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dimanche 5 avril 2020

VIRUS (LEM 1165)

                                                            
                        
L’autre jour, dans ma rue, arpentée à grands pas,
(Le pas du confiné) , pour remplir mon cabas,
Je rasais tous les murs, évitant les passants
Et toussant dans mon coude avec un bel élan.

Chez tous les commerçants, on parlait du virus
Tout en s’écartant bien, respectant le blocus.
Où se terrait la bête ? Et on se regardait,
Lorgnant sur son voisin : et si lui, le savait ?

Je revins fort déçu et une fois de plus,
Intrigué et marri de ne pas l’avoir vu.
Existait-il vraiment ? Etait-ce une invention ?
Un gros épouvantail pour les populations ?

Pourtant, tout en marchant, regagnant mes pénates
J’avais la sensation que tel un névropathe,
J’étais bien poursuivi par quelqu’un d’invisible.
Quelqu’un qui se cachait et qui m’avait pour cible…

Et c’est juste au moment où je passais ma porte,
Que soudain, je le vis : un énorme cloporte
Qui me guettait dans l’ombre avec des yeux féroces,
S’apprêtant à charger tel un rhinocéros !

Vite je m’enfermais et, me barricadant,
Sautais sur mes pinceaux tout en me souvenant :
Il fallait qu’aussitôt, je fasse Son portrait
Pour le revoir exact, tel qu’Il est, traits pour traits.

                Jacques Grieu

 
Os court :

« Il resta accroupi toute une nuit glaciale, pelotonné comme un vieux cloporte dans sa pelisse râpée.  »  
  Pierre Loti

 
  Lettre d'Expression médicale 1165

 
LEM n° 1165    
6 avril 2020
 

Potion détristounante
 (Exmed)

   Pour les condamnés à être confinés, pourquoi ne pas tenter de peaufiner notre isolement physique ? Dame Thérapeutique souffrant de vapeurs, la boussole scientifique a bien du mal à nous indiquer la route à suivre.

  Un certain Pierre Dac au micro de Radio-Londres se révéla une arme de guerre majeure pour aider nos ancêtres occupés à continuer à vivre.


  Toute disproportion gardée, voici la LEM 1165 de Jacques Grieu intitulée sans originalité VIRUS.

À déguster sans la moindre modération ni obligation de lavage de mains après lecture.

François-Marie Michaut

6-7 avril 2020

samedi 4 avril 2020

Chiffres aux pattes et chiffropathes (Exmed)

  Au secours, des camions de chiffres inondent nos fenêtres numériques (sic)  résumant le monde extérieur. Pas moyen de se dépatouiller de ces morbides décomptes. Des graphiques censés tout dire de situations humaines bien concrètes, nos cerveaux n’en veulent plus.

   Ce recours compulsif aux abstractions désincarnées nous rend fous. La chiffropathie frappe dur nos têtes, développons nos défenses naturelles. Faisons marcher notre sens de la logique. 



François-Marie Michaut

Coup d'Oeil d'Exmed
3-5 avril 2020

mardi 31 mars 2020

Silence (Exmed)


 La moitié des humains qui se trouvent contraints à ne plus sortir de chez eux : évènement inédit pour notre espèce. Chacun seul en face de lui-même : un supplice pour l’espèce grégaire, ou sociale, que nous sommes. Enfin le silence règne dans nos si bruyants espaces publics.


   En même temps, Homo Sapiens est aussi un animal solitaire. Comment, sous l’aiguillon angoissant du Civid 19, et seul face à lui-même,  est-il en train de gérer cette double casquette ? Triomphe du collectif, revanche du personnel ou alliance des deux, le proche avenir nous le dira.

   Il est plus  capital que jamais de ne pas se laisser noyer les neurones par l’événementiel spectaculaire, et ses prêtres zélés, les communiquants.


François-Marie Michaut

1-2 avril 2020

dimanche 29 mars 2020

Mimétiquement parlant (Exmed)

 Pour respirer un peu dans cette atmosphère planétaire confinée, une petite proposition. Celle de se remettre en tête que dans la vie, il n’y a pas que les virus qui sont contagieux.
   Et bien oui, même si les recherches scientifiques n’en disent rien, une petite injection d’autodérision, c’est toujours bon pour la santé.
  
Voici donc pour sourire la LEM 1164 MODALITÉS EN VOGUE de Jacques Grieu.
Bonne dégustation.

François-Marie Michaut

30-31 mars 2020

MODALITÉS 
/en vogue (LEM1164)


                                
La mode est un sujet qui enchante certains,
Qui en irrite d’autres et reste quotidien.
La mode est une farce où personne ne rit,
Car tout le monde y joue, la voit ou la subit.

Les plus récalcitrants s’en moquent, ironisent,
Mais doivent contempler ses énormes sottises.


La mode, c’est tendance, est de se mal raser,
De laisser plusieurs jours les barbes bien pousser.

Et si c’est de travers, nul n’y cherchera noise !
Après crânes rasés et crêtes à l’iroquoise,
D’SDF indigent on montre le visage,
Ce qui devient le top d’élégances en usage.


Acteurs, présentateurs, comiques ou journalistes,
On n’y échappe pas : c’est l’uniforme triste.
Hélas, ce qui est laid, même très à la mode,
Déplaisant restera, même conforme au code.

C’est le faux négligé, le tout échevelé,
Qui feront le succès de la star adulée.


La laideur à la mode est si haut élevée,
Qu’il faut, tous les six mois, vite une autre trouver.

Chaque mode détruit celle qui la précède,
Et s’apprête à céder à une autre plus laide.
La mode se démode et change constamment ;
Elle a un seul bienfait : le renouvellement.


La mode, épidémie, n’est que provocation :
Les trous dans les blue-jeans en sont l’attestation.
Les phrases des médias sont truffées de « voilà »
Que les bons auditeurs imitent avec furia.

Même les sentiments veulent suivre la mode
En faisant du divorce un banal épisode.


La mode nous oblige à toujours consommer ;
C’est la grande hérésie, la folie de montrer.

Et si l’écologie se pose des questions,

C’est en pire ennemie que la mode répond.
Transport et emballage sont ses noirs acolytes
Qui font que le climat chaque jour se délite.


Chaque génération, des vieilles modes rit ;
Mais des nouvelles veut endosser l’hystérie.

Pour les faiseurs de mode on voit bien la devise :
Je pense et donc tu suis qui tout le monde vise.

Les jeunes ne voient plus ces diktats, ces venins.
Leur remède du jour est poison de demain…


                              Jacques Grieu

Os court :

«  Il y a autant de faiblesse à fuir la mode qu’à l’affecter. » 

Jean de La Bruyère


Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1164    
30 mars 2020

jeudi 26 mars 2020

Atteinte au moral des troupes (Exmed)


    Il y a un siècle leur auteur risquait le peloton d'exécution. Nous, les confinés sanitaires, sommes les armées désarmées de cette guerre aux ennemis encore largement non identifiés ayant mis en première ligne le Corona virus.

   La culture du sensationnel, le plaisir pervers de faire trembler les esprits en mal de sensations fortes, la paresse d'analyse et l'ignorance de ceux qui balancent sur le numérique de prétendues informations, la vanité de ceux cherchant à se mettre en avant, occasionnent des plaies psychologiques graves. Pathologie iatrogène, c'est certain.

  Combien de gens vont sortir complètement cassés et définitivement amochés des opérations menées contre le Covid19 qui, lui, disparaitra comme il est venu, en bon virus qu'il est ?


François-Marie Michaut

27-29 mars 2020

VIRUS (LEM 1165)

                                                            
                         L’autre jour, dans ma rue, arpentée à grands pas, (Le ...