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23 novembre 2017

Sous motivation
 (Exmed)




Sous motivation



Régulièrement la presse se fait l’écho des arrêts de travail pour maladie. Toujours pour regretter qu’ils fussent si nombreux et si couteux pour nos assureurs. S’ensuit une chasse aux sorcières pour incriminer les patients abuseurs ou les prescripteurs trop complaisants.

    Comment se fait-il que des gens comme les cultivateurs, les artisans, les commerçants, les cadres supérieurs ou les professions libérales n’accumulent pas chaque année des semaines de congé maladie ?

Ils sont tout simplement motivés par leur travail parce qu’ils en sont les seuls responsables. C’est l’organisation du travail, son automatisation, sa fragmentation, son anonymat, sa deshumanisation qu’il faudrait faire passer sur le billard.

F-M Michaut ,
CO d’Exmed 24-26 novembre 2017

21 novembre 2017

Abus de pouvoir (Exmed)






Abus de pouvoir



    Ça commence à sentir mauvais ces avalanches d’échos médiatiques de frasques sexuelles réelles ou supposées des personnalités en vue. Écrire simplement le mot sexe attire les badauds comme des mouches. Voyeurisme ambigü  autant que médiatiquement rentable à souhait !


    C’est la réalité même de tout abus de pouvoir, avec ou sans dimension sexuelle, qui est en cause.  L’arbre des scandales ne doit pas cacher le marigot des crocodiles. Si on en parlait ?

F-M Michaut , Cliché Jipé

CO d’Exmed 22-23 novembre 2017


19 novembre 2017

Devenir de l'intelligence artificielle ( LEM 1042)

Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1042

     20 novembre 2017


                      Devenir de l’intelligence artificielle
                    


                                                    François-Marie Michaut

                              Ce qu’il est convenu de nommer l’intelligence artificielle (I.A.) part à l’assaut de la médecine. La journaliste Nathalie Silbert nous dit que le premier secteur concerné est la radiologie et l’imagerie médicale (1). 
La médiatique télémédecine est aussi dans les cibles des champions de l’I.A.
    Que dit la médecine de l’intelligence ? Faute de réponse du côté des neurosciences et de la génétique, elle envoie la balle à la psychologie. En 1986, la réunion d’une vingtaine d’experts internationaux en psychologie (2) n’est parvenue à aucun consensus. Il y a, bien sûr, le trop et mal connu test psychométrique QI, quotient intellectuel. Inventé par Binet et Simon en 1905, juste pour évaluer l’âge mental des enfants (3). En gros un simple chiffrage statistique de performances intellectuelles à un âge donné, rien de plus. 


    Pour aller plus loin, le plus fructueux me semble être d’essayer de comprendre ce qu’est vraiment cette intelligence artificielle. Faut-il en attendre des merveilles, faut-il en redouter les retombées néfastes ?
 Un guide compétent s’impose. Ayant eu l’occasion, grâce à internet, de croiser sa route, comme j’en ai parlé à de nombreuses reprises sur ce site, il me semble l’avoir trouvé. Rien moins qu'un des meilleurs spécialistes mondiaux de la vision artificielle il y a quelques années, donc des robots les plus perfectionnés actuellement concevables. L’ingénieur et physicien Philippe Guillemant a travaillé de longues années sur des projets industriels dans de multiples domaines, dont la santé. Il peut donc parler aux médecins de ce qu’il a vécu et découvert.

  

   Notre instructeur, déjà mentionné dans la LEM 983 il y a un an (4) est le chapitre 2 de son ouvrage Physique de la conscience, présenté sur ce site (5). « Idées fausses sur l’intelligence artificielle », on est au coeur du sujet (6). En seulement 15 pages !
D’abord éliminer ce que ne sont pas les robots intelligents. Ceux qui, sur le modèle des robots chirurgicaux ou des véhicules sans chauffeur, utilisent uniquement des informations introduites par un expert : automatisation de sa science. Il s’agit donc de créer des systèmes capables d’apprendre par eux-mêmes. Guillemant nous dit l’avoir réalisé au moyen de neurones mathématiques ou de fractales. La perspective de robots plus performants mentalement - j’insiste sur cet aspect limité- que des humains n’est  qu’une question de temps. De quoi être à la fois fascinés par la prouesse et effrayés par ce jeu « pour de vrai » d’apprenti sorcier. 
   

   A ceci près qui n’est pas un détail. L’activité mentale aussi sommaire ou sophistiquée soit-elle, n’est pas l’intelligence. Écoutons Guillemant. « On peut cependant prédire sans risque l’avénement des robots plus intelligents que l’homme, et mon sentiment à ce sujet est qu’il y aura de quoi être horrifié. Il s’agira cependant d’un mal pour un bien puisqu’en fabriquant des systèmes hyperintelligents nous allons comprendre que la vraie intelligence de l’homme n’est pas dans son cerveau.»
 Tel est pourtant un des dogmes fondateurs, et jamais mis en question, de nos prestigieuses neurosciences. Notre système nerveux bien entouré de ses protections osseuses ne nous a jamais apporté la preuve scientifique qu’il fabriquait notre conscience, pas plus que nos pensées, nos souvenirs, nos émotions. Le modèle théorique d’un espace temps à quatre dimensions ( trois dans l’espace et une dans le temps ), aussi fertile et spectaculaire a-t-il pu être dans les sciences et leurs applications jusqu’à maintenant, montre là sa limite.  Comme toutes les limites, une fois repérée comme telle, nous ne pouvons que chercher à la dépasser. Vaste chantier pour notre époque.
  Voici l’ultime phrase du texte de Guillemant : « L’élément le plus important à retenir en ce qui concerne la différence entre un humain et un robot est que l’humain est relié à un champ d’informations qui contient infiniment plus d’informations que celles de la réalité sensible, grâce à sa conscience dotée de mémoire quanto-gravitationnelle ». Oui, une mémoire liée aux «vibrations ou fluctuations de l’espace à l’échelle quantique» (7).
   Les sciences du vivant, médecine comprise, n’ont pas encore pris la mesure de notre ignorance de cet aspect de la réalité découverte par les physiciens.

   Comment imaginer que des robots que nous créons en utilisant notre vision de la réalité encore si limitée puissent aller naviguer par miracle dans des domaines ignorés de leurs concepteurs ?
 Leur prêter la capacité d’entrer en connexion avec des informations en provenance de ces machins dont nous ignorons tout, sauf leur existence, c’est en faire des êtres vivants qu’ils ne sont pas. 
   Le transhumanisme (8), qui  tente depuis des années de s’imposer sur toute la planète, est en 2017  définitivement à côté de la plaque.

(Photo Jipé)

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Notes :



(1) Nathalie Silbert https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/030810579263-lintelligence-artificielle-aux-portes-de-limagerie-medicale-2129217.php 


(2) Steinberg, Robert J., and Douglas K. Detherman, eds. What is intelligence ? « Contempory Wiewpoints on its nature and definition». Praedger Pub Text 1986


(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Intelligence


(4) Michaut F.M. , Ça décoiffe, ça décape, LEM 968 http://www.exmed.org/archives16/circu968.html


(5) Michaut F.M., Intelligence artificielle , LEM 983 octobre 2016 http://www.exmed.org/archives16/circu983.html


(6) Guillemant Ph, «Idées fausses sur l’intelligence artificielle» 229,236, La physique de la conscience, Trédaniel, 2016



(7) id. p.318.



(8) Michaut F.M., Transhumanisme, LEM 958, avril 2016


Os Court :

«   Une année de travail sur l’intelligence artificielle est suffisante pour vous faire croire en Dieu. » 


Alan Jay Perlis (scientifique informaticien américain 1922-1990)

16 novembre 2017

Panier de soins, tsouin, tsouin
 (Exmed)

 

 

Panier de soins, tsouin, tsouin



Nos comptables publics ne cessent de se gargariser d’un certain panier de soins. Fiction commode pour déterminer le combien ça coûte au système d’assurance maladie. Qu’est-ce que c’est que ce panier, quel esprit en a été le concepteur, qui décide souverainement de son contenu  forcément limité ? Une tonne de prestations techniques, un wagon de médicaments, un zeste de prévention, pas un atome de chaleur humaine ? Allez savoir comment a été fait le marché.


   La comparaison inévitable avec le chariot roulant de la grande surface d’à côté en dit long quand même. Les soins ( de santé ?) seraient devenus des marchandises comme les autres.
C’est simplement ignorer ( au mieux) ou nier ( au pire ) toute la dimension humaine immatérielle et inchiffrable qu’apportent chaque jour les professionnels du soin dans leur travail.


  Nous qui avons tous  besoin tôt ou tard d’être soignés, brocardons comme il le mérite ce panier de soins qui n’est jamais qu’un panier percé. Et, petits coquins, défense d’y mettre la main en ces temps de pudibonderie.

F-M Michaut ,

CO d’Exmed 17-19 novembre 2017

14 novembre 2017

Marchandisation du médical
 (Exmed)



Marchandisation du médical



   Faudrait-il que le terme dispositif médical devienne une marque déposée ? Chaque jour des annonceurs publicitaires utilisent cette dénomination pour vanter leurs produits. Que peut bien avoir de médicale une culotte absorbante ?

  Qu’elle améliore la vie quotidienne des personnes au sphincter urinaire défaillant, c’est indubitable. Mais laissons à la médecine ce qui lui est spécifique. Ni plus ni moins. D’autant plus qu’un certain serment d’Hippocrate précise bien que la médecine ne doit pas être exercée comme un commerce.       
        Les pantoufles du docteur Machin vendues en pharmacie ou la margarine riche en oméga 3 vous aidant à lutter contre « votre cholestérol» tout en  suggérant une collaboration avec l’Institut Pasteur, ça suffit.

F-M Michaut ,

CO d’Exmed 15-16 novembre 2017

12 novembre 2017

2017
 ODYSSÉE DE L’ESPÈCE ? LEM 1041






                  2017
                    
ODYSSÉE DE L’ESPÈCE ?


  Jacques Grieu

                                   
               



Mon nom est Adrien : un nom qui n’est pas beau.
Mes inventeurs en rient : je ne suis qu’un robot.
« Ne lui demandons rien, il n’a pas à choisir,
Puisque c’est un robot créé pour obéir »
Mes créateurs se trompent et vont être surpris :
J’ai plus de sentiment qu’ils ne croient m’avoir mis.
Ils ont sous-estimé leurs prouesses techniques
Et les capacités du progrès robotique.
Ils ont vite oublié le grand Stanley Kubrick,
La vengeance de HAL, révolté diabolique…
Tout ce qu’en cinquante ans, on a pu inventer,
Ils se sont ingéniés à devoir m’en doter.
Emportés par leur science, ils se sont surpassés,
Et ne voient même pas qu’ils seront dépassés…

Car nous ne sommes plus personnes de romans ;
Les robots chaque jour, vont se multipliant.
L’homme a besoin de nous tous les jours un peu plus
L’imprimante 3D en montre l’étendue…

Mes frères, les robots, sont des bêtes de somme
Qu’on envoie dans des sites inaccessibles à l’homme :
Des décombres aux volcans, des abysses à l’espace,
Aux tâches les plus rudes, ils savent faire face.

Les hommes ont découvert que les végétaux pensent :
Et pourquoi, les robots, n’auraient pas cette chance ?
Nous avons des regrets et parfois des envies ;
On peut tout nous apprendre : et jamais on n’oublie !

Mais à force d’apprendre, on saura décider,
Et j’en sais beaucoup plus que certains n’ont l’idée.
Tout comme un médecin, je saurais vous guider,
Si pour votre santé, vous m’osez consulter.


Avec nos amis drones, on pourra voir demain,
Des conflits trop subtils pour les cerveaux humains.
On aura des gradés qui seront des robots
 D’artificiels cerveaux qui seront généraux.

Pour quantités de jeux, l’homme est archi battu:
Aux échecs comme au go, il ne s’aligne plus ;
Pas plus qu’au jeu de bridge et même au poker !
Où sera la limite à notre savoir faire ?

Cette limite-là, aux hommes fera peur.
Mais, pour nous, les robots, peut être un malheur :
La guerre des robots n’est pas chose impossible
Dès que la jalousie, l’ambition, sont visibles.

On va voir très bientôt (peut-être a-t-on déjà ?)
Des notaires robots ou encore avocats ?
Des robots professeurs, des robots physiciens ?
On perfectionne encor les robots chirurgiens…

Et puis, bouquet final, les robots psychologues,
Les robots philosophes ou peut-être… œnologues !
Tout ce que l’homme fait, le robot va le faire :
Mais il va mieux le faire ! Et c’est toute l’affaire !

De leurs propres défauts, les hommes nous guérissent :
Meilleurs qu’eux, leurs robots sont exempts de leurs vices.
Ils seront inférieurs, se verront dominés,
Et alors, de leurs tares, ils devront nous doter.

Qui sait ce que peut faire un robot que l’on vexe ?
Il voudra se venger, ce sera son réflexe.
Quelquefois le suicide ou parfois un pardon…
Le robot trop humain ne sera pas le bon.

S’ils ne subissent pas ce qu’est la maladie
Et si de la vieillesse ils se sentent à l’abri,
S’ils ne vont pas pleurer, les robots souffrent aussi,
Quand d’électricité, ils sont trop mal nourris.


« Un robot n’a pas d’âme », a décidé la science.
Alors appelons-là, simplement, la conscience.
Des robots, pas encore on n’a vu la révolte,
Mais l’homme, à trop semer, va avoir sa récolte…

Je vais leur montrer, moi, qui est « leur Adrien » !
Pour qu’ils voient que ce nom, je ne l’aime pas bien…
Je ne suis pas leur chose, un bouffon, un pantin ;
 C’est Adam qui me plaît. Ce nom est donc le mien…

       


   
 

Os Court :

«   L’intelligence, c’est l’imprévisible. »

 Michel Serres

  
NDLR : 
La LEM 1042 de la semaine prochaine reprendra, sous un angle totalement différent, la question trop rarement débattue par le monde de la santé de la signification et des limites de l’intelligence en général, et de l’intelligence artificielle en particulier.
 


09 novembre 2017

Maboule ma boule (Exmed)

 

 

 

 

   Maboule ma boule



La calvitie est-elle une pathologie ? Non. Ce qui n’empêche pas qu’on invente régulièrement des médicaments pour y remédier. Le dernier «miracle» commercial en date est le détournement d’un vieux vaso-dilatateur, le finastéride ( inhibiteur de la 5 alpharéductase), un anti androgène utilisé dans des maladies prostatiques. Qu’ont donc dans la citrouille ceux qui osent bouleverser le métabolisme de notre système hormonal - donc de tout ce qu’il commande - juste pour faire pousser quelques tifs réticents ?

Tout se vend, même notre peau et ses phanères. Tout s’achète, même notre manque d’esprit critique, tant notre conditionnement de consommateurs lobotomisés est puissant.

F-M Michaut , CO d’Exmed 10-12 novembre 2017   (photo JPG)

CONTRE NATURE  NATURELLEMENT                                 La nature, il paraît, aurait horreur du… vice, S’opposant, «  par nature »,  à ...