dimanche 30 septembre 2018

Bienvenue à Nana Nopink
 (Exmed)

     De simples mots peuvent rendre malade tout comme ils ont le pouvoir de soigner. Il n’existe pas de parole neutre, totalement aseptisée par la science drapée dans son objectivité. N’importe quel praticien le sait d’expérience, les gens d’écran ne le soupçonnent pas. Voilà pourquoi nous avons le plaisir de publier dans nos LEM Nana Nopink qui choisit la forme d’expression de la fable pour nous extraire de la dictature intellectuelle de la pensée unique.


    Dérision ? Non, respect. Respecter, le mot le dit, c’est regarder les choses, comme les gens, une deuxième fois. Voici donc la LEM 1087 de Nana Nopink : Perrette et le pot aux roses.


Toute coïncidence avec la campagne nationale dite « Octobre rose» n’est pas fortuite.

François-Marie Michaut,
 CO d’Exmed  1-2 octobre 2018

jeudi 27 septembre 2018

Nerf honteux
 (Exmed)

   Ainsi l’anatomie qualifie-t-elle, en le distinguant, s’il vous plait, en interne et externe, le système nerveux des organes sexuels féminin et masculin. Cette histoire de honte liée à des fonctions on ne peut plus nécessaires à la perennité de notre espèce a été tempérée avec une savante latinitude. On parle alors de nerf pudendal. Le pudendum  (ça sent la pudeur et tout plaisir est banni)) signifiant l’appareil sexuel.
   

     Bien encombrant en 2018, cet héritage culturel venu du christianisme. L’église catholique qui a imposé le célibat des religieux des deux sexes en même temps que le mariage, autour l’an mille, est en position intenable. La révélation publique du non respect - pour rester modéré - de l’abstinence des clercs pose une question.
Une règle non suivable doit-elle être maintenue ?
À moins de décréter que le créateur nous a doté d’organes dont certaines créatures n’ont  pas le droit de se servir. L’existence d’une règle qui peut favoriser la dissimulation des comportements sexuels les plus pathologiques est-elle moralement et théologiquement défendable ?

  

Si honte il peut y avoir dans cette histoire, elle ne peut être que dans le maintien obstiné d’une hiérarchie dotée d’un pouvoir spirituel planétaire dans un silence total.



François-Marie Michaut,
CO d’Exmed   28-30 septembre 2018

mardi 25 septembre 2018

Homéopathes et «homéopatients» (Exmed)

   
Erreur méthodologique majeure pour ceux qui veulent évaluer la si populaire homéopathie. Se focaliser sur les seules vertus pharmacologiques des petites pilules comme si le «principe actif » du système thérapeutique s’y trouvait.

- C’est ignorer la découverte de Balint que le médecin lui-même est un remède, ce qui ne fait pas l’affaire des revenus de l’industrie chimique.

- C’est négliger le fait clinique que l’ interaction entre un soigné et un soignant produit une certaine quantité d’effet thérapeutique ou pathologique. 
La capacité oubliée de l’auto et de l’hétéro-guérison, nous l’avons nommée sans la comprendre placebo. Ce qui se passe entre les homéopathes et leurs «homéopatients» donne lieu à la production d’un effet placebo qu’il serait logique d’évaluer. Pour le comparer au placebo + effet pharmacologique -positif comme négatif- obtenu par le couple allopathe et son patient.

 

   Il est vrai que le jour où il serait possible de mesurer la valeur soignante de chaque médecin, cela risquerait de faire du bruit dans l’espace de l’Internet comme dans les chaumières et cabinets de consultation ! Et, on peut toujours rêver, dans les sphères chargées de la formation des médecins.



François-Marie Michaut,
CO d’Exmed   26-27 septembre 2018

lundi 24 septembre 2018

Enfoncez-vous bien ça dans la tête

 (LEM 1086)


              Enfoncez-vous bien ça dans la tête

                  

                                       François-Marie Michaut

              
      Le Coup d’Oeil d’Exmed du 14 septembre évoquait l’idée  simplement logique de se doter d’un cahier des charges pour assurer au mieux la formation des médecins de demain. Risque de dérapage vers de grands principes hors de toute réalité : souvenons-nous de la réforme des études médicales du professeur Robert Debré, ami personnel du général De Gaulle. Il fallait détrôner la médecine américaine triomphante en décrochant plus de prix Nobel qu’elle ! La bombe politique prestigieuse des CHU (1)  fait pschit sous nos yeux. À souligner que, depuis 1958, l’institution en situation de monopole, a généré un effet secondaire remarquable. Le développement exponentiel de toutes les spécialités, de plus en plus techniques et hyperspécialisées. Chacun, bien humainement, cherchant à occuper un créneau nouveau où il puisse exceller comme hyper-expert.
Balkanisation des savoirs hospitaliers  les plus spectaculaires ; le public adore les miracles de la médecine et écoute volontiers  les sirènes de la pensée transhumaniste (2). Le prix de ce mouvement  confondu avec les progrès de la médecine est celui de la disparition de la médecine générale comme discipline digne d’intérêt, malgré les efforts de quelques courageux et rares résistants que je salue. Comment alors s’étonner que les rangs des médecins de famille exerçant en cabinet privé (3) fondent comme neige au soleil ?

      La situation de la médecine générale en France, pourtant plébiscitée comme aucune autre profession par le public (4), est-elle désespérée ? Ce n’est pas certain. À une condition. Comprendre ce qui constitue l’âme de la fonction du médecin indépendant.
Cela a été rigoureusement étudié en Grande-Bretagne, et formulé en 1957 par le psychiatre Michael Balint (5) dans une formule lumineuse.  Exercer la médecine de famille, c’est construire et entretenir avec chacun de ses patients une société d’investissement mutuel. On est là dans une dynamique qui n’a rien à voir avec l’actuel millefeuille de petits morceaux de spécialités dont on espère qu’un miracle se produira dans la tête du jeune praticien pour que cela produise en clientèle des soins de qualité ! Apprendre avec des gens qui le vivent eux-mêmes ce qu’est cette «  société d’investissement mutuel» ( SIM pour les gens pressés ?) , quelles en sont les exigences, les joies, les peines et les limites pour les sociétaires, de quelque côté du bureau de consultation se situent-ils et se confrontent-t-ils sans limitation dans la durée. C’est bien autre chose au niveau du sens que du dressage de super-techniciens pour dépanner des machines humaines passives en panne. Ce n’est soumis à aucun schéma économique, à aucune contrainte matérielle ou organisationnelle. Oui, il y a bien une ligne de fracture entre la conception de Debré et celle de Balint. La dynamique purement hospitalocentrée est à bout de souffle, et ce n’est la faute de personne. L’énergie portée par Balint faisant intervenir comme déterminantes des valeurs non matérielles a été négligée. Le désarroi profond vécu par nos professions comme par nos patients (6) nous contraint à le prendre, enfin, au sérieux.
  Ne pas en tenir compte est condamner un peu plus notre société à une  redoutable deshumanisation.

   Le match Debré-Balint peut conduire à un KO, mais sûrement pas à un chaos. Alors on ouvre les paris ? Oui, les paris sur notre intelligence nationale, un pari pour que vivent les Sociétés d’investissement mutuel, un pari que nous comprenions que la technoscience (7) n’est pas une philosophie ultime mais un simple et admirable outil qui doit rester à sa place. Toute sa place, rien que sa place.



Correction :
Dans la première rédaction de ce texte, j'ai fait une erreur sur la citation de Balint. Il ne s'agit pas de société mais de " compagnie d'investissement mutuel". Un compagnon, c'est plus chaleureux qu'un sociétaire. Puisse Balint ne pas se retourner dans sa tombe. 

______________________________
 Notes :

(1) CHU, Centres hospitaliers universitaires avec un corps de médecins fonctionnaires d’État   à plein temps et à vie assurant la triple mission de l’enseignement, des soins et de la recherche.

(2) Transhumanisme : https://iatranshumanisme.com/transhumanisme/                       « Le transhumanisme peut se définir comme étant une façon de penser qui préconise l’utilisation des sciences et de la technologie afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des humains. Cette façon de penser est basée sur la conviction que les humains sont actuellement dans leur phase intermédiaire de développement.» Quel crédit la démarche scientifique accorde à une simple conviction ? Aucun.

 

(3) Tout comme ceux des spécialistes extra hospitaliers d’exercice comparable.

 

(4)  88% des Français selon le sondage  Le Parisien du 14 mars 2015.


(5) Michael Balint :  Le médecin, son malade et la maladie, Payot 1966, p. 265-267.

 (6) Max Dorra, Angoisse, le double secret, 2017, Max Millo éditeur. L’Os court   ci-dessous est extrait de la page 39.
    

(7) Odile Marcel, Technoscience et thérapie : la médecine et l’imaginaire social,  http://www.exmed.org/exmed/odmar.html




 
Os Court : 
  «  Ce qui épuise, bien d’avantage que toute maladie, c’est la désespérance. »
                           Max Dorra (6)

Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1086    
http://www.exmed.org/archives18/circu1086.html

         24 septembre 2018


dimanche 23 septembre 2018


« La maladie de la valeur»
 (Exmed)

    Tel est le diagnostic de notre société selon Max Dorra, écrivain et professeur de médecine interne à Paris. Notre système de santé que le président Macron a décidé de soigner par un vaste plan annoncé au public il y a quelques jours est-il atteint de cette pathologie ?
 
   Sans se noyer dans les dispositions pratiques des mesures prescrites qui font le bonheur des commentateurs, ce que tente de déterminer la LEM 1086 : Enfoncez-vous bien ça dans la tête.
Bonne lecture http://www.exmed.org/archives18/circu1086.html 

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed   24-25 septembre 2018

vendredi 21 septembre 2018

Alzheimer on oublie
 (Exmed)

     Le récent déremboursement en France des médicaments utilisés dans le traitement de la maladie d’Alzheimer est un signal d’alarme. Nous continuons d’ignorer quelle est la cause de cette pathologie dont tout le monde a peur.

    Nous ne tenons pas compte que nos neurosciences sont fondées sur un certain nombre de postulats, par nature scientifiquement indémontrables :


- que la conscience, comme tout autre type de pensée, est fabriquée et stockée dans notre cerveau

- que la mémoire est, elle aussi, une sorte de sécrétion de l’encéphale qui est conservée dans nos neurones

- que le temps est une réalité inébranlable de la physique fondamentale.


      Deux auteurs  français - c’est pas si fréquent- dont nous avons parlé plusieurs fois sur Exmed permettent de sortir de cette dramatique impasse intellectuelle : Dominique Aubier : «L’Alzheimer,  étiologie établie d’urgence sous regard kabbalistique» (2008) et Philippe Guillemant : «La physique de la conscience.» (2015).
 

    Un peu de courage intellectuel pour ne plus «perdre la tête» comme écrit  Florence Chédotal ( Éditorial de La Montagne, 21 septembre 2018) , s’il vous plait.

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed   21-23 septembre 2018

mardi 18 septembre 2018

La santé reste en plan (Exmed)

   
Plan pour la santé en France lancé le 18 septembre 2018. Qu’est-ce que la santé ? On a piqué le mot au latin sanitas utilisé par Cicéron. Il veut dire outre le fait de bien se porter la capacité de bien juger, de connaitre. Alors, c’est quoi cette santé ? Le chirurgien Henri Mondor invoquait poétiquement le silence des organes. L’Organisation Mondiale de la Santé en 1946 osait parler de « complet bien-être physique, mental  et social [...] pas seulement une absence de maladie, d’infirmité.» Le paradis terrestre pour tous et pour toute la planète.

  
Hervé Anctil, au Canada, dans les années 1980, propose ceci : «La santé résulte d’une interaction constante entre l’individu et son milieu [...] capacité physique, psychique et sociale des personnes d’agir  dans leut milieu et d’accomplir les rôles qu’elles entendent assumer d’une manière acceptable pour elles-mêmes et pour les groupes dont elles font partie».


  Faute de dire clairement en préambule ce qu’on met dans le mot santé,  aucun plan, aussi travaillé soit-il, ne peut avoir de sens. Les 50 mesures proposées usurpent leur nom : elles ne mesurent rien du tout.  Elles sont juste les panneaux indicateurs des points sur lesquels nous sommes en échec. Mettre une rustine n’a jamais empêché une chambre à air poreuse de se dégonfler, parole de cycliste.


  Si, par malheur, j’avais la corvée de donner un avis à nos gouvernants sur leur copie,  ce serait un «vous êtes hors sujet» à la vieille écriture rouge de mes profs d’antan.


François-Marie Michaut,
CO d’Exmed   19-20 septembre 2018

dimanche 16 septembre 2018

RÉBELLION RÉFUTATION (LEM 1085)


  
                    RÉBELLION
                    RÉFUTATION

                   

                    Jacques Grieu


              
    


Refuser les louanges est fort noble habitude ;
Mais on sent que souvent, ce n’est qu’une attitude,
Pour voir surenchérir avec un compliment
Ou entendre deux fois qu’on est intelligent.

Accepter est un art dont il faut pouvoir jouer :
Et savoir refuser demande du doigté.
Il est bien des accords lâchés avec hauteur
Qui sont plus irritants qu’un refus sans raideur.

Un refus, quelquefois, aboutit à l’inverse :
Le titre de martyr, même s’il bouleverse,
Est souvent refusé, ajoutant à la peine,
Et la pitié alors, oblige à dire amen.

Souvent l’incertitude est aussi douloureuse
Que le refus tout net en sa forme empêcheuse.
À tout engagement, on doit réalité :
Pire que cent refus, la promesse oubliée !

Demain est un mystère et qui souvent fait peur :
La peur et le refus qui portent le malheur.
Le futur, au contraire, doit se voir en riant :
L’envie de réussir implique le présent.

Les raisons d’un refus, montrées et exposées
Annulent ce refus puisqu’on peut discuter.
Qui refuse en silence est d’accord à moitié ;
Qui accepte à grands cris, un jour va s’opposer.

Beaucoup s’en vont pleurant, si l’on refuse trop,
Mais parfois en riant si l’on cède à propos.
Moi, que je pleure ou rie,  je ne suis pas têtu :
Il me faut terminer ? Ce n’est pas de refus !

                    


 
Os Court : 
 
« L’homme est la seule créature qui refuse d’être ce qu’elle est. »
                          
Albert Camus


Lettre d'Expression médicale

      17 septembre 2018



LEM n° 1085  sur Exmed : 
http://www.exmed.org/archives18/circu1085.html

Le savoir dire non
 (Exmed)


     Exercice de haute voltige quand on est un médecin face à un patient.  Refuser. Aucune école, en vérité, ne nous apprend les vertus irremplaçables de se rebeller contre une autorité qui nous fait nous renier nous-mêmes. Consensus obligatoire, esprit de groupe, prosternation devant ceux qui savent mieux que nous : c’est notre pain quotidien.

Jacques Grieu nous entraine avec sa LEM 1085  RÉBELLION  RÉFUTATION dans une balade frondeuse salvatrice.

François-Marie Michaut
, CO d’Exmed   17-18 septembre 2018

jeudi 13 septembre 2018

Cahier des charges (Exmed)

Cahier des charges


   La fin programmée du numerus clausus des études de médecine implique une remise à jour de la formation médicale. Elle s’est constituée depuis 1789 par couches successives s’empilant en fonction de l’évolution des connaissances et des mentalités. Pourquoi ne pas prendre l’exemple de l’armée américaine devant s’équiper d’urgence  après son entrée dans la seconde guerre mondiale ? Besoin d’un véhicule léger de reconnaissance pour intervenir sur tous les continents.
    Un cahier des charges a été établi. En gros ne voiture tout terrain pour 4 passagers et leur équipement construit en très grande série qui puisse facilement être parachutée et intégralement démontable et remontable avec une clé de 12. La jeep était née.


    Fabriquer des médecins est bien plus compliqué, cela va de soi. Raison de plus pour établir un solide cahier des charges pour l’avenir.

Deux colonnes :

- qu’est-ce qu’on attend de nos praticiens d’un côté

- quels moyens se donne-t-on pour répondre au mieux à chaque demande de l’autre côté.

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed   14-16 septembre 2018

mercredi 12 septembre 2018

Traitement à 500 000 euros par an (Exmed)

Traitement à 500 000 euros par an

   L’amyotrophie spinale est une maladie génétique dont l’évolution, dans les formes les plus précoces, est mortelle avant l’âge de deux ans. Le docteur Luc Perino consacre un article fort bien fait sur ce que la médecine propose quand survient un tel drame. Lien .

   L’utilisation habituelle de substances pour en faire des médicaments se fait de façon empirique. Tel produit présente une activité sur tel symptôme.
Ici, la démarche intellectuelle est inversée. La recherche a découvert qu’il existait une défaillance de la substance qui  régule la  quantité de neurones moteurs. Connaissant l’ADN en question, les chercheurs ont fabriqué un modificateur  introduit dans l’ARN messager de la substance défaillante.
Impossible d’effectuer de vastes expérimentations, impossible aussi d’avoir une idée et de l’efficacité et de la durée d’un tel traitement purement «freinateur». Ce médicament est autorisé et revient à 500 000 euros par an.


   Quel calvaire pour les parents, qu’ils acceptent ou non ce traitement. Mais qui prend en compte cette souffrance quand tout doit se traduire en termes d’argent ? Faut-il absolument faire tout ce qui devient faisable ?

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed   12-13 septembre 2018

dimanche 9 septembre 2018

Un peu plus sur la causalité

 (LEM 1082)


                    Un peu plus sur la causalité

                      


                                    François-Marie Michaut


              
      
      Un lecteur fidèle m’a suggéré de «creuser» d’avantage ce que j’ai écrit dans la LEM 1081 : «Causalité linéaire, causalité circulaire ou «hélicoïdale».  Défi à relever.


      Il ne peut pas y avoir de médecine digne de ce nom sans un processus jamais achevé d’interrogation. Pour ne parler que de ce qui justifie l’existence  et la persistance (1) de ce site. Dans notre secteur qui touche à ce que nous avons de plus intime, on joue avec le réel qui sait ne faire aucun cadeau à quelque brillante idée que ce soit. Comprendre comment les choses se passent, c’est capital. Oui, cest nécessaire, mais c’est insuffisant.
Où se cache la cause ? Molière, comme souvent, pointe juste et nous fait rire (jaune?) dans sa pièce Le malade imaginaire, avec son célèbre « le poumon, le poumon vous dis-je».


       L’histoire de la causalité «hélicoïdale» ne doit pas demeurer une simple formule, sinon, je risque ce brassage de mots, nous restons face à une énigmatique cause alitée. Juste une image d’hôpital. Celle de la représentation dans l’espace de la célèbre molécule d’ADN. Nul besoin de présenter cette grande dame absolue de la matière vivante. On y voit un mouvement hélicoïdal, comme celui d’une vis  . Le mouvement de la visseuse est circulaire, mais la tête de la vis s’enfonce dans le bois ou le métal. Notons bien que l’hélice de l’acide désoxyribonucleïque (2) n’est pas simple, mais double.  Tiens donc. Double, pourquoi double ?

     
Tout comme sont doubles nos hémisphères cérébraux et cérebelleux, ainsi que nos membres, nos reins, nos organes des sens et nos gonades. Nous savons que pour le cerveau, il ne s’agit pas d’une simple double commande, comme si le concepteur de notre système de fonctionnement (3) était devenu bègue. La neurophysiologie sait fort bien qu’il ne se passe pas du tout la même chose dans notre cerveau gauche et dans notre cerveau droit.

    
Prenons une autre image. Celle de la roue du valeureux vainqueur du tour de France cycliste. Le pneu, surveillé par le mécanicien, a loyalement fait son travail : revenir à son point de départ à chaque tour de roue. Mais en haut des Champs Élysées, le 29 juillet 2018, elle a bouclé les 3349 km de l’épreuve. En intégrant la notion de distance à notre observation, nous sommes passés d’une deuxième dimension plane au relief beaucoup plus riche de la troisième dimension. Encore un petit effort. Choisir d’effectuer la comparaison avec les dix derniers Tours nécessiterait d’intégrer une dimension supplémentaire. Une hélice une fois lancée dans son mouvement ne s’arrête pas d’elle-même, ne s’alite pas pour reprendre ce que j’ai eu le culot de dire plus haut.  
Pour s’imposer face au pouvoir des religions proposant toutes leur explication divine de tout ce qui est, a été et sera, les sciences ont dû rudement se battre pour démontrer leur puissance inégalée de décryptage de la réalité observable. Il a fallu, pour y parvenir, se cantonner avec rigueur et astuce dans tout ce qui ne touche pas au religieux lui-même. Ce temps, presque partout, est maintenant dépassé. Sauf quand les sciences elle-mêmes se comportent de la même façon dogmatique que les religions qu’elles veulent laisser de côté pour mieux régner.


    Si le principe même de causalité hélicoîdale - ou tout autre nom qui conviendrait mieux- se montre digne d’intérêt, la cloison séparant ce qui est du ressort des lois de la physique et ce que les traditions spirituelles (4) nous ont légué, doit être franchie en toute liberté. Importance majeure de ce qu’on a su, et de ce qu’on a mis au rebut parce qu’on en a oublié l’importance. Il en reste assez de vestiges accumulés partout (5) pour qu’on en mène une sorte de démarche de recyclage. Une écologie de l’immatériel est à oser. Tant pis pour le déterminisme matérialiste qui écrase tout.


   Ce n’est que par les marges bousculées que peuvent progresser toutes nos connaissances, comme toutes nos capacités. Les entraineurs sportifs  aussi bien que les sociétés savantes ou les découvreurs ne font rien d’autre. Il y a du travail pour tout le monde. Au moins pour ceux qui ne s’excluent pas eux-mêmes par un «je-ne-veux-pas-le-savoir»  digne d’un adjudant chef  caricatural des années 1960.


Notes :

(1) Exmed existe depuis 1997, la haute antiquité numérique pour nos lecteurs les plus jeunes.

(2) Découvert en 1953 par le britannique Crick et l’américain Watson.

(3) S’il existe, que nous soyons capables ou non d’en avoir la certitude à défaut de preuve.

(4) Bien faire la différence entre les spiritualités, déistes ou non, et les religions en tant qu’institutions humaines.


(5) L’internet est la plus fabuleuse base de données jamais créée. La seule limite est notre capacité d’en exploiter la richesse.



Os Court : 
  «   Le monde est dangereux à vivre ! Non tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. »
                         
                                                                                            Albert Einstein


 Lettre d'Expression médicale

     10 septembre 2018


LEM n° 1084
 sur Exmed.org

    

Ceci n’est pas de la philosophie (Exmed)

 Ceci n’est pas de la philosophie


   Titre en forme de clin d’oeil au célèbre tableau de René Magritte avec son «Ceci n’est pas une pipe». Oser parler de la causalité de ce que les connaissances des soignants peuvent mettre au jour n’est pas faire oeuvre de philosophe. Ni bien entendu, si cependant il existe un rapport entre les deux, de sage.


  Sauf allergie majeure, ce qui est une contrindication absolue, chacun peut aller voir du côté de la LEM 1084 : Un peu plus sur la causalité.


François-Marie Michaut, CO d’Exmed   10-11 septembre 2018

vendredi 7 septembre 2018

Heureuse fin d’un cycle
 (Exmed)

Heureuse fin d’un cycle



    C’est dans les années 1970 que Simone Veil ,alors ministre de la santé, a instauré le numerus clausus pour l’admission aux études de médecine. Chaque année, ce sont nos députés (comme s’ils avaient la moindre compétence en matière de santé) qui votent la quantité de médecins qui pourront obtenir leur diplôme d’exercice... 15 ans plus tard.
      La doctrine fut la suivante. La santé est un marché, comme tous les autres soumis à la seule loi de l’offre et de la demande. Les dépenses ( la demande, donc) s’envolant déjà, la solution technocratique a été de réduire l’offre ( le nombre de prescripteurs). Résultat, pas loin de 50 ans après : l’assurance maladie a toujours un lourd déficit, et le phénomène dit de la désertification médicale ne cesse de s’étendre.

   Le cycle politique est mort de sa belle mort : son inadaptation au réel.
Un nouveau cycle va naitre de ses cendres dont nous ne savons encore rien.
  Wait and see diraient nos amis du National Health Service.

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed   7-9 septembre 2018

mardi 4 septembre 2018

« Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » (Exmed)

« Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité »


  Ainsi est intitulé l’appel de deux cents personnes célèbres et familières des médias pour rien moins que : «sauver la planète». Source : Le Monde du 3 septembre 2018. Tout ce qu’on observe et que chacun connait semble indiquer que la vie sur la terre est menacée à court terme. Fort utile prise de conscience pour notre avenir à tous, c’est indiscutable.
   
Mais faire appel au pouvoir politique pose un problème majeur. Est-il raisonnable, ou simplement adulte, de penser que ceux qui nous dirigent peuvent disposer d’un tel pouvoir sur les façons d’agir des hommes ? Comme si nous rêvions toujours comme des enfants à un père tout puissant.

  C’est toute une civilisation technoscientifique dopée à l’énergie consumériste qui règne dans tous les pays. Lois, règlements, conférences mondiales, instances nationales et internationales ne peuvent rien que de très marginal contre ce char d’assaut. Le plus grand défi est idéologique et non politique ou même économique. C’est celui de l’acceptation sans discussion, par tous les pays, du dogme quasi-religieux du déterminisme matérialiste qui nous gouverne.


François-Marie Michaut,
CO d’Exmed   5-6 septembre 2018

dimanche 2 septembre 2018

Sitôt dit, sitôt fait (dessin) Cécile Bour


                        Sitôt dit, sitôt fait

 

                    
                                              Cécile Bour 

 


Os Court : 
 
«  Les infirmières ont une puissance redoutable. Il faut les amadouer afin qu’elles ne fassent pas un usage trop rude des armes dont elles disposent. »


  Jean-Christophe Rufin, médecin, écrivain, diplomate, académicien français.


Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1083
  http://www.exmed.org/archives18/circu1083.html
    
     3 septembre 2018


Au pied de la lettre (Exmed)

Au pied de la lettre 


   Pas facile de répondre aux mufleries habituelles d’un supérieur hiérarchique abusant de son pouvoir. Les enceintes hospitalières peuvent, parfois, trouver une réponse d’une pertinence... frappante. L’arme de la fausse naïveté sait être redoutable. Cécile Bour et la LEM 1083 Sitôt dit, sitôt fait vous attendent.


François-Marie Michaut,
CO d’Exmed   3-4 septembre 2018

PRÉCIPITATION (LEM 1098)

                                           La vitesse est un don des nouvelles techniques ; Chaque jour, en extase, on en fait des cantiq...