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22 septembre 2020

Décloner nos carabins
 (Exmed)

 
    Le Monde du 22 septembre 2020 ( Soazig Le Nevé ) met en titre de la réforme annoncée des études médicales un terrible : « Jusqu’ici, on fabriquait des clones». Un système jugé par le gouvernement lui-même « un gâchis humain» . Nous qui avons dû devenir de force, au fil des générations, des sortes d’êtres deshumanisés, nous voici devant un défi... surhumain.
Comment, les plus hautement diplômés étant devenus les plus robustement robotisés, allons-nous trouver dans nos rangs des enseignants de taille à «décloner» l’esprit de nos confrères de demain ? Nota : le verbe décloner n’est pas reconnu par les moteurs de recherche.

     Des clonés formant des non clonés, la manipulation ne va pas de soi.
De quels médecins avons-nous besoin ? Pour exercer quels types de médecine ? Pour quelle médecine répondant au mieux aux besoins des hommes, et non des intérêts marchands ou administratifs ?

    Personne - dans un pays se vantant de la qualité de ses soins de santé -  ne semble vouloir soulever avec lucidité ces questions toujours balayées sous le tapis des mesures à prendre d’urgence.

François-Marie Michaut
23-24 septembre 2020
 


20 septembre 2020

MACHINATION (LEM 1189)


La nouvelle tendance, un peu comme une mode,
Est le dénigrement, (voyez si c’est commode ! )
De toutes les machines ou choses automatiques :
C’est l’ennemi, le diable, un diable mécanique.
Est-ce l’effet covid qui ainsi désespère ?
On reparlerait bien d’un retour à la terre…

Moi-même j’ai raillé la machine à penser,
La machine à soigner et celle à informer,
Tous ces automatismes ôtant nos réflexions,
Notre lucidité d’humaine condition.
La machine a bon dos comme bouc émissaire :
Apprendre à s’en servir, sans doute, est nécessaire.
 
La machine détruit l’emploi des travailleurs
Fait un monde factice et cause nos malheurs.
La productivité est son bel alibi
Mais pourtant la croissance halète et s’affaiblit.
Elle est répétitive, aveugle et routinière
Et sa fameuse « I.A. » n’est pas ce qu’on espère.

La machine devait supprimer nos efforts
Mais ne fait qu’en vouloir imposer de tous bords.
Elle nous promettait bien plus de liberté
Mais aura fait de nous des esclaves dorés.
La machine abrutit, empêche la culture
Et, en plus, nous pollue, et salit la nature.


Voici donc la machine habillée pour l’hiver !
Pourtant, réfléchissons. Tentons d’être sincères :
Qui voudrait se passer de machine à laver ?
Qui espère rincer sa vaisselle en évier ?
Qui voudrait revenir au téléphone à pied,
Au porte-plume ancien trempé dans l’encrier ?

Mettre à la voile un mois pour aller aux U.S. ?
Les voyages : à cheval ? le ski : sans tire-fesse ?
Les robots nous évitent un millier de corvées,
Aident la chirurgie, font vivre plus âgé.
L’exploration spatiale aux machines énormes,
Nous fait dans l’univers découvrir mille formes…

Lavoir et serpillère, ravaudage et tricot
On n’entend plus souvent le son de ces doux mots…
Et si bien des poètes en ont la nostalgie,
Laissons les nous chanter ces jolies litanies.
Comme l’aspirateur a tué le balai,
Le confort finira  par tuer les regrets.

On voit bien sous ces airs de noirs dénigrements
Dame consommation exhibant des relents
Que notre société se plait à déplorer.
Mais c’est un faux sujet de pays évolué :
Les enfants du Kenya, quand ils n’auront plus faim,
Diront que la machine est le plus bel engin.

La machine n’est rien sans le cerveau des hommes.
Celui du chirurgien, celui de l’astronome,
Ceux de la ménagère ou bien du boulanger.
La crainte d’un robot nous dictant ses arrêts
En étant vigilants, un conte restera.
La machine sans l’homme ? Elle n’existe pas !

A se faire ainsi peur, les hommes adorent jouer
Mais leurs contradictions finissent par sombrer.
La machine est futée, autant qu’on l’a bâtie
Et au cerveau de l’homme est encore asservie.
Elle saura déjouer cette machination,
Puisqu’elle est le fruit seul de notre intervention.

                                               Jacques Grieu

 
Os court :


«  L’univers est une machine à faire de la conscience. » 
Hubert Reeves

Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1189   21 septembre 2020

 

 

Deus ex machina (Exmed)

     Relation tumultueuse et ambigüe, celle que nous entretenons depuis le théâtre grec antique avec toutes nos machines. La LEM 1189 MACHINATION de Jacques Grieu nous propose d’y aller faire un tour. Un tour bien d’actualité, votre tour bien à vous, qui que vous soyez.



     Les mots écrits vous rasent  assez vite? Que diriez-vous de (re)faire connaissance avec un film muet de 1926 intitulé comme il se doit : Le mécano de la «General» . La signature du grand acteur Buster Keaton est un indice de qualité. Lien  

 Et toute ressemblance avec ce qui se passait il y a un siècle n’est pas fortuite.

 François-Marie Michaut
21-22 septembre 2020

18 septembre 2020

Complainte du nez (Exmed)


  Ayons une pensée pour ceux qui, chaque journée, embrochent sans pitié des milliers de trous de nez.


Mais nez lasse, hélas.

 François-Marie Michaut
18-20 septembre 2020

15 septembre 2020

C'est quoi la peur ? (Exmed)

     Une affaire hormonale trouvant ses origines dans le diencéphale disent les médecins. Mais alors pourquoi nos sociétés mondialisées sont gangrénées par cette perception de leur avenir ? Voici une réponse du siècle dernier qui mérite d’être l’objet d’un examen sérieux.

   « La peur est un des plus grands problèmes inhérent à la vie. Être sa victime c'est avoir l'esprit confus, déformé, violent, agressif, en perpétuel conflit. C'est ne pas oser s'éloigner d'un mode conventionnel de pensée, qui engendre l'hypocrisie. Tant qu'on n'est pas délivré de la peur, on peut escalader les plus hautes montagnes, inventer toutes sortes de dieux, mais on demeure dans les ténèbres.»
     
Jiddu Krishnamurti, classé - à mon avis par défaut - philosophe indien.
 François-Marie Michaut
16-17 septembre 2020

13 septembre 2020

Arrêt sur images (Exmed)

   
Pas celles des médias ou des réseaux d’exposition de nos fatuités, on en est sursaturés. Juste des images qui naissent en nous parce que des mots ont eu le talent de leur donner existence. L’affaire des mots qui créent la réalité nous est bien connue depuis la Bible, ou ses équivalents dans d’autres univers culturels. 

   Mais quelle lecture sommes-nous capables d’en faire ? Littérale, scientifique, symbolique, ou - pardon pour ce mot malodorant - métaphysique ?


Voici ARRESTATIONS de Jacques Grieu, la LEM  1188  pour faire un petit galop d’essai à usage strictement interne.

François-Marie Michaut
14-15 septembre 2020

ARRESTATIONS (LEM 1188)


On n’arrête jamais les arrêts du destin,
Disent, découragés, ceux qui le tentent en vain.
Faudrait-il habiter une maison d’arrêts,
Avoir un chien d’arrêt, pour mieux s’en délivrer ?

Le progrès est risqué, disent les gens timides :
Rien ne peut l’arrêter, disent les intrépides.
Hélas on voit souvent que tout seul, il s’arrête,
Et que ce beau progrès, alors, bat en retraite .

Arrêt-buffet n’est pas un ordre de jeûner,
Et la SNCF n’en est pas accusée.
Si la bande d’arrêt, évoque un gang nouveau,
Son rôle, cependant n’est que pour nos autos.

La Cour rend ses arrêts ? Mais ce n’est pas trop tôt !
Où les avait-elle eu ? Pas gagnés au loto !
Étaient-ils empruntés ? Dérobés ? Achetés ?
De les rendre si tard on devrait protester !

Ces arrêts de la Cour sont si longs à venir,
Que des arrêts… cardiaques ils font parfois subir…
Qu’est-ce qu’arrêt de mort, sinon arrêt de vie ?
Les arrêts de rigueur ne sont pas mieux lotis…

La terre, sans arrêt, continue de tourner :
Pour pouvoir en descendre, on devrait l’arrêter…
L’œuvre d’art, elle aussi, est un arrêt du temps :
Ô, temps, suspend ton vol … Puis repart, en boitant…

Le temps ne tourne pas d’une façon parfaite :
Ralenti samedi, le dimanche, il s’arrête.
S’arrêter, c’est tomber, surtout à bicyclette :
Et pourtant, le dimanche, au vélo, c’est la fête !

Le futur, lui non plus, ne s’arrête jamais ;
En passant au présent, à chaque heure, il renaît.
Le temps va-t-il plus vite en voulant l’arrêter ?
Il devrait s’arrêter pour nous laisser passer…

                       Jacques Grieu
         ________________________
 
 
  
Os court :

«  La plume est l’interprète de l’âme : ce que l’une pense, l’autre l’exprime.  »

Miguel de Cervantès (Don Quichotte)
 

 

Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1188   14 septembre 2020



Décloner nos carabins
 (Exmed)

       Le Monde du 22 septembre 2020 ( Soazig Le Nevé ) met en titre de la réforme annoncée des études médicales un terrible : « Jusqu’ici,...