mardi 19 février 2019

Médicaments britanniques (Exmed)

    
Nos amis malades d‘0utre-Manche ne sont pas rassurés. Selon Le Monde du 18 février 2019, sous la plume d’Eric Albert Publié, la survenue du Brexit provoque l’inquiétude. En particulier pour les diabétiques craignant de manquer d’insuline. Les Britanniques achètent à l’Union Européenne deux médicaments sur trois et un équipement médical sur deux nous rappelle le quotidien.

   Au fait, de quels pays lointains nos industries du médicament sont-elles totalement dépendantes pour se procurer les produits de base indispensables à la fabrication  de nos remèdes ? En France, les ruptures de fabrication de multiples produits, dont des vaccins aussi  indispensables que celui du tétanos, sont déjà notre quotidien.


  Situation fragile de dépendance, difficile de penser autrement.

François-Marie Michaut
Exmed 20-21 février 2019

dimanche 17 février 2019

Tableau de l'I.A. ( Exmed)

   
Le déferlement bruyant des marchands d’intelligence artificielle (IA) pour tout et n’importe quoi ne doit pas nous rendre idiots. Jacques Grieu en a fait un tableau de peinture haut en couleur qu’il présente ici avec ses commentaires.

   La fille de notre intelligence humaine n’est pas la soeur de notre cerveau. Elle mérite cependant que nous la prenions avec le plus grand sérieux : l’avenir d’Homo Sapiens Sapiens en dépend.

Voici la LEM 1107 : Intelligence artificielle : essai d’illustration.


François-Marie Michaut 18-19 février 2019

Intelligence artificielle : essai d'illustration ( LEM 1107)

                                  







           Intelligence artificielle : essai d’illustration 


                                                    Jacques Grieu


                              Tentative de décryptage du tableau

                                      (vu par l'auteur) 



    Les courbes centrales subtiles et complexes( à plusieurs faces) de l'esprit humain et de ses émotions sont encerclées,
dominées, supplantées, par la rigueur électronique, inflexible et robotisée, d'une IA dont les limites extrêmes ne sont pas
toujours clairement perceptibles. C'est pourtant sa propre création (triangle jaune).
    Dans tous les domaines les sombres étincelles de cette IA, explosent brutalement en multiples directions envahissantes et
donnent naissance à des concepts apparemment innovants qu'on peut croire lumineux . Mais qui naissent un peu partout,
spectaculaires, aux 4 coins du savoir,  sans discernement ni contrôle réel.
    Le tout sur un fond également bien sombre  attaquant insidieusement la peau de chagrin d' un héritage culturel du libre
arbitre qui, fissurée, trouée, se fragmente et rétrécit inexorablement ...
       Avant, probablement, de disparaître (?)       
                                                                   Jacques Grieu



                                    
                                              Tableau de  J. Grieu (droits réservés)

Os court ;
«   La tristesse de l’intelligence artificielle est qu’elle est sans artifice, donc sans intelligence. »
  Jean Baudrillard  (1929-2007, philosophe français)

Lettre d'Expression médicale 

LEM n° 1107 
http://www.exmed.org/archives19/circu1107.html
      18 février 2019 

vendredi 15 février 2019

Antisémitisme, étiologie d’urgence (Exmed)


   Des étudiants en médecine sont contaminés par une haine dénoncée par la Conférence des doyens de faculté de médecine en France ( source : blog de Jean-Yves Nau.


   Agiter le martinet des sanctions juridiques est-il de nature à ce que chacun prenne le temps de comprendre les racines profondes de l’éxécration si tenace de tout ce qui est juif ? Depuis plus de 2000 ans ce peuple pas comme les autres subit le même sort de tentative d’éradication et survit. Double question de fond : pourquoi est-il si «dérangeant» depuis si longtemps ? Pourquoi a-t-il réussi à «survivre» malgré toutes les tentatives les plus atroces d’ «élimination» au fil de l’histoire ?

François-Marie Michaut 
Exmed 15-17 février 2019

mercredi 13 février 2019

Si bêtes que ça ? (Exmed)

   Voici le gros titre du Quotidien du médecin du 13 février 2019 : « L’Intelligence artificielle, une chance pour les médecins ? » Notons d’abord la déférence quasi sacrée accordée par le rédacteur au mot intelligence en le dotant d’une majuscule ( L’ Intelligence artificielle ).

     Les médecins qui nous soignent sont-ils tellement dépourvus de capacité cérébrale de compréhension, malgré leurs longues et difficiles études, qu’ils sont totalement démunis s’ils ne sont pas aidés par un appareillage électronique ? Si les un et les zéro se mélangent les pinceaux, que deviennent les pauvres humains ?

François-Marie Michaut  

Exmed 13-14 février 2019

dimanche 10 février 2019

Surdiagnostics (LEM 1106)

                                    


                                       

                                                 
       Mes oreilles d’enfant d’une famille non médicale furent frappées par le certificat de compétence accordée par les adultes à notre médecin traitant : il a un bon diagnostic. Certitude rassurante d’être entre les meilleures mains du pays le jour où la maladie frappera à la porte.    Il est vrai que savoir donner un nom à une maladie répertoriée en lisant à travers les symptômes anormaux d’une personne comme dans un livre n’est pas une capacité donnée à tout le monde. Diagnostiquer, c’est, merci le grec savant, connaitre à travers. Voyance extralucide ?
En un siècle, purement issue de l’examen clinique avec ses phases rituelles d’interrogatoire, d’inspection, de palpation, de percussion et d’auscultation, la démarche diagnostique s’est enrichie des découvertes technoscientifiques  les plus étonnantes. Chacun en entend parler tous les jours, sans obligatoirement savoir de quoi il s’agit exactement. Le niveau général de connaissances des choses médicales, même chez des gens très diplômés, demeure fort rudimentaire (1).

      L’invasion des techniques d’imagerie, des endoscopies, des bilans biologiques systématiques, des directives de bonne pratique, des arbres de décision, de la profusion des incitations thérapeutiques sous la pression de l’industrie pharmaceutique nous a fait sombrer dans un autre univers. Celui de la médecine objet de consommation.
Les hôpitaux sont conçus comme des usines à produire des soins : ses différents rouages doivent tourner avec la plus grande productivité possible. Les utilisateurs n’ont plus rien à demander : il sont devenus la matière première d’une énorme machine.

    La machine-à-soins , une fois que vous y êtes entré, ne se soucie plus beaucoup de ce qui vous a fait faire appel à elle. Peu importe le diagnostic d’entrée, votre histoire, vos symptômes, vos attentes ou vos craintes, vous devez être bilanté (2). Chaque anomalie repérée entraine à son tour une chaine d’investigations complémentaires jusqu’à ce qu’un diagnostic soit posé. Une telle façon systématique de faire (3)  tourner la machine-à-soins, et d’une certaine façon justifie son «plateau technique». Son coût est probablement exhorbitant, mais cela n’inquiète guère. La santé n’a pas de prix dit l’adage populaire.

Mais est-ce bien de santé dont il faut parler ici ? Parce que, qu’est-ce qu’on en fait de tous ces diagnostics péchés à la ligne, ou plutôt au chalut (4) ?
L’histoire du dépistage systématique à la française du cancer du sein est une bonne illustration de... ce que nous ne savons pas. Cécile Bour, radiologue, en toute liberté d’expression et en se mettant du côté des femmes, fait un point remarquable de la question sur son site Cancer Rose. 
Être soigné, pas toujours sans risque, de maladies qui demeureront muettes toute votre vie est-il bien raisonnable ? Vivre sereinement avec l’étiquette d’une maladie potentiellement mortelle, qui est assez héroïque pour le faire ?

   La médecine a longtemps conservé une tradition de secret. Parler latin entre confrères, ne pas prononcer certains mots devant les malades, souci de garder pour soi des informations trop désespérantes, c’est ce que nous avons fait. La mode, directement inspirée du puritanisme anglosaxon, de la transparence (5) à n’importe quel prix, a gagné nos habitudes.

    Et bien maintenant, à nous de nous débrouiller avec cette médecine qui tourne toute seule autour d’elle-même. À une seule condition :  celle de lui fournir la matière première humaine dont elle se nourrit. Combien de temps allons-nous nous laisser traiter comme une banale matière première dépourvue de toute conscience ? Longtemps encore nous comporterons-nous comme des fournisseurs  muets d’une telle industrie ?
La santé n’est pas une marchandise, la santé n’est pas un bien de consommation, la santé n’est pas un objectif politique, la santé n’est pas un droit. Elle n’est pas une réalité ni un projet, elle n’est qu’un désir, elle n’est qu’un rêve. Alors imaginer y parvenir en multipliant à l’infini de ce qui est techniquement faisable les interventions médicales ne peut être qu’une dangereuse  illusion. En France, 34 200 décès iatrogènes par an (6) ce n’est pas rien.

François-Marie Michaut

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Notes de l'auteur :


(1)  Réalité souvent peu perceptible par les cliniciens, tant le vernis de connaissance diffusé en profusion par Internet, les livres de vulgarisation  et la presse peut faire illusion.  Reformuler ce qu’on veut faire comprendre et être attentif au retour pour eviter les quiproquos. n’est pas un luxe.  

(2) Le verbe «bilanter» est un vilain néologisme du jargon médical signifiant l’action de faire passer un bilan. Donc  imposer de façon systématique tous les examens dits de routine à un malade, cet ensemble servant de fondation au sacro-saint dossier numérisé.  

(3) Ne pas oublier que les médecins doivent aussi se protéger des accusations en justice qui peuvent être portées contre eux s’ ils ne procèdent pas à toutes les investigations possibles. L’épée de Damocles de la responsabilité médico-légale est un danger constant.

(4) F-M Michaut, Carottage et chalutage,  Feuillets de systémique médicale 4,  LEM 1104 

(5) Vision binaire du pur d’un côté, et de l’impur de l’autre.  Casher ou halal  des aliments dans de grandes traditions.  
                                     
(6) Source Wiki
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Os court ;
«  Ne nous laissez point succomber au diagnostic, mais délivrez-nous des maux de la santé. »
  Ivan Illich 

 Lettre d'Expression médicale n° 1106

LEM n° 1106
 sur le site EXMED

      11 février 2019

La-machine-à-soins (Exmed)

  
Pas un seul moteur ne résiste à fonctionner en sur-régime. Il serait avisé de s’en souvenir quand notre médecine continue de s’emballer comme si c’était sa seule raison d’être.
   La LEM 1106 : Surdiagnostics , puisque des soins en découlent obligatoirement, est une invitation à la réflexion personnelle.

François-Marie Michaut 
11-12 février 2019

Médicaments britanniques (Exmed)

    
Nos amis malades d‘0utre-Manche ne sont pas rassurés. Selon Le Monde du 18 février 2019, sous la plume d’Eric Albert Publié, la surven...