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dimanche 19 janvier 2020

Neutraliser les mots qui tuent (Exmed)

   Les effets destructeurs immédiats de nos petites machines à diffuser sans frontière et sans aucun filtre ce qui passe par nos têtes nous sautent à la figure. L’actualité nationale est devenue le haut parleur de ces appels à la haine.
  

   Les mots peuvent faire tuer, les mêmes mots utilisés autrement peuvent aider à vivre et à se sentir moins malheureux. Jacques Grieu, dans sa LEM 1154 au titre intrigant de FILLE À RETORDRE  FILE à FILLE en fait une lumineuse démonstration.


François-Marie Michaut,

20-21 janvier 2020

FILLE À RETORDRE - FILE à FILE (LEM 1154)


Si fins que soient les fils, il sont fort importants
Et tiennent dans nos vies des rôles éminents.
Quand de fil en aiguille, on cherche dans nos mots
On mêle fils et filles en curieux quiproquos.


On a les fils d’Ariane, et le fil barbelé,
Aussi le fil à plomb et le fil de l’épée,
Et le fil à la patte ou à couper le beurre
Et le fil de la vie coulant au fil des heures…


Si la fille du ciel est l’abeille affairée,
Les filles du printemps sont des fleurs parfumées...
Si les fils de la Vierge émanent d’araignées,
Garage en double file est faute sanctionnée.


Bien du fil à retordre entrave nos réformes
Qui, au fil des manifs, se scindent et se déforment.
La file des râleurs s’agite dans le vent
Mais ses faux objectifs sont cousus de fils blancs.


Le plus beau cerf-volant, au ciel a beau monter,
Il reste asservi au fil qui l’a créé….
C’est quand la vie ne tient qu’à un fil si fragile
Qu’on sent que sa pelote est un bien si utile.


Dans les rues de Bombay, la peur est parfois reine :
Des femmes y croise-t-on marchant en file indienne ?
De qui, la vieille fille, est-elle donc la veuve ?
Mais du célibataire, on en voit bien la preuve !


On peut bien renouer le fil qui est cassé,
Mais toujours, au milieu, un noeud sera resté.
La vérité, dit-on, est la fille du temps ;
Mais qui serait le père ? Est-ce celui qui ment ?


Dans ma tête, les filles, en mélangeant les fils,
Avec leurs digressions m’ont fait perdre le fil...
Mon fil rouge est rompu et sa trame dénouée,
Et c’est au fil de l’eau que voguent mes idées.


Pour calmer la tempête, il faut filer de l’huile ;
Il vaut mieux que j’arrête et rentre à domicile…
C’est la fille de l’air ma bonne solution;
Je coupe ici le fil de toute discussion !

                      Jacques Grieu
 

 

Os court :

«   Filles, voyez l’épi de blé : quand il est beau, il baisse le nez. »


Michel de Montaigne (1580)


Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1154   

20 janvier 2020
                                 

jeudi 16 janvier 2020

Prions (Exmed)


   L’encéphalite spongiforme bovine, plus connue sous le nom de maladie de la vache folle a fait trembler les foules et exterminer des troupeaux entiers dans les années 1990. Le prion, agent infectieux très mystérieux, ni bactérien, ni viral, responsable de la redoutable et fatale maladie humaine de Creutzfeld-Jacob, n’a pas disparu. Le temps a passé et nos mémoires ont oublié. La recherche sur les maladies à prions semble être passée aux oubliettes avec l’interdiction de l’usage des farines animales.

   Et pourtant en Amérique du Nord comme en Finlande et en Norvège, les cervidés sont touchés par une maladie à prions entrainant leur dépérissement chronique (Source Lemonde.fr 16 janvier 2020, Vincent Béringue INRA).
Ne jamais sous estimer l’adaptabilité du réel est peut-être sage.


François-Marie Michaut,

17-19 janvier 2020

mardi 14 janvier 2020

Museler professeurs et médecins
 (Exmed)

  Ils se sentent mis sous tutelle administrative laminante les uns et les autres. Le savoir qu’ils ont acquis après de longues et sélectives études ne semble plus présenter aucune valeur pour diriger leur propre métier. Ce mépris de la valeur des hommes de connaissance, si répandu dans toute la société et ses échanges numériques, est destructeur pour la collectivité toute entière. 


  Faut-il créer, comme pour nos amies les bêtes, une société protectrice des intellectuels ? Mais, mille excuses, le terme même d’intello est devenu une insulte.


François-Marie Michaut,

15-16 janvier 2020

dimanche 12 janvier 2020

Systémique de la haine (LEM 1153)

                    
                               
   Les propos diffusés sur les plateformes numériques, confortés par les images publiées avec complaisance sur nos écrans en témoignent. Les manifestations de haine, jusqu’aux plus extrêmes, tiennent le haut du pavé des expressions de nos pensées (1). Faisons ici le choix, en fait habituel aux médecins dans leur travail, de laisser de côté la valeur morale ou immorale, bonne ou mauvaise d’un tel sentiment.
   Dans la LEM 1013 du 1er mai 2017 ( L’arme de la haine ), j’avais proposé une première approche. Une lecture récente m’a bouleversé, en commençant par la puissance de son titre : « Vous n’aurez pas ma haine
» (2).
      Telle une maladie infectieuse, la haine présente un fort potentiel de contagiosité. La célèbre vendetta méditerranéenne  et balkanique transmise de génération en génération le traduit bien.
   Nous voici au coeur du problème : une boucle circulaire. La haine manifestée génère la violence, la violence génère la vengeance et la vengeance fait le lit de la haine (3).
   Chaque humain, durant sa vie, se sent victime des façons de faire ou d’être d’autrui. Notre tendance bien naturelle est de nous recroqueviller dans une position de victime. D’abord en tentant de faire reconnaitre le plus largement possible autour de nous que notre souffrance n’a qu’une source : la haine qui nous a été manifestée. C’est de la faute de l’autre si ma vie est fichue, moi je n’y suis pour rien. C’est une réalité bien décrite par le psychiatre Paul Watzlawik (4)
      Pas de solution en vue autre qu’une escalade conduisant à la destruction de la fragile branche Homo Sapiens Sapiens sur laquel nous sommes assis. Pas le moindre fil d’Ariane pour sortir de ce cercle mortifère ? Au fil de mes lectures, je suis tombé sur un petit livre étonnant (5). Voici le titre de son chapître 6 : Pourquoi le pardon est-il (hélas) l’unique solution ?



Faire aussi longtemps que possible l’effort de ne plus avoir uniquement en tête la souffrance qui nous a été infligée. Autrement dit ne pas répondre en s’enfermant soi-même dans une sorte de «contre-haine».
Pas pour être bon, ou vouloir passer pour tel, ce qui est mission impossible mais par égoïsme pur et dur. Oui, pour se protéger soi-même. Mais de qui ? Le psychiatre américain cité plus haut le révèle lumineusement : de soi-même.

 Comment y parvenir ? Pas de coaching miraculeux, de recettes extérieures toute faites , de neuromédiateur à bricoler, juste un cheminement personnel à découvrir et à cultiver avec ce que la vie veut bien nous permettre de rencontrer sur notre route. Lisez la fin de son livre et vous comprendrez que pour notre romancier new-yorkais ce fut ... l’apprentissage du patin à glace au Québec.

  À l’isssue de ces quelques lignes, le lecteur est en droit de se demander si cela le concerne de façon pratique, dans sa vie personnelle comme dans son activité professionnelle. Sans hésitation, je pense que oui. La haine se comporte comme un redoutable agent d’autodestruction pour toute personne ( «responsable», «complice», «victime») prise dans son engrenage. On est bien dans une question de santé insoluble dans aucun système d’intelligence artificielle.

    François-Marie Michaut, 13 janvier 2020

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Notes :



(1) Ce qui ne veut pas dire que rien d’autre ne s’y exprime !


(2) Michel Leiris

(3) Cf la notion de prix du sang, la diyya dans la Charia islamique. Prévu également pour, enfin totalement contre, les femmes qui avortent.


(4) « Faites  vous-même votre malheur» Seuil 1984, où « comment faire de soi-même son pire ennemi ?» P. Watzlawik


(5) Douglas Kennedy, Toutes ces grandes questions sans réponse, Traduit par Bernard Cohen,Belfond 2016 édition Pocket 2017.

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Os court :
« En opposant la haine à la haine, on ne fait que la répandre, en surface comme en profondeur. »
  
Gandhi


Lettre d'Expression médicale 1153

Champion du plus mal être (Exmed)

   
Il nous est tellement vendu de recettes pour assurer notre santé, notre sécurité, notre Bien-Etre, qu’il est temps de regarder avec attention ce qui est le plus destructeur de nos existences. 
 
  La LEM 1153 vous convie à sa Systémique de la haine.

Bonne lecture aux curieux.


François-Marie Michaut,
13-14 janvier 2020

jeudi 9 janvier 2020

Arrêt de travail thérapeutique (Exmed)

   
En Allemagne comme en France, un site Internet fournit à qui veut, et sans aucune justification, des arrêts de travail de un à trois jours.
   Aurions-nous perdu de vue que les médecins ont besoin pour soigner les malades d’autre chose que de médicaments, d’examens complémentaires, d’hospitalisations et de chirurgie ?

  Que leur instrument le plus important est de l’ordre de l’échange avec l’autre en difficulté ?

 Et enfin que prescrire un arrêt de travail, au même titre que des conseils de vie, est un acte thérapeutique à part entière dont le médecin traitant est l’unique responsable ?

François-Marie Michaut,


10-12 janvier 2020

Neutraliser les mots qui tuent (Exmed)

   Les effets destructeurs immédiats de nos petites machines à diffuser sans frontière et sans aucun filtre ce qui passe par nos têtes nous ...