il aurait du lever l’ancre.» 

      Michel Galabru

    Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1204   27 décembre 2020   

 

Réglement de conte (Exmed)


         
Composer un conte en faisant un pied de nez à la guimauve rituelle de la Nativité peut être aussi un solide réglement de compte. Au banc des mis en question, une certaine idée de la laïcité à la française poussée dans ses extrêmismes. 
      Quand la Science, sous les coups du Covid, se met à bégayer, faire d’un concept théorique la valeur suprême unique rendant obsolètes les enseignements portés par toutes les religions ressemble tellement à une volonté de domination absolue des façons de penser !

Voici donc  la LEM 1204 ARCHE DE NOËL de Jacques Grieu.

François-Marie Michaut
Coup d'Oeil d'exmed 27-28 décembre 2020

24 décembre 2020

Réveillons-nous les uns et les autres
 (Exmed)


  Debout les assommés que nous sommes depuis des mois par les stratégies anticovidiennes. Masqués, confinés, testés, accusés, isolés, nous l’avons été, le demeurons encore, et cela nous marque bien au delà des simples réalités matérielles.


   Nos cerveaux n’ont pas pu être mis en sommeil et continuent à travailler pour construire les temps à venir. Un peu de stimulation hors des sentiers balisés par la pensée précovidienne dominante n’est peut être pas totalement inutile. 
Voici  donc, avec ou sans bûche, la LEM 1203 : Noël versus Noé ?


François-Marie Michaut

25-26 décembre 2020

Noël versus Noé ? (LEM 1203)

   Superposons deux mots très proches en français. D’une part celui, on ne peut plus  d’actualité mercantile de Père Noël (1), et, en escamotant le l final celui de Noë. Oui celui qui fut,avec sa famille et ses animaux le seul rescapé de l’espèce vivante d’avant le déluge. Donc , biologiquement parlant, notre seul ancêtre commun. Vous me direz que tout cela, ce sont de vieux récits bibliques qui ne peuvent que faire ricaner nos cerveaux nourris à la panacée matérialiste. Cette histoire de déluge est quand même troublante. Même si elle n’est que symbolique, il n’est pas interdit de se demander ce qu’il peut bien y avoir dans la deuxième partie du symbole qui échappe au premier regard (2).

   Le lieu n’est pas ici de se lancer dans une quelconque exégèse de la Genèse, à chacun son travail et la littérature est colossale. Alors, ce drame homicide du déluge ?  Qu’est-ce que ça peut bien être que cette histoire de vouloir gommer pratiquement de la vie, et de la capacité de transmettre la vie, l’espèce homosapiens ? Si on ne refuse pas avec horreur la possibilité qu’il existe une évolution générale de l’univers tout entier, elle n’est guère pensable que mue par une énergie ordonnée, à laquelle chacun donne le ou les noms qui lui conviennent. Divins ou non, la question n’est pas là : quelque chose (3) est devenu une réalité, non pas immobile, toutes les sciences l’affirment, mais en constant mouvement. Ce qui ne veut préjuger de rien sur la forme de ce mouvement (4).
Pourquoi le cacher, ce mécanisme d’évolution du vivant tout entier remis à quasiment zéro est choquant. Le père Noë chargé de reprendre seul pour le restaurer ce qui a été raté. Quelle responsabilité. On comprend alors qu’il ait pris la mémorable cuite que chacun connait. Obscure affaire que l’on dirait de moeurs de nos jours, jamais élucidée. Il est pourtant sur Internet des publications osant exposer qu’il existe une autre lecture longtemps tenue au secret le plus total (5).

Alors, finalement, n’existe-t-il pas une parenté, une filiation, entre ce que cherche à annoncer la célébration de Noël et ce qu’a introduit dans notre humanité l’épisode Noé ? C’est tiré par les cheveux diront certains. Les plus curieux interrogeront ce que peut bien dire le simple ajout de la consonne l aux trois lettres initiales communes. La langue française entend une histoire d’elle ou... d’aile. Le grec prononce lambda, pour nous, au figuré ce qui est moyen, très quelconque ( dictionnaire Le Robert). Piste peu stimulante qui nous incite à interroger la langue initiale de la Bible. 
En Hébreu ancien, chacune des 22 lettres se voit attribuer une signification propre. Lamed veut dire étude, apprentissage ( Wiki). 
L’annonce de Noël comme la réalisation à effectuer de ce dont Noé a été le sauveur. 
   Lecture strictement personnelle dont je laisse chaque lecteur peser pour sa propre personne, l’intérêt ou l’absurdité. Après ce face à face entre le Père Noël du jour avec son biblique ancêtre Noé ( Noah), voici une friandise pour temps de guerre dite sanitaire.
Armes versus âmes :lecteurs, à vous la suite.


__________________

Notes :

(1) Dans la culture germanique, c’est Saint Nicolas. Dans les familles très chrétiennes du siècle dernier, il n’était question que du petit Jésus pour apporter des jouets aux enfants sages, donc obligatoirement pieux.

(2) Un symbole était chez les grecs une tablette d’argile, écrite ou non, dont la moitié brisée était confiée au messager pour témoigner , par assemblage des deux morceaux, de son authenticité. L’expression courante : « c’est symbolique» pour désigner un aspect non évident d’une réalité ne peut jamais constituer une explication suffisante. Une condamnation judiciaire à une peine symbolique souligne le peu de valeur mesurable que nous accordons aux symboles.


(3) Que l’on pourrait qualifier d’énergie, au sens premier : ce qui met en mouvement. Une approche  inattendue venant du côté de la science fondamentale : P. Guillemant, La physique de la conscience (Trédaniel) 2016.

(4) F-M. Michaut : « Causalité linéaire, circulaire, ou «hélicoïdale» LEM 1081 du 20 août 2018

(5) D. Blumentsthil-Roth, Le secret de Cham, fils maudit de Noah (Noé) Lien

Os court :

«  Déluge : première et remarquable expérience de baptême qui fit disparaitre du monde tous les péchés et tous les pêcheurs. »
      Ambrose Bierce  (1842-1914 USA)

 Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1203   25 décembre 2020

 
 
 François-Marie Michaut

20 décembre 2020

Tant que la langue vit encore (Exmed)


     La santé de ce qu’Esope nommait la meilleure et la pire des choses - la capacité humaine de parler-  ne trouble guère les esprits. C’est un outil si usuel, si quotidien, la langue que nous parlons, lisons, écrivons, pour communiquer avec les autres au loin ou tout près, que nous n’en prenons guère soin.
       

    Va comme je te pousse, la langue évolue sans cesse. Faut-il la laisser aller dans tous les sens ou faut-il s’interroger sur la pertinence de ses inépuisables fantaisies ?
Jacques Grieu prend position et nous fait passer un bon moment de détente. Voici la LEM 1202 ESSENTIEL ?  


François-Marie Michaut

Coup d'oeil prolongé d'Exmed du21 au 24 décembre 2020

ESSENTIEL ? (LEM 1202)



J’ai rêvé d’un pays nommé  «Verbiagisthan»,
Tout près de son allié du «Haut Pompeusisthan»
Et de l’immensité du «Prétentiosisthan»,
Lui-même étant voisin du «Ridiculisthan»
Qui n’est pas éloigné du pays «d‘Absurdie»,
Et dont une des côtes est en mer «d’Ineptie».

J’entends des mots curieux que je n’ai pas appris :
Cette langue est bizarre et donne le tournis ;
Maintenant on travaille, on fait, « en présentiel» (???)
Comment faire autrement ? Peut-être en «absentiel»?
En évaporantiel, en disparusentiel»?
Qu’en dit l’académie ? Est-ce bien officiel ?

On me dit que certains font tout «en distanciel».
Sans doute sont-ils loin ? «En écartementiel?
En éloignementiel, en espacementiel» ?
Mais pour ceux qui sont proches? En «avoisinentiel?
Y aurait-il un temps qui soit «futurentiel ?
Un imparfaitrentiel? Un subjonctifentiel»?

«Présentiel», c’est nouveau, on voit bien que c’est «in»
Ça sent bon la covid, le flux d’adrénaline,
Les vaccins et les masques, l’hydroxychloroquine,
Les gestes barrière et toute la routine…
Ce qui compte, après tout (bassement matériel):
C’est de faire et d’agir ! N’est-ce pas l’essentiel !

                                      Jacques Grieu
Os court :

«  L’Insoutenable Légèreté de l’être »

    Milos Kundera

NDLR : Titre de son roman  de 1981, paru en France en 1984. Pourquoi des majuscules à insoutenable et légèreté, et une minuscule attribuée à être ? Certainement pas une pure fantaisie d‘écriture.
                                     

 Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1202   21 décembre 2020

17 décembre 2020

Nouvelle du front (Exmed)

   Au nom du peuple de France tout entier, il déclara que «nous sommes en guerre». Formule martiale visant un virus habituel des chauves-souris se développant soudain dans des cellules humaines. Corona 2 serait-il doté d’une intelligence certaine et d’un sens aigu de la stratégie ? Au minimum d’une conscience...
   

   Nos insatiables chercheurs, si nous leur donnons assez d’argent, comme ils le demandent infatigablement pour tous leurs travaux, nous livreront la réponse. Ou pas.


  Attaquer jusque dans ses cellules Emmanuel Macron, notre numéro 1, voilà qui ne manque ni de panache, ni d’humour de la part de l’agresseur.

    
   Ne  hissez pas le drapeau blanc, Monsieur le Président de la République, le traité de paix n’est pas encore à l’ordre du jour.
 

François-Marie Michaut
18-20 décembre 2020

15 décembre 2020

De la théorie à la pratique, et réciproquement (Exmed)


    Les pouvoirs scientifiques et politiques des pays non dictatoriaux touchés par le Covid 19 ont pris un risque inévitable. Celui d’être jugés et sanctionnés par leur peuple sur la façon dont ils ont su prendre les mesures collectives les moins inadéquates. En guise de hors d’oeuvre, voici un article du blog de Laurent Vercoustre avec un parfum (non sportif) de France-Allemagne bien argumenté. Lien.

   Ce n’est qu’un début, le virus sera sans pitié pour toutes nos institutions mal inspirées qui ne le savent pas. Alors, tels des dominos ce sera des chutes en série. Vous pariez ?


François-Marie Michaut
16-17 décembre 2020

13 décembre 2020

Lunettes systémiques (Exmed)

   La simplicité extrême des acides nucléïques, leurs mécanismes d’action et leur polyvalence dans tout le vivant animal et végétal tout au long de son évolution est remarquable. Encore faut-il accepter d’en avoir une approche systémique pour ne pas y voir la main d’un  hasard magique.
    Ce que nous vivons depuis le printemps 2020, avec tous ses prolongements inconnus à venir, mérite bien un passage à la moulinette systémique.

  Voilà ce que cherche à faire,  aussi briévement que possible, la LEM 1201 : Incertitude, jusqu’où ?



François-Marie Michaut
14-15 décembre 2020

Incertitude, jusqu’où ? (LEM 1201)



     La grande pagaille de nos vies quotidiennes générée par la sollicitude des gouvernants politiques  pour notre santé collective crée un étrange climat. Nous voguons dans une paradoxale tempête, aussi profonde que... silencieuse. Comment tenter de la formuler, sans la caricaturer, ni la noyer dans des considérations puisées dans des savoirs qui se veulent scientifiques ? Nos informateurs de métier souffrent, hélas, d’un handicap systémique majeur : celui de la contrainte qu’exercent sur eux les pouvoirs qu’ils ont pour métier - honorable - de faire valoir. Nous voilà bien seuls, les uns et les autres. Chacun devant soi-même,  tout autre ne pouvant être derrière son masque qu’un contaminateur potentiel. Dans la réalité morose de nos confinements peu digestes,  une opinion acceptable sur la réalité du moment a bien du mal à se construire. Nous avons besoin pour vivre, autant que de nutriments, d’un certain récit du monde personnel que nous modifions sans arrêt au gré de nos perceptions et de nos ressentis. Les gens du spectacle et des distractions collectives, frappés d’interdiction d’exercer, le disent haut et fort. Quelque chose d’important pour nos vies d’hommes, notre identité collective, est menacé de disparition rapide.

Comme nous envions nos ancêtres qui voyaient dans les Dieux de chacune de nos religions le seul auteur de ce qui nous arrivait ! Quelques gestes rituels, des cérémonies adéquates et il n’y avait plus, sous les ordres des clergés, qu’à attendre la volonté divine. Force est de constater que nos religieux sont muets. L’image du pape celébr    ant seul et sans rien dire la fête de Pâques 2020  sur la place Saint-Pierre de Rome totalement déserte demeure gravée.
Que nous reste-t-il, pauvres humains nous sentant confrontés sans remèdes connus à une situation infectieuse encore inédite ? La science devenue au fil des temps et grâce au prestige de ses applications techniques notre seule vraie religion. Celle qui est tellement brillante et prometteuse de lendemains éclatants qu’elle semble surpasser toutes les autres jamais connues. Le progrès programmé, rien de moins (1).
  Alors un peu d’espoir dans la Science, clé absolue et définitive de tous les savoirs dont nous manquons encore avec notre SRAS-Cov-2 ?

   Et bien non, le ver est dans le fruit, notre super-Religion se montre incapable de répondre vite et clairement à nos attentes immédiates. Sa toute puissance supposée ne se révèle qu’une illusion. Elle doute, elle se divise, elle se trompe. Par ricochet, et  bien malgré elle, elle nous entraine dans le doute, dans la division, dans l’erreur. La science, infantilement divinisée dans nos esprits pas toujours très instruits, est en train de perdre son prestige et son autorité (2). Elle perd dans cette grande aventure collective son statut de révélateur absolu et indépassable de la réalité qui nous entoure.
   Conséquence : la perte douloureuse de notre sentiment de toute puissance à grands coups de technosciences toujours plus ambitieuses.  Notre espèce est-elle condamnée à périr, rongée par le désespoir ou détruite par les conséquences de ses actions allant dans tous les sens ? Comme alternative, ne pouvant plus attendre de salut venant d’une divinité bienveillante, il ne reste plus que ce que nos cerveaux humains (3), enfin sortis de leurs errances anciennes, capables de nous permettre de comprendre comment nous en sortir.

   Je n’ai jamais caché, dans mes écrits sur Exmed, mon attirance pour la notion de système, comme méthode trop négligée de comprendre la réalité dans le domaine de la médecine. Que de systèmes nos sciences, championnes du comment-ça-marche, sont elles parvenues à analyser finement les rouages ! On ne cesse de les empiler avec soin ces connaissances. Mais le pourquoi- ça-marche, dans une stupéfiante harmonie d’ensemble depuis 13 milliards d’années, nous ne cherchons pas vraiment à le savoir. Comme si nous n’en avions pas le droit.

Un système - le Système des systèmes ? -  capable de donner naissance et d’harmoniser entre eux des milliards de systèmes, est-il raisonnable de ne pas aller à sa recherche ? Au risque assumé de ne pas le trouver.


    Impossible de terminer cette lettre, bien incomplète, sans mentionner que son contenu a été influencé par un ouvrage posthume paru le 2 décembre 2020. Le manuscrit de Dominique Aubier, scientifiquement très documenté, ce qui ne peut pas déplaire à un lectorat médical, date de 2001. Son titre est d’actualité : « Rebâtir le monde», éditions M.L.L. Avis aux esprits curieux.

                                François-Marie Michaut
_________________________________________________
Notes :


(1) À rapprocher de la mouvance des transhumanistes, et de la foi dans les performances futures d’ une certaine Intelligence Artificielle potion magique à tous nos maux qui lui est associée.

 (2) Les réticences de près de la moitié la population française devant l’utilisation du tout nouveau vaccin contre le Covid19, soignants en tête, sont  significatives de cette évolution nationale depuis plusieurs années. 

(3) Les neurosciences reconnaissent depuis des années ne pas savoir à quoi peuvent servir les 9/10 de notre encéphale.

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Os court :

«  On mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter.»
 
         Emmanuel Kant

 Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1201   14 décembre 2020

 
 
 

10 décembre 2020

Et nos virus à nous ? (Exmed)


    En France, les généralistes ( mais qui les écoute ) sont perplexes. Ils ne soignent en ce moment ni grippes saisonnières classiques, ni gastro-entérites rituelles. La même aventure est arrivée en Autralie, Nouvelle-Zélande et Argentine au cours de leur hiver austral. 
   

  Nos inénarrables comptables dans l’âme ne vont pas tarder à nous dire combien de décès nous allons éviter avec la stratégie anticovidienne. 


« En France, tout finit par des chansons » disait Beaumarchais.  On vous attend avec impatience, les artistes !

François-Marie Michaut
11-13 décembre 2020

08 décembre 2020

Vaccination sans filet (Exmed)

   C’est probablement le plus gros coup de poker sanitaire et civilisationnel que nous allons jouer partout sur la planète. La réalité, avant même la connaissance scientifique obligatoirement à la traine,  saura fort bien effectuer le tri entre ceux qui ont raison et ceux qui ont tort en matière de vaccination contre le Covid19.


   Pour ne pas trop rêver à un Père Noël qui ne se révèle pas une ordure voici un article non partisan d’un fin observateur médical. Lien

François-Marie Michaut

9-10 décembre 2020

06 décembre 2020

Brachialement nôtre (Exmed)

 
        Notre corps, même dans son silence, ne cesse de nous parler, n’en déplaise aux esprits sourds à la subitilité de ses messages intraduisibles en modèles matérialistes.

    Les bras sont à l’honneur, ne riez pas du rapprochement des mots, dans la LEM 1200 À BOUT DE BRAS Quichotteries, poème et peinture signés Jacques Grieu.

  Bonne dégustation, comme on disait aux convives dans les restaurants du temps d’avant.

François-Marie Michaut


7-8 décembre 2020

À BOUT DE BRAS Quichotteries (LEM 1200)


La vie vous tend les bras, quand vous avez vingt ans.
On fait les fiers-à-bras, jouant les Artaban.
Mais c’est à bras ouverts qu’on accueille les choses,
Et c’est à tour de bras qu’on travaille et qu’on ose.

On prend à bras le corps les problèmes ardus,
Tenant à bout de bras des idées et des buts.
Dans les bras de Morphée on prend des matinées,
Et en bras de chemise on aime bien traîner …

Puis les années passant, beaucoup de bras de fer,
On a eu sur les bras. Dont on dut se défaire...
On apprit que bras long est courte protection,
Que rester bras croisés n’a pas de solution.

Qu’une vraie bonne idée vaut mieux que douze bras.
Qu’à bras fermé, l’accueil, peut parfois être ça.
Jamais un bras d’honneur n’a résolu de cas.
Qui veut un coup de main doit voir ses propres bras.

Don Quichotte l’a vu, qui pourtant  brassait l’air,
Le meilleur de ses bras, souvent n’a rien pu faire.
Ses belles intentions et sa grande vaillance
Contre un bras de moulin n’avait aucune chance.

Malgré Sancho Panza, la force de sa panse
Et son bras de lutteur, c’était perdu d’avance.
« Le brassage des ans amène la sagesse »
Mais on baisse les bras  quand la fin nous oppresse .

Vieillesse ne doit pas laisser ses bras ballants ;
Bras dessus, bras dessous lui conservent l’allant.
C’est gros comme le bras, qu’on vous donne du Maître ?
Pour vous tordre le bras, cela pourrait bien être !

Et si votre bras droit finit par se lasser,
Jamais, au grand jamais l’arme à gauche passez !
Mourir à « Bras-sur-Meuse » est abracadabra ;
Dans les bras d’un fauteuil, c’est mieux que dans les draps …

                                   Jacques Grieu


                                           
Tableau de Jacques Grieu

Note de la rédaction :

Le travail de recherche de Dominique Aubier touchant le domaine médical présenté ici ( LEM 1053 ) a eu pour source un décryptage inédit du roman de Cervantes exposé dans « Don Quichotte, prophète d'Israël» (1966). 

Os court :

« Chacun est comme Dieu l'a fait, souvent pire.»

         Miguel de Cervantés

Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1200   7 décembre 2020

03 décembre 2020

« La poule aux oeufs d’or»(Exmed)



 C’est parti en Grande Bretagne pour la course à la vaccination de masse contre le Covid 19. Pfizer et  BioNtech  remplissent leurs caisses. Stratégie efficace ou trop précipitée ? Le Veau d’Or  s’en moque, il triomphe déjà comme au temps de Moïse.
 Pour l’instant, parce qu’entre les promesses commerciales espérées et ce que la réalité a vite fait de nous imposer, il y a un monde incontournable pour tous. C’est la première fois qu’un vaccin à ARN messager modifié va être appliqué aux humains : on joue à quitte ou double une énorme mise  bien plus financière que sanitaire.


« Qui du soir au matin sont pauvres devenus
            Pour vouloir trop tôt être riches ?
» 


Ainsi conclut sa fable le sage Jean de la Fontaine, parodiant avec talent, l’antique Esope.

François-Marie Michaut

 4-6 décembre 2020

01 décembre 2020

Écrit il y a presque dix ans (Exmed)

 
   Se confronter à ses écrits anciens est prendre le risque de constater qu’on n’avait rien compris. Je suis allé voir dans nos archives, accessibles à tous, ce qui a été publié sur Exmed sur l’année 2009, vous savez celle de la pandémie de grippe AH1N1.
  Hélas, hélas,hélas, rien n’a fondamentalement changé dans nos errements collectifs. Nos élites n’en ont tiré aucune leçon. Mais bien des ressentiments dans les esprits du public n’ont fait que germer pour se renforcer jusqu’en 2020. 
  

 À vous de juger ce document témoin,  la LEM 634 du 4 janvier 2010 : Après l’année de toutes les fractures

François-Marie Michaut
2-3 décembre 2020

29 novembre 2020

Le grand flou (Exmed)


   C’est celui qui semble transpirer de ce que vivent et affrontent les habitants de notre planète. Attention aux terribles simplificateurs ( Watzlawik) qui fascinent les égarés en perdition. Céder au fatalisme ou à l’indifférence est une attitude. 
 
  Si ce n’est pas la votre, il n’est pas interdit de lire la LEM 1199 dont le titre est « Yauraihukas et autres lauraitfalukons » .

François-Marie Michaut
30 novembre - 1 décembre 2029

Yauraihukas et autres lauraitfalukons (LEM 1199)


          Du temps passé des préconfinements et des empêcheurs de trinquer en groupe pour notre santé, la vox populi avait tous les bars comme tribune ouverte. Propos de café du commerce persiflaient nos esprits se jugeant supérieurs. Distanciation - quel vilain mot - imposée, nos groupes usuels d’expression se sont tus. Les militaires, à la suite d’une opération (non chirurgicale), nous ont appris à confronter ce qui s’est vraiment passé par rapport aux objectifs fixés par le commandement. Le debriefing , pour parler globish, nous est familier, même en tout petit comité.

   La tentation bien humaine de s’ériger en arbitre du comportement des autres est peut-être stimulée par le défilé constant de gens qualifiés d’experts par les médias qui nous inondent les neurones. Et nous voilà chacun en demeure de devenir contre-expert autoproclamé. Un loisir comme un autre, en ces temps étranges de vacuité obligatoire. Figurez-vous, chers descendants si vous lisez un jour ce texte, qu’il nous faut nous rédiger une auto-autorisation de sortie dûment motivée, datée à l’heure même,  à produire aux forces de l’ordre sous peine de payer une amende. Avec, en prime l’obligation de signer - au stylo-  sur l’honneur, comme si la notion d’honneur pouvait encore avoir le moindre sens en 2020 pour toute la population de France.

  Le devenir du grand bazar qu’a déclenché le minuscule virus animal demeurant indéterminable, n’en déplaise aux adorateurs de l’Intelligence Artificielle et autres modélisations théoriques, nous voici contraints à devenir les sages de ce qui s’est passé. On se console comme on peut avec ce qu’on a, n’est-ce pas ? Les conseils sur ce qu’il aurait convenu de faire, de ne pas faire, de faire plus, de faire moins, de faire autrement courent dans les chaumières confinées et autres enceintes laborieuses autorisées ou... clandestines.

   Au moins, comme on le faisait jadis avec les supporters de son club de foot les soirs de match, on peut se le refaire dans sa tête, ce monde qui soudain tourne si mal. Et tant mieux, tout vaut mieux que le vide laissant toute la place à l’angoisse d’un avenir que personne ne s’engage à prévoir. 
Ce sera amusant d’observer a posteriori les manoeuvres de manipulation des opinions de tous ces grands prophètes des événements passés. Soyons sans crainte, ils ne peuvent en aucune façon porter ombrage à ceux qui sont porteurs des outils intellectuels, encore imperceptibles par nos élites, qui ne peuvent pas manquer de surgir du cerveau d’Homo sapiens qui est parvenu à adapter le  fragile mammifère que nous étions au départ à toutes les parties du globe terrestre. Il n’y a encore, même si le risque demeure menaçant (1), aucune raison objective que notre espèce change son logiciel existentiel dont nous ignorons depuis longtemps une partie essentielle.
    Si on veut tenter (2) de gratter jusqu’à l’os la trajectoire de Sapiens depuis  la préhistoire, les documents abondent, les sciences depuis des  siècles, ne cessent d’en détailler tous les rouages observables. Nous avons une vision de plus en plus précise du comment les choses se sont faites. Mais il nous manque toujours l’élément essentiel, l’élément moteur : le pourquoi de ce que nous savons être. Oui, le pourquoi du comment. L’avons-nous jamais su ou avons nous choisi, pour de multiples raisons, de laisser en jachère quelques possibilités de notre cerveau d’homme ?
 Permettez moi en guise de tableau final - quelque peu autodérisoire - de convoquer le père de Tintin avec son prophète aveugle de «L’étoile mystérieuse», une clochette à la main, annonçant la fin du monde imminente dans les rues de New York.

                                            
                                         François-Marie Michaut 

______________________

Notes :

(1) Le péril des armes nucléaires demeure, et les atteintes humaines au fonctionnement de la Terre frisent le seuil d’irréversibilité à court terme pour la biosphère.



(2) Personne ne l’interdit, sauf notre paralysante capacité d’auto-censure. Ce que le physicien de l’information Philippe Guillemant nomme « le parc de la pensée» dans La route du temps. Pour en savoir plus.


Os court :

« La plus grande des solitudes, c’est de se trouver en face d’une personne qui ne pense pas la même chose que vous.»
Sacha Guitry 


 Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1199   30 novembre 2020


26 novembre 2020

Dégats collatéraux des temps covidiens (Exmed)

 
   Le temps des comptes des dégâts sur la santé des hommes entrainés par les dispositifs de défense collective contre le SRAS2-Cov a commencé à s’ouvrir. Trop tôt pour en tirer des conclusions solides, mais suffisant pour se poser une question aussi embarrassante que nécessaire pour dessiner le futur de nos façons de nous soigner.

   Qu’est-ce qui se sera révélé le plus nuisible à notre état de santé, sa dimension psychique incluse, bien entendu : le virus Corona lui-même ou les décisions que nous avons prises pour le combattre ? La vieille histoire de la balance avantages inconvénients qui a toujours guidé les esprits médicaux les plus pointus.


François-Marie Michaut

27-29 novembre 2020

24 novembre 2020

Sans râleurs, pas d'avenir (Exmed)


    La presse étrangère nous fait souvent ce reproche : en France, vous ne cessez pas de râler pour tout et n’importe quoi me fait remarquer une correspondante attentive. L’effondrement de notre civilisation mondialisée devant affronter un événement infectieux encore inconnu devrait nous inciter à marcher tous d’un même pas pour construire notre avenir. Petit problème : aucun système général acceptable par une majorité d’humains n’émerge de notre confusion générale.
    

    Paradoxalement, cette réalité donne un atout unique à notre France. Notre histoire n’a jamais cessé de se construire à coups d’affrontements, de querelles, de bruit et de fureur, parfois même de sang. Nos désaccords, le fait que nous sachions les exposer sans vergogne, et peu importe le domaine qu’ils concernent, sont notre source fondamentale d’énergie.
Sa majesté la Science, rudement contestée en ce moment, ne sait pas cheminer autrement que par les frictions entre ses indispensables contradicteurs.

François-Marie Michaut

   25-26 novembre 2020

22 novembre 2020

Silence, on tourne (Exmed)

      Contribution plastique à une apologie d’autres formes d’expression pour nos temps incertains. Une belle occasion de se taire un peu pour cesser, au moins un instant, de se prendre la tête.
     Voici donc, en guise de LEM 1198 :  Nature morte à la covid, de Jacques Grieu.

 François-Marie Michaut
   23-24 novembre 2020

Nature morte à la covid (LEM 1198)


   Nature morte à la covid
                           Jacques Grieu


  Pour montrer que ma boîte de cachets à la chloroquine n'est pas encore entamée...


                                                             (Tableau Jacques Grieu)

La boîte en est témoin, qui est restée fermée ;
Celle de chloroquine, jamais je n'ai usé.
Mais pour la protection gel hydroalcoolique
Je vide les flacons d'un geste automatique...
Alors où est le masque ? allez vous demander :
Pas besoin de chercher car je l'ai sur le nez...

JG

     Os court :

«  Mon but est de capturer ce qui se cache sous la surface. Il y a une histoire derrière chaque visage, chaque paysage, chaque nature morte. »
Hilary Duff 
  
     
 Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1198   23 novembre 2020

19 novembre 2020

Le savoir être malade (Exmed)


   Guy Simonnet, neurobiologiste, tire le signal d’alarme : « L’être humain n’accepte plus d’être malade » ( Le Monde du 19 novembre 2020). Un rappel indispensable à tous les adeptes de la chimérique tolérance-zéro-maladie : « le vivant est avant tout incertitude».
  Tenter d’éliminer tout défaut de certitude n’est-il pas alors oeuvrer à notre propre deshumanisation ?

   Un soignant digne de la confiance dont il est , dit-on, largement crédité, n’a-t-il pas une mission paradoxale ? Aider tout malade, aigu ou chronique, à savoir vivre le mieux possible  sa vie jusqu’à la mort avec la pathologie qui le frappe ? L’un des acteurs les mieux placés pour le faire ont été, sont, et seront les médecins généralistes. Les négliger est ne rien comprendre à la réalité.


François-Marie Michaut
20-22 novembre 2020

17 novembre 2020

Avec cinq ans d'avance (Exmed)


Voici ce qu’a écrit en 2015 dans le roman Pandemia  Franck Thilliez,  ingénieur informaticien de formation  :

  L’incertitude est notre pire ennemi en termes de microbes. On peut prédire la trajectoire d'un astéroïde, la durée d'une éclipse solaire, or une pandémie est imprévisible. Et  complètement invisible. Elle n'abîme pas les infrastructures, les constructions, contrairement à une guerre. Elle ne s'attaque qu'à ce qui vit.

Le grand mot est lancé, nous l’éprouvons sévèrement : l’incertitude.

François-Marie Michaut
18-19 novembre

15 novembre 2020

Au diapason ? (Exmed)


   Tant de fractures, de divisions, d’oppositions se font jour, comme si nous étions incapables d’accorder nos violons sur le même la. Un son de 440 hertz, rien de moins subjectif. Il faut bien se rendre à l’évidence, nos cerveaux humains sont rebelles au bel ordonnancement d’un orchestre symphonique.

   Jacques Grieu nous entraine avec entrain et liberté sur le thème ACCORDAGES ACCORDAILLES ? avec la LEM 1197. Une bouffée d’air frais bien venue en ces temps lourds de ressentiment ! Ce poison dénoncé par Cynthia Fleury, psychanalyste et philosophe.


François-Marie Michaut
16-17 novembre 2020

ACCORDAGES/ ACCORDAILLES ?
 (LEM 1197)

                                                      
L’accord : un moindre mal quand on parle justice ?
Procès et avocats conduisent au supplice.
La dispute à l’air libre est bien meilleure option,
Que la résignation ou l’accord en prison.

On accorde à autrui rarement du génie,
Sauf si l’on est battu par ce même ennemi.
Succomber sous les coups d’un rival de talent,
Permet de s’accorder un échec glorifiant.
 
Accord commun, hélas, n’est pas commun accord !
En politique c’est souvent un… désaccord.
Même l’accord du verbe avec son vrai sujet ,
Est parfois difficile et sans accord bien fait.

Le cavalier nous vante un accord cheval-homme
Qui serait idéal et un modèle, en somme.
Mais cet accord parfait, jamais je ne le vois :
Sauf quand je suis assis sur un… cheval de bois !

Silence d’auditoire est-il signe d’accord ?
C’est que pas un n’écoute ? Ou tout le monde dort ?
Être d’accord sur tout, pour deux hommes parlant,
C’est qu’un seul des deux pense et que l’autre est absent.

Deux femmes, au grand jamais, ne peuvent être d’accord :
C’est là un théorème, une règle, ou un sort :
Sauf si (c’est l’exception qui confirme l’effet),
C’est sur le dos d’autrui que cet accord se fait.

De ceux qui sont toujours d’accord avec vous-même,
On n’apprend pas grand-chose, où que soit le problème.
Ce qui fait consensus n’est jamais productif ;
L’accord universel est souvent réductif.

D’accord sur le principe est courante expression
Qui signifie en vrai : aucune exécution.
Comment mettre d’accord la thèse et l’antithèse ?
Et si, la solution, c’était une… synthèse ?

La quête du bonheur dans la douleur s’explore :
Quand actes et discours vivent en plein accord…
Le plus beau des accords, réussite suprême,
C’est de se mettre enfin d’accord avec soi-même.

                     Jacques Grieu
                      
Os court :

« Il avait échoué à son permis de conduire. Le permis d’inhumer lui a été accordé au premier coup de volant »
 
Yvan Audouard 

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1197   16 novembre 2020

12 novembre 2020

Alors, si c’est sanitaire... (Exmed)


  Combien de publicités vantent leurs produits avec le label de sérieux canon : dispositif médical ? Il faut croire que c’est aussi vendeur que vide de sens pour un médecin.


     Et voici que surgit un nouveau concept dans les milieux syndicaux de la fonction publique enseignante : la grève sanitaire. Cesser son activité professionnelle pour favoriser l’état de santé de la population. N’est-ce pas exactement ce que nos gouvernants attendent de la prescription du confinement, la séquestration osait dire le professeur hygiéniste parisien Adrien  Proust  mort en 1903 ?
«Mirage de la santé» titrait déjà le pionnier René Dubos en 1961.


François-Marie Michaut
13-15 novembre 2020

10 novembre 2020

Le tromperons-nous ?

  
Qui ça ? Le virus Corona19. Comment ça ? En nous inoculant une copie transitoire d’un fragment d’ADN correspondant au gène bloquant l’intrusion cellulaire de l’indésirable.
 Son nom ? ARN messager. Sa fonction ? De l’information pure. Ses découvreurs ? Les français Jacques Monod et François Jacob à qui cela valut le prix Nobel en 1965.
   Le résultat médical ? Encore inconnu. Les retombées économiques ? Un des plus gros marchés industriels que l’humanité ait jamais connu.

   
Quand passerons-nous des points d’interrogation aux points d’exclamation ? Pas tout de suite, esprits échauffés craignant d’être échaudés que nous sommes !
François-Marie Michaut
11-12 novembre 2020

08 novembre 2020

La grande Illusion perdue (LEM 1196)

                                                
   La LEM 1171 Mal pansés parce que mal pensés publiée ici le 18 mai 2020 ( lien  )  a proposé une définition de l’ère covidienne que nous vivons. Obsédés par les conséquences  dans le domaine qui touche au plus près notre domaine de connaissance, la sidération insidieuse que nous vivons ne nous aide pas à mesurer l’importance sans précédent des temps que nous vivons.Véritable cassure civilisationnelle planétaire, l’expérience qui nous est imposée dépasse largement les limites d’une grande crise sanitaire, économique, psychologique et sociale.
Nous sommes en deuil, nous le ressentons intimement, même si nous avons du mal à formuler avec clarté ce ressenti émotionnel. Quelque chose serait donc agonisant, au delà de ces malades dont on publie, avec le seul souci du sensationnel ou de la manipulation des esprits, le décompte macabre chiffré chaque jour ? Notre tonitruant édifice culturel occidental s’effondre (1).

   Quelle peut bien être la poutre maitresse de notre vision occidentale de la réalité ? Celle proposée par les religions devient de moins en moins perceptible, laminée par le rouleau compresseur de ce dont nous avons fait la Science. Avec une majuscule pour bien marquer sa domination écrasante de super-religion sur nos esprits. La puissance de toutes les techniques qui ne cessent d’en naitre nous submerge d’un bout à l’autre de la planète.

  Tout semblait aller bien (2) jusqu’au printemps de 2020. Juste une maladie infectieuse inhabituelle bien loin de chez nous. Notre grande Science nous laissant miroiter sa puissance sans limite ne pouvait qu’en faire une bouchée, de ce petit virus animal venant d’Asie.
 Souvenons-nous de la déclaration du premier ministre Edouard Philippe expliquant la stratégie du gouvernement : « Je n’ai qu’une boussole, c’est la science». Mais là, quels que soient les comités, les experts, les donneurs de leçon professionnels ou autoproclamés, nous voilà déboussolés. Les messages sont multiples, parfois contradictoires, et incapables de répondre immédiatement à nos exigences. Les exigences du principe de précaution et la recherche du mythique risque zéro.

  Le résultat est déjà perceptible à travers les outrances des réseaux dits sociaux. Nous perdons tout simplement notre confiance d’enfants gâtés en la toute puissance des outils fournis par les sciences et les techniques pour régler au mieux nos destins humains. Quand le langage religieux avait encore largement pignon sur rue, on parlait de perte de la foi. Oui, elle est bien là, la grande Illusion - avec une majuscule- perdue qui était la colonne vertébrale de  la perception de la réalité accessible à notre modernité. Il est évident qu’aucun retour en arrière n’est plus possible. Un temps encore inconnu s’ouvre devant nous. Nous n’en avons pas les clés, elles sont à forger.  Que cela met donc dans une position difficile et douloureuse toutes les élites qui ont comme fonction de nous diriger collectivement au mieux ! Sans perdre une once de notre droit individuel de tout mettre en question (3) cela mérite d’être respecté.
  L’incertitude fait peur, certes, mais une époque passionnante se dessine. La réalité, et non de théoriques élucubrations en chambre ou en laboratoire qui se révèlent illusoires, impose à la terre ses nouvelles cartes. Nous commençons à les percevoir progressivement, et ce n’est qu’un début. Une valeur va s’imposer. Celle que notre confrère Boris Cyrulnik a rendue populaire sous le nom de résilience. Les travaux pratiques ont déjà commencé en toute discrétion. Confinement ou pas,  ouvrons les yeux, la vie continue.

___________________________

Notes :

(1) Comment oublier que le redoutable groupe islamiste salafiste né en 2002 à Maïdiguri, sur les rives du Lac Tchad se nomme Boko Haram ? En langue haoussa, cela proclame : L’éducation occidentale est un péché. Vision globale troublante, à laquelle nous n’avons pas vraiment porté d’attention. En 1967 siégait au même endroit une puissante mission de l’Eglise évangéliste américaine dont l’hydravion privé m’a rendu de grands services pour vacciner en urgence contre la variole des populations  insulaires inaccessibles.

(2) Les écologistes ne cessent cependant de tenter d’attirer notre attention sur les atteintes croissantes que nous ne cessons d’infliger à notre fragile terre nourricière. 


(3) Avec, comme juste balancier systémique, l’obligation de refuser que quoi que ce soit puisse échapper à la liberté d’investigation. Ce qu’oublient trop de militants sectaires de la laïcité. Et ils ne sont pas les seuls de par le vaste monde.

                                           François-Marie Michaut
Os court :

« La clef de toutes les sciences est sans contredit le point d'interrogation ; nous devons la plupart des grandes découvertes au comment ? »
Honoré de Balzac (1799-1850)

  Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1196   9 novembre 2020

 

Notre futur à venir (Exmed)


   
Ras le bol du terrorisme médical viral qui coagule nos capacités de penser plus loin que le bout de nos masques. Homo sapiens mérite un autre devenir que celui de mourir de trouille devant ses propres productions totalement contradictoires.


   Tentons de racler l’écume des jours que nous vivons. Exmed vous propose la LEM 1196 : La grande Illusion perdue.     Rien à voir avec Pierre Frenet et la guerre de 14-18 ou Balzac !
Bonne lecture, esprits curieux.

François-Marie Michaut
9-10 novembre 2020

05 novembre 2020

Encore un trou dans la raquette (Exmed)

     La longue valse hésitation de l’élection présidentielle américaine confirme la faiblesse de nos techniques de prévoir ce que sera demain. Il n’y a donc pas qu’en matière d’évolution virale que nous sommes désemparés ; bien maigre consolation. 
Que valent dans la vraie vie nos modèles mathématiques et autres algorithmes ?  Pas d’autre méthode que d’en étudier le plus objectivement possible la pertinence. Simplement pour ne pas persévérer dans un système de pensée qui se révèle inadapté.  

     Puisse monsieur Al-Khwârizmî, son inventeur perse au IXème siècle, ne pas se retourner dans sa tombe.

François-Marie Michaut
6-8 novembre 2020

03 novembre 2020

Masques chirurgicaux (Exmed)

 
  Après avoir abandonné pour inefficacité la blouse chirurgicale à bavette textile incorporée, pourquoi porte-t-on en salle d’opération cet objet filtrant devenu emblématique de la  barrière contre le Covid 19 ? Pour protéger les opérateurs des projections possibles de fluides venant du champ opératoire. Plus altruiste : établir une barrière entre les bactéries transmissibles par la respiration des chirurgiens et de leurs aides et les plaies opératoires. Les niveaux de preuve d’efficacité sont étudiés par ACMTS.ca, l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de santé,  lien . Organisme indépendant et sans but lucratif.

   

   Il n’est question que des bactéries. Leur taille est de 1 à 10 microns. Alors, pour la capacité  à retenir dans ces filtres des virus qui n’atteignent que 0,15 micron, il est logique, mètre en main,  de demeurer scientifiquement dubitatif. Cependant, comme symbole omniprésent de la peur collective à entretenir pour contraindre les citoyens à obéir, cela peut avoir une valeur... politique.


François-Marie Michaut


 4-5 novembre 2020

01 novembre 2020

Contagiosité du savoir
 (Exmed)

 Comme si la connaissance était une maladie, tellement contagieuse qu’elle peut se transmettre même si ses porteurs sont jugés rebutants. La plume de Jacques Grieu nous invite à une telle aventure, aux antipodes d’une pédogogie qui se voudrait séductrice pour tenter de faire jouer le seul ressort de l’imitation.

   Ce qui se passe dans un esprit, souvent dans le plus grand silence, est bien plus subtil. Partageons la lumineuse LEM 1195 : Semence. Un magnifique éloge des semeurs anonymes. Ceux qui mettent toute leur énergie à transmettre aux autres ce dont ils se trouvent être les dépositaires.



Pour les lecteurs attentifs : c’est le premier poème de Grieu publié sur Exmed dont le titre n’est pas écit en lettres majuscules.

François-Marie Michaut

Semence (LEM 1195)

                                                 
Pour les fêtes, à Noël, j’aime aller en Bretagne.
Malgré vents et crachins, ça vaut bien une Espagne.
Neurones  stimulés faisant tout revenir,
Respirer l’air breton m’est mine à souvenirs.
De plus en plus anciens quand je deviens plus vieux,
En vacances, ils m’assaillent, aussitôt clos mes yeux.

*****
Dans les rangs de l’école où régnait la terreur,
Officiait Cœur-de-pierre, un «distilleur» de peur.
Bien armé de sa règle, il châtiait les dormeurs,
Les cancres et les distraits, les rêveurs, les farceurs.
Son vrai nom, «Kerdampierre», en tous points de la classe,
Evoquait cent leçons qu’il fallait qu’on potasse.

Les baignoires fuyantes ou bien se remplissant,
Les trains qui se croisaient ou bien se dépassant,
Sous les caprices odieux de robinets vicieux,
Ou de vieux chefs de gare à l’esprit malicieux,
Nous causaient des soucis comme à Polytechnique,
Qui me firent haïr toute l’arithmétique.

L’histoire et la géo étaient ses grands dadas,
Dont les noms compliqués nous causaient cent tracas.
Quant aux départements ridiculement nombreux,
Dont il fallait savoir les plus petits chefs-lieux,
C’étaient ses favoris pour tirer nos oreilles,
Si Nantes était dans l’Oise, ou Var : chef-lieu-Marseille.

En Roumanie Sofia ? En Hongrie Bucarest ?
Ou n’est-ce pas l’inverse : et serait Budapest ?
 «Tokyo n’est pas en Chine, Oslo n’est pas suédois !
Pour vous en souvenir, le copierez  cent fois …»
Mes notes trop salées, mes zéros et mes pleurs,
Etaient pures brimades à me mettre en fureur.

Mais le moment terrible, était au tableau noir
Où planté sur l’estrade, on cherchait sans espoir,
Au fond de nos mémoires un rudiment basique,
Qui aurait dû surgir mais restait amnésique.
Alors on me vengeait en lui jetant des flèches,
Fabriquées en papier par mes copains de mèche.

Plumes sergent-majors, crispées sur nos cahiers,
On transpirait d’angoisse, appliqués et inquiets.
Pour nous, les hectolitres ou les mètres carrés,
Les hectares ou centiares, étaient des coups fourrés.
Des mots de tolérance, empathie, liberté,
Des inégalités, de la laïcité, on entendait parler jusqu’à satiété.

Quant aux rois, empereurs, aux dates de l’histoire,
Ce n’étaient que tortures et pièges vexatoires.
Les Troyens m’agaçaient ; et pourtant, j’aimais Sparte,
Je détestais Colbert, j’adorais Bonaparte.
J’abhorrais les anglais, j’aimais Duguay-Trouin,
Je haïssais Nelson ; pas les corsaires malouins !

Tels les Grecs, les Romains, les Huns, les Wisigoths
Ces peuples sanguinaires avaient tous leurs despotes.
Je rêvais de Jeanne d’Arc, et pleurais sur Saint Louis,
 Mais la série des Louis ne m’avait pas séduit …
 Il voulait que l’on soit «de bons républicains»
Des «Français accueillants, des Français citoyens».

Comment peut-on ainsi exercer sans remord,
Un métier qui consiste à faire subir cent morts
A de gentils enfants qui font tous leurs efforts,
Pour devenir toujours plus savants et plus forts ?
Il faut aimer punir, avoir un mauvais fond,
Détester les élèves, haïr tout ce qu’ils font !

Dans cette école infâme où l’enfant que je fus,
A appris ce qu’il sait sans l’avoir jamais su,
J’ai ri tout en pleurant et j’ai pleuré en riant,
En souhaitant l’enfer à son affreux tyran,
Malgré mes chers parents, insensibles à mes plaintes,
Complices sûrement de toutes ces contraintes.

*******
Bien des années plus tard, profitant de vacances,
Avec femme et enfants dans l’ouest de la France,
Je me suis souvenu du fâcheux Cœur-de-pierre
En passant (est-ce hasard ?) vers sa maison côtière.
Il bêchait son jardin quand il me vît venir ;
«Eh bien, tu as grandi !», me dit-il sans sourire.

« As-tu au moins choisi un métier qui te plaît ?
- Oh, oui : à dix huit ans, j’ai décidé d’un trait.
C’est une vocation qui soudain m’est venue,
Sans bien savoir pourquoi elle tombait des nues.
C’est vrai : ces efforts-là me sont un vrai bonheur ;
Et j’en jouis chaque jour : je suis … instituteur.»

                                              Jacques Grieu

 
Os court :

«  Les sciences peuvent seules enseigner la non-crédulité sans enseigner le scepticisme, ce suicide de la raison. »  

Paul Bert ( médecin, physiologiste de la plongée sous-marine, 1833-1866)
 



 Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1195     2 novembre 2020

 
 

30 octobre 2020

T’es qui, toi, dis donc ? (Exmed)

   
Retour au chacun chez soi, notre virus oblige. Comme si, hypothèse audacieuse, il était collectivement doué de conscience et d’une fonction. Nous contraindre à nous laisser le temps de nous regarder nous-mêmes sans autre jugement  sur nous-mêmes que le notre. 
Qu’en ressortira-t-il au bout du compte ? Ni plus ni moins que ce que nous aurons chacun eu le temps de penser.

François-Marie Michaut
29 octobre - 1er novembre 2020

27 octobre 2020

«Salut à toi, dame Bêtise»
 (Exmed)

 
L'épidémie de Covid 19 aura été une effroyable parenthèse dans l'intelligence .
Un trou noir épistémologique.

Le monde a été terrassé par un virus qui épargne plus de 99,9% des humains
La faillite frauduleuse des modèles mathématiques y voit une de ses pires illustrations.
La foi du charbonnier dans la médecine de masse et les solutions moyenâgeuses en échec depuis 1000 ans....

Pas de tests quand il en fallait, pas de traçages crédibles, pas d'isolements CIBLÉS,  pas de protections INDIVIDUELLES crédibles.

Une communication anxiogène, qui a transformé des millions de citoyens en névrosés thanatophobes.

Une réanimation spectacle
Des applaudissements de 20 heures...

Des polémiques stériles
Des publications mensongères
Des prises de positions thérapeutiques liées à des connivences révoltantes

Une ingérence gouvernementale inadmissible dans les  traitements.

Y a t il une bêtise qui n'ait pas été faite ?

Jean-François Huet
, médecin anesthésiste-réanimateur
28-29 octobre 2020

Note de la rédaction : le titre de cet article a été emprunté à la chanson de Jacques Brel.

25 octobre 2020

Homo (non) sapiens (LEM 1194)

                                                
  Aveu liminaire. La procédure utilisée ici pour aborder un sujet consiste à en déterminer auparavant... le titre (1) Pour écrire cette LEM, j’avais d’abord songé à lui donner le titre d’Homo Ignorans. Vérification faite, cette dénomination a déjà été employée dans un sens différent (2). 
   C’est le bon docteur suédois Carl von Linné ( 1707-1778), un des pères de la systématique (3) qui, de sa Suède, inventa Homo sapiens pour désigner notre espèce. L’adjectif latin veut dire : «intelligent, sage, raisonnable, prudent».  Sans vouloir être trop sévère, le programme de la dénomination scientifique semble bien loin d’être réalisé par notre civilisation mondialisée actuelle. Quatre objectifs grandioses : l’intelligence, la sagesse, la raison, la prudence. Notre «sapience» est gravement en panne, le tohu-bohu dans les esprits déclenché par l’irruption du Covid 19 avec toutes ses conséquences en fait foi. Désolé, attentif lecteur, mais, à l’usage, Homo n’est pas du tout, ou pas encore, sapiens. D’où la parenthèse négative que je me suis permis d’insérer avec malice dans le nom ambitieux de notre espèce de primates.

   Et pourtant, impossible de le nier, que de connaissances avons nous réussi à accumuler et à thésauriser (4) au fil des âges et des cultures ! Nous savons beaucoup de choses dont les exploits techniques éclatants qu’ils autorisent sont aussi admirables que les impasses où elles nous conduisent sont terrifiantes.

   Alors, qu’est-ce qui peut bien faire que nos façons de vivre ne soient qu’en accord très imparfait avec cette «sapiensitude» que nous attribue généreusement la zoologie ? Une partie de nous-même se serait hypertrophiée aux dépens d’une autre que nous aurions laissé  dépérir par manque d’exercice ? L’hypothèse n’est pas invraisemblable pour un médecin qui sait qu’étant embryons, avant que les poumons soient formés nous disposions de branchies et qu’une indispensable glande endocrine, le thymus, s’est atrophiée  à la fin de l’enfance. La neurologie sait que notre cerveau est un organe unique. Elle a repéré également qu’il est constitué de deux hémisphères dont le fonctionnement est si différent qu’il est habituel de parler de cerveau droit et de cerveau gauche.
Comment se fait-il que nous ayons à ce point favorisé la rationalité purement matérialiste commandée par notre hémisphère gauche au détriment du fonctionnement de l’hémisphère droit demeurant dans le plus grand flou ? Les sciences ont choisi leur champ d’action qui s’est révélé incroyablement fertile grâce aux techniques. Au point de laisser entendre qu’en dehors de leurs méthodes, il ne pouvait exister aucune connaissance digne de ce nom. Les sciences étaient devenues LA Science, et la Science a endossé progressivement l’habit suprême de LA Connaissance.

  Il est alors aisé de comprendre que la cité scientifique ne veuille pas,sa méthodologie le lui interdit,  aller à la recherche de ce à côté de quoi elle passe. Mais nous, les gens ordinaires, nous sentons bien depuis quelques années qu’il est de plus en plus difficile d’accepter que la connaissance scientifique, avec ses multiples facettes et innombrables données désormais numérisées, est l’alpha et l’oméga de nos performances mentales. Indépassable savoir, l’aventure du SRAS-Cov2 et la conscience écologique en expansion, tordent le cou à cette croyance que nous avions depuis la révolution industrielle d’un progrès libérateur matériel infini, le Progrès.
  Tentons de chausser nos lunettes systémiques.  Pour ne pas périr de désespoir devant ce qui ressemble de plus en plus à un échec. Chaque discipline scientifique, technique, artistique ou spirituelle , peut être grossièrement comparée à une tranche précieuse de connaissance aux frontières plus ou moins poreuses à ce qu’il y a autour. Notre cerveau de sapiens est-il capable de déterminer si oui ou non existe un système de connaissance plus large,  capable de respecter en les englobant toutes nos sciences, tous nos arts et toutes nos croyances, des plus anciennes aux plus actuelles ? Dit autrement : un système unique capable d’englober en les faisant travailler en harmonie tous les systèmes que nous pouvons connaitre est-il ou non une potentialité du cerveau humain à développer ?
Rien, à mon sens, ne permet à Homo sapiens , aussi inachevé soit-il encore - nous ne le constatons que trop - de répondre par la négative.

  Pour demeurer volontairement, car il n’est pas le seul à avoir osé travailler la question (5), dans le domaine des sciences, en 1955 déjà le danois Niels Bohr, un des pères de la physique quantique, écrivait :  " Le problème de l'unité de la connaissance est intimement lié à notre quête d'une compréhension universelle, destinée à élever la culture humaine."
                        
                               François-Marie Michaut
 

   Notes :

(1) Méthode interdite par les professeurs chargés de m’apprendre la langue française.

(2) « Homo Ignorans Deliberately Choosing Not to Know» , Ralph  Hertwig, Christopher Engel, Perspect PPsychol. Sci. 2016 May.   Ces personnes qui font le choix de ne pas savoir de quoi ils sont malades.



(3) Discipline scientifique permettant, avec la taxonomie,  de classer dans un ordre logique tous les organismes animaux et végétaux. Ne pas confondre avec la systémique souvent évoquée sur ce site.

(4)Amasser de l’argent sans le dépenser, selon Larousse.

(5) Une piste beaucoup plus large à ne pas négliger : F.Michaut, Aubiérisons-nous, LEM 1053, 5 février 2018 

 
Os court :


«  L’humanité a de multiples naissances, avant sapiens, avec sapiens, après sapiens, et peut-être promet une nouvelle naissance après nous.»  
               Edgar Morin, sociologue (1973)

 

Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1194   26 octobre 2020

Conscience de nos limites (Exmed)

   
  Dans quelque domaine que ce soit, depuis le vieux Socrate, l’exercice est particulièrement délicat. Oser aller voir, ou choisir de ne pas s’y confronter ? À chacun sa réponse,  le déroulement de notre vie personnelle en témoigne plus que les discours.

   

La poussée des évènements, en grande partie liés aux conséquences non maitrisées de nos activités, devient pressante et ... opressante.
Voici donc à votre disposition la LEM 1194 Homo (non) sapiens.

François-Marie Michaut
26-27 octobre 2020

23 octobre 2020

Contagion n'est pas virulence (Exmed)

   Les soignants le  savent depuis des siècles, la facilité de transmission d’une maladie d’une personne à l’autre est totalement indépendante de l’intensité du pouvoir pathogène d’un microrganisme pour un individu donné. Faute d’avoir clairement en tête cette différence de nature entre le collectif et l’individuel, les chiffres censés rendre compte de la réalité et de l’évolution du Covid 19 sont incompréhensibles par la population, ses informateurs autoproclamés ou professionnels et, plus grave encore, par ses décideurs politiques. 

   Un climat anxiogène pas vraiment bon pour notre santé psychique et la crédibilité de nos élites. 

François-Marie Michaut
23-25 octobre 2020

20 octobre 2020

Les corbeaux virtuels (Exmed)


    Diffuser sur Internet - sans limite autre que la langue - des propos diffamatoires, sans dire qui on est, est proposé à chaque lecteur de réseau social. Il suffit de cliquer sur la mention «anonyme».
Faut-il continuer à conserver pieusement cet encouragement de fait à l’irresponsabilité éditoriale de chaque être humain, sous le prétexte de respecter la liberté d’expression ?
Achèteriez-vous un livre, liriez-vous un article médical, dépourvus de nom d’auteur ? Moi non plus.

      Tout internaute sait-il que partager un message non conforme à la loi fait automatiquement de qui s’y livre un complice de son lanceur ? Contagiosité numérique de la maladie des corbeaux.

 François-Marie Michaut
21-22 octobre 2020

18 octobre 2020

FLORAISONS
-EFFLORESCENCES (LEM 1193)

                      
La fleur est un symbole et qui est fort ancien :
Depuis le Moyen-Âge et déjà les Romains,
On avait codifié ses significations.
Chaque fleur nous parlait avec ses précisions.

À l’ajonc, la colère, à l’origan la joie,
À l‘œillet le caprice, aux centaurées, la foi,
Au buis, le stoïcisme, au muguet le bonheur,
Au crocus l’inquiétude, à l’ixia, le malheur.

Le fenouil, c’est la force et le fuchsia, la grâce,
L’aster est la gaieté, l’achillée, la menace,
L’arum, donne l’ardeur et le gui, la constance,
Le laurier, c’est la gloire et le houx, la défense.

Construire son bonheur, c’est donc faire un bouquet
Avec beaucoup de fleurs choisies sur son trajet.
Certaines resteront toujours inaccessibles ;
Il faut se contenter de celles disponibles.

On veut cueillir très tôt chaque fleur de la vie ;
Ce serait donc la mort qui pousserait ainsi ?
Sans doute les boutons font de belles promesses,
Mais leurs fleurs, il est vrai, en se fanant, nous pressent.

La vie n’est qu’un passage ? Alors sur ce chemin,
Autant semer des fleurs, plutôt que des chagrins…
La fleur de l’âge est bien la période euphorique ;
Viendra l’âge des fleurs, l’âge… nécrologique.

Ainsi allaient nos fleurs du temps de nos enfances ;
Aurait-on oublié toutes leurs… compétences ?
On n’ose plus savoir ce qu’elles prédestinent ?
Et surtout on craindrait qu’elles aient trop d’épines…
          
                        
                                    Jacques Grieu
 
 
Os court :

« Qu’est-ce qu’une fleur ? Un sexe géant qui s’est mis sur son trente et un.»
Amélie Nothomb
 


 Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1193   19 octobre 2020

  

                          

Les fleurs parlent (Exmed)


  Il suffit d’un événement soulevant une énorme émotion collective, nous venons de le vivre avec le professeur Samuel Paty, pour que le premier geste spontané soit de se grouper autour des fleurs qui surgissent des lieux dramatiques. Sans le savoir, notre collectivité envoie un message, une réponse au delà de toute analyse rationnelle, qui mérite d’être décryptée.

  Jacques Grieu, dans un poème déjà ancien, dans la LEM 1193 FLORAISONS EFFLORESCENCES nous aide à nous plonger dans le monde de ce qu’expriment depuis des siècles les fleurs de nos plantes. La fleur au fusil, une expression à ne pas oublier. Surtout quand cherche à fleurir  la seule volonté d’imposer à la France l’obscurantisme des esprits.

François-Marie Michaut
19-20 octobre 2020

15 octobre 2020

Cordon sanitaire (Exmed)


    La France instaure un couvre-feu nocturne dans ses grandes métropoles. Au sens premier, répandre de la cendre sur un feu ouvert pour qu’il ne flambe plus et que les braises demeurent en sommeil pour pouvoir être réactivées pendant des heures. Saine économie domestique de nos anciens. Sous sa couverture, un feu continue de couver, n’est-ce pas ?
    

    Le cordon sanitaire a été inventé en France en 1821. Au moyen d’une occupation militaire massive (30 000 hommes), bloquer totalement l’accès à toute la frontière avec l’Espagne. Pour, officiellement, lutter contre une épidémie de Fièvre Jaune venue d’Amérique sévissant à Barcelone. Avec une mortalité, qui ferait mourir de peur  de nos jours, de 10% de la population.

 François-Marie Michaut
16-18 octobre 2020

13 octobre 2020

Anti «séquestration» ? (Exmed)

   Ainsi parlait  sans détour Adrien Proust, sommité hygiéniste de la fin du 19ème siècle, de ce que nous nommons pour ne pas choquer notre modernité un confinement et des mesures barrières. Nous avons été, et demeurons ouvertement, coupés des autres. Séquelles psychiques  collatérales du Covid19 ? On n’en parle guère. C’est pas facilement chiffrable.
    Cependant, il y a eu depuis le printemps une ruée sur les somnifères, anxiolytiques et antidépresseurs prescrits par les médecins. Source : L’Expansion du 12 octobre 2020.
La chimie est certes précieuse, mais résume-t-elle tout ce dont nous disposons pour aller moins mal dans notre vie quotidienne ?

Que la médecine demeure muette sur ce qui n'est pas technoscientifique.

François-Marie Michaut

14-15 octobre 2020
 

11 octobre 2020

Pourquoi, mais pourquoi donc ? (Exmed)

  Une toute petite chose ne contenant que de l’ARN, en vérité assez modestement agressive pour les organismes humains, réussit à mettre à genoux la vie quotidienne de la planète toute entiere. L’aventure semble sortie d’une oeuvre de science fiction.  C’est pourtant notre réalité. Celle que nous avons bien du mal à comprendre ( prendre avec soi) dans sa globalité et sa logique propre.
La LEM 1192, ne se sentant aucun droit à imposer quoi que ce soit, vous propose Machinodépendance. 

Nota : Clin d’oeil recommandé à la LEM LA MACHINE, texte et tableau de Jacques Grieu. https://www.exmed.org/archives20/circu1184.html

François-Marie Michaut
12-13 octobre 2020

Machinodépendance (LEM 1191)


 
   Comment sommes-nous tombés dans l’ère covidienne, définie dans la LEM 1171 du 18 mai 2020 ( lien https://www.exmed.org/archives20/circu1171.html). Doucement mais inexorablement basculent tous les repères sur lesquels s’est construite jusqu’à nous la civilisation venue d’occident qui conduit la planète. Crise de civilisation est trop faible. Apocalypse (Révélation de Jésus-Christ, fin du monde en français, condamne sans issue de secours possible notre existence sur terre.
Fin de civilisation est plus acceptable.

Nos historiens et archéologues ont établi, avec des montagnes de preuves, que l’humanité a déjà connu des civilisations puissantes qui un beau jour, sans explication lumineuse à nos yeux, ont disparu. Il est évident pour beaucoup que la rencontre avec un virus encore inconnu - donc effrayant - est la seule cause rationnelle de tout ce que nous vivons depuis son emergence. Les métaphores guerrières n’ont fait que brouiller la réalité.

Imaginons un instant que surgisse de nos cerveaux un remède facile à fabriquer et un vaccin de qualité accessible à tous les peuples. Fin de la pandémie, tout le monde pavoise. La maladie dont tout le monde parle est éradiquée. Tous nos problèmes seraient-il réglés? La mise à sac de notre planète, l’exploitation des moins instruits par les plus malins, des faibles par les puissants, des pollués par les pollueurs auraient-ils alors une raison de cesser, même si nous savons que le vivant tout entier est menacé dans les dizaines d’années à venir ?
Nous aurions alors simplement surmonté une simple crise.

Or, tant pis si c’est une redite, ce n’est pas une crise que nous vivons, c’est bien plus grave que cela. Notre civilisation agonise, elle a été jusqu’au bout de son cycle de vie. Il n’en restera que des cendres, à partir desquelles, si nous savons y apporter notre intelligence, naitra une autre civilisation.  La nature à horreur du vide, prétendait déjà Aristote. Une telle constatation peut faire peur. Elle n’a rien d’effrayant. Elle est même notre unique notre planche de salut.



  Les ennuis auxquels nous avons à faire face en ce moment viennent principalement de l’orientation de toutes nos actions depuis... des siècles. Le développement du covid19 que nous connaissons est directement lié à nos façons de vivre et d’agir. Nous imposer à chacun le confinement constitue un aveu de notre responsabilité collective et individuelle.

Que s’est-il donc passé que nous n’avons pas vu venir ? Nous avons voulu, selon la devise des jeux olympiques, toujours faire plus, plus vite, plus haut, plus fort. Et se sont les machines qui nous ont permis d’y parvenir. D’abord, quand elles étaient simples, elles furent à notre service. Et vraiment cela améliora notre vie à tous, et facilita nos possibilités de tuer les autres vivants.  Puis, nos cerveaux inventifs se sont emballés sans se donner aucune limite que celle de l’état de nos connaissances technoscientifiques. Des dérapages gravissimes, principalement au nom des guerres militaires ou économiques, sont devenus évidents.
Mais l’humain, tel qu’il est, est tombé amoureux de ses inventions. Et nous voici plongés dans un climat général d’adoration - le terme n’est pas trop fort- de nos machines. Nous en sommes devenus gravement dépendants. Qui imaginerait un monde sans électricité ou sans moyen de transport ?

  Faire, bien sûr qu’il nous faut faire pour pouvoir vivre. Mais faire pour faire, juste pour être les utilisateurs esclaves des machines que d’autres ont inventé sans nous dire s’ils savaient pourquoi ils avaient voulu les faire sortir de leur cerveau ?  

  Alors, debout pour peaufiner notre résilience. Il serait suicidaire, nous savons que le temps nous est compté,  de renoncer à comprendre comment et pourquoi notre civilisation est parvenue à une telle impasse.Nous avons en nous toutes les ressources pour sortir de cet esclavage de plus en plus séducteur aux machines en tout genre. Dans la seule mesure où nous prenons conscience, peut-être grâce à nos partenaires les virus,  que nous ne sommes pas que ... des machines.

 
    

 
Os court :


«  La machine a gagné l’homme, l’homme s’est fait machine, fonctionne et ne vit plus.  »
Gandhi (1869-1948)



 Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1192   12 octobre 2020

 
 François-Marie Michaut

08 octobre 2020

Nobelpriset
 (Exmed)

    Le prix créé par le suédois Alfred Nobel en 1901 vient d’être décerné. Son objectif : récompenser « les personnes ayant apporté le plus grand bénéfice  à l’humanité». Dans le domaine de la chimie (?) ce sont les généticiennes Jennifer Doudna et Emmanuelle Charpentier qui sont récompensées. « Pour le développement d’une méthode permettant de modifier le génome».
  

    Assurer la publicité mondiale de la capacité de modifier le génome -  l’humain compris, Dolly- peut-il être qualifié sans état d’âme comme ayant apporté le plus grand bénéfice à l’humanité ? Nos organismes génétiquement modifiés, ou du moins modifiables, cela ne pose vraiment aucun problème éthique, moral, philosophique ou spirituel à d’autres que nos dignes académiciens Nobel ?

François-Marie Michaut

9-11 octobre 2020

06 octobre 2020

Trump aurait-il lu Sénèque ? (Exmed)

 
Et pourquoi pas, à l’hôpital dont est sorti hier le Président étatsunien, peut-être même sur ce site, allez donc savoir, en consultant le dernier Coup d’Oeil d’Exmed (5-6 octobre) intitulé : Personne ne peut longtemps... porter le masque.
   

   La coïncidence pour nos lecteurs est frappante. L’observateur de la scène mélodramatisée à l’extrême ne peut que se poser une question. Elle  n’a rien de naïf. Un masque peut-il en cacher un autre ? En cache-t-il toujours un autre ?

  
Serge Gainsbourg a son idée :  « Le masque tombe, l’homme reste, et le héros s’évanouit ».


François-Marie Michaut
7-8 octobre 2020

04 octobre 2020

Personne ne peut longtemps... (Exmed)

C’est Sénèque qui l’affirmait : «Personne ne peut longtemps porter le masque». Mais qui c’est ce mec, Sénèque ? Un philosophe romain né à Cordoue, contemporain de Jésus-Christ.
Son pronostic est-il rendu obsolète par l’actualité virale du présent ?
    Des éléments complémentaires pour se faire son opinion sont à votre libre disposition. Jacques Grieu : MASCARADES, la LEM 1191.

 François-Marie Michaut
5-6 octobre 2020

MASCARADES (LEM 1191)

 
Le masque est à l’honneur en cette triste année.
Il envahit nos mœurs, nos rêves, nos journées.
On le croyait enfui mais il revient en force.
D’en prendre l’habitude, il faut bien qu’on s’efforce…

Cet objet est fort simple et bête sans malice,
Il n’est pas mécanique, électrique ou factice
Et votre couturière aurait pu en faire un,
Sans machine ou PC, rien que du cousu main.

Cette simplicité paraît bien singulière
Pour prétendre sauver la terre tout entière.
« Personne n’a trouvé le masque connecté ! »
D’où le refus parfois, pour certains, d’en porter ?

On dit que c’est Popée, l’épouse de Néron,
Qui porta la première un masque sur son front.
Du mot roman maska qui signifie noirceur
Sa sombre renommée en a pris la couleur.

Mais il devint pourtant accessoire de fête,
Puis objet de piété, puis comédie de tête.
Le noir de ses velours ne cachait le visage,
Que pour mieux nous montrer la blancheur des corsages…

« Masques et Bergamasques » inspirèrent Fauré
Verlaine et Debussy, Tchekhov et Mallarmé.
Ce masque a joué du luth en belles envolées,
Qu’aujourd’hui le covid nous a fait oublier.

Le masque maintenant défraye la chronique
Et fait naître partout d’ineptes polémiques.
Qu’il soit de chirurgien, lavable ou transparent,
Il devient instrument de nos gouvernements.

« Vous devez le porter dans telle ou telle rue »;
Si vous tournez à droite en cette autre avenue,
Vous pouvez l’enlever, ce n’est plus capital !
Mais peut-être demain, sera-ce acte vital !

Les conspirationnistes et autres complotistes
En ont fait un hochet, machine d’arrivistes .
C’est des pires des maux que le masque est taxé
Générant des procès... d’atteinte aux libertés !


« Le masque vous étouffe, et décolle l’oreille.
C’est un nid à microbe, on vous le déconseille.
C’est un produit chinois de basse qualité
Dont on a vérifié l’inefficacité
»

Pro-masque ou anti-masque ? Affaire de bellâtres !
Avec ou sans covid, la vie n’est qu’un théâtre :
Chacun y joue un rôle, un masque sur le nez.
La santé du voisin ? On l’avait oubliée !

                                Jacques Grieu


    

 
Os court :

«  À parler absolument, notre visage est un masque. Le vrai homme, c’est ce qui est sous l’homme.  » 


Victor Hugo


 Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1191   5 octobre 2020

01 octobre 2020

Tester, détester (Exmed)

   
À force de tester dans tous les sens les citoyens pour débusquer le virus du moment, les esprits confinés et hypnotisés vont bien finir par se réveiller. La foi, assez naïve, qui les/nous anime, au delà de la peur de la maladie qui peut tuer, est le sentiment de bien faire tout ce qu’on peut pour bouter l’ennemi invisible et invulnérable hors de nos vies. 
L’heure des évaluations sonnera. Elle sera riche en enseignements dans tous les domaines de nos activités humaines. 
   
    Impossible d’écarter l’hypothèse que cette histoire de tests crachant tous les jours aux médias leurs chiffres sidérants, on finisse par la détester. Avec tous ceux qui en auront assuré la promotion.

François-Marie Michaut
2-4 octobre 2020

29 septembre 2020

Nous entendons éradication (Exmed)

   Toutes ces maladies, en particulier infectieuses, qui nous pourrissent la vie, nous avons le rêve de nous en débarasser. Les médecins sont implicitement investis dans cette mission
 collective. L’Organisation mondiale de la santé, une des branches des Nations-Unies, annonce avec fierté que tel ou tel fléau meutrier a été éradiqué. Peu importe ici que les renseignements ne proviennent que de ce que les états ont pu observer ou voulu tansmettre. En langage ordinaire, éradiquer veut dire enlever la racine. Qui peut sérieusement croire que  nous avons fait disparaitre définitivement de la planète le virus de la variole il y a 40 ans, ou prochainement le virus de la poliomyélite ? Un effet magique des vaccins contraignant les virus à renoncer à évoluer, donc à s’adapter au milieu où ils sont tapis en temps «ordinaire» ?


   Alors, un peu plus de modestie, un petit peu de rigueur dans les termes que nous utilisons, une dose homéopathique de culture scientifique dans les cerveaux. Et, COVID 19 ou pas, tout le monde se portera mieux.

François-Marie Michaut

30 septembre-1 octobre 2020

27 septembre 2020

P/endémie ? (LEM 1190)


  Puisque la réalité d’un turbulent coronavirus, quittant sur son ARN ses discrets hôtes animaux dans l’Extrême Orient,  est parvenue à transformer la masse des êtres humains au cerveau gavé par les  écrans numériques en virologues avertis , enfonçons encore un peu le clou.


   Aiguillonnés par la lourde incertitude de ce qui sera demain pour chacun de nous, propulsés par la Toile, les mots fusent de tous les côtés. Parfois balancés comme des grenades pour tenter de convaincre les lecteurs-auditeurs-électeurs s’agitant dans tous les sens. Dans cette situation médiatiquement évoquée jusqu’à l’écoeurement, il me semble de plus en plus nécessaire de se livrer à un exercice à visée clinique.   Et pas, ce serait se méprendre,  simplement littéraire ou esthétique.

  Nous avons d’abord vécu une épidémie, quand une forme nouvelle de syndrome respiratoire aigu (SRAS 2) a atteint et s’est répandu dans le peuple chinois. Notre bougeote incessante sur toute la planète a permis au Corona 2, se comportant en astucieux passager clandestin, de se répandre un peu partout dans presque toutes les parties du monde. C’est la définition même du mot pandémie : tous les peuples. L’OMS en a délivré le certificat officiel d’authenticité. Jusque là, nous semblons tous d’accord. Exception faite d’inoxydables tenants des théories complotistes et des moi-j’veux-pas-le-savoir.

Mais, les inventions imagées (commodes pour manipuler les esprits maigrement informés) de «nouvelle vague»  ou de « rebond»  de Covid19 résistent mal à notre ignorance de tout exemple historique comparable. Il est souvent invoqué, sans plus de détail mais avec déférence, l’utilisation de modèles mathématiques capables de digérer tout ce que nous engrangeons, de préférence sous forme chiffrée. Qui d’entre nous a entendu parler du succès de la prédiction mathématique de tel ou tel événement ? Ce n’est pas pour rien que nous avons inventé les statistiques et les calculs de probabilité. Faire en permanence appel au hasard pour ne pas dire ce que nous ne savons     pas est un faux-fuyant. Az-zarh, ce sont les dés à jouer.

  Sommes-nous pourtant en voie de passer de la pandémie que certains pensent en train de  décroitre(1) vers ce qui se nomme une endémie ? Une maladie contagieuse ou transmissible qui s’installe de façon permanente dans une population. En Afrique, Lèpre, Tuberculose, Sida, paludisme ou bilharziose. En Europe, plus dicrétement, ne pas oublier le zona, l’hépaptite C ou l’herpes si fréquents.
C’est possible, c’est loin d’être certain. Mais, comme nous vivons très mal l’incertitude, habitués au confort que nous avons la chance de vivre, il nous faut un panneau indicateur de la route qui nous est imposée par la réalité. Il est humain, peut-être indispensable, de se construire un récit de ce qui  nous arrive. Le seul outil que nous avons, aussi riche soit-il en émotion, est de lui donner un nom  pour lui donner une existence pensable.

 Alors, au travail. Puisque, nous l’avons survolé rapidement dans ce papier, ne peuvent plus convenir ni l’épidémie et son extension planétaire la pandémie, et que l’endémie n’est pas d’actualité, il faut oser se forger une invention verbale acceptable. J’avais d’abord songé au mot pendémie. Mais, juste transformer un a en é n’est pas assez parlant (3). L’orthographe, même pour les plus attentifs lecteurs, ne saute pas toujours aux yeux. Un ami, hier au téléphone, m’a suggéré P endémie. Un espace vide dans un mot.  Pourquoi ne pas introduire un signe inhabituel dans ce mot, mais familier aux internautes, le slash (2) ?


  Penser que nous sommes les premiers humains à vivre cette p/endémie, ça donne du coeur au ventre quand le moral fléchit, vous ne trouvez pas ?

   Et enfin, cerise sur le gateau, la petite trouvaille sémantique proposée ici sera de courte vie. Parce que la situation que nous vivons collectivement et individuellement, à l’image de tout le vivant,  ne peut qu’évoluer au fil du temps. Le p/ inusité de notre p/endémie livrera sa destinée. P comme pré, p comme péri, p comme para ? La liste n’est pas limitative. 

       Qui (sur)vivra le saura.
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Notes  

(1) Une pandémie qui ralentit malgré tout,  G.H.
 Journal International de Médecine, JIM.fr du 23 septembre 2020

(2) Barre de séparation oblique de gauche à droite en partant du bas / utilisé dans les fichiers internet. Anglicisme  technique sans traduction française.

(3) Pour les non initiés au langage des médecins.


 
Os court :


«  Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement
     Et les mots pour le dire viennent aisément » 


                    Nicolas Boileau-Despréaux (Art poétique 1674)

 Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1190   28 septembre 2020

  P/endémie ?
 François-Marie Michaut
 

Du pouvoir de dire non (LEM 1250)

           Au risque de verser dans les poncifs des rappels s'imposent ...   En fait il y a assez peu de gens qui ont la capacité de dir...