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01 août 2021

CLOUDAGE (LEM 1234)

           
À mon âge avancé qu’on me dit canonique,
La clique des PC, des MAC, l’informatique,
Entre bug et coupure et cent disparitions,
Hante mes courtes nuits de sombres obsessions.
Mais une solution, soudain venue du ciel,
Est venue remédier à ma peur continuelle.

Plus d’arnaques et d’hackers, destructions et oublis,
Le miracle est bien là, le « cloud » change ma vie.
Même si je ne sais où se trouve son nid,
Il calme mes angoisses et rassure mes nuits.
Garage de mes œuvres, tanière à poésie,
Bien au chaud, tout là-haut, il sauve mes écrits.

Une adresse égarée ? Rendez-vous oublié ?
Vos photos disparues ? Un texte incomplet ?
Une panne, une erreur ? Ne soyez plus anxieux :
Le cloud, toujours le cloud, est là, sûr et sérieux.
Il faut « clouder », vous dis-je ! Cloudons les yeux fermés !
Quand tout sera « cloudé », nous serons tous sauvés !

C’est un « nuage », dit-on, très haut en altitude,
Veillant sur notre « ouaibe » en toute quiètude.
Serait-ce un cumulus, un sirius, un stratus ?
Toutes les météos là-dessus font… chorus
Pour garder le silence et mieux cacher l’objet.
Même les astronomes ignorent le sujet !

Ce mutisme est bizarre et pourrait sembler louche
A de mauvais esprits faisant la fine bouche.
Si chacun, comme moi, y stocke autant de choses,
Le cloud doit être un monstre, un réservoir grandiose !
S’il demeure invisible, est-il près de la lune ?
Avec des hommes verts du côté de Neptune ?

Je n’ai donc plus besoin de mes clefs USB
Que j’égare partout ou que je fais tomber.
Ainsi le « cloudement » est bien LA solution,
L’habile panacée, la géniale invention.
Il faut savoir clouder, clouder avec ardeur :
C’est en cloudant sans fin qu’on devient bon cloudeur.

Le cloudage est donc bien des octets le gardien,
Et c’est dans ce nuage où dormiront les miens.
Tous les réseaux sociaux n’ont qu’à bien se tenir,
Et de leurs fakenews ne pourront plus sévir.
Cloudons, cloudons ensemble et cloudons vers les cieux ;
C’est en cloudant, nous tous, que le monde ira mieux !

                                 Jacques Grieu
    
   

 

Os court :
« À la saint Cloud, la lampe au clou. »
Dicton


 Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1234  1er août 2021   


                
                               

25 juillet 2021

Synthèse plus que jamais (LEM 1233)



        
    Cela nous arrangerait bien, cette croyance que la médecine bien ancrée dans la connaissance scientifique et les exploits technologiques est capable de tout voir, tout comprendre et tout prévoir de nos ennuis de santé. Comme des enfants sans parents, nous errons, tentés par les chants des prometteurs de miracles, ou de tomber dans la nasse de ceux qui ne veulent plus rien croire à rien.

   La pensée médicale, comme celle qui fut attribuée à Hippocrate et Aristote pendant des siècles, n’existe plus. Nous sommes devenus des caisses d’enregistrement de tout ce que nos technosciences peuvent capter dans leurs filets habilement dirigés par la toute puissante industrie chimique et ses associés économiques.

    Tant pis pour la répétition dans ces lignes personnelles, mais c’est indispensable. Le comment les choses se font, finalement ce que raconte la précieuse clinique des médecins, prend toute la place de notre travail mental. En extrapoler, par un résultat purement linéaire (A + B donne toujours C) ce qui va se passer demain en est le piège redoutable. La saga du Covid 19 signe la fragilité consternante de nos modèles mathématiques. Ces algorithmes dont se gavent nos technologies envahissantes.

   Le pourquoi les choses se font, ou non, d’une certaine manière et pas autrement, fait, depuis longtemps partie des interrogations des médecins. Cette chasse au pourquoi, nous ne la trouvons ni dans la philosophie, ni dans les sciences humaines. Des médecins s’y sont attelés, sans grand écho à ce jour (1).

     La synthèse des connaissances, scientifiques ou non, en évitant les puérils jeu de pouvoir et a priori idéologiques est le grand défi de notre avenir (2). Pour les médecins, comme pour tous ceux qui ont pour mission d’aider les autres à vivre le mieux possible.

    Si Covid19 parvient à nous aider à oser cet effort, il faudra alors lui en être reconnaissants. Paradoxal, non ? Mais question de vie ou de mort en quelques années pour toute notre biosphère. Notre poète Jacques Grieu a su habilement tirer cette sonnette dans la dernière LEM.

                                                  François-Marie Michaut

_________________

Notes :

(1) Huseman Friedrich (1887-1959), Walt Otto (1921-2003), La médecine à l’image de l’homme, 3 tomes Triades.
Citation de Dominique Aubier, La lecture des symboles, MLL 2021, p. 44 


(2) Prendre en compte les remarquables théories de David Bohm, physicien, sur la notion d’ordre impliqué et de Ruppert Sheldrake, biologiste, sur les champs morphogénétiques.



   

 

Os court :
« Un certain désordre favorise la synthèse » 


Michel Serres

 

  Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1233 25 juillet 2021  

21 juillet 2021

Contagiosité n’est pas virulence (Exmed)


    Comprendre le sens des mots est indispensable en ce moment. Confusion en matière virale. Contagieux veut dire qui se propage facilement d’un vivant à un autre. Exemple tous les virus du rhume ( rhinovirus sans gravité) . Virulent veut dire violent et facilement mortel, comme le demeure celui de l’Ebola. Faire peur aux foules en mélangeant les deux est-il humainement admissible, même au nom de la nébuleuse santé publique ?

    Quant à la mutatitivité des virus, elle fait partie intégrante de leur capacité d’adaptation, de leur mode d’exister. En faire une complication montre que ce mécanisme n’est pas compris, une lettre grecque ne change rien à l’affaire.


François-Marie Michaut

 21 juillet 2021

19 juillet 2021

BIOSPHERE (LEM 1232)



Bio ou pas bio ? Là n’est pas la question,
N’en déplaise à Hamlet (qui mangeait du poisson).
Shakespeare était-il anti écologiste ?
Car même Roméo était loin d’un gauchiste...    

La truffe et le caviar nous semblent-ils meilleurs,
Si on les garantit bio chez le vendeur ?
Car si la boîte est verte, avec de jolies fleurs,
Alors elle promet d’ineffables saveurs.    

Pour l’environnement le bio fait miracle
Et ses grands partisans assènent leurs oracles :
Tout en synthétisant les antioxydants
De bons polyphénols, il nous met sous la dent.

Champignons pathogènes, insectes ravageurs,
Pucerons, charançons, les suceurs, les piqueurs
Tous sont mis en échecs dès qu’on plante bio ;
Il protège les sols de la plupart des maux.

Abeilles et perdraux, cigales ou crapauds
Chacun à leur manière nous chantent le bio.                               Dentifrices aussi, crèmes, onguents divers,
Et même les savons, tous exigent du vert.

C ‘est une frénésie ! La course au bon label
Fait courir tout le monde et la pub le martèle.
« AB », quel beau logo ! Merveille des merveilles !
C’est plus cher, mais c’est mieux puisque c’est ça qu’on paye !

Autrefois nos anciens, dévots ou pas dévots,
Priaient les saints patrons pour adoucir leurs maux :
Saint Antoine ou Thomas, saint Michel ou Bruno...
Aujourd’hui, c’est fini : on prie Saint Bio !

                            Jacques Grieu
   

 

Os court :
« L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine, la haine conduit à la violence... voilà l’équation. » 

      Averroès (Ibn Rachd , médecin Cordoue 1126-1198)

 Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1232 18 juillet 2021   


               

             
                        

        
        

11 juillet 2021

Et maintenant ? (LEM 1231)

       

   Peu à peu, ce qu’à pu cacher, mieux qu’avec un masque, l’aventure collective de l’épisode covidien pénètre les esprits les plus alertes. Tout, absolument tout, sur fond dramatique de détérioration écologique irréversible de la planète, est remis en question.
Continuer à croire que la seule solution raisonnable pour l’avenir est de recommencer comme avant, et avec encore plus d’intensité témoigne d’une robuste naïveté.

    La médecine a pu être grisée un moment par les acclamations populaires initiales. Nos sauveurs, pensez-donc ces bons sauveteurs, faut leur passer la main dans le dos. De quoi dynamiser les tentatives médicales de vouloir prendre la main sur toutes nos décisions au nom d’une compétence professionnelle qui a largement fait pschitt devant les fantaisies comportementales d’un minuscule virus. Sous la bannière prestigieuse de la science et des techniques, son prestige s’est effondré. Son monolithisme quasi religieux a explosé, notre foi est en berne. Telle est la situation que nous vivons, nous ne savons plus à quel saint nous vouer, notre ciel est désert.

    Chaque jour qui passe montre qu’aucune proposition de vivre autrement notre existence d’humain en court sursis de disparition en quelques dizaines d’années ne surgit d’aucun pays. Rien, absolument rien ne vient «d’en haut». Inutile de se taper la tête sur les murs. Il reste une seule issue, aussi irréaliste peut-elle sembler aux yeux des plus rationnels d’entre nous. Du moins, ceux qui sont indiscutablement persuadés de l’être.
 Que chacun, dans sa petite ou grande sphère personnelle, utilise au  mieux son intelligence pour agir afin que nous ne retombions pas dans les mêmes erreurs qui nous ont conduits à 2021. La science, toutes les sciences, mérite notre respect. Si nous en comprenons les limites, c’est à dire les méthodes d’investigation et les cloisonnements, la transdisciplinarité unificatrice se révélant impossible, nous n’en attendons plus de miracles de compréhension globale de la réalité.
   Peut-on proposer de veiller particulièrement à un état d’esprit dont nous sommes si friands dans bien des domaines ? Je veux parler, comme beaucoup de gens qui tentent de comprendre la balle que nous nous tirons dans le pied depuis si longtemps, de l’obsession de l’uniformisation. Parce que le vivant, animal, végétal, minéral est tout sauf uniforme.  Exception faite des armées, et encore pas toujours, rien ne marche au pas.

  

                                    
 François-Marie Michaut

Os court :
«   La force de vie sacrée, invisible et puissante, contient la mémoire du passé et la vision du futur. Elle permet à la création de se manifester dans la matière ici et maintenant. » 

      Proverbe africain


 

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1231 11 juillet 2021   


                
             
                            
 

08 juillet 2021

Au nom du non-libre-arbitre (Exmed)

     La résistance de nombreux soignants à la vaccination anti-covidienne est un fait. Insoluble dans les exercices de manipulation des dirigeants, disparaitra-t-elle magiquement avec une loi du Parlement ? Amende, interdiction d’exercer, peine de prison, jusqu’où irons-nous dans ce mélodrame de mauvaise facture ? La délation par l’assurance maladie auprès des médecins des non encore vaccinés, quelle atteinte aux droits de l’homme !


   Et si, in fine, les risques de toute nature de la vaccination se révélaient dans le futur plus importants et invalidants que ceux de la maladie à éviter ? Ceux qui ont pris dans la précipitation les décisions ne seront probablement plus là pour en répondre.


François-Marie Michaut

 Site Exmed

04 juillet 2021

POINTAGES VERS POINTUS
 (LEM 1230)

     
Le « point » est fort courant dans la langue française,
Mais on a « point » et « point » à plusieurs hypothèses ;
Le point de vue du sage est une vérité.
« Point de vue » peut nous dire : atteint de cécité !
Un joli point de vue est un panorama
Qui nous montre à quel… point on se réfère là.
 
Si le coureur à pied a des « points de côté »
Il n’est pas pour autant exclu de l’arrivée !
Si les points cardinaux sont d’usage courant
Ils sont points de repère et donc points importants.
A tel point que celui qui a perdu le nord
Est souvent « mal en point » et en danger, alors.

Quand le chef  « cuit à point » son rôti dans le four
Il ne s’agit point là d’un « point de non retour ».
Du point A au point B, le plus court des chemins,
N’est autre que la droite et c’est ce qu’on retient.
Le « point d’orgue » n’est point toujours un « point final »
Mais plutôt le summum, l’envolée principale.

On aime au plus haut point nous parler du « point G »
Ou du « point de Lagrange » ou du « point de rosée »
Qui n’ont point empêché quiconque de dormir.
On trouve un point d’appui où on veut le fournir...
Si le « point d’Alençon » méritait un bon point,
Il n’est plus à la mode et nous paraît fort loin.  

Points d’interrogation ou points d’exclamation,
« Faire le coup de poing » n’était pas ma mission.
De cette mise au point je n’ai pu m’empêcher ;
Juste « faire le point » était dans mon idée.
Pourtant des point-virgules, on dit « pas trop n’en faut ».
Alors, un point final ne sera pas de trop.

                         Jacques Grieu






 

Os court :
«  Un beau livre, c’est celui qui sème à foison les points d’interrogation. »

      Jean Cocteau


 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1230 4 juillet 2021   


                  Jacques Grieu

27 juin 2021

Lettre à Marie Ahyerre
 (LEM 1229)

  


    Nos itinéraires, très inégaux en durée, ne se sont jamais croisés. Vous avez 23 ans, vous étudiez à Bordeaux et vous avez obtenu la plus forte note au concours national de l’internat. Superbes capacités cognitives jointes à une remarquable maturité.
    Ce que je trouve le plus époustouflant est l’affirmation tranquille de votre choix de la médecine générale pour trouver votre voie dans l’usine à gaz des disciplines médicales. Pour vous, c’est clair et net : vous voulez être généraliste, pas dermato, ophtalmo, chirurgien esthétique ou radiologue comme vos prédécesseurs. Vous le déclarez sans détour aux journalistes qui, visiblement, ne le comprennent pas.

   Vous êtes bien placée pour constater que la médecine générale est considérée par l’immense majorité des porte-drapeaux des médecines hautement spécialisées comme de qualité intrinsèque inférieure (1). Les médecins de famille ? Juste bons à s’occuper de pathologies bénignes, pour ne pas dire spontanément guérissables.
    Votre choix témoigne de votre liberté d’esprit : la vraie médecine n’est pas celle, très cloisonnée, des seuls organes à la recherche des pathologies les plus graves. Elle est, à l’image des vivants, celle de la durée. Ensemble pour le meilleur comme pour le pire selon les accidents comme les joies de la vie.

    Vous êtes jeune. Nos experts (2) prévoient que tout risque fort d’être bousculé dans nos manières de vivre dans 30 ans. Vous aurez alors 53 ans, le temps de la pleine maturité professionnelle, et vous aurez à prendre soin, là où vous serez, de cette humanité atteinte dans sa capacité de demeurer en vie.
Que vaudront alors les fleurons technoscientifiques de nos hyperspécialistes ?
La vie, celle que nous nous sommes acharnés depuis si longtemps à construire, qui pourra l’aider à ne pas disparaitre par incapacité d’adaptation ?
    
   Vous voyez, et je n’ai aucun titre pour vous donner le moindre conseil, votre responsabilité est considérable. Vous méritez amplement le plus grand respect pour oser prendre à bras le corps ce qui vous parait de la plus haute qualité en résistant aux sirènes de l’immédiat et du clinquant.

         Alors, si vous me le permettez, belle vie à vous et restez qui vous êtes, quoi qu’il advienne sur votre chemin de vie.

                                                 François-Marie Michaut

_________________

Notes:

(1) On peut dater le début de cet ostracisme, inconnu de nombreux pays comparables, à la réforme Debré de 1958 qui créa les Centres Hospitaliers Universitaires.


(2) JIM du 24 juin 2021 : lien 


 

 
«   Il y a des médecins qui vous sauvent - et il y en a qui vous guérissent.»

      Sacha Guitry

 

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1229 27 juin 2021   
 

23 juin 2021

Militantisme si peu scientifique (Exmed)



   Les médecins n’ont jamais cessé de débattre entre eux pour remplir leur mission au mieux au fil des époques. Alors quand des médecins, au nom de la science et de la santé, se comportent comme des militants, le mélange des genres devient extrêmement dangereux pour le public et... les professionnels qui cherchent librement. Sommes-nous contaminés par la technique marchande des influenceurs dans la prévention des maladies ?
     Voici, en italiques,  le message d’une consoeur amie qui mérite d’attirer toutes les attentions :

 Je ne sais pas si tu as vu cela, mais peut-être cela pourrait intéresser les médecins blogueurs.
  Si nous ne réagissons pas les sites de santé seront passés au peigne fin pour être censurés.
  Tout est expliqué ici : http://mypebs-en-question.fr/actus/infox.php
et ici : https://cancer-rose.fr/2021/06/22/linca-de-mauvaises-surprises-en-mauvaises-surprises/

C'est un scandale, il faut qu'on se réveille avant d'être muselés !

Texte en anglais aussi : http://mypebs-en-question.fr/actus/infox_en.php



François-Marie Michaut


Site Exmed 23 juin 2021

20 juin 2021

J’veux pas le savoir
 (LEM 1228)


    Au temps révolu  du service militaire obligatoire, tout le monde ne vivait pas cette phase de vie comme une partie de plaisir. Devenir homme de troupe supposait une formation assurée classiquement par un adjudant instructeur, grade ultime des sous-officiers d’active.
« La discipline faisant la force principale des armées, il importe que tout supérieur obtienne de ses subordonnés une obéissance entière et une soumission de tous les instants» dit l’article 1er du règlement de discipline des armées entre 1933 et 1966.

     Tout questionnement, empreint ou non de malice de la part des bleus, sur la faisabilité d’une injonction attirait un je-veux-pas-le-savoir de la part du gradé. La hiérarchisation galopante de tous nos rouages d’organisation a horreur des gens qui posent des questions (1). À un degré de plus, montrer qu’on ose répondre est une attitude risquée. Le silence rituel des classes d’école devant les professeurs en France surprend beaucoup les jeunes d’autres pays. Le confinement, retour à l’actualité, des attitudes mentales ou psychologiques laisse une trace profonde. Un silence des expressions comme si les masques avaient le pouvoir de bâillonner nos capacités de penser et de communiquer aux autres notre pensée quand elle ne peut pas s’appuyer sur un groupe de pression protecteur.

    Risque d’hypotrophie de notre dimension humaine déjà durement éprouvée depuis des années par la dictature technoscientifique (2) ?
L’hypothèse ne peut être écartée d’un haussement d’épaules. Quand les grandes idéologies s’effondrent devant les modes de vie qu’elles génèrent, comprendre enfin pourquoi et comment la réalité qu’elles fabriquent les met en échec devient une urgence vitale.
   Une urgence qui tourne le dos à notre volonté si confortable de ne pas vouloir savoir. L’urgence de connaitre ce que, justement, nous ne connaissons pas encore avec nos outils intellectuels de 2021, les produits à tout faire du numérique avec leurs solutions simplificatrices, les fameuses applis en tête.

                                               François-Marie Michaut

Notes:


(1) Toute question susceptible de perturber les rouages d’un pouvoir reconnu vous fait souvent taxer durablement, ou définitivement,  de «mauvais esprit», donc dépourvu de sérieux.



(2) Odile Marcel, Technoscience et thérapie, Site Exmed,
lien https://www.exmed.org/odmar.html



Os court :
«   La culture, ce n’est pas ce qu’il reste quand on a tout oublié, mais, au contraire, ce qui reste à connaître quand on ne vous a rien enseigné.»

 Jean Vilar (1912-1972, créateur du festival d’Avignon)

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1228 20 juin 2021   


                                
                       
                                       
 

16 juin 2021


Les démasqués (Exmed)


    Que sommes nous devenus dans l’espace public sans nos masques imposés ? Avons-nous, les uns et les autres, changé durant l’épreuve prolongée du confinement ? Allons-nous même nous reconnaître face aux autres comme «avant» ?        


     Observateurs, à vos postes, nous avons certainement tellement à apprendre de ce temps nouveau  qui ne peut plus, quoi que nous fassions, être «comme avant».

François-Marie Michaut

  Exmed 16 juin 2021

13 juin 2021

BUT en BLANC
 ABUS (LEM 1227)

  


Des revendicateurs, ce n’est pas la devise.        
Au but, on a tous droit, quoi que certains nous disent.
Souvent les tirs au but ne sont pas tapés droits :
Ils manquent là leur but et on ne sait pourquoi.
Peindre le but en blanc n’aide pas à marquer,
Et s’il est tout en vers, le score est étriqué.
Pour atteindre le but, aller droit n’est pas tout ;
Il faut le dépasser, c’est le meilleur atout.

Avoir un but qui plaît abrège nos attentes.
Il devient point de mire et nous montre la pente.
Avoir la vie facile est un but difficile,
Mais n’avoir pas de but est cent fois plus futile.
Quand on n’a pas de but, sans boussole on navigue ;
La vie devient un jeu dont le bout nous intrigue.
    On bourlingue au hasard et toute honte bue,
Quand on arrive au but, juste on a survécu.    

Vivre serait le but ? Le début ? Le rebut ?        
Bonheur est récompense et non l’unique but !
Le but de notre vie est-il le ciel sur terre ?
Notre modernité entonne bien cet air.
    « Société » n’est qu’un jeu où chacun suit son but,
Un but jamais atteint mais qui laisse fourbu …
Celui qui touche au but, alors, il arrive où ?
La mort n’est pas le but, mais elle est bien le bout …

                    Jacques Grieu
  

Os court :
«  Ce n’est pas le but  qui est intéressant, ce sont les moyens pour y parvenir.»

 Georges Braque


 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1227 13 juin 2021   
 

07 juin 2021

Mots qui puent, mots qui tuent (LEM 1226)


   L’invention de l’imprimerie a été un des moteurs de la Renaissance en Europe. Les textes enfin sortis de la seule tradition orale ou des copies confidentielles pour les rares favorisés. Le seul animal doté de la capacité de langage articulé par sa physiologie fait ainsi un remarquable pied de nez au temps comme à l’espace.
   Enfin vint le réseau des réseaux avec sa toile numérique planétaire. Tout manipulateur de clavier dispose virtuellement d’une tribune d’expression sans limite. Plus besoin d’auteur patenté, plus besoin d’éditeur, plus besoin d’imprimeur, plus besoin de libraire.

Que faisons-nous de cet outil technique incapable d’oublier son contenu après quelques années d’utilisation intensive ? Un moyen d’ouvrir les esprits vers des connaissances jusquelà inaccessibles ? les pionniers en ont révé de ce «village planétaire» ( Marshal Mac Luhan, 1967).
Le libre-service des mots, fouété par l’illusion de la protection de l’anonymat a conduit, sous la protection très intéressée des réseaux sociaux, à l’explosion des mots utilisés comme des armes pour dominer les autres. Entendons ceux qui pensent autrement que soi, les pas comme nous, les gens vraiment bien. Rumeurs de stade, la machine collective catalysant le mimétisme cher à René Girard ( Des choses cachées depuis la fondation du monde, 1978) ne cesse de s’emballer. Odeur nauséabonde pour toute pensée refusant les attitudes simplistes des extrémisme de tout calibre. S’il ne s’agissait que de l’agacement olfactif de quelques sujets plus sensibles que les autres, cela n’aurait guère d’importance.
Mais, hélas, le passage à l’acte de cette violence des mots, des insultes et des menaces nous saute à la figure. Les anciens savaient bien que deux armées face à face ne pouvaient s’étriper qu’après s’être copieusement injuriés ( L’Iliade ). Ailleurs, tambours, peinture et danses de guerre étaient indispensables pour galvaniser les guerriers. Le passage de l’expression symbolique violente à la réalité de donner la mort à celui d’en face, connu ou inconnu, est trop familière à notre histoire pour qu’il puisse être nié.
Comment ne pas s’interroger quand une chaine publique de télévision propose sans hésiter à ses spectateurs leur «soirée meurtre». Comme un anodin divertissement ?
   Ceux qui soignent des malades savent l’importance des mots qui sont échangés. Ils peuvent soigner, ils peuvent soulager, ils peuvent  aussi contribuer à guérir, les mots et les gestes. Mais il peuvent aussi, hélas quand on n’y prête pas assez attention, conduire au désespoir et à la mort.
   Personne n’a le droit, sous quelque prétexte, toujours mauvais que ce soit, dire n’importe quoi à n’importe qui n’importe quand, n’importe où, n’importe comment . L’utilisation de termes techniques et scientifiques ne peut constituer aucune aseptie des messages. Les recettes dites de communication, concept très au gout du jour, ne sont que des leurres de manipulation des esprits.
  Tout humain est redevable vis à vis de la collectivité dont il est membre des mots qu’il utilise. Parce que chacun de ses mots construit une part de la réalité humaine que nous partageons dans leurs conséquences pour le pire, comme pour... le meilleur.

                                                   François-Marie Michaut
   
Os court :
«  Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté. »

 Confucius


 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1226  7 juin 2021   


               
                       
                                         

31 mai 2021

Le bébé de l’eau du bain (LEM 1225)




   Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain nous enjoint cette expression d’origine germanique médiévale. C’est l’image qui m’est apparue en prenant connaissance de la lecture de la réalité actuelle de notre situation faite par Emmanuel Macron dans le Zadig n°10 (1).

   Trouver un lien systémique crédible reliant nos difficultés nationales et celles de la planète entière dans la complexité de leurs interdépendances est une façon rafraichissante de sortir enfin des segmentations où sont enfermés tous les savoirs et leurs intarissables experts. Le sanitaire, le social, le politique, l’économique, l’écologique, le scientifique, le culturel et le psychologique (liste non exhaustive) embarqués sur un seul et indivisible bateau, celui du réel : le constat doit en effet être clairement formulé.
   Notre président, osant un instant prendre un peu de hauteur, au risque de se faire traiter de rêveur (2), nous fait une proposition. Les temps anciens dont la période covidienne agit comme un redoutable destructeur en chaine vivent leurs derniers moments. Le revivre comme avant est une illusion infantile, cet âge où tout est réversible, même sa majesté la mort.  Comme n’importe quel cycle dans le monde du vivant, comme ne cessent de nous l’enseigner dans toutes les disciplines les connaissances scientifiques, il y a naissance, développement et transformation pour donner vie à de nouveaux cycles.

    Nous serions en train de vivre un bouleversement majeur de notre civilisation comme en a connu l’Occident à la fin du Moyen-Âge très chrétien. La Renaissance vint, entre le 14ème et le 16ème siècle, nous donner une poussée civilisationnelle novatrice qui n’est pas encore éteinte. Monsieur Macron nous invite à une nouvelle Renaissance. Belle aventure en ligne de mire en vérité.
Hélas, le travail à mettre en oeuvre est gigantesque : il ne suffit pas de mettre un trait de crayon sur une culture jugée dépassée pour avoir la certitude de pouvoir faire autre chose « en mieux».

    Depuis nos origines, au moins le paléolithique nous disent les sciences, notre espèce n’a cessé d’évoluer en étant au contact direct avec un bon nombre de bains, les uns prenant la place des autres devenus obsolètes. L’hypothèse (3) que je propose au lecteur, c’est qu’en vidant ces différents bains - nous ne pouvions faire autrement- nous ayons jeté un indispensable ferment. Celui capable de développer une véritable humanité et non l’espèce animale la plus prédatrice et destructrice sans limite à laquelle un petit virus animal a l’incroyable mérite d’ouvrir les yeux sur ce qu’elle est devenue : une entreprise suicidaire.
   Alors, oui, et toutes nos connaissances, les authentiquement scientifiques comme les autres, ni plus, ni moins, nous y aideront. Il nous fait désormais filtrer sans a priori tous nos bains culturels pour y retrouver, ou trouver, tous ces bébés qui ont été jetés dans les poubelles de l’oubli et n’ont donc jamais pu faire souche.

Peut-être faudrait-il auparavant ne pas croire de façon aveugle aux sirènes des doctrines transhumanistes qui sont déjà du passé, de «l’avant» la fin du cycle trépassé.

                                          François-Marie Michaut

Notes :

(1)Lien  https://www.zadiglemag.fr/emmanuel-macron/



(2) Avez-vous remarqué que l’accusation - s’en est une pour les esprits utilitaires- est toujours associée à celle de douceur ?



(3) Une hypothèse n’est pas un acte de foi, une sorte de certitude ou de mystérieuse clairvoyance, elle est une simple proposition. Comme un et si ? dans une conversation amicale.

Os court :
« La vie n’a de valeur que si elle est un feu sans cesse renaissant. »

 Pierre Valéry-Radot

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1225 31 mai 2021 



                        
                       
                                             

24 mai 2021

Humilité négligée (LEM 1224)

 
   Quel mot démodé pour notre modernité pétaradante que celui d’humilité ! Et s’ il est périodiquement invoqué, c’est pour camoufler stratégiquement une hypertrophie du moi. Le «en toute humilité» est un vilain faux-nez facile à repérer : celui de la fausse modestie. Au temps présent des communicateurs compulsifs et autres hommes-sandwich numériques que sont les «influenceurs» de toute facture, les ressorts actionnant les communications entre humains sont brouillés. Pour mieux nous manipuler, nous les toujours pressés, les adeptes du toujours plus, du moi d’abord.

   Les mots ne sont pas des briques interchangeables, chacun a sa propre force pour qui veut bien les regarder deux fois. C’est à dire les respecter dit le français.
Alors humilité, cette façon d’être et de se jauger soi-même, si rare et si dépréciée, qu’est-ce que c’est ? Une vertu, dirait un moraliste, réservée aux plus faibles d’entre nous parce qu’ils ne chercheraient pas à écraser les autres ? Les Béatitudes évangéliques, franchement, ne militent pas pour la gloire des humbles, assimilés aux enfants, aux malades ou aux fous.

  Paradoxalement, c’est à la préoccupation croissante de l’écologie, sur fond de catastrophes annoncées si nous ne changeons pas nos instruments d’action, qu’il faut se référer. Humilité, je le sais depuis peu, a un rapport direct avec l’humus, la mince couche de terre fertile indispensable à toute vie.
  L’humble est celui qui a une conscience aigüe et permanente de n’être qu’un maillon parmi tous les autres constituant notre terre mère. Ce qui lui rend impossible, sans être en contradiction avec lui-même, de faire n’importe quoi de sa vie, comme de celle de tous les vivants, sous prétexte de faire tout ce qu’on peut et sait faire. sans se soucier du pourquoi on le fait.
   La vieille histoire de Voltaire, qui ne fut pas un modèle d’humilité en son siècle, nous conseillant dans Candide de cultiver notre jardin retrouve soudain une  actualité non négligeable. Les inévitables retours de bâton des décisions prises en cette période covidienne vont être d’impitoyables révélateurs. Les dés sont jetés, la science fait son travail d’investigation, la réalité une fois connue parlera sans prendre de gants.

   Toute cette lecture systémique, j’en conviens volontiers, est bien sévère. Nous ne serions pas en France si une petite pirouette finale ne venait l’adoucir. Allons en Italie pour une expression familière réservée aux personnages qui veulent imposer aux autres leur importance : « rimuovere el tappo». Quelque chose comme enlever le bouchon ! Et, en prime pour la patience du lecteur, ne pas rater l’Os Court final signé de l’aigle de Meaux et emprunté à l’Ecclésiaste ce qui ne nous rajeunit pas.

                                                  François-Marie Michaut

Os court :
« Vanité des vanités et tout est vanité.»

  Jacques-Bénigne Bossuet (1670)


 

 Lettre d'Expression médicale

Sur le site Exmed LEM n° 1224   24 mai 2021 



                      
                       
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18 mai 2021

Mais quelle famille (Exmed)


  Et bien celle, issue du Proche-Orient, qui se réclame de son ancêtre commun Abraham, ou Ibrahim, pour celui qui donna vie d’abord à Ismaël avec sa servante Agar, puis  avec son épouse Sarah à un certain Jacob devenu Israel.
   Une querelle de droit d’ainesse, celui-là même que supprima la Révolution en France en 1791. L’affaire entre les demi-frères ennemis n’a pas trouvé de solution depuis quelques trois millénaires.

   Est-ce bien par les armes, comme en ce moment, que peuvent être entendus et compris de tous - y compris les belligérants- quel est exactement cet héritage tellement plus précieux que le sang et les larmes qu’il fait couler depuis si longtemps ?

François-Marie Michaut

 19 mai 2021


16 mai 2021

NON-LIEU (LEM 1223)


Ici n’est pas le lieu de prêcher la morale
Mais plutôt de jouer en citant les… annales.
Le poète est un peintre et «sent» au lieu de «voir» ;
Ainsi le ressenti tiendrait lieu de savoir ?

On tient toujours un peu de son lieu de naissance
Et ce lieu-là nous tient depuis la tendre enfance.
Mais son lieu de naissance, si on avait son choix,
Bien des villes seraient des déserts sous les toits !

Comme la pire action qui n’a jamais eu lieu
Mais qui cause souvent un choc calamiteux,
Les départs les plus tristes aux déchirants adieux,
N’ont pas pu avoir lieu mais restent désastreux.

Qu’est-ce qu’un «idéal» sinon un lieu commun
Qu’on ne trouve jamais, qu’on sait jamais atteint ?
Dès que le temps s’arrête, alors, il devient «lieu»
Et le lieu… idéal pour les rêves chanceux…

Le «jugement dernier» ? Il a lieu tous les jours,
Et ce n’est qu’en haut lieu qu’on en fera le tour !
C’est le juste-milieu qui devrait nous guider,
Restant à mille lieues des excès débridés.

L’habitude, souvent, tient lieu de conviction
Comme l’avis du vieux tient lieu de prédiction.
Entre ce qui a lieu et ce qui n’a pas lieu
Il n’existe parfois que largeur de cheveu…

                         Jacques Grieu


 
Os court :
«  Il ne faut pas médire des lieux communs, il faut des siècles pour en faire un. »

 PJ. Stahl, écrivain et éditeur renommé sous son nom de Jules Hetzel (1814-1886).


     Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1223 16 mai 2021 

13 mai 2021

Tout ce qui est excessif... (Exmed)


   Talleyrand nous a informés : « Tout ce qui est excessif est insignifiant». Forcer l’expression des idées qu’on veut faire passer au détriment de ce que disent les autres est une tentation forte sur Internet.
    Des lecteurs fidèles d’Exmed manifestent leur désaccord avec la publication ici du post « Armageddon viral ou folie collective» le 11 mai 2021, autant sur la forme que sur le fond.
   Ma responsabilité de publication des textes qui me sont envoyés est engagée. Que ceux qui ont été blessés par ce papier, en effet incompatible avec notre ligne éditoriale habituelle, veuillent bien accepter mes excuses.

François-Marie Michaut

11 mai 2021

Armagueddon viral ou folie collective ? (Exmed)



Il faudrait peut-être admettre le fait que le Covid épargne plus de 99,9% des populations, qu'il guérit ultramajoritairement sans traitement et que même les formes graves sont, pour la plupart, traitées avec succès par des traitements symptomatiques.

Il faudra donc à un moment nous dire d'où sort la psychose induite par cette épidémie, certes préoccupante mais qui n'est en rien un armagueddon viral ? Sauf si on finit par induire un échappement immunitaire mondial par des traitements mutagènes et une pression sélective en faveur de variants monstrueux...

Il y a eu en 2020 une SOUS MORTALITÉ de toutes les classes d'âges en dessous se 65 ans...donc, pas de quoi motiver les jeunes pour des mesures restrictives délétères !

   En fait on se borne à foutre la trouille à tout le monde sans prendre de VRAIES mesures de protection, qui n'ont de sens que si elles sont CIBLÉES et transitoires ( 1000 ème répétition de ma part))

    Des sujets qui ne risquent rien, et qui de plus sont asymptomatiques,  peuvent se taper la bise autant qu'ils veulent...sauf à démontrer par des TRAÇAGES EFFECTIFS, que certains en sont morts.

   En fait les précautions aveugles TUENT LES VRAIES PRÉCAUTIONS qu'on doit impérativement prendre avec rigueur envers les personnes  à risque de formes graves .

   Et oui, dans les faits,  plus de 99,9% de la population N'A RIEN A CIRER DU COVID.  Pour autant protège-t-on vraiment ceux pour lesquels il est un risque mortel depuis un an ? La réponse est clairement NON

   On balance des mesures globales aveugles inutiles et  toxiques suivies par une bande de gogols apeurés.

(Note de la Rédaction : à rapprocher d’un remarquable travail de vulgarisation critique effectué par Christian Drosten à Berlin. Lien )

J.F Huet
11 mai 2021

08 mai 2021

La connaissance (LEM 1222)



Quel beau mot que celui de connaissance ! Vivre à la vie, dit-il,  avec cette capacité spécifique que nous avons d’être dotés d’un cerveau qui parle ( Dominique Aubier). Bien sûr, il évoque en écho celui de renaissance avec le regain vital qui suit une sorte de mort partielle.
L’actualité si perturbante nous contraint à remettre nos pendules à l’heure du réel. Cette prestigieuse science dont nous attendions des directives capables de neutraliser ce fichu coronavirus a perdu sa domination absolue rassurante. Au risque de replonger les esprits dans la confusion la plus totale de ce qu’est la réalité.

   Un peu trop facile d’évoquer quelque conspirationnisme  ou des tentatives très politiques de récupération de la confiance des foules. Ce qui gène, ce sont les limites mêmes de la création de la connaissance scientifique. Sa méthode exige que toute son énergie soit consacrée à démonter de plus en plus finement les rouages du comment les choses se sont passées, et peut-être encore se passent. Voilà qui l’oblige à rester cantonnée au passé : elle ne peut parler qu’après avoir mené de longues, minutieuses et méthodiques recherches sur ce qui a déjà eu lieu.

   Impossibilité de réponse immédiate à ce qui nous arrive maintenant. La science a toujours besoin de temps, de preuves, de controverses pour se construire. Au temps du tout tout de suite et du risque zéro, la pilule passe mal. On veut des assurances, pas des doutes : la pensée scientifique ne mange pas de ce pain là. La science ne peut pas maitriser l’avenir.

   Finalement, il nous manque quelque chose pour comprendre le monde. Ce monde dont on traque partout, et avec grand succès, les mécanismes les plus intimes. Savoir comment ça marche est indispensable,  ce n’est pas sérieusement discutable.

   Mais, cela semble tellement oublié pour notre modernité arrogante : nous ne pouvons pas ignorer la question qui fâche le plus les pouvoirs. Pourquoi les choses et les êtres sont ce qu’ils sont et pas autrement ? Question infantile, direz-vous. C’est justement pour cette raison que nous ne pouvons plus l’éluder comme nous nous avons toujours réussi à le faire. Finalement, la culture, toutes les cultures, les arts comme les lettres de toutes les époques ne cessent de tourner autour de cette problématique essentielle.
   Prenons-les enfin au sérieux comme ils le méritent pour notre avenir à tous. Voyez-vous une autre issue à notre impasse planétaire actuelle ?

                                               François-Marie Michaut

 
Os court :
«     Le diable est dans les détails.  »
Freidrich Nietzsche


 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1222 9 mai 2021  



                     
                       
                                         

06 mai 2021

Malheureux carabins (Exmed)

  La réforme des processus de sélection universitaire des étudiants en matière de santé en France est un échec selon les intéressés eux-mêmes ( QDM, Léa Galanopoulo, 5 mai 2021). Année décevante, éprouvante, hasardeuse disent-ils unanimement.
Cherchez l’erreur de ce repoussoir à la fertile envie d’apprendre de nos jeunes quand on ne parle que de déserts médicaux et de disparition faute de renouvellement des praticiens indépendants des campagnes et des villes comme des médecins travaillant dans les hôpitaux. Notre vénéré confrère François Rabelais nous a vanté « le gay savoir» : nous n’avons décidément toujours rien compris en 2021. "Bonjour tristesse", aurait pu lucidement répliquer Françoise Sagan.

    La bureaucratomégalie galopante est-elle une maladie incurable de nos esprits gouvernants français ?

In memoriam : Ce jour, lendemain de la célébration médiatisée de la mort de Napoléon, le 6 mai 2021 est survenue en 2014 la mort de Dominique Aubier souvent évoquée sur Exmed. Hélas, la communauté scientifique conservatrice a toujours ignoré l'importance de son ouvrage fondateur sur la connaissance : La face cachée du Cerveau.

François-Marie Michaut

6 mai 2021

03 mai 2021

GÉNÉTIQUEMENT (LEM 1221)




                          GÉNÉTIQUEMENT
                       
                                              Jacques Grieu


« Quand on a de la gêne, on n’a pas de plaisir »
Affirment des jouisseurs pour excuser le pire.
Faudrait-il pour autant incriminer leurs gènes
Quand leur égo, ainsi s’impose et se déchaîne ?

Les gènes ont bon dos qui dicteraient nos actes
Laissant notre conscience innocente et intacte.
Orientant nos vertus, nos vices et addictions,
Boucs émissaires ils sont des mauvaises actions.

Le talent, à l’inverse est-il défaut des gènes,
Le don, un accident générant cette veine ?
Le poupon, dans ses gènes est déjà un champion
Qu’il pourra devenir si c’est son intention.

Des spermatozoïdes sont déjà des golfeurs  
Des nageurs, des sprinters ou bien de grands chercheurs !
On porte donc en soi les germes des succès
Comme ceux des échecs ou de nos lâchetés.

« Par les gènes, on transmet, » dit-on, « les religions » ?
On  a du mal à croire à cette filiation :
Les généalogistes ont souvent de beaux arbres
Mais trop souvent greffés pour rester dans le marbre.

Pas d’héritage en vue, en l’absence de gène !
Mais les deshérités en auront de la haine.
Peut-être même un jour seront-ils dans la gêne !
Il est parfois gênant de parler de sa peine…

Non, le « gêneur » n’est pas un vil procréateur,
Distributeur de gènes, d’ADN fournisseur !
Mais les « septuagêneurs » ou les « octogêneurs »
Pour bien danser en rond sont de grands empêcheurs…

L’aptitude au bonheur, dans les gènes est inscrite
Mais c’est notre cerveau qui fait sa réussite .
Il faut, a dit quelqu’un, « cultiver son jardin » :
La culture des gènes exige de grands soins…


Os court :
«     Créer, c’est toujours parler de l’enfance.  »


 Jean Genet



Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1221 3 mai 2021   

27 avril 2021

Vrai ou faux passeport (Exmed)



   Contrairement à ce que prétendent les esprits simples, rigides et totalitaires, un passeport vaccinal, ne serait au mieux qu'une présomption d'immunité, dont on ignore non seulement l'efficacité pour un sujet donné, mais aussi la durée... et jusqu'à preuve du contraire ce document ne serait, en aucun cas, une preuve de non contagiosité.
   Comme en atteste la prudence des autorités sanitaires en matière de levée des mesures de protections pour les sujets vaccinés.
Ce passeport sanitaire est une mesure faussement rassurante. En un mot : digne du père Ubu.
 Mais qui a lu, et digéré, le livre Ubu roi d’ Alfred Jary ?

J-F  Huet ( additif final de François-Marie Michaut )

 27 avril 2021

22 avril 2021

Vaccinodrome, vaccinodrame (Exmed)


   À défaut de rassemblement sportif faisant vibrer les foules, voici nos arènes transformées en tristes usines à vacciner. Images en boucle, débilitantes avec leurs acteurs déguisés n’ayant rien à dire.  Puisse cette organisation collective d’immunisation porter ses fruits espérés !

   Et ne pas se transformer en un drame de plus, un drame de trop : le vaccinodrame !

   En attendant, ne cessons pas de nous escrimer à communiquer en refusant l’autocensure galopante et contagieuse chez les non manipulateurs.

François-Marie Michaut

18 avril 2021

MATHÉMATIQUES E = MC2
 (LEM 1220)




On adore encenser ceux qu’on dit  forts en thème,
Mais ce sont les matheux que les entreprises aiment.
Assurance, industrie, bourse,  finance ou banque,
Chiffrent des statistiques à longueur de think-tank.
Toute l’astronomie, la fée informatique,
Les sciences naturelles et l’immense physique,
Même l’agriculture, entonnent le cantique :
Bio ou pas bio,  gloire aux mathématiques !
Confions l’exportation aux savants cosinus,
Qui savent mesurer ce qu’est l’hypoténuse.

Quoi de plus convaincant qu’un ferme théorème,
Qu’une belle intégrale expliquant nos problèmes ?
Quoi de plus éloquent qu’entendre l’hyperbole,
Qu’au discours politique joindre la parabole,
Qu’un graphique épousant la courbe du chômage,
Pour que des citoyens on contienne la rage ?
Les racines carrées ont de jolies rondeurs,
Quand la bosse des maths habite leurs auteurs !
Les savants logarithmes n’ont jamais leurs pareils,
Pour des grandes dépenses justifier l’appareil.

Loin du rêve idyllique, de la grande illusion,
Qui  se passe de mode à la moindre élection,
Leur rigueur nous rassure à chaque décision,
Et vient clore le bec à toute discussion.
La relativité, d’Einstein cette équation,
Nous fera j’en suis sûr, trouver les solutions.
Eux = aime sérieux, est formule magique,
Pour relativiser nos déficits chroniques.
Chassant les loteries, aux cent supputations,
Elle évite à chacun les trop dures questions.  


De la fiscalité les heurts sinusoïdes,
Font l’effet, aux experts, d’une épicycloïde.
Et si le contribuable la trouve « exponentielle »,
La hausse des impôts est pourtant bien réelle.
Les gracieux solides dits « de révolution »
Auraient-ils inspiré ceux de l’opposition ?
Car si l’économie tourne comme une ellipse,
Notre niveau de vie subira des éclipses !
Tout budget d’un pays, plongé dans le liquide,
Archimède l’a dit, de bas en haut se vide ...

La courbe de la dette est si asymptotique,
Que même l’infini reste moins fatidique !
Aux calculs népériens on fera donc confiance,
Et les subtils quantas viendront sauver la France.
Car les maths sont aussi  poésie de la science,
Instrument qui nous sert à prouver la croissance.
Un problème d’algèbre ? Un peu d’arithmétique ?
Mais ces deux là aussi sont des mathématiques !
Le grec ou le latin font hausser les épaules :
Pythagore ni Platon ne jouaient au football...

                                         Jacques Grieu

NDLR : Ce texte est une rediffusion volontaire d’une LEM de  février 2014 (N° 847) tant sa vision de nos façons de raisonner se montre depuis des années fortement prémonitoire de la confusion générale actuelle, tous pays confondus.
 

Os court :
«    Les mathématiques ne peuvent effacer aucun préjugé.  »

 Goethe

 

  Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1220
  19 avril 2021 



                       
                                          

Piqure de rappel (Exmed)

  Quels êtres étranges que ces poètes ! Ce poème de Jacques Grieu asticotant déjà en 2014 notre adoration béate devant tout ce qui a un habit mathématique, quelle actualité ! Le flou intellectuel pesant que nous impose dans notre vision l’invasion du Corona montre qu’il n’y a pas à pavoiser sur notre pouvoir humain. Bien des choses ont été dites et écrites, mais qui écoute ceux qui savent dire autre chose que les autres ? Le rappel est douloureux,  comme bien des vérités.
Jacques Grieu, LEM 1220, MATHÉMATIQUES E=MC2 ( deuxième publication sur Exmed).

François-Marie Michaut

19-21 avril 2021 

13 avril 2021

Dengue ?
 (LEM1219)



                                                                 
      Vous aurez peut-être noté dans les études faites, notamment par les laboratoires produisant les vaccins, le silence assourdissant concernant la période pourtant critique de 14 jour qui suit une vaccination.
   Hors durant cette période qui, au passage, justifie la deuxième injection, non seulement un bon nombre de gens peuvent contracter la maladie, mais sont susceptibles d'être atteints de formes plus graves en ayant développé des anticorps liants et non neutralisants.
La réaction inflammatoire étant aggravée par des anticorps facilitants .

    En vaccinant massivement y compris des gens qui n'ont pas besoin de l'être EN PLEINE ÉPIDÉMIE, c'est à dire en dehors de l'action préventive habituelle des vaccins, on expose une partie indéterminée, mais de plus en plus importante, aux phénomènes d'anticorps facilitants
                  UN VACCIN N'EST PAS UN TRAITEMENT ! ( Sauf pour la rage, ndlr)

Pour info :
EXTRAIT D'ARTICLE PARMI D'AUTRES

"Anticorps facilitants et pathogénèse du COVID 19

F. Negro et al. Is antibody-dependent enhancement playing a role in COVID-19 pathogenesis? Publication Date: 16.04.2020, Swiss Med Wkly. 2020;150:w20249

Réviseur : Pr Jean-François Balavoine


La pathogénèse du COVID 19 peut impliquer un mécanisme bien connu qui pourrait avoir des implications sur la maladie : celui des anticorps facilitants (ADE en anglais).

La pathogénèse de COVID-19 implique des mécanismes directement cytotoxiques et d’autres à médiation immunitaire. Un mécanisme supplémentaire peut jouer un rôle dans l’infection à COVID 19. L’entrée des virus et les dommages subséquents peut impliquer un mécanisme bien connu et que l'on appelle les anticorps facilitants (ADE en anglais). L'ADE est une cascade d'événements très connue dans plusieurs maladies virales (Dengue, Ebola ou VIH par exemple). Les virus voient leur pénétration dans les cellules hôtes facilitée par un mécanisme impliquant une interaction entre des anticorps non neutralisants (ou des composants du complément) et le virion. Les virions sont reconnus par les anticorps hétérotypiques d'une infection antérieure. Ces AC sont non neutralisants. Les complexes se lient ensuite au récepteur Fcγ à la surface des macrophages et intériorisent le virus. La réplication intracellulaire entraîne une augmentation très importante de la charge virale et un basculement fonctionnel des macrophages vers un profil sécrétoire pro-inflammatoire des cytokines, profil qui est probablement dans les cas sévères à la base de la symptomatologie présentée par les patients.


Ce phénomène, bien connu et décrit par F. Negro dans l’exemple de la Dengue, est extrêmement important non seulement pour la compréhension de la pathogénèse virale, mais aussi pour le développement de stratégies antivirales, notamment de vaccins. Il pourrait jouer un rôle important dans l’affection à COVID-19.

 
                                        Jean-François Huet


Os court :
«    Les mouches dingues font plus de ravages que la dengue des moustiques »

 Claude Waia Némia


 

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1219  14 avril 2021   
https://www.exmed.org/archives21/circu1219

08 avril 2021

Vrai et faux changement (Exmed)

      C’est un thème classique des thérapies systémiques, la réalité d’un changement. Dans un système qui dysfonctionne parce que ses éléments constitutifs  aboutissent  toujours exactement à ce ne souhaite pas ou plus jamais, la même erreur méthodique se renouvelle. Un faux changement, ce que Paul Watzlawick nomme avec humour un toujours plus de la même chose, survient quand on se contente de permuter simplement les éléments constitutifs.


  Toute réforme, par exemple celle de la filière de formation de nos serviteurs de l’Etat les plus qualifiés, ou celle des études médicales, est soumise à cet aléa.
      Qui vivra verra dit la sagesse populaire. Et qui verra la réalité ne gardera pas sa langue dans sa poche le moment venu.

François-Marie Michaut

Coup d'Oeil 9-11 avril 2021

06 avril 2021

Consensus toxiques (Exmed)

 
   Une des caractéristiques de la gestion mondiale de l'épidémie de Covid aura été l'obstination mimétique dans des mesures débiles et toxiques.


    L'histoire jugera cette "crise " d’aveuglement planétaire contagieux avec le mélange de sévérité et de dérision qu'elle mérite.


    Message envoyé à Exmed par Jean-François Huet

7-8  avril 2021

04 avril 2021

FONDEMENTS
 FONDATIONS (LEM 1218)



Si haut qu’on soit assis, sur l’estrade ou le trône,
C’est sur son fondement, qu’on se croie une icône,
Qu’on soit roi, dictateur ou ministre ou despote
Lui qui use sans fin tous nos fonds de culotte.

Personne n’est fondé à se croire un héros
Tant qu’au fond nos motifs ne volent pas si haut.
Beaucoup de double-fonds se cachent sous l’exploit
Quand au fin fond des choses on gratte et qu’on nettoie…

Certains qui n’ont jamais la moindre chose à dire
Nous font bien des ennuis pour... nous en avertir.
Car la bêtise humaine, est un tonneau sans fond
Impossible à combler pour tous les trublions.

« La forme, c’est le fond qui remonte en surface »
A dit Victor Hugo, comme une dédicace.
Nombre de grands poètes vous le confirmeront :
De la forme en creusant, ils font naître le fond.

« Le fond de l’air est frais » nous a chanté Dutronc
« Mais la surface aussi », le frileux lui répond.
Les articles de fond vont bien au fond des choses,
Mais bien peu, en surface, émergent de leurs gloses.

Si les marins, en mer craignent bien les hauts fonds
Ce seront les bas fonds qu’à terre, ils fuiront.
Quant aux lames de fond , elles sont en surface :
Pourquoi nous feraient-elles, alors, boire la tasse ?

Au fond de son jardin sont autant de joyaux
Qu’au fin fond de la mer ou par monts et par vaux
Aller au fond de soi fait-il faire surface ?
Le risque d’essayer n’est que juste une impasse.
 
Fond du puits, fond de teint, fond des yeux, fonds des poches...
Ne sont que bruits de fond  pour nous faire reproche.
« Travaillons », nous a dit La Fontaine et « suons ! »
Ce qui manque le moins sera toujours le fond.

La vérité, dit-on, serait au fond du verre :
Mais je bois jusqu’au fond et...ne vois pas plus clair.
Bien des skieurs de fond sont très superficiels
Et leur fond de commerce est fort artificiel.

Le bonheur, tel la neige, est toujours pur et blanc.
Mais tel la neige, il fond, et va, disparaissant…
Alors, touchant le fond, on recherche un espoir,
En sachant bien qu’au fond, ce sera provisoire.

                               Jacques Grieu

 
Os court :
«   Qui se sait profond tend vers la clarté, qui veut le paraître vers l’obscurité : car la foule tient pour profond tout ce dont elle ne peut voir le fond. »

Friedrich Nietzche


 

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1218 
5 avril 2021   




                       
                                               

 

Sous la surface (Exmed)

  Les dégoulinures envahissantes de tout le cortège émotif semblent envahir toutes les prises de parole, tous vecteurs accessibles aux autres inclus. La capacité d’éprouver des émotions est une de nos caractéritiques animales, probablement non exclusivement humaine. Mauvais combat que de vouloir les suprimer ou les canaliser.

   Si on faisait l’effort d’aller gratter ce qui git sous la surface de nos émotions ? Des pépites pour vivre, ou... rien du tout pour exister ?
Jacques Grieu est à la barre avec la LEM 1218 : FONDEMENTS FONDATIONS. 
Bonne exploration pour tous.

François-Marie Michaut

01 avril 2021

Ne respirez plus (Exmed)


     Souvenir antique du temps où on soumettait les enfants de mon âge à subir une radioscopie pulmonaire à l’école. Tuberculose, la peur majeure des familles depuis plus d’un siècle. Une tueuse honteuse dont nous n’avons même plus l’idée maintenant et tant mieux pour nous.
    L’injonction du médecin derrière l’écran noir était un vibrant : ne respirez plus, l’autorisation de reprendre son souffle manquait parfois.
Bloquer le BK embusqué en ne respirant pas, cela ne vous évoque pas une certaine stratégie de confinement ?


     Attendons la suite, celle que personne encore ne sait déchiffrer. Elles nous manquent bien nos Pythies, même si elles parlaient à Delphes une langue que personne ne comprenait.


François-Marie Michaut
2-4 avril 2021


30 mars 2021

Exponentiel, mais qu’est-ce ? (Exmed)


  Chaque époque souffre de ses mots à la sauce du jour. En ce moment, le déroulement continu et très rapide de tout événement le fait qualifier d’exponentiel.  La traduction graphique de cette fonction mathématique lui confère une allure de scientificité digne de toute confiance. 

  Pour qui a tenté un peu de comprendre comment fonctionne le vivant, cela semble être une (vénérable) illusion d’optique. Rien en nous n’est continu, par exemple notre pression artérielle ou nos sécrétions hormonales, ni en expansion ininterrompue, comme notre croissance osseuse, sauf  sur des tableaux.


  Le vivant ne connait guère qu’un mouvement passant par d’indispensables phases successives de la naissance à la mort, et par la suite de la mort à la naissance. Vouloir absolument imaginer qu’il s’agit toujours d’une causalté linéaire simplifie la perception des observateurs, d’où son grand succès. Mais rend bien aléatoire, pauvres chantres des modélisations mathématiques, toute tentative de comprendre comment les choses peuvent et vont se passer. 

 Dans la vraie vie, pas dans les équations.

François-Marie Michaut

31 mars 1 avril 2021

28 mars 2021

Sous nos yeux (Exmed)


  Comme c’est difficile d’échapper aux marées de messages que nous livrent ces écrans qui nous fascinent ! De détail en détail, de manipulation en manipulation, de communication en communication, bien délicat de conserver une vue d’ensemble cohérente qui nous aide à vivre le présent et à préparer l’à venir.

    Sans prétendre à quelque vision prophétique que ce soit, la LEM 1217 envoie sa bouteille à la mer avec «Homo Solus». Bien entendu sans savoir si elle touchera quelque rivage simplement curieux.

François-Marie Michaut

29-30 mars 2021

«Homo Solus» (LEM 1217)

                                                              
  Homo Sapiens, jusqu’à ce jour fer de lance insurpassable de l’évolution darwinienne , est-il entré en agonie ? Point besoin d’imaginer un scénario catastrophe digne d’Hollywood, car tout se passe sans bruit ni fureur. Juste une transformation fondamentale de ce que les anciens aimaient nommer, de façon commode, la nature humaine. Une sorte de construction systémique, devenant de plus en plus complexe depuis nos premiers ancêtres. Notre grande originalité dans l’arbre du vivant a été de disposer en même temps, même si c’est à des degrés divers selon les cultures, d’un fonctionnement collectif et d’un fonctionnement individuel, solitaire dit-on des animaux.

    Cette dualité fonctionnelle groupale et personnelle systémique a été incroyablement fertile au fil du temps. Une modeste et fragile espèce animale à ses débuts a réussi à devenir une des plus invasives et inventive de tous les lieux habitables de la planète avec ses 8 milliards actuels de représentants. Mais à quel prix ? Les sciences de l’homme nous le disent de plus en plus clairement. La conscience écologique gagne progressivement nos sensibilités. Nos capacités de nuisance semblent atteindre des seuils d’irréversibilité pour la survie de multiples formes de vie. Dont une qui ne peut pas nous laisser de marbre : la notre et celle de nos proches descendants.

  Cela a déjà été dit de nombreuses fois. Ce qui est dit  de façon biaisée « la crise sanitaire» n’est pas le plus important. L’aventure covidienne agit de la manière de ce qu’on nomme zone gâchette dans les redoutées crises de névralgie faciale. Tout ce que nous avons été amenés à mettre en place, dans la peur et la précipitation de l’inconnu,  entraine une chaine d’événements de toute nature dont nous ne connaissons encore que les prémices.

   Nous vivons depuis un an, sous la pression des épidémiologistes, la fameuse distanciation sociale. Toute considération philosophique ou psychologique mise à part, nous subissons de fait une rupture majeure de nos contacts de groupe. Distance, masques, écrans divers, vaccinations, matraquage médiatique inépuisable nous plongent dans une logique paradoxale. Il nous est prêché un double message contradictoire. Toutes ces consignes collectives, parfois passibles d’amende pour les récalcitrants, doivent être suivies à la fois pour chaque personne et pour la collectivité toute entière. Les regards qui se jettent au dessus des masques trahissent bien à quel point tout autre est soupçonné d’être une nuisance. Alors, en même temps agir pour son bien à lui et pour le sien, c’est pas d’une logique évidente.

   Alors Sapiens, parvenu au bout des ressources que son intelligence a su accumuler, est devant un échec sans précédent. Sapiens est dépassé.
Ne croyant plus guère au secours possible d’un pouvoir surhumain venu d’ailleurs, il se trouve dépendre uniquement des potentialités encore inexploitées de son cerveau d’animal d’exception zoologique, car doté de la parole. La tradition judaïque le dit depuis ses origines dans le récit de la Genèse : « Au début était le Verbe...» (1).
Sapiens a loupé le coche, il doit laisser la place. À qui ? Au seul qui reste, celui que je me suis permis de surnommer en titre, que les savants me pardonnent,  en regardant autour de moi dans ces temps stupéfiants « Homo Solus», l’Homme Seul. 
Le vivant ne semble avoir qu’un objectif observable : s’adapter aux conditions qu’il rencontre pour ne pas mourir. 
Une sagesse encore jamais atteinte massivement à ce jour prenant le chemin de la solitude personnelle. Utopie, c’est possible, mais existe-t-il une autre possibilité de ne pas tuer la vie ?

Note :

(1) Source wiki dont la dernière phrase rarement citée concerne aussi le gigantesque apport d’Homo Sapiens, y compris ses échecs :
Traduction du Prologue de l'évangile selon Jean par Augustin Crampon (rédaction : 1864 ; édition : 1894) : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par lui a été fait, et sans lui n'a été fait rien de ce qui existe.

                                                          François-Marie Michaut

Os court :
«  Une seule chose est nécessaire : la solitude. La grande solitude intérieure.     Aller en soi-même et ne rencontrer pendant des heures personne, c’est à cela qu’il faut parvenir. Être seul, comme l’enfant est seul... »

Rainer Maria Rilke (1875-1926))

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1217 29 mars 2021   
 

25 mars 2021

Eau vitale (Exmed)


   L’ONU évalue le nombre de décès annuels mondiaux causés par la consommation d’eau non potable à plus de 1,2 millions par an (Le Monde.fr 1/09/2020). Pour les pays pauvres, on compte 6% des décès toutes causes confondues.
   Le dramatique record est détenu par la République du Tchad avec 14,45%, soit un décès sur sept en 2017.

   En perspective, hélas trop vraisemblable pour être fortuite, la mortalité infanto-juvénile ( 0 à 5 ans) au Tchad est de 133 pour mille alors qu’en France elle est de l’ordre de 5 pour mille.

       Où sont nos grandes âmes, cachées derrière  leurs masques confinants et courant vite se faire vacciner à tout prix ?

François-Marie Michaut
26-28 mars 2021


23 mars 2021

Psychiatrie, attention (Exmed)


   Nous voyons peu à peu émerger un ensemble diffus de troubles psychiatriques liés à l’expérience prolongée de confinement et de distanciation sociale qui sont imposés à tous. Amputés brutalement de notre dimension immémoriale d’être social, comment réagissent devant ce manque nos capacités mentales d’adaptation ? Pour parler sans détour, nous n’en avons encore aucune espèce d’idée.

    C’est la spécialité médicale majeure de la psychiatrie , cette malaimée, qui est directement en cause. Ne faisons pas comme si les ressources médicamenteuses actuelles, avec le secours de puissants algoritmes, avaient le pouvoir magique de nous faire comprendre ce qui nous arrive droit dessus et comment en soigner les victimes !

François-Marie Michaut
24-25 mars 2021

21 mars 2021

Libre expression (Exmed)


    Voici une LEM 1216 originale présentée en deux volets. Elle est écrite par Jean-François Huet qui totalise 45 ans d’anesthésie réanimation en secteur public et en secteur privé dans sa carrière.
      Dans un écrit récent, il ma confié cet implacable constat : « Les anesthésistes de ma génération, et particulièrement ceux du secteur privé, ont vécu la suppression de leurs lits de réanimation, leur transformation en lits de soins dits continus où ils ne sont même plus en capacité de ventiler les malades faute de moyens de tarification et d'autorisation administrative . Cela les force à encombrer inutilement les services de réanimation lourde avec des malades qui n’ont rien à y faire.»

     La pierre angulaire justifiant les décisions officielles de santé publique serait donc en rapport avec cette doctrine purement comptable déjà ancienne ?
Jean-François Huet, avec son franc parler coutumier, vous invite à ses «Notes de démasquage». Bonne lecture.

François-Marie Michaut
22-23 mars 2021

Notes de démasquage (LEM 1216)

                                                

                                              Premier volet :


 Médecin non antivax ,et le plus souvent provax, que je suis, la vaccination contre la Covid dont on fait la publicité sans limite m'inspire les réflexions suivantes .

- Dans une zoonose (1) il est  illusoire de contrôler la circulation d'un virus  quand on ne connait pas vraiment les hôtes animaux intermédiaires. Pas plus que les mécanismes qui font franchir la barrière d'espèce à un virus animal à un moment donné.
Les hôtes intermédiaires animaux qui ont permis ce franchissement  ne sont toujours pas connus parmi ceux qui ont été suspectés : pangolin ,civette,  vison, chauve-souris...

Les confinements aveugles ne servent à rien, pas plus que toutes les mesures collectives erratiques prises.

- Le vaccin n’a rien d’une solution miracle, car on ne maitrise rien, ni les mutations incessantes, ni la circulation du virus.

- La Covid n'est pas la variole ni en nature ni en contagiosité ni en gravité et contrairement au Sars Cov2 les réservoirs de la variole sont uniquement humains (2).
La vaccination massive contre la variole était, en son temps, totalement justifiée. Celle contre la Covid ne l'est pas.
Il est juste, sans tarder, de vacciner les sujets fragiles volontaires ou demandeurs.


 -  Il apparaît pertinent de séquencer (3) tous les virus qu'on détecte pour probablement adapter les vaccins en fonction de ces données et de ne vacciner que les sujets pour lesquels la probabilité de présenter une forme grave de Covid est beaucoup plus grande que celle de présenter une complication du vaccin.

Cela exprimé,  on peut être d'un avis diffèrent et c'est le droit de chacun.

Je signale que mes propos n'ont RIEN de négationniste, de complotiste ou de conspirationniste.

C'est un avis de médecin indépendant et libre de tout conflit d’intérêt.
   En dépit de ce que pensent les inquisiteurs suiveurs de la doxa et adeptes d'une police de l'opinion sur les réseaux sociaux, je n'ai pas forcément besoin d'une caution ou d'une autorisation quelconque pour avoir un avis.

  Le doute, surtout s'il est raisonnable et argumenté,  n'a rien d'un poison, il est le commencement de la sagesse.
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Notes de la rédaction :


(1)  Zoonose : Les zoonoses sont des maladies ou infections qui se transmettent des animaux vertébrés à l'homme, et vice versa. Les pathogènes en cause peuvent être des bactéries, des virus ou des parasites. La transmission de ces maladies se fait soit directement, lors d'un contact entre un animal et un être humain, soit indirectement par voie alimentaire ou par l’intermédiaire d'un vecteur (insecte, arachnides…). D'après l'Organisation mondiale de la santé animale, 60% des maladies infectieuses humaines sont zoonotiques. Source : Site Ministère de l’Agriculture

(2) Une exception rare selon l’OMS, l’orthopoxvirose simienne https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/monkeypox

(3) Le génome du SRAS-CoV-2, soit l'ensemble de son information génétique, est composé de près de 30.000 nucléotides. Séquencer le virus revient à lire ces nucléotides, représentés par des lettres pour plus de clarté.  Source Tifenn Clinkemaillié Les Echos,  23 févr. 2021

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                                           Second volet :

 Encore une fois, un diagnostic médical se fait sur un faisceau cohérent d'arguments cliniques radiologiques et biologiques et non pas sur un test,a fortiori, si sa sensibilité est trop grande.

   Plus les tests PCR (1)  ont des Ct élevés (2) moins ils sont une preuve de maladie ou de contagiosité.
Ils ne sont que les témoins de la présence de matériel génétique viral que le virus soit actif ou qu'il ait cessé de l'être.

   Il n'y a plus aujourd'hui le moindre doute à ce sujet.
Un grand nombre de sujets testés Covid positif ne sont ni malades ni contagieux.

Même celui qui  a inventé ces tests l'a précisé à plusieurs reprises ( Kary Mullis, prix Nobel de chimie 1993, 1944-2019, ndlr) .


Les caméras des médias ont de nouveau envahi les unités Covid des hôpitaux d'île de France,afin que les honnêtes citoyens qui ne sont pas malades et ne risquent pas de formes graves de Covid n'oublient pas que le nuage de variants de Cov2 est toujours là.
Tout en disant à nos compatriotes de rester vigilants et les inciter à se vacciner s'ils ont des facteurs de risque, je vais essayer d'être rassurant sans pour autant être "rassuriste".

Aujourd'hui les infections même sévères par Covid 19 guérissent ultra majoritairement y compris chez des sujets âgés, pour peu que la prise en charge de la maladie soit PRÉCOCE et efficace selon les règles définies par le corps médical depuis des mois. Ces prises en charge évitent la majorité des formes graves marquées par des orages cytotoxiques qui restent RARES et qui finissent dans les VRAIS services de réanimation .

Il était totalement prévisible que cette épidémie continue à mobiliser des moyens hospitaliers. Il suffit pour s'en convaincre d'étudier la durée des épidémies qui se sont produites dans le  monde ne serait-ce que depuis un siècle.

                                         Jean-François Huet
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Notes de la rédaction :


(1) Définition des biologistes (Cerballiance.fr) : La PCR ou RT-PCR SARS-CoV-2 (désignation équivalente pour Reverse Transcriptase-Polymerase Chain Reaction) est une technique de laboratoire permettant de mettre en évidence le matériel génétique du virus dans un échantillon. 


(2) Pour les curieux,  https://www.industrie-techno.com/article/baisser-le-seuil-de-detection-des-tests-rt-pcr-du-covid-19-pour-mieux-depister-les-individus-contagieux.61734


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Os court :
« Les grandes épidémies meurtrières ont disparu. Elles ont été remplacées par une seule : la prolifération des êtres humains eux-mêmes.  »

Jean Baudriard (sociologue 1929-2007)

 

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1216 , 22 mars 2021   
 

18 mars 2021

Soigner, c'est choisir (Exmed)

 Les notions, répandues un peu partout par le jargon technocratique, de flières de soins, de protocole de traitement, voir même de parcours médical suggérant un chemin unique tout tracé sont trompeuses. Ce ne sont que des fictions purement intellectuelles.
 

  La seule réalité qui compte pour une personne ( et non un groupe) ,c’est ce qui se passe, quand elle, et elle seule, se trouve face à un médecin ou tout autre soignant.
À chaque instant, le professionnel physiquement présent doit, du début à la fin, faire le choix de toutes les options d’action s’ouvrant à lui pour accomplir au mieux le travail dont il a la charge.
   Soigner n’est ni appliquer des routines venant d’ailleurs, ni des ordres venant d’une autorité aussi «scientifique», administrative ou politique quelle qu’elle soit.

   Le médecin vit toujours dans l’incertitude et son courage est de savoir s’y adapter sans jamais baisser les bras. 

Cela vaut un peu de considération de la part de ceux qui ont recours à lui ?

 

 François-Marie Michaut
19-21 mars 2021

16 mars 2021

Au nom des grands principes (Exmed)

     Coup de frein présidentiel sur les vaccins AstraZénéca. Sur quel argument au milieu des élucubrations comminatoires contradictoires des experts ? Le couteau suisse des autorités ne voulant pas endosser leur impossibilité de prendre un risque. Décision de principe grâce au sacro-saint principe de précaution. Au nom des grands principes, si bien chantés par Guy Béart, en l’occurence la défense prioritaire claironnée des plus vieux et des plus fragiles.
   Faute d’un système de décision fondé sur la réalité de l’évolution du monde, et non sur ce qu’en croient nos scientifiques enfermés dans leurs disciplines, il n’y a pas d’alternative en vue.

  La leçon est sévère, mais indispensable. La presse commence à le suggérer : F. Chedotal, Précautions en série, éditorial du 16 mars 2021 ( La Montagne).

François-Marie Michaut
17-18 mars 2021

14 mars 2021

In folio veritas (Exmed)

   
Faute de bars ou restaurants ouverts, la recherche de la vérité dans le vin est entravée. Alors, non pas dans de sérieux ouvrages d’imprimerie du format in-quarto, mais dans ce que peuvent évoquer ces merveilleux organes de toute vie végétale, allons à la peche.
Jacques Grieu, avec Feuilleton, la LEM 1215, nous convie dans sa balade commentée.
      Un bon bol d’air non confiné n’est pas superflu.

François-Marie Michaut

Feuilleton (LEM 1215)



Qu’elle soit feuille morte à sa branche arrachée,
Ou juste bourgeonnante à son arbre accrochée,
La feuille est toujours là qui marque encor nos vies,
Autant qu’elle a compté pour toutes les ethnies.
A la feuille de vigne, on fut fier d’ajouter,
La feuille des impôts et ses complexités.
Les habits des pygmées n’étaient que d’une feuille,
Et tous nos mille-feuilles ont été trompe-l’œil.

Les feuilles de nos arbres ont bien des différences,
Mais feuilles restent  feuilles et chacune a son sens.
Les feuilles de laurier ont fait tourner cent têtes,
Comme les feuilles d’or sur bien des épaulettes …
Si des feuilles de chou racontent des sornettes,
Quelques feuilles de soin parfois ne sont pas nettes :
Des feuilles ont bien en marge un air de forfaiture.
Ce n’est qu’en bas de feuille où est la signature …

Si la feuille de l’arbre est sa physionomie,
Cernant son caractère et son mode de vie,
Comme chez les humains, qu’ils soient laids ou bien beaux
Elle expose à tous vents qualités et défauts.
Certaines sont joviales, épanouies, bienheureuses,
Dynamiques et  rapides, actives et nerveuses,
Quand d’autres sont hautaines, ou même pontifiantes
Figées ou ralenties et parfois arrogantes.

Qui a trop peur des feuilles évite la forêt,
Mais tremble comme feuille à ne voir que des prés.
Les pensées sont des feuilles où les mots sont des fruits,
Mais les feuilles à journaux, l’œil souvent les détruit.
Les portefeuilles emplis n’attirent pas la chance :
Les trèfles à quatre feuilles n’ont pas de connivence ;
Durs de la feuille on reste, aux appels sans-le-sou.
Je hais le trop verni de la feuille de houx.

La vie est artichaut qu’on mange feuille à feuille
Assis sur un brûlot plutôt qu’en un fauteuil.
Mais les rêves et la vie sont feuilles du même arbre :
Arbre à feuilles caduques où plus rien n’est de marbre …
La racine et la feuille ont les mêmes parents ;
La feuille détachée va où lui dit le vent.
On laisse choir les ans comme arbres avec les feuilles ;
Feuille de faire-part n’atténue pas le deuil …

                                Jacques Grieu
 

Os court :
«Être dans le vent, une ambition de feuille morte...   »
Gustave Thibon (1903-2001)


 

 Lettre d'Expression médicale

 
LEM n° 1215 15 mars 2021 

CLOUDAGE (LEM 1234)

            À mon âge avancé qu’on me dit canonique, La clique des PC, des MAC, l’informatique, Entre bug et coupure et cent disparitions, H...