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12 décembre 2021

Incertitudes en chaîne (LEM 1252)


 

     Il parait qu’informer veut dire mettre en forme (pour les autres) ce qu’on peut comprendre (par soi-même). 
      

    Si vous n’avez pas peur de sortir de vos routines, la LEM 1252 Nous ne voyons pas ? peut ne pas vous laisser de marbre.

François-Marie Michaut 
12 décembre 2021

Nous ne voyons pas ? (LEM 1252)


   
   L’avalanche de propos médiatisés sur l’état réel de notre monde est bien difficile à métaboliser dans son ensemble. De façon quasi générale, elle est tragiquement négative, pour ne pas dire sombrement démoralisante. Chaque interlocuteur est si solidement campé dans son tout petit secteur de connaissance et d’influence qu’une vision d’ensemble de ce qui nous arrive dessus est devenue acrobatique. Au royaume des spécialistes, les esprits généralistes ne font pas le poids.

    L’effort à faire pour trier tout ce qui nous est soumis est considérable, rien ne ressemblant plus à une observation rigoureuse qu’une manipulation habile des opinions. Chiffres ou modèles mathématiques en renfort ne changent que l’apparence respectable. La pauvre science que nous avions érigée comme le degré indépassable de toutes nos possibilités humaines de connaissance révèle cruellement sa limite. La lenteur obligatoire de sa méthode qui la contraint à ne pouvoir éclairer que ce qui est déjà passé avec nombre de points d’interrogation. Et dont le présent, et encore plus l’avenir, est hors de son champ de perception directe. Il ne s’agit pas ici de faire la promotion d’une attitude anti scientifique. Juste savoir ne pas demander à une remarquable discipline de l’esprit ce qu’elle ne peut pas nous livrer sur un plateau pour notre confort intellectuel.

     Nous le savons pourtant depuis des années, nos manières d’agir fondées sur notre conception rationaliste matérialiste de la réalité du monde depuis le siècle de Descartes nous a conduit là où nous en sommes. À force de faire toujours la même chose, nous détruisons la mère terre dont nous sommes une partie. Quand nos projets d’avenir sont mis en échec par la réalité, nous sommes vite persuadés que c’est parce que nous n’avons pas mis assez de moyens en oeuvre pour réussir. Les miracles techniques, comme les mirages technologiques, nous fascinent. Comme si notre idéal restait le « toujours plus de la même chose » évoqué par Paul Watzlawick. Faillite de notre pensée, ce qui ne serait pas grave. Mais dont les conséquences mettent en cause la survie de notre biosphère actuelle dans quelques poignées d’années.

      Alors, on attend en silence le stade irréversible des conséquences de notre cécité destructrice, résignés au pire ? Ou on cherche sans a priori dans nos archives, toutes nos archives sans exception, si nos esprits n’ont pas raté, quand, comment, pourquoi, une marche considérable ouvrant vers une connaissance bien plus large que la nôtre de la réalité. Nous n’avons pas d’alternative qui puisse, nous les vivants ne comptant que sur nous, nous sauver du désastre.

       

   Vous trouvez scandaleux de tenir sans fard ici ces propos - on ne peut plus systémiques - sur notre devenir ?

                                               François-Marie Michaut
    

Os court :

« Si un aveugle guide un aveugle, tous les deux tomberont dans un trou.  »

                                  Évangile de St-Luc


LEM n° 1252 12 décembre 2021
 


                        
            
                                             

08 décembre 2021

On dit un micron (Exmed)

 
      
    Cela ne viendrait pas à l’idée d’un locuteur de culture française, avec des cordes vocales associées,  de parler d’un microne pour désigner une petite distance. Baptiser les variants du virus Corona de lettres grecques n’est pas une mauvaise idée. Encore faut-il ne pas imiter les bavards gosiers anglosaxons.
      Deux sortes de O ponctuent l’alphabet grec. L’oméga terminal qui précéda notre Z latin comme dernière lettre. Et un petit O, dit ouvert, qui se nomme omicron.
Oui, on ne peut lire que la syllabe on.

    De grâce, alors, commentateurs de notre belle langue, cessez de sembler féminiser indûment cette affreuse et rusée petite chose.


François-Marie Michaut  

Coup d'oeil d'Exmed 8 décembre 2021


05 décembre 2021

Quand tremble sur ses fondations (Exmed)

 
   Avec l’interminable répercussion sur nos esprits de l’aventure reliée à notre façon de vivre le coronavirus baladeur actuel, c’est la pertinence de notre raison elle-même comme outil de décision qui mérite d’être auscultée avec lucidité.

   Paradoxalement, c’est la magie poétique qui se révèle la moins inadaptée. Voici la LEM 1251 RIMES ET RAISONS, de Jacques Grieu. Pour prendre un peu de salubre hauteur dans la lugubre cacophonie ambiante.

François-Marie Michaut

RIMES ET RAISONS (LEM 1251)


Du latin « rationem », voici dame raison ;
A tort ou à raison, c’est notre institution.
Elle se veut partout : la raison c’est l’arbitre,
Dans toute activité, elle a voix au chapitre.
« Mariage de raison » maintenant fait tiquer,
Mais la « raison d’État » est encore invoquée.

Si la majorité a raison, c’est fondé,
La raison, peu de fois, a la majorité…
Avoir raison tout seul est chose dangereuse :
Pour suivre nos raisons, nos forces sont piteuses.
Si du fait d’avoir tort on n’a jamais raison,
Du fait d’avoir raison, avoir tort, nous risquons.

Par le raisonnement, souvent raison se perd :
Sans rime ni raison, alors, plus de repère !
La raison du plus fort est-elle la meilleure ?
Mensonge de raison est doute ou grande peur.
On lit dans l’avenir les leçons du présent
Sans savoir si l’inverse est aussi pertinent.

Le temps nous convertit bien mieux que la raison :
Il nous est moins brutal et beaucoup plus profond.
On aime sans raison, et l’on se quitte après ;
On aime sans raison, puis sans raison, on hait ;
On aime sans raison, on s’oublie sans motif ;
Le cœur a ses raisons qui rendent fugitif…

                    Jacques Grieu  


    

Os court :


« La raison parfaite supporte en paix la déraison d’autrui.  »


 Victor Cherbuliez (1829-1899)


 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1251 5 décembre 2021
 


                        
             
                                               
 


28 novembre 2021

Du pouvoir de dire non (LEM 1250)

 

         Au risque de verser dans les poncifs des rappels s'imposent ...

  En fait il y a assez peu de gens qui ont la capacité de dire non. Boris Cyrulnik, neuro-psychiatre renommé, explique pourquoi ( voir ses interviews sur YouTube).
En fait la plupart des gens aiment obéir.

  La Boétie et Bossuet et quelques autres  l'ont noté de longue date.
Aujourd'hui la psychiatrie et les neurosciences comprennent pourquoi.

 C'est une question de structure mentale acquise au cours de l'enfance dans les différents cercles éducatifs mais surtout affectifs dans lesquels on a grandi qui nous apprennent à nous respecter nous même ( ou pas ndlr) et à ne pas obéir à n'importe quoi sans analyse.

On aime  obéir essentiellement pour se RASSURER, pour être du côté des forts , de ceux qui commandent et obtenir par ce biais un confort moral ,et parfois des avantages matériels.

On le voit tous les jours et c'est pire en cas de crise comme celle que nous vivons tous en ce moment.
                                                       Jean-François Huet


    

Os court :

« Les assureurs ne veulent plus rien assurer sans avoir l’assurance que le risque qu’ils assurent est devenu inexistant. »

 Philippe Bouvard

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1250 29 novembre 2021
 


                       
            
                                              
 

21 novembre 2021

VAGUEMENT (LEM 1249)



« La » vague , au féminin, est affaire de vent
Et sa taille varie s’il est fort ou bien lent.
Elle n’existe pas si le souffle est absent...
La mer n’y est pour rien et n’est qu’un figurant.

Figurant, mais violent quand souffle la tempête ;
Tout bon marin le craint lors de ses tête-à-tête.
Si c’est petit objet perdu dans l’océan,
C’est énorme instrument si l’on est pris dedans.

Si la « vague de fond » ne correspond à rien,
Le « malaise vagal », est réel, bel et bien.
Vertiges et acouphènes ou hypoglycémie,
C’est notre « nerf vagal »  qui nous porte un défi.

« Le » vague, au contraire, est mal déterminé
Et entretien le flou avec solennité.
Trop souvent boursoufflé, prisé des politiques
Il aime le verbiage et la grandeur épique.

Avoir du vague à l’âme est encore autre chose
Qui dépend de l’humeur quelles qu’en soient les causes.
Bien des gens le cultivent comme du cannabis
Drogue douce embarquée dans une vie trop lisse...

Les « vagues » de Covid déferlant sur nos plages,
Se moquent bien des vents mais causent des ravages.
«Vaguer» à ses affaires est alors un enfer
Qui fait que ces barrières irritent et exaspèrent.

« Définir », après tout, n’est qu’entourer de mots
Un banal terrain vague où l’idée a éclos :
Si la « nouvelle vague » fût un temps à la mode,
Aller « surfer la vague » a remplacé ce code.

Au lieu de mettre en joue quelque vague ennemi,
Attendons que la vie nous le change en ami :
La notion de « bonheur » est une idée si vague,
Qu’on ne peut qu’en rêver quand notre esprit divague…

                                      Jacques Grieu

    

Os court :

« Certains suscitent le bonheur partout où ils vont, d'autres dès qu'ils s'en vont. »

 Oscar Wilde


 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1249 21 novembre 2021



                    
                                     

 

CONTRE NATURE  NATURELLEMENT                                 La nature, il paraît, aurait horreur du… vice, S’opposant, «  par nature »,  à ...