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01 mars 2020

Vraiment si Sapiens, cet Homo ? (Exmed)

   

Jamais, merci la  dictature technologique, nous n’avons disposé en même temps de tant d’accès aux stocks de connaissance et de capacité de se faire entendre de toute la planète. 

 

  Quelques minutes d’arrêt, juste pour lire et s’interroger sur notre réalité, est-ce trop demander ?

  

   Voici la LEM 1160 de Jacques Grieu, avec son étrange déclaration. IGNORAMUS.   Stimulante lecture, en vérité.


François-Marie Michaut
2-3 mars 2020

IGNORAMUS
 (LEM 1160)


A l’ère du smart-phone ayant réponse à tout,   
Parler de l’ignorance est un sujet tabou.
L’homme le plus ignare, en consultant le web,
Croit en savoir bien plus que la vulgaire plèbe.

Car l’ignorance est vice, une tare honteuse,
Qu’il n’est pas de bon ton d’avouer si piteuse.
Alors, on se la cache, aux autres on la déguise,
Sans voir qu’on la dévoile en honteuse bêtise…

Confesser qu’on ignore est un acte de foi :
Le cacher plusieurs fois, chacun s’en aperçoit.
L’ignorance des peuples engendre des postures,
Un faux nationalisme et puis... la dictature.

Ignorer que soi-même, on est un ignorant
Est la pire ignorance échue aux suffisants.
Mère des traditions encombrées d’évidences,
Elle est le germe lent de noires intolérances.

Pire que l’ignorance est l’orgueil du savoir
Qui aime s’admirer à grands coups d’encensoir.
Souvent la conséquence d’obscures habitudes,
Il barre tout progrès et empêche l’étude.

L’ignorance, dit-on, est mère de tous maux
Et telle qu’un tyran, nous mène à des fléaux ;
Pourtant, c’est bien souvent qu’elle fait l’opinion,
Les rumeurs, fake news, et affabulations.

Et si, de l’affreux vice, on prenait la défense,
Et que, de la vindicte, on sauvait l’ignorance ?
Des siècles il nous faudrait remonter les séquences,
Pour voir dans quel esprit a progressé la science…

On croyait tout savoir : nul besoin  de chercher ;
Les Dieux, les Ecritures , avaient tout expliqué.
Vouloir aller plus loin, relevait du péché,
Et de hardis génies en furent empêchés.

C’est quand on découvrit tous nos puits d’ignorance
Que la science moderne entama son avance.
L’aveu  de tous nos doutes obtint consécration
Qui fit que tout savoir se remit en question .

Aucune vérité n’est jamais absolue
Et même aucun problème à jamais résolu.
Les certitudes acquises et souvent religieuses,
Tombèrent d’elles-mêmes en se montrant trompeuses.

Savoir son ignorance aide à la mieux juger
Et qui alors n’est plus l’ignorance attestée.
L’ignorance nous mène à la diversité
Dont la science permet de voir l’immensité .

Estimer pour chacun son degré d’ignorance,
Devrait être un moyen de voir ses compétences,
Un critère objectif et non pas négatif
Pour guider ses actions avec indicatif.

Savoir qu’on ne sait pas est la clef du savoir
Orientant la recherche et ouvrant des espoirs.
Alors, je revendique un droit à l’ignorance,
Condition assumée pour que ma tête pense…

                            Jacques Grieu

    
               

Os court :

«   Nous répugnons à savoir, parce que savoir signifie changer. » 
 


Ruth Dreifuss
(première présidente de la Confédération Helvétique en 1998)


Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1160    

2 mars 2020
                                                                     
                                          Jacques Grieu

27 février 2020

Poids des mots (Exmed)

   Les médecins le savent bien. Chaque mot utilisé au cours d’un entretien avec un patient, ou ses proches, peut être incroyablement lourd de conséquences. La prétendue neutralité scientifique, ou le camouflage derrière les termes techniques abscons, sont de  dérisoires défenses. Les mots sont des armes.
   La diarrhée des commentaires sur l’épisode viral en cours depuis quelques semaines est irresponsable. Elle ne sème que le trouble et la confusion.
 

    Un mourant transféré en service de réanimation respiratoire chez qui la recherche de COvi19 venant juste d’être effectuée se révèle positive, et les mots fusent. S’il est mort, c’est à cause du virus claironne-t-on. Ce n’est, à cette heure, qu’une hypothèse qui se révélera juste ou fausse.

    Ce n’est pas parce que j’ai un cor au pied et que mes yeux sont noirs que la coloration de ma pupille est la cause de cette gênante affection.
 Parler comme écrire juste n’est pas une coquetterie pour faire joli ou savant, mais une obligation à penser pour agir aussi humainement que possible.


François-Marie Michaut
28 février- 2 mars 2020

25 février 2020

Information virale (Exmed)

   
Les chaumières en tremblent devant leurs écrans. Les responsables politiques, derrière leur empathie de façade face aux caméras, peuvent le bénir intérieurement ce coronavirus venu d’ailleurs. Enfin l’occasion de justifier son rôle de protection des populations contre de redoutables - selon la presse- dangers.
   Pour les uns, les nouvelles sont mauvaises et pour les autres, elles tombent du ciel. Pas si loin, le temps où les épidémies remplissait bien plus que d’habitude les églises.



   Mais notre bavarde virologie demeure bien muette sur la fonction que pourraient assurer les virus, comme les bactéries du microbiote, pour que fonctionnent en s’adaptant les cellules du règne vivant.


26-27 février 2020
François-Marie Michaut

23 février 2020

Médecine de l'âme (LEM 1159)


 Le mot psychiatrie a été inventé en 1808 par le médecin et anatomiste allemand Johann Christian Reil. Par une traduction discutable de la racine grecque de ce néologisme (1), les psychiatres ont revendiqué la qualification de médecine de l’âme. Le catéchisme chrétien culturellement dominant en Europe a appris aux enfants que l’homme se composait de deux parties. Le corps, purement terrestre, et l’âme, entité divine. Solide rodage à une compréhension binaire de notre être même.

   Laissons de côté les relations aussi passionnées que conflictuelles entre les religions solidement structurées et les sciences en constante expansion dans les esprits depuis le 17ème siècle pour tenter de savoir où nous en sommes en 2020. L’entreprise est audacieuse, et le risque de fausse route, pour parler en praticien, suppose de disposer de guides solides pour demeurer cohérente (2).

    

   Du côté de la science, notre incontournable mère nourricière intellectuelle, faire référence à l’âme n’est-il pas faire de nous des traitres à la connaissance scientifique la plus objective ? Des sortes d’obscurantistes impénitents pour le dire tout de go. Allons écouter un pur produit de la cité scientifique, connu de notre site, dont les travaux de notoriété internationale forcent le respect.
Voici comment Philippe Guillemant définit l’âme en 4 caractéristiques.
                -quelque chose qui ne ressort pas du domaine de la mécanique
                -quelque chose qui nous maintient en vie
-quelque chose qui survit après notre mort
-quelque chose qui est immortel

   Bien entendu, chacun peut discuter de la pertinence des critères retenus, mais la réponse de Guillemant est sans appel. Ces quatre caractéristiques sont compatibles, affirme-t-il, avec ce que nous savons en 2020 de la physique fondamentale (3).

   Un témoignage unique muni du label de la cité de la science, aussi brillant soit-il, ne peut entrainer une adhésion éclairée. C’est pourquoi nous convoquons à la barre un homme de lettres exceptionnel : François Cheng. La raison d’un tel choix en apparence paradoxal ? Le titre de son ouvrage intitulé... «De l’âme» (4). Une seconde fois ici, même méthode. C’est une video à hauteur d’homme qui va nous éclairer (5).

Alors, cette médecine de l’âme ? C’est loin d’être une idée idiote ou dépassée par nos techniques. Sauf que la psychiatrie, tournant le dos à la philosophie, grisée par la chimie et la tentation de ne s’attaquer qu’aux symptômes et comportements,  faute de comprendre leur cause, a raté son objectif. 
Nos amis psychiatres, qui auraient du être en tête de la pensée médicale (6), nous ont tous entrainés dans leur sillage. Sans que nous ne disions mot. 

L’âme qui soigne ou qui détruit, les malades comme les médecins, a disparu de notre horizon mental. Mais, elle a peut--être la vie bien plus dure qu’on ne l’imagine souvent.

 Elle ne peut justement, nous venons d’examiner de solides arguments allant dans ce sens, jamais... rendre l’âme.


_________________________

Notes :

(1)La racine «Psyché» est devenue l’âme. Actuellement on parlerait plutôt d’esprit ou de... psychisme. Quant à «iatros», la banalisation de la notion de maladie iatrogène ne laisse aucun doute. C’est bien du médecin dont il s’agit.
          

(2) L’accusation de délire plane sur la tête de qui ose transgresser les limites bien étanches des disciplines académiques. Jadis, nos anciens parlaient de blasphème et l’excommunication était proche. Socrate avec sa tisane de cigüe y laissa sa vie.

(3) Cette video montre en six minutes que les scientifiques ne peuvent plus affirmer que la notion d’âme est incompatible avec les dernières connaissances de la reine des sciences. Cependant entre être compatible avec, et expliqué par, il y a un grand pas.  Lien.

(4) François Cheng, De l’âme, Albin Michel, 2016, 156 pages, 14 euros.

(5) Interwiew de François Cheng par le journaliste François Bunel , lien .

(6) Le temps est encore proche où les neuropsychiatres, encore indifférenciés, étaient les seuls spécialistes de tout ce qui avait un rapport avec la tête et le système nerveux dans son ensemble. L’examen clinique neurologique, bien avant l’imagerie médicale, permettait d’établir des diagnostics topographiques d’une précision remarquable. Contrastant, hélas, avec une pauvreté thérapeutique dramatique.

 

                                           François-Marie Michaut



Os court :

«   Rendre l’âme ? D’accord, mais à qui ? » 


 Serge Gainsbourg


Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1159   
24 février 2020
                                                          
                                      

Âme... damnée ? (Exmed)

   Oui, il demeure des mots interdits de séjour pour nos esprits nourris au lait scolaire de la rationnalité matérialiste. Celui d’âme n’échappe pas à l’ostracisme médical, nos souvenirs l’associant bien plus au dogme chrétien qu’à l’art des luthiers. Sans ce tout petit morceau de bois habilement coincé entre les deux tables d’un violon par des oreilles et des mains subtiles, pas la moindre qualité musicale.


    Au risque de vous bousculer un peu les neurones, la LEM 1159 vous convie à un voyage inhabituel : Médecine de l’âme.
Bonne lecture vous dit l’auteur.
24-25 février 2020
                                             François-Marie Michaut

20 février 2020

Comme des enfants (Exmed)

   
Les écoliers adorent se vanter de leurs exploits réels ou fictifs, individuels ou collectifs auprès de leurs camarades. Ils détestent montrer leurs faiblesses ou leurs ignorances.
   La sphère soignante, à la fidèle image de toutes nos fières institutions, ne fait pas exception à ce comportement.

- Et si on avait le courage d’établir avec courage la liste sans limite de ce que nous ne savons pas encore ?

-
Et si admettre qu’on ne sait pas, et en parler sans se sentir coupable,  était un passage indispensable pour être simplement... humain ?

21-23 février 2020
François-Marie Michaut

CONTRE NATURE  NATURELLEMENT                                 La nature, il paraît, aurait horreur du… vice, S’opposant, «  par nature »,  à ...