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31 mars 2020

Silence (Exmed)


 La moitié des humains qui se trouvent contraints à ne plus sortir de chez eux : évènement inédit pour notre espèce. Chacun seul en face de lui-même : un supplice pour l’espèce grégaire, ou sociale, que nous sommes. Enfin le silence règne dans nos si bruyants espaces publics.


   En même temps, Homo Sapiens est aussi un animal solitaire. Comment, sous l’aiguillon angoissant du Civid 19, et seul face à lui-même,  est-il en train de gérer cette double casquette ? Triomphe du collectif, revanche du personnel ou alliance des deux, le proche avenir nous le dira.

   Il est plus  capital que jamais de ne pas se laisser noyer les neurones par l’événementiel spectaculaire, et ses prêtres zélés, les communiquants.


François-Marie Michaut

1-2 avril 2020

29 mars 2020

Mimétiquement parlant (Exmed)

 Pour respirer un peu dans cette atmosphère planétaire confinée, une petite proposition. Celle de se remettre en tête que dans la vie, il n’y a pas que les virus qui sont contagieux.
   Et bien oui, même si les recherches scientifiques n’en disent rien, une petite injection d’autodérision, c’est toujours bon pour la santé.
  
Voici donc pour sourire la LEM 1164 MODALITÉS EN VOGUE de Jacques Grieu.
Bonne dégustation.

François-Marie Michaut

30-31 mars 2020

MODALITÉS 
/en vogue (LEM1164)


                                
La mode est un sujet qui enchante certains,
Qui en irrite d’autres et reste quotidien.
La mode est une farce où personne ne rit,
Car tout le monde y joue, la voit ou la subit.

Les plus récalcitrants s’en moquent, ironisent,
Mais doivent contempler ses énormes sottises.


La mode, c’est tendance, est de se mal raser,
De laisser plusieurs jours les barbes bien pousser.

Et si c’est de travers, nul n’y cherchera noise !
Après crânes rasés et crêtes à l’iroquoise,
D’SDF indigent on montre le visage,
Ce qui devient le top d’élégances en usage.


Acteurs, présentateurs, comiques ou journalistes,
On n’y échappe pas : c’est l’uniforme triste.
Hélas, ce qui est laid, même très à la mode,
Déplaisant restera, même conforme au code.

C’est le faux négligé, le tout échevelé,
Qui feront le succès de la star adulée.


La laideur à la mode est si haut élevée,
Qu’il faut, tous les six mois, vite une autre trouver.

Chaque mode détruit celle qui la précède,
Et s’apprête à céder à une autre plus laide.
La mode se démode et change constamment ;
Elle a un seul bienfait : le renouvellement.


La mode, épidémie, n’est que provocation :
Les trous dans les blue-jeans en sont l’attestation.
Les phrases des médias sont truffées de « voilà »
Que les bons auditeurs imitent avec furia.

Même les sentiments veulent suivre la mode
En faisant du divorce un banal épisode.


La mode nous oblige à toujours consommer ;
C’est la grande hérésie, la folie de montrer.

Et si l’écologie se pose des questions,

C’est en pire ennemie que la mode répond.
Transport et emballage sont ses noirs acolytes
Qui font que le climat chaque jour se délite.


Chaque génération, des vieilles modes rit ;
Mais des nouvelles veut endosser l’hystérie.

Pour les faiseurs de mode on voit bien la devise :
Je pense et donc tu suis qui tout le monde vise.

Les jeunes ne voient plus ces diktats, ces venins.
Leur remède du jour est poison de demain…


                              Jacques Grieu

Os court :

«  Il y a autant de faiblesse à fuir la mode qu’à l’affecter. » 

Jean de La Bruyère


Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1164    
30 mars 2020

26 mars 2020

Atteinte au moral des troupes (Exmed)


    Il y a un siècle leur auteur risquait le peloton d'exécution. Nous, les confinés sanitaires, sommes les armées désarmées de cette guerre aux ennemis encore largement non identifiés ayant mis en première ligne le Corona virus.

   La culture du sensationnel, le plaisir pervers de faire trembler les esprits en mal de sensations fortes, la paresse d'analyse et l'ignorance de ceux qui balancent sur le numérique de prétendues informations, la vanité de ceux cherchant à se mettre en avant, occasionnent des plaies psychologiques graves. Pathologie iatrogène, c'est certain.

  Combien de gens vont sortir complètement cassés et définitivement amochés des opérations menées contre le Covid19 qui, lui, disparaitra comme il est venu, en bon virus qu'il est ?


François-Marie Michaut

27-29 mars 2020

24 mars 2020

EXaltation MEDiatisée (Exmed)

  Nos voeux 2020 d’Exmed avaient été formulés ainsi. Pas le moindre souhait de bonne santé. Sorte de prémonition de ce que nous vivons ?


  C’est au moment du nouvel an chinois qu’un coronavirus animal est apparu. Le rôle que les moyens virtuels de communication jouent dans la pandémie en cours est à deux faces.

  Soit effrayer les foules pour mieux les manipuler. Soit tenter de tirer vers le haut les esprits capables de tenir compte de l’existence des autres.
   Exalter ne veut pas dire autre chose.


François-Marie Michaut
25-26 mars 2020

22 mars 2020

La guerre sous la guerre (LEM 1163)


 « Nous sommes en guerre» a martelé à plusieurs reprises le président Macron nous imposant un confinement pour que le passage(1) du Covid19  fasse le moins possible de dégâts sanitaires en France. Le premier ministre Édouard Philippe a justifié les mesures prises en indiquant que sa «seule boussole» pour agir était l’avis du conseil scientifique (2). La compétence de ce groupe d’expert et la pertinence de ses recommandations n’est pas à discuter ici.

  Cependant, les effets collatéraux - pour rester dans le jargon militaire- de cette attaque - idem-  virale pandémique sont sans antécédent connu. La grande machinerie planétisée des échanges matériels subit un arrêt brutal (3). Faut-il alors comprendre que ce sont les cerveaux scientifiques qui ont la capacité de déterminer, à eux seuls, l’avenir de toute notre civilisation ? Si on se met à la place des pouvoirs politiques, tout aussi désemparés que chacun de nous devant ce qui se passe, le risque est loin d’être nul. Sa majesté financière elle-même oscille gravement.

  Comment les scientifiques cherchent-ils à nous aider en ces temps difficiles ? En nous fournissant une image de la réalité qui soit de nature à nous permettre d’agir le plus logiquement possible. Leur outil de travail, quelle que soit la discipline, est un modèle théorique. Théorie, le mot le dit, est quelque chose qui est du même ordre que le théâtre. Des algorithmes, du nom d’un mathématicien perse du IXème siècle. Un algorithme est une suite finie de règles à appliquer dans un ordre déterminé à un nombre fini de données pour arriver, en un nombre fini d'étapes, à un certain résultat, et cela indépendamment des données. ... Le rôle de l'algorithme est fondamental. Source Wiki.
Et comme nous sommes fascinés par les chiffres qui nous donnent une illusion d’exactitude, d’objectivité et de sérieux, les modèles mathématiques, sources inépuisable de calcul, numérique aidant, occupent le haut du pavé de la pensée.

Attention, cependant, la guerre sous la guerre se tient là, dans nos intelligences. Nous n’entrons dans nos algorithmes que les éléments que nous sommes capables de traduire en langage mathématique. Tout le reste, le non chiffrable pour simplifier, ce qui a fait la colonne vertébrale de toutes nos grands traditions culturelles, passe alors à la trappe, comme si cela n’existait pas. 
  Croyons-nous ( 4) , ou ne croyons-nous pas, que le réel est limité à ce que seule la méthode scientifique permet d’étudier ? Si ce n’était qu’une question purement philosophique nous pourrions en sourire. Mais devant le constat de blocage du système de vie que nos connaissances scientifiques nous ont permis de mettre en oeuvre, c’est la question de la vérité de notre vision du réel qui nous saute au nez.

 

   Nous avons la chance paradoxale d’être confinés, d’être contraints à nous retrouver face à nous mêmes sans échappatoire possible. 
  Alors ce que je nomme cette guerre de la mise à jour de notre conscience personnelle si facilement manipulable, qu’elle soit pour chacun une source immatérielle et inquantifiable d’enrichissement de sa propre vie.
  Quant au camp vainqueur, la réalité saura bien nous le désigner le temps venu.
 

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Notes :
(1) L’humanité connait depuis ses origines la survenue d’attaques épidémiques, dont, en tant qu’espèce, elle a réussi à survivre. Parfois au prix de lourdes pertes, comme le choléra en France entre 1832 et 1854 (143 000 morts). Cependant rien ne dit que le virus ne restera pas en nous en embuscade sous forme inactive.



(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_scientifique_Covid-19https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_scientifique_Covid-19

(3) Ironie des mots, l’économie mondiale telle une mécanique se grippe. Comme, en France, on a coutume de nommer l’Influenza.

(4) Toute croyance est en soi respectable. Le danger est de lui adjoindre le label scientifique. Car le risque est de faire de la science la seule croyance acceptable. Nos hommes politiques, hélas, tombent dans ce panneau.



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Os court :
« La réalité ne pardonne pas une seule erreur à la théorie. »  

Léon Trotski

 

Exploiter son confinement (Exmed)


   En toute chose, malheur est bon dit-on volontiers. Corona modèle 2019 nous impose sa loi. Si on tentait de comprendre comment nous avons fait, et surtout pourquoi, afin de nous trouver paralysés par son minuscule piège paralysant ? 
Voici, si vous en acceptez la lecture la LEM 1163 : La guerre sous la guerre.

François-Marie Michaut


23-24 mars 2020

19 mars 2020

Et de 1000 résiliants (Exmed)


En France, le compte est fait. Ils sont plus de 1000 à être sortis du Covid19 identifié par les médecins ( Le Parisien du 19 mars 2019. Vivants à 98% qui plus est. Deux chiffres simples pour situer objectivement ce que nous savons, pour l’instant, de cette maladie que nous ne connaissions pas.


   Certes les soignants méritent toute notre reconnaissance pour leur travail. Il serait également normal de s’émerveiller de la remarquable résilience du corps humain devant un mal qui dépasse les compétences de la médecine.
  Guérir quand la médecine est impuissante, ce n’est pas neutre.

  Oserons-nous invoquer l’effet  placebo de la prise de paracétamol, ou celui de la prise en charge médicale des malades ?
« Puisque ces mystères me dépassent, feignons d’en être l’organisateur» disait Jean Cocteau.


François-Marie Michaut
20-22 mars 2020

17 mars 2020

Démédicaliser nos cerveaux
 (Exmed)

     Polariser les esprits sur les seuls aspects médicaux de la progression du cheminement de notre coronavirus, c’est empêcher le public de prendre en compte la dimension de la crise mondiale actuelle. Nous voyons s’effondrer sans prévenir ce dont nous étions si fiers. Travail de millénaires d’évolution biologique et culturelle de notre espèce brutalement freiné : du jamais vu.
Le confinement obligatoire et le repli qui nous sont imposés ont, au moins, un mérite.
   Celui de nous fournir le temps de nous poser la seule question sérieuse.          Que devons-nous faire collectivement et individuellement pour ne pas commettre demain les erreurs, ou la même erreur, qui nous ont/a conduit au clash que nous vivons avec stupéfaction ? 
La réponse dépasse tellement le cadre de la médecine, et de la technoscience en général.

   Faute de faire cet effort et de ne se consacrer qu’à l’aspect sanitaire de cette crise planétaire, que nos dirigeants y soient très attentif, c’est bien entrer « en guerre» comme le martèle le président Macron. Mais en se trompant d’adversaire : le virus du moment n’est qu’un révélateur impitoyable de ce que avons construit avec tant d’orgueil et qui ne tient plus debout.


L’ennemi, c’est nous tels que nous sommes.

François-Marie Michaut
18-19 mars 2020

15 mars 2020

BLABLABLAVIRUS 
 (LEM 1162)

Sauve-qui-peut, alerte ! Il sème la panique,
Il s’infiltre partout et des pôles aux tropiques,
Il bloque l’industrie, il tue l’économie ;
Et pas juste en Corée, en Chine ou Italie !

Vous dormez mal la nuit ? Vos idées sont brouillées ?
Vous avez mal au foie ou vous souffrez des pieds ?
L’ascenseur est en panne ? Il fallait se méfier :
« Le coronavirus aura tout irradié ! »

Vous vous sentez vieillir, vous êtes fatigué ?
Le dos se courberait ? Les genoux trop pliés ?
La poitrine qui tousse et les hanches rouillées :
« Le coronavirus aura tout mélangé. »

Les J.O. de Tokyo, les fêtes entre amis,
Les pièces de théâtre ou épreuves de ski,
Les mariages et les matches ou rencontres de sport,
Se sentent menacés par ce dur coup du sort.

« Tout ça est de la faute à ces populations
Qui changent de pays avec leurs infections.
Pourquoi rester aveugles à la désolation
Que nous vaut tous les jours la mondialisation ? 
»

Toute l’opposition nous avait prévenus 
« Sans fermer les frontières on invite l’intrus. »
Mais il y a des siècles, ceux-là l’ont oublié,
La peste noire a tué un tiers d’humanité…

Pourtant, chez nous, en France, on aurait pire encore
A croire ceux qui crient et les scandales adorent ;
Tout irait de travers, même l’air qu’on respire
« Et c’est le président qu’il faudrait interdire. »

« Si l’on pouvait trouver un bon bouc émissaire
Tous ces sombres complots perdraient tout leur mystère
... »
On prend des précautions : de trop ou pas assez ?
Dans les deux cas, c’est sûr,  « c’est une absurdité ! »


« Et si l’épidémie n’était qu’une basse invention,
Que le gouvernement en perfide intention,
Avait favorisé pour mieux faire passer
Ses réformes en cours, dures à faire avaler ? 
»

La rumeur est virus détruisant nos défenses
Qui nous immunisaient contre les influences.
Ni les juifs, ni l’islam, ni le gouvernement,
Ne peuvent être accusés de ces évènements !

Un quinquennavirus, un bruxellovirus,
Un mondialovirus, un patronnavirus
Auraient pourtant été de bons souffre-douleurs.
Un climatovirus est sans doute meilleur...

            Jacques Grieu

             

Os court :

« Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine... mais pour l’univers,je n’ai pas la certitude absolue. » 

  Albert Einstein



Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1162    

16 mars 2020
                                                               
                                          

Le pire : ne pas en rire
 (Exmed)

     Les conséquences psychologiques du climat général morbide qui accompagne le cheminement d’un certain COVID19 ne sont et seront pas nulles. Pas de vaccin, pas de médicament chimique, pour les prévenir ou les soigner.
 

     Si. Pour les gens (vraiment) sérieux : l’humour. Jacques Grieu s’y attelle avec BLABLABLAVIRUS .

 
Bonne lecture, et sans modération, de la LEM 1162.

François-Marie Michaut

16-17 mars 2020

13 mars 2020

Le grand bug est là (Exmed)


  Le grain de sable Corovid19 est en train de bloquer tous les rouages subtils mis en place par l’ingéniosité spectaculaire de l’espèce Homo Sapiens Sapiens. Déclarer la guerre au méchant virus responsable est insuffisant. Car il n’est que le déclencheur d’une maladie systémique bien plus profonde. Une partie de nos capacités s’est hypertrophiée. Au détriment d’une autre partie que nous ne voyons même plus, la considérant comme négligeable. 
  

  Le message est obscur ? C’est pourtant pas pour faire joli. que nous avons besoin de deux hémisphères cérébraux et de deux bras et deux jambes.  Débogueurs du réel, courage, et au boulot.


François-Marie Michaut

13-15 mars 2020


10 mars 2020

Château de cartes (Exmed)

  Un modeste virus - Coco pour ses copains - faisant avec talent son travail de multiplication dans des cellules humaines et, de cause à effet s’enchainant, nous voyons se répandre en tâche d’huile une panne contagieuse de toutes nos activités.
Immense stop d’une croissance sanctifiée  dont nous pensions être devenus les seuls maîtres.



   Devons-nous comprendre que c’est toute notre culture contemporaine qui a la fragilité d’un château de cartes ? Et que s’acharner à que les choses dans nos têtes reviennent comme avant est simplement suicidaire ? 


  La fin des temps, juste un virus qui fait une escapade : aucun prophète apocalyptique ne semble avoir songé à ce scénario !


François-Marie Michaut
11-12 mars 2020

08 mars 2020

Esclavage ou libération
 (Exmed)

   La question de la relation entre l’être humain et les multiples connections numériques qui l’enserrent  ne concerne pas que les experts labellisés.

   C’est une affaire personnelle qui a obligatoirement un impact sur notre santé au sens le plus large du terme. Donc qui dessine ce que sera notre futur.  La LEM 1161 e-Responsabilité vous convie à son voyage dans ce domaine encore peu exploré.

François-Marie Michaut
9-10 mars 2020

e-Responsabilité 
(LEM 1161)

                                                          
                                        
     Notre espèce a connu une étrange évolution. Un jour, le langage articulé transmissible est survenu à notre espèce. Quand, comment, pourquoi, les sciences n’en disent rien.  Puis, il y a quelques millénaires ( Summer, sud de l’Irak vers - 3400), l’usage de l’écriture avec l’invention des alphabets s’est répandu. Les techniques d’automatisation, dans le sillage des xylographes extrême-orientaux (1), sont attribuées à Gutenberg depuis 1450. Puis, fille inattendue de l’industrie militaire américaine au moment de la Guerre Froide dans les années 1970, la «Révolution numérique» (2) nous a envahis.
Nous voici donc tous devenus tributaires, pour ne pas dire serviteurs ou victimes, de l’univers numérique. Les fameuses autoroutes de l’nformation, selon l’expression du vice-président des Etats-Unis Al Gore (3).
Ce balayage théorique sommaire ayant été infligé au lecteur, il est en droit de se poser une question.

   Qu’est-ce que je viens faire, moi citoyen de 2020, branché comme les autres et parce que les autres le sont, dans ce qui ressemble bien, merci Molière, à cette galère ? On ne cesse de me vanter la vie de rêve que peuvent m’apporter tous ces objets magiquement connectés, ces fouletitudes d’applications informatiques sans lesquelles, j’en ai un peu honte, je vivais fort bien avant de les connaître.

   Nos prédécesseurs, depuis la révolution industrielle du milieu du XIXème siècle, furent tellement persuadés que notre humanité gommerait peu à peu toutes ses imperfections et ses impuissances grâce au progrès matériel généré par les sciences et les techniques. Beaucoup de rêves, beaucoup de promesses exaltantes, le temps de la modernité travaillait pour nos lendemains. Cette belle foi qui s’est largement fissurée au fil des ans quand nous avons pris la mesure des conséquences destructrices  entrainées par nos façons d’agir. La médecine a vécu dans la douleur, ce qui est devenu pour la presse, ses séries de scandales sanitaire. Puis vint sans retour possible la conscience écologique nous enseignant que nous ne pouvions pas tout faire au seul prétexte que nous savons le faire sans mettre en péril notre planète terre (4).

   L’accès au maillage numérique de la planète est quasiment à la portée de tout humain sachant lire et taper sur un clavier. Chacun accède ainsi à un pouvoir simplement inimaginable à nos proches ascendants. Celui de pouvoir écouter n’importe qui et n’importe quoi sur la planète, comme si la distance n’existait plus. Non content de n’être qu’un récepteur, nous voici devenus chacun, de gré ou de force, un simple clic suffit, un émetteur. Que de portes ouvertes enfoncées, dans ce constat. Mais la plongée dans le monde numérique se faisant de plus en plus tôt dans la vie, et la précipitation une façon d’être, nous n’en avons pas tous clairement conscience.

   Cette parole dont la capacité nous est donnée dès l’enfance n’est pas seulement celle d’un jeu. Elle est, peu importe sa forme et ses moyens d’expression, une vraie parole. Nous en avons perdu la mémoire (5), mais la parole a toujours été une arme puissante . Elle peut tuer tout aussi bien qu’elle peut sauver une vie parce qu’elle a été proférée et reçue par l’autre, ou les autres. Mais la loi n’a pas jugé bon d’instaurer un permis de parler comme elle impose un port d’arme ou un permis de conduire.

   Parler, cela se fait aussi sans parole. Transmettre largement ce que dit ou montre quelqu’un d’autre, c’est se faire le complice objectif de l’intention souvent toxique du lanceur de contenu. Le harcèlement informatique n’est pas un jeu anodin. Même la participation à certains échanges pervers sur les réseaux sociaux engage moralement qui y participe. Et le fait de dire que c’est de l’humour est une pitoyable défausse. Toute approbation, aussi anonyme soit-elle, constitue un encouragement pour n’importe quelle expression.

  Décréter que c’est aux parents, ou aux enseignants, de former les jeunes à une attitude responsable devant les écrans tentateurs,  c’est une évidence. Mais c’est à tous ceux qui savent combien il est difficile de ne pas se faire manipuler de parler clairement des effets toxiques de nos merveilleuses machines et de nos prétendus services. Chercher à devenir e-responsable - le chantier est vaste - n’est-ce pas, en égoïsme bien compris, oeuvrer à construire et protéger sa propre liberté  de penser et d’agir?
Si cela pouvait un jour devenir contagieux, quelle bénéfique épidémie collective ce serait !
 
 _______________________

Notes :

(1) Chine, Corée, Japon entre 642 et 770 lien

(2) Article critique très documenté sur La Révolution numérique disponible sur wikipedia
               
(3) Paul Fabra, Les autoroutes de l’information ( Les Échos,  20 janvier 1995) Lien 

(4) Les jeunes générations, en dehors de toute personnalisation à visée  médiatique, osent le manifester sans ambiguité aux adultes.

(5) La malédiction, comme la bénédiction, étaient traditionnelement censés entrainer une action destructrice ou protectrice d’une puissance supérieure envers quelqu’un.


                                                                   François-Marie Michaut


Os court :

«  L’homme est aujourd’hui tellement fasciné par le kaléidoscope des techniques qui envahissent son univers qu’il ne sait et ne peut vouloir rien d’autre que de s’y adapter complètement. »

                   Jacques Ellul 

( 1912- 1994 sociologue, historien du droit et théologien)


Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1161    


9 mars 2020
    

05 mars 2020

Si le silence est d'or (Exmed)

  Nous sommes alors bien pauvres, harcelés comme nous le sommes derrière nos écrans numériques par ce qui se prétend être de l’information. Hélas, nos neurones n’ont pas encore eu le temps de s’adapter à cet environnement anxiogène qui jamais ne se lasse.

  

  À quand des cures de silence prescrites par de lucides médecins ? 

À moins que l’industrie pharmaceutique n’ait quelque mirifique panacée dans ses cartons ?



François-Marie Michaut
6-8 mars 2020

03 mars 2020

La maladie n’est pas un jeu

 (Exmed)

   Des initiatives à visée caritative pour collecter de l’argent pour «lutter contre» tel ou tel «fléau» jouent cette carte sans état d’âme. La curée médiatique chauffée à blanc par le goût du spectacle s’est emparée de l’attention du public avec le, virologiquement médiocre à ce jour, COVID 19.

 

  Scientifiquement, notre plage d’ignorance et d’impuissance devant cet envahisseur est considérable. Camoufler cette réalité, sous un flot de mises en scène dignes de téléréalités, est tromper les esprits en les manipulant. Donner une vision systémique globale de ce grain de sable inattendu dans les rouages de notre quotidien serait tellement moins abrutissant !


François-Marie Michaut
4-5 mars 2020

01 mars 2020

Vraiment si Sapiens, cet Homo ? (Exmed)

   

Jamais, merci la  dictature technologique, nous n’avons disposé en même temps de tant d’accès aux stocks de connaissance et de capacité de se faire entendre de toute la planète. 

 

  Quelques minutes d’arrêt, juste pour lire et s’interroger sur notre réalité, est-ce trop demander ?

  

   Voici la LEM 1160 de Jacques Grieu, avec son étrange déclaration. IGNORAMUS.   Stimulante lecture, en vérité.


François-Marie Michaut
2-3 mars 2020

IGNORAMUS
 (LEM 1160)


A l’ère du smart-phone ayant réponse à tout,   
Parler de l’ignorance est un sujet tabou.
L’homme le plus ignare, en consultant le web,
Croit en savoir bien plus que la vulgaire plèbe.

Car l’ignorance est vice, une tare honteuse,
Qu’il n’est pas de bon ton d’avouer si piteuse.
Alors, on se la cache, aux autres on la déguise,
Sans voir qu’on la dévoile en honteuse bêtise…

Confesser qu’on ignore est un acte de foi :
Le cacher plusieurs fois, chacun s’en aperçoit.
L’ignorance des peuples engendre des postures,
Un faux nationalisme et puis... la dictature.

Ignorer que soi-même, on est un ignorant
Est la pire ignorance échue aux suffisants.
Mère des traditions encombrées d’évidences,
Elle est le germe lent de noires intolérances.

Pire que l’ignorance est l’orgueil du savoir
Qui aime s’admirer à grands coups d’encensoir.
Souvent la conséquence d’obscures habitudes,
Il barre tout progrès et empêche l’étude.

L’ignorance, dit-on, est mère de tous maux
Et telle qu’un tyran, nous mène à des fléaux ;
Pourtant, c’est bien souvent qu’elle fait l’opinion,
Les rumeurs, fake news, et affabulations.

Et si, de l’affreux vice, on prenait la défense,
Et que, de la vindicte, on sauvait l’ignorance ?
Des siècles il nous faudrait remonter les séquences,
Pour voir dans quel esprit a progressé la science…

On croyait tout savoir : nul besoin  de chercher ;
Les Dieux, les Ecritures , avaient tout expliqué.
Vouloir aller plus loin, relevait du péché,
Et de hardis génies en furent empêchés.

C’est quand on découvrit tous nos puits d’ignorance
Que la science moderne entama son avance.
L’aveu  de tous nos doutes obtint consécration
Qui fit que tout savoir se remit en question .

Aucune vérité n’est jamais absolue
Et même aucun problème à jamais résolu.
Les certitudes acquises et souvent religieuses,
Tombèrent d’elles-mêmes en se montrant trompeuses.

Savoir son ignorance aide à la mieux juger
Et qui alors n’est plus l’ignorance attestée.
L’ignorance nous mène à la diversité
Dont la science permet de voir l’immensité .

Estimer pour chacun son degré d’ignorance,
Devrait être un moyen de voir ses compétences,
Un critère objectif et non pas négatif
Pour guider ses actions avec indicatif.

Savoir qu’on ne sait pas est la clef du savoir
Orientant la recherche et ouvrant des espoirs.
Alors, je revendique un droit à l’ignorance,
Condition assumée pour que ma tête pense…

                            Jacques Grieu

    
               

Os court :

«   Nous répugnons à savoir, parce que savoir signifie changer. » 
 


Ruth Dreifuss
(première présidente de la Confédération Helvétique en 1998)


Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1160    

2 mars 2020
                                                                     
                                          Jacques Grieu

PETITS SOINS (LEM 1244)

   «  Elle eut soin de se peindre et d’orner son visage Pour réparer des ans, l’irréparable outrage  » Le soin qu’elle y mettait, avec solli...