dimanche 23 décembre 2018

Noël/Emmanuel (LEM 1099)

                                 

            Le calendrier présente une énigme. Le 25 décembre, personne ne l’ignore, est le jour carillonné de la fête de Noël. Mais il nous indique aussi que nous devons en même temps célébrer les Emmanuel. Étrange invitation à explorer : Pâques, la Pentecôte  ou la Toussaint de la tradition chrétienne, pas plus que notre révolutionnaire Fête Nationale ne sont ainsi partagés par un second bénéficiaire.
L’origine du mot Noël demeure discutée. Il semble établi par les historiens que Jésus de Nazareth n’est pas né le 25 décembre de l’an zéro.  Au début du VIème siècle le moine Denys le Petit (wiki)  a eu l’habileté de récupérer avec cette date un certain nombre de célébrations  bien vivantes de religions alors fermement implantées (1). Bien étrange concordance que toutes ces festivités issues de cultures différentes et de contrées du monde entier survenant en même temps. Un seul évènement observable par chaque être humain et engrangé dans sa mémoire (2) quelque soit l’étiquette donnée. La fin de la période où la nuit gagne sur le jour.

    Situation angoissante pour nos lointains ancêtres, on peut l’imaginer. Est-ce que ça va s’arrêter, la lumière et la chaleur ne vont-ils pas disparaitre à jamais ? Et nous avec, parce qu’on n’est pas fabriqués pour çà, mammifères vulnérables que nous sommes. Les plus vieux disent bien que se succèdent ce que nous nommons maintenant des saisons avec leurs solstices d’hiver et d’été. Mais cela ne se fait pas tout seul. Les grands récits venant du passé dont les religions sont les seuls vecteurs transmettent un même message. Les évènements de la vie ne se font pas tout seuls. La participation active des hommes pour actionner les puissances supérieures est indispensable pour que les choses soient comme elles doivent être . Saisons, alimentation, reproduction, relations humaines, défense contre les prédateurs de quelque espèce soient-ils, les religions se placent comme des régulateurs indispensables de la seule bonne conduite à adopter pour que la vie continue.

       Que vient donc faire l’Emmanuel du jour de Noël dans tout ça ? Laissons de côté ce pauvre garçon massacré par les Romains en 336. C’est son seul nom qui importe ici. Celui d’un prénom hébreu  (3). Immanouel (wiki) qui se décompose ainsi : ime (avec), anou (nous) et El (Dieu)(4). Les interprétations, possibles, y compris les plus dangereusement nationalistes ou communautaristes , sont multiples. C’est finalement la Bible (5) qui propose une piste. Le livre d’Isaïe (7,14) dit que c’est ainsi que sera nommé par la jeune fille qui en sera la mère le messie qui sauvera le monde de la disparition à la fin des temps (6). 
 Cette balade, loin des guirlandes clignotantes et de toutes les miévreries d’usage de la bienpensance sonnante et trébuchante, se veut simplement stimulante pour l’esprit en bousculant un peu les meubles de la tradition pour comprendre s’il n’y a pas quelque chose derrière que nous n’avons pas encore compris. 


On lève ensemble, et sans modération, parce qu’il n’y a là rien de toxique,  son verre à Emmanoël ?

    François-Marie Michaut

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Notes:


(1) Notamment toutes les fêtes nordiques de la lumière, comme la sainte Lucie scandinave et les traditions celtiques autour des sapins.




(2) Il a été remarqué que les médecins eux-mêmes faisaient plus d’erreurs de diagnostic la nuit que le jour. Et toujours par excès s’il vous plait : la vieille peur du noir n’est pas que pour les enfants.



(3) Sans doute encore baignés malgré nous d’un séculaire antisémitisme culturel généralisé, dès que le mot hébreu est prononcé, nos neurones se bloquent. Nous sommes devant l’incompréhensible : « c’est de l’hébreu» le dit bien l’expression.
 Pour aller plus loin, consulter les propos édifiants du livre cinquième de l’historien romain Tacite à http://remacle.org/bloodwolf/historiens/tacite/histoires5.htm
 Comment ne pas évoquer, avec la complaisance de fait des télévisions, la troupe de gilets jaunes le 22 décembre 2018, au Sacré Coeur de Paris, chantant et mimant «La quenelle» de Dieudonné, véritable hymne antisémite  ?




(4) Celui dont le nom n’est pas prononçable pour les Juifs religieux.



(5) Ouvrage qu’aucun écrit médical ou scientifique ne s’accorde plus depuis des siècles le droit de citer. Sous peine d’être  disqualifié  pour obscurantisme rétrograde. Risque assumé ici.



(6) L’auteur ne suggère aucun rapprochement à faire avec quelque personne existante que ce soit. À prendre en compte cependant, pour rester dans l’observable, de ce qui se dit partout des conséquences  fatales sur la Terre du réchauffement climatique auquel nous participons activement.

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Os court : 
«    Le temps, c’est quand on va d’un Noël à  l’autre. »
      
Paul Villeneuve (1944-2010, écrivain québécois)

Y-a-pas que Noël
 (Exmed)

    Ceci n’est pas un conte de circonstance, mais bien un compte. Celui qui est imposé par le calendrier lui-même. On ne badine pas avec une invention aussi solidement établie que celle-là. La même journée festive entre toutes qui nous dit deux choses à la fois.
   Ce serait presque une énigme  diagnostique, ou policière si vous préférez, de la plus belle facture.

La LEM 1099 Noël/Emmanuel ouvre le dossier.

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 24-26 décembre 2018

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