mardi 30 mai 2017

Tier au sort son futur CO d'Exmed

 

 

 

 

Tirer au sort son futur



     Malgré un horizon professionnel chargé d’incertitudes,  choisir de devenir médecin demeure un rêve d’avenir pour un grand nombre de jeunes gens. Et encore bien plus de filles que de garçons estiment que c’est une façon d’aider les autres humains. Nos antiques facultés de médecine n’ont pas, disent les responsables, la possibilité d’accueillir sur leurs bancs tous les candidats en première année d’études. Pas assez de places, pas assez de personnel enseignant, pas assez d’argent. La question n’est pas de nature à intéresser les pouvoirs politiques ?

    Qu’est-il proposé aux candidats carabins pour répondre à leur désir d’une vie qui les motive ?  Et non qui leur est imposée parce qu’ils sortent de telle ou telle école réputée. Quelque chose comme une rencontre individuelle, même brève, avec une personne qui vit elle-même l’aventure médicale pour tenter de filtrer les sujets les plus prometteurs dans un métier de relations humaines ? Avant de s’inscrire en école d’infirmiers, la règle a été établie qu’ait lieu un entretien psychologique préalable obligatoire.
La solution de facilité, celle qui semble éliminer les risques liés à toute subjectivité, est celle du tirage au sort. Autrement dit, comme il y a deux mille cinq cents ans en Grèce, s’en remettre à la décision des dieux.

    Personne ne tousse dans les doctes assemblées laïques de notre modernité savante ? Nos jeunes n’ont aucune question à poser ?


Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 31 mai - 1er juin 2017  www.exmed.org

Mise en boite CO Exmed



Mise en boite  LEM 1017



Quel meilleur vecteur qu’un dessin pour stimuler la réflexion de chacun, parfois jusqu’à la folie meurtrière quand règne encore dans tant d’esprits la notion de blasphème ? Paroles impies des Latins dit le mot. 


Cécile Bour donne sa vision graphique de l’épisode fameux de la Génèse, riche d’autodérision de la pensée scientifique dominante avide de sensationnel qui nous inonde.

LEM 1017 www.exmed.org/archives17/circu1017.html


Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 29-30 mai 2017  www.exmed.org

lundi 22 mai 2017

Causes de la désertification médicale- LEM 1016

Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1016
      http://www.exmed.org/archives17/circu1016.html
    22 mai 2017

                           
              

   Causes de la désertification médicale en France

                                  
               

                              Docteur  François-Marie Michaut
  
                      
   En deux dizaines d’années, la cinquième puissance planétaire est parvenue à une paradoxale situation de pénurie de médecins. Avec une formation universitaire et hospitalière de qualité, réputée dans le monde et toujours très prisée des jeunes générations, nous connaissons une sorte de disette des soins. Ce que les journalistes nomment, avec quelque emphase racoleuse, la désertification médicale. Chaque année, cependant un peu plus de diplômés sont certifiés, et chaque année de moins en moins de praticiens travaillent dans les cabinets médicaux des campagnes, des banlieues et même des villes comme Paris. Des médecins en exercice de plus en plus vieux et de plus en plus rares n’autorisent pas le moindre optimisme pour l’avenir.

   Que s’est-il donc passé ? Voici quelques points de repère.
Dans les     années 1990, les économistes appelés au secours pour remédier à l’emballement des dépenses de l’assurance maladie obligatoire ont été formels. Pour juguler le déficit, il suffisait de diminuer l’offre de soins pour faire fondre la demande des patients. Ce fut l’âme du plan Juppé de 1995, instauration du MICA (1). Echec complet, et abandon du dispositif en quelques mois.
Chaque année, les députés, sur on ne sait trop quels critères autres que comptables, votent l’ONDAM. Traduction : objectif national des dépenses d’assurance maladie. En fait un simple taux d’augmentation qui demeure sans effet sur le creusement du «trou» de la sécurité sociale.
Tous les ans encore, nos parlementaires votent le nombre d’étudiants en médecine à admettre en 2ème année d’études. Numerus clausus longtemps maintenu, et dont l’élargissement timide aux besoins de la profession ne peut être suivi d’effet qu’au bout d’une bonne dizaine d’années. Prévoir ce qui sera dans dix ans n’est pas dans la culture des hommes politiques.
Monopole quasi absolu (2) de l’enseignement médical exercé par les plus titrés de la seule fonction publique hospitalière. Nous sommes sous le régime de la médecine d’État.
Persistance de la négation de l’importance humaine de la médecine individuelle en dehors de la sphère des hôpitaux publics.
Négligence de toute recherche de grande envergure dans le domaine de la médecine générale, discipline laissée en jachère.
Impossibilité de fait de toute promotion professionnelle pour les médecins non fonctionnaires.

Cet arrière-plan systémique, nos étudiants ont tout loisir de l’observer au cours de leurs longues études. Et d’en tirer, pour leur propre vie, une conclusion sans appel. Tout sauf ouvrir leur propre cabinet. L’image désespérante qui est renvoyée par un tel système deshumanisé est repoussante.

Les espoirs fournis par la technoscience (3) et ses algorithmes magiques sont tombés à l’eau.

L’avenir, car il ne peut pas ne pas en survenir un, est entre nos mains de citoyens. Faisons marcher nos cerveaux sans oublier d’écouter nos coeurs. Les solutions toutes faites venues d’un en haut auquel nous ne pouvons plus croire, tant leurs résultats sont destructeurs, c’est définitivement terminé. Au travail.

Notes :
(1) Mécanisme d’Incitation à la Cessation d’Activité consistant à mettre en pré-retraite les médecins dès 57 ans, au lieu des 65 ans habituels.
(2)La seule exception à ce statut issu du Premier Empire  est celui de l’Université Libre de Lille.
(3) Odile Marcel http://www.exmed.org/exmed/odmar.html


 

Os Court :

 «    Nous sommes questions qui doivent demeurer questions.» 

 Patrick Lévy


jeudi 18 mai 2017

Retour des littéraires- CO d'Exmed

 

Retour des littéraires



   Personne ne les attendait en France aux plus hautes fonctions de l’État. Ces étranges êtres humains qui, au cours de leurs études secondaires puis supérieures, ont tourné le dos aux prestigieuses filières scientifiques pour étudier des disciplines non immédiatement utilisables dans leur carrière. Philosophie, latin, grec, géographie, histoire, musique, théâtre, arts graphiques, étude des civilisations. Devant l’échec au gouvernement des hommes - jusque dans l’esprit des plus simples citoyens -  des esprits hermétiquement enfermés dans leur déterminisme purement matérialiste, cette dimension de l’esprit demeure notre seule bouée de secours.
Puisse, comme les autres, Agnès Buzin, nouvelle ministre de la santé, tenir son pupitre dans cet orchestre encore inouï.  Entendre, c’est aussi, dans notre langue, comprendre.

Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 19 mai 2017  www.exmed.org

lundi 15 mai 2017

HOMME ET MÉDECIN DE L'HOMME, LEM 1015

Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1015
   http://www.exmed.org/archives17/circu1015.html
    15 mai 2017


                           
              

                          HOMME  ET MÉDECIN DE L’HOMME

                                  
               


                                               Docteur Jacques Blais (1)

  
                      
   Le message fondamental, celui dont chaque médecin craint en permanence qu’il ne soit pas entendu, est celui de l’homme. À la base, au fond des fantasmes de son appel, de son choix, de son envie, de sa curiosité, la jeune personne qui a opté pour des études de médecine, au delà même de considérations d’autre nature ( qui sont d’ailleurs devenues obsolètes, selon le vocable à la mode ) : notoriété, position de notable, de nanti, aisance  économique, allons jusqu’à classer l’idée de liberté, par l’option libérale réduite à une peau de chagrin, le jeune veut avoir affaire, dans sa vie, à des êtres humains.
     S’il a choisi la médecine plutôt que les grandes écoles, au delà des capacités nécessaires pour des qualifications différentes, c’est qu’il préfère les êtres aux machines, aux techniques, aux calculs, à l’abstraction, aux logiciels... Le médecin, exerçant en clientèle, repère très vite ces aptitudes à évoluer parmi les êtres et en relation aux humains, plutôt qu’au milieu des techniques et procédures, procédés, ou processus, et en coexistence avec ses semblables. Le cas du « commercial » est un exemple. Quand le médecin rencontre un « commercial », celui-ci a a pour caractéristique immédiate de parler, de communiquer, de regarder, d’être vivant et relationnel, quand tant et tant d’autres patients ne savent absolument pas vivre spontanément la relation à l’autre.
   Bon nombre de médecins non plus d’ailleurs.

   Mais en revenant au propos initial : le choix d’une activité concernant les êtres, le médecin a en permanence cette impression d’être l’ultime représentant terrestre des êtres humains voués à traiter l’homme et non traiter de toutes catégories de notions en rapport avec l’existence de l’homme. D’aider l’homme et non d’aider l’homme à. À faire, à réaliser, à obtenir, à préserver, à acquérir etc.

   L’évolution du monde s’effectue sous l’égide des politiques et des économistes, et semble ne plus procéder que par évaluation de taux. taux d’endettement par rapport au PIB, taux de croissance, taux de pollution, taux de prélèvements fiscaux comparatifs d’une nation à l’autre, taux de différentes taxes.

                       Taux
                        Ou étau ?

   Il est certain que cette approche décontenance le médecin, tant il estime, pour maintes raisons, qu’un être humain vivant ne saurait être réduit à un taux, fût-ce un taux de bonheur, d’alcoolémie, de cholestérol, de survie à cinq ans, même un taux de chance, un QI, un taux de progression, de récidive...

(1) Note de la rédaction :

Ce texte inédit de Jacques Blais, co-fondateur d’Exmed, décédé de maladie en 2005,  a été écrit exactement en 1997. Il reprend les pages 21 à 23 d’un ouvrage non publié de 187 pages dactylographiées ayant pour titre, ô combien prémonitoire : « Sauvez votre médecin» avec comme sous-titre « pendant qu’il respire encore». Vingt ans après, il n’a pas pris une ride. Un document magistral pour les historiens de la médecine.

 

Os Court :

 «   La conscience n’est, dans la chaos du monde, qu’une petite lumière précieuse mais fragile.» 

 Louis-Ferdinand Céline


Document historique - CO Exmed

Document historique LEM 1015



Les écrits restent dit le proverbe fustigeant la volatilité de toute parole verbale. La LEM 1015 donne la parole, et quelle parole, à un ami exmédien de la première heure, Jacques Blais,  foudroyé par la maladie en 2005. Lisez « HOMME ET MÉDECIN DE L’HOMME», faîtes-le lire autour de vous, discutez-le pour en jauger la pertinence alors que vingt ans se sont écoulés depuis sa rédaction. Il est là, et pas ailleurs le coeur jamais pris en considération du dramatique phénomène de la désertification médicale. Des professions entières se vidant sous nos yeux de leurs indispensables et irremplaçables hommes de métier. La réalité est là. Comme le diagnostic étiologique n’est toujours pas fait, aucun traitement ne peut être thérapeutique. À moins que...

Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 15 mai 2017  www.exmed.org

vendredi 12 mai 2017

Bois pas ci, bois pas ça - CO d'Exmed




Bois pas ci, bois pas ça


   
Qu’ont donc dans la tête les responsables de l’Agence Santé publique France et l’Institut national du cancer ? La fameuse ( et fumeuse) modération que sont sommés de respecter les buveurs d’alcool est ainsi quantifiée. Pas plus de dix verres standard par semaine, et pas plus de deux par jour. Déjà, il est quasiment impossible de remplir son verre quand on ne possède pas celui qui est utilisé dans les cafés. Les apéros maison des familles sont déjà largement plus généreux.
Quel impact peut avoir cette injonction magistrale auprès de la classe d’âge des adeptes de «la biture minute» ou binge drinking ?


     Quel effet dévastateur un tel rationnement peut-il avoir sur les 10% adultes de la population atteints de la terrible maladie de l’alcoolodépendance ? Ces malades graves qui, justement, sont incapables de maitriser leur consommation.

   Ceux qui veulent tenir un langage qui se dit scientifique et préventif démontrent, mille fois hélas, qu’ils pontifient sur ce qu’ils n’ont jamais compris : la complexité des différents usages de l’alcool.

Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 12 mai 2017  www.exmed.org

mercredi 10 mai 2017

Aiguisons notre "macronomètre" - CO Exmed

 

                           Aiguisons notre « macronomètre »


  
La réalité, volontiers farceuse, a conduit l’inconnu Manuel Macron à la présidence de la République française. Tous nos raisonnements fondés sur une logique politique bien éprouvée depuis des générations sont tombés à plat. La pauvreté des commentaires des spécialistes es sciences politiques et autre prédictions fondées sur des algorithmes statistiques saute aux yeux. Qui est cet homme né de l’union de deux médecins et qui, seul de sa fratrie, a choisi une autre voie, hors de tout parcours conventionnel ? Une sorte de surdoué qui refuse de se faire enfermer.
Ce qui semble frapper ceux qui le rencontrent, c’est la qualité de son contact avec la personne qui est en face. Et, enfant, adulte, anonyme ou sommité reconnue, peu importe qui elle est, le pouvoir ne parait avoir aucune incidence sur sa relation. L’autre se sent reconnu tout simplement.

   Quelle force anime cet homme qui semble bien plus complexe que les caricatures de petit bourgeois surdoué qui n’a en tête que les méthodes de la banque et le catéchisme du grand capitalisme international ?

   Deux hypothèses pour aborder le mystère de cet homme. Un manque remarquable, et visiblement authentique, de tout égo personnel. Une dimension spirituelle affirmée sans honte dans un monde dominé par la pensée matérialiste pure et dure, et hors de toute soumission à une quelconque religion.

Diagnostic à affiner en fonction de ce que nous allons tous pouvoir observer très rapidement. Va falloir se comporter en citoyens cliniciens et non en spectateurs ne fonctionnant que sur le mode émotionnel pour s’ériger en juges.

Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 10 mai 2017  www.exmed.org

dimanche 7 mai 2017

DÉPOSITION DÉPOTATAGE - LEM 1014

Lettre d'Expression médicale

 

LEM n° 1014
  http://www.exmed.org/archives17/circu1014.html

    8 mai 2017

 

 


                           
              

                                 DÉPOSITION

                                 DÉPOTATAGE
               


                                                       Jacques Grieu
  
                      

Le commerce dépose et la science compose,
L’industriel expose et le notable… pose.
Le citoyen propose et le despote impose
Et la démocratie… veut arranger les choses !

Dépôt d‘amendements et sifflets sur les bancs,
Sont grande occupation de notre parlement.
Notre belle assemblée tombe en bouffonnerie :
Même pour un grand vin, le dépôt, c’est la lie…

C’est l’homme qui propose et la femme dispose
Prétendent les grincheux sans en dire les causes.
En déposant les armes ils avouent tous leurs torts
Et ne savent comment améliorer leur sort.

Le bilan on dépose avec grande amertume :
C’est un dépôt légal où on laisse des plumes.
La plainte on dépose avec grande fureur,
Espérant, au dépôt, envoyer son voleur.

Ses conclusions, l’expert, dépose, en général,
Tout comme l’ingénieur son brevet magistral.
Pour moi, chez le notaire il faudrait, il est temps,
Qu’illico je dépose un complet testament…
  

 
Os Court :

 - Allo Vénus ?
- Oui
- Ici, c’est Milo
- Non ?
- Si.
- Ah, les bras m’en tombent !




 Les Frères Ennemis


vendredi 5 mai 2017

Nos rois élus sont morts - CO d'Exmed

Nos rois élus sont morts

La 5ème république fut créée en 1958 pour, les humoristes du Canard Enchaînés ne s’y sont pas trompés, offrir à Charles de Gaule une présidence monarchisante sur mesure et à sa mesure. En un mot une royauté  républicaine, nappée d’un brin de droit divin. Ses successeurs à l’Élysée on tenté, avec des succès variables, de reprendre une telle stature.
Les convulsions inattendues du scrutin actuel, personne ne peut en augurer l’issue politique à court, moyen ou long terme tant pour la France que pour l’Europe. Une seule chose devient claire.

  Les Français, les yeux enfin ouverts sur la réalité, ne croient plus que tout dépend de la seule personne hissée à la tête de l’État. Le Roi est mort ? Vive le Roi, ça c’est définitivement terminé devant les caméras de la télévision et des observateurs médusés un certain 3 mai 2017. Nous ne sommes plus des enfants irresponsables.

Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 5-7 mai 2017  www.exmed.org

L'Europe, un chantier (Exmed)

     
Les élections des députés européens auront lieu dimanche en France. Sans enthousiasme du public prédisent les lecteurs dans le marc de...