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29 septembre 2020

Nous entendons éradication (Exmed)

   Toutes ces maladies, en particulier infectieuses, qui nous pourrissent la vie, nous avons le rêve de nous en débarasser. Les médecins sont implicitement investis dans cette mission
 collective. L’Organisation mondiale de la santé, une des branches des Nations-Unies, annonce avec fierté que tel ou tel fléau meutrier a été éradiqué. Peu importe ici que les renseignements ne proviennent que de ce que les états ont pu observer ou voulu tansmettre. En langage ordinaire, éradiquer veut dire enlever la racine. Qui peut sérieusement croire que  nous avons fait disparaitre définitivement de la planète le virus de la variole il y a 40 ans, ou prochainement le virus de la poliomyélite ? Un effet magique des vaccins contraignant les virus à renoncer à évoluer, donc à s’adapter au milieu où ils sont tapis en temps «ordinaire» ?


   Alors, un peu plus de modestie, un petit peu de rigueur dans les termes que nous utilisons, une dose homéopathique de culture scientifique dans les cerveaux. Et, COVID 19 ou pas, tout le monde se portera mieux.

François-Marie Michaut

30 septembre-1 octobre 2020

27 septembre 2020

P/endémie ? (LEM 1190)


  Puisque la réalité d’un turbulent coronavirus, quittant sur son ARN ses discrets hôtes animaux dans l’Extrême Orient,  est parvenue à transformer la masse des êtres humains au cerveau gavé par les  écrans numériques en virologues avertis , enfonçons encore un peu le clou.


   Aiguillonnés par la lourde incertitude de ce qui sera demain pour chacun de nous, propulsés par la Toile, les mots fusent de tous les côtés. Parfois balancés comme des grenades pour tenter de convaincre les lecteurs-auditeurs-électeurs s’agitant dans tous les sens. Dans cette situation médiatiquement évoquée jusqu’à l’écoeurement, il me semble de plus en plus nécessaire de se livrer à un exercice à visée clinique.   Et pas, ce serait se méprendre,  simplement littéraire ou esthétique.

  Nous avons d’abord vécu une épidémie, quand une forme nouvelle de syndrome respiratoire aigu (SRAS 2) a atteint et s’est répandu dans le peuple chinois. Notre bougeote incessante sur toute la planète a permis au Corona 2, se comportant en astucieux passager clandestin, de se répandre un peu partout dans presque toutes les parties du monde. C’est la définition même du mot pandémie : tous les peuples. L’OMS en a délivré le certificat officiel d’authenticité. Jusque là, nous semblons tous d’accord. Exception faite d’inoxydables tenants des théories complotistes et des moi-j’veux-pas-le-savoir.

Mais, les inventions imagées (commodes pour manipuler les esprits maigrement informés) de «nouvelle vague»  ou de « rebond»  de Covid19 résistent mal à notre ignorance de tout exemple historique comparable. Il est souvent invoqué, sans plus de détail mais avec déférence, l’utilisation de modèles mathématiques capables de digérer tout ce que nous engrangeons, de préférence sous forme chiffrée. Qui d’entre nous a entendu parler du succès de la prédiction mathématique de tel ou tel événement ? Ce n’est pas pour rien que nous avons inventé les statistiques et les calculs de probabilité. Faire en permanence appel au hasard pour ne pas dire ce que nous ne savons     pas est un faux-fuyant. Az-zarh, ce sont les dés à jouer.

  Sommes-nous pourtant en voie de passer de la pandémie que certains pensent en train de  décroitre(1) vers ce qui se nomme une endémie ? Une maladie contagieuse ou transmissible qui s’installe de façon permanente dans une population. En Afrique, Lèpre, Tuberculose, Sida, paludisme ou bilharziose. En Europe, plus dicrétement, ne pas oublier le zona, l’hépaptite C ou l’herpes si fréquents.
C’est possible, c’est loin d’être certain. Mais, comme nous vivons très mal l’incertitude, habitués au confort que nous avons la chance de vivre, il nous faut un panneau indicateur de la route qui nous est imposée par la réalité. Il est humain, peut-être indispensable, de se construire un récit de ce qui  nous arrive. Le seul outil que nous avons, aussi riche soit-il en émotion, est de lui donner un nom  pour lui donner une existence pensable.

 Alors, au travail. Puisque, nous l’avons survolé rapidement dans ce papier, ne peuvent plus convenir ni l’épidémie et son extension planétaire la pandémie, et que l’endémie n’est pas d’actualité, il faut oser se forger une invention verbale acceptable. J’avais d’abord songé au mot pendémie. Mais, juste transformer un a en é n’est pas assez parlant (3). L’orthographe, même pour les plus attentifs lecteurs, ne saute pas toujours aux yeux. Un ami, hier au téléphone, m’a suggéré P endémie. Un espace vide dans un mot.  Pourquoi ne pas introduire un signe inhabituel dans ce mot, mais familier aux internautes, le slash (2) ?


  Penser que nous sommes les premiers humains à vivre cette p/endémie, ça donne du coeur au ventre quand le moral fléchit, vous ne trouvez pas ?

   Et enfin, cerise sur le gateau, la petite trouvaille sémantique proposée ici sera de courte vie. Parce que la situation que nous vivons collectivement et individuellement, à l’image de tout le vivant,  ne peut qu’évoluer au fil du temps. Le p/ inusité de notre p/endémie livrera sa destinée. P comme pré, p comme péri, p comme para ? La liste n’est pas limitative. 

       Qui (sur)vivra le saura.
__________________________________________________

Notes  

(1) Une pandémie qui ralentit malgré tout,  G.H.
 Journal International de Médecine, JIM.fr du 23 septembre 2020

(2) Barre de séparation oblique de gauche à droite en partant du bas / utilisé dans les fichiers internet. Anglicisme  technique sans traduction française.

(3) Pour les non initiés au langage des médecins.


 
Os court :


«  Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement
     Et les mots pour le dire viennent aisément » 


                    Nicolas Boileau-Despréaux (Art poétique 1674)

 Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1190   28 septembre 2020

  P/endémie ?
 François-Marie Michaut
 

Tous les maux ont leur mot (Exmed)


   Le soignant commence tout traitement en donnant au patient un nom à ce qu’il cherche à maitriser. Un diagnostic, qu’il faut souvent expliquer : c’est son travail. Le patient en a besoin pour se construire son image à lui , et même son récit de cette partie de sa vie , de ce qu’il doit affronter. Tel est l’acte un de toute thérapie.
   Alors quand l’actualité met à nu le manque d’une dénomination bien adaptée à un événement inconnu, nous voici tous dans un climat de malaise. La LEM 1190 au titre étrange de P/endémie ? propose à ses lecteurs un cheminement de l’esprit se voulant ouvert. 

À vous d’en juger.

François-Marie Michaut
28-29 septembre 2020

24 septembre 2020

Attention, les petits (Exmed)

    Les Pères Fouettard se portent toujours bien, merci. Mesures administratives musclées pour nous enfoncer dans la tête que le pouvoir, le seul, le vrai ne peut venir que d’en haut. Et que si les choses covidiennes ne s’arrangent pas aussi vite que le souhaite le public, c’est que nous ne faisons pas assez bien ce qui nous est imposé.
     

  Peut-être sont-ils trop cultivés pour pouvoir oublier ce précepte de maitre Jean Cocteau ? « Puisque ces mystères me dépassent, feignons d’en être l’organisateur». Quant aux vieux, comme dans une bande dessinée, tous fragiles, il sont condamnés, pour leur bien indiscutable, à rester dans leur bulle.

François-Marie Michaut
25-27 septembre 2020

22 septembre 2020

Décloner nos carabins
 (Exmed)

 
    Le Monde du 22 septembre 2020 ( Soazig Le Nevé ) met en titre de la réforme annoncée des études médicales un terrible : « Jusqu’ici, on fabriquait des clones». Un système jugé par le gouvernement lui-même « un gâchis humain» . Nous qui avons dû devenir de force, au fil des générations, des sortes d’êtres deshumanisés, nous voici devant un défi... surhumain.
Comment, les plus hautement diplômés étant devenus les plus robustement robotisés, allons-nous trouver dans nos rangs des enseignants de taille à «décloner» l’esprit de nos confrères de demain ? Nota : le verbe décloner n’est pas reconnu par les moteurs de recherche.

     Des clonés formant des non clonés, la manipulation ne va pas de soi.
De quels médecins avons-nous besoin ? Pour exercer quels types de médecine ? Pour quelle médecine répondant au mieux aux besoins des hommes, et non des intérêts marchands ou administratifs ?

    Personne - dans un pays se vantant de la qualité de ses soins de santé -  ne semble vouloir soulever avec lucidité ces questions toujours balayées sous le tapis des mesures à prendre d’urgence.

François-Marie Michaut
23-24 septembre 2020
 


20 septembre 2020

MACHINATION (LEM 1189)


La nouvelle tendance, un peu comme une mode,
Est le dénigrement, (voyez si c’est commode ! )
De toutes les machines ou choses automatiques :
C’est l’ennemi, le diable, un diable mécanique.
Est-ce l’effet covid qui ainsi désespère ?
On reparlerait bien d’un retour à la terre…

Moi-même j’ai raillé la machine à penser,
La machine à soigner et celle à informer,
Tous ces automatismes ôtant nos réflexions,
Notre lucidité d’humaine condition.
La machine a bon dos comme bouc émissaire :
Apprendre à s’en servir, sans doute, est nécessaire.
 
La machine détruit l’emploi des travailleurs
Fait un monde factice et cause nos malheurs.
La productivité est son bel alibi
Mais pourtant la croissance halète et s’affaiblit.
Elle est répétitive, aveugle et routinière
Et sa fameuse « I.A. » n’est pas ce qu’on espère.

La machine devait supprimer nos efforts
Mais ne fait qu’en vouloir imposer de tous bords.
Elle nous promettait bien plus de liberté
Mais aura fait de nous des esclaves dorés.
La machine abrutit, empêche la culture
Et, en plus, nous pollue, et salit la nature.


Voici donc la machine habillée pour l’hiver !
Pourtant, réfléchissons. Tentons d’être sincères :
Qui voudrait se passer de machine à laver ?
Qui espère rincer sa vaisselle en évier ?
Qui voudrait revenir au téléphone à pied,
Au porte-plume ancien trempé dans l’encrier ?

Mettre à la voile un mois pour aller aux U.S. ?
Les voyages : à cheval ? le ski : sans tire-fesse ?
Les robots nous évitent un millier de corvées,
Aident la chirurgie, font vivre plus âgé.
L’exploration spatiale aux machines énormes,
Nous fait dans l’univers découvrir mille formes…

Lavoir et serpillère, ravaudage et tricot
On n’entend plus souvent le son de ces doux mots…
Et si bien des poètes en ont la nostalgie,
Laissons les nous chanter ces jolies litanies.
Comme l’aspirateur a tué le balai,
Le confort finira  par tuer les regrets.

On voit bien sous ces airs de noirs dénigrements
Dame consommation exhibant des relents
Que notre société se plait à déplorer.
Mais c’est un faux sujet de pays évolué :
Les enfants du Kenya, quand ils n’auront plus faim,
Diront que la machine est le plus bel engin.

La machine n’est rien sans le cerveau des hommes.
Celui du chirurgien, celui de l’astronome,
Ceux de la ménagère ou bien du boulanger.
La crainte d’un robot nous dictant ses arrêts
En étant vigilants, un conte restera.
La machine sans l’homme ? Elle n’existe pas !

A se faire ainsi peur, les hommes adorent jouer
Mais leurs contradictions finissent par sombrer.
La machine est futée, autant qu’on l’a bâtie
Et au cerveau de l’homme est encore asservie.
Elle saura déjouer cette machination,
Puisqu’elle est le fruit seul de notre intervention.

                                               Jacques Grieu

 
Os court :


«  L’univers est une machine à faire de la conscience. » 
Hubert Reeves

Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1189   21 septembre 2020

 

 

Deus ex machina (Exmed)

     Relation tumultueuse et ambigüe, celle que nous entretenons depuis le théâtre grec antique avec toutes nos machines. La LEM 1189 MACHINATION de Jacques Grieu nous propose d’y aller faire un tour. Un tour bien d’actualité, votre tour bien à vous, qui que vous soyez.



     Les mots écrits vous rasent  assez vite? Que diriez-vous de (re)faire connaissance avec un film muet de 1926 intitulé comme il se doit : Le mécano de la «General» . La signature du grand acteur Buster Keaton est un indice de qualité. Lien  

 Et toute ressemblance avec ce qui se passait il y a un siècle n’est pas fortuite.

 François-Marie Michaut
21-22 septembre 2020

18 septembre 2020

Complainte du nez (Exmed)


  Ayons une pensée pour ceux qui, chaque journée, embrochent sans pitié des milliers de trous de nez.


Mais nez lasse, hélas.

 François-Marie Michaut
18-20 septembre 2020

15 septembre 2020

C'est quoi la peur ? (Exmed)

     Une affaire hormonale trouvant ses origines dans le diencéphale disent les médecins. Mais alors pourquoi nos sociétés mondialisées sont gangrénées par cette perception de leur avenir ? Voici une réponse du siècle dernier qui mérite d’être l’objet d’un examen sérieux.

   « La peur est un des plus grands problèmes inhérent à la vie. Être sa victime c'est avoir l'esprit confus, déformé, violent, agressif, en perpétuel conflit. C'est ne pas oser s'éloigner d'un mode conventionnel de pensée, qui engendre l'hypocrisie. Tant qu'on n'est pas délivré de la peur, on peut escalader les plus hautes montagnes, inventer toutes sortes de dieux, mais on demeure dans les ténèbres.»
     
Jiddu Krishnamurti, classé - à mon avis par défaut - philosophe indien.
 François-Marie Michaut
16-17 septembre 2020

13 septembre 2020

Arrêt sur images (Exmed)

   
Pas celles des médias ou des réseaux d’exposition de nos fatuités, on en est sursaturés. Juste des images qui naissent en nous parce que des mots ont eu le talent de leur donner existence. L’affaire des mots qui créent la réalité nous est bien connue depuis la Bible, ou ses équivalents dans d’autres univers culturels. 

   Mais quelle lecture sommes-nous capables d’en faire ? Littérale, scientifique, symbolique, ou - pardon pour ce mot malodorant - métaphysique ?


Voici ARRESTATIONS de Jacques Grieu, la LEM  1188  pour faire un petit galop d’essai à usage strictement interne.

François-Marie Michaut
14-15 septembre 2020

ARRESTATIONS (LEM 1188)


On n’arrête jamais les arrêts du destin,
Disent, découragés, ceux qui le tentent en vain.
Faudrait-il habiter une maison d’arrêts,
Avoir un chien d’arrêt, pour mieux s’en délivrer ?

Le progrès est risqué, disent les gens timides :
Rien ne peut l’arrêter, disent les intrépides.
Hélas on voit souvent que tout seul, il s’arrête,
Et que ce beau progrès, alors, bat en retraite .

Arrêt-buffet n’est pas un ordre de jeûner,
Et la SNCF n’en est pas accusée.
Si la bande d’arrêt, évoque un gang nouveau,
Son rôle, cependant n’est que pour nos autos.

La Cour rend ses arrêts ? Mais ce n’est pas trop tôt !
Où les avait-elle eu ? Pas gagnés au loto !
Étaient-ils empruntés ? Dérobés ? Achetés ?
De les rendre si tard on devrait protester !

Ces arrêts de la Cour sont si longs à venir,
Que des arrêts… cardiaques ils font parfois subir…
Qu’est-ce qu’arrêt de mort, sinon arrêt de vie ?
Les arrêts de rigueur ne sont pas mieux lotis…

La terre, sans arrêt, continue de tourner :
Pour pouvoir en descendre, on devrait l’arrêter…
L’œuvre d’art, elle aussi, est un arrêt du temps :
Ô, temps, suspend ton vol … Puis repart, en boitant…

Le temps ne tourne pas d’une façon parfaite :
Ralenti samedi, le dimanche, il s’arrête.
S’arrêter, c’est tomber, surtout à bicyclette :
Et pourtant, le dimanche, au vélo, c’est la fête !

Le futur, lui non plus, ne s’arrête jamais ;
En passant au présent, à chaque heure, il renaît.
Le temps va-t-il plus vite en voulant l’arrêter ?
Il devrait s’arrêter pour nous laisser passer…

                       Jacques Grieu
         ________________________
 
 
  
Os court :

«  La plume est l’interprète de l’âme : ce que l’une pense, l’autre l’exprime.  »

Miguel de Cervantès (Don Quichotte)
 

 

Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1188   14 septembre 2020



10 septembre 2020

Le sort des avant postes covidiens (Exmed)

   Que deviennent donc ceux qui passent leur journée à prélever , à quelques centimètres de distance,  des échantillons nasaux profonds à la foule des citoyens ayant décidé de se faire dépister ? 

Se faire titiller les fosses nasales n’entraine-t-il jamais d’éternuements ou de toux potentiellement richement contaminés au Corona19 ? 

Combien de contaminés, combien de cas cliniques déclarés, combien d’hospitalisation, combien de cas graves ou mortels parmi elles/eux ?


Ils semblent bien oubliés de tout le monde ces serviteurs masqués anonymes. Quel manque de considération, quelle injustice égoïste !

François-Marie Michaut
11-13 septembre

08 septembre 2020

Quatorzaine ou septaine ? (Exmed)

    Si seulement les têtes aptes à la réflexion pouvaient tirer une leçon personnelle des ondulations de la cité médicale confrontée au Covid 19.  Comme ce serait confortable que les bataillons d’experts bavards mettent en avant une connaissance unique indiscutable permettant aux pouvoirs politiques de protéger au plus près du risque zéro leur population.         

   Mais, dans la vraie vie ,  c’est impossible. Soigner quelqu’un impose à qui en a la charge une attitude mentale incontournable. Accepter de demeurer toujours dans une attitude de doute, afin de pouvoir adapter son action aux événements de chaque instant. Confronté aux problèmes de santé, agir tout en restant prêt à chaque instant devant la réalité à changer son fusil d’épaule.

François-Marie Michaut

9-10 septembre

06 septembre 2020

Question de pouvoir (Exmed)

  Nos ressorts humains les plus intimes demeurent largement incompréhensibles. Chacun, cependant, en mesure chaque jour les manifestations. La circulation intense des commentaires consacrés à toutes nos exactions donne facilement l’impression angoissante que nous vivons dans un monde de plus en plus violent.

  La LEM 1187 : Violence se permet d’y mettre son propre grain de sel, laissant au lecteur le soin d’en faire ce que bon et juste lui semble.

François-Marie Michaut

7-8 septembre

Violence (LEM 1187)


 
                                                     
 La violence s’étale partout, sous toutes ses formes, des plus spectaculaires (1) aux plus sophistiquées sous le terme de bashing ou de harcèlement moral. Le comportement violent, souvent associé à la notion de cruauté, est-il une caractéristique humaine ? Ou un héritage neurophysiologique de nos lointains devanciers pré-humains luttant pour leur fragile survie ? Quoi qu’il en soit, elle est là et bien là. Ou présente dans notre vie, ou bien omniprésente dans nos esprits tant nous baignons dans la crainte qu’elle nous frappe.

 Tous nos récits les plus anciens, ceux qui racontent nos origines, de quelque continent qu’ils proviennent, ne cessent d’en parler. Les historiens soulignent dans leurs détails nos comportements exterminateurs et dominants. Les juristes ne cessent de jongler avec des notions à géométrie variable comme les circonstances atténuantes. Mais les médecins, jamais avares de conseils,  demeurent bien taiseux, les neurosciences, la génétique et l’hormonologie ne nous apprenant pas grand chose sur des manifestations cliniques d’observation fréquente. L’usage intensif que nous faisons des médicaments abrasant notre contact avec la réalité demeure purement symptomatique. Une sorte de cache misère pour nos sociétés boiteuses.
Cependant, dans cet inventaire, une place à part doit être réservée à la théorie de René Girard de la rivalité mimétique faisant de la violence par imitation le mécanisme qui nous aurait conduit à découvrir dès nos origines le sacré (2). L’enthousiasme qu’elle a entrainé auprès des lecteurs, en offrant de rationaliser l’irrationnel, a été de courte durée.

    L’hypothèse bien antérieure des pulsions inconscientes des freudiens est de peu de secours. Nommer ne veut pas dire comprendre, ni faire comprendre. Nos guerriers antiques commençaient par s’insulter copieusement, avant de faire parler leurs armes. Les mots avant les coups. Comme s’il fallait se chauffer l’esprit avant de pouvoir tuer. Comme si le comportement humain violent ne pouvait se déclencher qu’après un certain temps plus ou moins long de préparation.

  Encore faut-il que l’humain impliqué dans un tel mécanisme dispose de la capacité de mettre en mots ses émotions les plus fortes.  Faute de mots permettant de prendre un peu de distance, certains frappent. Ne pas voir dans cette remarque une tentative de justification (3).
Les frappeurs, que font-ils quand ils «passent à l’acte» comme disent les psychiatres ? Certes il cherchent à atteindre l’intégrité de l’autre, des autres en face. Pour de multiples raisons. Avec succès pour eux-mêmes ? il est logique d’en douter.

  Une vision systémique de la violence, de toute violence, permet de poser une question, à défaut d’en tirer une certitude. Toute violence suppose que c’est d’abord à lui-même que s’en prend son acteur. Violence contre soi-même que l’on ne parvient pas à métaboliser. Pour quelle raison peut-elle naître, comment se développe-t-elle, pourquoi ne peut-on pas, ou si mal, s’en débarrasser qu’elle explose de façon dramatique pour les deux protagonistes et leurs proches ? (4)

Alors, la violence, ce n’est pas les autres, ceux qui ne sont pas comme nous des gens «bien éduqués». Ne prenons pas, d’un haussement d’épaules en quise de réponse, toutes les violences du quotidien ou de l’exceptionnel. Elles portent en elles un potentiel contagieux redoutable contre lequel aucun de nous n’est immunisé. 
Homo Sapiens dispose du potentiel, depuis le milieu du siècle dernier, de tout détruire sur la planète.



 François-Marie Michaut

Notes :


(1) À combien de spectacles de meurtre est invité chaque jour l’utilisateur d’un téléviseur ? « Votre soirée meurtre» n’hésite pas à programmer, sans état d’âme, une chaine du service national en France.


(2) René Girard : La violence et le sacré (1972)

(3) Du genre de celle, bien classique, des avocats invoquant pour défendre des auteurs d’agression une enfance malheureuse, une mère indifférente, ou un traumatisme de l’enfance.


(4) cf le roman trop peu connu: «Le Dernier Jour d’un condamné » , Victor Hugo (1829)


 
Os court :

«  Alors, qui sauvera l’homme ? Ce ne peut être que l’homme lui-même.  »


Krishnamurti (Ultimes paroles 1997)


 

 Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1187   7 septembre 2020
 

03 septembre 2020

Vaccin électoraliste (Exmed)

 
   Nos cousins étasuniens  sont gâtés. Leur président Donald Trump vient de l’affirmer. Tout sera fait pour que dès le mois de novembre 2020 les habitants des différents États soient vaccinés avant tous les autres contre le Covid 19.     

 Le SRASS 1, son voisin, depuis 18 ans qu’il a frappé fort, est encore dépourvu de tout traitement efficace et de toute prévention vaccinale. 
Y aurait-il du miracle dans l’air des USA ? Si une seule chose à cette heure demeure certaine, c’est celle de la date de l’élection présidentielle, au même mois de novembre 2020. 

  
Les questions de santé feraient et déferait les trônes de nos monarques es les plus puissants de la planète ?  Un monde nouveau, pour le moins recroquevillé sur le seul devenir de sa précieuse personne.


François-Marie Michaut
4-6 septembre

01 septembre 2020

Comme le Minitel
 (Exmed)


   Vous savez , ce triste écran donné aux usagers du téléphone en France pour remplacer les annuaires de papier et nous contraindre à gouter aux nouvelles technologies. « Médium interactif par numérisation d'information téléphonique », sur sa tombe on lit 1980 - 2012. 

   2020, avec le même principe de système centralisé se voulant totalement fermé aux intrusions toxiques, nous vivons l’épopée du Stopcovid. Outil de traçage du covid19 grâce à une application téléphonique. Vote favorable de nos députés dès le 2 juin 2020.

   Il y a eu en 3 mois 2,3 millions de téléchargements de l’application. Résultat pratique : 103 notifications.

   L’incapacité de penser  toute action en terme de système ouvert sur la complexité de la réalité, et non fermé sur lui-même pour en conserver le contrôle total, continue de nous couter très cher. En termes de confiance en nos élites,  l’addition pèse de plus en plus  lourd.

François-Marie Michaut
2-3 septembre

CLOUDAGE (LEM 1234)

            À mon âge avancé qu’on me dit canonique, La clique des PC, des MAC, l’informatique, Entre bug et coupure et cent disparitions, H...