jeudi 23 mai 2019

L'Europe, un chantier (Exmed)

     
Les élections des députés européens auront lieu dimanche en France. Sans enthousiasme du public prédisent les lecteurs dans le marc de café. Les points de repère traditionnels sont brouillés dans les esprits. Trop d’informations de qualité trop souvent médiocre, et à finalité destructrice de l’existant, envahissent nos écrans du matin au soir. Faire un tri efficace et pertinent est loin d’être accessible à tous. « Maladie de la valeur» diagnostique Max Dorra, dont l’immense danger est l’ignorance de ceux qui sont contaminés. L’Europe n’est qu’un chantier qui est encore en recherche de son bureau d’architectes. Cela mérite-t-il d’aller déposer un bulletin de vote ou faut-il aller faire une partie de pétanque ?


François-Marie Michaut
Exmed 24-26 mai 2019

mardi 21 mai 2019

Démultiplication démographique en vue ? (Exmed)

   Nous savons que les populations animales ne trouvant plus assez de nourriture présentent automatiquement une baisse de leur fécondité. Le National Health Service britannique (JIM du 15 mai 2019) s’inquiète de constater, comme dans tous les pays riches, une baisse sensible de l’activité sexuelle.

De quel type de «nourriture» - non matérielle ?-  serions-nous de plus en plus en manque ? Les études scientifiques n’ont pas de réponse.

  La formidable expansion démographique de l’humanité, surtout dues aux contrées les plus démunies, serait-elle sous nos yeux en début d’extinction ?

François-Marie Michaut
Exmed 22-24 mai 2019

dimanche 19 mai 2019

Hominisation en question (LEM 1120)

                                   
                            
      La notion d’évolution des espèces  est largement admise depuis George Darwin (1). Le vivant est compris comme étant en constante évolution grâce à sa nécessité d’adaptation aux conditions de l’environnement. il en résulte une sélection se poursuivant au fil du temps. On sait que des espèces devenues incapables de s’adapter à leur biotope ont disparu. D’autres, comme la nôtre, sont en grave danger si nous continuons à vivre comme nous le faisons. La conscience de notre fragilité devant les atteintes que notre espèce porte à la planète elle-même, à sa dimension écologique si l’on veut, se développe de façon spectaculaire (2).

    L’évolution darwinienne, sans cesse perfectionnée, laisse pourtant une interrogation troublante. Comment une lignée de grands primates, sans disparaitre elle-même par inadaptation au milieu de vie (3), a pu donner le jour aux humains ? Les explications classiques, on s’en souvient, ont fait intervenir la bipédie, l’usage des outils ou du feu.
 Ce n’est pas faux. D’autres ont mis en avant la taille du cerveau. Pour fixer les idées, entre Toumaï ( homo tchadensis) vieux de 7 millions d’années et homosapiens actuel, le volume de la boite cranienne est passé de 350 centimètres cubes à 1300 cc (4). Qu’est ce qui différencie à l’observation directe, sans discussion possible, les hommes des animaux ? Le fait que leur cerveau, on y revient, dispose d’une capacité unique : un langage articulé. Les anatomistes ont bien repéré nos aires du langage verbal, dites de Wernicke et de Broca. Comment, comme au cinéma d’antan, a bien pu se faire le passage du verbalement «muet» simiesque, et plus largement animal, au «parlant» humain ?
Les découvertes des scientifiques accumulant les observations des traces du passé n’y changent rien. Nous ne savons pas penser le franchissement de cette étrange marche ontologique du langage non verbal au verbal, en rupture avec ce que nous savons de l’éthologie de nos cousins. Surgissement brutal d’une fonction cérébrale totalement nouvelle dans une lignée zoologique solidement adaptée à son environnement. Quelle surprise cette «hominisation» !
   Dans les années 1970, l’écrivain René Girard, revisitant les auteurs du 19ème siècle, a proposé ce qu’il a nommé une « anthropologie fondamentale » (5). Pour lui, la force motrice de ce phénomène est liée au comportement d’imitation entrainant une rivalité mimétique dont le seul remède a été la contruction du sacré. Théorie unitaire séduisante par sa simplicité, mais demeurant muette sur un point fondamental. Pourquoi des préhumains si bien dotés de capacités d’imitation auraient-ils dû sortir de leur organisation groupale si efficace de dominants/dominés ?

  Cela peut agacer les amoureux de certitudes de toujours parler de questions, mais impossible de faire autrement ici, tant le flou règne. Notre tradition sur notre origine, transmise de sa source écrite hébraïque par le christianisme (6), n’est pas à négliger. Une intrusion dans l’avant «Big Bang» que nous interdit la pensée scientifique. Il y a bien un mystère de notre tête parlante, incompréhensible résultat selon le dogme de l’évolution des espèces. Pourtant, des siècles aparavant, Don Quichotte, le héros de Cervantès (7), avec son épisode de la tête parlante cherche à nous souffler quelque chose.

 Comment ne pas évoquer le mouvement actuel dit «des gilets jaunes» dont les images numériques  polymorphes ne sont pas sans ressembler à une crise sacrificielle girardienne ? Sauf que de ce brassage, se voulant sans chef, du chacun pour chacun ( « on ne lâche rien »), la «crise sacrificielle»  ne nait aucune unanimité aboutissant, après une bagarre générale,  à un tous contre un ( le président Macron). Son élimination comme un bouc émissaire dont le sacrifice (8) serait la pierre fondatrice d’une nouvelle société meilleure et moins injuste. Ça ne fonctionne donc pas ou plus ainsi, la dimension sacrée ne se fabrique pas toute seule de nos jours. Au grand dam des manipulateurs des foules.

 Impossible de suspendre ces quelques lignes sans évoquer la question de l’évolutivité du processus d’hominisation. Est-il ( encore bien mal) achevé ? Est-il sous la dépendance de facteurs biologiques sur lesquels nous ne pouvons rien ? Avons-nous - avec les ressources de notre cerveau - un pouvoir, ou même un devoir sous peine de disparition rapide, de tenter d’y apporter notre contribution personnelle ? Ceci n‘est pas de la philosophie, mais bien du sauve-qui-peut on ne peut plus terre à terre.

    François-Marie Michaut
 , 20 mai 2019

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Notes:

(1)Philippe Testard-Vaillant, Charles Darwin : de l’origine d’une théorie ( CNRS le journal ) https://lejournal.cnrs.fr/articles/charles-darwin-de-lorigine-dune-theorie


(2) Les manifestations sans frontières des adolescents défilant dans les rues en sont un marqueur.


(3) Les chimpanzés, bonobos, orang-outans et gorilles,  pas encore disparus de la Terre. 

 

(4) Troublante constatation, notre cousin Néanderthal (300 000 ans d’âge) aurait eu un volume cranien record de 1800 cc.


(5) René Girard : Des choses cachées depuis le fondation du monde, Grasset 1978.

(6) Genèse commence ainsi : « Au début était le Verbe, le verbe était auprès de Dieu, le Verbe était Dieu» selon la traduction française actuelle. Le verbe, c’est la parole, le langage articulé.

(7) Pour ceux qui veulent aller au delà de la lecture au premier degré de Cervantés,  Dominique Aubier, « Don Quichotte, prophète d’Israël»

(8) Sacrifier signifie, Girard le souligne : rendre sacré.

       
           
Os court :
«  La violence commence où la parole s’arrête. » 
 Marek Halter
  


Lettre d'Expression médicale 1120

Sur Expression Médicale LEM n° 1120


20 mai  2019  

Le propre de l'homme (Exmed)

   N’en déplaise à notre estimable et vénéré confrère François Rabelais, ce n’est pas le rire. C’est la capacité de parler grâce à son système phonatoire.

   Loin d’être un simple « détail » de l’évolution des espèces vivantes pour qui veut bien se donner la peine de lire la LEM 1120 : Hominisation en question.

François-Marie Michaut
20-21 mai 2019

jeudi 16 mai 2019

Hypodiagnostic vraisemblable (Exmed)

     Le médecin est la seule personne habilitée par la loi à déclarer auprès des autorités qu’un être humain est décédé. Et pour quelle(s) raisons(s).
   Il a donc en main, depuis ses études, toutes les connaissances pour modifier la cause officielle de son trépas quand il a décidé de mettre fin à ses jours.

  Impensable qu’il n’en use pas quand il tient, pour des raisons qui lui appartiennent, à échapper au diagnostic infamant pour la tradition chrétienne de suicidé.
    Se tuer au travail n’est pas toujours une figure de style. Un auto-burn-out si l’on veut.

François-Marie Michaut
CO d'Exmed 17 -19 mai 2019

mardi 14 mai 2019

Suicides chez les médecins (Exmed)

On en parle moins en France que dans la gendarmerie ou la police. Des Canadiens ( Joy Albuquerque et Sarah Tulk dans « Canadian Medical Association Journal» cité par Irène Drogou JIM du 9 mai 2019) rompent le silence. Une vulnérabilité particulière, nous sommes la profession où l’on se suicide le plus et plus encore les femmes que les hommes. Le moyen le plus utilisé, comme les non-médecins, est l’arme à feu. Les idées de suicide, dès le début des études de médecine, toucheraient aux USA 11% des carabins. Les médecins se soignent peu, craignant que la divulgation de leurs troubles psychiatriques ne détruisent leur réputation. Enfin, sans surprise, les conflits professionnels, selon les britanniques, tripleraient les idées suicidaires.

  Cette description clinique a le mérite d’exister. Elle invite à aller chercher beaucoup plus loin. Pour quelles raisons ( bonnes ou mauvaises) des êtres humains font le choix de consacrer leur vie à tenter de soigner les êtres humains qui ne vont pas bien ?

      Mais, on n’aime pas les questions en France : circulez, y a rien à voir !

François-Marie Michaut
Exmed, 15-16 mai 2019

dimanche 12 mai 2019

C'EST SELON ? EXTINCTION (LEM 1119)

                               
                          
                                                          
Pourquoi n’entend-on plus le chant de l’alouette,
Ou celui du coucou à la diction parfaite ?
Ni celui des grenouilles qui se content fleurette,
Ou ceux des martinets ou ceux de la fauvette ?

L’ours blanc disparaît et les grands singes aussi.
Baleines bleues, pandas, albatros ou souris,
L’éléphant ou le lion, le rhino, la perdrix ;
Pas d’espèces qui soient sûrement à l’abri.

Où sont nos scarabées, où sont nos hannetons ?
Et nos bonnes abeilles et les beaux papillons ?
Plus d’un tiers des espèces est en grave danger,
Et la végétation n’est pas plus protégée…

Même depuis l’espace, on voit tous les ravages
Que subit la planète et qui est un saccage.
Les forêts diminuent, les océans grossissent,
Les cyclones augmentent, les glaces rapetissent.

La nature, pourtant, ne fait pas de déchets.
Elle recycle tout et sait tout employer.
Mais elle prend son temps, complice du hasard
Puisant son énergie au soleil superstar.

Habitats dégradés et surexploitation
Chimie envahissante et partout : pollution.
Le désastre, c’est l’homme. Et lui ne « s’éteint » pas.
Et même il prolifère en aggravant son cas.

Pourtant, il fait bien peu pour arrêter le mal :
L’homme va disparaître.  Et ce sera normal.
Il est bien averti, il sait lire les signes.
Biodiversité ? Nous n’en sommes pas dignes !

La Fontaine et Buffon et Darwin et Cuvier
Dans leurs tombes en pleurant ne peuvent nous sauver.
Mais plantes et animaux, pour ceux qui survivront,
Diront « bon débarras, parti, le trublion !»

Certains auraient tendance, invoquant le « destin »
A dire « c’est écrit » et on n’y pouvait rien !
Voilà qui est aisé pour mieux se disculper !
Le sort entre nos mains, il nous faut l’assumer…

Celle des dinosaures  est  avertissement :
La dernière extinction, on le sait maintenant,
Etait une cinquième. On court vers la sixième !
Chaque jour nous apprend que ce risque est extrême…

Après notre extinction revient l’évolution
Qui reprendra son cours vers d’autres horizons.
Le soleil lui promet des années par millions ;
De quoi en rétablir, de belles inventions !

On aime bien se dire en toute modestie
Que l’homme est le chef d’œuvre au sommet de la vie.
Et si nous n’étions rien qu’un incident technique,
Infime quantité du grand hasard cosmique ?

A force de hasards et grandes explosions
Qui font que l’univers est en transformation,
La matière en son sein, comme Reeves le dit,
Paraît bien condamnée à produire la vie…

La Terre en a vu d’autre et tournera encore,
Et vite recréera un monde qu’on ignore ;
Des espèces naîtront qui nous remplaceront…
Plus sages que les hommes ? Ou pires ? C’est selon !

    Jacques Grieu
 

       
           
Os court :
«    Mieux vaut avoir une extinction de voix qu’être en voie d’extinction.» 

Alain Guéguen
     


    Lettre d'Expression Médicale n° 1119 du 13 mai 2019 
Site d'origine :   Exmed                

Illusoire immobilité (Exmed)

   Que nous avons du mal à ne pas nous considérer nous-mêmes comme immobiles et bien ancrés au centre de l’univers ! Et pourtant, pour qui veut bien ouvrir son esprit au delà de son nombril, le mouvement de toute chose s’impose comme une évidence.
   Jacques Grieu nous entraine, sans dramatiser, avec la LEM 1119 : C’EST SELON ? EXTINCTION.


François-Marie Michaut
13-14 mai  2019

vendredi 10 mai 2019

Plus jamais de guerre ? (Exmed)

   C’était le 9 mai 1945, un petit garçon de juste 5 ans revenait avec ses parents de la retraite aux flambeaux célébrant, pompiers en tête, la capitulation allemande. Nous arrivions juste dans une maison familiale éventrée par les bombes anglaises et américaines. Je me souviens avoir posé cette question : « alors, on n’aura plus jamais de guerre ?». Il me fut répondu par les grands : oui. 

   Mensonge.  La vie a fait qu’il a fallu que j’attende d’avoir 22 ans d’âge pour que la France, mon pays et sa jeunesse, ne soit plus en conflit armé. À ce titre, une entité européenne, aussi critiquable et améliorable soit-elle, mérite tellement que les peuples y participant aillent déposer, le jour venu, leur bulletin de vote.

François-Marie Michaut 
Exmed 10-12 mai  2019

mardi 7 mai 2019

Merci, docteur Clémenceau (Exmed)

   Médecin mais surtout homme politique, surnommé en 1918 le père la Victoire, par les Français. Sa philosophie, au milieu de l’effroyable tuerie des cousins européens déchirés, mérite un petit rappel. « Quand les évènements nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs ».

     À quand la liste à la Prévert des événements qui nous dépassent un siècle plus tard ?

François-Marie Michaut
Exmed 8-9 mai  2019

dimanche 5 mai 2019

Être (humains) ou ne plus être (vivants) (LEM 1118)

                         
                          
                             
   Puisse William Shakespeare, d’où il est, digérer ce plagiat d’Hamlet ! Mais là où il voyait encore une question, notre époque, si elle veut bien s’astreindre à chausser  ses lunettes systémiques, montre sans pitié que nous n’avons plus devant nous qu’une alternative. Vivre autrement que nous ne le faisons depuis les débuts de l’espèce homo (1) ou tuer la biosphère toute entière dont nous ne sommes qu’un rouage. Plus nos connaissances objectives sur les menaces pour notre avenir proches s’accumulent, moins il est possible de continuer à vivre comme si de rien n’était (2). L’apocalypse, les temps derniers, nos religions en parlent depuis longtemps.  Mais comme si c’était le résultat d’une volonté de punition des hommes de la part de notre puissance créatrice. En 2019, la simple poursuite de ce que nous faisons depuis trois siècles avec notre planète nourissière nous conduit à détruire sans marche arrière possible tous les éléments vitaux. Changement brutal d’échelle : nous sommes les seuls acteurs de notre disparition imminente. Bien entendu, les écologistes de toutes les catégories ne cessent de tenter de nous le démontrer. Il nous faut un temps fou pour intégrer l’importance du message qu’ils portent (3)

   Le Président Macron, dans sa dernière conférence de presse, affirmait vouloir mettre « l’humain au centre » de son projet politique pour la France. Pour un médecin, dont l’être humain en souffrance est la raison d’exister, pour ne pas dire la matière première, rien de choquant. Pour le citoyen ordinaire qui appréhende la robotisation galopante de son environnement, cela parle. Mais, il faut bien le reconnaitre, le plus grand flou règne sur ce que c’est que l’humain (4).

   Qu’est-ce que c’est que cet homme ? Capable des destructions les plus massives, des imprévoyances les plus dramatiques, des erreurs les plus lourdes de conséquences ? Bien entendu, les exemples sont innombrables et plus indéfendables les uns que les autres. Mais doué aussi de la capacité de réaliser tant de prodiges, de créer une richesse d’intelligence et de connaissances comme aucune autre espèce animale.

  Avons-nous oublié que l’homme est un être doté d’un cerveau qui évolue toute sa vie ? Que son encéphale est constitué de deux hémisphères cérébraux dont les neurosciences démontrent qu’ils fonctionnent de façon bien différente mais totalement complémentaire ? Comme notre ancêtre homo faber ( homme forgeron ) nous avons la capacité de fabriquer, de faire des choses. Notre côté «qui-fait», celuibqui s’exprime si fort que nous pensons de moins en moins qu’il n’est pas le seul. L’autre, bien moins spectaculaire, a une fonction majeure, en fait dominante, c’est l’hémisphère « qui-sait» (5). Nom d’un homo Sapens Sapiens, la connaissance -pas seulement la scientifique ou la rationnelle- sans frontière ni exclusion mais en évolution, cela ne vaut-il pas la peine de s’y arrêter avant, au sens le plus biologique du mot, de « ne plus (être) vivants» ?
   Une culture ne se contentant plus, comme elle le fait depuis deux millénaires pour nous,de l’exploitation exclusive de notre fertile cerveau « qui-fait», tel me semble l’immense défit à affronter. Mais, aussi envahisssant soit-il, juste le remettre à sa place. Aux ordres de notre cerveau « qui-sait». 

  Savoir ce qu’on peut et ce qu’on doit faire avant de se lancer dans toute réalisation pratique sous le seul prétexte qu’elle est techniquement possible, est-ce vraiment une démarche qui mérite le qualificatif d’humaine ?

 François-Marie Michaut

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Notes :

(1) Nos connaissances objectives ont envoyé aux oubliettes le mythe de tout âge d’or auquel il faudrait revenir. Le si banal : « c’était mieux de mon temps».


(2) « Alerte rouge» sur la perte mondiale de biodiversité titre Le Monde du 29 avril 2019 . « C’est avec l’espoir de provoquer un sursaut international que se réunissent à Paris, à partir du lundi 29 avril et pour une semaine, les experts de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES)». Lien

(3) Le mouvement international des adolescents pour pousser leurs ainés à prendre enfin au sérieux les atteintes contre la terre n’est pas un détail à négliger.

(4) Mot valise qui n’est pas sans rappeler les efforts d’humanisation des hôpitaux par les pouvoirs publics il y a quelques années. Le résultat le plus visible a été l’utilisation intensive de plantes vertes dans les halls d’entrée.


(4) Mot valise qui n’est pas sans rappeler les efforts d’humanisation des hôpitaux par les pouvoirs publics il y a quelques années. Le résultat le plus visible a été l’utilisation intensive de plantes vertes dans les halls d’entrée.

(5) Terminologie de Dominique Aubier in La face cachée du cerveau. Cf LEM 1053 lien

           
Os court :
«   Seul l’humain peut avoir conscience de la perte de l’humain.» 

  Edward Bond ( dramaturge britannique contemporain)

                             
Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1118

6 mai  2019                                                        

Déboussolés
 (Exmed)

   Pour aller on va. De plus en plus loin. De plus en plus vite. De plus en plus fort. Dans tous les domaines de nos vies personnelles et collectives. Pas sans en souffrir comme en témoignent, par leur existence même, les mouvements collectifs de protestation sur tous les continents. 
 

   Avons-nous perdu la boule, ou moins dramatiquement l’usage de toute boussole pour savoir où aller ? La LEM 1118 propose au jugement de chacun sa propre vision des choses. Voici : Être (humains) ou ne plus être (vivants).

François-Marie Michaut 6-7 mai  2019

jeudi 2 mai 2019

La Shoah, pas seulement une journée (Exmed)

    Le 2 mai 2019 est consacré au souvenir de la Shoah. Indispensable injection de rappel de nos mémoires surencombrées. Pour aller au delà d’une ordinaire empathie de circonstance, faisons marcher nos neurones.
  Deux livres ( de non journalistes) à retenir. « Réflexions sur la question antisémite» de Delphine Horvilleur ( Grasset 2019), et d’accès plus difficile, hélas bien trop confidentiel, mais incontournable pour qui cherche à comprendre : « RÉPONSE À HITLER  et/ou la mission juive» de Dominique Aubier (Le Qorban 1979). 
 

    Devoir de mémoire, cela va bien au delà de la connaissance pédagogique, historique ou psychosociologique d’un drame toujours dangereusement béant. Celui de notre ignorance collective de la réalité qui dérange encore et toujours.

        
François-Marie Michaut 
Exmed 2-5 mai  2019

dimanche 28 avril 2019

FLÉCHISSEMENT (LEM 1117)


                                
                          
                               
                                 

Comme si les Français, s’étaient tous mis de mèche,
Jamais on n’entendit autant parler de « flèche ».
Il ne s’agissait pas de flèches d’arbalète,
Ni d’acerbes propos que la rumeur répète,
Telle flèche de Parthe à mauvaise intention.
Encor moins d’un chemin ou d’une direction.

Ils voulaient tous parler de celle, incendiée,
Celle de Notre Dame, à terre fracassée,
Et sur qui tout Paris a pleuré et soupire.
Si on en parle tant, c’est pour son avenir :
Faut-il la supprimer ou bien la reconstruire ?
Qui doit-on consulter pour y bien réfléchir ?

Comment imaginer Notre Dame sans flèche,
Et un toit reconstruit sans la moindre des brèches ?
Ce faîtage trop long serait bien monotone
Sans cet élan joyeux qu’une flèche lui donne.
Victor Hugo aussi dans sa tombe dirait
Que de Quasimodo l’histoire on trahirait.

Faudra-t-il s’inspirer de l’aspect d’origine,
De notre Moyen-Age évoquer les racines,
Ou de Viollet-le-Duc recopier les idées ?
La faire encor plus haute ? Et ornée ? Dénudée ?
Faut-il la faire en bois, pour en garder l’esprit,
Ou employer l’acier comme le sage dit ?

Telle le mât de flèche ou comme une boussole
Elle était un signal, un peu comme un symbole.
Jaillie telle un geyser, c était comme un salut,
Un refuge pour l’âme, un guide, une statue.
Depuis son empennage elle était un appel,
A regarder plus haut en pointant vers le ciel.

Certains voudraient y voir comme le doigt de Dieu
Nous montrant  que sa chute indiquerait l’adieu
A toutes nos valeurs d’une époque finie :
Lassée de nos erreurs c’est elle qui… fléchit.
Mais peut-être, après tout, lance-t-elle un défi,
Avec le bel espoir d’être un jour démentie ?

                        Jacques Grieu




                      
Os court :
«    Je ne plie le genou devant rien ni personne : j’ai de l’athrose.» 

  Louis Scutenaire


Lettre d'Expression Médicale


LEM n° 1117 sur le site Exmed

29 avril 2019 

                             

Fléchir et réfléchir
 (Exmed)

  Pas question ici de faire passer à la trappe automatique des rebuts médiatiques l’incendie de Notre-Dame de Paris. Chacun en a vécu la charge émotive, beaucoup ont affirmé y percevoir un symbole.

   Sans pouvoir, ou vouloir, en exprimer la nature profonde. Dire sans dire tout en disant plus que ce qui est apparent, privilège rare des poètes.

Voici la LEM 1117 de Jacques Grieu : FLÉCHISSEMENT.
François-Marie Michaut
Exmed 29-30 avril 2019

jeudi 25 avril 2019

Connexion toxique (Exmed)

    La publicité claironne les bénéfices fabuleux pour notre santé d’une foule croissante d’objets numériques dits connectés. Un paquet de renseignements sur notre intimité se trouve collecté par nos téléphones numériques. Pour notre bien ? Comme si devenir dépendants, sans pouvoir les interpréter correctement, d’une masse de données chiffrées n’était pas une entrave majeure à notre tranquillité  mentale ? Comme si les renseignements collectés ne faisaient jamais l’objet d’une cession lucrative à des entreprises commerciales ?


Déconnectez-vous : bientôt une nouvelle prescription dans une relation médecin-malade soucieuse du respect de l’humain ?


François-Marie Michaut
Exmed 26-28 avril 2019

mardi 23 avril 2019

French Health Data Hub ? (Exmed)

   
En langue hexagonale, cela voudrait dire quelque chose comme plateforme de confiance des données de santé. L’idée est de constituer en France le plus grand stock possible de renseignements sur notre santé à chacun. La valeur marchande pour les industriels, investisseurs et banquiers-assureurs est considérable. Avec le rêve, jamais démontré depuis les Encyclopédistes du 18ème siècle, que l’accumulation de données accumulées et croisées entre elles conduit obligatoirement à de nouvelles découvertes.  On met tout dans une centrifugeuse et on filtre.

   Alors là, par prudence,  le gouvernement parle de confiance et sort son argument massue. La sécurité du coffre-fort pour éviter tout détournement de son contenu est garanti par « la maîtrise de l’État». Ce qui se passe pour la santé n’incite pas à la conviction.


   Retour sur la terre des terriens : aucune tour de Babel ( au propre ou au figuré) de l’humanité n’a atteint le ciel, aucune compilation de connaissances n’a donné naissance à une nouvelle découverte fondamentale, aucune barrière, aussi astucieuse soit-elle, n’est jamais restée inviolée. Ce serait faire fortune mondiale que d’inventer un remède contre la croyance aux illusions.


François-Marie Michaut 24-25 avril 2019

dimanche 21 avril 2019

Une autre issue (Exmed)

   
À Marseille ils l’ont surnommée, en l’invoquant sans cesse avec affection, La Bonne Mère, leur cathédrale. Notre Dame pour les parisiens. Elle vient de subir un spectaculaire incendie dont nous ressentons un sérieux contrecoup.

 

   Prendre un peu de temps pour mener sa propre enquête en allant droit à l’essentiel, indispensable pour se remettre les idées en place. La LEM 1116 vous propose : « Qu’est-ce qui a brûlé à Notre-Dame ?» . 


Bonne lecture.


François-Marie Michaut 22-23 avril 2019

Qu’est-ce qui a brulé à Notre-Dame ?
 (LEM 1116)

    Les images sur écran de l’embrasement de la charpente puis de la chute de la flèche de la cathédrale emblématique de l’identité de la France nous ont sonnés. Chacun, avec ses propres capacités de rationalisation et sa sensibilité, en ressent encore l’importance.
  Tout semble se passer comme s’il fallait se précipiter pour, vite, vite, effacer cette rupture brutale avec ce que nous avons toujours connu. Les dons d’argent à grand spectacle pleuvent (1) avant même que les braises soient éteintes. Il faut absolument reconstruire, en urgence, ce qui a été perdu ? Avant même de définir clairement de quelle perte il s’agit ? Sans prendre le temps de comprendre la portée de ce que tout le monde nomme un désastre ? Et qui est peut-être, beaucoup de lecteurs risquent de tomber de leur chaise, une chance pour comprendre enfin que c’est notre humanité toute entière qui s’écrase parce qu’elle a pris une mauvaise direction. Une flèche, bon sang, comme dans un jeu de piste, ça indique bien la direction qu’on suit. Savoir lire le panneau indicateur.
Donner un traitement avant d’avoir établi un diagnostic autre que symptomatique, aucun médecin sérieux n’y songe.

     Le diagnostic n’est pas dans l’analyse minutieuse de ce qui a conduit à la combustion des vénérables poutres, pas plus que dans l’action admirable des pompiers (2) dont le talent a fait que la cathédrale Notre-Dame elle-même  est toujours debout.

    C’est la flèche même, dominant le sol de ses 93 mètres l’édifice, qui doit être interrogée. Inaugurée en 1859, comme un pur produit de l’époque Napoléon III, son architecte est Eugène Viollet-le-duc.

   Reconstruire, ou restaurer, avec la plus grande ressemblance les édifices des batisseurs médiévaux alors très délabrés (3) de la France entière n’était pas son objectif. Ce qui avait pu pousser les constructeurs à bâtir des cathédrales ou des chateaux forts, l’énergie qui leur avait été indispensable, ne l’intéressait pas. Seule comptait à ses yeux la pure technique. Appelons en renfort le précieux dictionnaire Larousse : « Sa théorie veut que la «restitution» d’un édifice soit établie en fonction des principes architectoniques dont découlent ses formes : il est ainsi amené à interpréter des monuments selon une rationalité scientifique parfois peu accordée à l’invention créatrice des constructeurs médiévaux...»
Le grand mot est lancé, pardon du vilain jeu de mot, comme une flèche. La restitution, comme il se dit d’un objet volé, avec les seuls outils repérables par la connaissance scientifique. La réalité de 2019 vient de montrer que son projet d’aller ainsi au dessus de tout ce qui a été capital dans le passé vient de s’écraser au sol sous nos yeux incrédules. La fusée nous est retombée sur la tête.

   Si cette façon de voir les choses n’est pas complétement idiote, elle doit être poursuivie soigneusement pour décider lucidement s’il faut poursuivre dans la même voie (autant que possible d’une seule voix) pour s’engager  sans peur sur une voie d’une autre nature que celle du strictement matériel. Nous constatons que ce n’est pas celle de l’unique connaissance technoscientifique. Il faut bien lui donner un nom, même si sa charge symbolique aux contours flous peut rendre méfiant chaque rationaliste dûment cathéchisé depuis l’école.

  Celle de l’Esprit, quelque qualificatf que chacun décide de lui accoler. Il n’y a pas d’autre remède pouvant éviter en retour (4) un embrasement incomparablement plus destructeur.
_____________________________________

Notes :

(1) Comme si l’argent était la seule réponse sérieuse à tous les problèmes de l’humanité. Du mesurable, du comptable, du médiatiquement clinquant, du frappant à coup sûr et parfois douloureusement les plus démunis économiquement.


(2) Le mot pompier est trompeur en Français. Depuis le Moyen-Âge, des soldats se sont spécialisés pour détruire des enceintes fortifiées en creusant des tunnels, d’où le terme de sapeurs, en vue d’y déposer des charges explosives faisant d’eux des bombiers. Bombeiros disent encore les portugais.



(3) Depuis la Renaissance, les beaux esprits ne voyaient dans le Moyen-Âge qu’une sombre époque obscurantiste. Les Romantiques issus de la tradition germanique en donnèrent leur image «revisitée».
 
(4) Dans la mesure où les mêmes causes produisent les mêmes effets. La médecine n’en doute guère.



    

21 avril 2019        François-Marie Michaut

               

Os court :
«   L’Homme, non pas centre statique du Monde - comme il s’est cru longtemps - mais axe et flèche de l’Évolution. » 
 
                       Pierre Teilhard De Chardin scientifique et prêtre catholique(1955) 


Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1116

 

jeudi 18 avril 2019

Feu et psychisme (Exmed)


Puisque le 'Coup d'œil du jour' du 17-18 avril 2019 est 'Sous le signe du feu', il est peut-être temps de se poser la question sur 'Ce que l'incendie de Notre-Dame de Paris révèle de nos émotions collectives' comme nous le propose le magazine Psychologies : https://www.psychologies.com/Planete/Societe/Articles-et-Dossiers/Ce-que-l-incendie-de-Notre-Dame-de-Paris-revele-de-nos-emotions-collectives 
Dominique Ramarlah

Nota : Petit ajout d’actualité brulante de la rédaction sur la flèche de Notre-Dame de Paris,  emprunté à Confucius ( Kong Qiu, 551-479 av. JC) : Quand le sage montre la lune, le sot regarde le doigt.

Une flèche qui pointait vers le ciel, cherchez le sage.  FMM



Exmed 19-21 avril 2019

mardi 16 avril 2019

Sous le signe du feu (Exmed)

   Des «gilets jaunes» autour des feux allumés pour bloquer les routes et les pouvoirs politiques, des manifestants incendiant des poubelles, des pneus ou des voitures, voici que Notre-Dame, la cathédrale symbolique de Paris dans le monde, vient de voir sa tête détruite par les flammes. Trop réducteur de se satisfaire des explications ponctuelles de chacun de ces évènements dont on ne sait pas encore tout.

 

   Comme des enfants, et dans toutes les activités, y compris celles qui touchent à notre santé, nous ne cessons jamais de jouer avec les allumettes.
Culte de l’action pour l’action, mépris pour la connaissance de ce qui n’est pas  immédiatement utilitaire et rentable.



   Nous n’avons à nous en prendre à personne d’autre que nous-même. « Faites vous-même votre malheur» titrait dès 1983 avec humour le psychiatre systémicien autrichien Paul Watzlawick.

François-Marie Michaut


17-18 avril 2019  Exmed

dimanche 14 avril 2019

Katie Bouman a réussi (Exmed)


    Une astrophysicienne américaine de 29 ans est devenue le 10 avril 2019 à 15 heures 7 minutes heure de Paris ( Le Monde du 11 avril 2019)  une vedette médiatique mondiale des mystérieux trous noirs. Vous savez ces gigantesques aspirateurs à espace-temps. Voici son parcours.

  
Magnifique exploit technique, confirmation géniale d ‘Albert Einstein qui avait défendu il y a un siècle l’existence de cette réalité non observable, c’est évident. L’inculture en astrophysique quasi généralisée du public est facilement remédiable grâce à Christophe Galfard présenté sur la LEM 1051 : Exploration du savoir . 
    Mais nous aimons bien ici porter un regard décalé et élargi sur les événements de la Planète.
Voici la LEM 1115 : TROUS NOIRS de Jacques Grieu. Bon voyage en esprit à  chaque lecteur.

François-Marie Michaut 15-16 avril 2019

TROUS NOIRS (LEM 1115)

                   
Ça y est, on le tient, on en a chopé un
Un vrai, photographié
, disent nos physiciens.
Ils parlent du trou noir comme on traque un lapin
Et brandissent leur chasse avec beaucoup d’entrain.
Il est vrai qu’on doutait que ce trou-là existe,
Alors qu’on n’avait pu croiser toutes ses pistes

Il faut craindre les trous, tous les trous nous font peur :
Il n’y a pas de trou qui soit porte-bonheur.
Même le trou normand  qui réjouit nos banquets,
Incite aux beuveries pour nous intoxiquer.
Car, boire comme un trou reste une affreuse tare,
Le trou fût-il breton, alsacien ou picard.

Faut-il, disaient certains, avoir peur des trous noirs ?
D’abord, existent-ils et doit ont bien y croire ?
Personne n’en a vu, de ces curieux mouroirs
Pourquoi seraient-ils noirs, si on ne peut les voir 
?
Si un jour on découvre un trou noir blanc ou rose,
La science est dans le trou et son aura explose.

On sait que les trous d’air sont pour les aviateurs,
Ce que les trous dans l’eau sont aux navigateurs.
Pour un spéléologue, un trou est une aubaine,
Mais  s’il est par trop noir, il en sort à grand-peine.
Pourtant,  pour les gangsters, les truands, les marlous
Grandes chances ils ont tous, d’aller finir … au trou.

Des trous dans son budget, la France en est truffée ;
C’est le plus noir des trous : il va nous étouffer.
Nos ministres auraient-ils des goûts cavernicoles,
Pour ainsi dans le trou rechercher le pactole ?
Pour boucher ce grand trou, faut-il en creuser d’autres,
Ou pour ce trou si noir, agrandir tous les nôtres ?

On va en trouver d’autres, assurent les savants
Car chaque galaxie en a un dans ses flancs.
Le nôtre est bien lacté mais est tout aussi noir
Et l’on saura bientôt comment l’apercevoir.

Il croque nos étoiles, engloutit leurs planètes,
Et sa moralité n’est sans doute pas nette…


La chasse est donc ouverte à tous les trous trop noirs
Qui bientôt n’auront plus aucune échappatoire.
Leur mise en examen est une question d’ans,
Avec leur historique ainsi que leur bilan.
Je voudrais vous citer un des trous les plus noirs,
Mais … suis victime alors d’un gros trou … de mémoire !

      Jacques Grieu                  

   

Os court ;
«  Mon message, ici et maintenant, c’est que les trous noirs ne sont pas aussi noirs qu’on les dépeint. Ce ne sont pas les prisons éternelles qu’on a décrites. Des choses peuvent sortir d’un trou noir, dans notre Univers et peut-être dans d’autres. Donc, si vous sentez que vous êtes dans un trou noir, ne perdez pas espoir : il y a un moyen de s’en sortir.» 
 

 Stephen Hawking, physicien théoricien et cosmologiste (1942-2018)


Lettre d'Expression médicale 15 avril 2019

LEM n° 1115 sur le site Exmed

 

vendredi 12 avril 2019

Exmed est sécurisé (Exmed)

  
La Toile du réseau des réseaux, sans vouloir offenser qui que ce soit, n’est pas à l’abri de tous les détournements possibles. Les sites sont ainsi pillés de leur contenu ou détournés de leur objectif premier. Plus grave encore, durant leur connexion , les données personnelles des visiteurs peuvent être espionnés et les données subtilisées pour être vendues à prix d’or.


  C’est pourquoi le site Exmed, bien qu’il ne conserve aucun renseignement privé, est désormais sécurisé. Ce qui se traduit par la modification automatique de l’adresse : le http initial est transformé en https ( S comme sécurisé) et un petit cadenas vert fermé atteste la réalité du codage des données.
   Les internautes visiteurs n’ont rien à changer pour lire Exmed.

François-Marie Michaut 12-14 avril 2019

mardi 9 avril 2019

Poker viral ? (Exmed)

   
Les médecins savent depuis des années que les virus grippaux ont plus d’un tour dans leur sac. Ils ont le chic pour muter afin de mieux remplir leur fonction en fonction des obstacles qu’ils rencontrent. C’est à nous les humains de trouver une stratégie vaccinale préventive. Chaque année, six mois avant la période où le risque grippal en Occident est la plus forte, c’est l’Organisation Mondiale de la Santé ( branche de l’ONU) qui indique quelles  souches ont le plus de probabilité de causer une épidémie.

    Organisme politique, ou autorité scientifique reconnue, l’OMS ? Quels sont les critères qui déterminent un tel choix. L’industrie pharmaceutique, pour qui c’est une affaire très rentable, utilise les 6 mois suivants pour fabriquer un nouveau vaccin, avec le succès clinique discutable que nous constatons.

François-Marie Michaut
Exmed  10-11 avril 2019

lundi 8 avril 2019

Médecine européenne ? (LEM 1114)

    La sortie chaotique de l’Union européenne du Royaume-Uni après 46 ans de bon cousinage est un puissant signal d’alarme pour nous tous.  Qu’est ce qui est cassé, quelle est la voie que nos voisins jugent définitivement barrée ? Quelle est la vraie nature du surgissement de cet énorme panneau routier imposant son STOP sur fond rouge (1) ? Focaliser son attention sur la seule situation des sujets de Sa Gracieuse Majesté est se condamner à ne rien percevoir. Cette affaire concerne directement nos 28 nations.

    Bien entendu, chaque observateur y va de son couplet en mettant en avant, pour faire valoir sa vision, le domaine où il s’estime compétent. Économie, politique, sociologie, industrie, agriculture, écologie, tout y passe sans véritablement convaincre un esprit normalement curieux. Le stop du Brexit nous contraint à nous poser des questions, probablement inconfortables puisque nous, les Européens, avons réussi à les laisser de côté pendant si longtemps (2).

   Si vous le voulez bien, jouons ici le même jeu, en restant dans le domaine qui est - ou a été- pour nous celui de la médecine. Avec ses deux versants que chacun connait : celui de la science (3) et celui plus familier de la pratique. Des pratiques, en fait, tant les intervenants dans les multiples domaines touchant à la santé, de plus en plus spécialisés, se multiplient sans cesse.

   Nous ne cessons de nous gargariser de grands mots sans savoir en déterminer le sens. Par exemple, dans les discours technologico-politiques : « le développement durable ». La réalité de la fragilité de notre planète terre face à nos activités destructrices est une idée claire largement partagée chez nous. Mais ce « développement» , qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce qui est caché dans cette prétendue enveloppe à développer ? N’est-ce pas une chimère au nom d’expansion économique ? (4)  Pas d’hypocrisie, ce n’est qu’une question d’argent (5) hissé au niveau de bien suprême. Est-il encore pensable pour l’Europe de 2019 de concevoir une médecine qui ne soit pas esclave de l’économie de marché ?

   La médecine est mondialisée, sous la domination incontestée du modèle américain, elle parle, écrit et publie uniquement en langue anglaise. Négation des subtilités spécifiques que porte avec elle chaque façon de s’exprimer. Les multinationales de la chimie, pour leur plus grand profit, ne cessent d’en faire leur cheval de Troie pour entrer jusqu’au plus profond de notre intimité personnelle, sans, finalement, que les pouvoirs politiques censés défendre les intérêts de leurs citoyens s’expriment sans ambiguité.

   Chacun garde en mémoire tout ce que l’Ancien Monde a pu apporter à la médecine au fil des siècles derniers et comment il a pu imposer ses découvertes stupéfiantes à toutes les contrées. Nous sommes les héritiers de cette grande tradition. Le choix est ouvert. Ou bien nous y renonçons en nous sentant dépassés, ou bien nous relevons nos manches pour donner vie à une alternative intelligente au rouleau compresseur mondial aveugle des marchés de la santé.
Travailler à la connaissance de tout ce qui permet de comprendre les conséquences pour la santé humaine de nos activités et des orientations envisagées pour agir sur le futur fait-il partie ou non de ce dont l’Europe peut et doit s’occuper, au risque de baliser la route des autres pays du monde ? Il n’est pas indécent que les gens qui consacrent leur vie à tenter de soigner les autres se fassent entendre.
   Enfin...  avant que ne résonne le gong de fin pour Homo Sapiens Sapiens.


Notes :

(1) Image empruntée à Dominique Aubier, cf  Stop et Suite selon la Science, in « L’Ordre cosmique » (Qorban) p. 279-285.

(2) Il n’est pas exclus que, dans le futur, nous ayons à exprimer notre gratitude à la Grande Bretagne pour son aide paradoxale, bien involontaire, à la construction d’une Europe vraiment unie.



(3) En contester l’importance serait n’en rien connaître. La science est souvent confondue, tant elle en est devenue indissociable pour le public, avec la technique. Technoscience, comme dit Odile Marcel ( Technoscience et thérapie ).



(4) La croissance sans fin ne semble n’avoir jamais été observée dans le domaine du vivant.



(5) La vieille histoire des Juifs qui adoraient le veau d’or pendant que Moïse recevait les tables de la loi au Sinaï n’a pas pris une ride.


François-Marie Michaut
   

Os court ;
«  La médecine est une science des pannes, celles de l’organisme humain. Mais si le médecin est un dépanneur - rien de plus, rien de moins - il est le dépanneur d’une machine dont il ne possède pas les plans» 
 
Lucien Israël ( cancérologue 1926-2017 )


Lettre d'Expression médicale 8 avril 2019

LEM n° 1114 sur Exmed





dimanche 7 avril 2019

Ne pas considérer à la légère (Exmed)


   Il est des biens immatériels dont la valeur irremplaçable ne devient évidente qu’à leur disparition. Les chamboulements que connait notre espace européen nous obligent à ouvrir les yeux. Le domaine dit - abusivement- de la santé est un acteur de tout premier ordre pour notre avenir mondial.

   La LEM 1114 pose une curieuse question d’actualité : « Médecine européenne ?». Bonne lecture.
François-Marie Michaut 8-9 avril 2019

jeudi 4 avril 2019

Médecin-capitaine Marc Laycuras (Exmed)


   Il est mort à 30 ans dans une explosion de son véhicule sur une piste au Mali au cours d’une intervention militaire (Le Monde 3 avril 2019).

   C’est le risque du métier qu’il a choisi diront certains, d’autres expriment leur compassion.
  

  Saluons ici à sa juste valeur, j’en ai été jadis le témoin direct dans  le Sahel, le travail médical de haute qualité et d’une modestie absolue, auprès des populations dépourvues de médecins,  des praticiens militaires détachés au service  de la Coopération technique.


François-Marie Michaut
Exmed 5-7 avril 2019

mardi 2 avril 2019

Qui fut Asperger ?
 (Exmed)

    Avoir son patronyme associé à une maladie est le rêve secret de tout étudiant en médecine.  Quand l’autisme est reconnu comme «grande cause nationale» en France, tout le monde  a entendu parler de sa forme socialement la  plus valorisante : le syndrome d’Asperger.

    Elisabeth Roudinesco dans Le Monde du 27 mars 2019 nous invite à savoir qui était Hans Asperger, psychiatre autrichien. Ses relations avec le régime nazi, en particulier sa participation active à la politique d’euthanasie des enfants atteints d’affections psychiatriques sont mises en question par une historienne américaine. L’enquête menée par Edith Sheffer ( « Les Enfants d’Asperger, le dossier noir des origines de l’autisme », Flammarion) est accablante pour cet eugéniste convaincu. Comment ne pas songer au travail du docteur Shiro Ishii au sein de l’Unité 731 de l’armée japonaise ? Source 

    
La moindre des prudences vis à vis de la vérité consisterait à ne plus associer aucun nom propre à cette forme clinique reconnue comme faisant partie du spectre des troubles autistiques. Du travail pour l’Académie de Médecine et les artisans de l’anti antisésémitisme.


   François-Marie Michaut 
   Exmed 3-4 avril 2019

lundi 1 avril 2019

BASSE TENSION (LEM 1113)


             BASSE TENSION 
                                 

                     Jacques Grieu


Peindre est bien fatigant, c’est là un fait acquis,
La couleur sur la toile use de l’énergie !
C‘est l’œil qui imagine et prend la décision :
Le pinceau obéit sans chercher d’autre option…

Haute ou basse tension ? Là est bien la question ;
Car il est des moments proches de l’explosion !
Un bon transformateur m’a été fort utile :
Ma peinture, il paraît, est beaucoup moins fébrile…

De la tête ou la main, qui travaille le plus ?
(La taille du tableau n’est pas sous-entendue ).
Neurone, muscle et nerf sont tous trois sous tension
Et l’on sait aujourd’hui, voir leur consommation.

Cette ligne électrique en courant continu,
Loin des vingt mille volts est alors bienvenue.
Dans les cinquante watts va consommer mon bras :
C’est moins de la moitié que mon cerveau prendra !

Je peins donc avec piles en grande économie ;
Mes toiles sont alors de bonne écologie !
Faire sauter les plombs n’est plus mon vrai souci ;
De la haute tension tous mes tableaux se rient…

De cette retenue, pourtant, par un miracle
Peut jaillir la lumière en faisant le spectacle.
D’une électrocution, pas de risque pour moi.
Mais les autres, parfois, se demandent pourquoi …

Mon imagination que traduit mon pinceau,
Comme un flux électrique crépite en un tableau.
Que la lumière soit ! Mais qui souvent, déçoit…
Car lumière ou couleur sont bien le même choix.
 Abstrait, figuratif, peut-on les mélanger ?
De me mettre à la masse, y a-t-il un danger ?
Il est pourtant des tons que je voudrais plus clairs…
Plus on est éclairé, moins on a de lumière ?

 
Tableau de Jacques Grieu




































Os court ;
« L’écriture s’accommode mal de la jeunesse. Écrire très jeune, c’est être soumis à une tension qu’on ne sait pas manier.» 
 Patrick Modiano
 1er avril 2019

Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1113
 sur le site Exmed  

dimanche 31 mars 2019

Sans tensiomètre (Exmed)

   
La prise de la pression artérielle est un rituel incontournable de toute consultation médicale directe. Aborder, production picturale personnelle associée, la question du ressenti  de la personne qui crée, c’est ce dont parle la LEM 1113 : BASSE TENSION de Jacques Grieu.


   Devant l’invasion du Net par des publications sans rapport avec la réalité reçues comme des vérités, Exmed a choisi, avec regret, de renoncer à la tradition fort ancienne du poisson d’avril.


François-Marie Michaut 1-2 avril 2019
Exmed.org

jeudi 28 mars 2019

Douteuse exactitude (Exmed)


   Fièrement les services gouvernementaux de France on annoncé qu’en un an un million six cents mille personnes ont cessé de fumer... du tabac. Impressionnant renfort en  faveur de l’efficacité de la stratégie préventive comme l’augmentation du prix des cigarettes, les interdictions d’usage et la lutte contre la contrebande, les soins médicaux.

      Il est peu raconté comment ce chiffre a été établi. En interrogeant par téléphone sur leurs habitudes un certain nombre de sujets supposés représentatifs de la société.
 Rien ne prouve que ces braves gens aient raconté la vérité ou ont fait le choix tellement humain de dire aux enquêteurs ce qu’ils pensaient qu’il fallait dire sur le sujet.

Un chiffre n’est pas une vérité, son apparence de précision mesurable n’est pas un label d’indiscutabilité.

François-Marie Michaut 
Exmed 29-31 mars 2019

lundi 25 mars 2019

La grande ronde des systèmes 
 (LEM 1112)

                              

                                                               
                                                        François-Marie Michaut


                                        Feuillets de Systémique Médicale (6)

                                                                                                  
    Fantastique histoire que celle de la fabrication de l’organe roi de notre espèce dotée de parole et de conscience. Le cerveau.Tout commence très tôt  du côté du mésoderme dans l’ambryogenèse (1) d’Homo Sapiens pour se terminer ( chez lui uniquement ) anatomiquement et fonctionnellement très tard : aux alentours de la 13 ème année d’âge (2).  Le vécu de chacun, qu’il soit ou non mémorisé comme l’ont démontré les psychanalystes avec la mise à jour de l’inconscient, laisse à chaque instant de vie ses traces, ce que des géologues diraient ses sédiments. Que faisons-nous de ce matériel mental tellement hétéroclite qu’il échappe à tout classement selon les règles logiques habituelles ? Les anciens parlaient, en en vantant hautement les mérites, de l’expérience. Les plus jeunes en rient.

                                                À chacun son récit

  L’hypothèse retenue ici demeure, sans surprise pour les lecteurs habituels, qu’un regard systémique s’impose. Systémique veut dire, faut-il le répéter au risque de lasser, concentrer son attention sur la façon dont les événements s’enchainent les uns les autres, et non polariser toute son attention à déterminer la  ou les cause(s) de chacun de ces évènements même si cela va à l’encontre de notre conditionnement scolaire (3). Le résidu accumulé se traduit dans notre façon toute personnelle de prendre conscience de notre réalité et de celle de tout ce qui nous entoure, de près comme de loin, de compréhensible comme d’inaccessible à notre perception directe. Toute expérience de vie, heureuse comme malheureuse, est vécue et enregistrée de façon différente par chaque sujet : il n’y a ni norme, ni règle, rien n’est standardisable ni prévisible. Boris Cyrulnik, psychiatre, a donné un nom (4) au phénomène psychologique qui permet de rebondir à qui est concerné. : la résilience. L’indication dynamique est précieuse, personne ne reste neutre. Chacun se construit. Comment ? En construisant son propre récit. De sa vie, tout médecin l’a observé en consultation, mais aussi de la réalité dans laquelle il a la conscience de vivre. Du fait de sa formation,  le soignant est en droit de penser que son devoir est de diagnostiquer si ce qu’il entend est conforme ou non à ce qui lui a été appris comme normal ou pathologique. Avec la tentation jugée thérapeutique de convaincre la personne en face qu’elle doit modifier son ressenti. La même croyance, car elle n’a rien de scientifique, conduit la parole médicale à tout faire pour convaincre ses interlocuteurs de sa supériorité absolue. Sur le modèle des clergés de toutes les institutions religieuses : dire le bien, dire le mal.

   Comment s’étonner alors de l’échec de ce que nous nommons sans modestie : la prévention ? Peu importe que son grand récit hautement diffusé par les médias, plonge ses racines dans les références scientifiques les plus objectives. Il se heurte à chacun de nos récits personnels bien ancrés.

                                  Foire d’empoigne ou… ordre des choses

    C’est bien joli de repérer l’existence des multiples systèmes déjà connus, ou encore ignorés, qui constituent notre réalité, mais comment s’orienter dans ce mouvement brownien (5) de notre connaissance et de nos ignorances ? Ces systèmes constitueraient-ils les éléments fonctionnels de systèmes plus vastes, comme la pensée écologique nous contraint déjà de le faire au niveau de notre planète Terre ?  Y aurait-il, la physique fondamentale tourne autour depuis des années sans succès, un système des systèmes ? Il conviendrait même de prendre le risque intellectuel de lui octroyer la lettre majuscule et le singulier qui s’impose : le Système.

  Si ce genre d’investigation peut sembler de quelque intérêt à des esprits curieux, nous pouvons poursuivre ultérieurement ici ce voyage de l’esprit. Sans rien à vendre ni rien à tenter d’imposer au bout. Il faut le préciser, en ces temps résolument «  marchands ». L’état général, douloureux pour beaucoup, de confusion des esprits donne un sens, si ce n’est pas une urgence, à une démarche de ce type.


FMM 25 mars 2019

  Notes

(1)  Le stade de neurulation survient entre 3 et 4 semaines après la fécondation. Source

(2)  L’organisation scolaire actuelle ne tient aucun compte de cette réalité scientifique. A noter à cet âge pubertaire la tradition juive  de la Bar Mitzva  , la circoncision musulmane rituelle et la circoncision pratiquée avant l’islamisation dans la tradition africaine.

(3) L’enseignement académique de l’histoire en est une bonne illustration. Par exemple avec des chapitres comme les causes de la Révolution française, ou de la première guerre mondiale.

(4)  Donner un nom à ce qu’ils observent est une préoccupation constante des praticiens. Cela porte le nom prestigieux de diagnostic.  Ils construisent ainsi au fil du temps leur propre récit, avec son jargon particulier.

(5)
Le mouvement brownien, ou processus de Wiener, est une description mathématique du mouvement aléatoire d'une « grosse » particule immergée dans un fluide et qui n'est soumise à aucune autre interaction que des chocs avec les « petites » molécules du fluide environnant. Source: Wiki


Os court ;
«   Avoir un système borne son horizon : n’en avoir pas est impossible. Le mieux est d’en posséder plusieurs.» 
 Raymond Queneau (1903-1976)

 

Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1112
   

http://www.exmed.org/archives19/circu1112.html

     25 mars 2019    

dimanche 24 mars 2019

Ça tient ensemble (Exmed)

  Telle est la traduction libre de l’origine du mot système. Crier systémique, systémique, systémique en sautant comme un cabri, pour paraphraser Charles de Gaulle évoquant l’Europe, n’est pas suffisant.
  Il faut se mettre les mains dans le cambouis sans craindre de les tacher. La LEM 1112 La grande ronde des systèmes attend votre lecture critique.

François-Marie Michaut
Exmed 25-26 mars 2019

jeudi 21 mars 2019

Impatriation culturelle (Exmed)

    Les replis communautaires de populations venant habiter la France, comme tous les pays jugés attactifs, sont une réalité quotidienne. Les cabinets médicaux comme les hôpitaux, tout autant que les classes scolaires et les lieux publics en subissent l’influence, les traditions se heurtant volontiers à nos usages nationaux. Tensions, aigreurs, climat général de méfiance et de rejets des « autres» ne favorisent pas notre état de santé, qui que nous soyons. Les rêves anciens d’assimilation se sont évanouis, les vieux démons racistes s’étalent au grand jour.
Nous partageons le même air à respirer, nous sommes dans le même bain économique de la consommation.

    Alors où est le manque qui fait que la machine collective se grippe ? Nous oublions simplement que, au delà de tout ce qui est matériel, chacun est le porteur de son propre bagage culturel dont il/elle a pour mission de faire connaitre la richesse pour que les autres puissent librement s’en enrichir.
Utopique ? Pas plus que ne le fut en France il y a moins d’un siècle l’abolition de la peine de mort ou la liberté d’avorter.
   Une patrie culturelle à construire à partir de ce que chacun apporte, beau chantier collectif, non ?

François-Marie Michaut 
Exmed 22-24 mars 2019

mardi 19 mars 2019

Transmettre (Exmed)


    Parole à Edgar Morin, sociologue français. Les propos de quelqu’un de 98 ans, ancien résistant s’il vous plait, qui n’a jamais cessé de penser et d’enseigner ne peuvent pas être pris comme des élucubrations séniles. Ainsi, dans La Montagne du  18 mars 2019, il déplore notre «régression intellectuelle et éthique». Le chantre de «la pensée complexe» se désole de ne pas être entendu.

   Nous vivons dans une « communauté de destin terrestre dont on devrait prendre conscience aujourd’hui».  La tradition biblique hébraïque dont sa famille est issue ne dit rien d’autre à ceux qui veulent bien la regarder d’un point de vue systémique. Danger mortel de tous les petits et grands repliements sur son seul territoire personnel, impasse de toutes les violences et extrémismes au goût du moment : on ne pouvait pas l’exprimer plus sobrement.

     Merci à vous, votre expression nous fait du bien.
.
François-Marie Michaut
Exmed 20-21 mars 2019

dimanche 17 mars 2019

COURBURES (LEM 1111)

                COURBURES 
                              

                   Jacques Grieu

La couleur est ma muse et inspire mes formes :
Pour en faire un mélange, il n'y a pas de normes.
En liberté totale on colorie ses rêves,
Mais pour les dessiner, il faut penser sans trève...

Le cercle en quadrature est bien réalité ;
L’arrondi reste flou et se change en bombé.
L’angle droit bien tracé, n’est pas toujours carré
Et devient vite aigu dès que pinceau tourné…

Quand je voudrais des droites, il me vient des courbures
Et quand je veux des ronds,  je ne fais que droitures.
O, contours ajustés, dessins où je m’embourbe,
Pourquoi tant transpirer à produire ces courbes !

 La vie est une droite ? Il n'est rien de plus faux :
Ses sinuosités se tordent en anneaux.
Ma tête les veut courbes en spirales parfaites :
Mais ma main les redresse et n’en fait qu’à sa tête !

Ces courbures étourdissent avec tous leurs réseaux !
Alors, je mets les pouces et pose mes pinceaux.
Il est temps d'arrêter, de signer mon tableau :
J’ai trop de courbatures et tire le rideau.


 Jacques Grieu


Os court ;
« La chance d’avoir du talent ne suffit pas : il faut encore le talent d’avoir de la chance. » 
 Hector Berlioz


  Lettre d'Expression médicale  LEM n° 1111
   

Sur le site Exmed


      18 mars 2019  

Des vers et une toile (Exmed)

     
Il fallait oser avec un public supposé s’intéresser plus aux histoires de santé qu’aux productions artistiques. Introduire par un poème en guise de discours de la méthode le cheminement qui a conduit à la production de sa toile non figurative puis la montrer, c’est ce que fait Jacques Grieu avec la LEM 1111 « COURBURES» . 



     Rien n’empêche un lecteur curieux de noter sur une échelle de 1 à 7 le bénéfice personnel qu’il tire de cet inhabituel doublé créatif.
Bonne découverte.



François-Marie Michaut
Exmed 18-19 mars 2019

jeudi 14 mars 2019

Femmes au pouvoir (Exmed)

   Je l’ignorais avant de lire le Courrier International du 16 novembre 2018. Voici la liste des pays où des femmes exercent la direction politique de leur nation. Royaume-Uni, Islande, Allemagne, Norvège, Estonie, Lituanie, Roumanie, Serbie, Taïwan, Iles Marshall, Croatie, Malte, La Barbade, Trinité et Tobago, Ethiopie, Namibie, Népal, Bangladesh, Birmanie, Nouvelle-Zélande et Singapour.

  Comment ne pas  voir dans cette féminisation de 21 pays une évolution fondamentale encore jamais connue ?
 Garder quand même en tête qu’avec les 197 pays reconnus par l’ONU, cela ne concerne encore que 10,6% de la population du monde.
   La «machocratie» demeure vivace chez Homo Sapiens.


François-Marie Michaut 
Exmed 15-17 mars 2019

mercredi 13 mars 2019

Morts sur écran (Exmed)

     
À combien de décès violents est soumis notre cerveau de témoin des spectacles numériques ? Pas une journée sans que notre sensibilité naturelle devant toute violence soit peu à peu amoindrie.
   Les psychiatres nous disent que, du moment que c’est dans l’imaginaire, ça sert de soupape de sécurité aux passages à l’acte. Mais dans des esprits de tous âges qui vivent la plus grande partie de leur temps disponible accrochés à leurs écrans la réalité se brouille.
   Créateurs de fiction, s’il vous plait, résistez à la facilité.

François-Marie Michaut 
Exmed 13-14 mars 2019

mardi 12 mars 2019

Quelle « Renaissance de l’Europe » ? 
(LEM 1110)


        
   Porteur officiel élu de la voix de la nation française, Monsieur Emmanuel Macron, vous avez pris le parti d’écrire (1) sur ce sujet à tous les citoyens des 28 pays composant l’Union Européenne (2) le 4 mars 2019. Avez-vous été entendu, au double sens de la lecture et de la compréhension de ce verbe en français ? Chacun a-t-il picoré dans ce texte soigneusement écrit la petite partie qui peut le concerner dans sa vie personnelle ? Les compte-rendus journalistiques et les déclarations, assez maigres, des opposants comme des soutiens idéologiques le laissent craindre. Une belle occasion d’exprimer sa pensée perdue pour tous.


    Que voulez-vous dire avec votre titre : « Pour une Renaissance de l’Europe» ? Une naissance, un médecin  en connait le mécanisme, une renaissance, il n’en a pas l’expérience vécue. Vous avez choisi de marquer d’une majuscule cette évolution dont vous souhaitez la survenue. Faire monter au créneau de l’imaginaire le roi François Premier, le château de Chambord et Léonard de Vinci n’est pas rien. Ce ne peut  pas être un hasard pour quelqu’un qui a un grand respect de notre culture. Au delà de la référence historique, l’énigme de la majuscule utilisée mérite de pousser l’enquête. 
Un texte de qualité est construit comme se fait un diagnostic médical rigoureux. Il suit un  rythme précis de progression.Les étapes se suivent articulées des plus générales aux plus précises. Pour aboutir à la conclusion, stade ultime (souvent sous estimé par le lecteur) du travail d’expression de l’auteur. Suivons donc ensemble cette méthode bien éprouvée ; tournons les pages. Laissons aux techniciens et spécialistes le soin de décortiquer comme il se doit toutes les propositions qui sont de leur domaine de compétence.


   Dans le chapitre avant dernier Liberté, protection, progrès, vous écrivez : « L’humanisme européen est une exigence d’action ». Au risque de vous faire traiter,  par des gens qui dans leur immense majorité ne le connaissent pas, de Don Quichotte (3). Ne pas, ou ne plus, savoir pourquoi on agit là où on est, c’est bien se condamner à se deshumaniser. Vous ajoutez : « une Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique » . Une majuscule encore à Conférence, vous insistez : vous voyez grand pour nous, sans craindre que cela puisse attiser des critiques. Dans votre exposé, vous demandez qu’elle soit « sans tabou». Vous voulez même que soient associés à ses travaux des « pannels de citoyens», « auditionner des universitaires, les partenaires sociaux, des représentants religieux et spirituels». Vous osez convoquer ceux qui explorent la dimension spirituelle de l’esprit humain aux côtés des savoirs des sciences, C’est un état d’esprit nouveau.

  

   Si j’ai bien compris, vous faites le constat qu’il est devenu impossible de se contenter des techniciens et des experts des domaines scientifiques et matériels supposés les plus importants et les plus efficaces pour régler un à un les problèmes politiques  concrets à régler. C’est d’une mobilisation aussi large que possible des ressources potentielles de toutes les productions de l’esprit humain, sans aucune exclusion de quelque ordre que ce soit, qu’a besoin notre collectivité humaine dans son ensemble. Il va falloir de fins limiers et des stratèges d’exception pour mener à bien cette ouverture vers le monde de l’esprit et des esprits, à la fois très ancien et vraiment nouveau. Tout ce qu’il faut pour cela existe déjà. Et le choix de ne pas aller dans le sens que vous indiquez, la réalité terrible du monde que nous avons construit nous en a définitivement privés.


   Le médecin que j’ai été ne peut que constater que la grande collectivité que constituent toutes les collectivités dont nous sommes les membres,  est malade (4). Ses rouages infiniment complexes, malgré les efforts de certains, fabriquent de toutes pièces des dangers de plus en plus  redoutables. Quand quelqu’un  prend le risque de se lever et d’écrire ce qu’il en est, son expression mérite simplement d’être examinée sous toutes les coutures. Ensuite, mais ensuite seulement, c’est à chacun de faire fonctionner son libre-arbitre. Plus que jamais, nous sommes contraints par la réalité de penser que notre sort d’espèce vivante est entre nos mains et que le seul remède possible à tous nos maux est notre intelligence. Et  comme elle est souhaitée dans le plaidoyer français  « sans tabou». 

  

   Cette Intelligence, ayons l’audace de lui octroyer la lettre majuscule initiale qui s’impose (5).

         Notes :

(1) Texte original de la tribune disponible sur https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/03/04/pour-une-renaissance-europeenne  , avec possibilité de traduction en 22 langues.   
  


(2) Par ordre alphabétique, à ce jour, il s’agit de : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Dannemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembour, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suède.   


(3) 
Impossible en 2019 de faire l’impasse sur l’exégèse audacieuse Don Quichotte, prophète d’Israel  de madame Dominique Aubier sur ce héros de Cervantès qui demeure depuis 4 siècles, juste après la Bible, le livre le plus édité et le moins compris  dans le monde. 


(4) Ce constat systémique a été l’un des déclencheurs de la création en 1997 du site Exmed



(5) Dommage que nos amis britanniques aient depuis longtemps baptisé leur service de renseignement national d’Intelligence Service . Une Europe orientant ses actions avec la boussole d’un service de l’Intelligence n’aurait pas manqué de panache pour la planète toute entière.


 
 
Os court ;
«  Après avoir été longtemps le cerveau de l’Europe, Paris est encore aujourd’hui la     capitale de quelque chose de plus que la France. » 
  Milan Kundera ( Ecrivain tchécoslovaque nationalisé français)

dimanche 10 mars 2019

Recours aux têtes pensantes
 (Exmed)

   Et si le temps des experts dictant toutes les décisions collectives  était sur le point de s’achever sous la pression croissante des mouvements populaires dans toute l’Europe et  bien ailleurs ? Maladie  systémique majeure de notre modernité élitiste nous obligeant à changer notre fusil d’épaule.

 

  La LEM 1110 Quelle « Renaissance de l’Europe» ? ,  se propose,  hors de tout conflit d’intérêt, de sonder le coeur de la tribune que le président Macron a fait parvenir  par voie de presse et Internet aux habitants de l’Union Européenne.

François-Marie Michaut 
Exmed 11-12 mars 2019

jeudi 7 mars 2019

Ces virus qui grippent (Exmed)

    Comme chaque année ici sévit une épidémie de grippe. Dénomination populaire de cette pathologie infectieuse aigüe qui bloque le fonctionnement habituel d’homo sapiens. « Influenza» a été baptisé le virus responsable avec ses différents types et sous-types et ses mutations imprévisibles. Prudents, les médecins praticiens, n’ayant à leur disposition que les signes cliniques de l’affection, parlent de syndromes grippaux. Coronavirus, virus syncitial respiratoire, adénovirus et quelques autres ne se manifestent pas autrement. Alors quand on nous parle du nombre de cas, de formes graves et de ces morts qu’on comptabilise méticuleusement, de l’efficacité du vaccin spécifique choisi chaque année, il est impossible d’y voir clair. Un syndrome viral n’est pas obligatoirement une grippe plus qu’un légume n’est forcément une carotte.
Que valent alors les campagnes d’opinion pro ou anti vaccination ?


François-Marie Michaut
Exmed 8-10 mars 2019

mardi 5 mars 2019

Les ragoteurs (Exmed)

    C’était jadis compliqué de fabriquer et de colporter autour de soi des évènements fictifs pour se donner une certaine importance. Dieu merci, sa Majesté Numérique a su faire de chacun de nous ses sujets fidèles. Un clavier, une ligne téléphonique, un compte sous un faux nom sur Facebook ou un de ses cousins, et le piège à tous les mensonges imaginables est en place. 

 

   Des faux amis aux escrocs petits et grands, manipulateurs, illuminés et psychopathes, triller le bon grain rare de l’ivraie envahissante de ce flux médiatique invasif n’est pas une mince entreprise. 
     
   À défaut, la jungle des menteurs ne peut que tuer l’internet lui-même en lui enlevant toute fiabilité.

François-Marie Michaut
Exmed 6-7 mars 2019

dimanche 3 mars 2019

BASISMES - BASE DE DONNÉES (LEM 1109)

                                  



                 BASISMES 
               
 BASE DE DONNÉES


                                                      Jacques Grieu


        


La base du savoir, on sait que c’est le doute,
Mais la science en progrès, des certitudes ajoute :
Si les bases azotées ont formé l’ADN,
En base du génome, elles ont lié ses chaines.

Qu’elle soit aérienne ou qu’elle soit navale,
La base est un refuge où le soldat s’installe.
Qu’elle soit militaire ou base de loisir,
On y revient toujours, c’est le lieu pour dormir.

Qu’elle soit base arrière ou tout à l’avant, sise
La base est la base, un socle et une assise.
Base de logarithme ou base exponentielle,
Tout se tient sur sa base, agrippé sur sa stèle…

L’opposé d’un acide est aussi une base
Qui croque les ions H sans grandes périphrases.
La potasse et la soude en sont de bons témoins
L’ammoniaque est souvent l’autre qui les rejoint.

Qu’elle soit décimale ou hexadécimale
La base, en addition, donne le bon total.
Dans toute action humaine, il nous faut une base
C’est l’assiette du fisc, celle qui nous écrase.

Être bien dur pour soi est une bonne base
Et le progrès pour but , proclamons sans emphase.
Le plus beau des discours, sur rien semble basé
Alors qu’en vérité,  sur tout il est fondé.

                Jacques Grieu
 
 
Os court :
« Le basisme est légitime quand il vient de la base. le basisme n’est pas légitime, il est même condamnable, quand il vient du sommet. »   
 Jean-Pierre Garnier et Louis Janover ( La deuxième droite, 1986)


Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1109
    
   http://www.exmed.org/archives19/circu1109.html

      4 mars 2019 

Pas si basique que ça (Exmed)

  La fonction des mots qu’on entend et de ceux qui se disent demeure toujours aussi difficile à analyser quand il s’agit de soins de santé. La standardisation technologique , les jargons et abréviations n’y peuvent rien changer. 
   Alors, qu’est-ce que c’est que cette histoire de base si souvent évoquée ?
    Jacques Grieu en jouant avec ses mots sait en pointer du doigt les maux dont il se joue avec humour.
Voici la LEM 1109 : BASISMES BASE DE DONNÉES .

François-Marie Michaut
4-5 mars 2019

jeudi 28 février 2019

Cap à l’ouest (Exmed)

    
Paris serait-il atteint du syndrome de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf ? Le statut de plus en plus international des habitants de la capitale ne doit pas faire illusion. 

   La situation est la suivante : huit cadres supérieurs sur dix de la région Ile-de-France cherchent à aller travailler ailleurs, en particulier vers Nantes ou Bordeaux. Leur motivation n’est pas d’ordre économique mais de celui de la recherche d’une meilleure qualité de vie.

   La désignation de Paris comme «capitale de l’invivable» ( Le Monde du 28 février 2018) : le diagnostic des candidats à la fuite vers un ailleurs plus sain est sans appel. Certainement autre chose qu’une mode éphémère.

François-Marie Michaut 1-3 mars 2019
Exmed

mardi 26 février 2019

Ne pas oubler (Exmed)

    
Les paillettes brillantes des prouesses technoscientiques sont au premier plan, pouvant laisser croire que nous savons presque tout de la réalité. Ou, au minimum, l’essentiel pour élaborer et diriger correctement nos projets. Nathaniel Herzberg, dans Le Monde du 26 février 2019, nous informe de la découverte de la localisation interstellaire gazeuse chaude et de la quantité de matière manquante. Source : The Astrophysical Journal.

   De façon plus terre à terre, il nous est rappelé que, selon la relativité générale d’Einstein, l’Univers est composé à 68% d’énergie noire, dont nous ne savons rien du tout. Si ce n’est que ce n’est pas de la matière. Il y aurait aussi 27% de matière noire, dont on ne connait à peu près rien.

   
Ne pas oublier ou cacher qu’on ne sait pas ne serait-il  pas, finalement le début de tout savoir digne de confiance ?


François-Marie Michaut 27-28 février 2019, www.exmed.org

lundi 25 février 2019

Comprendre avant les autres (Exmed)

  C’est un privilège enviable ? Ou un cadeau empoisonné aux redoutables effets secondaires ?

   C’est finalement l’étrange question que soulève, sans en avoir la moindre conscience, le rejet haineux de tout ce qui est qualifié de juif. La LEM 1108 vous propose : Antisémitisme,  clé systémique.

François-Marie Michaut
Exmed 25-26 février 2019

dimanche 24 février 2019

Antisémitisme, clé systémique (LEM 1108)




                       Feuillets de Systémique Médicale (5) 



    Le lecteur peut être surpris de constater que le sujet hautement sensible de l’antisémitisme en France puisse être abordé sur un site s’occupant des questions de santé. L’émotion suscitée par de récents agissements dans l’espace public sous couvert de l’ébullition populaire des gilets jaunes, a fait qualifier la haine des juifs de maladie contagieuse. Le président François Hollande, le 24 février 2015 au cours du diner du CRIF parlait de « lèpre » (1). Quatre ans plus tard  malgré quelques remèdes juridiques,  bien peu modificateurs des façons de penser,   cette pathologie de plus en plus voyante sévit toujours.

   Pourquoi et comment peut-on se définir comme un ennemi des juifs qui habitent le même pays et disposent du même statut civique que soi ? Les historiens des religions, les religieux eux-mêmes, les sociologues , les politiques, les psychologues ou les philosophes amènent chacun l’éclairage que permet les limites de leur connaissance spécialisée. Pour reprendre l’image développée ici dans Feuillets de Systémique Médicale (5) nous sommes en plein carottage (1). Chaque discipline de connaissance en forant de plus en plus profond avec ses outils d’investigation cherche à découvrir « la » cause de cette interminable haine. Sans succès ; pas l’ombre d’une relation linéaire de cause à effet en vue. Bien illusoire démarche, hélas, et malgré toutes les bonnes volontés qui en constatent et déplorent les manifestations, de chercher à soigner un mal dont notre intelligence n’a pas su établir l’étiologie.

 Pour ne pas céder au désespoir d’un tel état d’impuissance, il est, me semble-t-il, acceptable d’essayer, tant pis si elle se révèle peu classique, une compréhension non plus linéaire mais systémique. Si elle se montre peu crédible, ce qui est possible, chacun peut la rejeter. Si elle peut ouvrir une piste intéressante, d’autres esprits plus perspicaces sauront bien s’en emparer pour en tirer le meilleur parti. La recherche, quelque soit le domaine, agit ainsi. L’ignorance a toujours le même discours binaire : moi je sais, ou moi je ne veux pas le savoir.
    Qu’est ce que c’est que cette histoire de système, que vient-elle faire dans l’héritage des fils d’Abraham (3) que nous sommes presque tous en France, croyants comme non religieux ? Oui, je sais, parler de religion dans un écrit qui se dit inspiré par les questions médicales peut surprendre ou choquer la laïcité de certains. Ce n’est pas cependant une raison suffisante pour mériter le pilori ou l’autodafé sous nos cieux.
   Les porteurs de la tradition juive se nomment eux mêmes le peuple élu. Par qui ? Par le principe créateur ( son nom même ne peut pas être prononcé selon la tradition) dont l’action est décrite par la Genèse. Description de quelque chose de non matériel ( le Verbe, le Logos disent les Chrétiens), un incroyable concentré d’énergie pure traduisent les physiciens, qui soudain se transforme en matière (4). La parole, celle dont l’humain est largement doté grâce à son cerveau et à son développement culturel. unique dans les espèces vivantes. Cette élection, à quel pouvoir - qui n’est pas donné à toute l’humanité - peut-elle bien conduire ? Si nous voulons interroger la tradition juive, sans nous prendre les pieds dans des façons de dire spécifiques aux discours religieux au fil du temps, nous tombons sur l’histoire d’une énigmatique révélation. Les lecteurs habituels reconnaitront là ce que je nomme la technique de chalutage (2). Les mailles de notre filet tiré par le chalutier de notre curiosité ont remonté une prise intéressante. Tellement intéressante, même, qu’il a fallu pendant des millénaires, tant elle pouvait se révéler explosive pour ses porteurs, la garder secrète. Y voir quelque complot  pour prendre ou garder un pouvoir est une erreur, comprendre que ce fut une technique pour ne pas se faire tuer par les puissances dominantes est plus proche de la vérité.
   La connaissance scientifique, y compris en médecine (5) nous a démontré la nécessité de sortir du petit cercle des initiés. Depuis le siècle dernier bien des esprits se sont ouverts dans tous les domaines de la connaissance et ont compris la nécessité d’essayer de communiquer entre eux. À la recherche d’un principe systémique commun souvent espéré, théoriquement indispensable mais demeurant incompréhensiblement insaisissable. La transdisciplinarité, comme la pluridisciplinarité, ne sont parvenues à aucun éclaircissement. C’est peut-être l’humoriste Pierre Dac qui a résumé le mieux cette situation : «  Tout est dans Tout, et réciproquement ». Finalement un seul type de système devenant lui-même un élément constituant indispensable à un autre cycle lui-même constitutif d’un autre plus vaste de l’infiniment petit au plus grand possible. La biologie nous parlant de l’ADN ou du cycle du carbone le dit sans ambiguité. La cosmologie ne dit rien d’autre.
Alors, quid de cette révélation confiée sous le sceau du secret à quelques êtres rares de ces tribus nomades du Proche-Orient  évadées d’Egypte ? Une réponse positive et bouleversante à la question que j’ai posée dans le titre du Coup d’Oeil de ce site Exmed il y a juste deux jours : Et si Homo Sapiens était encore inachevé ? Oui, nous ne sommes pas finis, nous sommes encore en chantier de construction.  Pour survivre à court terme,  sans aucun catastrophisme, nous n’avons pas le choix. Nous atteler à collaborer sans réserve au perfectionnement terminal de notre propre création personnelle encore inachevée. Passer au peigne fin tout ce que nous ont livrées les sciences comme les grands traditions du monde qui, une fois décantées de leur gangue symbolique, disent la même chose. La plus bavarde et la plus élaborée est celle cultivée par la judéïté. Impossible de la passer à la trappe en 2019 pour qui ne se sent pas suicidaire. 

    Comment mieux terminer cette trop brève incursion dans un domaine qui m’était totalement étranger il y a quelques années encore, sans céder la parole à Primo Levi (6) : « L’antisémitisme est un phénomène typique d’intolérance ». Allergie à des gens qui disent sans dire tout en disant l’essentiel que ne connaissent pas encore «  les nations »(7). 



  Notes
(1) Ladepeche.fr 25/O2/2015

(2) F-M Michaut Carrotage et chalutage, LEM 1104

(3) Chronologiquement les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans

(4) C’est l’hypothèse du Big Bang formulée en 1920 par l’abbé Lemaitre qui s’est abusivement transformée en certitude scientifique.  Elle est actuellement remise en cause par la recherche fondamentale.

(5) Les médecins de Molière, au XVII ème siècle ne parlaient que la langue latine des clercs.

(6) Primo Levi, Si c’est un homme (1947), chimiste de nationalité italienne déporté à Auchwitz en 1944. Merci à Florence Chédotal, journaliste à Centre France, qui  a su attirer mon attention sur cet auteur remarquable.

(7) Les nations, c’est de cette façon que la Bible désigne les peuples des non juifs.


                                                     François-Marie Michaut


Os court ;
«  Des jeunes gens antisémites, ça existe donc, cela ? Il y a donc des cerveaux neufs, des âmes neuves, que cet imbécile poison a déjà déséquilibrés ? Quelle tristesse, quelle inquiétude, pour le vingtième siècle qui va s’ouvrir ! » 
Emile Zola (1840-1902) Lettre à la jeunesse 1897

Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1108   

http://www.exmed.org/archives19/circu1108.html
      25 février 2019                                    


                            


L'Europe, un chantier (Exmed)

     
Les élections des députés européens auront lieu dimanche en France. Sans enthousiasme du public prédisent les lecteurs dans le marc de...