dimanche 22 février 2015

Tirs à Blanc 
 BLANCHIMENT, LEM 901

Lettre d'Expression médicale n°901 du 23 février 2015 

 Tirs à Blanc 
 BLANCHIMENT              

                                                
                                 Jacques Grieu


    

Sont-ce mes cheveux blancs ? Je crains fort les nuits blanches
Et je suis blanc de peur quand mes rêves s’enclenchent …
Je me revois blanc bec, au fond de ma mémoire :
Le passé a des blancs qui sont parfois bien noirs !
A trop boire de blanc, les nuits sont avinées ;
L’alcool n’est pas moins blanc quand il rougit le nez.

L’enfant noir, l’enfant blanc : il est rouge leur sang !
Et c’est, de ce coté, blanc bonnet bonnet blanc.
Chou blanc ce serait faire à chercher différence :
Les blancs de ces discours sont comme des silences …
Quand les Verts voient tout rouge, alors, ils votent blanc :
La couleur politique est un sujet …  troublant !

Rien n’est jamais tout blanc dans les meilleurs desseins ;
Brandir le drapeau blanc est souvent assassin.
Un mariage blanc en fait voir cent couleurs ;
 Le meilleur papier blanc vient de chiffons pollueurs !
Le savon le plus noir lave bien le plus blanc,
Mais le plus blanc que blanc est souvent décevant.

L’optimiste bien né voit blanc ce qui est noir,
Et dans le blanc des yeux vous niera ses déboires.
Il voit de but en blanc le côté bénéfique ;
C’est le chevalier blanc pour le neurasthénique.
Connu tel le loup blanc pour entrer est assez,
Et aussi patte blanche est assez pour passer.

J’aime la gelée blanche, en semaine ou dimanche
Pour m’aller promener quand j’ai la carte blanche.

Comme dans le poulet, le blanc est meilleur choix,

Le plus fort du poème est le blanc qui se voit.
Rimer ne suffit pas à avoir un blanc-seing ;
Contre la page blanche, il faudrait un vaccin !



  
Os Court :
«    Le poème n’est point fait de ces lettres que je plante comme des clous, mais du blanc qui reste sur le papier. » 

      Paul Claudel


 

lundi 16 février 2015

Trente puissance deux, LEM 900

    Lettre d'Expression médicale
LEM n° 900
http://www.exmed.org/archives15/circu900.html
    16 février 2015

              
 
      
                                            

                                             Trente puissance deux
                                               LEM numéro 900


                                Docteur François-Marie Michaut



    Même au lendemain d’un vendredi 13 adulé des uns autant qu’honnis  par les autres, malgré notre culture rationaliste, les chiffres gardent leur charge symbolique. Sans détour, cela me fait tout drôle d’écrire en ce moment le numéro 900 de la Lettre d’Expression médicale. À raison d’une chaque semaine, cela commence à faire une durée d’existence non négligeable : presque la majorité légale. Pour un gâteau d’anniversaire, nous sommes tous d’accord, cela devient difficile de souffler toutes les bougies en une seule fois.

Souvenons-nous. La LEM a vu le jour en 1997. Au départ, ce fut un simple bulletin envoyé par fax à quelques médecins qui s’étaient retrouvés à l’initiative du regretté Jacques Blais au siège parisien de la revue «Le Généraliste». Le gros titre de la une précisait : «Dix généralistes en quête d’avocat». Il s’agissait de faire connaître publiquement ce que pensaient des praticiens de terrain de la réforme de la sécurité sociale prise par décret (donc sans passer par le parlement) par Alain Juppé, alors premier ministre. Nous étions très inquiets pour l’avenir de la profession et la qualité des soins de santé, alors qu’aucune voix ne s’élevait pour contester ce prétendu sauvetage d’une sécurité sociale dèjà économiquement comateuse.
Pour le dire sans détour, nous n’avons eu aucun retour de cet appel. Et personne ne s’est proposé pour prendre le rôle d’avocat. Alors, nous avons décidé, en fait avec le seul Jacques Blais, alors éditorialiste du Généraliste, et médecin de famille dans une banlieue francilienne ouvtière, de prendre la parole et de nous exprimer ouvertement sur la place publique. Les organisations syndicales, ne parvenant pas à canaliser ce mouvement, ont rapidement disparu de l’horizon.

Puis, pour des raisons essentiellement pratiques et ... économiques, j’ai fait le choix de plonger dans l’univers balbutiant de l’internet pour tenter d’assurer une diffusion plus large de cette lettre hebdomadaire.
L’expérience a été presque aussi pleine de difficultés que riche de satisfactions. L’établissement de nouveaux contacts, et bien au delà de nos frontières, plus ou moins durables et plus ou moins enrichissants pour mon gout, a été, et demeure encore, une aventure personnelle exceptionnelle. Que tous ceux qui ont accepté que ces échanges s’établissent et qui ont apporté (toujours bénévolement, c’est admirable dans notre époque marchandisée à l’extrême) leur contribution à Exmed trouvent ici la manifestation sans réserve de toute ma gratitude.

Quand hier, samedi 14 février, deux attaques à l’arme de guerre ont été menées à Copenhague contre une conférence sur la liberté d’expression et contre un lieu de culte juif, un terrible message se répète. Des esprits qui cherchent à imposer leur domination absolue ne voient finalement que deux ennemis qu’il faut détruire en les mettant étrangement sur le même plan : la liberté d’exprimer sa pensée personnelle et le message spirituel dont le peuple juif (croyant ou non) est (qu’il le vueille ou non) le porteur et le transmetteur.
C’était exactement ce que disait sans le dire les acteurs de la tragédie parisienne de Charlie Hebdo et de l’Hyper cacher. Cacher, en hébreu, je ne l’ai pas entendu dans les commentaires, cela veut dire simplement correct. Détruire ce qui est hyper correct, c’est une épouvantable et suicidaire perversion des esprits.

Alors, les lieux, aussi modestes soient-ils, où peut s’exercer la liberté d’expression de ceux qui les fréquentent prennent une toute autre valeur pour notre avenir à tous. Cela n’a strictement rien à voir avec une quelconque croyance religieuse, scientifique ou philosophique.
Tant qu’elle sera lue, la LEM, toujours à sa manière et sans se rallier à aucun drapeau, continuera son petit bonhomme de chemin pour que soit manifeste une voie (parmi des milliers d’autres possibles) d’expression médicale libre et indépendante.




                     

  
Os Court :

«   C’est difficile d’imaginer comment ce sera arrangé ici dans 900 milliards d’années, déjà qu’en dix ans la plupart des bougnats a disparu, t’as plus que de grandes brasseries. » 


     Jean-Marie Gouriot (Brèves de comptoir 1988)














dimanche 1 février 2015

Auschwitz et le devoir d’intelligence
 LEM 898

 Lettre d'Expression médicale
LEM n° 898 http://www.exmed.org/archives15/circu898.html
   
2 février 2015

              
 
                                                           
  

                Auschwitz et le devoir d’intelligence
                               

                                Dominique Blumenstilh-Roth



  
Triste anniversaire que celui des 70 ans de la « libération» par l’Armée Rouge du camp d'Auschwitz.
Beaucoup de commémorations officielles, où tout le monde, ou presque, s'accorde à dire « Plus jamais cela ».
Utile et indispensable rappel au devoir de mémoire, alors que les derniers témoins directs se font de plus en plus rares. Il faut cependant aller encore plus loin.
   Car, 70 ans après, qu'avons-nous retenu du drame ?
Les images en sont projetées sur les écrans de télévision, suscitant souvent l'indignation devant pareil crime.
D'autres au contraire, sont fascinés et seraient assez tentés de renouveler l'expérience, du côté des bourreaux, bien sûr.

   C'est pourquoi la commémoration doit nécessairement se compléter d'un devoir d'explication. Trois questions s’imposent alors :

- Avons nous compris ce qu'est le nazisme ?    
- Savons nous exactement pourquoi le judaïsme était visé ?
- Avons nous compris le sens de la Shoah ?

   Plus que jamais, le devoir de mémoire doit s'accompagner d'un devoir d'intelligence pour saisir l'enjeu de la Shoah. C’était un projet démoniaque d'extermination du judaïsme caractérisé par le fait que c’est le peuple juif qui a reçu l'alphabet révélé à Moïse au Buisson Ardent. Exterminer un à un chaque porteur potentiel de cette connaissance, c'est anéantir le projet de la Création.
C'était cela, l'ambition de la « volonté de Puissance » face au Verbe.
Les Nazis ont ils réellement perdu la bataille ?

   La question reste toujours posée, car l'antisémitisme n'a pas dit son dernier mot.
Le projet d'exterminer Israël est toujours d'actualité… si j'en crois les prétentions de certaines personnalités du Moyen-Orient.
    Qu'est ce qui motive leur haine ?

  Il existe un livre essentiel de Dominique Aubier Réponse à Hitler , écrit en 1979, qui explique le projet satanique des Nazis.
Et qui propose la réplique qu'il convient de lui infliger. Y compris aux néo-nazis qui semblent, de nos jours, retrouver certaines ardeurs.


    Le temps est venu aussi de comprendre que le génocide hitlérien n'était pas une invention particulière à une époque historique récente. C'était la répétition de la tentative pharaonique de destruction bien connue dans Exode. Son programme ? Éliminer le peuple du Verbe afin d'imposer un projet d'éradication de la civilisation même. Il s’agit alors de nier le verbe, nier la Création, installer le régime du matérialisme pur où la pensée libre serait remplacée par l'esclavage et la servilité au service des Maîtres de la barbarie.

   Et que penser de l'épisode de la Reine Esther qui, en son temps, il y a 2600 ans, conjura le génocide organisé par Assuérus, le roi d'Assyrie, et son ministre Hamman ? Etrange coïncidence que le mentor d'Hitler, son éditeur, et sans doute co-auteur de Mein Kampf, s'appelait précisément Aman. Troublante analogie de nom suggérant le lien transgénérationnel de la pulsion génocidaire ? (Lire à ce sujet : Le Code d'Esther, de Bernard Benyiamin, édition First).

   Tout cela pourrait-il recommencer ?
Oui. Et très facilement. Car il ne suffit pas d'affirmer, comme le fait François Hollande, la main sur le cœur, que la République se porte garante de la sécurité des confessions. La même République, aujourd'hui magnifiquement solidaire des victimes, est soumise aux fluctuations de l'opinion, et nous savons bien qu'elle change 60 fois par minute. Qu'elle est capable du meilleur comme du pire, et que le pire vient aisément lécher les appétences politiques. L'indignation d'aujourd'hui ne garantit en rien le sentiment de demain.

   Dès lors, il faut compter sur un acte de conscience supérieur, afin de produire l'antidote du crime. Le dénoncer, ce n'est pas suffisant. Car dénoncer l'horreur… c'est encore la montrer, sans y apporter de remède.

    Le remède ? Ce serait d'accompagner les témoignages, les documentaires d'un discours où l'esprit ait sa place. Où le véritable enjeu soit expliqué sans détour : la haine viscérale hitlérienne, d'essence métaphysique, désirant anéantir le projet du Créateur pour lui substituer la tyrannie de la « Puissance ». Il faut avoir le courage de regarder du côté de la métaphysique pour comprendre l'ambition des nazis : projet satanique dont les historiens décrivent les processus, mais n'en détectent pas l'identité. Face au satanisme (oui, le mot doit être prononcé parce qu'il existe), la seule solution c'est de réaliser une puissante avancée spirituelle, où l'humanité renoue avec l'esprit.
   On me dira que je vais chercher des explications dans la métaphysique et que ce n'est pas très rationnel. Je réponds que c'est avec beaucoup de rationalité et de méthode que les nazis ont exterminé leurs victimes. La méthode rationnelle qui croit détenir une explication de la Shoah ne fait que raconter les événements mais n'en donne pas la cause ontologique profonde.

  Renouer avec l'Esprit. Je ne dis pas avec la Religion. Quelle qu’elle soit,  toute confession n’est qu'une façon d ‘interpréter cet esprit. Je précise bien : il nous faut renouer avec l'Esprit et ses lois. 
Le retour à la connaissance des lois de l'Esprit, si longtemps jugée comme dépassée par la modernité ou hors de portée des cerveaux humains, me paraît être la seule garantie possible d’un avenir vivable.
Mais je n'ai entendu personne en parler à la télévision, parce que le mot « Esprit » fait peur.


   Pour que ces horreurs ne recommencent jamais, il est indispensable de comprendre enfin, avec son intelligence personnelle, le sens profond de la Shoah.

 

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Livres conseillés par l’auteur

Dominique Aubier :
— Le cas juif
— L'Urgence du Shabbat
— Réponse à Hitler
 Dominique Blumenstilh
- Esther, la Délivrance d'Israël

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Os Court :

«   Il y a un terrible problème avec le cerveau. L’intelligence n’est pas nécessairement garantie à la livraison de l’organe. » 

     Georges Raby ( journaliste et poète québécois)






  








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