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21 avril 2020
Plus jamais ça ? (Exmed)
Bon, partout on s’est arrêté de vivre ce qu’on vivait. Une fois cette apnée achevée, impossible de ne pas respirer à nouveau. Allons-nous stupidement recommencer comme avant ce qui nous a conduit à cette gigantesque faillite collective ?
Ou, comme des gamins, chercher simplement à mettre des rustines technoscientifiques sur le pneu devenu poreux de l’édifice de notre vascilante civilisation du XXIème siècle ?
Pas trop de quelques jours supplémentaires de confinement pour prendre le temps de penser à ce qu’on veut pour soi et pour les autres.
Réfléchir avant de répondre, une antique méthode oubliée ?
François-Marie Michaut
22-23 avril 2020
19 avril 2020
CONFINEMENT TRISTE ENNUI ? (LEM1167)
Nous sommes confinés ? Que voilà une affaire
Qui vire au supplice et condamne à l’enfer !
Pensez ! On ne peut plus se rendre à l’apéro
Ni aller prendre l’air aux tables des bistrots !
Contrainte intolérable et brimade indigne,
On ne pourra longtemps supporter cette guigne.
L’ennui qui nous accable est un dangereux signe
De cette dépression à laquelle on s’assigne.
Qu’est-ce donc que l’ennui ? Benoîte la question ?
Elle est plus compliquée qu’à première impression :
Petite dépression ? L’acédie des vieux moines ?
Celle de Saint Jérôme ? Ou bien de Saint Antoine ?
Les gamins d’aujourd’hui ne savaient s’ennuyer.
Un ennui défendu ; non pas pour travailler,
Mais pour jouer, jouer à tout, ou à n’importe quoi,
Aux jeux sophistiqués dont l’époque est la proie.
Distractions, distractions ! C’est là le maître-mot,
Qui nous distrait bien moins que le moindre des maux.
L’ennui est attaqué, par de bons catholiques.
Car la mélancolie, pour eux est satanique.
L’ennui comme rat mort : un vice diabolique ?
Moi, ce sont les récrés que j’aimais, romantiques :
Là, on peut s’ennuyer, tout seul ou à plusieurs,
On peut changer d’ennui en changeant de raseurs.
Pour savoir s’ennuyer, il faut avoir du temps.
Et du temps, trop pressés, on n’en avait plus tant.
L’ennui est singulier : son pluriel le détruit,
Puisque, en simultané, trop d’ennuis tuent l’ennui.
L’ennui doit être libre en étant supportable,
Volontaire, accepté. Pas celui des cartables,
Des prisons, des exils, des ghettos, des pensions.
Ni des temples nouveaux de la consommation.
Alors résignons -nous, à ce confinement.
De ce mal nécessaire, eh bien, profitons-en !
Ennuyons-nous longtemps, c’est le plaisir des Dieux !
Loin des spleens, des bourdons, des cafards pernicieux.
Profitons de ces pauses pour savoir méditer
Pour penser à « l’après » qui va nous arriver.
A ce qu’il faudrait faire ? A notre humanité.
A la notion d’État, de droit, de liberté…
A ce qui va se faire, à ce qu’on n’a pas fait
Que l’histoire nous enseigne, et resté sans effet.
Aux grandes hécatombes, aux guerres et aux erreurs
Aux civilisations, au malheur, au bonheur.
Le droit à s’ennuyer, moi, je le revendique :
Donner du temps au temps, de grands sages l’indiquent.
Comment le définir, cet ennui que je choie ?
Si c’était l’art de vivre ? Art de vivre avec soi ?
Jacques Grieu (un très vieux confiné)
Os court :
« Celui qui connait l’art de vivre avec soi-même ignore l’ennui.»
Didier Érasme
Didier Érasme
Le grand face à soi (Exmed)
Expérience collective imposée, cette retraite individuelle prolongée entre ses quatre murs. Aucun antécédent historique à nous mettre sous la dent pour comparer, nous vivons de l’inédit. Au jour le jour, avec des bonheurs inattendus et des drames effroyables aussi, l’humanité poursuit une étrange épreuve. Celle de la rupture de ses conditionnements sociaux.
François-Marie Michaut
20-21 avril 2020
Les hommes de science ne l’ayant jamais observée sont dans l’impossibilité d’en dire quelque chose de pertinent ce jour. Aurait-elle, aura-t-elle, on non une valeur initiatique, cette retraite sociale pour tous ?
Plus que jamais, les artistes et créateurs, poètes en tête, sont en position de vigile. Nous avons le temps de les écouter.
Voici la LEM 1167 de Jacques Grieu : CONFINEMENT TRISTE ENNUI ?
François-Marie Michaut
20-21 avril 2020
16 avril 2020
Tous dans la même galère (Exmed)
Caractéristique totalement inédite dans l’histoire cahotique de l’espèce humaine, selon ce que nous pouvons en savoir. Où que nous soyons, qui que nous soyons, nous avons à faire face le mieux possible à une pandémie virale en règle. Une unité dans l’adversité, c’était impensable en dehors des sciences fiction. Et elle est là !
Il va être passionnant de voir si une quelconque unité voit le jour dans les suites du Covid19. Ou, si notre sentiment de vivre la même chose ne peut durer qu’un bref instant, laissant la place au retour de nos inépuisables conflits et épreuves de force entre nous.
François-Marie Michaut
17-19 avril 2020
Il va être passionnant de voir si une quelconque unité voit le jour dans les suites du Covid19. Ou, si notre sentiment de vivre la même chose ne peut durer qu’un bref instant, laissant la place au retour de nos inépuisables conflits et épreuves de force entre nous.
François-Marie Michaut
17-19 avril 2020
14 avril 2020
La réponse de la réalité (Exmed)
La réponse de la réalité
La mutation d’un virus animal ? Micro événement dans le fonctionnement de la planète terre. Alors pourquoi ce quasi rien du tout a-t-il pu être à l’origine d’une telle perturbation planétaire en chaine dans nos affaires humaines ? Extraordinaire enchainement de dysfonctionnements.
Cette question est bien embarrassante, j’en conviens. L’hypothèse d’une conscience qui ne soit pas contenue dans le cerveau humain continue de nous choquer. Mais cette interrogation est incontournable si on ne veut pas que les décisions à prendre pour notre futur après-covid ne conduisent pas à une semblable catastrophe. Ou encore pire.
Parce qu’on a toujours pas compris comment fonctionne la réalité.
François-Marie Michaut
15-16 avril 2020
Cette question est bien embarrassante, j’en conviens. L’hypothèse d’une conscience qui ne soit pas contenue dans le cerveau humain continue de nous choquer. Mais cette interrogation est incontournable si on ne veut pas que les décisions à prendre pour notre futur après-covid ne conduisent pas à une semblable catastrophe. Ou encore pire.
Parce qu’on a toujours pas compris comment fonctionne la réalité.
François-Marie Michaut
15-16 avril 2020
12 avril 2020
An 1 d'une nouvelle ère (Exmed)
La réalité a conduit la communauté humaine à s’imposer de bloquer ses échanges habituels pour ne pas risquer de périr. Immobilité, repli sur son espace personnel, respect de règles collectives. Ce vécu laissera des traces.
Mais après ? Qu’allons nous décider ? Reconstruire sur le même modèle ? Au risque évident de nous écraser encore, et bien plus durement ? Nous n’avons pas d’autre ressource que celle que nous offre la nature : notre cerveau humain.
La LEM 1166 prend le risque d’aller regarder un peu plus loin avec «L’effet Corona».
Et que vive la vie.
François-Marie Michaut
13-14 avril 2020
Mais après ? Qu’allons nous décider ? Reconstruire sur le même modèle ? Au risque évident de nous écraser encore, et bien plus durement ? Nous n’avons pas d’autre ressource que celle que nous offre la nature : notre cerveau humain.
La LEM 1166 prend le risque d’aller regarder un peu plus loin avec «L’effet Corona».
Et que vive la vie.
François-Marie Michaut
13-14 avril 2020
L'effet Corona (LEM 1166)
Quoi qu’il arrive, la pandémie de Covid 19 aura une fin. Jusqu’à ce jour, aucun agent infectieux, aussi redoutable ait-il pu être, n’est parvenu à occire jusqu’au dernier l’Homo Sapiens. Pour une raison que nous ignorons, ce qui ne veut surtout pas dire qu’elle n’existe pas. Soyons fous. Descendants des rescapés de toutes les endémies, acceptons l’hypothèse optimiste de la poursuite du vivant.
Laissons de côté un instant le virus Corona 19 pour nous concentrer sur tout ce que sa présence perturbe gravement. Je me permets de le nommer ici l’effet Corona (1). L’idée est souvent exprimée ces derniers temps que rien ne sera plus pour nous comme avant. On comprend qu’elle soit exploitée sans modération par les esprits qui sont persuadés avoir en main, pour leur petit secteur, des solutions parcellaires aux problèmes qui ont conduit à cet énorme effondrement.
Mais pourquoi vivons-nous ce jamais vu d’une humanité au fonctionnement bloqué pendant des semaines ou des mois par le voyage d’une minuscule chose un sac contenant juste une petite quantité d’ARN, de simples agents chargés d’information (2) ? L’image du grain de sable dans une machine est bien trop faible, ou celui d’un effet domino et son mécanisme de causalité linéaire vraiment simpliste pour avoir une vision d’ensemble. Nous voici, devant l’ampleur inévitable de ce qui en train de se passer, hors du champ de notre brave vieille méthode cartésienne. Ce n’est pas faire injure au génie si productif jusqu’à ce jour de René Descartes (3) que de dire cela. Depuis le 17eme siècle, nous n’avons pas eu d’autre boussole, d’autre façon de comprendre la réalité pour pouvoir agir de plus en plus sur elle. Et avec la conviction quasi religieuse de pouvoir poursuivre sans limite et sans fin cette course vers ce qui nous semblait le progrès. Voir l’immortalité.
Nous pouvions, en toute logique de causalité linéaire, nous en sentir très fiers et très forts. En dehors de quelques esprits classés comme marginaux, donc inaudibles du plus grand nombre. Notre culture occidentale a su exploiter à fond ce filon conduisant à toujours faire plus avec ce que nous avons sous la main, au point de parvenir à une domination absolue de ce qui est compris comme une mondialisation. Une sorte de moderne tour de Babel avec comme destination non plus le ciel auquel on ne croit plus, mais la richesse comme fruit d’une inépuisable expansion. Nos grands responsables y mettaient tous leurs espoirs, nos savants tous leurs savoirs.
Et puis, patatras un maudit virus jusque là tapi dans l’ombre trouve la faille pour se répandre avec notre complicité. Notre Babel ne peut trouver de réponse à cette invasion qu’en arrêtant brutalement de fonctionner. Nous nous sommes piégés tous seuls avec ce que nous avions mis en place au fil des siècles en pensant toujours faire mieux que ceux d’avant. Trop tard pour les actes de contrition ou des procès en responsabilité sans fin. Une seule urgence demeure. Ne pas répéter - parce que nous ne les avons pas repérées - les mêmes erreurs de compréhension du fonctionnement systémique de tout ce qui nous entoure (4). La seule prise en compte d’une causalité linéaire vient de nous sauter à la figure. Elle nous a conduit, en nous obligeant à morceler notre observation du réel pour être plus « efficaces», plus «savants» à ne pas prendre les bonnes décisions.
Le travail est immense de construire enfin un monde qui ne se tue plus lui-même. Nous avons hypertrophié une partie des capacités de notre cerveau, en même temps que nous avons de plus en plus négligé l’utilisation et l’existence même d’une autre partie de notre cerveau humain (5). Pourtant, nous médecins connaissons bien l’existence de nos deux hémisphères cérébraux.
Tout ce propos peut encore sembler obscur tant nous sommes sonnés comme des boxeurs par la nouveauté de ce que nous vivons. Mais, nous n’avons pas d’alternative si nous voulons vivre, je fais une totale confiance en la puissance motrice sans précédent de l’effet Corona sur chacun de nous. Toutes les divinités invoquées, dont les scientifiques pour beaucoup, demeurent muettes ou... inaudibles. Notre sort est entre nos seules mains.
Notes :
(1) À différencier de « l’effet couronne, ou corona» qui est une décharge partielle d’électrons sur les isolants d’une ligne électrique quand l’atmosphère est fortement inonisée.
(2) Les milieux scientifiques sont divisés sur la question de savoir si les virus doivent ou non être considérés comme faisant partie du vivant.
(3) Toutes nos sciences et nos techniques les plus spectaculaires y ont trouvé leur racine.
(4) Michaut F-M, Causalité linéaire, circulaire ou «hélicoïdale», LEM 1081 du 20 août 2018 Lien
(5) Michaut F-M, Aubiérisons-nous LEM 1053 du 5 février 2018. Lien
François-Marie Michaut
Os court :
« La réalité ne pardonne pas une seule erreur à la théorie. » Léon Trotski
« La réalité ne pardonne pas une seule erreur à la théorie. » Léon Trotski
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