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30 décembre 2021

ARMEMENT (LEM 1254)


Une « arme », dans la langue, est à « double tranchant »
Et de plusieurs façons peut s’entendre en parlant.
Un « armateur » n’est pas un affreux va-t-en-guerre
 Qui « arme » ses navires  avec des militaires.
Les armes des blasons ne sont que fiers symboles
Et pour qui l’armement n’est pas du tout l’idole.
Notre « béton armé », sans fusil, sans canon
N’a jamais tué personne à ce que nous sachions...

Si la diplomatie est une arme offensive,
Le silence est parfois une arme défensive.
La vengeance est souvent l’arme des humiliés
Comme la peur est l’arme... employée à l’excès.
L’ironie est aussi une arme redoutable :
Le militaire, alors, est partout remplaçable…
L’ « arme blanche » n’est pas pour les enfants de chœur
Et même d’idées noires est souvent le marqueur.

Si pour chacun de nous, un jour, il faudra bien
Qu’on « passe l’arme à gauche » ainsi qu’un bon chrétien,
Que feront les gauchers ? Passer leur arme à droite ?
Et pour les ambidextres, où est l’arme adéquate ?
; ont pour seule arme un bon tire-bouchon,
Mais sont fort dangereux même sans intentions.
 Pour moi, je sais fort bien, qu’« avec arme et bagages »
Je quitterai les lieux quand On dira :  dégage !

                                                 Jacques Grieu
  
    

Os court :

« Un fanatique ne lâche jamais son arme, qu’elle soit chargée ou non. »

 Franklin P.Jones


 

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1254
30 décembre 2021
 



                        
             

20 décembre 2021

Mots qui font mal (Exmed)



   

  La richesse des mots, comme leur indigence, sont un indicateur de la qualité du travail d’intelligence que chacun peut cultiver. Ou trouver dépassé par les discours chiffrés deshumanisés prétendant assener la seule vérité objective, sérieuse. La scientifique, bien pensante pour mieux séduire.

   Bien, oui, cela fait tellement de dégâts toutes ces sommes de mensonges petits, moyens et grands, en cascades.

Voici la LEM 1253 DISPARITIONS pour vous


François-Marie Michaut,  20 décembre 2021

DISPARITIONS (LEM 1253)


Si le «quoi qu’il en coûte» devient fort à la mode,
Certains, tout au contraire, en sont aux antipodes
Et vont jusqu’à rogner nos bons vieux dictionnaires
En supprimant des mots qui ne semblent plus plaire.
Larousse ou bien Robert ont de drôles d’idées
Qui ne sont pas toujours celles du bon Littré.
Ces économies-là, réduisant le papier,
Aux purs écologistes des voix feront gagner...

Un galant amoureux était un «galantin» :
Au rebut, l’amoureux ! Préfère-t-on «copain» ?
Normal, quand «l’accordée» qui disait : «fiancée»
Est passée à la trappe et semble surannée.
D’ailleurs «libertiner» est lui aussi châtré,
Disparu à jamais. Trop osé ? Pas assez?
Si passion du cheval était «hippomanie»
La bagnole l’a tué comme un vil ennemi.  

«L’accul» était un lieu sans une échappatoire :
Seraient-ce un migrant qui le mit au mouroir ?
«L’aumusse» des chanoines était ostentatoire
Pour les purs laÏcards : elle aussi, au placard!
«Friponneau» supprimé s’explique à l’évidence :
Terme trop gentillet pour notre délinquance!
Nos coffres sont percés, depuis longtemps vidés :
C’est qu’on a oublié le nom de «coffretier»!

Exit, les fours à chaux pour maçons en campagne :
Plus un seul «chaufournier» pour châteaux en Espagne !
Le métier «d’argenteur», à moi, ne dit plus rien ;
C’est qu’on a des engins qui font ça aussi bien.
Autrefois, on pouvait soudain changer d’idée

Et alors «déprier» ceux déjà invités.
Etait-ce «lourderie» que ce renoncement ?
Le terme est obsolète, alors pas de tourment.

L’expression les «sans-dent», chère à monsieur Hollande,
Avait nom «claquedent» avant qu’on ne le rende.
Si pour certains, « Covid » est une «chapechute»
Pour la plupart de nous, c’est une dure lutte.
Mais cessons de pleurer, en basses invectives :
Bravant tout les écueils, notre élite inventive,
Au contraire a sorti un nouveau mot génial :
Il s’agit d’un pronom ! Vraiment transcendental !

Car  ce tout nouveau « iel », bien neutre, est capital,
Il est dans l’air du temps et d’usage vital.
Et politiquement, relevant du « wokisme »,
Il est bien dans la ligne où vont nos conformismes.
Tout ceci est bavard, chansons pour un «râcleur»,
Comme une «musiquette» pour ancien auditeur.
Le vieux «poétereau» qui ici peine et trime
A fort «opulément» transpiré sur ces rimes...

                                          Jacques Grieu

    

Os court :


« Ce qui nous rend la disparition d’un être plus sensible, ce sont les mots de passe qui existaient entre lui et nous et qui soudain deviennent inutiles et vides.  »

Patrick Modiano

 

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1253
20 décembre 2021
 


                         
             
                                              
    
 

15 décembre 2021

Cultiver le questionnement (Exmed)


     Les gens travaillant dans tous les domaines théoriques ou appliqués des sciences et des techniques savent bien que chaque lecture de la réalité doit être confrontée à la critique des pairs. Question de méthode incontournable, même si le public supporte mal, pour son propre confort psychologique, toute marge d’incertitude.

        Toxicité bien involontaire des détenteurs patentés des discours qui font autorité sombrant si volontiers dans le dogmatisme ? C’est bien possible. Mais les autres, moi comme vous ? Savent-ils faire jaillir le questionnement du plus grand nombre ? Pas pour donner des leçons qui ne peuvent conduire qu’à des affrontements inévitables.

         Juste pour montrer que la parole de ceux avec qui ils vivent peut et doit être respectée de chacun.

François-Marie Michaut

 15 décembre 2021

 

12 décembre 2021

Incertitudes en chaîne (LEM 1252)


 

     Il parait qu’informer veut dire mettre en forme (pour les autres) ce qu’on peut comprendre (par soi-même). 
      

    Si vous n’avez pas peur de sortir de vos routines, la LEM 1252 Nous ne voyons pas ? peut ne pas vous laisser de marbre.

François-Marie Michaut 
12 décembre 2021

Nous ne voyons pas ? (LEM 1252)


   
   L’avalanche de propos médiatisés sur l’état réel de notre monde est bien difficile à métaboliser dans son ensemble. De façon quasi générale, elle est tragiquement négative, pour ne pas dire sombrement démoralisante. Chaque interlocuteur est si solidement campé dans son tout petit secteur de connaissance et d’influence qu’une vision d’ensemble de ce qui nous arrive dessus est devenue acrobatique. Au royaume des spécialistes, les esprits généralistes ne font pas le poids.

    L’effort à faire pour trier tout ce qui nous est soumis est considérable, rien ne ressemblant plus à une observation rigoureuse qu’une manipulation habile des opinions. Chiffres ou modèles mathématiques en renfort ne changent que l’apparence respectable. La pauvre science que nous avions érigée comme le degré indépassable de toutes nos possibilités humaines de connaissance révèle cruellement sa limite. La lenteur obligatoire de sa méthode qui la contraint à ne pouvoir éclairer que ce qui est déjà passé avec nombre de points d’interrogation. Et dont le présent, et encore plus l’avenir, est hors de son champ de perception directe. Il ne s’agit pas ici de faire la promotion d’une attitude anti scientifique. Juste savoir ne pas demander à une remarquable discipline de l’esprit ce qu’elle ne peut pas nous livrer sur un plateau pour notre confort intellectuel.

     Nous le savons pourtant depuis des années, nos manières d’agir fondées sur notre conception rationaliste matérialiste de la réalité du monde depuis le siècle de Descartes nous a conduit là où nous en sommes. À force de faire toujours la même chose, nous détruisons la mère terre dont nous sommes une partie. Quand nos projets d’avenir sont mis en échec par la réalité, nous sommes vite persuadés que c’est parce que nous n’avons pas mis assez de moyens en oeuvre pour réussir. Les miracles techniques, comme les mirages technologiques, nous fascinent. Comme si notre idéal restait le « toujours plus de la même chose » évoqué par Paul Watzlawick. Faillite de notre pensée, ce qui ne serait pas grave. Mais dont les conséquences mettent en cause la survie de notre biosphère actuelle dans quelques poignées d’années.

      Alors, on attend en silence le stade irréversible des conséquences de notre cécité destructrice, résignés au pire ? Ou on cherche sans a priori dans nos archives, toutes nos archives sans exception, si nos esprits n’ont pas raté, quand, comment, pourquoi, une marche considérable ouvrant vers une connaissance bien plus large que la nôtre de la réalité. Nous n’avons pas d’alternative qui puisse, nous les vivants ne comptant que sur nous, nous sauver du désastre.

       

   Vous trouvez scandaleux de tenir sans fard ici ces propos - on ne peut plus systémiques - sur notre devenir ?

                                               François-Marie Michaut
    

Os court :

« Si un aveugle guide un aveugle, tous les deux tomberont dans un trou.  »

                                  Évangile de St-Luc


LEM n° 1252 12 décembre 2021
 


                        
            
                                             

08 décembre 2021

On dit un micron (Exmed)

 
      
    Cela ne viendrait pas à l’idée d’un locuteur de culture française, avec des cordes vocales associées,  de parler d’un microne pour désigner une petite distance. Baptiser les variants du virus Corona de lettres grecques n’est pas une mauvaise idée. Encore faut-il ne pas imiter les bavards gosiers anglosaxons.
      Deux sortes de O ponctuent l’alphabet grec. L’oméga terminal qui précéda notre Z latin comme dernière lettre. Et un petit O, dit ouvert, qui se nomme omicron.
Oui, on ne peut lire que la syllabe on.

    De grâce, alors, commentateurs de notre belle langue, cessez de sembler féminiser indûment cette affreuse et rusée petite chose.


François-Marie Michaut  

Coup d'oeil d'Exmed 8 décembre 2021


05 décembre 2021

Quand tremble sur ses fondations (Exmed)

 
   Avec l’interminable répercussion sur nos esprits de l’aventure reliée à notre façon de vivre le coronavirus baladeur actuel, c’est la pertinence de notre raison elle-même comme outil de décision qui mérite d’être auscultée avec lucidité.

   Paradoxalement, c’est la magie poétique qui se révèle la moins inadaptée. Voici la LEM 1251 RIMES ET RAISONS, de Jacques Grieu. Pour prendre un peu de salubre hauteur dans la lugubre cacophonie ambiante.

François-Marie Michaut

RIMES ET RAISONS (LEM 1251)


Du latin « rationem », voici dame raison ;
A tort ou à raison, c’est notre institution.
Elle se veut partout : la raison c’est l’arbitre,
Dans toute activité, elle a voix au chapitre.
« Mariage de raison » maintenant fait tiquer,
Mais la « raison d’État » est encore invoquée.

Si la majorité a raison, c’est fondé,
La raison, peu de fois, a la majorité…
Avoir raison tout seul est chose dangereuse :
Pour suivre nos raisons, nos forces sont piteuses.
Si du fait d’avoir tort on n’a jamais raison,
Du fait d’avoir raison, avoir tort, nous risquons.

Par le raisonnement, souvent raison se perd :
Sans rime ni raison, alors, plus de repère !
La raison du plus fort est-elle la meilleure ?
Mensonge de raison est doute ou grande peur.
On lit dans l’avenir les leçons du présent
Sans savoir si l’inverse est aussi pertinent.

Le temps nous convertit bien mieux que la raison :
Il nous est moins brutal et beaucoup plus profond.
On aime sans raison, et l’on se quitte après ;
On aime sans raison, puis sans raison, on hait ;
On aime sans raison, on s’oublie sans motif ;
Le cœur a ses raisons qui rendent fugitif…

                    Jacques Grieu  


    

Os court :


« La raison parfaite supporte en paix la déraison d’autrui.  »


 Victor Cherbuliez (1829-1899)


 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1251 5 décembre 2021
 


                        
             
                                               
 


Miroir déformant (Exmed)

 Selon Bruno Patino, auteur de « Tempête dans le bocal = la nouvelle civilisation du poisson rouge » , les réseaux sociaux ne sont qu’un mi...