vendredi 30 août 2019

Si on écoutait les Sud Africaines ? (Exmed)

   
Dans un pays où 20% des adultes sont contaminés par le HIV, l’Etat finance à 80% la prévention du Sida ( Le Monde du 29 août 2019). Préservatifs en tête, si l’on peut dire.

   Le préservatif féminin, si discret et marginal sous nos climats, fait depuis 20 ans une percée remarquable et donne aux femmes ce qu’elles n’ont encore jamais eu.

  Le contrôle personnel des risques de contamination et de fécondation non désirée.
Chez nous, on dit «tomber enceinte» , en Afrique « gagner un petit».

    De la chute au bénéfice.  De quoi rester pensif.

François-Marie Michaut
30 août- 1er septembre  2019

mardi 27 août 2019

Les feux et nous (Exmed)

     
De vastes régions boisées, et pas seulement en Amazonie ou en Europe, sont détruites par le feu. Comme toujours, images spectaculaires, déclarations flamboyantes, analyses myopes, catastrophisme polluant les esprits chaque jour un peu plus.
Et, jamais dite, là dessous une croyance bien infantile. Celle que les humains ont le pouvoir d’éteindre tous les incendies et surtout de les prévenir. Une certaine quantité d’eau habilement distribuée par des engins bien adaptés et toute flamme disparait.


   La technique ne nous sauve pas de tout, la fragile espèce humaine est un fétu de paille quand les énergies terrestres se manifestent. Serait-ce si insensé de simplement en tenir compte dans toutes les décisions grandes ou petites que nous prenons ?

   D’autres énergies que la notre révèlent en ce moment leur réalité : vite une petite piqure contre notre illusion de supériorité.


François-Marie Michaut
Exmed 28-29 août  2019

dimanche 25 août 2019

Trop, c’est trop
 (Exmed)

  Fin de récréation, il faut passer aux choses sérieuses. Ce site, n’ayant de comptes à rendre à personne, n’y va pas par quatre chemins. La mine des soins de santé, comme toutes les autres, n’est pas inépuisable. Alors, que faire ? La LEM 1134 vous propose : Sortir de la surmédication.

Bonne lecture, agissez, réagissez.

François-Marie Michaut
26-27 août 2019


Sortir de la surmédicalisation (LEM 1134)

                    
                       
 
       Dans un article remarquable du Journal Internet de Médecine (JIM) du 24 août 2019  Aurélie Haroche fait un état des lieux bien documenté pour la France sur ce qu’elle diagnostique ainsi : « Surmédicalisation : une maladie pernicieuse» (1).
Quand on se lamente, dans les chaumières et à longueur de médias en mal d’inspiration, de la désertification médicale, une telle pathologie peut paraitre contradictoire. On aurait à la fois pas assez de médecins et trop d’utilisation de la médecine. Un tel paradoxe ne peut que mettre chacun mal à l’aise, on a besoin de clarté pour comprendre le monde qui nous entoure (2). 

Pourquoi et comment notre société s’est surmédicalisée ?
 Bien entendu, parce que depuis les origines d’Homo Sapiens, nos ancêtres n’ont jamais cessé de chercher à soigner ceux qui n’allaient pas bien. Les prêtres, sur tous les continents, y ont apporté leurs contributions majeures. Tout en conservant, réservée aux seuls initiés triés sur le volet, la connaissance des manières reconnues de soigner. La dénomination d’Hommes-Médecine dans la sphère chamanique en est un indice.
Nous n’oublions pas que chez nous, jusqu’au XVIIème siècle la médecine ne pouvait être exercée que par des clercs (3).
Puis Descartes vint et les sciences ainsi libérées explosèrent. Au point de nous faire croire que leur expansion sans cesse croissante avait le pouvoir de générer sans fin ce que des générations nommaient avec vénération : le Progrès. Cette croyance est insoutenable en 2019, tant nous sommes informés des effets destructeurs planétaires de nos initiatives techno-scientifiques.

       Un système en sur-régime

 En trois siècles, les progrès des connaissances médicales ont été fulgurants et incroyablement riches de retombées pratiques admirables. Une courbe exponentielle peut en figurer l’image. À une restriction près : nous n’avons jamais pu observer dans le réel quoi que ce soit qui y ressemble. La biologie est formelle : tout ce qui est vivant a un début, une croissance et une mort. Si la notion de système est une réalité, elle ne peut avoir qu’une structure circulaire. J’ai tenté d’aborder cette question complexe dans le texte court « Causalité linéaire, circulaire, ou «hélicoïdale» (4) . Toute explication linéaire n’est qu’une amputation de la complexité de la réalité que la science découvre un peu plus chaque jour. Attention aux redoutables simplificateurs, si bien évoqués par Paul Watzlawick, ils sont plus vivaces que jamais !


     -Dans un cycle, un point est indépassable

  Nos historiens nous l’ont bien dit. Toutes les grandes civilisations, quand elles ont atteint leur développement maximum, disparaissent. Finalement sans qu’on sache trop pourquoi.

        Notons que cette mort se produit exactement au moment où se manifeste la vitalité la plus remarquable, comme dans une sorte d’emballement, de bouquet final. J’aime bien, à ce sujet, parler de jardinage. Dans votre tondeuse à gazon, vous mettez une certaine quantité de carburant. Tout va bien, jusqu’au moment où vous entendez le rythme du moteur s’accélerer sans raison. Puis l’engin s’arrête : panne sèche. Ainsi finit tout cycle.

    Il ne peut en être autrement de la médicalisation de nos sociétés, aussi puissants soient les gigantesques intérêts qui sont en cause. Et qui font tout pour que rien ne change et que se poursuive ce « toujours plus» pour paraphraser l’essayiste François De Closets. 
Quelques esprits commencent à comprendre que ne pas entendre ce genre de STOP (5) envoyé par la réalité, c’est aller très vite vers un suicide collectif de notre biosphère. La course contre la montre la plus dramatique qu’ait connu l’humanité est en route. Notre petit monde médical n’en est qu’une petite partie constituante, il a son rôle à jouer.
 Aucun secours ne peut venir d’ailleurs que de nous-mêmes. 
Enregistrer que la devise olympique de Pierre de Coubertin ( Plus haut, plus fort, plus loin ) n’est que la signature de notre orgueil collectif,  aveugle à toute notion de système. 
  

   Rien n’est à casser (6), toute tentative de retour en arrière est encore une façon de ne pas comprendre que les cycles s’enchainent les uns dans les autres, les ruines des anciens constituant les briques fondatrices des nouveaux. Marquer volontairement le fameux STOP évoqué plus haut, c’est la seule manière de mettre en acte ce que nous dicte notre antique tradition médicale : Primum, non nocere, D’abord ne pas nuire.

                      François-Marie Michaut


Notes :

(1) Lien de l'article : https://www.jim.fr/medecin/jimplus/posts/e-docs/surmedicalisation_une_maladie_pernicieuse__179096/document_jim_plus.phtml



(2) Nicolas Sarkozy, quand il était le  Chef de l’État, pour répondre à une question complexe avait l’habitude de commencer son propos par la formule : « C’est simple, je vais vous expliquer...»

(3)Avec l’obligation de célibat qui va avec.


(4) F-M Michaut, 20 août 2018, LEM 1081  Exactement, il y a un an, hasard ou nécessité ?


(5) Onomatopée imagée empruntée aux travaux sur le Système des systèmes de Dominique Aubier



(6) La fameuse balance avantages-inconvénients impose l’évolution de chacune de nos merveilleuses inventions.


    
Os court ;


« La santé n’est qu’un mot, qu’il n’y aurait aucun inconvénient à rayer de notre vocabulaire. Pour ma part, je ne connais que des gens plus ou moins atteints de maladies plus ou moins nombreuses à évolution plus ou moins rapide.» 


 Jules Romains ( Knock, 1924)



Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1134

 26 août 2019

https://www.exmed.org/archives19/circu1134.html
      

vendredi 23 août 2019

Et l'Algérie ? (Exmed)

    Cela fait pourtant six mois que se poursuit un gigantesque mouvement de contestation du peuple algérien. Et nous ne voyons rien, nous n’entendons rien au pays des gilets jaunes dont se sont repus nos médias ? Là-bas, pas de violence, pas de dégradations, pas de pillage, pas le moindre mort pour faire parler les gazettes.


  Qu’ont-ils donc que nous n’avons pas - plus- nos voisins du sud de notre  mer commune?
    Quelle dimension de la vie, à nos yeux invisible ou «dépassée», ont-ils gardé en tête ?


  Les analystes sont muets, leurs outils d’investigation habituels sont incapables de détecter quoi que ce soit.
Quel dommage.

 François-Marie Michaut
23-25 août  2019

mardi 20 août 2019

La haine se porte très bien
 (Exmed)

  Bien étrange sentiment, si facilement contagieux, que d’être actionné par le désir de faire mal à l’autre pour lui nuire. Incriminer la diffusion sans limite des messages numériques sur la planète comme seule cause n’est que prendre l’ombre pour la proie.

   Les soignants, dont la fonction officielle est d’apporter de l’aide à toute autre personne humaine malade sans distinction, sont-ils pour autant immunisés contre toute haine dans leur vie quotidienne ? Les débats récents autour de l’homéopathie montrent, hélas, que nous en sommes à des années lumière.
   La haine est-elle une maladie non reconnue comme telle ? Ne serait-elle pas, au bout du compte, que la traduction d’un profond désamour de sa propre personne ?
L’industrie pharmaceutique ne va-t-elle pas nous sortir de son chapeau quelque molécule
 miracle ?

 François-Marie Michaut 
21-22 août  2019

dimanche 18 août 2019

Pour demeurer en forêt (Exmed)

  Comme pour rendre la justice comme Saint-Louis, Jacques Grieu ( c’est bien lui cette semaine ) avec la LEM 1133 ENCHAINEMENTS nous entraine - à l’ombre de son chêne-  pour souligner combien nous sommes mous pour nous... déchaîner. Au premier sens du mot, cela va de soi.
 Bonne lecture pour ceux qui ont la chance de se mettre au vert ces jours d’été.

 François-Marie Michaut
19-20 août  2019

ENCHAINEMENTS (LEM 1133)


Il ne faut pas confondre : il y a chaine et chêne ;
Catena, quercinus, n’ont pas les mêmes gènes.
Métal et végétal, mais mêmes auréoles :
De la solidité, les deux sont des symboles !

Le chêne d’arpentage ou la chaine truffière
Sont de mauvais mélanges où le latin se perd.
Chaine-vert, chêne d’ancre ou chêne de vélo
Sont vilaines unions qui se moquent des mots. 

À la télévision, plus on offre de chaînes,
Plus la diversité nous apparaît lointaine.
La pléthore des choix ne les rend pas meilleurs :
Zapper est un effort puisqu’on est décideur…

La tristesse et la joie sont en opposition,
Mais les deux sont des chaines, il faut faire attention.
En plomb ou bien en or, elles nous emprisonnent,
Nos natures réelles, elles les conditionnent…

Tout ce qui nous arrive, en bien et en moins bien,
Tous ces évènements qui font nos quotidiens,
Maillons après maillons forment la comédie,
 Dont la chaine est la vie plus ou moins réussie.

L’homme forge ses chaines et n’en est pas conscient ;
Il y passe pourtant la moitié de son temps.
Pendant l’autre moitié, il cherche à s’en délier,
Ou bien il se résigne à devoir les porter.

Savoir qu’on le ressent est déjà un progrès
Qui pourra nous aider à plus de liberté.
La force d’une chaine est dans chaque maillon
Et donc dans le plus faible est la résolution.

La « chaine et le roseau » n’est pas la bonne fable :
La Fontaine, il est vrai, n’en est pas responsable.
Mais si la chaine plie, rarement elle rompt 
Toutes les dissensions lui semblent aquilons…

Sur la vie, la télé a un gros avantage :
On peut changer de chaine, on peut tourner les pages.
On passe aisément d’un univers à l’autre,
Sans devoir réfléchir aux buts qui sont les nôtres.

                                            Jacques Grieu

 

Os court ;
« Pourquoi un homme aimerait-il ses chaînes,
fussent-elles en or ? » 

 Francis Bacon (1561-1626)



Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1133

 19 août 2019                        
                        
 
                                

 

jeudi 15 août 2019

Des médecins pour quoi faire ? (Exmed)


Le Dr MG répond fort justement au « Combien de généralistes faut-il en France ?» (CO du 14-15 août 2019). Le nombre ne veut pas dire grand chose, sauf pour les administrations de gestion.
La question qui touche au plus près le quotidien de chacun peut se formuler ainsi : des généralistes - ou autres spécialistes- pour quoi faire ?
- Etre des catalyseurs aveugles de toutes les formes de surmédicalisation aussi ruineuse que dangereuse physiquement et psychologiquement de notre société ?

- Les réponses ne peuvent être que du domaine de chaque membre de la société et non d’un panel d’experts.
Ceci n’en facilite pas l’indispensable connaissance.

 François-Marie Michaut
16-18 août  2019

mardi 13 août 2019

Combien de généralistes faut-il en France ? (Exmed)


     Pas assez de médecins capables de soigner une population donnée tue. Trop de médecins obligés de soigner pour vivre de leur métier risque de nuire à leur clientèle. Évident, cher Watson. Et pourtant. Où fixer le curseur entre le trop peu ( désert en guise d’épouvantail) et le trop (dangereuse hypermédicalisation de mieux en mieux calculée) ?


   Si quelqu’un a entendu parler d’une étude sérieuse sur le nombre «idéal»  de personnes qu’un médecin omnipraticien devrait avoir en charge en France, qu’il veuille bien contacter Exmed pour que cette donnée capitale puisse être diffusée.

  Dans les années 1960, les anciens conseillaient -de façon empirique- à un jeune médecin désirant s’installer de compter 1500 habitants pour vivre de son activité.

François-Marie Michaut
14-15 août  2019

lundi 12 août 2019

Vers sur vert

   Un petit air de grand air sur Exmed. Cécile Bour nous repeint l’âme et la conscience d’un joli vert.
Ce qui n’empêche pas de faire mouche sur des manoeuvres qu’il faut bien dire louches.
Voici sa LEM 1132 : AU VERT !
 Bonne lecture.


François-Marie Michaut
12-13 août  2019

AU VERT ! (LEM 1132)

                      
                     


Monsieur l'industriel promène cigare ,
Majestueux fumant dans le bois de Paimpont.
Il songe au Paraben,Triclosan et Kevlar,
Qui lui portent abondance et profusion.

Monsieur l'industriel promène cigare.
Il a truqué les études scientifiques,
Berné la réglementation avec art,
Et investit dans le phytopharmaceutique.

Il investit dans le phytopharmaceutique,
Tant pis pour les abeilles et les violettes
Qui pour guetter l'ami de l'industrie chimique
Dressent tiges et tendent joliment leurs têtes.

Les violettes tendent joliment leurs têtes,
Monsieur l'industriel sentez notre parfum.
Voyez dans la mousse fine nicher fauvettes,
fleurir le mousseron et le sempervivum.

Voyez dans la mousse fine nicher fauvettes !
Fleurs, abeilles, mousserons crient dans le néant
Car monsieur l'industriel et calculette
Evaluent les bénéfices et rendements.

Monsieur l'industriel et calculette,
Ignore la chanson de la nature en fête,
La blesse et la broie, spéculateur malhonnête,
Sourd aux plaintes et désolations muettes.

Sourd aux plaintes et désolations muettes
Il fait le monde gris et pâlit la verdure,
Qui se tait et subit, affadie tristounette,
Les assauts noircis de collants hydrocarbures.

Il fait le monde gris et pâlit la verdure.
Mais elle a porte-voix : des humains en colère,
Fédérés en partis font plier ces ordures,
Sa couleur reluira sous les Grüne et les Verts !


                     Cécile Bour

 

Os court ;

«  Toute théorie est grise, mais vert florisssant est l’arbre de la  vie » 
 Goethe

           

Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1132
 12-13 août 2019                         

jeudi 8 août 2019

Terre à terre (Exmed)

   Pas moins de 100 chercheurs de 12 pays ont travaillé au dernier rapport du GIEC ( organisation consacrée au climat issue de l’ONU) signé le 8  août 2019 à Genève par 195 pays plus l’Union Européenne. Le combat à mener immédiatement pour notre survie est de travailler à respecter la qualité la toute petite couche de terre indispensable pour tout le monde vivant. Source : Le Monde 8 août 2019.

  
Exmed, dès 2015, a évoqué le travail de pionniers remarquable de deux chercheurs agronomes français effectuant des missions dans le monde entier : Claude et Lydie Bourguignon. La LEM 908, les avait baptisés sans aucune exagération : Médecins de la terre. Lien

François-Marie Michaut
9-11 août  2019

mardi 6 août 2019

Chape de plomb (Exmed)

    On tremble sur les risques que fait courir aux humains la quantité de plomb qui s’est volatilisée quand le feu a détruit la flèche de Notre-Dame de Paris. Cette oeuvre d’Eugène Viollet-le-duc, son architecte créateur, a été inaugurée en 1849.

   Que savait alors la médecine de l’intoxication par ce métal totalement étranger à la constitution du vivant ? C’est en 1838, donc 11 ans auparavant, que le médecin parisien Louis-Jean Tanquerel des Planches publia sa thèse : « L’Encéphalopathie saturnine» . Au passage, c’est lui qui a inventé à cette occasion le mot d’encéphalopathie.
Source de ces informations : Wiki.


Problème de communication conclurait rapidement notre modernité  avec ses formules toutes faites.

François-Marie Michaut
7-8 août  2019

Au delà de la collapsologie (LEM 1131)


                     Feuillets de systémique médicale (8)


Les médecins savent, et connaissent la gravité de, ce qu’est un collapsus (1). En accolant ce latinisme clinique au suffixe grec habituel de logos, une branche de la connaissance du système général dans lequel nous vivons occupe le devant de la scène. La collapsologie (2). Cette nouvelle science, cherchant à fédérer d’autres branches de la connaissance objective  (3 )est fondée sur une idée. Celle que nous vivons l’effondrement de la civilisation industrielle. Cette impression, car c’est quelque chose de l’ordre du ressenti, est largement partagée, induisant une inquiétude diffuse. Ce fameux progrès, cette expansion liée à un phénomène de croissance sans limite, nous n’y croyons plus. Ceux qui en font leur fonds de commerce pour justifier leurs actions pour notre intérêt perdent définitivement  leur crédibilité. La vieille notion de démocratie vacille.

   Il est vrai que la science elle-même, en transformant en dogme définitif la théorie du Big Bang, semble distiller l’idée que notre univers est condamné à une dispersion inévitable entrainant de plus en plus de désordre. La fameuse entropie. Il est également exact que les hommes  sont depuis toujours taraudés par la question du début et de la fin des temps. Notre enfance en a été baignée avec le prophète aveugle de Tintin préchant dans les rues de New York, dans l’album L’île mystérieuse.
La dernière partie du Nouveau Testament (4), comme une sorte de conclusion  indigeste à notre siècle, se nomme l’Apocalypse du Christ. Notre culture n’en retient que  la peinture effrayante de la destruction brutale de la terre et de ses habitants. Situation apocalyptique dit-on souvent. « Apocalpyse now» titrait en 1979 le fim de Francis Ford Coppola  fustigeant  la guerre du Vietnam.
   Or, les mots sont têtus, ils savent exactement ce qu’ils veulent nous signifier. L’apocalypse n’est que le dévoilement, la révélation d’une chose jusque là invisible à nos yeux. Alors, le mouvement dénommé la collapsologie décrit bien ce qui lui semble un effondrement dont nous constatons autour de nous les effets immédiats et les conséquences dramatiques prévisibles

   Mais les collapsologues limitent leur champ de vision à la seule civilisation industrielle, au modèle économique dominant de la planète. Ils se disent systémiciens, ce qui n’est pas criticable ici. Mais leur système est solidement enfermé dans ce qui est matériel. Comme si c’était la frontière absolue et définitive de la réalité, ce qui n’est qu’une croyance et non un acquis scientifique. Les collapsologues, n’en déplaise à Yves Cochet et ses amis suiveurs, ne sont porteurs d’aucune révélation fondamentale capable d’insuffler une façon de vivre et d’être que nous n’avons pas. Ou, soyons optimistes, pas encore.
   Là se fait jour une question fondamentale soigneusement laissée en silence. Faute de mieux - qui serait fort bienvenu ici- elle peut être formulée de la façon suivante. Les méthodes rationnelles des connaissances scientifiques sont-elles capables de révéler ( comme une apocalyse, nous l’avons vu) la totalité du réel accessible au cerveau de l’homme ? Notre système de fonctionnement, puisque nous parlons ici de systémique, ne fait-il pas appel, depuis nos ancêtres les plus lointains, à une autre dimension de ce qui est, totalement complémentaire de nos sciences admirables ? Quitte à heurter certaines sensibilités, je ne peux pas faire l’impasse intellectuelle de la spiritualité (5).

Notes:
   
                                                                                          
 (1) Définition CNTRL COLLAPSUS, subst. masc.
A.− PATHOL. Chute subite des forces avec ralentissement des fonctions vitales provoquant un état intermédiaire entre la syncope et l'adynamie dû à une diminution de l'excitabilité du cerveau. Tomber en collapsus; collapsus général, musculaire .

(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Collapsologie


(3) Rien moins qu’un concours transdisciplinaire entre écologie , économie, anthropologie, sociologie, psychologie, biophysique, biogéographie,
agronomie, démographie, politique, géopolitique, archéologie, histoire, futurologie, santé, droit et... art.



(4) Ce thème a déjà été développé par des prophètes juifs comme Ezéchiel au VIème siècle avant notre ère.

(5) Mot-piège s’il en est, tant il est mis aux sauces les plus variées, qui méritera ici des développements ultérieurs.

                                      François-Marie Michaut


Os court ;
«   La spiritualité reconnaît la lumière divine qui brille en chacun de nous. Elle n’appartient à aucune religion en particulier, mais à tout le monde.» 
 Mohammed Ali, (boxeur 1942-2016)


Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1131

 5 août 2019


dimanche 4 août 2019

Tant pis pour la plage
 (Exmed)

  Le catastrophisme ambiant est si pesant, et probablement défavorable à la santé des esprits, que le repos des saintes vacances mérite d’être bousculé.
  On peut penser en bronzant aussi facilement qu’on peut bronzer en pensant.

La LEM 1131 ose vous proposer : Au delà de la collapsologie. Bonne lecture et joyeuse plage à chacun.


François-Marie Michaut
5-6 août  2019

jeudi 1 août 2019

Écrits médicaux francophones (Exmed)


   Grâce à quelques professionnels utilisateurs intelligents de la Toile, ce qui touche à la médecine, sous tous ses aspects, demeure exprimé en langue française. 

- Ils n’ont obéi à aucune instruction venue d’en haut, ils n’ont écouté ( du moins je le présume) que l’idée qu’ils se font de leur rôle dans le fonctionnement de la société.
-Ils démontrent tous les jours que les esprits médicaux demeurent en vie, qu’ils n’ont pas besoin de la tutelle scientifique des seules revues écrites en langue anglo-américaines.
- À un public volontiers critique, et tant mieux, ils prouvent que la médecine n’est pas devenue la domestique des pouvoirs publics ni le faire-valoir des industriels et des financiers.

   À quand la résurgence d’une presse médicale spécifiquement française et du meilleur niveau scientifique mondial ? Pourquoi ? Parce que la pensée médicale française est unique, et cela va bien au delà des sympathiques « French Doctors ».


François-Marie Michaut
2-4 août  2019

Norvège (LEM 1137)

                   Norvège  
                           Cécile Bour
 Ciel et mer vers l'infini lanternent, La nue se noie dans l...