lundi 16 septembre 2019

Norvège (LEM 1137)

                   Norvège

 
                           Cécile Bour


Ciel et mer vers l'infini lanternent,
La nue se noie dans l'onde qui volute
Et frisotte sous la patte des sternes
Que le vent fou impatient culbute.

Rocaille et bouleaux nains coiffent des monts
Aux profils de trolls tout barbés de brumes,
La mousse ouatée couvre leurs flancs ronds,
A leurs pieds capitule l'écume.

Des airelles et myrtilles diaprent
La bruyère en pointillés sublimes.
Et déjà les automnaux frimas âpres
Sèment des ors éclaboussant les cimes.

La mouette nargue les lents sillages
Des voyageurs aquatiques balourds,
Marins goulus de nouveaux abordages

Dans le silence où les humains sont sourds.
 

Os court ;

«  C’est que les vents tombant des grands monts de Norvège
    T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté.   » 

 Arthur Rimbaud


Lettre d'Expression médicale

 LEM n° 1137

 16 septembre 2019

dimanche 15 septembre 2019

Selfie, que nenni (Exmed)

   
Tenter de faire partager à ceux qui nous sont chers ce que nos vacances nous ont apporté, c’est généreux. Nous eûmes les cartes postales, puis les photos d’amateurs, les films et enfin les diapositives pour nos antiques écrans. Le numérique vint, la technologie vainquit. Le temps des selfies et des video sur les réseaux triompha.


    Alors quand la chance de recevoir en mots bien rythmés la quintessence d’un ressenti devant une nature admirable survient, on saute dessus. Voici la LEM 1137 de Cécile Bour, sobrement intitulée Norvège.
            Bon voyage.

jeudi 12 septembre 2019

Union européenne anti-vaccinophobique (Exmed)

    L’OMS, pseudopode  sanitaire de l’ONU, lance à Bruxelles avec l’UE, un sommet afin de répondre à la menace que fait courir aux populations jeunes la mode grandissante des «antivax». Source : Radio-Bleu, 12 septembre 2019.

   Les discours de propagande les plus biaisés et les plus alarmistes circulent largement sur internet. Les parents sont dans l'indécision vaccinale.


   Nous avons oublié l’effroi des grandes épidémies d’antan, sans imaginer une seconde, malgré le SIDA, Ebola et quelques autres, que les agents infectieux disposent de capacités de quiescence et d’adaptation dont nous ne pouvons avoir la moindre idée. Désolé, mais c’est un mensonge scientifique absolu que de dire que nous avons éradiqué tel ou tel virus simplement parce qu’aucun cas de maladie n’a été diagnostiqué par nos systèmes de repérage depuis quelques courtes années.


Les guerres de religion n’y changent rien.

François-Marie Michaut
13-15 septembre  2019

mardi 10 septembre 2019

Évaluer notre modèle théorique (Exmed)

   
Les médecins ne savent pas toujours l’exprimer clairement, mais ce qu’ils font obéit obligatoirement à une certaine façon de voir les réalités. Un paradigme, dit-on.

Albert Einstein nous a prévenus : « C’est la théorie qui détermine ce que nous pouvons observer».
Quand l’organisation des systèmes de soins de santé dans le monde entier vacille, c’est la solidité et la pertinence des fondations de la médecine qui doivent être sondés avec la plus grande attention.

   Sinon, gare aux inévitables retours de bâton des tentatives de restauration. Ce qui se passe dans les hôpitaux en France depuis des années n’échappe pas à la règle.


François-Marie Michaut
CO Exmed 11-12 septembre  2019

dimanche 8 septembre 2019

Rentrée septembre 2019 Cancer Rose (LEM 1136)




                          
                        
 
                                Le collectif  Cancer Rose

Nous espérons que vous tous, chers lecteurs, avez passé d'agréables vacances toutes en détente.
Avec la rentrée, il y a des nouveautés aussi chez Cancer Rose.

  Tout d'abord le support : le site Cancer Rose a fait peau neuve, la navigation vous sera plus aisée, le chargement des médias allégé et la performance du site en terme de temps de réponse nettement améliorée, tout ceci grâce à Tech Box qui s'occupe fidèlement depuis 5 ans du bon fonctionnement du site. Lien : https://cancer-rose.fr
Vous constaterez un rajout, à savoir la médiathèque, véritable apport pédagogique et informatif, dans laquelle vous piocherez au gré de vos intérêts des documents d'information, des diaporamas, des cours notamment pour les étudiants, des brochures, des vidéos, des affiches téléchargeables sur la balance bénéfice/risques, des dépliants, des cas cliniques exposés, dont l'iconographie est mise à disposition par notre confrère le Dr Bernard Duperray qui nous fait partager sa longue expérience en tant qu'ancien chef du service de radiologie à l'hôpital Saint Antoine (Paris), et de sénologiste ayant travaillé longtemps avec Bernard Junod, épidémiologiste, sur le surdiagnostic.

 Son expérience et sa science ont d'ailleurs donné lieu à un ouvrage qu'il prépare déjà depuis 2 années, sorti le 29 août aux éditions Thierry Souccart. Ce livre aborde la problématique du dépistage sous l'angle historique, sous le titre de "Dépistage du cancer du sein, la grande illusion".
   Vous y trouverez des analyses historiques, épidémiologiques et scientifiques, de l'iconographie, avec, pour chaque paragraphe, un résumé synthétique. Pourquoi le dépistage a échoué, pourquoi la détection précoce est-elle un leurre, qu'est-ce qu'un cancer, à partir de quand est-on malade ? L'ensemble est passionnant, cet ouvrage fait un incroyable effort de vulgarisation et peut s'adresser autant aux femmes qu'à leurs praticiens. Le communiqué de presse est accessible ici : https://cancer-rose.fr/wp-content/uploads/2019/07/CP.pdf

 Toujours afin de poursuivre les objectifs de notre mission (information et formation), nous sommes en train d'élaborer, sous l'égide du Dr Jean Doubovetzky et avec l'aide du Dr Isabelle Cibois-Honorat qui possède une grande maîtrise des outils informatiques, une formation interactive en ligne, autrement dit un MOOC (massif open online course). Ce projet aboutira vraisemblablement fin d'année 2019/début d'année 2020, et vous serez informés en tout premier lieu dès sa mise en ligne.

   Notre équipe a participé également à un documentaire de la télévision RTL belge, malheureusement non accessible depuis la France, "dépistage systématique du cancer du sein, bonne ou mauvaise idée" https://cancer-rose.fr/2019/06/14/participation-cancer-rose-a-un-reportage-sur-rtl-belgique/.
Toujours dans le registre de nos actions, nous allons participer au congrès de Bobigny en novembre, congrès qui devait se tenir en mai dernier mais a été annulé unilatéralement par la doyenne de la faculté de médecine, explications ici : https://cancer-rose.fr/2019/05/25/annulation-du-colloque-de-bobigny/
Sur le plan international c'est par l'intermédiaire du Dr Jean Doubovetzky que nous serons présents au congrès Preventing overdiagnosis qui se déroulera cette année à Sydney au mois de décembre, ces deux congrès afin de présenter la problématique de l'étude MyPebs.

   En effet, cette étude européenne censée étudier la possibilité d'un dépistage individualisé sur le niveau du risque individuel de chaque femme à présenter un cancer du sein, démarrera sous peu simultanément dans 5 pays d'Europe et Israël. Quels en sont les tenants et aboutissants ? Malheureusement, les femmes, les médias, les médecins n'en sont pas informés de façon complète et l'ensemble est présenté sous un jour très flatteur. Cancer Rose a pris le parti d'analyser les différents problèmes éthiques et méthodologiques non négligeables de cette étude. De ce fait, deux sites dédiés ont été mis sur pied à votre usage, afin que vous soyez informés de façon complète et honnête :
    • https://cancer-rose.fr/my-pebs/
    • http://www.mypebs-en-questions.fr/index.php
Comme d'habitude nous resterons actifs sur les réseaux sociaux également pour vous informer en temps réel des réalisations et actions de notre collectif, en particulier de l'avancée du MOOC.
D'ici là, bonne rentrée à tous, et à bientôt !

Le collectif Cancer Rose

 

Os court ;


«   Les prédictions pour la semaine qui vient. Poisson : vendredi est votre jour, Taureau : évitez les voyages en Espagne. Cancer : faites un dépistage. Balance : essayez de perdre du poids. » 
 
 Philippe Geluck


LEM n° 1136

 9 septembre 2019 https://www.exmed.org/archives19/circu1136.html

Non à la pensée médicale unique (Exmed)

  
Les ressources d’Internet ne servent pas qu’à favoriser la pratique destructrice des Fake News ou le catéchisme monolithique de la bien-pensance médicale dominante.

  Voici, à titre d’exemple, la LEM 1136 : Rentrée septembre 2019 signée par le collectif Cancer Rose. Texte un peu plus orienté vers l’expression purement médicale technique que d’habitude ici. 


  Déclaration d’intérêt : le site Exmed soutient depuis sa création l’initiative de Cancer Rose. La radiologue Cécile Bour, un de ses piliers, est également une collaboratrice bénévole régulière aux multiples talents d’Exmed.

François-Marie Michaut
9-10 septembre  2019

jeudi 5 septembre 2019

Notre pauvre diencéphale (Exmed)

    Ce chef d’orchestre de la base du cerveau coordonnant tout le système endocrinien se trouverait en situation préoccupante pour le devenir d’Homo sapiens. Entre autres fonctions vitales, il est, infiniment plus que nos bavards démographes, le maitre de notre fertilité dans les années à venir. Les médecins savent depuis longtemps qu’il dialogue en permanence avec les fonctions cérébrales supérieures. 
  

   Où est le problème ? Une étude de Santé Publique France du ministère de la santé affirme que nous sommes tous imprégnés de perturbateurs endocriniens. Source :  Le Monde du 3 septembre 2019. Et les enfants, plus fragiles durant leur croissance, plus que les adultes.
Puisse notre nouvelle sensibilité écologique croissante prendre  conscience du système culturel qui, sans faire de bruit, a conduit nos sociétés à cet état de fait.

François-Marie Michaut
6-8 septembre  2019

mardi 3 septembre 2019

Scolarisation à 3 ans
 (Exmed)

   La France vient de la rendre obligatoire. Pour un médecin ayant acquis en Faculté quelques rudiments de physiologie cérébrale, ce passage légal des 6 ans de Jules Ferry aux 3 ans actuel, une question qui n’a rien de politique se pose.


  Le système nerveux des humains, avec le développement lent de la boite cranienne, de l’encéphale et des organes des sens, est considéré comme s’achevant à l’âge moyen de 8 ans. Nos anciens parlaient de l’âge de raison.


   Et si, au nom de progrès purement matériels et sociaux espérés, nous ne voulions pas aller plus vite que l’évolution naturelle de nos fonctions mentales d’Homo sapiens ?

 Avec des risques d’effets indésirables que nous ne pouvons pas encore connaitre.


François-Marie Michaut
4-5 septembre  2019

dimanche 1 septembre 2019

Comme une pièce de monnaie (Exmed)

   Toute réalité, la médecine le constate sans cesse, est à double face. Les mots qui sont notre monnaie d’échange depuis toujours ne sont pas logés à une autre enseigne.

  Jacques Grieu nous le rappelle avec élégance avec la LEM 1135 : ENDROITS SENSIBLES. Bonne lecture avant de jouer à pile ou face.

François-Marie Michaut

2-3 septembre  2019

ENDROITS SENSIBLES (LEM 1135)


                            
Il faut, pour réussir, être juste à l’endroit,
À l’endroit et à l’heure où il fallait qu‘on soit.
Le conseil est plaisant. Mais dur à respecter :
Où donc l’endroit et l’heure iront-ils s’afficher ?

Être le bon quidam juste au mauvais endroit
Ou le mauvais sujet à l’endroit adéquat ?
Quant à l’heure, elle est là, juste à votre poignet :
Il reste à la choisir à l’endroit destiné…

À l’endroit du public, il faut tout répéter :
Répéter, c’est prouver, c’est la publicité.
L’envers de vérité est rarement l’endroit,
Où l’erreur apparaît pour opérer ses choix.

Il y a des tissus qui n’ont que des endroits,
Dont on a supprimé tout envers qui se voit :
Il y a des endroits qui n’ont aucun envers
Comme des paradis qui resteraient sur terre….

L’important, dans la vie n’est pas vraiment l’endroit,
Mais comment on y va, en suivant quelle voie.
Ce qui fait le succès, c’est le succès, hélas :
À tel endroit on va pour mieux suivre la masse…

Petit ou grand endroit, les lieux restent les lieux…
Qu’ils soient ici ou là, l’envers ne vaut pas mieux.
Savoir mettre à l’endroit ce qui est à l’envers,
Fut le secret des dieux pour dompter l’univers…

Beaucoup de gens nous font des têtes à l’envers,
Et quel que soit l’endroit, ils voient tout de travers.
La fin n’est-elle pas l’endroit dont nous partons ?
Le début, c’est la fin qu’à l’envers, nous prenons…


On dit que chaque chose a aussi son envers :
Mais d’abord son endroit qui n’est que son contraire…
Si l’inverse d’endroit n’est jamais ce qu’on croit,
Le recto de l’envers est le dos de l’endroit.

                                   Jacques Grieu

Os court ;

«  Un sens interdit, en somme, ce n’est qu’un sens autorisé, mais pris à l’envers.» 

 Pierre Dac




 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1135
 2 septembre 2019
                        
                        
 
                               
             
 


vendredi 30 août 2019

Si on écoutait les Sud Africaines ? (Exmed)

   
Dans un pays où 20% des adultes sont contaminés par le HIV, l’Etat finance à 80% la prévention du Sida ( Le Monde du 29 août 2019). Préservatifs en tête, si l’on peut dire.

   Le préservatif féminin, si discret et marginal sous nos climats, fait depuis 20 ans une percée remarquable et donne aux femmes ce qu’elles n’ont encore jamais eu.

  Le contrôle personnel des risques de contamination et de fécondation non désirée.
Chez nous, on dit «tomber enceinte» , en Afrique « gagner un petit».

    De la chute au bénéfice.  De quoi rester pensif.

François-Marie Michaut
30 août- 1er septembre  2019

mardi 27 août 2019

Les feux et nous (Exmed)

     
De vastes régions boisées, et pas seulement en Amazonie ou en Europe, sont détruites par le feu. Comme toujours, images spectaculaires, déclarations flamboyantes, analyses myopes, catastrophisme polluant les esprits chaque jour un peu plus.
Et, jamais dite, là dessous une croyance bien infantile. Celle que les humains ont le pouvoir d’éteindre tous les incendies et surtout de les prévenir. Une certaine quantité d’eau habilement distribuée par des engins bien adaptés et toute flamme disparait.


   La technique ne nous sauve pas de tout, la fragile espèce humaine est un fétu de paille quand les énergies terrestres se manifestent. Serait-ce si insensé de simplement en tenir compte dans toutes les décisions grandes ou petites que nous prenons ?

   D’autres énergies que la notre révèlent en ce moment leur réalité : vite une petite piqure contre notre illusion de supériorité.


François-Marie Michaut
Exmed 28-29 août  2019

dimanche 25 août 2019

Trop, c’est trop
 (Exmed)

  Fin de récréation, il faut passer aux choses sérieuses. Ce site, n’ayant de comptes à rendre à personne, n’y va pas par quatre chemins. La mine des soins de santé, comme toutes les autres, n’est pas inépuisable. Alors, que faire ? La LEM 1134 vous propose : Sortir de la surmédication.

Bonne lecture, agissez, réagissez.

François-Marie Michaut
26-27 août 2019


Sortir de la surmédicalisation (LEM 1134)

                    
                       
 
       Dans un article remarquable du Journal Internet de Médecine (JIM) du 24 août 2019  Aurélie Haroche fait un état des lieux bien documenté pour la France sur ce qu’elle diagnostique ainsi : « Surmédicalisation : une maladie pernicieuse» (1).
Quand on se lamente, dans les chaumières et à longueur de médias en mal d’inspiration, de la désertification médicale, une telle pathologie peut paraitre contradictoire. On aurait à la fois pas assez de médecins et trop d’utilisation de la médecine. Un tel paradoxe ne peut que mettre chacun mal à l’aise, on a besoin de clarté pour comprendre le monde qui nous entoure (2). 

Pourquoi et comment notre société s’est surmédicalisée ?
 Bien entendu, parce que depuis les origines d’Homo Sapiens, nos ancêtres n’ont jamais cessé de chercher à soigner ceux qui n’allaient pas bien. Les prêtres, sur tous les continents, y ont apporté leurs contributions majeures. Tout en conservant, réservée aux seuls initiés triés sur le volet, la connaissance des manières reconnues de soigner. La dénomination d’Hommes-Médecine dans la sphère chamanique en est un indice.
Nous n’oublions pas que chez nous, jusqu’au XVIIème siècle la médecine ne pouvait être exercée que par des clercs (3).
Puis Descartes vint et les sciences ainsi libérées explosèrent. Au point de nous faire croire que leur expansion sans cesse croissante avait le pouvoir de générer sans fin ce que des générations nommaient avec vénération : le Progrès. Cette croyance est insoutenable en 2019, tant nous sommes informés des effets destructeurs planétaires de nos initiatives techno-scientifiques.

       Un système en sur-régime

 En trois siècles, les progrès des connaissances médicales ont été fulgurants et incroyablement riches de retombées pratiques admirables. Une courbe exponentielle peut en figurer l’image. À une restriction près : nous n’avons jamais pu observer dans le réel quoi que ce soit qui y ressemble. La biologie est formelle : tout ce qui est vivant a un début, une croissance et une mort. Si la notion de système est une réalité, elle ne peut avoir qu’une structure circulaire. J’ai tenté d’aborder cette question complexe dans le texte court « Causalité linéaire, circulaire, ou «hélicoïdale» (4) . Toute explication linéaire n’est qu’une amputation de la complexité de la réalité que la science découvre un peu plus chaque jour. Attention aux redoutables simplificateurs, si bien évoqués par Paul Watzlawick, ils sont plus vivaces que jamais !


     -Dans un cycle, un point est indépassable

  Nos historiens nous l’ont bien dit. Toutes les grandes civilisations, quand elles ont atteint leur développement maximum, disparaissent. Finalement sans qu’on sache trop pourquoi.

        Notons que cette mort se produit exactement au moment où se manifeste la vitalité la plus remarquable, comme dans une sorte d’emballement, de bouquet final. J’aime bien, à ce sujet, parler de jardinage. Dans votre tondeuse à gazon, vous mettez une certaine quantité de carburant. Tout va bien, jusqu’au moment où vous entendez le rythme du moteur s’accélerer sans raison. Puis l’engin s’arrête : panne sèche. Ainsi finit tout cycle.

    Il ne peut en être autrement de la médicalisation de nos sociétés, aussi puissants soient les gigantesques intérêts qui sont en cause. Et qui font tout pour que rien ne change et que se poursuive ce « toujours plus» pour paraphraser l’essayiste François De Closets. 
Quelques esprits commencent à comprendre que ne pas entendre ce genre de STOP (5) envoyé par la réalité, c’est aller très vite vers un suicide collectif de notre biosphère. La course contre la montre la plus dramatique qu’ait connu l’humanité est en route. Notre petit monde médical n’en est qu’une petite partie constituante, il a son rôle à jouer.
 Aucun secours ne peut venir d’ailleurs que de nous-mêmes. 
Enregistrer que la devise olympique de Pierre de Coubertin ( Plus haut, plus fort, plus loin ) n’est que la signature de notre orgueil collectif,  aveugle à toute notion de système. 
  

   Rien n’est à casser (6), toute tentative de retour en arrière est encore une façon de ne pas comprendre que les cycles s’enchainent les uns dans les autres, les ruines des anciens constituant les briques fondatrices des nouveaux. Marquer volontairement le fameux STOP évoqué plus haut, c’est la seule manière de mettre en acte ce que nous dicte notre antique tradition médicale : Primum, non nocere, D’abord ne pas nuire.

                      François-Marie Michaut


Notes :

(1) Lien de l'article : https://www.jim.fr/medecin/jimplus/posts/e-docs/surmedicalisation_une_maladie_pernicieuse__179096/document_jim_plus.phtml



(2) Nicolas Sarkozy, quand il était le  Chef de l’État, pour répondre à une question complexe avait l’habitude de commencer son propos par la formule : « C’est simple, je vais vous expliquer...»

(3)Avec l’obligation de célibat qui va avec.


(4) F-M Michaut, 20 août 2018, LEM 1081  Exactement, il y a un an, hasard ou nécessité ?


(5) Onomatopée imagée empruntée aux travaux sur le Système des systèmes de Dominique Aubier



(6) La fameuse balance avantages-inconvénients impose l’évolution de chacune de nos merveilleuses inventions.


    
Os court ;


« La santé n’est qu’un mot, qu’il n’y aurait aucun inconvénient à rayer de notre vocabulaire. Pour ma part, je ne connais que des gens plus ou moins atteints de maladies plus ou moins nombreuses à évolution plus ou moins rapide.» 


 Jules Romains ( Knock, 1924)



Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1134

 26 août 2019

https://www.exmed.org/archives19/circu1134.html
      

vendredi 23 août 2019

Et l'Algérie ? (Exmed)

    Cela fait pourtant six mois que se poursuit un gigantesque mouvement de contestation du peuple algérien. Et nous ne voyons rien, nous n’entendons rien au pays des gilets jaunes dont se sont repus nos médias ? Là-bas, pas de violence, pas de dégradations, pas de pillage, pas le moindre mort pour faire parler les gazettes.


  Qu’ont-ils donc que nous n’avons pas - plus- nos voisins du sud de notre  mer commune?
    Quelle dimension de la vie, à nos yeux invisible ou «dépassée», ont-ils gardé en tête ?


  Les analystes sont muets, leurs outils d’investigation habituels sont incapables de détecter quoi que ce soit.
Quel dommage.

 François-Marie Michaut
23-25 août  2019

mardi 20 août 2019

La haine se porte très bien
 (Exmed)

  Bien étrange sentiment, si facilement contagieux, que d’être actionné par le désir de faire mal à l’autre pour lui nuire. Incriminer la diffusion sans limite des messages numériques sur la planète comme seule cause n’est que prendre l’ombre pour la proie.

   Les soignants, dont la fonction officielle est d’apporter de l’aide à toute autre personne humaine malade sans distinction, sont-ils pour autant immunisés contre toute haine dans leur vie quotidienne ? Les débats récents autour de l’homéopathie montrent, hélas, que nous en sommes à des années lumière.
   La haine est-elle une maladie non reconnue comme telle ? Ne serait-elle pas, au bout du compte, que la traduction d’un profond désamour de sa propre personne ?
L’industrie pharmaceutique ne va-t-elle pas nous sortir de son chapeau quelque molécule
 miracle ?

 François-Marie Michaut 
21-22 août  2019

dimanche 18 août 2019

Pour demeurer en forêt (Exmed)

  Comme pour rendre la justice comme Saint-Louis, Jacques Grieu ( c’est bien lui cette semaine ) avec la LEM 1133 ENCHAINEMENTS nous entraine - à l’ombre de son chêne-  pour souligner combien nous sommes mous pour nous... déchaîner. Au premier sens du mot, cela va de soi.
 Bonne lecture pour ceux qui ont la chance de se mettre au vert ces jours d’été.

 François-Marie Michaut
19-20 août  2019

ENCHAINEMENTS (LEM 1133)


Il ne faut pas confondre : il y a chaine et chêne ;
Catena, quercinus, n’ont pas les mêmes gènes.
Métal et végétal, mais mêmes auréoles :
De la solidité, les deux sont des symboles !

Le chêne d’arpentage ou la chaine truffière
Sont de mauvais mélanges où le latin se perd.
Chaine-vert, chêne d’ancre ou chêne de vélo
Sont vilaines unions qui se moquent des mots. 

À la télévision, plus on offre de chaînes,
Plus la diversité nous apparaît lointaine.
La pléthore des choix ne les rend pas meilleurs :
Zapper est un effort puisqu’on est décideur…

La tristesse et la joie sont en opposition,
Mais les deux sont des chaines, il faut faire attention.
En plomb ou bien en or, elles nous emprisonnent,
Nos natures réelles, elles les conditionnent…

Tout ce qui nous arrive, en bien et en moins bien,
Tous ces évènements qui font nos quotidiens,
Maillons après maillons forment la comédie,
 Dont la chaine est la vie plus ou moins réussie.

L’homme forge ses chaines et n’en est pas conscient ;
Il y passe pourtant la moitié de son temps.
Pendant l’autre moitié, il cherche à s’en délier,
Ou bien il se résigne à devoir les porter.

Savoir qu’on le ressent est déjà un progrès
Qui pourra nous aider à plus de liberté.
La force d’une chaine est dans chaque maillon
Et donc dans le plus faible est la résolution.

La « chaine et le roseau » n’est pas la bonne fable :
La Fontaine, il est vrai, n’en est pas responsable.
Mais si la chaine plie, rarement elle rompt 
Toutes les dissensions lui semblent aquilons…

Sur la vie, la télé a un gros avantage :
On peut changer de chaine, on peut tourner les pages.
On passe aisément d’un univers à l’autre,
Sans devoir réfléchir aux buts qui sont les nôtres.

                                            Jacques Grieu

 

Os court ;
« Pourquoi un homme aimerait-il ses chaînes,
fussent-elles en or ? » 

 Francis Bacon (1561-1626)



Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1133

 19 août 2019                        
                        
 
                                

 

jeudi 15 août 2019

Des médecins pour quoi faire ? (Exmed)


Le Dr MG répond fort justement au « Combien de généralistes faut-il en France ?» (CO du 14-15 août 2019). Le nombre ne veut pas dire grand chose, sauf pour les administrations de gestion.
La question qui touche au plus près le quotidien de chacun peut se formuler ainsi : des généralistes - ou autres spécialistes- pour quoi faire ?
- Etre des catalyseurs aveugles de toutes les formes de surmédicalisation aussi ruineuse que dangereuse physiquement et psychologiquement de notre société ?

- Les réponses ne peuvent être que du domaine de chaque membre de la société et non d’un panel d’experts.
Ceci n’en facilite pas l’indispensable connaissance.

 François-Marie Michaut
16-18 août  2019

mardi 13 août 2019

Combien de généralistes faut-il en France ? (Exmed)


     Pas assez de médecins capables de soigner une population donnée tue. Trop de médecins obligés de soigner pour vivre de leur métier risque de nuire à leur clientèle. Évident, cher Watson. Et pourtant. Où fixer le curseur entre le trop peu ( désert en guise d’épouvantail) et le trop (dangereuse hypermédicalisation de mieux en mieux calculée) ?


   Si quelqu’un a entendu parler d’une étude sérieuse sur le nombre «idéal»  de personnes qu’un médecin omnipraticien devrait avoir en charge en France, qu’il veuille bien contacter Exmed pour que cette donnée capitale puisse être diffusée.

  Dans les années 1960, les anciens conseillaient -de façon empirique- à un jeune médecin désirant s’installer de compter 1500 habitants pour vivre de son activité.

François-Marie Michaut
14-15 août  2019

lundi 12 août 2019

Vers sur vert

   Un petit air de grand air sur Exmed. Cécile Bour nous repeint l’âme et la conscience d’un joli vert.
Ce qui n’empêche pas de faire mouche sur des manoeuvres qu’il faut bien dire louches.
Voici sa LEM 1132 : AU VERT !
 Bonne lecture.


François-Marie Michaut
12-13 août  2019

AU VERT ! (LEM 1132)

                      
                     


Monsieur l'industriel promène cigare ,
Majestueux fumant dans le bois de Paimpont.
Il songe au Paraben,Triclosan et Kevlar,
Qui lui portent abondance et profusion.

Monsieur l'industriel promène cigare.
Il a truqué les études scientifiques,
Berné la réglementation avec art,
Et investit dans le phytopharmaceutique.

Il investit dans le phytopharmaceutique,
Tant pis pour les abeilles et les violettes
Qui pour guetter l'ami de l'industrie chimique
Dressent tiges et tendent joliment leurs têtes.

Les violettes tendent joliment leurs têtes,
Monsieur l'industriel sentez notre parfum.
Voyez dans la mousse fine nicher fauvettes,
fleurir le mousseron et le sempervivum.

Voyez dans la mousse fine nicher fauvettes !
Fleurs, abeilles, mousserons crient dans le néant
Car monsieur l'industriel et calculette
Evaluent les bénéfices et rendements.

Monsieur l'industriel et calculette,
Ignore la chanson de la nature en fête,
La blesse et la broie, spéculateur malhonnête,
Sourd aux plaintes et désolations muettes.

Sourd aux plaintes et désolations muettes
Il fait le monde gris et pâlit la verdure,
Qui se tait et subit, affadie tristounette,
Les assauts noircis de collants hydrocarbures.

Il fait le monde gris et pâlit la verdure.
Mais elle a porte-voix : des humains en colère,
Fédérés en partis font plier ces ordures,
Sa couleur reluira sous les Grüne et les Verts !


                     Cécile Bour

 

Os court ;

«  Toute théorie est grise, mais vert florisssant est l’arbre de la  vie » 
 Goethe

           

Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1132
 12-13 août 2019                         

jeudi 8 août 2019

Terre à terre (Exmed)

   Pas moins de 100 chercheurs de 12 pays ont travaillé au dernier rapport du GIEC ( organisation consacrée au climat issue de l’ONU) signé le 8  août 2019 à Genève par 195 pays plus l’Union Européenne. Le combat à mener immédiatement pour notre survie est de travailler à respecter la qualité la toute petite couche de terre indispensable pour tout le monde vivant. Source : Le Monde 8 août 2019.

  
Exmed, dès 2015, a évoqué le travail de pionniers remarquable de deux chercheurs agronomes français effectuant des missions dans le monde entier : Claude et Lydie Bourguignon. La LEM 908, les avait baptisés sans aucune exagération : Médecins de la terre. Lien

François-Marie Michaut
9-11 août  2019

mardi 6 août 2019

Chape de plomb (Exmed)

    On tremble sur les risques que fait courir aux humains la quantité de plomb qui s’est volatilisée quand le feu a détruit la flèche de Notre-Dame de Paris. Cette oeuvre d’Eugène Viollet-le-duc, son architecte créateur, a été inaugurée en 1849.

   Que savait alors la médecine de l’intoxication par ce métal totalement étranger à la constitution du vivant ? C’est en 1838, donc 11 ans auparavant, que le médecin parisien Louis-Jean Tanquerel des Planches publia sa thèse : « L’Encéphalopathie saturnine» . Au passage, c’est lui qui a inventé à cette occasion le mot d’encéphalopathie.
Source de ces informations : Wiki.


Problème de communication conclurait rapidement notre modernité  avec ses formules toutes faites.

François-Marie Michaut
7-8 août  2019

Au delà de la collapsologie (LEM 1131)


                     Feuillets de systémique médicale (8)


Les médecins savent, et connaissent la gravité de, ce qu’est un collapsus (1). En accolant ce latinisme clinique au suffixe grec habituel de logos, une branche de la connaissance du système général dans lequel nous vivons occupe le devant de la scène. La collapsologie (2). Cette nouvelle science, cherchant à fédérer d’autres branches de la connaissance objective  (3 )est fondée sur une idée. Celle que nous vivons l’effondrement de la civilisation industrielle. Cette impression, car c’est quelque chose de l’ordre du ressenti, est largement partagée, induisant une inquiétude diffuse. Ce fameux progrès, cette expansion liée à un phénomène de croissance sans limite, nous n’y croyons plus. Ceux qui en font leur fonds de commerce pour justifier leurs actions pour notre intérêt perdent définitivement  leur crédibilité. La vieille notion de démocratie vacille.

   Il est vrai que la science elle-même, en transformant en dogme définitif la théorie du Big Bang, semble distiller l’idée que notre univers est condamné à une dispersion inévitable entrainant de plus en plus de désordre. La fameuse entropie. Il est également exact que les hommes  sont depuis toujours taraudés par la question du début et de la fin des temps. Notre enfance en a été baignée avec le prophète aveugle de Tintin préchant dans les rues de New York, dans l’album L’île mystérieuse.
La dernière partie du Nouveau Testament (4), comme une sorte de conclusion  indigeste à notre siècle, se nomme l’Apocalypse du Christ. Notre culture n’en retient que  la peinture effrayante de la destruction brutale de la terre et de ses habitants. Situation apocalyptique dit-on souvent. « Apocalpyse now» titrait en 1979 le fim de Francis Ford Coppola  fustigeant  la guerre du Vietnam.
   Or, les mots sont têtus, ils savent exactement ce qu’ils veulent nous signifier. L’apocalypse n’est que le dévoilement, la révélation d’une chose jusque là invisible à nos yeux. Alors, le mouvement dénommé la collapsologie décrit bien ce qui lui semble un effondrement dont nous constatons autour de nous les effets immédiats et les conséquences dramatiques prévisibles

   Mais les collapsologues limitent leur champ de vision à la seule civilisation industrielle, au modèle économique dominant de la planète. Ils se disent systémiciens, ce qui n’est pas criticable ici. Mais leur système est solidement enfermé dans ce qui est matériel. Comme si c’était la frontière absolue et définitive de la réalité, ce qui n’est qu’une croyance et non un acquis scientifique. Les collapsologues, n’en déplaise à Yves Cochet et ses amis suiveurs, ne sont porteurs d’aucune révélation fondamentale capable d’insuffler une façon de vivre et d’être que nous n’avons pas. Ou, soyons optimistes, pas encore.
   Là se fait jour une question fondamentale soigneusement laissée en silence. Faute de mieux - qui serait fort bienvenu ici- elle peut être formulée de la façon suivante. Les méthodes rationnelles des connaissances scientifiques sont-elles capables de révéler ( comme une apocalyse, nous l’avons vu) la totalité du réel accessible au cerveau de l’homme ? Notre système de fonctionnement, puisque nous parlons ici de systémique, ne fait-il pas appel, depuis nos ancêtres les plus lointains, à une autre dimension de ce qui est, totalement complémentaire de nos sciences admirables ? Quitte à heurter certaines sensibilités, je ne peux pas faire l’impasse intellectuelle de la spiritualité (5).

Notes:
   
                                                                                          
 (1) Définition CNTRL COLLAPSUS, subst. masc.
A.− PATHOL. Chute subite des forces avec ralentissement des fonctions vitales provoquant un état intermédiaire entre la syncope et l'adynamie dû à une diminution de l'excitabilité du cerveau. Tomber en collapsus; collapsus général, musculaire .

(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Collapsologie


(3) Rien moins qu’un concours transdisciplinaire entre écologie , économie, anthropologie, sociologie, psychologie, biophysique, biogéographie,
agronomie, démographie, politique, géopolitique, archéologie, histoire, futurologie, santé, droit et... art.



(4) Ce thème a déjà été développé par des prophètes juifs comme Ezéchiel au VIème siècle avant notre ère.

(5) Mot-piège s’il en est, tant il est mis aux sauces les plus variées, qui méritera ici des développements ultérieurs.

                                      François-Marie Michaut


Os court ;
«   La spiritualité reconnaît la lumière divine qui brille en chacun de nous. Elle n’appartient à aucune religion en particulier, mais à tout le monde.» 
 Mohammed Ali, (boxeur 1942-2016)


Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1131

 5 août 2019


dimanche 4 août 2019

Tant pis pour la plage
 (Exmed)

  Le catastrophisme ambiant est si pesant, et probablement défavorable à la santé des esprits, que le repos des saintes vacances mérite d’être bousculé.
  On peut penser en bronzant aussi facilement qu’on peut bronzer en pensant.

La LEM 1131 ose vous proposer : Au delà de la collapsologie. Bonne lecture et joyeuse plage à chacun.


François-Marie Michaut
5-6 août  2019

jeudi 1 août 2019

Écrits médicaux francophones (Exmed)


   Grâce à quelques professionnels utilisateurs intelligents de la Toile, ce qui touche à la médecine, sous tous ses aspects, demeure exprimé en langue française. 

- Ils n’ont obéi à aucune instruction venue d’en haut, ils n’ont écouté ( du moins je le présume) que l’idée qu’ils se font de leur rôle dans le fonctionnement de la société.
-Ils démontrent tous les jours que les esprits médicaux demeurent en vie, qu’ils n’ont pas besoin de la tutelle scientifique des seules revues écrites en langue anglo-américaines.
- À un public volontiers critique, et tant mieux, ils prouvent que la médecine n’est pas devenue la domestique des pouvoirs publics ni le faire-valoir des industriels et des financiers.

   À quand la résurgence d’une presse médicale spécifiquement française et du meilleur niveau scientifique mondial ? Pourquoi ? Parce que la pensée médicale française est unique, et cela va bien au delà des sympathiques « French Doctors ».


François-Marie Michaut
2-4 août  2019

mercredi 31 juillet 2019

Dix ans et 30 000 morts après (Exmed)

Un groupe né sur les rives du Lac Tchad en 2009 est dans une insolente santé. Son nom : Boko Haram est son programme politique. En langue haoussa, il proclame : l’éducation occidentale est un péché. 6000 combattants terrorisent les populations rurales du Nigeria, du Tchad, du Cameroun et du Niger. Silence embarrassé de ceux qui se disent les gendarmes de cette région de plus en plus misérable et affamée.
    Quant à nous, qui vivons si grassement des richesses obtenues par l’éducation occidentale qui nous a formés, nous demeurons aussi aveugles que sourds à ce qui se passe au loin. 


   Et si, au lieu de se battre avec des armes, on examinait avec le plus grand soin, et sans oeillères, la question de ce qui sous-tend notre éducation venue d’Occident ?

François-Marie Michaut
31 juillet - 1er août  2019

dimanche 28 juillet 2019

CASSE GRAINE (LEM 1130)

                      
                        
En ces temps de progrès, la graine est à la mode ;
Il n’est plus un repas sans qu’on chante son ode.
L’anis ou le pavot, tournesol ou lupin,
On devrait en manger comme on mange du pain.

« Celui qui vend sa paille, il vend aussi son grain
Mais s’il vend son fumier, il a vendu son pain ».
Ce sont de vieux dictons devenus obsolètes :
La graine est à l’honneur, crue, cuite ou en galette !

Loin de monter au nez, la graine de moutarde,
Bourrée d’oméga 3, est une sauvegarde
Contre le psoriasis et l’aérophagie :
Je vais m’en rassasier jusqu’à l’apoplexie…

Courge pour la prostate ou chia pour l’humeur,
Ont d’immenses vertus assurant le bonheur.
Lin pour la thyroïde, amande pour le foie
Et même la nivelle, ont de quoi mettre en joie.

« Veiller toujours au grain » est un conseil ancien,
Mais mis au goût du jour par nos bons médecins.
La becquée graine à graine engraisserait assez :
« Si la semence est bonne on aura la santé. »

« Séparer le bon grain de la mauvaise ivraie » ;
Il y a si longtemps qu’on le dit : on le sait !
En « prenant de la graine », on a cru en sagesse
Et un bon quinoa vient nous remettre en liesse.

« la graine est dans le fruit et le fruit dans la graine » :
Là on… égraine encore une douce rengaine.
Où on a de la graine, on aura du plaisir !
Sans un grain de folie, le génie va s’enfuir…

Si la graine de lin est meilleure que d’autres,
Elle peut remplacer le bon vieil épeautre.
L’instruction n’est qu’un sac juste rempli de pierres :
La culture est la terre où la graine prospère.

Grainons, grainons, grainons ! Puisque c’est le sésame !
Absorbons toutes graines et foin des états d’âme !
Donc de « casser la graine », il faudra qu’on s’entiche :
Prenons en de la graine et vive le pois chiche …

       Jacques Grieu
                                                                                                  
   
Os court ;

« Le culturel commence au dessus des sourcils, comme le rhume de cerveau et la migraine.» 

 Denis Langlois

( écrivain, pacifiste, avocat des droits de l’homme, né le 30 janvier 1940 )

Lettre d'Expression Médicale

LEM n° 1130
 29 juillet  2019


Semence en cadence (Exmed)


   Semen dit le latin, sperme pense le médecin. Du moins celui qui n’a écouté ni Voltaire ni... Freud : « J’ai perdu mon temps : la seule chose importante dans la vie, c’est le jardinage» (1).  Avec la LEM 1130 CASSE GRAINE, Jacques Grieu nous entraine sur ses terres, avec le concours amical de Denis Langlois qui fut au collège d'Etampes mon seul complice en classe de grec.
Bonne récolte, culture en tête.

(1) Citation en exergue dans « Les émotions cachées des plantes» Didier Van Cauwelaert, Plon,  2018)

François-Marie Michaut 
Exmed 29-30 juillet 2019

jeudi 25 juillet 2019

Anxiogenèse (Exmed)

   Tout semble se passer comme si le flot incessant des récits de ce qui se passe autour de nous était devenu une curieuse usine pour le cerveau humain. Sa finalité demeure non dite, mais le produit fabriqué saute aux yeux. Donnons-lui, juste par goût pour l’autodérision indispensable de nos connaissances, un nom savant : l’anxiogenèse.

   
Il faut croire que ça se vend aussi bien que les climatiseurs pendant les canicules, l’anxiété.
François-Marie Michaut 
Exmed 26-28 juillet 2019

mercredi 24 juillet 2019

Greta Thunberg (Exmed)

    Cette jeune-fille suédoise de 16 ans devenue l’égérie médiatique de l’intervention de la jeunesse pour influencer la conscience écologique des nations, mérite simplement d’être respectée. Comme il est simplement normal, entre autres pour les soignants, que tout être humain le soit, quelles que puissent être ses singularités médicalement repérables ou non.


   Elle porte sur la place publique des idées, son droit inaliénable sous nos climats. Seules les idées qu’elle promeut peuvent, et doivent, être soumises à la critique la plus rigoureuse.

  Élémentaire, n’est-ce pas ?
Mais, cent fois hélas, pas pour tout le monde.


François-Marie Michaut 

24-25 juillet 2019

dimanche 21 juillet 2019

Ce qui tient avec (LEM 1129)


              Feuillets de Systémique Médicale (7 )


                                                                                                   
    Ce qui tient avec est exactement ce que veut dire le mot système hérité du grec ancien . Sun : avec et stein : tenir. Avoir le culot d’oser, sans aucun mandat ayant pignon sur rue, perturber la pensée médicale dominante en insistant avec obstination, suppose un postulat. Bien entendu totalement critiquable. Dans le domaine de la médecine, rien n’existe qui soit isolé de tout ce qui existe autour. Depuis toujours les médecins, seuls devant leurs malades, le ressentent avec une telle évidence qu’ils n’ont même pas le besoin d’en parler à qui que ce soit. L’éclatement des pratiques médicales depuis la seconde (1) guerre mondiale a fait surgir un nombre croissant de disciplines spécialisées limitant volontairement leur champ de compétence, donc de connaissance, à une seule partie du corps humain pathologique. L’attrait auprès des étudiants en formation, eux mêmes formés presqu’exclusivement par des spécialistes hospitaliers de renom académique a été considérable. En 2018, la France comptait 226 000 médecins actifs. Dont 102 000 généralistes pour 124 000 spécialistes (2). Est-ce bien le meilleur équilibre possible pour que les habitants reçoivent les meilleurs soins dont ils ont besoin ? Visiblement, la question fâche ceux qui devraient avoir une opinion sur cette étrange dichotomie. 

  Objectif depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale : améliorer la somme des connaissances de la médecine en fractionnant de plus en plus les disciplines partielles en constituant le corpus. Construire sa propre spécialité médicale a été un rêve pour nos prédécesseurs médecins en quête de gloire professionnelle. Ce fut le cas au siècle dernier, pour ne citer que quelques noms qui eurent leur heure, si brève, de célébrité, de Jean Bernard ( hématologie), Robert Debré (pédiatrie), Jean Hamburger (néphrologie), Jérôme Lejeune (génétique). Que leurs cendres, comme celles de tous ceux dont je n’ai pas parlé, me pardonnent, mais tous ont construit leur propre système aussi hermétiquement refermé sur lui-même qu’ils l’ont pu. Avant que de nouveaux talents conquérants ne s’imposent en divisant sans cesse leur champ de compétence et leur sphère d’influence, notamment médiatique. Bien garder en mémoire qu’une telle vision pyramidale de la médecine a profondément marqué des générations entières de médecins dans un univers statique.     Et, en toute lucidité, nous sommes encore fort loin d’avoir dépassé cette vision de la médecine.

    La façon dont nous pensons la médecine elle-même n’intéresse pas les foules. Les louanges aussi excessives des promesses que les critiques systématiques des dangers suffisent à alimenter les réactions du grand public. Quelques petits coups de publicité, un poil de propagande pour les bonnes causes et un bon souffle de mercantilisme y trouvent leur pâture. On pourrait penser que les études de médecine apportent aux carabins quelques lumières afin de se définir elle-mêmes avant de vouloir entrer dans les esprits. Et bien, rien de tel n’existe dans la tradition française. C’est à chaque médecin, tout au long de sa vie, d’inventer et de remettre sans cesse à jour sa propre vision de la médecine. Les querelles traditionnelles autour de l’homéopathie, de l’acupuncture ou des médecines venues d’ailleurs en sont l’écho finalement rassurant. La liberté de jugement n’est pas définitivement détruite par le carcan universitaire.

   Comment les choses se sont passées avant notre époque ? C’est l’histoire qu’il faut convoquer. Une histoire de la médecine qui ne fait l’objet d’aucun enseignement pour tous les étudiants. Terrain de jeux pour des retraités érudits en mal d’écriture savante, l’image n’est pas attractive. Nous savons que l’université, depuis ses origines chrétiennes médiévales (3) a limité son terrain à l’étude des livres anciens jugés les plus importants. En médecine, ce furent les écrits prêtés à Hippocrate et ceux du philosophe grec Aristote. La survenue du siècle dit des Lumières, celui de Diderot et des encyclopédistes, en sonna le trépas définitif.

   Pour tenter d’avoir une vision globale, «  généraliste », aussi complète que possible, tout en demeurant de lecture accessible, je n’ai trouvé sur ma route qu’un seul ouvrage. Il date de 1975. C’est «  Histoire de la médecine » de Charles Lichtenthael (4), éditions Fayard. Bien entendu, la médecine a évolué depuis et le lecteur a tout loisir de pratiquer une lecture critique, mais l’ensemble, car il y en a un, demeure pertinent. Des systèmes de penser la maladie, les malades et la façon de soigner se dégagent bien. Mais, il demeure impossible d’imaginer que quelque chose de commun en ressort. Des systèmes succédant à des systèmes, chacun éliminant ceux qui avaient cours auparavant ? Une vision linéaire d’un progrès de l’intelligence humaine en constante progression ? La prise de conscience très récente de ce que nous faisons subir depuis des siècles à notre planète mère nous empêche d’y croire.

  Alors, désolé, mais la question de l’existence d’un système des systèmes, d’un principe unificateur de toutes nos connaissances, demeure en suspens. Contre vents et marées de tous les scepticismes moqueurs (5),  la quête continue. Comme la vie de chaque chose.


Notes :
1) Pour l’auteur, non pessimiste déclaré, seconde dit bien : deuxième et dernière. Une deuxième chance peut être suivie d’une troisième, une seconde, non.

2) Les Échos, mai 2018. Au Royaume-Uni, en décembre 2016, on comptait 74 624 généralistes pour 61 137 spécialistes ( source www.profilmedecin.fr).

3) D’où son enseignement dans la seule langue latine jusqu’au temps de Molière.

4) Professeur de médecine à Lausanne et Hambourg, c’est le texte des 20 conférences de son enseignement.

5) Dont le dogme - car s’en est un  et de la plus belle eau - affiché haut et fort, est que la vérité n’existe pas.


   François-Marie Michaut


Os court ;

«   La langue est système commun à tous ; le discours est à la fois porteur d’un message et instrument d’action.» 

 Émile Benveniste ( linguiste,1902-1976)

Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1129
 22 juillet  2019
                        
                       
 
                            

Faire les poubelles du savoir (Exmed)

   Notre récente conscience écologique ne peut y voir qu’une bonne chose : une possibilité de recyclage. C’est ainsi que cherche à se présenter la LEM 1129 sous le titre énigmatique : Ce qui tient avec.
 À vous de découvrir, et si le coeur vous en dit, de faire passer directement à la... poubelle.

François-Marie Michaut
Exmed 22-23 juillet 2019

jeudi 18 juillet 2019

Ursula triplement armée (Exmed)

   Une patronne à la tête de la Commission européenne, nous ne l’avions jamais connu.

- Qu’elle soit parfaitement francophone depuis l’école primaire à Bruxelles est un atout culturel de toute première importance dans le concert mondial dominé par l’anglophonie des affaires.

- Qu’Ursula Von der Leyen ait été médecin avant de se consacrer à la politique, c’est également un ressort intellectuel sans précédent à ce niveau d’exercice d’un pouvoir s’étendant sur 28 pays de notre vieux continent.

        Que va-t-elle pouvoir faire de ses armes hors du commun, l’avenir, notre avenir, le dira.

 François-Marie Michaut 
Exmed 19-21 juillet 2019

mardi 16 juillet 2019

Éponges à catastrophes (Exmed)

   Merci à nos merveilleuses machines à nous connecter en direct sur ce est livré en pâture à notre terreur du vide existentiel et de l’ennui. Quand les nouvelles du quartier étaient diffusées par des langues bavardes, le temps de la digestion, de l’interprétation, de la distorsion, de l’échange, était respecté. Piégés par le direct, les émissions spéciales et les infatigables réseaux sociaux, il nous faut ingurgiter de force  heure par heure les choses les plus épouvantables. Notre humanité est réduite à être une éponge à catastrophes, et chacun de nous avec. Tous ceux qui y contribuent plaident leur bonne foi ou leur droit légitime à nous plonger dans ce bain d’horreur.

  Le seul problème est que nous n’avons pas encore trouvé comment presser ce genre d’éponge, et que c’est notre humeur qui en fait les frais.

   Glissement vers une sorte d’état dépressif collectif croissant, ne trouvez-vous pas ?

 François-Marie Michaut

Exmed 17-18 juillet 2019

dimanche 14 juillet 2019

LATINOPHOBIE (LEM 1128)

                  
                         
 
                             

« Haro sur le latin ! », proclament les modernes ;
« Cette langue est bien morte et pour vieilles badernes »
Si elle sert encore au baptême de plantes,
« Seulement à l’église elle reste courante ».
Et encore certains voudraient l’y supprimer,
Malgré le Vatican qui ne veut l’oublier.

Supprimer le latin est le nec plus ultra,
Le vrai sine qua non pour persona grata.
À ces vieilleries-là, mettons notre veto
Et rangeons-les très vite en un grand mémento.
C’est en totalité, vraiment in extenso,
Qu’il faudra tout exclure ; et pas grosso modo.

Pas besoin de passer par un referendum
Qu’il nous faudrait subir jusqu’à ad libitum :
Pedibus cum jambis  ou bien par omnibus,
Brisons le statu quo sans craindre les hiatus !
Alors, ipso facto, sans risquer de lapsus,
Tous ces latinophobes auront donné quitus

S’il nous faut endurer de tels ultimatum,
Nous n’en seront jamais les trop vils factotum :
Quels que soient nos métiers, curriculum vitae,
Contre le bas latin, pas de brutalité !
Faut-il, ex nihilo, inventer d’autres mots,
Au risque de créer d’absurdes quiproquo ?

Certains, nolens, volens, voudraient au muséum
Tout ce qui est latin,  coller dans un album.
Faut-il rebaptiser l’Amérique latine,
Et du Quartier Latin supprimer les racines ?
Alea jacta est ! chassons les latinos ?
Mais là, le vae victis, n’est pas le juste mot…
   


Jacques Grieu
 


Os court :

« Il faut d’abord bien savoir le latin. Ensuite, il faut l’oublier.»
 Montesquieu ( 1689-1755 )



LETTRE D'EXPRESSION MÉDICALE

LEM 1128

15 juillet 2O18

In latino veritas (Exmed)

  Quand on pense que ce fut longtemps la seule langue utilisée par la science, comme elle l’était par l’Église ! Le Diafoirus de Molière marqua son agonie chez nous, alors que la systématique botanique et zoologique maintenait son usage. Une langue morte est-elle un archaïsme à jeter à la poubelle ? Ou bien, demeure-t-elle, paradoxalement, une ressource importante pour aller fouiller le sens au delà des apparences et de l’utilitarisme immédiat ? Qu’en pense l’intelligence artificielle ?

Voici la LEM 1128 de Jacques Grieu : LATINOPHOBIE. À consommer sans aucune modération comme antidote au «globish» métastatique.



François-Marie Michaut
Exmed  15-16 juillet 2019

jeudi 11 juillet 2019

Voyage officinal (Exmed)

   
Étonnant voyage en arrière dans son arsenal thérapeutique pour un médecin qui a cessé d’exercer depuis des années.  Les rayons des pharmaciens exposent à la convoitise des clients force médicaments qui naguère nécessitaient une prescription médicale en bonne et due forme.
   L’assurance-maladie ne les remboursant plus, ils sont en vente libre. Leur  prix étant libres et les pharmaciens persuasifs vendeurs, le commerce de ces produits, tous plus prometteurs les uns que les autres, vantés dans des spots télévisés,  sont une excellente affaire pour toute la filière du médicament.

  
Pour les utilisateurs aussi ?
    Que c’est mal élevé que de poser de telles questions !


François-Marie Michaut

 12-14 juillet 2019

mardi 9 juillet 2019

Connaissez-vous cet outil ? (Exmed)

   
En butinant sur la Toile, je suis tombé sur un remède au royaume des fake news et aux autres manipulations numériques si polluantes sous le règne impérial des GAFA. Un site ouvert à tous, sans objectif de profit, cherchant à faire entendre, au niveau international, ce que les enseignants-chercheurs eux-mêmes, ont envie de faire savoir aux opinions publiques. Son nom : THE CONVERSATION .
   Parler ensemble, l’idée n’est pas aussi banale qu’elle en a l’air. L’adresse de sa version francophone : https://theconversation.com/fr .
Intéressant à connaître et méritant, à mon avis, ce papier en témoigne, de le faire connaître autour se soi.

François-Marie Michaut

10-11 juillet 2019

dimanche 7 juillet 2019

Petits gars, causez (LEM 1127)

     Une terrifiante comptabilité nous heurte de plein fouet. Celle des femmes qui périssent en France sous les coups de leur partenaire sexuel habituel,  actuel ou passé. Il est même question pour le gouvernement de lancer des «états généraux des violences faites aux femmes» ( source : France Info du 7 juillet 2O19).
 Serait-ce donc un sujet politique ? Quelques mesures réglementaires ou textes législatifs sévères seraient-ils en mesure d’empécher les meurtriers domestiques d’agir comme ils le font ? Des actions dites de prévention pourraient-elles empécher un seul de ces drames absolus pour des familles entières ? Il est, hélas, facile de ne pas y croire.

  L’émotion est grande. Elle est justifiée, même si elle pose la question du silence qui a régné de tout temps (1) sur cette réalité. Faisons l’effort d’essayer non pas de supprimer, cette émotion car, son nom le dit, elle est une force motrice, mais de tenter de réfléchir au lieu de nous précipiter sur les «mesures» immédiates. Ces hommes, que leurs voisins, leurs camarades de sport ou de travail décrivent souvent comme «sans histoire», comme des gens «normaux» peuvent-ils en arriver à ce paroxysme de fureur destructrice ?
Eux-mêmes ont été des enfants, ont vécu leur vie d’enfant heureuse, malheureuse ou terne. Ils ont fréquenté l’école, le contact avec les maîtres et surtout l’apprentissage sans amortisseur de la cour de récréation. Faites donc un tour vers la cour de l’école des petits proche de chez vous. Observez ce qui s’y passe. Dans un mélange de cris aigus, des mots fusent dans tous les sens. Souvent des insultes ouvertement homophobes, des vociférations à visée provocatrice. Voilà qui contraint les moins habiles à ce sport à utiliser la seule réponse qui leur reste : l’affrontement physique direct, la bousculade et les coups. Il n’échappe à personne que ce sont massivement les garçons qui agissent ainsi, les filles  à prudente distance se contentent de se servir de leur langue. Quant aux adultes responsables de cette petite société, ils semblent, de mon temps, plus occupés à parler interminablement entre eux, parfois le dos tourné aux enfants, qu’à observer leurs élèves interagir hors de la classe. Vision au trait forcé par l’observateur extérieur, j’en conviens.

 Il y a pourtant là des histoires personnelles qui se nouent pour une vie entière. La mode du moment est de parler de harcèlement, de mobbing (2). Comment ne voit-on pas cette déficience manifeste de capacité d’expression verbale chez les petits garçons ? Je ne sais pas quoi ni comment dire à l’autre en face : je frappe. L’autre en face sait dire des choses qui me font mal, faute de capacité de riposte avec des mots adaptés, il ne me reste que la violence physique. 
   Tout faire, partout où c’est possible, pour encourager les garçons à utiliser leur langue avec autant d’habileté que savent le faire les filles, ce serait impossible, impensable au XXIème siècle ? Bon sang, une des plus extraordinaires caractéristiques de l’espèce Homo Sapiens (3) est de disposer d’un cerveau doté de la parole. Être un «taiseux» n’est pas obligatoirement une qualité, être un «bavard» n’est finalement jamais un défaut. Tout cela semble si simple, si évident, qu’on se demande pourquoi règne encore dans toutes les institutions, et pas seulement l’armée ou les facultés, la loi du silence. Silence, on tue ? Bigre. 
 Qui peut se vanter de ne pas avoir un jour gardé le silence alors qu’il aurait dû parler ? Qui peut se vanter de ne pas avoir encouragé et aidé un autre être humain à s’exprimer avec... des mots, ses mots ?

                                François-Marie Michaut



Notes :
(1) Le «pater familias» romain avait le droit de vie et de mort sur son épouse, ses enfants et ses esclaves.


(2) Terme utilisé par les anglophones, mob, (péjoratif)  veut dire groupe de gens indiscipliné, pègre.


(3) Dominique Aubier « La face cachée du cerveau».



Os court :

«   L’important n’est pas de bien ou mal parler, mais de parler»

 Pierre Falardeau ( cinéaste et écrivain québécois 1946-2009 )



Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1127

 8 juillet  2019
                         
                        
 
                          

Favoriser la mise en mots (Exmed)

  
Pour que l’émotion des cas de «fémicidité conjugale» ne conduise pas de façon aveugle à des décisions pratiques pour faire plaisir aux bonnes âmes, quelques minutes de prise de distance ne sont pas contrindiquées.

Voici la LEM 1127 : Petits gars, causez .
Bonne lecture.

François-Marie Michaut 
Exmed 8-9 juillet 2019

vendredi 5 juillet 2019

La haine, le propre de l'homme ? (Exmed)

    Les médecins ont l’habitude de fourrer leur nez inquisiteur dans tous les aspects de notre vie. Et d’émettre des avis au nom de... la science. Qui nous font parfois bien rigoler quelques années après.


    Les pouvoirs s’inquiètent de l’ envahissement des réseaux sociaux sans frontière par des messages de haine. Punir la haine par la loi, est-ce la méthode pour l’éliminer des esprits qui la cultivent ?

   
Il serait temps d’entendre ce que les neurosciences ont à dire sur  ce sentiment humain ouvrant la voie à toutes les actions de prédation. Si les lunettes scientifiques peuvent nous en dire plus long et plus pertinent que ce qu’enseigne la tradition juive et chrétienne  de la création de l’univers !

François-Marie Michaut
Exmed 5-7 juillet 201

mardi 2 juillet 2019

Médecins, faut-il tout faire ? (Exmed)

  
Les échos, spectaculaires à souhait, des supposés progrès de la médecine, rendent iconoclaste qui ose se poser la moindre question sur leur promotion. Les technosciences augmentent sans cesse les modalités d’interventions sur le cours de nos maladies. Pas toutes, il faut bien le dire.


La médecine devenant une sorte d’usine à soigner ( cf la LEM  1125 : La machine à soigner, Jacques Grieu), les médecins en tant qu’êtres humains responsables de leurs actes y ont-ils encore leur raison d’être ? La révision des lois de bioéthique ( La Croix, 26 juin 2019) se révèle un chantier acrobatique aussi longtemps que la question du rôle de la médecine et des indispensables médecins n’a pas été mise sur le tapis du débat culturel. Civilationnel, plus exactement.

Ce n’est pas une question relevant des experts de la bioéthique, mais de chacun de nous.

François-Marie Michaut
3-4 juillet 2019 Exmed

dimanche 30 juin 2019

CANICULE (LEM 1126)


Les gens aiment se plaindre et souvent nous font suer :
Il est des masochistes aimant bien transpirer.
Il fait quarante à l’ombre et c’est la canicule ?
Pourquoi donc être à l’ombre ? Y être est ridicule !

Ceux qui ont les mains froides ont souvent le cœur chaud ;
Pourtant, ceux à cœur chaud n’ont pas froid dans le dos.
Même un peintre au sang chaud comme était Picasso,
Usait de couleurs froides et n’était pas moins beau.

Être « à chaux et à sable » est signe de santé,
Mais avec le sang chaud n’a pas de parenté.
Encor moins le sang-froid avec « chaud aux oreilles »   
Ou bien les « gorges chaudes » avec seins en… éveil.

La vengeance est un plat qui peut se manger… tiède
Mais à chaud ou à froid, elle est souvent bien laide.
On ne confondra pas sang froid et pisse-froid :
L’un maîtrise ses nerfs et l’autre est… rabat joie !

Savoir jeter un froid est donc parfois utile
Et par grosse chaleur est un luxe subtil.
Les récits antarctiques, aussi, sont bénéfiques :
Les vidéos d’icebergs font un bien magnifique.

S’il faut juger à froid, il faut agir à chaud,
Et canicule ou pas, je vous le dit bien haut :
Peu me chaut que ces vers puissent jeter un froid,
Car je ne suis pas chaud pour en changer les choix…

                        Jacques Grieu


Os court :

«  Pendant la canicule, nombre de gens s’écrient : «C’est effrayant, il y a 35° à l’ombre». Mais qui les oblige à rester à l’ombre ? »
 Pierre Dac



Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1126

 1er juillet  2019

Nom d'un chien, c'est chaud (*) (Exmed)

 Actualité brûlante ici. La LEM 1126 de Jacques Grieu CANICULE  sort du four. Sur sa suggestion, voici une bonne entrée pour nous mettre en bouche, signée Claude Hagège du Collège de France, linguiste de tout premier plan.

« Nous n’avons pas d’engins contre la canicule.
Mieux vaut, au lieu de geindre, en chœur s’y résigner.
Un jour, la terre en feu sera jaune pustule ;
Nous serons en son sein tous en train de griller.»


(*): Toute traduction littérale en anglais des mots chaud et chien serait une fausse piste alimentaire.

François-Marie Michaut 1-2 juillet 2019

jeudi 27 juin 2019

Harcèlement informationnel (Exmed))

   Les techniques de communication numérique ont explosé en quelques années. Notre quotidien est inondé d’un flux ininterrompu de messages d’une valeur allant de zéro à l’infini dirait un étudiant matheux. Bien difficile de faire un tri autre que celui de l’émotion.  Un clou en chasse un autre. Résultat ? Un sentiment ambiant de grande confusion et de désordre.  Qui cherche à tromper qui et pour quelle raison, le plus souvent liée au profit ?  Impossible de ne pas y songer.

   Gérer pour soi-même l’impact de ce déferlement constant de   messages - c’est la définition du harcèlement- est un vrai défi. Aucune machine, aucun expert ne peut le faire.
Le résultat est que notre cerveau est soumis à un bombardement certes de faible intensité mais sans fin.

   Culture de la peur sous toutes ses formes. Une vision  réductrice et déstructurante de la réalité  qui ne peut vivre que si nous y adhérons.


François-Marie Michaut
Exmed 28-30 juin 2019

mardi 25 juin 2019

Le mystère de l’oxygène
 (Exmed)

    Je ne le savais pas avant d’avoir lu le livre étonnant de Didier Van Cauwelaert (prix de la Vulgarisation scientifique) Les émotions cachées des plantes (Plon 2018). L’indispensable oxygène atmosphérique dont la seule source est la biosphère demeure depuis deux milliards d’années au taux fixe de 20,95%.

      Nous savons juste, tremblez braves gens soucieux de l’écologie, que si la barre des 25% était atteinte, tout brulerait sur la terre (page 22). Pas facile de penser que c’est un simple hasard. Quel système régit donc ce mécanisme dont dépend la vie de tant d’autres, dont la précieuse nôtre ?

François-Marie Michaut
EXMED 26-27 juin 2019

dimanche 23 juin 2019

La machine à soigner (LEM 1125)


                 Notice de présentation : 



  Après la fameuse machine à penser( LEM 1103 )  (dont la mise en service commence à porter ses fruits dans de nombreux pays), voici enfin la miraculeuse machine à soigner. (Toutes spécialités confondues). Malgré son coût élevé, c'est évidemment la solution idéale pour résoudre le déficit chronique de la SS. On en attend, par ailleurs, un bond en avant spectaculaire de l'espérance de vie dans nos pays développés.
   Si compétents que soient nos médecins, leur médecine reste humaine. Donc faillible. La nouvelle machine à soigner (photo jointe en exclusivité) ignore l'erreur. Entièrement automatique et connectée, elle ne peut donc se tromper, c'est mathématique : vous entrez les symptômes et, dans la minute, elle délivre le diagnostic . Finies, les évaluations hasardeuses, les conclusions approximatives. Vous vous allongez sur sa table et les soins les plus performants (assistés de scanners, IRM, radio, échographies dopplers, etc ) vont être couplés à des robots opérant automatiquement sans la moindre marge d'erreur à partir de données irréfutables.
   Malgré la complexité des multiples dispositifs, le simple appui sur le bouton traitement suffira à déclencher le processus analyse-soins qui se déroulera sans la moindre intervention humaine. Un haut parleur diffusera en boucle musique douce et extraits du serment d'Hippocrate. On pourra suivre sur des cadrans et écrans à cristaux liquides, les effets immédiats sur le patient. Soit, généralement, la guérison totale, soit (voir en partie inférieure) parfois une issue moins favorable. Dans cette dernière hypothèse, c'est que, par négligence,  vous auriez trop tardé à utiliser la machine. Et que votre cas était devenu irrémédiable.
Vive la machine à guérir et vive la nouvelle médecine ! A votre santé !

                        Jacques Grieu


P.S.   Sur demande, le caducée, en option seulement, peut être ajouté sur la façade (avec supplément).





Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1125
 24 juin  2019

Médecine-fiction (Exmed)

   
Savoir pousser le bouchon dans le bon sens est une judicieuse méthode pour faire comprendre ce qui nous pend au nez si nous ne savons pas dire stop à des élucubrations dont le but, jamais avoué ouvertement, est de supprimer la faillibilité de l’être humain. Après la voiture sans chauffeur, la médecine sans médecin telle qu’est est vue par Jacques Grieu, lui-même ingénieur diplômé dans ses jeunes années. Voici la LEM 1125 : La machine à soigner. Tous droits réservés.


À noter que le professeur Jean-Paul Escande à qui a été emprunté l’Os Court final a été un des premiers soutiens du site Exmed. Lien LEM 181

François-Marie Michaut
24-25 juin 2019

jeudi 20 juin 2019

Crise de méfiance (Exmed)

   
La radio Europe 1 soulignait le 20 juin 2019 un étrange record mondial de la patrie de Pasteur.  Un Français sur trois ne croit pas les vaccins sûrs (ONG médicale britannique Welcome).

   
Surinformation finalement inquiétante, tellement elle se veut sensationnelle, des citoyens dont la culture médicale et plus largement scientifique est d’un niveau moyen très déficitaire ?   
    Climat général de méfiance vis à vis de tous les pouvoirs se déchirant joyeusement les uns les autres ?


François-Marie Michaut 
Exmed 21-23 juin 2019

mardi 18 juin 2019

Pauvre Popeye (Exmed)


   Notre marin légendaire aurait appris avec tristesse que son légendaire épinard source de force contenait du chlorpyrifos. Insecticide ayant remplacé le DDT trop polluant, il a été interdit en France en 2016, des études concordantes ayant démontré qu’il était doté de propriétés neurotoxiques et perturbatrices endocriniennes. Source : Le Monde du 17 juin 2019.À l’exception donc de la culture des épinards où il n’est pas remplaçable !

   Quand les messages dits de prévention conseillent à chacun de consommer 5 fruits et légumes par jour, chacun doit scruter les étiquettes commerciales.  Les produits frais importés d’Espagne ou du Maroc ne sont pas (encore) soumis à cette interdiction. Inutile de préciser aux médecins et soignants que le danger est d’autant plus sérieux que le système nerveux et le système endocrinien sont en cours de formation.


François-Marie Michaut 
Exmed 19-20 juin 2019

lundi 17 juin 2019

Redoutable arme anti harcèlement
 (Exmed)

    Ce site a été un des premiers à soulever la réalité jusqu’alors négligée du harcèlement moral, perfectionnement invisible de notre immémoriale violence. Depuis, l’opinion publique et la justice s’en sont emparés. Le système pour contraindre les travailleurs à donner le meilleur d’eux-mêmes à leur entreprise s’est perfectionné.
  Tel est le sujet de la LEM1124 : Le travail, c’est pas la santé. Avec un amical clin d’oeil à la mémoire joyeuse d’Henri Salvador!

François-Marie Michaut 17-18 juin 2019

dimanche 16 juin 2019

Le travail, c'est pas la santé (LEM 1124)

   Les journalistes ne révèlent pas leurs sources. Leur déontologie l’impose. Je ne suis pas  journaliste. C’est Christiane Kreitlow (1) qui a servi de déclencheur à cette LEM. À son avis de clinicienne, un livre, signalé par le quotidien Libération du 24 avril 2019 (2) mérite d’être connu des soignants qui peuvent être en contact avec toute pathologie psychique ou physique accompagnant une souffrance au travail. Il est signé (3) par Sylvaine Perragin, psychologue clinicienne, sous le titre « Le salaire de la peine».

Pour l’auteure, quelque chose de dramatique est en train de se mettre en place dans les esprits. Une véritable industrie se développe un peu partout dans le monde avec de discrètes officines. Tout faire pour que le bonheur au travail soit un objectif prioritaire des grandes sociétés. L’idée est facile à vendre, et se vend fort bien. Un collaborateur heureux au travail est celui qui  obtiendra les meilleures performances professionnelles possibles. Pour le plus grand bénéfice de son entreprise.
    On voit se profiler une nouvelle obligation professionnelle à atteindre par chacun : le bonheur au travail. Pas la non souffrance, pas le respect de chaque personne ou la reconnaisssance de la valeur individuelle, carrément le paradis au boulot. Veut-on nous faire prendre des vessies pour des lanternes ? Quand on les écoute, les mots disent exactement ce qu’ils disent. Le bonheur, c’est la bonne heure. Un temps bien limité, pas un état permanent comme nous l’aimerions tant. Heureux, bon sang, la petite aiguille de l’horloge ne nous lâche pas. Pour qui en douterait, son opposite, le malheur, n’est rien d’autre que la mauvaise heure qui nous tombe dessus.

  
Nous voici peu à peu endoctrinés par des armées de marchands de félicité sur ordonnance dans tous les domaines de notre existence. Marchands de bonheur se révélant, hélas pour nos rêves bien manipulés,  des marchands d’illusion. Peu importe sous quelle étiquette ils se rangent : coach, formateur, gourou, spécialiste, expert, leur objectif est identique. Nous vendre - le plus cher possible - ce qu’ils prétendent savoir faire mieux que nous. Forme contemporaine des bateleurs, camelots des foires et des villages, la recette est inusable tant notre capacité de crédulité demeure inépuisable au fil des siècles.

   Il faut aller au delà de ce qui se passe dans l’univers du travail. On nous promet le bonheur dans tous les compartiments de notre vie. Le rinçage à jet continu de nos neurones, si bien orchestré par nos médias qui en vivent, est une redoutable école à la soumission passive des esprits. Nous avions pourtant eu un tel plaisir dans nos tendres années à dire non ! (4). Hélas, nous avons perdu cette capacité d’opposition. La discipline scolaire y a peut-être contribué. Tant de gens n’imaginent même pas, sauf quand ils sont mus par la colère, que c’est une liberté humaine inaliénable.
   Le rouleau compresseur des GAFA  en train de lancer leur propre monnaie virtuelle (5), c’est à dire un cheval de Troie pour prendre le pouvoir sur notre argent à chacun, faut-il le laisser passivement dicter notre devenir ? Il n’existent que parce que nous les laissons  exister.

  Le temps des manipulateurs dominant la planète est advenu. Bien difficile de faire comme si nous n’avions rien vu venir ni rien compris à ce qui se passait. Oui, l’être humain est un bien curieux animal dont le cerveau est doté de la capacité exclusive de parler de ce qu’il a compris, ou cru comprendre. Pas question de laisser cette fonction s’atrophier faute d’usage.


                                               François-Marie Michaut


_____________________

Notes :

(1)Présentation


(2)Erwan Cario, L’obligation d’être heureux au travail lien 



(3) Le Seuil, éditeur. 192 p. 16 €


(4) Classiquement, pour les pédiatres entre 18 mois et 3 ans d’âge.



(5) Cryptomonnaies, le Libra de F.B. France info le 15 juin 2019
_______________________________



Os court :

« Pour trouver le bonheur, il faut risquer le malheur. Si vous voulez être heureux, il ne faut pas chercher à fuir le malheur à tout prix. Il faut plutôt chercher comment - et grâce à qui - l’on pourra le surmonter.»

 Boris Cyrulnik (psychiatre et écrivain)


Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1124
 17 juin  2019

vendredi 14 juin 2019

Mon corps m’appartient (Exmed)


     Des adolescents américains font publiquement la leçon à leurs parents. Ils refusent que leurs photos ou videos soient publiés sur les réseaux sociaux sans qu’ils aient donné leur accord. Jean-François Delfraissy, président du très officiel Comité consultatif national  d’éthique (CCNE) remet à l’heure nos pendules d’adultes ( le Monde du 4 juin 2019).  « Les usagers ont un droit sur leurs données de santé » dit-il. Le domaine de la santé utilisant de plus en plus de données numériques massives dans l’espoir - jusqu’à ce jour jamais clairement démontré - de nouvelles découvertes.
   Le droit de ne pas se faire ficher - comme celui de ne pas se faire photographier- mériterait un peu plus de publicité dans nos pays.


François-Marie Michaut  14-16 juin 2019
Exmed

mercredi 12 juin 2019

Faire attention à l’autre (Exmed)

  
Les porteurs de gilets jaunes, tout comme les laissés pour compte de nos périphéries urbaines, nous le répètent, et pas seulement par la parole. Le sentiment de compter pour rien dans une société est destructeur.
   Faire attention à l’autre, les soignants l’entendent comme en prendre soin. Et l’autre, c’est avant tout, une personne humaine à qui est reconnue d’être différente de soi-même. 


   Ecouter, regarder, parler, est-ce un objectif défendable pour et par les soignants en 2019 ?


François-Marie Michaut
12-13 juin 2019
CO d'Exmed

lundi 10 juin 2019

On a pas le temps ! (Exmed)

   Ritournelle inusable des gens pressés : j'ai pas le temps. Nuance de la réalité, ce temps, lui, finit bien avec son langage par trouver chacun de nous.
  Pour évoquer cette inévitable rencontre, voici un chirurgical ciseleur de mots. Lire la LEM 1023 de Jacques Grieu : VIEILLESSE
François-Marie Michaut
10-11 juin 2019 site Exmed

VIEILLESSE
 (LEM 1123)


L’âge est le grand sujet des âgés comme moi ;
On n’en parle fort peu ou alors entre soi.
Pourtant à chaque instant et depuis le réveil,
C’est tout qui nous redit qu’on a de la bouteille :
Dans les mille douleurs qui partout nous assiègent,
On a ses familières et d’autres qui nous piègent.

Et puis les insidieuses arrivant en douceur,
Ou bien les fulgurantes existant un quart d’heure.
On est courbaturé sans avoir fait d’effort ;
L’effort est un enfer pour la plupart des sports.
Les nuits n’assurent plus un calme à qui se fier.
Le mal vient en auto, la guérison à pied…

Ces maux de la vieillesse, on croit bien les connaître :
Pourtant, c’est chaque jour qu’on en voit apparaître…
A bientôt nonante ans de nouveaux se présentent,
Qui me tombent dessus comme une pluie grinçante.
Leur belle variété crée une boulimie
Qui permet d’éviter trop de monotonie…

Les douleurs ont des noms. Pour paraître moins dures ?
On a les névralgiques et aussi les brûlures,
Et puis les térébrantes ou bien les lancinantes.
On a les pulsatiles et celles bien cuisantes.
Arrêtons la chanson : elle a un goût de cendre
Que nos oreilles sourdes ont du mal à entendre…

Parmi tous ces ennuis, on a un si grand choix
Qu’on cumule souvent bien des maux à la fois :
C’est là qu’on voit parfois que par un autre mal,
On peut vaincre un premier qui paraissait « normal ».
Faut-il que ce second soit d’un cran supérieur ?
Une rage de dent passe le mal d’ailleurs…

L’âge qu’on dit « certain » est plein d’incertitudes,
C’est une vue d’esprit, une erreur d’habitude.
La jeunesse, dit-on, est une maladie :
La vieillesse est témoin qu’on en sort bien guéri !
Alors, pourquoi dit-on : il est mort de vieillesse
Quand jamais on ne dit : il est mort de jeunesse ?

La vieillesse est donc bien un simple préjugé :
« L’âge de ses artères » est pour les résignés.
Celui de nos neurones est bien plus important ;
Plus que de nos vieux os ou de nos pauvres dents.
Les rides de la peau ne rident pas l’esprit :
Les muscles du cerveau sont bien  moins décatis.

De mauvaise vieillesse on peut mourir très tôt ;
Retomber en enfance pour certains est leur lot.
Pleurer sur ses douleurs est pleurer sur son âge,
Le fait de bien vieillir est un apprentissage.
Se supporter soi-même est sage activité.
Car la sérénité n’est pas sénilité…

                    Jacques Grieu
         
           
Os court :

«   La vieillesse est comparable à l’ascension d’une montagne. Plus vous montez, plus vous êtes fatigué et hors d’haleine, mais combien votre vision s’est élargie. »

Igmar Bergman (1918-2007, cinéaste)



Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1123

 10 juin  2019
https://www.exmed.org/archives19/circu1123.html


                                 
                          
                                                            
                                   

jeudi 6 juin 2019

Condamnés au bannissement (Exmed)

  La France se bat, sans succès, avec la désertification médicale de ses territoires jugés les moins attractifs par les jeunes médecins. Les parlementaires du Sénat proposent de transformer la dernière année de spécialisation en médecine générale en une obligation légale d’exercer individuellement dans un cabinet de zone «désertifiée».
  - De quelle faute faut-il donc punir les jeunes généralistes pour amputer leur formation ( déjà bien incomplète) d’un an ?
  -  Est-ce les respecter que leur imposer un  travail obligatoire auquel, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, ils ne veulent pas consacrer leur vie professionnelle ?
   - Faut-il continuer de faire comme si tous les médecins de France, et pas uniquement les praticiens de la Fonction publique hospitalière, étaient des fonctionnaires aux ordres de l’État ou de son pseudopode la Sécurité Sociale ?


François-Marie Michaut
Exmed 7-9 juin 2019

Norvège (LEM 1137)

                   Norvège  
                           Cécile Bour
 Ciel et mer vers l'infini lanternent, La nue se noie dans l...