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30 juin 2020

Vert, nouveau credo (Exmed)

    La mouvance écologique a dominé nos dernières élections locales en France. Ce qui nous intéresse ici, c’est la priorité affichée de la prise en compte de la santé de l’ensemble du système fragile que constitue notre environnement en interaction avec nos activités.  Est-ce une nouvelle métaphysique ou une façon rusée de faire marcher les foules ?

   Nous voici contraints, désormais, de penser systémiquement. Petit hommage au pionnier français  ( de naissance,) de l’écologie René Dubos ( inventeur du premier antibiotique - la gramicidine- breveté dès 1940)  avec sa devise : «Penser globalement, agir localement». 



  Virage systémique confirmé, c’est un  prélable pour l’ouverture des esprits. Un premier pas, c’est trop léger pour croire qu’on est en marche.


François-Marie Michaut
1-2 juillet 2020

28 juin 2020

Apoptose (LEM 1177)


  N’avez-vous pas ressenti une curieuse impression quand vous avez remis le nez dehors au moment du déconfinement dont nous sortons ?
  Des masques privant les visages de sourires ou de grimaces, des voix étouffées, des regards jaugeant votre charge virale potentielle ? Bien plus que cela : quelque chose est mort dans ce qui était notre quotidien. Pardon, le gros mot absolu de notre modernité a été prononcé. La mort. Vous savez celle que certains chantres de la médecine osent même prétendre «éviter» ou retarder considérablement pour promouvoir leurs actions préventives. Celle que les médias comptabilisent méticuleusement, comme avec jouissance de leur pouvoir, avec toutes les catastrophes.

  La biologie (1) nous aide à comprendre combien est peu fondée notre peur de toute mort. Certes, les infections, les traumatismes, les intoxications, les expositions à des environnements extrêmes existent et peuvent parfaitement, en dépit de la médecine, entrainer en cascade la mort de toutes nos cellules constituantes. Par un mécanisme connu de tous : la nécrose. Les mots savants disent clairement un double sort bien différent de nos cellules constituantes. Nécrose : le  tu es poussière et tu retourneras poussière ( Genèse 3). 

Et apoptose, en grec encore, dit juste la chute des feuilles. Ce phénomène est plus subtil que la simple pourriture. Certains (2) le disent le suicide programmé de nos cellules. Les médecins savent parfaitement que les globules rouges transportant l’oxygène ne vivent que 90 jours, et que le thymus, glande endocrine, fonctionne in utero puis disparait avant la naissance. L’idée que nos cellules, obéissant toutes à un ordre général strict pour constituer un ensemble fonctionnel adapté à son propre cycle de vie adaptative, est admissible pour notre rationalité. Quelle est la fonction d’un tel démontage des constituants cellulaires ayant achevé leur cycle ? Ils servent de matière première à l’élaboration de nouvelles cellules adaptées aux nécessités du moment de l’organisme porteur.

    Comme les feuilles d’arbre tombent autour de nous, tels des dominos sous la poussée, les programmes que nous avons nous-même imposés à notre environnement sont à terre. Notre culture devenue largement mondialisée dans ses orientations en 2020 grâce à l’utilisation  que nous avons fait de nos connaissances est en débris. Oui, nous vivons de façon endémique (3) une apoptose, pas une agonie comme le proclament certains.
  Parce qu’une fois que les feuilles en question, anciennement programmées par nos cerveaux, j’insiste sur ce point, seront tombées, de nouvelles feuilles verront le jour. Quand le temps sera venu parce que le vivant ne connait pas d’autre règle que celle des cycles magnifiquement intriqués les uns dans les autres. Les arbres, toutes les grandes traditions l’ont toujours dit,  sont nos maitres. Instruisons-nous.
  Quand une feuille est arrivée au bout de son cycle, elle est séparée de sa branche par le vent ou la neige. Sur la cicatrice surgit un bourgeon que le jardinier confirmé saura sélectionner pour que se développent des feuilles ou des fruits. 

   Le père Voltaire - «apoptosé» depuis 242 ans - avait raison : plus que jamais, en ces temps covidiens inédits, que chacun dans son petit, ou grand, secteur prenne le soin de cultiver son jardin à lui.
À son échelle, ce site a tenté, dès le 13 avril 2020, d’apporter sa petite contribution à une réflexion sans frontière (4).

                                                             François-Marie Michaut
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Notes :

(1) Pour une documentation sommaire https://fr.wikipedia.org/wiki/Apoptose

Pour une lecture critique stimulante, R. Sheldrake, Réenchanter la science, Albin Michel, 2013. Une nouvelle édition augmentée en anglais vient d’être éditée

(2) Ceci suppose d’attribuer aux cellules elles-mêmes un certain degré de conscience. Et de ne pas refuser l’hypothèse qu’existe un système de programmation extérieur pour piloter avec intelligence le mécanisme. La chimère statistique de hasard n’est qu’une façon de ne pas répondre.



(3) Nous prenons peu à peu conscience que le Coronavirus19 n’est pas une simple crise sanitaire qui s’évanouira un jour comme il est venu. Il nous faut apprendre à vivre avec lui, comme nous le faisons avec tant de virus, bactéries et champignons. Nous sommes sur le seuil d’une endémie non plus sanitaire mais civilisationnelle  dans de multiples domaines que nous ne voulions même pas voir  il y a seulement un an.

(4) F.Michaut, L’effet Corona, LEM 1166
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Os court :

«  Je voulais parler de la mort, mais la vie a fait irruption, comme d’habitude. »


 Virginia Woolf


Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1177  
30 juin 2020

 


Systémiquement vu (Exmed)

 «Tout est dans tout, et réciproquement» prophétisait, sans être compris, Pierre Dac. La fameuse «crise sanitaire» que nous vivons au jour le jour est d’une autre dimension que la simple «guerre» contre un virus encore mystérieux. Il se trouve que la science mère de la médecine, celle du vivant, la biologie nous offre une clé de lecture.

 La LEM 1177 Apoptose propose au lecteur une façon systémique de se faire une idée dénuée de catastrophisme et volontariste de ce que devient notre « ère covidienne» toute neuve.

François-Marie Michaut 

29-30 juin 2020

25 juin 2020

N'en jetez plus (Exmed)

     Étant enfants, cette expression se complétait rituellement par  un : «la cour est pleine». L’ébullition sanitaire nous inonde de ses effets collatéraux. 
À propos du COVID-19, rien moins que 130 000 articles scientiques auraient été publiés depuis le premier janvier 2020. Source : le blog « Rédaction Médicale et Scientifique» du 25 juillet 2020.

    Est-il utile de préciser qu’aucun cerveau humain n’est capable de métaboliser une telle masse d’information. Jean-Pierre April ( romancier québecois) voit clair :   «On dirait que le trop-plein d'informations finit par produire un sentiment de vide

François-Marie Michaut

 26-28 juin 2020

23 juin 2020

Médit à tort ? (Exmed)


  Épilogue judiciaire attendu du procès-Médiator qui a fortement ébranlé la confiance des Français dans les laboratoires pharmaceutiques et tout ce qui s’y rattache.
Il est intéressant de savoir comment le laboratoire Servier a présenté au corps médical de l’époque ce produit.

  Rien moins que comme le premier traitement étiologique (agissant sur la cause) du diabète dit alors gras ou de la cinquantaine. Ce coupe-faim dissimulé de la famille des amphétamines, entrainant, théoriquement, une diminution du poids corporel, le dosage de glycémie devait retouver un taux «normal». Et comme cette «maladie» n’avait pas d’autre signe que l’analyse de sang, le poisson était noyé.

  
Notre crédulité médicale collective est devenue risible. La légende inventée par l’entreprise du très respecté patron de l’industrie pharmaceutique par la presse médicale ne relève pas de la plus haute déontologie.

Médisant, ce petit rappel vécu de l’histoire commerciale du benfluorex à ses débuts ? 

François-Marie Michaut 

CO Exmed du 24-25 juin 2020

21 juin 2020

NEZ EN MOINS/AU PIF, LEM 1176


Si le nez le plus long n’est pas meilleur senteur,
La «vue de nez» est bien «unité de longueur».
Et même de largeur, de poids, de profondeur,
De distance ou de temps ou encor de hauteur.
Le pif est donc partout instrument de mesure
Et dans tous les domaines un étalon très sûr.
Jamais il n’a été cet «idiot du visage»
Où certains vétilleux voudraient le mettre en cage..

Juste évaluatrice en toutes dimensions,
Cette pifométrie est une institution.
Plus juste et plus précise sans ces mille unités,
Que les mesures «exactes» voudraient nous imposer.
Elle ignore le mètre ou le litre ou la tonne,
La seconde ou l’année ou l’âge qu’on vous donne.
Elle a ses gabarits qui sonnent aux oreilles
Bien mieux que décibels, microns ou leurs pareils.

Les grandes quantités, ce sont des «palanquées 
Des tapées, des flopées, ou bien des tripotées,
Bézef ou le paquet, monceau ou ribambelle».
On a «les avalanches, myriades et kyrielles
Quand ce n’est pas «le tas, l’orgie ou la nuée».
Chaque cas a sont mot, son terme approprié.
Car un pif qui sait voir en vaut cent qui se mouchent
Les jugements du nez ne sont pas «à la louche»!

Les «petites grandeurs» sont tout aussi variées
Bien senties, expressives et souvent imagées :
Entre «iota, pincée, on même fifrelin»,
On trouve le «pas lerche» autant que «petit grain»
Quelquefois «une larme, une goutte, un soupçon,
La pointe ou la lichette qui vaut un brinborion,
Un chouia, des poussières, des broutilles, un nuage,
Une goutte ou un doigt » adaptés à l’usage.

Mais le fin pifomètre jauge aussi les durées,
Que ce soit «certain temps, un bail, l’éternité,
Bout de temps, une paye ou encor une plombe,
Deux secondes ou trois ans» ne passent pas en trombe.
Sans montre ni chrono, horloge ou sablier
Le bon pifomètreur sait où et quand aller.
Aller à «toute pompe, berzingue ou bien vitesse,
A plein pot, dare-dare ou encor fond la caisse».

Cette pifométrie est donc bien rigoureuse,
Fort loin des «à-peu-près» des langues envieuses.
S’il est trop près des yeux pour qu’on puisse le voir,
Rendons justice au nez : il conte des histoires
Qui sont toutes en nuances et en subtilités,
Raillant les unités et leurs rigidités.
Et ne laissons pas dire aux vils lexicographes,
Qu’avec «un coup dans l’nez», le pif deviendrait paf…

                          Jacques Grieu

Os court :


« Quand la science rend service aux uns... ça retombe toujours sur le nez des autres. »  



Francis Blanche


Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1176   
22 juin 2020

Eloge de l'ordre de grandeur (Exmed)


   Intoxiqués chroniques que nous sommes par les chiffres de toute nature qui nous donnent l’illusion de l’indépassable précision des outils scientifiques, nous en oublions notre vécu quotidien à hauteur de cerveau humain.

   Jacques Grieu,  faisant un pied de nez à sa formation ancienne d’ingénieur, sait parfaitement nous faire sentir combien nous avons aussi besoin d’évaluations non chiffrées de tout ce qui nous entoure.

  Lisez NEZ EN MOINS AU PIF, la LEM 1176. 

 

Les soins de santé et la pratique médicale usent tellement, sans le dire, de la pifométrie. Tout rapprochement avec l’actualité covirale du moment , ici comme ailleurs, comme avec Cyrano de Bergerac, n’a rien de fortuit.


François-Marie Michaut 
 22-23 juin 2020

18 juin 2020

Ombre chinoise (Exmed)

 
Nos frères chinois annoncent à grand bruit le retour du Covid19 dans leur capitale. Toute la communication sur cet événement est entre les mains du puissant parti communiste.

   Cela ne rend pas impensable, quelle que soit la matérialité épidémiologique, qu’il existe une tentative de récupération politique. Par exemple pour imposer, comme par hasard dans certains quartiers  proches de la Cité Interdite,  un confinement très autoritaire à des gens devenant de plus en plus difficiles à maitriser dans leur expression critique. Si, toutefois, l’on en croit des journalistes occidentaux. Pour la réputation internationale, démontrer qu’on sait juguler un foyer inquiétant avec une politique énergique, ce serait également un atout capital de supériorité sur tous ses adversaires économiques.


   La médecine utilisée comme arme politique intérieure et extérieure ? 
On n’arrête pas le progrès avec le Covid19.

F-M Michaut 19-21 juin 2020

16 juin 2020

Le courage de regarder (Exmed)

    La question de la santé s’est révélée ces derniers mois comme une priorité absolue dans nos comportements humains. Autrement dit, elle s’est trouvée hisssée au plus haut niveau des stratégies politiques et... économiques.


    Ce bouleversement remet en question la pertinence des objectifs qui nous semblaient auparavant les plus importants. Rien ne peut plus être comme avant, qu’on se le dise à Ségur comme partout ailleurs sur la planète. Nous vivons désormais l’ère covidienne.

    Quelles que soient les fantaisies évolutives imprévisibles de notre Corona du jour et le désespoir des gens qui se sentent exploités, oubliés et humiliés !

François-Marie Michaut 
 17-18 juin 2020

14 juin 2020

La parole, outil de création (Exmed)

    Ce ne sont que des paroles verbales aimait dire en plaisantant un ami pour qualifier la faible fiabilité de ce que disent les bouches. Ce texte est écrit le matin même où le président Macron doit s’expliquer sur la perception qu’il a de la crise sans précédent et d’ampleur planétaire du Covid19 que nous vivons.

   
La LEM 1175, conservant en toile de fond implicite l’ouvrage trop négligé « La Face cachée du Cerveau» (Dominique Aubier), a le culot de soutenir une thèse systémique simple sur notre fonctionnement humain. Son titre  ?  « Chaque connaissance est un récit »

François-Marie Michaut

 15-16 juin 2020

Chaque connaissance est un récit 
(LEM 1175)

 

     Chaque civilisation, nous ont appris les éthnologues, a su construire et transmettre au fil du temps l'histoire de ses origines. Savoir comment et pourquoi nous sommes en vie, et dans quel environnement se déroule cette aventure : il faut bien croire que cela nous démange les méninges. Prurit interrogatif qui ne nous a jamais quittés quels que soient les efforts de toutes les élites dominantes supposées savoir tout et une fois pour toutes.

     Il est commode d'établir une frontière entre ce que les religions, et autres sagesses traditionnelles, ont su mettre en forme de manière directe ou symbolique, et ce que disent de plus en plus fort depuis Descartes en Occident les sciences. Sans ignorer qu'existèrent bien avant Archimède, Thales, Maïmonide et Hippocrate. Et toutes les médecines traditionnelles du monde encore si vivaces en Orient.

     Toute science, et il en existe des multitudes en 2020, est la construction d'un récit, aussi exhaustif que possible, d'une partie de la réalité que les outils qu'elle se crée elle-même lui permettent d'observer. Elle établit donc Chaque connaissance ses frontières qu'elle s'interdit formellement de franchir. L'une d'elle, et parmi les plus solides, est son propre langage (1). Ces jargons spécifiques, souvent enrichis de sigles, de chiffres et d'emprunts à l'anglais, deviennent un lien spécifique renforçant la cohésion interne et la capacité d'expertise d'une discipline. Hélas, il en résulte un inconvénient majeur : entre scientifiques, il devient de plus en plus difficile de comprendre ce dont parlent les autres et comment ils en parlent. Comme dans la tour de Babel de la Bible, la langue unique disparait et les parlers divers se multiplient. Jusqu'à ce que le bâtiment devenu inconstructible s'effondre (2).

     Mais pour chacun de nous, qu'en est-il ? Sommes-nous de simples éponges plus ou moins capables d'absorber les connaissances sans cesse rendues plus accessibles à tous (3) ? Que faisons-nous de cette manne permanente, si fragile à l'oubli et à l'erreur d'interprétation ? Si perméable aux émotions, aux sensations, aux rêves, aux intuitions, aux manipulations, sans lesquels nous ne sommes pas humains. La seule solution, en bonne mnémotechnique, est d'en faire pour soi-même un récit. Pas celui d'un savant bibliothéquaire, celui d'un humain ordinaire comme chacun de nous. Nous nous racontons tout ce que nous vivons, et nous vivons tout ce qui est nouveau pour nous. En dehors de nous comme en nous. Ce récit se modifie sans cesse de la naissance à la mort. Sur le modèle d'un palimpseste (4) il est dans sa nature d'être sujet à l'oubli et aux modifications. Les maladies de la mémoire nous le rappellent.

   Introduire une hiérarchie de valeur ontologique entre ces différents types de connaissance me semble une posture aussi habituelle que dangereuse. Il ne peut en résulter que des conflits frontaliers, des luttes de pouvoir. entre institutions en place. Et une impossibilité d'oser explorer ce qui n'a pas pignon sur rue dans la pensée actuelle sans encourir les foudres de la bien pensance ambiante.
   L'affaire de la théorie journalistiquement dite du Big Bang inventée il y a une centaine d'année par l'abbé Lemaitre est intéressante. Faire débuter il y a 14 milliards d'années ce qui deviendra notre univers par le surgissement d'un grain de matière hyperdense issu soudain d'une marée d'énergie d'origine inconnaissable par nos lunettes scientifiques est un superbe récit. Un tour de magie qui sert de pierre fondatrice à toutes nos sciences de la matière et du vivant dirait un plaisantin. Nos fameux algoritmes, si sollicités avec le Covid 19 et tout le domaine de l'Intelligence Artificielle, ne sont-ils pas des récits typiques ? Faire le choix dans l'observation d'une réalité de ce qui semble le plus pertinent pour agir sur le problème qu'on veut résoudre, c'est laisser volontairement de côté ce qui est jugé accessoire. Pour un artiste peintre, le travail de création passe souvent par l'étape des croquis préliminaires. Le croquis n'est pas la toile plus que la peinture n'est le dessin préparatoire au crayon.

  Toutes ces notions sont si simples, tellement fondées sur l'observation systémique, qu'elles peuvent être qualifiées d'enfoncement de portes ouvertes. À un détail pratique près. Nos préjugés sont tellement confortables que nous avons un talent fou pour en blinder l'accès. Jusqu'au jour où la réalité, comme celle de la pandémie en cours, nous saute au visage en nous laissant sans défense. Nus devant la forêt de nos récits.

   Vivre sa vie, qu'on soit individu, institution ou collectivité, n'est-il pas construire chaque jour, en fonction de ce qu'on rencontre, son propre récit ? Celui qui nous sert à déterminer quelle conduite adopter et quel écueil éviter ( 5 ). Ce récit est notre mémoire, et comme telle, il est en perpétuel remaniement avec son extraordinaire capacité d'oubli et de transformation. Nos machines numériques sont, elles, limitées à de simples mises à jour périodiques. Nous savons décider, elles non. Dans cette optique, un récit n'est jamais réductible à un mythe ou une légende définitifs. Il doit être écouté avec soin, un médecin forgé par son métier ne saurait soutenir l'inverse.

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Notes :

(1) L'apprentissage des termes médicaux est une partie indispensable de la formation des soignants. Pour mémoire, la systématique botanique et animale n'utilise encore que la langue latine ( abandonnée le siècle dernier par les médecins pour leurs prescriptions magistrales).

(2) Une des fonctions spécifiques des médecins généralistes est de traduire aux patients dont ils s'occupent, en les harmonisant autant que possible, les récits de leur état que leur ont délivrés les différents spécialistes consultés. En déterminant au cas par cas, sous quelle forme le faire.Tache aussi délicate que tenue ignorée des instances médicales tant nos egos doctoraux sont facilement chatouillables.

(3) L'internet, comme l'écrit imprimé, y contribuent beaucoup.

(4) Manuscrit sur parchemin écrit gratté pour pouvoir être utilisé à nouveau. Concept largement utilisé par le neuropsychiatre Ludwig Fineltain dans son site.

(5)cf la cacophonie apparente, pour le public, des armées d'experts scientifiques s'exprimant depuis des mois dans mes médias sur le Covid19.

  
 

Os court :

«   Tout est bien... Tout. L’homme est malheureux parce qu’il ne sait pas qu’il est heureux. Ce n’est que cela. C’est tout, c’est tout ! Quand on le découvre, on devient heureux aussitôt, à l’instant même. »



Fiodor Dostoïevski

(écrivain 1821-1881, citation de Les possédés empruntée à Paul Watzlawick « Faites vous-même votre malheur» page 118 )



Lettre d'expression médicale
LEM N° 1175
15 juin 2020

11 juin 2020

«Avant-guerre» (Exmed)


   C’était le refrain des adultes au cours de mes jeunes années. Tout était tellement mieux, tellement plus beau, d’une qualité que l’on ne connait plus de nos jours. Quelle frustration pour un petit que cette histoire d’un paradis perdu qu’il n’a pas   vécu.
Silence absolu des adultes sur l’horreur qui a  servi de bouquet final à ce « merveilleux » passé. Celui qu’ils avaient eux-mêmes construit à grand peine pendant des générations.

   Alors, attention à ne pas sombrer dans la nostalgie de l’avant covid. Des enfants sont là et écoutent avec attention ce qu’ils entendent dire autour d’eux. Ne les trompons pas, ils ont besoin d’être respectés dans leur vision du monde pour être le plus possible eux-mêmes.



François-Marie Michaut
12-14 juin 2020

09 juin 2020

Aux antipodes (Exmed)

   Il m’a fallu aller fouiller dans Courrier International du 8 juin 2020 pour apprendre, avec joie, qu’un pays a pu déclarer ne plus compter aucun cas de Covid19. La lointaine Nouvelle-Zélande a annoncé qu’elle abandonnait les mesures de distanciation sociale.

  Curieux silence de nos bavards et bavardes de service nationaux. Pour quelle raison ? Le fait que la personne qui a tenu avec succès et intelligence la barre de son pays soit Jacinda Ardern, une femme ? Et qui plus est, jeune et mère d’une petite fille de deux ans ?

 

   La période covidienne bouscule inexorablement tout ce qui a été. L’idée n’est peut-être pas stupide de faire désormais beaucoup plus confiance aux capacités des femmes plutôt qu’au recours aux seuls hommes pour diriger  sainement nos nations. Le mot économie ne veut-il pas dire, on l’oublie, façon d’arranger sa maison ?

François-Marie Michaut 


10-11 juin 2020

07 juin 2020

Autant en emporte le temps
 (Exmed)

  Ce temps qu’on se plaint de ne pas avoir, quel que soit le temps qu’il fasse au dehors. Inusable alibi, qui n’est pas sans nous tenailler parfois la conscience. La pharmacologie ne propose rien. L’intelligence artificielle regarde à côté.

  Nous sommes seuls devant le grand sablier de notre vie. Pas tout à fait.

 Voici, en guise de prothèse garantie sans virus, la LEM 1174 de Jacques Grieu APRÈS PLUS TARD


François-Marie Michaut 

8-9 juin 2020

APRÈS / PLUS TARD (LEM 1174)

                                                       
                                 
Depuis toujours, le temps est pour l’homme un mystère.
Sa flèche est parfois lente et souvent s’accélère :
A peine est-on levé qu’il  faut aller au lit;
A peine le lundi, qu’arrive vendredi.
Dès qu’on est en janvier, on voit  la fin d’année
Et dès  qu’on a dix ans, la mort montre son nez...

Il faut dès qu’on est né, profiter de l’instant
Sans remettre à plus tard  la joie et le bon temps.
Chaque seconde échue  doit être appréciée ;
Ne laissons refroidir ni moment ni santé.
Le jour d’après est là qui nous nargue et nous guète 
Et nous tend ses regrets de choses incomplètes...

Le manque de mémoire est parfois une envie
Effaçant les remords pour moins de nostalgie.
Les attraits de l’oubli, on devrait célébrer,
Car l’oubli, c’est la vie, les charmes du passé.
L’oubli de ses erreurs est une absolution :
La perte de mémoire est parfois solution.

Écrire ses mémoires est toujours plus facile,
Quand les trous de l’oubli deviennent bien utiles.
Qui n’a pas de mémoire a donc de bonnes jambes,
Mais quand vient la vieillesse on n’est plus si ingambe.
Pourquoi les pense-bêtes sont-ils si délaissés ?
De nos mémoires on sait qu’ils sont les porte-clef ! 

L’ordinateur, dit-on, soulage la mémoire.
L’affirmation est vraie, mais ce n’est qu’accessoire :
Le meilleur des PC n’a aucun souvenir.
Sa mémoire est trop bonne, il ne sait s’en servir.
Les matériaux sont là : il ne sait quoi en faire
La mémoire est aux ordres, écoute qui opère.


Un peuple sans mémoire est privé de l’Histoire,
Et alors sans passé, plus d’avenir à croire.
Au cours des âges, aussi, l’histoire est bien caution,
Que l’oubli du public casse l’indignation.
Et si des politiques ont encor du crédit,
À nos trous de mémoire ils doivent leurs acquis.

Le bonheur n’est-il pas un mélange subtil,
D’espérance et d’oubli que par strates, on empile ?
Car à trop se pencher sur les faits du passé,
On risque de chuter, dans l’amnésie verser.
Les portes de l’oubli peuvent ne plus s’ouvrir :
Aux battants sont collés nos meilleurs souvenirs.

Supprimons les « après »  pour mieux jouir du présent
Et du temps disponible, usons  à tout moment.
 « Trop tard » est le danger qui nous pend tous au nez !
Tels les bords de la mer, par les vents transformés,
Tous nos vieux souvenirs par l’oubli sont roulés.
Oublier d’oublier serait-il le secret ?

                 Jacques Grieu
 

Os court :
« Se coucher tard nuit. »  
 Raymond Devos
 
Lettre d'Expression médicale
 
LEM n° 1174   
8 juin 2020

04 juin 2020

Sous le signe de l'incertitude (Exmed)

Sous le signe de l’incertitude
 

   La méthode scientifique, accompagnée du monde fascinant des applications techniques qu'elle a fait naitre, nous est apparue telle qu'elle est. Nous en attendions le summum des capacités humaines de comprendre la réalité de notre monde. Déception totale, la Science est restée inaudible, au grand dam des gouvernements, sur la pandémie du Covid19.

  Les scientifiques du monde entier sont cependant remarquables, il font bien leur travail. Qui n'est pas celui de parvenir à une certitude défnitive.

   À chacun, s'il peut, de comprendre que le temps des certitudes faussement rassurantes d'hier attribuées aux différentes sciences est désormais révolu. Le temps du questionnement sans limite est là. Tout n'étant pas réductible aux seules disciplines ne parlant chacune que leur propre langage.

François-Marie Michaut
5-7 juin 2020

02 juin 2020

Les héros et les zéros (Exmed)

 
 
   Se faire traiter de héros sans retenue par les foules, tout simplement parce qu'on fait comme il se doit son métier, ne peut qu'embarrasser les blouses blanches. Parce que nos soignants ne peuvent pas oublier que, peu avant, ils étaient l'objet d'une attitude générale de leurs directions et de leurs consommateurs les considérant ouvertement et les traitant comme des zéros.

   Alors mettons les pendules de la réalité à l'heure : il ne peut exister en ce moment ni héros, ni zéros. Simplement des gens traités justement ou des sujets injustement maltraités.
Un principe simple, une mise en actes objectifs des plus délicates, tant cela bouscule ce que nous pensions devoir être fait avant qu'un certain virus ne survint.



François-Marie Michaut 

3-4 juin 2020

Contagiosité n’est pas virulence (Exmed)

    Comprendre le sens des mots est indispensable en ce moment. Confusion en matière virale. Contagieux veut dire qui se propage facilement ...