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16 juin 2021


Les démasqués (Exmed)


    Que sommes nous devenus dans l’espace public sans nos masques imposés ? Avons-nous, les uns et les autres, changé durant l’épreuve prolongée du confinement ? Allons-nous même nous reconnaître face aux autres comme «avant» ?        


     Observateurs, à vos postes, nous avons certainement tellement à apprendre de ce temps nouveau  qui ne peut plus, quoi que nous fassions, être «comme avant».

François-Marie Michaut

  Exmed 16 juin 2021

13 juin 2021

BUT en BLANC
 ABUS (LEM 1227)

  


Des revendicateurs, ce n’est pas la devise.        
Au but, on a tous droit, quoi que certains nous disent.
Souvent les tirs au but ne sont pas tapés droits :
Ils manquent là leur but et on ne sait pourquoi.
Peindre le but en blanc n’aide pas à marquer,
Et s’il est tout en vers, le score est étriqué.
Pour atteindre le but, aller droit n’est pas tout ;
Il faut le dépasser, c’est le meilleur atout.

Avoir un but qui plaît abrège nos attentes.
Il devient point de mire et nous montre la pente.
Avoir la vie facile est un but difficile,
Mais n’avoir pas de but est cent fois plus futile.
Quand on n’a pas de but, sans boussole on navigue ;
La vie devient un jeu dont le bout nous intrigue.
    On bourlingue au hasard et toute honte bue,
Quand on arrive au but, juste on a survécu.    

Vivre serait le but ? Le début ? Le rebut ?        
Bonheur est récompense et non l’unique but !
Le but de notre vie est-il le ciel sur terre ?
Notre modernité entonne bien cet air.
    « Société » n’est qu’un jeu où chacun suit son but,
Un but jamais atteint mais qui laisse fourbu …
Celui qui touche au but, alors, il arrive où ?
La mort n’est pas le but, mais elle est bien le bout …

                    Jacques Grieu
  

Os court :
«  Ce n’est pas le but  qui est intéressant, ce sont les moyens pour y parvenir.»

 Georges Braque


 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1227 13 juin 2021   
 

07 juin 2021

Mots qui puent, mots qui tuent (LEM 1226)


   L’invention de l’imprimerie a été un des moteurs de la Renaissance en Europe. Les textes enfin sortis de la seule tradition orale ou des copies confidentielles pour les rares favorisés. Le seul animal doté de la capacité de langage articulé par sa physiologie fait ainsi un remarquable pied de nez au temps comme à l’espace.
   Enfin vint le réseau des réseaux avec sa toile numérique planétaire. Tout manipulateur de clavier dispose virtuellement d’une tribune d’expression sans limite. Plus besoin d’auteur patenté, plus besoin d’éditeur, plus besoin d’imprimeur, plus besoin de libraire.

Que faisons-nous de cet outil technique incapable d’oublier son contenu après quelques années d’utilisation intensive ? Un moyen d’ouvrir les esprits vers des connaissances jusquelà inaccessibles ? les pionniers en ont révé de ce «village planétaire» ( Marshal Mac Luhan, 1967).
Le libre-service des mots, fouété par l’illusion de la protection de l’anonymat a conduit, sous la protection très intéressée des réseaux sociaux, à l’explosion des mots utilisés comme des armes pour dominer les autres. Entendons ceux qui pensent autrement que soi, les pas comme nous, les gens vraiment bien. Rumeurs de stade, la machine collective catalysant le mimétisme cher à René Girard ( Des choses cachées depuis la fondation du monde, 1978) ne cesse de s’emballer. Odeur nauséabonde pour toute pensée refusant les attitudes simplistes des extrémisme de tout calibre. S’il ne s’agissait que de l’agacement olfactif de quelques sujets plus sensibles que les autres, cela n’aurait guère d’importance.
Mais, hélas, le passage à l’acte de cette violence des mots, des insultes et des menaces nous saute à la figure. Les anciens savaient bien que deux armées face à face ne pouvaient s’étriper qu’après s’être copieusement injuriés ( L’Iliade ). Ailleurs, tambours, peinture et danses de guerre étaient indispensables pour galvaniser les guerriers. Le passage de l’expression symbolique violente à la réalité de donner la mort à celui d’en face, connu ou inconnu, est trop familière à notre histoire pour qu’il puisse être nié.
Comment ne pas s’interroger quand une chaine publique de télévision propose sans hésiter à ses spectateurs leur «soirée meurtre». Comme un anodin divertissement ?
   Ceux qui soignent des malades savent l’importance des mots qui sont échangés. Ils peuvent soigner, ils peuvent soulager, ils peuvent  aussi contribuer à guérir, les mots et les gestes. Mais il peuvent aussi, hélas quand on n’y prête pas assez attention, conduire au désespoir et à la mort.
   Personne n’a le droit, sous quelque prétexte, toujours mauvais que ce soit, dire n’importe quoi à n’importe qui n’importe quand, n’importe où, n’importe comment . L’utilisation de termes techniques et scientifiques ne peut constituer aucune aseptie des messages. Les recettes dites de communication, concept très au gout du jour, ne sont que des leurres de manipulation des esprits.
  Tout humain est redevable vis à vis de la collectivité dont il est membre des mots qu’il utilise. Parce que chacun de ses mots construit une part de la réalité humaine que nous partageons dans leurs conséquences pour le pire, comme pour... le meilleur.

                                                   François-Marie Michaut
   
Os court :
«  Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté. »

 Confucius


 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1226  7 juin 2021   


               
                       
                                         

31 mai 2021

Le bébé de l’eau du bain (LEM 1225)




   Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain nous enjoint cette expression d’origine germanique médiévale. C’est l’image qui m’est apparue en prenant connaissance de la lecture de la réalité actuelle de notre situation faite par Emmanuel Macron dans le Zadig n°10 (1).

   Trouver un lien systémique crédible reliant nos difficultés nationales et celles de la planète entière dans la complexité de leurs interdépendances est une façon rafraichissante de sortir enfin des segmentations où sont enfermés tous les savoirs et leurs intarissables experts. Le sanitaire, le social, le politique, l’économique, l’écologique, le scientifique, le culturel et le psychologique (liste non exhaustive) embarqués sur un seul et indivisible bateau, celui du réel : le constat doit en effet être clairement formulé.
   Notre président, osant un instant prendre un peu de hauteur, au risque de se faire traiter de rêveur (2), nous fait une proposition. Les temps anciens dont la période covidienne agit comme un redoutable destructeur en chaine vivent leurs derniers moments. Le revivre comme avant est une illusion infantile, cet âge où tout est réversible, même sa majesté la mort.  Comme n’importe quel cycle dans le monde du vivant, comme ne cessent de nous l’enseigner dans toutes les disciplines les connaissances scientifiques, il y a naissance, développement et transformation pour donner vie à de nouveaux cycles.

    Nous serions en train de vivre un bouleversement majeur de notre civilisation comme en a connu l’Occident à la fin du Moyen-Âge très chrétien. La Renaissance vint, entre le 14ème et le 16ème siècle, nous donner une poussée civilisationnelle novatrice qui n’est pas encore éteinte. Monsieur Macron nous invite à une nouvelle Renaissance. Belle aventure en ligne de mire en vérité.
Hélas, le travail à mettre en oeuvre est gigantesque : il ne suffit pas de mettre un trait de crayon sur une culture jugée dépassée pour avoir la certitude de pouvoir faire autre chose « en mieux».

    Depuis nos origines, au moins le paléolithique nous disent les sciences, notre espèce n’a cessé d’évoluer en étant au contact direct avec un bon nombre de bains, les uns prenant la place des autres devenus obsolètes. L’hypothèse (3) que je propose au lecteur, c’est qu’en vidant ces différents bains - nous ne pouvions faire autrement- nous ayons jeté un indispensable ferment. Celui capable de développer une véritable humanité et non l’espèce animale la plus prédatrice et destructrice sans limite à laquelle un petit virus animal a l’incroyable mérite d’ouvrir les yeux sur ce qu’elle est devenue : une entreprise suicidaire.
   Alors, oui, et toutes nos connaissances, les authentiquement scientifiques comme les autres, ni plus, ni moins, nous y aideront. Il nous fait désormais filtrer sans a priori tous nos bains culturels pour y retrouver, ou trouver, tous ces bébés qui ont été jetés dans les poubelles de l’oubli et n’ont donc jamais pu faire souche.

Peut-être faudrait-il auparavant ne pas croire de façon aveugle aux sirènes des doctrines transhumanistes qui sont déjà du passé, de «l’avant» la fin du cycle trépassé.

                                          François-Marie Michaut

Notes :

(1)Lien  https://www.zadiglemag.fr/emmanuel-macron/



(2) Avez-vous remarqué que l’accusation - s’en est une pour les esprits utilitaires- est toujours associée à celle de douceur ?



(3) Une hypothèse n’est pas un acte de foi, une sorte de certitude ou de mystérieuse clairvoyance, elle est une simple proposition. Comme un et si ? dans une conversation amicale.

Os court :
« La vie n’a de valeur que si elle est un feu sans cesse renaissant. »

 Pierre Valéry-Radot

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1225 31 mai 2021 



                        
                       
                                             

24 mai 2021

Humilité négligée (LEM 1224)

 
   Quel mot démodé pour notre modernité pétaradante que celui d’humilité ! Et s’ il est périodiquement invoqué, c’est pour camoufler stratégiquement une hypertrophie du moi. Le «en toute humilité» est un vilain faux-nez facile à repérer : celui de la fausse modestie. Au temps présent des communicateurs compulsifs et autres hommes-sandwich numériques que sont les «influenceurs» de toute facture, les ressorts actionnant les communications entre humains sont brouillés. Pour mieux nous manipuler, nous les toujours pressés, les adeptes du toujours plus, du moi d’abord.

   Les mots ne sont pas des briques interchangeables, chacun a sa propre force pour qui veut bien les regarder deux fois. C’est à dire les respecter dit le français.
Alors humilité, cette façon d’être et de se jauger soi-même, si rare et si dépréciée, qu’est-ce que c’est ? Une vertu, dirait un moraliste, réservée aux plus faibles d’entre nous parce qu’ils ne chercheraient pas à écraser les autres ? Les Béatitudes évangéliques, franchement, ne militent pas pour la gloire des humbles, assimilés aux enfants, aux malades ou aux fous.

  Paradoxalement, c’est à la préoccupation croissante de l’écologie, sur fond de catastrophes annoncées si nous ne changeons pas nos instruments d’action, qu’il faut se référer. Humilité, je le sais depuis peu, a un rapport direct avec l’humus, la mince couche de terre fertile indispensable à toute vie.
  L’humble est celui qui a une conscience aigüe et permanente de n’être qu’un maillon parmi tous les autres constituant notre terre mère. Ce qui lui rend impossible, sans être en contradiction avec lui-même, de faire n’importe quoi de sa vie, comme de celle de tous les vivants, sous prétexte de faire tout ce qu’on peut et sait faire. sans se soucier du pourquoi on le fait.
   La vieille histoire de Voltaire, qui ne fut pas un modèle d’humilité en son siècle, nous conseillant dans Candide de cultiver notre jardin retrouve soudain une  actualité non négligeable. Les inévitables retours de bâton des décisions prises en cette période covidienne vont être d’impitoyables révélateurs. Les dés sont jetés, la science fait son travail d’investigation, la réalité une fois connue parlera sans prendre de gants.

   Toute cette lecture systémique, j’en conviens volontiers, est bien sévère. Nous ne serions pas en France si une petite pirouette finale ne venait l’adoucir. Allons en Italie pour une expression familière réservée aux personnages qui veulent imposer aux autres leur importance : « rimuovere el tappo». Quelque chose comme enlever le bouchon ! Et, en prime pour la patience du lecteur, ne pas rater l’Os Court final signé de l’aigle de Meaux et emprunté à l’Ecclésiaste ce qui ne nous rajeunit pas.

                                                  François-Marie Michaut

Os court :
« Vanité des vanités et tout est vanité.»

  Jacques-Bénigne Bossuet (1670)


 

 Lettre d'Expression médicale

Sur le site Exmed LEM n° 1224   24 mai 2021 



                      
                       
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18 mai 2021

Mais quelle famille (Exmed)


  Et bien celle, issue du Proche-Orient, qui se réclame de son ancêtre commun Abraham, ou Ibrahim, pour celui qui donna vie d’abord à Ismaël avec sa servante Agar, puis  avec son épouse Sarah à un certain Jacob devenu Israel.
   Une querelle de droit d’ainesse, celui-là même que supprima la Révolution en France en 1791. L’affaire entre les demi-frères ennemis n’a pas trouvé de solution depuis quelques trois millénaires.

   Est-ce bien par les armes, comme en ce moment, que peuvent être entendus et compris de tous - y compris les belligérants- quel est exactement cet héritage tellement plus précieux que le sang et les larmes qu’il fait couler depuis si longtemps ?

François-Marie Michaut

 19 mai 2021


16 mai 2021

NON-LIEU (LEM 1223)


Ici n’est pas le lieu de prêcher la morale
Mais plutôt de jouer en citant les… annales.
Le poète est un peintre et «sent» au lieu de «voir» ;
Ainsi le ressenti tiendrait lieu de savoir ?

On tient toujours un peu de son lieu de naissance
Et ce lieu-là nous tient depuis la tendre enfance.
Mais son lieu de naissance, si on avait son choix,
Bien des villes seraient des déserts sous les toits !

Comme la pire action qui n’a jamais eu lieu
Mais qui cause souvent un choc calamiteux,
Les départs les plus tristes aux déchirants adieux,
N’ont pas pu avoir lieu mais restent désastreux.

Qu’est-ce qu’un «idéal» sinon un lieu commun
Qu’on ne trouve jamais, qu’on sait jamais atteint ?
Dès que le temps s’arrête, alors, il devient «lieu»
Et le lieu… idéal pour les rêves chanceux…

Le «jugement dernier» ? Il a lieu tous les jours,
Et ce n’est qu’en haut lieu qu’on en fera le tour !
C’est le juste-milieu qui devrait nous guider,
Restant à mille lieues des excès débridés.

L’habitude, souvent, tient lieu de conviction
Comme l’avis du vieux tient lieu de prédiction.
Entre ce qui a lieu et ce qui n’a pas lieu
Il n’existe parfois que largeur de cheveu…

                         Jacques Grieu


 
Os court :
«  Il ne faut pas médire des lieux communs, il faut des siècles pour en faire un. »

 PJ. Stahl, écrivain et éditeur renommé sous son nom de Jules Hetzel (1814-1886).


     Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1223 16 mai 2021 


Les démasqués (Exmed)

    Que sommes nous devenus dans l’espace public sans nos masques imposés ? Avons-nous, les uns et les autres, changé durant l’épreuve prolo...