jeudi 23 mai 2019

L'Europe, un chantier (Exmed)

     
Les élections des députés européens auront lieu dimanche en France. Sans enthousiasme du public prédisent les lecteurs dans le marc de café. Les points de repère traditionnels sont brouillés dans les esprits. Trop d’informations de qualité trop souvent médiocre, et à finalité destructrice de l’existant, envahissent nos écrans du matin au soir. Faire un tri efficace et pertinent est loin d’être accessible à tous. « Maladie de la valeur» diagnostique Max Dorra, dont l’immense danger est l’ignorance de ceux qui sont contaminés. L’Europe n’est qu’un chantier qui est encore en recherche de son bureau d’architectes. Cela mérite-t-il d’aller déposer un bulletin de vote ou faut-il aller faire une partie de pétanque ?


François-Marie Michaut
Exmed 24-26 mai 2019

mardi 21 mai 2019

Démultiplication démographique en vue ? (Exmed)

   Nous savons que les populations animales ne trouvant plus assez de nourriture présentent automatiquement une baisse de leur fécondité. Le National Health Service britannique (JIM du 15 mai 2019) s’inquiète de constater, comme dans tous les pays riches, une baisse sensible de l’activité sexuelle.

De quel type de «nourriture» - non matérielle ?-  serions-nous de plus en plus en manque ? Les études scientifiques n’ont pas de réponse.

  La formidable expansion démographique de l’humanité, surtout dues aux contrées les plus démunies, serait-elle sous nos yeux en début d’extinction ?

François-Marie Michaut
Exmed 22-24 mai 2019

dimanche 19 mai 2019

Hominisation en question (LEM 1120)

                                   
                            
      La notion d’évolution des espèces  est largement admise depuis George Darwin (1). Le vivant est compris comme étant en constante évolution grâce à sa nécessité d’adaptation aux conditions de l’environnement. il en résulte une sélection se poursuivant au fil du temps. On sait que des espèces devenues incapables de s’adapter à leur biotope ont disparu. D’autres, comme la nôtre, sont en grave danger si nous continuons à vivre comme nous le faisons. La conscience de notre fragilité devant les atteintes que notre espèce porte à la planète elle-même, à sa dimension écologique si l’on veut, se développe de façon spectaculaire (2).

    L’évolution darwinienne, sans cesse perfectionnée, laisse pourtant une interrogation troublante. Comment une lignée de grands primates, sans disparaitre elle-même par inadaptation au milieu de vie (3), a pu donner le jour aux humains ? Les explications classiques, on s’en souvient, ont fait intervenir la bipédie, l’usage des outils ou du feu.
 Ce n’est pas faux. D’autres ont mis en avant la taille du cerveau. Pour fixer les idées, entre Toumaï ( homo tchadensis) vieux de 7 millions d’années et homosapiens actuel, le volume de la boite cranienne est passé de 350 centimètres cubes à 1300 cc (4). Qu’est ce qui différencie à l’observation directe, sans discussion possible, les hommes des animaux ? Le fait que leur cerveau, on y revient, dispose d’une capacité unique : un langage articulé. Les anatomistes ont bien repéré nos aires du langage verbal, dites de Wernicke et de Broca. Comment, comme au cinéma d’antan, a bien pu se faire le passage du verbalement «muet» simiesque, et plus largement animal, au «parlant» humain ?
Les découvertes des scientifiques accumulant les observations des traces du passé n’y changent rien. Nous ne savons pas penser le franchissement de cette étrange marche ontologique du langage non verbal au verbal, en rupture avec ce que nous savons de l’éthologie de nos cousins. Surgissement brutal d’une fonction cérébrale totalement nouvelle dans une lignée zoologique solidement adaptée à son environnement. Quelle surprise cette «hominisation» !
   Dans les années 1970, l’écrivain René Girard, revisitant les auteurs du 19ème siècle, a proposé ce qu’il a nommé une « anthropologie fondamentale » (5). Pour lui, la force motrice de ce phénomène est liée au comportement d’imitation entrainant une rivalité mimétique dont le seul remède a été la contruction du sacré. Théorie unitaire séduisante par sa simplicité, mais demeurant muette sur un point fondamental. Pourquoi des préhumains si bien dotés de capacités d’imitation auraient-ils dû sortir de leur organisation groupale si efficace de dominants/dominés ?

  Cela peut agacer les amoureux de certitudes de toujours parler de questions, mais impossible de faire autrement ici, tant le flou règne. Notre tradition sur notre origine, transmise de sa source écrite hébraïque par le christianisme (6), n’est pas à négliger. Une intrusion dans l’avant «Big Bang» que nous interdit la pensée scientifique. Il y a bien un mystère de notre tête parlante, incompréhensible résultat selon le dogme de l’évolution des espèces. Pourtant, des siècles aparavant, Don Quichotte, le héros de Cervantès (7), avec son épisode de la tête parlante cherche à nous souffler quelque chose.

 Comment ne pas évoquer le mouvement actuel dit «des gilets jaunes» dont les images numériques  polymorphes ne sont pas sans ressembler à une crise sacrificielle girardienne ? Sauf que de ce brassage, se voulant sans chef, du chacun pour chacun ( « on ne lâche rien »), la «crise sacrificielle»  ne nait aucune unanimité aboutissant, après une bagarre générale,  à un tous contre un ( le président Macron). Son élimination comme un bouc émissaire dont le sacrifice (8) serait la pierre fondatrice d’une nouvelle société meilleure et moins injuste. Ça ne fonctionne donc pas ou plus ainsi, la dimension sacrée ne se fabrique pas toute seule de nos jours. Au grand dam des manipulateurs des foules.

 Impossible de suspendre ces quelques lignes sans évoquer la question de l’évolutivité du processus d’hominisation. Est-il ( encore bien mal) achevé ? Est-il sous la dépendance de facteurs biologiques sur lesquels nous ne pouvons rien ? Avons-nous - avec les ressources de notre cerveau - un pouvoir, ou même un devoir sous peine de disparition rapide, de tenter d’y apporter notre contribution personnelle ? Ceci n‘est pas de la philosophie, mais bien du sauve-qui-peut on ne peut plus terre à terre.

    François-Marie Michaut
 , 20 mai 2019

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Notes:

(1)Philippe Testard-Vaillant, Charles Darwin : de l’origine d’une théorie ( CNRS le journal ) https://lejournal.cnrs.fr/articles/charles-darwin-de-lorigine-dune-theorie


(2) Les manifestations sans frontières des adolescents défilant dans les rues en sont un marqueur.


(3) Les chimpanzés, bonobos, orang-outans et gorilles,  pas encore disparus de la Terre. 

 

(4) Troublante constatation, notre cousin Néanderthal (300 000 ans d’âge) aurait eu un volume cranien record de 1800 cc.


(5) René Girard : Des choses cachées depuis le fondation du monde, Grasset 1978.

(6) Genèse commence ainsi : « Au début était le Verbe, le verbe était auprès de Dieu, le Verbe était Dieu» selon la traduction française actuelle. Le verbe, c’est la parole, le langage articulé.

(7) Pour ceux qui veulent aller au delà de la lecture au premier degré de Cervantés,  Dominique Aubier, « Don Quichotte, prophète d’Israël»

(8) Sacrifier signifie, Girard le souligne : rendre sacré.

       
           
Os court :
«  La violence commence où la parole s’arrête. » 
 Marek Halter
  


Lettre d'Expression médicale 1120

Sur Expression Médicale LEM n° 1120


20 mai  2019  

Le propre de l'homme (Exmed)

   N’en déplaise à notre estimable et vénéré confrère François Rabelais, ce n’est pas le rire. C’est la capacité de parler grâce à son système phonatoire.

   Loin d’être un simple « détail » de l’évolution des espèces vivantes pour qui veut bien se donner la peine de lire la LEM 1120 : Hominisation en question.

François-Marie Michaut
20-21 mai 2019

jeudi 16 mai 2019

Hypodiagnostic vraisemblable (Exmed)

     Le médecin est la seule personne habilitée par la loi à déclarer auprès des autorités qu’un être humain est décédé. Et pour quelle(s) raisons(s).
   Il a donc en main, depuis ses études, toutes les connaissances pour modifier la cause officielle de son trépas quand il a décidé de mettre fin à ses jours.

  Impensable qu’il n’en use pas quand il tient, pour des raisons qui lui appartiennent, à échapper au diagnostic infamant pour la tradition chrétienne de suicidé.
    Se tuer au travail n’est pas toujours une figure de style. Un auto-burn-out si l’on veut.

François-Marie Michaut
CO d'Exmed 17 -19 mai 2019

mardi 14 mai 2019

Suicides chez les médecins (Exmed)

On en parle moins en France que dans la gendarmerie ou la police. Des Canadiens ( Joy Albuquerque et Sarah Tulk dans « Canadian Medical Association Journal» cité par Irène Drogou JIM du 9 mai 2019) rompent le silence. Une vulnérabilité particulière, nous sommes la profession où l’on se suicide le plus et plus encore les femmes que les hommes. Le moyen le plus utilisé, comme les non-médecins, est l’arme à feu. Les idées de suicide, dès le début des études de médecine, toucheraient aux USA 11% des carabins. Les médecins se soignent peu, craignant que la divulgation de leurs troubles psychiatriques ne détruisent leur réputation. Enfin, sans surprise, les conflits professionnels, selon les britanniques, tripleraient les idées suicidaires.

  Cette description clinique a le mérite d’exister. Elle invite à aller chercher beaucoup plus loin. Pour quelles raisons ( bonnes ou mauvaises) des êtres humains font le choix de consacrer leur vie à tenter de soigner les êtres humains qui ne vont pas bien ?

      Mais, on n’aime pas les questions en France : circulez, y a rien à voir !

François-Marie Michaut
Exmed, 15-16 mai 2019

dimanche 12 mai 2019

C'EST SELON ? EXTINCTION (LEM 1119)

                               
                          
                                                          
Pourquoi n’entend-on plus le chant de l’alouette,
Ou celui du coucou à la diction parfaite ?
Ni celui des grenouilles qui se content fleurette,
Ou ceux des martinets ou ceux de la fauvette ?

L’ours blanc disparaît et les grands singes aussi.
Baleines bleues, pandas, albatros ou souris,
L’éléphant ou le lion, le rhino, la perdrix ;
Pas d’espèces qui soient sûrement à l’abri.

Où sont nos scarabées, où sont nos hannetons ?
Et nos bonnes abeilles et les beaux papillons ?
Plus d’un tiers des espèces est en grave danger,
Et la végétation n’est pas plus protégée…

Même depuis l’espace, on voit tous les ravages
Que subit la planète et qui est un saccage.
Les forêts diminuent, les océans grossissent,
Les cyclones augmentent, les glaces rapetissent.

La nature, pourtant, ne fait pas de déchets.
Elle recycle tout et sait tout employer.
Mais elle prend son temps, complice du hasard
Puisant son énergie au soleil superstar.

Habitats dégradés et surexploitation
Chimie envahissante et partout : pollution.
Le désastre, c’est l’homme. Et lui ne « s’éteint » pas.
Et même il prolifère en aggravant son cas.

Pourtant, il fait bien peu pour arrêter le mal :
L’homme va disparaître.  Et ce sera normal.
Il est bien averti, il sait lire les signes.
Biodiversité ? Nous n’en sommes pas dignes !

La Fontaine et Buffon et Darwin et Cuvier
Dans leurs tombes en pleurant ne peuvent nous sauver.
Mais plantes et animaux, pour ceux qui survivront,
Diront « bon débarras, parti, le trublion !»

Certains auraient tendance, invoquant le « destin »
A dire « c’est écrit » et on n’y pouvait rien !
Voilà qui est aisé pour mieux se disculper !
Le sort entre nos mains, il nous faut l’assumer…

Celle des dinosaures  est  avertissement :
La dernière extinction, on le sait maintenant,
Etait une cinquième. On court vers la sixième !
Chaque jour nous apprend que ce risque est extrême…

Après notre extinction revient l’évolution
Qui reprendra son cours vers d’autres horizons.
Le soleil lui promet des années par millions ;
De quoi en rétablir, de belles inventions !

On aime bien se dire en toute modestie
Que l’homme est le chef d’œuvre au sommet de la vie.
Et si nous n’étions rien qu’un incident technique,
Infime quantité du grand hasard cosmique ?

A force de hasards et grandes explosions
Qui font que l’univers est en transformation,
La matière en son sein, comme Reeves le dit,
Paraît bien condamnée à produire la vie…

La Terre en a vu d’autre et tournera encore,
Et vite recréera un monde qu’on ignore ;
Des espèces naîtront qui nous remplaceront…
Plus sages que les hommes ? Ou pires ? C’est selon !

    Jacques Grieu
 

       
           
Os court :
«    Mieux vaut avoir une extinction de voix qu’être en voie d’extinction.» 

Alain Guéguen
     


    Lettre d'Expression Médicale n° 1119 du 13 mai 2019 
Site d'origine :   Exmed                

L'Europe, un chantier (Exmed)

     
Les élections des députés européens auront lieu dimanche en France. Sans enthousiasme du public prédisent les lecteurs dans le marc de...