Polariser les esprits sur les seuls aspects médicaux de la progression du cheminement de notre coronavirus, c’est empêcher le public de prendre en compte la dimension de la crise mondiale actuelle. Nous voyons s’effondrer sans prévenir ce dont nous étions si fiers. Travail de millénaires d’évolution biologique et culturelle de notre espèce brutalement freiné : du jamais vu.
Le confinement obligatoire et le repli qui nous sont imposés ont, au moins, un mérite.
Celui de nous fournir le temps de nous poser la seule question sérieuse. Que devons-nous faire collectivement et individuellement pour ne pas commettre demain les erreurs, ou la même erreur, qui nous ont/a conduit au clash que nous vivons avec stupéfaction ?
La réponse dépasse tellement le cadre de la médecine, et de la technoscience en général.
Faute de faire cet effort et de ne se consacrer qu’à l’aspect sanitaire de cette crise planétaire, que nos dirigeants y soient très attentif, c’est bien entrer « en guerre» comme le martèle le président Macron. Mais en se trompant d’adversaire : le virus du moment n’est qu’un révélateur impitoyable de ce que avons construit avec tant d’orgueil et qui ne tient plus debout.
L’ennemi, c’est nous tels que nous sommes.
François-Marie Michaut
18-19 mars 2020
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17 mars 2020
15 mars 2020
BLABLABLAVIRUS (LEM 1162)
Sauve-qui-peut, alerte ! Il sème la panique,
Il s’infiltre partout et des pôles aux tropiques,
Il bloque l’industrie, il tue l’économie ;
Et pas juste en Corée, en Chine ou Italie !
Vous dormez mal la nuit ? Vos idées sont brouillées ?
Vous avez mal au foie ou vous souffrez des pieds ?
L’ascenseur est en panne ? Il fallait se méfier :
« Le coronavirus aura tout irradié ! »
Vous vous sentez vieillir, vous êtes fatigué ?
Le dos se courberait ? Les genoux trop pliés ?
La poitrine qui tousse et les hanches rouillées :
« Le coronavirus aura tout mélangé. »
Les J.O. de Tokyo, les fêtes entre amis,
Les pièces de théâtre ou épreuves de ski,
Les mariages et les matches ou rencontres de sport,
Se sentent menacés par ce dur coup du sort.
« Tout ça est de la faute à ces populations
Qui changent de pays avec leurs infections.
Pourquoi rester aveugles à la désolation
Que nous vaut tous les jours la mondialisation ? »
Toute l’opposition nous avait prévenus
« Sans fermer les frontières on invite l’intrus. »
Mais il y a des siècles, ceux-là l’ont oublié,
La peste noire a tué un tiers d’humanité…
Pourtant, chez nous, en France, on aurait pire encore
A croire ceux qui crient et les scandales adorent ;
Tout irait de travers, même l’air qu’on respire
« Et c’est le président qu’il faudrait interdire. »
« Si l’on pouvait trouver un bon bouc émissaire
Tous ces sombres complots perdraient tout leur mystère... »
On prend des précautions : de trop ou pas assez ?
Dans les deux cas, c’est sûr, « c’est une absurdité ! »
« Et si l’épidémie n’était qu’une basse invention,
Que le gouvernement en perfide intention,
Avait favorisé pour mieux faire passer
Ses réformes en cours, dures à faire avaler ? »
La rumeur est virus détruisant nos défenses
Qui nous immunisaient contre les influences.
Ni les juifs, ni l’islam, ni le gouvernement,
Ne peuvent être accusés de ces évènements !
Un quinquennavirus, un bruxellovirus,
Un mondialovirus, un patronnavirus
Auraient pourtant été de bons souffre-douleurs.
Un climatovirus est sans doute meilleur...
Os court :
« Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine... mais pour l’univers,je n’ai pas la certitude absolue. »
Albert Einstein
Il s’infiltre partout et des pôles aux tropiques,
Il bloque l’industrie, il tue l’économie ;
Et pas juste en Corée, en Chine ou Italie !
Vous dormez mal la nuit ? Vos idées sont brouillées ?
Vous avez mal au foie ou vous souffrez des pieds ?
L’ascenseur est en panne ? Il fallait se méfier :
« Le coronavirus aura tout irradié ! »
Vous vous sentez vieillir, vous êtes fatigué ?
Le dos se courberait ? Les genoux trop pliés ?
La poitrine qui tousse et les hanches rouillées :
« Le coronavirus aura tout mélangé. »
Les J.O. de Tokyo, les fêtes entre amis,
Les pièces de théâtre ou épreuves de ski,
Les mariages et les matches ou rencontres de sport,
Se sentent menacés par ce dur coup du sort.
« Tout ça est de la faute à ces populations
Qui changent de pays avec leurs infections.
Pourquoi rester aveugles à la désolation
Que nous vaut tous les jours la mondialisation ? »
Toute l’opposition nous avait prévenus
« Sans fermer les frontières on invite l’intrus. »
Mais il y a des siècles, ceux-là l’ont oublié,
La peste noire a tué un tiers d’humanité…
Pourtant, chez nous, en France, on aurait pire encore
A croire ceux qui crient et les scandales adorent ;
Tout irait de travers, même l’air qu’on respire
« Et c’est le président qu’il faudrait interdire. »
« Si l’on pouvait trouver un bon bouc émissaire
Tous ces sombres complots perdraient tout leur mystère... »
On prend des précautions : de trop ou pas assez ?
Dans les deux cas, c’est sûr, « c’est une absurdité ! »
« Et si l’épidémie n’était qu’une basse invention,
Que le gouvernement en perfide intention,
Avait favorisé pour mieux faire passer
Ses réformes en cours, dures à faire avaler ? »
La rumeur est virus détruisant nos défenses
Qui nous immunisaient contre les influences.
Ni les juifs, ni l’islam, ni le gouvernement,
Ne peuvent être accusés de ces évènements !
Un quinquennavirus, un bruxellovirus,
Un mondialovirus, un patronnavirus
Auraient pourtant été de bons souffre-douleurs.
Un climatovirus est sans doute meilleur...
Jacques Grieu
Os court :
« Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine... mais pour l’univers,je n’ai pas la certitude absolue. »
Albert Einstein
Lettre d'Expression médicale
LEM n° 1162
16 mars 2020Le pire : ne pas en rire (Exmed)
Les conséquences psychologiques du climat général morbide qui accompagne le cheminement d’un certain COVID19 ne sont et seront pas nulles. Pas de vaccin, pas de médicament chimique, pour les prévenir ou les soigner.
Si. Pour les gens (vraiment) sérieux : l’humour. Jacques Grieu s’y attelle avec BLABLABLAVIRUS .
Bonne lecture, et sans modération, de la LEM 1162.
François-Marie Michaut
16-17 mars 2020
Si. Pour les gens (vraiment) sérieux : l’humour. Jacques Grieu s’y attelle avec BLABLABLAVIRUS .
Bonne lecture, et sans modération, de la LEM 1162.
François-Marie Michaut
16-17 mars 2020
13 mars 2020
Le grand bug est là (Exmed)
Le grain de sable Corovid19 est en train de bloquer tous les rouages subtils mis en place par l’ingéniosité spectaculaire de l’espèce Homo Sapiens Sapiens. Déclarer la guerre au méchant virus responsable est insuffisant. Car il n’est que le déclencheur d’une maladie systémique bien plus profonde. Une partie de nos capacités s’est hypertrophiée. Au détriment d’une autre partie que nous ne voyons même plus, la considérant comme négligeable.
Le message est obscur ? C’est pourtant pas pour faire joli. que nous avons besoin de deux hémisphères cérébraux et de deux bras et deux jambes. Débogueurs du réel, courage, et au boulot.
François-Marie Michaut
13-15 mars 2020
10 mars 2020
Château de cartes (Exmed)
Un modeste virus - Coco pour ses copains - faisant avec talent son travail de multiplication dans des cellules humaines et, de cause à effet s’enchainant, nous voyons se répandre en tâche d’huile une panne contagieuse de toutes nos activités.
Immense stop d’une croissance sanctifiée dont nous pensions être devenus les seuls maîtres.
Devons-nous comprendre que c’est toute notre culture contemporaine qui a la fragilité d’un château de cartes ? Et que s’acharner à que les choses dans nos têtes reviennent comme avant est simplement suicidaire ?
La fin des temps, juste un virus qui fait une escapade : aucun prophète apocalyptique ne semble avoir songé à ce scénario !
François-Marie Michaut
11-12 mars 2020
Devons-nous comprendre que c’est toute notre culture contemporaine qui a la fragilité d’un château de cartes ? Et que s’acharner à que les choses dans nos têtes reviennent comme avant est simplement suicidaire ?
La fin des temps, juste un virus qui fait une escapade : aucun prophète apocalyptique ne semble avoir songé à ce scénario !
François-Marie Michaut
11-12 mars 2020
08 mars 2020
Esclavage ou libération (Exmed)
La question de la relation entre l’être humain et les multiples connections numériques qui l’enserrent ne concerne pas que les experts labellisés.
C’est une affaire personnelle qui a obligatoirement un impact sur notre santé au sens le plus large du terme. Donc qui dessine ce que sera notre futur. La LEM 1161 e-Responsabilité vous convie à son voyage dans ce domaine encore peu exploré.
François-Marie Michaut
9-10 mars 2020
C’est une affaire personnelle qui a obligatoirement un impact sur notre santé au sens le plus large du terme. Donc qui dessine ce que sera notre futur. La LEM 1161 e-Responsabilité vous convie à son voyage dans ce domaine encore peu exploré.
François-Marie Michaut
9-10 mars 2020
e-Responsabilité (LEM 1161)
Notre espèce a connu une étrange évolution. Un jour, le langage articulé transmissible est survenu à notre espèce. Quand, comment, pourquoi, les sciences n’en disent rien. Puis, il y a quelques millénaires ( Summer, sud de l’Irak vers - 3400), l’usage de l’écriture avec l’invention des alphabets s’est répandu. Les techniques d’automatisation, dans le sillage des xylographes extrême-orientaux (1), sont attribuées à Gutenberg depuis 1450. Puis, fille inattendue de l’industrie militaire américaine au moment de la Guerre Froide dans les années 1970, la «Révolution numérique» (2) nous a envahis.
Nous voici donc tous devenus tributaires, pour ne pas dire serviteurs ou victimes, de l’univers numérique. Les fameuses autoroutes de l’nformation, selon l’expression du vice-président des Etats-Unis Al Gore (3). Ce balayage théorique sommaire ayant été infligé au lecteur, il est en droit de se poser une question.
Qu’est-ce que je viens faire, moi citoyen de 2020, branché comme les autres et parce que les autres le sont, dans ce qui ressemble bien, merci Molière, à cette galère ? On ne cesse de me vanter la vie de rêve que peuvent m’apporter tous ces objets magiquement connectés, ces fouletitudes d’applications informatiques sans lesquelles, j’en ai un peu honte, je vivais fort bien avant de les connaître.
Nos prédécesseurs, depuis la révolution industrielle du milieu du XIXème siècle, furent tellement persuadés que notre humanité gommerait peu à peu toutes ses imperfections et ses impuissances grâce au progrès matériel généré par les sciences et les techniques. Beaucoup de rêves, beaucoup de promesses exaltantes, le temps de la modernité travaillait pour nos lendemains. Cette belle foi qui s’est largement fissurée au fil des ans quand nous avons pris la mesure des conséquences destructrices entrainées par nos façons d’agir. La médecine a vécu dans la douleur, ce qui est devenu pour la presse, ses séries de scandales sanitaire. Puis vint sans retour possible la conscience écologique nous enseignant que nous ne pouvions pas tout faire au seul prétexte que nous savons le faire sans mettre en péril notre planète terre (4).
L’accès au maillage numérique de la planète est quasiment à la portée de tout humain sachant lire et taper sur un clavier. Chacun accède ainsi à un pouvoir simplement inimaginable à nos proches ascendants. Celui de pouvoir écouter n’importe qui et n’importe quoi sur la planète, comme si la distance n’existait plus. Non content de n’être qu’un récepteur, nous voici devenus chacun, de gré ou de force, un simple clic suffit, un émetteur. Que de portes ouvertes enfoncées, dans ce constat. Mais la plongée dans le monde numérique se faisant de plus en plus tôt dans la vie, et la précipitation une façon d’être, nous n’en avons pas tous clairement conscience.
Cette parole dont la capacité nous est donnée dès l’enfance n’est pas seulement celle d’un jeu. Elle est, peu importe sa forme et ses moyens d’expression, une vraie parole. Nous en avons perdu la mémoire (5), mais la parole a toujours été une arme puissante . Elle peut tuer tout aussi bien qu’elle peut sauver une vie parce qu’elle a été proférée et reçue par l’autre, ou les autres. Mais la loi n’a pas jugé bon d’instaurer un permis de parler comme elle impose un port d’arme ou un permis de conduire.
Parler, cela se fait aussi sans parole. Transmettre largement ce que dit ou montre quelqu’un d’autre, c’est se faire le complice objectif de l’intention souvent toxique du lanceur de contenu. Le harcèlement informatique n’est pas un jeu anodin. Même la participation à certains échanges pervers sur les réseaux sociaux engage moralement qui y participe. Et le fait de dire que c’est de l’humour est une pitoyable défausse. Toute approbation, aussi anonyme soit-elle, constitue un encouragement pour n’importe quelle expression.
Décréter que c’est aux parents, ou aux enseignants, de former les jeunes à une attitude responsable devant les écrans tentateurs, c’est une évidence. Mais c’est à tous ceux qui savent combien il est difficile de ne pas se faire manipuler de parler clairement des effets toxiques de nos merveilleuses machines et de nos prétendus services. Chercher à devenir e-responsable - le chantier est vaste - n’est-ce pas, en égoïsme bien compris, oeuvrer à construire et protéger sa propre liberté de penser et d’agir?
Si cela pouvait un jour devenir contagieux, quelle bénéfique épidémie collective ce serait !
_______________________
Notes :
(1) Chine, Corée, Japon entre 642 et 770 lien
(2) Article critique très documenté sur La Révolution numérique disponible sur wikipedia
(3) Paul Fabra, Les autoroutes de l’information ( Les Échos, 20 janvier 1995) Lien
(4) Les jeunes générations, en dehors de toute personnalisation à visée médiatique, osent le manifester sans ambiguité aux adultes.
(5) La malédiction, comme la bénédiction, étaient traditionnelement censés entrainer une action destructrice ou protectrice d’une puissance supérieure envers quelqu’un.
François-Marie Michaut
Os court :
« L’homme est aujourd’hui tellement fasciné par le kaléidoscope des techniques qui envahissent son univers qu’il ne sait et ne peut vouloir rien d’autre que de s’y adapter complètement. »
Jacques Ellul
( 1912- 1994 sociologue, historien du droit et théologien)
Lettre d'Expression médicale
LEM n° 1161
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