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30 décembre 2021

ARMEMENT (LEM 1254)


Une « arme », dans la langue, est à « double tranchant »
Et de plusieurs façons peut s’entendre en parlant.
Un « armateur » n’est pas un affreux va-t-en-guerre
 Qui « arme » ses navires  avec des militaires.
Les armes des blasons ne sont que fiers symboles
Et pour qui l’armement n’est pas du tout l’idole.
Notre « béton armé », sans fusil, sans canon
N’a jamais tué personne à ce que nous sachions...

Si la diplomatie est une arme offensive,
Le silence est parfois une arme défensive.
La vengeance est souvent l’arme des humiliés
Comme la peur est l’arme... employée à l’excès.
L’ironie est aussi une arme redoutable :
Le militaire, alors, est partout remplaçable…
L’ « arme blanche » n’est pas pour les enfants de chœur
Et même d’idées noires est souvent le marqueur.

Si pour chacun de nous, un jour, il faudra bien
Qu’on « passe l’arme à gauche » ainsi qu’un bon chrétien,
Que feront les gauchers ? Passer leur arme à droite ?
Et pour les ambidextres, où est l’arme adéquate ?
; ont pour seule arme un bon tire-bouchon,
Mais sont fort dangereux même sans intentions.
 Pour moi, je sais fort bien, qu’« avec arme et bagages »
Je quitterai les lieux quand On dira :  dégage !

                                                 Jacques Grieu
  
    

Os court :

« Un fanatique ne lâche jamais son arme, qu’elle soit chargée ou non. »

 Franklin P.Jones


 

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1254
30 décembre 2021
 



                        
             

20 décembre 2021

Mots qui font mal (Exmed)



   

  La richesse des mots, comme leur indigence, sont un indicateur de la qualité du travail d’intelligence que chacun peut cultiver. Ou trouver dépassé par les discours chiffrés deshumanisés prétendant assener la seule vérité objective, sérieuse. La scientifique, bien pensante pour mieux séduire.

   Bien, oui, cela fait tellement de dégâts toutes ces sommes de mensonges petits, moyens et grands, en cascades.

Voici la LEM 1253 DISPARITIONS pour vous


François-Marie Michaut,  20 décembre 2021

DISPARITIONS (LEM 1253)


Si le «quoi qu’il en coûte» devient fort à la mode,
Certains, tout au contraire, en sont aux antipodes
Et vont jusqu’à rogner nos bons vieux dictionnaires
En supprimant des mots qui ne semblent plus plaire.
Larousse ou bien Robert ont de drôles d’idées
Qui ne sont pas toujours celles du bon Littré.
Ces économies-là, réduisant le papier,
Aux purs écologistes des voix feront gagner...

Un galant amoureux était un «galantin» :
Au rebut, l’amoureux ! Préfère-t-on «copain» ?
Normal, quand «l’accordée» qui disait : «fiancée»
Est passée à la trappe et semble surannée.
D’ailleurs «libertiner» est lui aussi châtré,
Disparu à jamais. Trop osé ? Pas assez?
Si passion du cheval était «hippomanie»
La bagnole l’a tué comme un vil ennemi.  

«L’accul» était un lieu sans une échappatoire :
Seraient-ce un migrant qui le mit au mouroir ?
«L’aumusse» des chanoines était ostentatoire
Pour les purs laÏcards : elle aussi, au placard!
«Friponneau» supprimé s’explique à l’évidence :
Terme trop gentillet pour notre délinquance!
Nos coffres sont percés, depuis longtemps vidés :
C’est qu’on a oublié le nom de «coffretier»!

Exit, les fours à chaux pour maçons en campagne :
Plus un seul «chaufournier» pour châteaux en Espagne !
Le métier «d’argenteur», à moi, ne dit plus rien ;
C’est qu’on a des engins qui font ça aussi bien.
Autrefois, on pouvait soudain changer d’idée

Et alors «déprier» ceux déjà invités.
Etait-ce «lourderie» que ce renoncement ?
Le terme est obsolète, alors pas de tourment.

L’expression les «sans-dent», chère à monsieur Hollande,
Avait nom «claquedent» avant qu’on ne le rende.
Si pour certains, « Covid » est une «chapechute»
Pour la plupart de nous, c’est une dure lutte.
Mais cessons de pleurer, en basses invectives :
Bravant tout les écueils, notre élite inventive,
Au contraire a sorti un nouveau mot génial :
Il s’agit d’un pronom ! Vraiment transcendental !

Car  ce tout nouveau « iel », bien neutre, est capital,
Il est dans l’air du temps et d’usage vital.
Et politiquement, relevant du « wokisme »,
Il est bien dans la ligne où vont nos conformismes.
Tout ceci est bavard, chansons pour un «râcleur»,
Comme une «musiquette» pour ancien auditeur.
Le vieux «poétereau» qui ici peine et trime
A fort «opulément» transpiré sur ces rimes...

                                          Jacques Grieu

    

Os court :


« Ce qui nous rend la disparition d’un être plus sensible, ce sont les mots de passe qui existaient entre lui et nous et qui soudain deviennent inutiles et vides.  »

Patrick Modiano

 

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1253
20 décembre 2021
 


                         
             
                                              
    
 

15 décembre 2021

Cultiver le questionnement (Exmed)


     Les gens travaillant dans tous les domaines théoriques ou appliqués des sciences et des techniques savent bien que chaque lecture de la réalité doit être confrontée à la critique des pairs. Question de méthode incontournable, même si le public supporte mal, pour son propre confort psychologique, toute marge d’incertitude.

        Toxicité bien involontaire des détenteurs patentés des discours qui font autorité sombrant si volontiers dans le dogmatisme ? C’est bien possible. Mais les autres, moi comme vous ? Savent-ils faire jaillir le questionnement du plus grand nombre ? Pas pour donner des leçons qui ne peuvent conduire qu’à des affrontements inévitables.

         Juste pour montrer que la parole de ceux avec qui ils vivent peut et doit être respectée de chacun.

François-Marie Michaut

 15 décembre 2021

 

12 décembre 2021

Incertitudes en chaîne (LEM 1252)


 

     Il parait qu’informer veut dire mettre en forme (pour les autres) ce qu’on peut comprendre (par soi-même). 
      

    Si vous n’avez pas peur de sortir de vos routines, la LEM 1252 Nous ne voyons pas ? peut ne pas vous laisser de marbre.

François-Marie Michaut 
12 décembre 2021

Nous ne voyons pas ? (LEM 1252)


   
   L’avalanche de propos médiatisés sur l’état réel de notre monde est bien difficile à métaboliser dans son ensemble. De façon quasi générale, elle est tragiquement négative, pour ne pas dire sombrement démoralisante. Chaque interlocuteur est si solidement campé dans son tout petit secteur de connaissance et d’influence qu’une vision d’ensemble de ce qui nous arrive dessus est devenue acrobatique. Au royaume des spécialistes, les esprits généralistes ne font pas le poids.

    L’effort à faire pour trier tout ce qui nous est soumis est considérable, rien ne ressemblant plus à une observation rigoureuse qu’une manipulation habile des opinions. Chiffres ou modèles mathématiques en renfort ne changent que l’apparence respectable. La pauvre science que nous avions érigée comme le degré indépassable de toutes nos possibilités humaines de connaissance révèle cruellement sa limite. La lenteur obligatoire de sa méthode qui la contraint à ne pouvoir éclairer que ce qui est déjà passé avec nombre de points d’interrogation. Et dont le présent, et encore plus l’avenir, est hors de son champ de perception directe. Il ne s’agit pas ici de faire la promotion d’une attitude anti scientifique. Juste savoir ne pas demander à une remarquable discipline de l’esprit ce qu’elle ne peut pas nous livrer sur un plateau pour notre confort intellectuel.

     Nous le savons pourtant depuis des années, nos manières d’agir fondées sur notre conception rationaliste matérialiste de la réalité du monde depuis le siècle de Descartes nous a conduit là où nous en sommes. À force de faire toujours la même chose, nous détruisons la mère terre dont nous sommes une partie. Quand nos projets d’avenir sont mis en échec par la réalité, nous sommes vite persuadés que c’est parce que nous n’avons pas mis assez de moyens en oeuvre pour réussir. Les miracles techniques, comme les mirages technologiques, nous fascinent. Comme si notre idéal restait le « toujours plus de la même chose » évoqué par Paul Watzlawick. Faillite de notre pensée, ce qui ne serait pas grave. Mais dont les conséquences mettent en cause la survie de notre biosphère actuelle dans quelques poignées d’années.

      Alors, on attend en silence le stade irréversible des conséquences de notre cécité destructrice, résignés au pire ? Ou on cherche sans a priori dans nos archives, toutes nos archives sans exception, si nos esprits n’ont pas raté, quand, comment, pourquoi, une marche considérable ouvrant vers une connaissance bien plus large que la nôtre de la réalité. Nous n’avons pas d’alternative qui puisse, nous les vivants ne comptant que sur nous, nous sauver du désastre.

       

   Vous trouvez scandaleux de tenir sans fard ici ces propos - on ne peut plus systémiques - sur notre devenir ?

                                               François-Marie Michaut
    

Os court :

« Si un aveugle guide un aveugle, tous les deux tomberont dans un trou.  »

                                  Évangile de St-Luc


LEM n° 1252 12 décembre 2021
 


                        
            
                                             

08 décembre 2021

On dit un micron (Exmed)

 
      
    Cela ne viendrait pas à l’idée d’un locuteur de culture française, avec des cordes vocales associées,  de parler d’un microne pour désigner une petite distance. Baptiser les variants du virus Corona de lettres grecques n’est pas une mauvaise idée. Encore faut-il ne pas imiter les bavards gosiers anglosaxons.
      Deux sortes de O ponctuent l’alphabet grec. L’oméga terminal qui précéda notre Z latin comme dernière lettre. Et un petit O, dit ouvert, qui se nomme omicron.
Oui, on ne peut lire que la syllabe on.

    De grâce, alors, commentateurs de notre belle langue, cessez de sembler féminiser indûment cette affreuse et rusée petite chose.


François-Marie Michaut  

Coup d'oeil d'Exmed 8 décembre 2021


05 décembre 2021

Quand tremble sur ses fondations (Exmed)

 
   Avec l’interminable répercussion sur nos esprits de l’aventure reliée à notre façon de vivre le coronavirus baladeur actuel, c’est la pertinence de notre raison elle-même comme outil de décision qui mérite d’être auscultée avec lucidité.

   Paradoxalement, c’est la magie poétique qui se révèle la moins inadaptée. Voici la LEM 1251 RIMES ET RAISONS, de Jacques Grieu. Pour prendre un peu de salubre hauteur dans la lugubre cacophonie ambiante.

François-Marie Michaut

RIMES ET RAISONS (LEM 1251)


Du latin « rationem », voici dame raison ;
A tort ou à raison, c’est notre institution.
Elle se veut partout : la raison c’est l’arbitre,
Dans toute activité, elle a voix au chapitre.
« Mariage de raison » maintenant fait tiquer,
Mais la « raison d’État » est encore invoquée.

Si la majorité a raison, c’est fondé,
La raison, peu de fois, a la majorité…
Avoir raison tout seul est chose dangereuse :
Pour suivre nos raisons, nos forces sont piteuses.
Si du fait d’avoir tort on n’a jamais raison,
Du fait d’avoir raison, avoir tort, nous risquons.

Par le raisonnement, souvent raison se perd :
Sans rime ni raison, alors, plus de repère !
La raison du plus fort est-elle la meilleure ?
Mensonge de raison est doute ou grande peur.
On lit dans l’avenir les leçons du présent
Sans savoir si l’inverse est aussi pertinent.

Le temps nous convertit bien mieux que la raison :
Il nous est moins brutal et beaucoup plus profond.
On aime sans raison, et l’on se quitte après ;
On aime sans raison, puis sans raison, on hait ;
On aime sans raison, on s’oublie sans motif ;
Le cœur a ses raisons qui rendent fugitif…

                    Jacques Grieu  


    

Os court :


« La raison parfaite supporte en paix la déraison d’autrui.  »


 Victor Cherbuliez (1829-1899)


 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1251 5 décembre 2021
 


                        
             
                                               
 


28 novembre 2021

Du pouvoir de dire non (LEM 1250)

 

         Au risque de verser dans les poncifs des rappels s'imposent ...

  En fait il y a assez peu de gens qui ont la capacité de dire non. Boris Cyrulnik, neuro-psychiatre renommé, explique pourquoi ( voir ses interviews sur YouTube).
En fait la plupart des gens aiment obéir.

  La Boétie et Bossuet et quelques autres  l'ont noté de longue date.
Aujourd'hui la psychiatrie et les neurosciences comprennent pourquoi.

 C'est une question de structure mentale acquise au cours de l'enfance dans les différents cercles éducatifs mais surtout affectifs dans lesquels on a grandi qui nous apprennent à nous respecter nous même ( ou pas ndlr) et à ne pas obéir à n'importe quoi sans analyse.

On aime  obéir essentiellement pour se RASSURER, pour être du côté des forts , de ceux qui commandent et obtenir par ce biais un confort moral ,et parfois des avantages matériels.

On le voit tous les jours et c'est pire en cas de crise comme celle que nous vivons tous en ce moment.
                                                       Jean-François Huet


    

Os court :

« Les assureurs ne veulent plus rien assurer sans avoir l’assurance que le risque qu’ils assurent est devenu inexistant. »

 Philippe Bouvard

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1250 29 novembre 2021
 


                       
            
                                              
 

21 novembre 2021

VAGUEMENT (LEM 1249)



« La » vague , au féminin, est affaire de vent
Et sa taille varie s’il est fort ou bien lent.
Elle n’existe pas si le souffle est absent...
La mer n’y est pour rien et n’est qu’un figurant.

Figurant, mais violent quand souffle la tempête ;
Tout bon marin le craint lors de ses tête-à-tête.
Si c’est petit objet perdu dans l’océan,
C’est énorme instrument si l’on est pris dedans.

Si la « vague de fond » ne correspond à rien,
Le « malaise vagal », est réel, bel et bien.
Vertiges et acouphènes ou hypoglycémie,
C’est notre « nerf vagal »  qui nous porte un défi.

« Le » vague, au contraire, est mal déterminé
Et entretien le flou avec solennité.
Trop souvent boursoufflé, prisé des politiques
Il aime le verbiage et la grandeur épique.

Avoir du vague à l’âme est encore autre chose
Qui dépend de l’humeur quelles qu’en soient les causes.
Bien des gens le cultivent comme du cannabis
Drogue douce embarquée dans une vie trop lisse...

Les « vagues » de Covid déferlant sur nos plages,
Se moquent bien des vents mais causent des ravages.
«Vaguer» à ses affaires est alors un enfer
Qui fait que ces barrières irritent et exaspèrent.

« Définir », après tout, n’est qu’entourer de mots
Un banal terrain vague où l’idée a éclos :
Si la « nouvelle vague » fût un temps à la mode,
Aller « surfer la vague » a remplacé ce code.

Au lieu de mettre en joue quelque vague ennemi,
Attendons que la vie nous le change en ami :
La notion de « bonheur » est une idée si vague,
Qu’on ne peut qu’en rêver quand notre esprit divague…

                                      Jacques Grieu

    

Os court :

« Certains suscitent le bonheur partout où ils vont, d'autres dès qu'ils s'en vont. »

 Oscar Wilde


 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1249 21 novembre 2021



                    
                                     

 

En marge de la 5ème vague (Exmed)



   Savoir faire un pied de nez à une pesante actualité collective, ce n’est pas superflu. Notre poète de service veille fidèlement au grain du vivant. Voici la LEM 1249 : VAGUEMENT, signée Jacques Grieu.
Bonne lecture à chacun.
François-Marie Michaut

 21 novembre

07 novembre 2021

MORCEAUX CHOISIS (LEM 1248)


Le sort fait nos parents, le choix fait nos amis ;
Dans sa grande bonté, Dieu l’a voulu ainsi,
Nous évitant l’écueil d’un choix bouleversant :
Celui qui a le choix a aussi le tourment.

Si le choix des amis est décision du cœur,
Celui des ennemis requiert soin et labeur.
Quant au choix d’un métier, c’est souvent le hasard,
Qui vous ôtes ce choix et ouvre un boulevard.

Face au pire des choix, jamais le choix du pire !
On a toujours deux choix : ou combattre ou bien fuir…
De la bourse ou la vie, le voleur laisse un choix.
La femme exige les deux : est-ce bien dans la loi ?

L’hésitation, souvent, est un choix dans la vie :
Incapable d’un choix, on prend… le choix d’autrui.
Pourtant, ce sont nos choix, plus que nos aptitudes,
Qui montrent ce qu’on est, en dépit des études…

De nos vies, on peut faire ou bien une aventure
Ou bien un accident. Pas une sinécure.
L’indifférence n’est qu’un mauvais choix de mou.
Le bonheur est un choix et il est tout à nous.

                        Jacques Grieu
    



       
Os court :

« Le seul mauvais choix est l’absence de choix.  »

 Amélie Nothomb


 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1248   7 novembre 2021
 

L’embarras... du choix (Exmed)



  Pas si évident pour tous, et à chaque âge de la vie, que nous soyons en permanence soumis à la nécessité de choisir chacune de nos conduites. La déduction logique n’est pas obligatoirement la meilleure conseillère, les avis de ceux qui seraient sages pas toujours fiables, l’expérience le démontre souvent.
Alors ? Lisons et écoutons le coeur ouvert ceux qui n’ont pas de conseils de vie à donner, et encore moins à vendre.


  Voici la LEM 1248 de Jacques Grieu, pas du tout scolaire : MORCEAUX CHOISIS.
Profitable lecture à chacun.

François-Marie Michaut  
 7 novembre 2021


04 novembre 2021

Oral carabiné (Exmed)

   La compétence cognitive en maths et en physique est-elle le meilleur indicateur pour sélectionner les jeunes médecins ? L’introduction d’une épreuve orale fait débat chez les étudiants. Comme on n’a pas su déterminer quel était l’objectif visé par cet entretien individuel ( donc déjà accusé de favoritisme possible), nos grands cerveaux en ont fait une épreuve de culture générale. 

   Tenter, si on en a la compétence, ce qui ne va pas de soi, de déterminer les indications et contrindications aux fonctions de soignants, serait déjà un pas de grande importance.
 Cet appel aux esprits non scientifiques pour espérer ainsi combler les rangs de plus en plus clairsemés des médecins généralistes et spécialistes vieillissants a quelque chose de pathétique et de dérisoire. Un air de faire semblant qui ne sent pas bon pour nos jeunes.
     Quel manque d’audace et d’imagination.
Voir le débat du Quotidien du Médecin du 3 novembre 2021 : L’ouverture des études de médecine aux non-scientifiques est-elle une bonne chose ?

François-Marie Michaut

31 octobre 2021

Les trois C d’Exmed (Exmed)

   Hasardeux de faire l’inspection de ce qu’on a pu laisser sur Internet au début de l’ère de son développement. Avec la vision de son utilisation qu’on avait alors. 

   La LEM 1247 tente de regarder dans la difficile réalité du moment ce que sont devenues  ses aspirations ( naïves?) affichées qui se voulaient porteuses de progrès.
   Voici donc Confiance- Conscience- Compétence, effectivement nos trois C initiaux.
Bonne lecture à chacun

François-Marie Michaut

 31 octobre 2021

Confiance-conscience-compétence (LEM 1247)



   Nos plus anciens lecteurs s’en souviennent peut-être. Cette triple litanie (1) fut longtemps régulièrement reprise dans les trois sous-titres rituels de chaque Lettre d’Expression Médicale depuis 1997. Nous disions vouloir ensemble, sans chercher à l’imposer, retrouver la première, restaurer la deuxième et renforcer la dernière. Très ambitieuse injonction, trop même a répondu la réalité de l’évolution de la planète sanitaire. Si cette expression a un sens.

    Mais, étrangement, le père de ce triple C, le regretté Jacques Blais, avait visé fort juste. Les relations tumultueuses entre les populations et leurs soignants se sont bien révélées sinistrées. Avec un délabrement manifeste de la qualité et du prestige dont nous étions jadis crédités. Notre étiquette scientifique, attachée au titre académique de docteur d’État, naguère label, le plus souvent partagé, de sérieux et de fiabilité, ne convainc plus les foules comme elle le faisait avant le temps du numérique. Les miracles de la médecine de nos anciens sont de plus en plus accusés d’être des mirages.

   La confiance, si volatile, si versatile, devient une denrée rare. La conscience, devant l’effondrement d’une science, bien trop longtemps tenue comme la religion des religions, devient une notion qui se vide de sens. Quant à la compétence, elle est tellement diluée, formatée, internationnalisée, politisée même, qu’il est devenu simplement impossible d’en parler au niveau personnel. Uniformisation, protocolisations, guides en tous genres, c’est devenu le règne des machines à soigner.

    Toute incantation passéiste en faveur d’un impossible retour en arrière des perceptions de la réalité d’une époque est simplement stupide. Aucun calendrier, aussi admirable soit-il, ne sait fonctionner à l’envers.

    Alors, un grand bravo à tous les résistants qui ne se résignent pas à cette vision étriquée des choses de l’homme. Ils existent, sont fiers d’exister et de se battre sans bruit chaque jour pour faire respecter leur singularité. Celle-là même qui fait ricaner de leur naïveté supposée les malins qui ne se comportent pas comme eux en sachant plier la nuque sans rien dire devant tous les ordres qu’ils reçoivent.
                                            François-Marie Michaut
Note :
Pour mémoire, la page d’accueil du site Exmed ( https://www.exmed.org ) en guise de frontispice conserve la déclaration liminaire suivante :
Par nos échanges de qualité entre Internautes


- Retrouvons la confiance
-Restaurons la conscience
-Renforçons la compétence.
             


Os court :

«  Ceux qui n’ont pas l’esprit libre ont des pensées toujours confuses. »

 Anton Tchekhov ( médecin, écrivain et dramaturge 1860-1904)


Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1247 31 octobre 2021



     
                        
             
                                            
           

27 octobre 2021

Le savoir écrire (Exmed)



 Une conséquence troublante du télétravail chaudement encouragé par notre temps contagieux mérite attention. L’usage intensif du clavier révèle l’importance depuis longtemps négligée de l’expression écrite. Une parole se corrige, se précise, quand on a un interlocuteur devant soi. Un message n’a que ses propres mots comme outil.


    Il est même dit par les observateurs que la maitrise du langage écrit  en langue française est devenue plus importante pour les employeurs de télétravailleurs que la connaissance approfondie d’une langue étrangère.
Et bien oui, rien de nouveau sous le soleil, les paroles passent, les écrits restent.

   Un jour une prise en compte de la fonction de l’expression médicale dans nos universités de France ?

François-Marie Michaut

 27 octobre 2021

24 octobre 2021

NEW GAULE MODERNITÉS (LEM 1246)

                                              
Le moyen le plus sûr, pour mesurer son âge
Est de bien regarder, sans trop de radotage,
Comment on vit en France, en deux mille vingt et un
Et de le comparer aux années quatre vingt.

Sans me sentir gâteux ou jouer les prophètes,
En quarante ans de temps, je m’étonne et m’inquiète :
Le «c’était mieux avant», pourtant, n’est pas ma thèse,
Et je crois être ouvert à toutes hypothèses.

Les mots que l’on emploie, qui truffent nos médias,
Déjà, reflètent bien comment on en est là :
« Datas et e-commerces, écrans et algorithmes »
A longueur de journée, nous bercent de leurs rythmes.

Si le « co-voiturage » est chose sympathique,
Le « co-working » pourrait nous laisser plus sceptiques
Si le télétravail peut-être solution,
On entend trop souvent « décolonisation».

« Les smartphones  ou start-ups, le cloud, le profilage,
Les transgenres et textos, les coachings, les codages »,
Suscitent des rancœurs inspirant le « wokisme »
Tout comme les discours sentent le « complotisme »…

Les leaders écolos ont chacun leur recette
Qui change tous les jours au gré de grandes « enquêtes ».
L’ « AI » et le « quantique » égrènent  des promesses
Qui enchantent ou effraient selon qu’on voit leurs messes.

Tous ces « chauffeurs Uber » ou ces « Airbnb »,
Sont de culture US mais modifient nos vies.
« Livrer à domicile » est devenu tendance...
Ce qui n’empêche pas de parler « décroissance ».

Les méga-entrepôts remplacent nos usines,
Les hordes de « bikers », nos foires citadines.
Entre sorcellerie, islam et chamanisme,
Les spiritualités excitent l’athéisme.

Le narcissisme ambiant imprégne nos actions
Et l’individualisme  est notre condition.
Le culte des vacances est indéboulonnable.
« Consommez ! », sonne encor comme un credo immuable…

Alors, dès ce matin, en faisant mon « yoga »
Pour effacer l’effet d’un triple « Moderna »,
Je retiens un dîner au restaurant « tacos »,
Après ma « country-dance » en guise d’apéro...


                                                      Jacques Grieu

             

Os court :


«  C’est une lâcheté que d’applaudir à toutes les idioties que l’on nous montre sous prétexte de modernité. »


 Francis Picabia, peintre et écrivain (1879-1953)

 EXPRESSION MÉDICALE

LEM n° 1246   24 octobre 2021
 

Dequoiktucauses (Exmed)

 

   Chaque époque, chaque groupe social, a connu ses façons à la mode de s’exprimer. Notre modernité n’y échappe pas, l’américanotropisme technicisé  frappe fort.

   Rien de bien grave, si cela n’entraine pas un grand flou dans notre façon de penser le monde où nous vivons.
 Voici donc, doctement - mais pas doctoralement-  exprimée, la LEM 1246 de notre orfèvre de l’expression écrite Jacques Grieu. Son titre ? : NEW GAULE MODERNITÉS.
À déguster sans aucune modération, faut-il le dire ?

François-Marie Michaut

24 octobre 2021

21 octobre 2021

Le temps des égrotants (Exmed)


  Le dictionnaire nous dit qu’un égrotant est quelqu’un qui est malade en permanence. La diarrhée médiatique des actualités du jour est tellement fascinée par les sujets concernant nos maladies qu’elle semble bien sans précédent connu.
Bien entendu, cela impacte gravement notre perception de nous-même et de notre vie. Comme si nous devions tous devenir hypochondriaques, pour ne pas dire malades imaginaires comme Molière nous  en fit rire. 


   Atmosphère morbide, débordante d’intérêts secondaires hautement rentables pour cette industrie de premier plan.
 Mais attention, ce sont autant de traumatismes psychiques à répétition dont il nous faut guérir pour ne pas payer le prix gigantesque de leurs conséquences à moyen et long terme.
On ne peut pas dire de la même façon tout, à tout le monde et tout le temps dans la vie quotidienne. Même au nom de la sainte transparence.


François-Marie Michaut
 21 octobre 2021

17 octobre 2021

Air de rien (LEM 1245)


    Les scrutateurs de la qualité de notre première et indispensable source de vie ont beau nous prévenir, nous ne voulons pas entendre vraiment. Leurs outils d’investigation se perfectionnent sans arrêt, et nous savons maintenant ce que nous ignorions auparavant. En un mot, l’air que nous respirons est hautement pollué. Et ce sont nos plus petits des régions les plus peuplées (3 enfants sur 4 en France, dit-on) qui sont les plus menacés par les conséquences, parfois irréversibles, de ce qu’ils inhalent en permanence. Inutile d’en faire l’inventaire ici, des nanoparticules au monoxyde d’azote, chacun, s’il le veut, peut en être informé. À condition de comprendre bien qui parle, sans se fier aux titres ronflants, et quelles sont les motivations réelles des acteurs de ces «lanceurs d’alerte». Les enjeux politiques phagocytent déjà si largement ce qui relève de notre santé à tous. Notre santé physique comme notre santé psychologique et mentale, cela se dit encore bien trop peu.

  L’espace atmosphérique, si mince, si fragile, est depuis  longtemps considéré comme une décharge se gérant de façon automatique que nous n’avons pas pris conscience de l’avoir transformée en poubelle fermée aux composants hautement toxiques. Pas plus que de mer de rechange, nous n’avons pour vivre d’air indemne de pollution. 
Les remèdes proposés ne concernent que des propositions purement ponctuelles à l’effet si limité. Nos experts ne manquent pas d’efforts sincères, mais restent muets sur un point capital. 

 Il se résume en quatre questions qu’il est possible de formuler pour l’instant ainsi, faute de mieux. 

- Pourquoi avons-nous pris une voie qui nous a conduit à la situation actuelle mettant en jeu à court terme notre propre survie de créature vivante ?
Pourquoi sommes-nous allés trop loin dans les actions que nous avons mises en route au nom du «développement» et de «l’économie» après avoir poursuivi depuis des siècles avec acharnement la chimère de la civilisation « occidentale» dominant les autres ?
Pourquoi n’écoutons-nous pas le tonitruant avertisseur du minuscule SARS-CO-2 qui fait s’effondrer comme des châteaux de cartes tant de choses autour de nous ?
Ne nous dit-il pas clairement que rien de ce que nous pensions immuable auparavant ne demeurera demain notre unique perception de la réalité ?

    Oui, beaucoup d’interrogations auxquelles je me garde bien d’oser proposer des réponses .  Aucun droit de le faire à revendiquer . C’est la démarche intellectuelle, finalement assez socratique, sans laquelle aucune recherche, dans les sciences comme dans tous les domaines des activités humaines, ne peut  devenir productive. Et non mortifère.
   Alors, même s’ils sont légion et forts parleurs, gare aux répondeurs trop pressés, à la tête dans le guidon de leur seul champ de compétence. Au grand dam des prestigieux experts du monde d’avant, plus que jamais, cette exigence de compréhension systémique du monde de demain, intégrant tous nos savoirs sans les hiérarchiser, se fait jour. 
    Ce n’est qu’un début, encore bien (trop) timide.
                                     
 Air de rien François-Marie Michaut

Os court :

«  Celui qui pose une question risque cinq minutes d’avoir l’air bête. Celui qui ne pose pas de question restera bête toute sa vie.  »

 Proverbe chinois

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1245 17 octobre 2021
 



        François-Marie Michaut
    
 

Respir (Exmed)



    Nos amis du Québec nomment ainsi le fait de prendre sa respiration. Ce geste, vital comme pas un, deviendrait de moins en moins anodin pour nous, pauvres terriens de 2021. Cela mérite certainement plus qu’un bref compte rendu médiatique, bien entendu bourré de chiffres, ne cachant pas son contenu anxiogène.

   Voici, faussement naïve, la LEM 1245 : Air de rien.

À vous de vous oxygéner, si vous le voulez bien, lecteurs

François-Marie Michaut

 17 octobre 2021

10 octobre 2021

PETITS SOINS (LEM 1244)


  
« Elle eut soin de se peindre et d’orner son visage
Pour réparer des ans, l’irréparable outrage 
»
Le soin qu’elle y mettait, avec sollicitude,
Était d’autant plus grand que la tâche était rude !

« À vous le soin », dit-on, dans la belle marine,
Quand on transmet le quart, que le sien se termine.
Qu’on aimerait entendre une telle supplique,
Quand nos nouveaux ministres entrent en république !

C’est une maladie qui sévit aujourd’hui :
On se soigne, on se soigne et le jour et la nuit.
Chacun doute et se tâte en espérant trouver
Où se situe le mal qu’il sent lui arriver.

L’artiste est un malade : il se soigne en créant :
À force de créer, le mal monte, empirant.
Alors il doit trouver d’autres médicaments :
Et donc change de style en cherchant un calmant.

On est aux petits soins pour combler nos besoins ;
Mais on écrit en mails sans le moindre des soins !
Nos défauts, après tout, sont bien moins ridicules
Que le soin qu’on emploie à masquer leurs férules.

Blessure de parole est plus dure à soigner
Que celle du couteau qui vous a transpercé.
Avoir froid, que ce soit au cœur ou bien au corps,
Est souffrir sans blessure : aucun soin ne l’endort.

On peut bien mieux soigner des genoux écorchés
Que les coups pris au cœur ou même à nos idées.
Les soins des chirurgiens nous font des nouveaux… nez,
Mais ceux de nos psychiatres, aux âmes ont moins d’effets.

C’est la vie qui se soigne et pas la maladie ;
Un corps dont on prend soin dure… toute la vie !
Epicure l’a dit : jusqu’au dernier soupir,
Prenons soin de bien vivre afin de mieux mourir.

    
                                   Jacques Grieu ( PETITS SOINS)
Os court :

« Nous troublons la vie par le soin de la mort : l’une nous ennuie, l’autre nous effraye.  »

 Michel de Montaigne

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1244 10 octobre 2021
 


                        
             
                                               

Tagada, tsoin, soin
 (Exmed)

    Les métiers du soin, c’est tellement plus que la technicité la plus pointue. On l’oublierait si facilement en ce moment.

     Grâce aux mots bien choisis de Jacques Grieu, voici, avec de vraies paroles, un bien utile rappel pour tous de la vraie vie des vrais gens. 
   
À vous la LEM 1244 : PETITS SOINS.


François-Marie Michaut
10 octobre 2021

06 octobre 2021

Thérapies de conversion (Exmed)

 
  Laisser croire au public qu’on peut « scientifiquement» transformer l’orientation sexuelle d’un être humain laisse de marbre la pensée médicale de 2021 ? Sous le nom de thérapie, il est signifié que c’est du domaine de la médecine, pourquoi pas de l’hygiène sociale, de se donner le droit de manipuler les façons de penser et d’être, estimées par certains «déviantes».

     
L’homosexualité n’a été rayée de la liste des perversions sexuelles en psychiatrie que dans les années 1970. Des gens, de par le monde, ne semblent pas avoir pris le métro en marche.
On n’entend guère les autres.

   Dangereuse aphasie, non?

François-Marie Michaut

6 octobre 2021

03 octobre 2021

Certainement trop simple (Exmed)


   Les choses qui ne reprennent pas les sujets à la mode du brouet de la communication collective finissent par oublier d’être dites. Redoutable tare que cette exclusion de fait de nos esprits les plus percutants pour notre vie à tous.
   Voici donc, sans aucune prétention pédagogique ou militante, la LEM 1243 : Des choses et des hommes.
Il n’est pas interdit de la lire.

François-Marie Michaut

3 octobre 2021

Des choses et des hommes (LEM 1243)


       Pardon de paraphraser ainsi le titre de l’ouvrage de John Steinbeck, mais nous sommes en pleine actualité. Les médias nous ont informés qu’en France, depuis le début du SRAS2, environ 5700 lits d’hôpitaux publics ont été supprimés. Paradoxal, non ? Plus de chambres à un seul lit, cela peut se défendre en cas de risque infectieux. Et pour le confort des hospitalisés, c’est bien.

  Hélas, de telles dispositions ne dépendent que des sphères gestionnaires des grandes administrations. Les soignants n’ont pas leur mot à dire. Sous prétexte de rationalisation, de plans, d’optimisation des locaux et des équipements, de management rationnel que ne fait-on pas ? Que ne fait-on pas faire à ceux qui sont sur le terrain? Faire plus avec moins, tel semble être le défit jamais mis en cause. Et pourtant, regardons ce qui se passe dans la vie quotidienne des établissements de soins.

  Avez-vous remarqué le glissement de sens de la notion de personnel ? Jadis, c’était ainsi qu’on nommait l’ensemble des personnes travaillant dans un même lieu. Les directeurs du personnel sont devenus des directeurs des ressources humaines, comme si c’était une banale matière première comme une autre. Et un personnel est devenu la façon de désigner une personne. X personnels se sont rendus sur les lieux de la catastrophe disent les médias. Chacune  des personnes de chair et d’âme est privée de sa singularité essentielle : que nous disons donc par contagion des choses fondamentales et lourdes de sens sans en avoir conscience !

   Et bien, ce qui coince le plus dans le fonctionnement des hôpitaux, pour rester dans notre univers, c’est la pénurie chronique en personnel, des médecins aux agents techniques. Ceci n’a rien de nouveau, les plus anciens d’entre nous l’ont vécu et en ont témoigné. Mais rien n’a été fait pour rendre enfin attractifs sur le long terme ces métiers qui attirent toujours autant de bonnes volonté juvéniles. Quelques mesures cosmétiques, souvent ponctuelles ne changent rien à cette situation dont souffrent avant tout les humains au travail et les patients qu’ils soignent. Les déserts médicaux piteusement solubles dans la télémédecine, quelle misère. Et tout le monde d’applaudir. Quelle deshumanisation aveugle, ces prothèses technologiques . La presse, hélas, préfère chanter les louanges des miracles de la chirurgie, de la technologie et des médicaments riches de promesses de santé retrouvée.

  Est-il inutile de dire que soigner les autres n’est pas un métier comme les autres, et que n’importe qui ne peut pas l’exercer avec talent s’il n’est pas profondément humain ? L’humanité vraie ( des simulacres depuis toujours courent les rues) n’est pas une valeur quantifiable. L’intelligence artificielle si à la mode ne peut donc pas la déceler, ni contribuer de quelque façon que ce soit à son «développement».
  Est-il stupide de penser que cette qualité rare d’humanité n’est pas donnée à tout le monde, qu’elle ne dépend d’aucun système de formation ou de formatage, qu’elle est liée à ce qu’est vraiment une personne et pas ce qui se trouve dans les livres, aussi savants soient-ils?  À ce titre, elle doit être profondément respectée par chacun, quelque soit sa fonction dans la société. Parce qu’elle est fragile, très vulnérable, cette qualité, à toutes les agressions, à tous les mépris et à toutes les indifférences. Les humains qui soignent, pas toujours des saints , c’est évident, ne sont pas des pions anonymes interchangeables. Juste des personnes, jamais des personnels avec ce que recouvre de dramatiquement impersonnel ce détournement du sens des mots.
 


                                                              François-Marie Michaut

Os court :

« Nulle qualité humaine n’est plus intolérable dans la vie ordinaire, ni, de fait, moins tolérée que l’intolérance.  »

Giacomo Leopardi (1798-1837)


  Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1243 3 octobre 2021



          
             
                              

30 septembre 2021

Psychologie remboursable (Exmed)



   Les actes effectués par nos collègues psychologues vont être pris en charge par l’assurance maladie en France. Enfin, est-on tenté de dire, tant la non reconnaissance de cette profession pour le bénéfice des patients parfois modestes semble injuste.
    Cependant, ce sont les médecins qui demeurent les indispensables prescripteurs, et le nombre et la valeur des séances sont strictement limités.
Position de subordination qui n’est pas justifiable. Les médecins se posent parfois en concurrents de ces spécialistes et n’ont aucune envie de leur céder la main. Le défaut de formation psychologique digne de ce nom dans les études médicales fait que beaucoup sont incapables de repérer les situations pouvant bénéficier de cette aide précieuse dans des cas bien précis.


François-Marie Michaut

 30 septembre 2021

27 septembre 2021

Effondrement (Exmed)


   Tant de choses que nous pensions durables s’effondrent sous les coups de la réalité que nous en souffrons. Le plus souvent silencieusement, hélas.
Ces brisures méritent de ne pas faire semblant qu’elles sont sans importance. Jacques Grieu sait bien nous stimuler à sa manière si personnelle. Voici la LEM 1242 : BRISURES.
Saine lecture, non ?

 27 septembre 2021


François-Marie Michaut

26 septembre 2021

BRISURES (LEM1242)

             
            
Les brisures, souvent, font perdre la boussole ;
Mieux vaut briser le bras que briser la parole !
Bien des hommes violents ne sont que « brise-touts »
Ou bien des « brise-fers », voire des « brise-cous ».

Quand le chêne est brisé, le roseau est plié
Et aucun brise-vent ne lui est sûreté.
Papillon qui se pose a ménagé sa branche
Et n’a jamais brisé la plus faible pervenche.

Un cœur jamais brisé n’est pas vraiment un cœur ;
Après être brisé, il garde sa vigueur.
Nos actes sont miroirs qu’on voudrait voir brisés.
Aucun dos n’est brisé d’être trop incliné.

Les brisures de riz sont, dit-on, pour les chiens,
Mais celles de nos truffes ont de fervents soutiens…
La brise de nos plages a de quoi rendre heureux,
Mais la « brise de mer » est un gang dangereux.

Certains font des efforts pour voir « briser la glace ».
Mais se brisent souvent sur une triste impasse.
« Brise-lames »,  « brise-roches » sont partout efficaces :
Le mur d’indifférence a seul, une cuirasse.

Le tout petit caillou peut briser grande marche.
Aller sur nos brisées est néfaste démarche…
Bon, eh bien, brisons-la ! Et sur ces lourd constats,
Abandonnons la plume et brisons le débat !

                    Jacques Grieu

  

Os court :


« Les brisures d’une table de marbre. C’est Dieu qui voulait montrer qu’il donne la mort et qu’il ressuscite, qu’il secoue la terre et la brise et qu’il guérit en un moment toutes ses brisures. »
Bossuet

 

Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1242 26 septembre 2021
 

18 septembre 2021

Affrontement passifiable (Exmed)

 
   Jadis, la notion d’incommunicabilité entre les êtres humains fut très à la mode chez les intellectuels d’après-guerre. La pandémie numérique, comme l’effondrement des théories politiques binaires, l’ont rendue obsolète pour le plus grand nombre.
   Ce qui ne veut pas dire que parler d’une même chose impose d’être gouverné par une logique unique.
    Tel est l’objet de la LEM 1241 : Certitude administrative, incertitude scientifique.

Bonne lecture.

François-Marie Michaut

Certitude administrative, incertitude scientifique (LEM 1241)

   La nette opposition, pour ne pas dire contradiction dans nos esprits, entre la lecture de la réalité objective perçue par les pouvoirs administratifs et les pouvoirs scientifiques n’est pas un élément favorable pour vivre au mieux les temps présents. C’est en entendant René Rosanvallon, sociologue politique renommé, que cette évidence m’est apparue.

   Pour un médecin, la question du pouvoir, donc des décisions et choix à effectuer, se traduit au grand jour dans les hôpitaux publics.
Depuis 1968, et la disparition des mandarins tout puissants, l’administration hospitalière n’a pas cessé de s’étendre, et les prérogatives des praticiens de se réduire à des fonctions de plus en plus techniques. On peut s’en réjouir du côté des administratifs. On ne manque pas d’en critiquer les conséquences pratiques indésirables du côté des soignants et de leurs patients.

   Qu’est ce qui fait que les choses ne fonctionnent pas au mieux pour parvenir aux intentions affichées, souvent centralisées, jusqu’en haut de la pyramide administrative d’État et de ses animateurs politiques ?
N’oublions pas que l’École Supérieure de Santé Publique de Rennes a été créée à l’initiative de Simone Veil, ministre de la Santé. Elle fut aussi une personnalité respectée du monde juridique. Une pépinière des cadres administratifs des hôpitaux publics était née.
Notons quand même que chez nos confrères militaires, la direction administrative au plus haut niveau n’est confiée qu’à des médecins. Pour quelle raison ?
   Les médecins sont contraints, par leur indispensable culture scientifique, à demeurer dans l’incertitude permanente du devenir de leurs patients. Les mots toujours et jamais, nous enseignait-on jadis, ne font pas partie du vocabulaire médical. C’est à la fois peu rassurant et en même temps réconfortant.
La logique administrative, pour demeurer efficiente, ou, au minimum, applicable aux situations concrètes, ne peut sortir d’une réponse par oui ou non. Aucune place au peut-être ou au on ne sait pas toujours.

  Il serait stupide de vouloir se passer de l’une ou l’autre de ces logiques. Les deux ont leur nécessité. Admettre qu’elles puissent être contradictoires n’impose pas de mener un combat en faveur de l’une ou l’autre. Toute polémique, le mot le dit, est une forme de guerre. Le jeu, s’en est un, est de tuer symboliquement ceux qui pensent autrement que nous.
   Comment s’étonner de la violence des échanges dans nos sociétés si fortes en gueule ?
  Politesse, courtoisie, respect de la personne de l’autre mériteraient-ils de sortir des oubliettes de nos richesses culturelles dynamitées par la violence ?
  Juste pour nous aider les uns et les autres à vivre... moins mal.
 


                                                  François-Marie Michaut

Os court :

« Toute certitude est par essence contradictoire avec la philosophie de la recherche. »

Pierre Joliot ( Biologiste, académicien, fils de Frédéric Joliot-Curie)


Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1241 19 septembre 2021
 


          
             
                              

14 septembre 2021

Mise en danger de la vie d’autrui (Exmed)

 
   C’est sous ce chef d’inculpation qu’Agnès Buzin, médecin de formation puis ministre de la santé a été traduite devant une assemblée ayant pour mission de juger son action avec le Covid19. Il a fallu que les législateurs précisent depuis longtemps qu’un acte médical, aussi invasif, «chirurgical», soit-il, ne peut pas être considéré comme des coups et blessures.
Se mettre  au volant ou fournir de l’énergie électrique dans une habitation ne peuvent sérieusement être considérés comme, principe de précaution oblige, ne comportant aucune possibilité de risque fatal pour autrui ?


  Laissons les médecins faire leur travail, laissons les politiques demeurer des êtres humains. C’est à dire, n’en déplaise à tous les justiciers impitoyables,  faillibles.



François-Marie Michaut, 15 septembre 2021


12 septembre 2021

RAYONNAGE (LEM 1240)


    


En connaître un rayon signifie qu’on est fort :
C’est, dans des professions, un très bon passeport.
Il ne s’agit pas là de rayon de courbure
Qui n’aiderait personne à la candidature,
Mais plutôt du rayon qui, dans bien des boutiques,
Est un lieu consacré à des choix spécifiques…

Le rayon de braquage est, lui, fort éloigné
D’un brigand menaçant volant à main armée.
Il serait chef de bande et pas chef de rayon :
On ne saurait confondre et serviettes et torchons…
Quand au rayon d’action, il n’est pas sur la roue
Et son action n’est pas celle d’un risque-tout.

De nos bibliothèques, les rayons sont culture
Et rayons de soleil par la littérature :
Les mots sont rayons X,  ils transpercent les corps
Mais leurs ombres s’impriment en trouvant des accords.
Qu’ils soient ultra-violets, infrarouges ou cosmiques,
Les rayons font partie de notre sémantique.

Le rayon de Schwarzschild  vous dit-il quelque chose ?
C’est un rayon à trou, mais de trou fort grandiose,
Puisqu’il nous parle-là des terribles trous noirs,
Et leur gravitation aux appétits notoires.
Peut-être ce savant au nom si émouvant
Aimait-il bien le miel aux rayons si tentants ?

La roue de la vie tourne : où donc sont ses rayons ?
Elle tourne trop fort pour que nous les voyions.
Beaucoup de grands esprits tentent tout pour briller :
D’autres, bien mieux, rayonnent sans s’être démenés.
Leur rayon est interne et dur à déceler ;
Comme chez les poètes c’est une chose innée…

                            Jacques Grieu
  

Os court :

« Belles personnes,
Rayonnez, fleurissez, soyez des échansonnes

De rêve, d’un sourire enchantez un trépas,

Inspirez-vous des vers... mais ne les jugez pas!»

Edmond Rostand (Cyrano de Bergerac)


 

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1240 12 septembre 2021
 



                

Temps précovidien (Exmed)

    Mais qu’avions-nous donc dans la tête avant que Corona le virus du syndrome respiratoire aigu sévère n°2 ne monopolise sans relâche jusqu’à l’abrutissement nos petites - comme grosses- têtes ? Un petit air d’un avant déjà perdu.

     Tiré de nos réserves encore inédites ici, voici la LEM 1240 de Jacques Grieu RAYONNAGES.

 Bonne lecture ne nécessitant, on respire un peu...  aucune modération.

   François-Marie Michaut, 12 septembre 2021

05 septembre 2021

Ceci n’est pas de l’antiscience plus que du proscience
 (Exmed)


  
  Le moins qu’on puisse dire est que la science, comme ceux  qui ont pleine confiance en elle, sont rudement mis en cause dans les échanges publics. Être pro ou anti, pour quelque raison que ce soit là n’est pas l’important pour comprendre ce qui nous arrive.
   La LEM 1239 tente de faire cet effort sans chercher à distribuer de bons et de mauvais points. Voici : Systémique, le grand frein.
À vous, les lecteurs, d’en faire ce qui vous semble juste.

François-Marie Michaut 5 septembre 2021

Systémique, le grand frein (LEM 1239)

   

   Si je suis tombé dans la bassine de la pensée systémique, c’est à cause des malades alcooliques  que j’ai choisi de prendre en charge pour les soigner en un temps où on ne s’en préoccupait guère du côté de la citadelle médicale (1). Les soins, alors orientés par la seule obsession d’empêcher par tous les moyens (2) les malades de boire  jusqu’à la fin de leurs jours, les conséquences bien connues de leur alcoolisation étant dramatiques. Oui, la lutte contre l’alcool s’est avérée une voie thérapeutique on ne peut plus désespérante,tant pour les soignants que les soignés et... leur entourage. Erreur de compréhension d’une pathologie, tant féminine que masculine, impliquant toujours un entourage particulièrement complexe (3). Ne s’occuper que de la substance toxique a conduit à une sorte de négation de la personne humaine dans toute sa complexité.
Rendons à César ce qui lui appartient. La notion d’addiction  (anglicisme francisé) proposée par le psychiatre Jean-Paul Descombey ( in «Alcoolique, mon frère, toi», Privat 1985) a été une ouverture majeure, la personne reprenant la priorité sur la substance toxique.
Une industrie pharmaceutique aux  aguets d’une clientèle potentielle énorme s’est engagée dans le créneau de la nouvelle alcoologie, avec un biais majeur. La course après la substance capable de faire disparaitre, ou diminuer, les comportements de dépendance à l’éthanol. Là encore, il n’y a pas eu de miracle, les promesses sont tombées... à l’eau.

   C’est finalement la thérapie familiale en psychiatrie, dans la lignée de l’école californienne de Palo-Alto, qui a ouvert une porte inédite. Celle de l’abord systémique des situations de chaque personne et de chaque groupe concernés par cette «addiction» dévastatrice.

   Je le dis sans détour, ayant mis en place un bon nombre de formations de professionnels, cette idée même de pensée systémique ne séduit pas les esprits. Trop complexe, trop nouveau, trop dérangeant dans nos précieuses routines. Ce qui ne veut pas dire dénué d’intérêt et sans avenir possible.

   Et pourtant, notre culture biologique ne cesse de décortiquer plus finement les systèmes qui pilotent le fonctionnement du vivant. Du cycle de reproduction au système neuro-endocrinien, de l’embrryologie aux acides nucléïques, nous jonglons avec une quantité de systèmes. Cela pourrait être un chaos. Pas vraiment, tout le vivant semble présenter une surprenante harmonie, et un mouvement d’ensemble souvent nommé l’évolution. Bien que celle-ci ne semble pas toujours rectiligne.

  À quoi obéit cette myriade d’entités systémiques, dont nous ne connaissons toujours (4) qu’une partie. Au hasard dit-on, pour camoufler notre ignorance. N’est-ce pas alors ériger, Philippe Guillemant l’affirme, cette indétermination en une divinité absolue ?
Un autre physicien, David Bohm, a proposé la notion d’un ordre impliqué capable de mettre en route l’ordonnancement des réalités que nous constatons. Un biologiste d’origine britannique, Rupert Sheldrake, propose l’hypothèse de champs morphogénétiques jouant le même rôle de signaux déclencheurs des mécanismes organiques. Le même auteur nous invite à continuer à nous émerveiller dans son livre de 2012 : Réenchanter la science ( Albin Michel). Tout un programme.
   La connaissance scientifique tourne autour du pot d’une connaissance globale et unifiée de la réalité. Pourquoi n’y parvient-elle pas ?
   Serait-ce lié aux frontières qu’elle s’impose elle-même par souci de rigueur et d’objectivité ? Ses méthodes la rendent-elles aveugle et muette à ce qui est hors de son champ d’investigation?
   Tentons de formuler clairement la situation. Peut-il exister un système des systèmes ? Sans sombrer dans des pistes ésotériques ou spirituelles incontrôlables, notre intelligence humaine est-elle physiologiquement capable d’accéder à ce savoir des savoirs ? À ce que Dominique Aubier nomme le système des systèmes, le système absolu ? Les scientifiques, dont elle n’était pas, continuent de faire comme si elle n’avait jamais existé.
Ou bien, comme nous avons tendance à le faire dans de multiples domaines, est-il sage d’attendre que l’intelligence artificielle soit capable de fournir la clé de cette grande énigme ? Notre avenir en dépend à court terme, cela nous est assez dit sur tous les tons.
On continue de passer à côté comme si on avait rien vu ?


François-Marie Michaut
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Notes:


(1) Quelques détails https://www.exmed.org/exmed/and.html


(2) Y compris par des cures de dégout, des implants sous-cutanés de subtances dites antabuse ( espéral), des enfermements en services fermés, des chimiothérapies diverses etc...

(3) D’où un engagement actif dans l’Association pour le développement de la recherche des intervenants en alcoologie (ADRIA),  la Société française d’alcoologie (SFA) et la société médicale Balint locale.


(4) Les virus, comme les prions, parmi bien d’autres, nous le disent sans ménagement.


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Os court :

« À vieille mule, frein doré. »
Proverbe français

 

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1239 5 septembre 2021
https://www.exmed.org/archives21/circu1239.html   

01 septembre 2021

Et mu (Exmed)




   Ça continue, la valse des mutants du COVID. L’OMS nous incite à nous méfier du dernier mutant (connu), repéré en Amérique du Sud.
Baptisé de la lettre grecque mu, notre m à nous. Bon, c’est bien gentil tout ça, mais l’alphabet réputé plus savant que le notre ne comporte que 24 lettres. Juste un peu mieux que les 22 de l’hébraïque, mais limité quand même.

  Un peu naïf de croire que l’oméga final atteint, le virus se sente obligé de disparaitre de la circulation des humains et autres animaux sensibles.

François-Marie Michaut

 2 septembre 2021

29 août 2021

PLEURNICHAGES (LEM 1238)

  

0n dit souvent que rire est le propre de l’homme.
On pourrait dire aussi que pleurer, c’est tout comme.
On a rarement vu un animal pleurer,
Sauf les gros crocodiles et ça n’est pas prouvé.
Rire et pleurer aussi sont donc notre dada.
« Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera »

Pourtant, rire et pleurer,  chacun on doit décrire :
On « donne » à pleurer alors qu’on « prête » à rire !
Si le vin fait chanter, c’est l’eau qui fait pleurer ;
Mais chanter, c’est pleurer si l’on veut méditer.
On vieillit bien plus mal à se gausser des autres
Qu’à pleurer sur soi même avec des patenôtres.

Si pour faire pleurer, il faut pleurer soi-même,
Pour savoir faire rire, restez digne à l’extrême.
On a des mots qui pleurent et des larmes qui charment ;
La bouche sourit mal quand les yeux sont en larmes
Mais la larme de l’œil rit du bruit de la bouche.
Mieux vaut pleurer pour rien que trop rire à la louche.

Qui n’a jamais pleuré, ses larmes a bien masqué,
Car souvent le mouchoir les a dissimulées.
Où sont allées les larmes empêchées de couler ?
Parfois sous les lunettes on les a bien cachées !
La vie est un oignon qu’on épluche en pleurant
Et l’on n’a pas trouvé de légume hilarant…

                   Jacques Grieu

 
 

Os court :
«  Quelle chose merveilleuse serait la société des hommes, si chacun mettait du bois au feu, au lieu de pleurnicher sur des cendres. »
Alain


 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1238  29 août 2021



                 
             
                         
 

Émotivement exprimer (Exmed)


     
Les émotions, il faut bien le dire, n’ont pas une bonne réputation auprès de ceux qui se veulent des intellectuels sérieux. Et pourtant, nos cerveaux ne nous laissent pas de marbre quand nous sommes brassés pendant des mois par les informations d’un monde riche de menaces de tout calibre, et pas seulement sanitaires.

   Parole aux poètes, ces indispensables inutiles pour simplement survivre. Voici « PLEURNICHAGES» la LEM 1238 de Jacques Grieu.
Bonne lecture à chacun.

François-Marie Michaut  28 août 2021

27 août 2021

«Mammo ou pas ?» (Exmed)



    Tout est dit dans ce livre qui prend le parti de la liberté éclairée de choix des femmes devant la poussée de ceux qui prônent une prévention systématique des cancers du sein.

    Notre amie et collaboratrice d’Exmed depuis des années - oui, conflit d’intérêt du signataire de ce papier - avec une parfaite courtoisie- nous explique à tous pourquoi et comment elle a écrit cet ouvrage qui ne peut pas demeurer négligé par la communauté des soignants eux-mêmes.

  Pour en savoir plus, voici le lien :


François-Marie Michaut

24 août 2021

Toutes les barrières (Exmed)

 

  Qu’on se le dise, braves gens. Qu’elles soient sanitaires ou pas,  les barrières sont faites pour... être franchies. Ainsi parlaient aux carabins d’avant 1968 certains maîtres de la psychiatrie française.


   Le développement de l’escroquerie aux faux passes sanitaires met à mal la promesse d’invulnérabilité de nos grands serveurs numériques nationaux, les dépositaires des traces de nos petits et grands secrets personnels de vie et de santé.
 

   Il n’y aurait pas quelque abus de confiance des promoteurs, comme de tous ceux qui les suivent, sans se poser de question, sur leurs inévitables dérives liées à leur porosité ?

François-Marie Michaut, 25 août 2021

22 août 2021

Pour savoir mesure garder ( Exmed)



   Exmed s’est fait gentiment reprocher par une lectrice assidue de publier trop peu de Coups d’oeil du jour depuis un certain temps. Nos messages médiatiques dans leur uniformité presque totale conduisent dangereusement au silence les lecteurs priés de se soumettre au discours dominant.
  


   Continuer à tenter de conserver le sens de la nécessité de prendre toute la mesure des réalités, tel est ce que nous tentons d’illustrer.

  Voici la dernière LEM 1237, «Santé, ultime bouée politique» destiné à stimuler les neurones  indépendants encore disponibles.
Bonne lecture critique.


François-Marie Michaut , 22 août 2021

Santé, ultime bouée politique ? (LEM 1237)


 La qualité du niveau général de santé semble bien être devenu le baromètre le plus convoité par ceux qui dirigent nos pays. La santé, bien que difficilement mesurable, si on sort du cadre trop étroit des maladies comptabilisables et comptabilisées, semble promue au rang de valeur suprême dans nos sociétés. Voilà qui interpelle la conscience de ceux qui veulent bien réfléchir un peu sur les temps étranges que nous vivons.

   Il y a peu encore, la gestion des soins de santé était confiée aux seuls médecins et soignants qui jouissaient plus que tous les autres d’une exceptionnelle confiance des populations. Les professionnels se sont fait enfermer dans un concept purement technologique, pompeusement baptisé la santé publique. Il ne s’agissait au début que de la meilleure rationalisation de la gestion des moyens disponibles. C’était difficilement critiquable. Covid 19, agissant comme catalyseur sans frontière, a produit une mutation. Toute politique de santé, sous le poids de la déliquescence des discours politiques devant la maladie, est devenue le dernier espoir pour sauver la crédibilité des dirigeants. Il faut bien alors parler de santé politique pour y voir clair. Avec une dangereuse promesse implicite de bonne vie pour tous. Un piège pour capter les bulletins de vote quand le jour viendra. Qui peut en douter ?

   Les soignants peuvent-ils accepter que leurs fonctions soient ainsi instrumentalisées ? Ceux qui sont des artistes ou des artisans de la connaissance scientifique peuvent-ils assister muets à une telle exploitation de ce sur quoi travaille sans répit leur matière grise ?

   Comme il est répété ici, à en lasser le lecteur, tout mélange des genres est redoutable dans quelque domaine que ce soit. Il n’est jamais innocent. Mettre en accusation ceux qui se livrent à ce jeu est une perte de temps et d’énergie. En décrypter les motivations est l’unique façon d’en révéler, donc désamorcer la nocivité à court, moyen ou long terme.  

                                                 François-Marie Michaut

 

Os court :
« Tout homme a besoin de s’attacher à une bouée spirituelle ou superstitieuse, tourmenté qu’il est par le mystère de l’inconnu, notamment celui du secret de la mort. »
Jean-Jules Richard, écrivain québécois

  Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1237
22 août 2021   


            


 

15 août 2021

PASSE-PASSE ( LEM 1236)



« L’humaine condition » passe un mauvais moment
Et ce passage-là s’installe avec le temps.
« Passage », ou plus longtemps ? Définitivement ?
Où passe le Covid, est-ce éternellement ?
Le temps qui passerait arrangerait les choses ?
Les choses et pas les gens : ils sont en overdose !

Comme il faut vivre avec, passons donc à l’action :
Tous les gouvernements cherchent des solutions.
C’est un laisser-passer qu’en France on nous propose :
Le « passe sanitaire » ou c’est la porte close !
C’est le passe-partout, le sésame obligé
Mais pas obligatoire, pas vraiment exigé.

Alors, les bonnes âmes aux vertus indignées,
Crient à la tyrannie, se mettent à hurler
Que « notre république est partout en danger ».
« La dictature est là », il nous faut protester !
On foulerait aux pieds au moins les « droits de l’homme »
Ce serait du « nazisme », en tout cas, c’est tout comme.

Ces délires d’inconscients contre le « despotisme »
Sont bien de la même eau que ceux des « complotismes ».
Mais d’autres solutions, on n’entend pas parler :
Confinement total ? Et à perpétuité ?
Plus le mensonge est gros et beaucoup mieux il passe.
« La caravane passe » et bientôt on se lasse…

La liberté des uns s’arrête quelque part :
Là où celle des autres a un nouveau départ.
Quand le fleuve est trop large, on passe... à sa source !
Quand l’ennemi est là, c’est la vie ou la bourse.
Ce mauvais feuilleton aura-t-il une fin ?
Il faudrait pour cela se prendre par la main…

                                               Jacques Grieu

                    
    
 

Os court :
« Présage, signe que quelque chose arrivera si rien ne se passe.  »
     Ambrose Bierce



Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1236  15 août 2021  

 

08 août 2021

Crise de civilisation (LEM 1235)



    Le terme a été tellement galvaudé qu’on n’ose plus s’en servir. Et pourtant, l’intrusion imprévue dans nos vies humaines du coronavirus du SRAS2, par ses conséquences perturbantes devrait nous ouvrir les yeux. Ne penser qu’en termes de crise sanitaire  - bien que très réelle, nul ne peut le nier sérieusement- est se condamner à ne voir qu’une facette de la réalité. Prétendre que vacciner massivement les populations mettra fin à tous nos problèmes est un leurre qui n’a qu’un mérite. Celui de simplifier au maximum notre champ de la compréhension de la profondeur de ce qui nous atteint.

   Si des événements graves sont survenus, et surviendront inévitablement, dans nos vies, ce n’est pas pour rien. Ce n’est pas le fruit du hasard ou de je ne sais quelle malchance ou malveillance d’une puissance suprahumaine.
Nos façons de vivre, de penser et d’agir d’êtres humains depuis des millénaires n’ont cessé d’évoluer comme une chaîne que nous avons cru longtemps ne pas pouvoir s’arrêter. Cela a eu pour résultat de peupler massivement la planète jusqu’à... la surpeupler. Exploit unique d’une espèce animale, c’est remarquable.


   Mais à quel prix  ? Ce qu’il est lucide de nommer notre civilisation humaine, avec toutes ses composantes locales depuis les plus anciennes.  À quelles destructions de nos environnements nous sommes-nous livrés pour aboutir à notre inextricable impasse actuelle. Les écologistes nous le serinent, nos scientifiques le calculent et le prédisent depuis longtemps. Les remèdes semblent tellement parcellaires et superficiels qu’il est de plus en plus difficile de croire qu’ils nous sauveront de la destruction de la biosphère.
    Quelle douloureuse prise de conscience ! Avons-nous la force et la volonté de vivre suffisante pour cesser enfin de faire ce qui nous perd ?
    Une civilisation acceptable par tous qui fasse enfin d’Homo Sapiens une espèce qui cesse de cultiver les plus grands et les plus dangereux prédateurs qui ont jamais existé, telle devrait être logiquement la boussole de tous ceux qui ont la chance ( ou la malchance pour leur tranquillité) de pouvoir faire fonctionner leur cerveau tant qu’il n’est pas trop tard.
 Comment et pourquoi avons-nous ainsi dérapé, toutes nos connaissances accumulées, et pas seulement les technoscientifiques dominantes, sont conviées à cet indispensable examen de conscience au sens le plus large et le plus profond du terme.
                    
    
 
                                                François-Marie Michaut
Os court :

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. »
Jacques Chirac, sommet de la Terre,  Johannesburg, 2 septembre 2002.


     

      

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1235  8 août 2021   


                
             
                             

01 août 2021

CLOUDAGE (LEM 1234)

           
À mon âge avancé qu’on me dit canonique,
La clique des PC, des MAC, l’informatique,
Entre bug et coupure et cent disparitions,
Hante mes courtes nuits de sombres obsessions.
Mais une solution, soudain venue du ciel,
Est venue remédier à ma peur continuelle.

Plus d’arnaques et d’hackers, destructions et oublis,
Le miracle est bien là, le « cloud » change ma vie.
Même si je ne sais où se trouve son nid,
Il calme mes angoisses et rassure mes nuits.
Garage de mes œuvres, tanière à poésie,
Bien au chaud, tout là-haut, il sauve mes écrits.

Une adresse égarée ? Rendez-vous oublié ?
Vos photos disparues ? Un texte incomplet ?
Une panne, une erreur ? Ne soyez plus anxieux :
Le cloud, toujours le cloud, est là, sûr et sérieux.
Il faut « clouder », vous dis-je ! Cloudons les yeux fermés !
Quand tout sera « cloudé », nous serons tous sauvés !

C’est un « nuage », dit-on, très haut en altitude,
Veillant sur notre « ouaibe » en toute quiètude.
Serait-ce un cumulus, un sirius, un stratus ?
Toutes les météos là-dessus font… chorus
Pour garder le silence et mieux cacher l’objet.
Même les astronomes ignorent le sujet !

Ce mutisme est bizarre et pourrait sembler louche
A de mauvais esprits faisant la fine bouche.
Si chacun, comme moi, y stocke autant de choses,
Le cloud doit être un monstre, un réservoir grandiose !
S’il demeure invisible, est-il près de la lune ?
Avec des hommes verts du côté de Neptune ?

Je n’ai donc plus besoin de mes clefs USB
Que j’égare partout ou que je fais tomber.
Ainsi le « cloudement » est bien LA solution,
L’habile panacée, la géniale invention.
Il faut savoir clouder, clouder avec ardeur :
C’est en cloudant sans fin qu’on devient bon cloudeur.

Le cloudage est donc bien des octets le gardien,
Et c’est dans ce nuage où dormiront les miens.
Tous les réseaux sociaux n’ont qu’à bien se tenir,
Et de leurs fakenews ne pourront plus sévir.
Cloudons, cloudons ensemble et cloudons vers les cieux ;
C’est en cloudant, nous tous, que le monde ira mieux !

                                 Jacques Grieu
    
   

 

Os court :
« À la saint Cloud, la lampe au clou. »
Dicton


 Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1234  1er août 2021   


                
                               

25 juillet 2021

Synthèse plus que jamais (LEM 1233)



        
    Cela nous arrangerait bien, cette croyance que la médecine bien ancrée dans la connaissance scientifique et les exploits technologiques est capable de tout voir, tout comprendre et tout prévoir de nos ennuis de santé. Comme des enfants sans parents, nous errons, tentés par les chants des prometteurs de miracles, ou de tomber dans la nasse de ceux qui ne veulent plus rien croire à rien.

   La pensée médicale, comme celle qui fut attribuée à Hippocrate et Aristote pendant des siècles, n’existe plus. Nous sommes devenus des caisses d’enregistrement de tout ce que nos technosciences peuvent capter dans leurs filets habilement dirigés par la toute puissante industrie chimique et ses associés économiques.

    Tant pis pour la répétition dans ces lignes personnelles, mais c’est indispensable. Le comment les choses se font, finalement ce que raconte la précieuse clinique des médecins, prend toute la place de notre travail mental. En extrapoler, par un résultat purement linéaire (A + B donne toujours C) ce qui va se passer demain en est le piège redoutable. La saga du Covid 19 signe la fragilité consternante de nos modèles mathématiques. Ces algorithmes dont se gavent nos technologies envahissantes.

   Le pourquoi les choses se font, ou non, d’une certaine manière et pas autrement, fait, depuis longtemps partie des interrogations des médecins. Cette chasse au pourquoi, nous ne la trouvons ni dans la philosophie, ni dans les sciences humaines. Des médecins s’y sont attelés, sans grand écho à ce jour (1).

     La synthèse des connaissances, scientifiques ou non, en évitant les puérils jeu de pouvoir et a priori idéologiques est le grand défi de notre avenir (2). Pour les médecins, comme pour tous ceux qui ont pour mission d’aider les autres à vivre le mieux possible.

    Si Covid19 parvient à nous aider à oser cet effort, il faudra alors lui en être reconnaissants. Paradoxal, non ? Mais question de vie ou de mort en quelques années pour toute notre biosphère. Notre poète Jacques Grieu a su habilement tirer cette sonnette dans la dernière LEM.

                                                  François-Marie Michaut

_________________

Notes :

(1) Huseman Friedrich (1887-1959), Walt Otto (1921-2003), La médecine à l’image de l’homme, 3 tomes Triades.
Citation de Dominique Aubier, La lecture des symboles, MLL 2021, p. 44 


(2) Prendre en compte les remarquables théories de David Bohm, physicien, sur la notion d’ordre impliqué et de Ruppert Sheldrake, biologiste, sur les champs morphogénétiques.



   

 

Os court :
« Un certain désordre favorise la synthèse » 


Michel Serres

 

  Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1233 25 juillet 2021  

21 juillet 2021

Contagiosité n’est pas virulence (Exmed)


    Comprendre le sens des mots est indispensable en ce moment. Confusion en matière virale. Contagieux veut dire qui se propage facilement d’un vivant à un autre. Exemple tous les virus du rhume ( rhinovirus sans gravité) . Virulent veut dire violent et facilement mortel, comme le demeure celui de l’Ebola. Faire peur aux foules en mélangeant les deux est-il humainement admissible, même au nom de la nébuleuse santé publique ?

    Quant à la mutatitivité des virus, elle fait partie intégrante de leur capacité d’adaptation, de leur mode d’exister. En faire une complication montre que ce mécanisme n’est pas compris, une lettre grecque ne change rien à l’affaire.


François-Marie Michaut

 21 juillet 2021

19 juillet 2021

BIOSPHERE (LEM 1232)



Bio ou pas bio ? Là n’est pas la question,
N’en déplaise à Hamlet (qui mangeait du poisson).
Shakespeare était-il anti écologiste ?
Car même Roméo était loin d’un gauchiste...    

La truffe et le caviar nous semblent-ils meilleurs,
Si on les garantit bio chez le vendeur ?
Car si la boîte est verte, avec de jolies fleurs,
Alors elle promet d’ineffables saveurs.    

Pour l’environnement le bio fait miracle
Et ses grands partisans assènent leurs oracles :
Tout en synthétisant les antioxydants
De bons polyphénols, il nous met sous la dent.

Champignons pathogènes, insectes ravageurs,
Pucerons, charançons, les suceurs, les piqueurs
Tous sont mis en échecs dès qu’on plante bio ;
Il protège les sols de la plupart des maux.

Abeilles et perdraux, cigales ou crapauds
Chacun à leur manière nous chantent le bio.                               Dentifrices aussi, crèmes, onguents divers,
Et même les savons, tous exigent du vert.

C ‘est une frénésie ! La course au bon label
Fait courir tout le monde et la pub le martèle.
« AB », quel beau logo ! Merveille des merveilles !
C’est plus cher, mais c’est mieux puisque c’est ça qu’on paye !

Autrefois nos anciens, dévots ou pas dévots,
Priaient les saints patrons pour adoucir leurs maux :
Saint Antoine ou Thomas, saint Michel ou Bruno...
Aujourd’hui, c’est fini : on prie Saint Bio !

                            Jacques Grieu
   

 

Os court :
« L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine, la haine conduit à la violence... voilà l’équation. » 

      Averroès (Ibn Rachd , médecin Cordoue 1126-1198)

 Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1232 18 juillet 2021   


               

             
                        

        
        

11 juillet 2021

Et maintenant ? (LEM 1231)

       

   Peu à peu, ce qu’à pu cacher, mieux qu’avec un masque, l’aventure collective de l’épisode covidien pénètre les esprits les plus alertes. Tout, absolument tout, sur fond dramatique de détérioration écologique irréversible de la planète, est remis en question.
Continuer à croire que la seule solution raisonnable pour l’avenir est de recommencer comme avant, et avec encore plus d’intensité témoigne d’une robuste naïveté.

    La médecine a pu être grisée un moment par les acclamations populaires initiales. Nos sauveurs, pensez-donc ces bons sauveteurs, faut leur passer la main dans le dos. De quoi dynamiser les tentatives médicales de vouloir prendre la main sur toutes nos décisions au nom d’une compétence professionnelle qui a largement fait pschitt devant les fantaisies comportementales d’un minuscule virus. Sous la bannière prestigieuse de la science et des techniques, son prestige s’est effondré. Son monolithisme quasi religieux a explosé, notre foi est en berne. Telle est la situation que nous vivons, nous ne savons plus à quel saint nous vouer, notre ciel est désert.

    Chaque jour qui passe montre qu’aucune proposition de vivre autrement notre existence d’humain en court sursis de disparition en quelques dizaines d’années ne surgit d’aucun pays. Rien, absolument rien ne vient «d’en haut». Inutile de se taper la tête sur les murs. Il reste une seule issue, aussi irréaliste peut-elle sembler aux yeux des plus rationnels d’entre nous. Du moins, ceux qui sont indiscutablement persuadés de l’être.
 Que chacun, dans sa petite ou grande sphère personnelle, utilise au  mieux son intelligence pour agir afin que nous ne retombions pas dans les mêmes erreurs qui nous ont conduits à 2021. La science, toutes les sciences, mérite notre respect. Si nous en comprenons les limites, c’est à dire les méthodes d’investigation et les cloisonnements, la transdisciplinarité unificatrice se révélant impossible, nous n’en attendons plus de miracles de compréhension globale de la réalité.
   Peut-on proposer de veiller particulièrement à un état d’esprit dont nous sommes si friands dans bien des domaines ? Je veux parler, comme beaucoup de gens qui tentent de comprendre la balle que nous nous tirons dans le pied depuis si longtemps, de l’obsession de l’uniformisation. Parce que le vivant, animal, végétal, minéral est tout sauf uniforme.  Exception faite des armées, et encore pas toujours, rien ne marche au pas.

  

                                    
 François-Marie Michaut

Os court :
«   La force de vie sacrée, invisible et puissante, contient la mémoire du passé et la vision du futur. Elle permet à la création de se manifester dans la matière ici et maintenant. » 

      Proverbe africain


 

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1231 11 juillet 2021   


                
             
                            
 

Miroir déformant (Exmed)

 Selon Bruno Patino, auteur de « Tempête dans le bocal = la nouvelle civilisation du poisson rouge » , les réseaux sociaux ne sont qu’un mi...