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29 novembre 2020

Le grand flou (Exmed)


   C’est celui qui semble transpirer de ce que vivent et affrontent les habitants de notre planète. Attention aux terribles simplificateurs ( Watzlawik) qui fascinent les égarés en perdition. Céder au fatalisme ou à l’indifférence est une attitude. 
 
  Si ce n’est pas la votre, il n’est pas interdit de lire la LEM 1199 dont le titre est « Yauraihukas et autres lauraitfalukons » .

François-Marie Michaut
30 novembre - 1 décembre 2029

Yauraihukas et autres lauraitfalukons (LEM 1199)


          Du temps passé des préconfinements et des empêcheurs de trinquer en groupe pour notre santé, la vox populi avait tous les bars comme tribune ouverte. Propos de café du commerce persiflaient nos esprits se jugeant supérieurs. Distanciation - quel vilain mot - imposée, nos groupes usuels d’expression se sont tus. Les militaires, à la suite d’une opération (non chirurgicale), nous ont appris à confronter ce qui s’est vraiment passé par rapport aux objectifs fixés par le commandement. Le debriefing , pour parler globish, nous est familier, même en tout petit comité.

   La tentation bien humaine de s’ériger en arbitre du comportement des autres est peut-être stimulée par le défilé constant de gens qualifiés d’experts par les médias qui nous inondent les neurones. Et nous voilà chacun en demeure de devenir contre-expert autoproclamé. Un loisir comme un autre, en ces temps étranges de vacuité obligatoire. Figurez-vous, chers descendants si vous lisez un jour ce texte, qu’il nous faut nous rédiger une auto-autorisation de sortie dûment motivée, datée à l’heure même,  à produire aux forces de l’ordre sous peine de payer une amende. Avec, en prime l’obligation de signer - au stylo-  sur l’honneur, comme si la notion d’honneur pouvait encore avoir le moindre sens en 2020 pour toute la population de France.

  Le devenir du grand bazar qu’a déclenché le minuscule virus animal demeurant indéterminable, n’en déplaise aux adorateurs de l’Intelligence Artificielle et autres modélisations théoriques, nous voici contraints à devenir les sages de ce qui s’est passé. On se console comme on peut avec ce qu’on a, n’est-ce pas ? Les conseils sur ce qu’il aurait convenu de faire, de ne pas faire, de faire plus, de faire moins, de faire autrement courent dans les chaumières confinées et autres enceintes laborieuses autorisées ou... clandestines.

   Au moins, comme on le faisait jadis avec les supporters de son club de foot les soirs de match, on peut se le refaire dans sa tête, ce monde qui soudain tourne si mal. Et tant mieux, tout vaut mieux que le vide laissant toute la place à l’angoisse d’un avenir que personne ne s’engage à prévoir. 
Ce sera amusant d’observer a posteriori les manoeuvres de manipulation des opinions de tous ces grands prophètes des événements passés. Soyons sans crainte, ils ne peuvent en aucune façon porter ombrage à ceux qui sont porteurs des outils intellectuels, encore imperceptibles par nos élites, qui ne peuvent pas manquer de surgir du cerveau d’Homo sapiens qui est parvenu à adapter le  fragile mammifère que nous étions au départ à toutes les parties du globe terrestre. Il n’y a encore, même si le risque demeure menaçant (1), aucune raison objective que notre espèce change son logiciel existentiel dont nous ignorons depuis longtemps une partie essentielle.
    Si on veut tenter (2) de gratter jusqu’à l’os la trajectoire de Sapiens depuis  la préhistoire, les documents abondent, les sciences depuis des  siècles, ne cessent d’en détailler tous les rouages observables. Nous avons une vision de plus en plus précise du comment les choses se sont faites. Mais il nous manque toujours l’élément essentiel, l’élément moteur : le pourquoi de ce que nous savons être. Oui, le pourquoi du comment. L’avons-nous jamais su ou avons nous choisi, pour de multiples raisons, de laisser en jachère quelques possibilités de notre cerveau d’homme ?
 Permettez moi en guise de tableau final - quelque peu autodérisoire - de convoquer le père de Tintin avec son prophète aveugle de «L’étoile mystérieuse», une clochette à la main, annonçant la fin du monde imminente dans les rues de New York.

                                            
                                         François-Marie Michaut 

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Notes :

(1) Le péril des armes nucléaires demeure, et les atteintes humaines au fonctionnement de la Terre frisent le seuil d’irréversibilité à court terme pour la biosphère.



(2) Personne ne l’interdit, sauf notre paralysante capacité d’auto-censure. Ce que le physicien de l’information Philippe Guillemant nomme « le parc de la pensée» dans La route du temps. Pour en savoir plus.


Os court :

« La plus grande des solitudes, c’est de se trouver en face d’une personne qui ne pense pas la même chose que vous.»
Sacha Guitry 


 Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1199   30 novembre 2020


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