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17 octobre 2019
Agonie des cabinets médicaux personnels (Exmed)
L’Île-de-France, la région la plus riche en ressources de la nation, est touchée. Après avoir connu, comme dans les campagnes isolées, la raréfaction et le vieillissement de la population des médecins généralistes, voici que disparaissent à Paris de plus en plus de cabinets de médecins spécialistes. Il y a déjà un bon moment que les étudiants affirment leur préférence massive pour un exercice salarié. Il est bien naturel que tout évolue avec le temps.
Il n’est pas totalement stupide de se demander avant qu’il ne soit trop tard si ce qu’on fait va bien dans l’intérêt du couple malade-médecin, et, par ricochet, du système de soins dans son ensemble.
Et, de grâce, pas seulement au nom des équilibres financiers !
François-Marie Michaut
18-20 octobre 2019
15 octobre 2019
Suicides en hausse (Exmed)
Le pays matériellement le plus riche de la planète vit une évolution dramatique. Celle du nombre des suicides. Une augmentation de 30% entre 2000 et 2016 aux USA. Source : JIM du 9 octobre 2019 Prévention du suicide, nouvelles tentatives, Pierre Margent MD. La tranche d’âge des 18 à 25 ans serait la plus vulnérable. Constat sans appel d’une inadéquation entre les valeurs mises en avant par une organisation sociale et les attentes vitales de l’ensemble de ses membres. Les solutions préventives psychothérapiques ou médicamenteuses proposées par la médecine depuis longtemps se révèlent insuffisantes pour stabiliser ou inverser cette situation.
On reste les bras croisés ou on se pose, enfin, les bonnes questions qui dérangent nos habitudes mentales ?
François-Marie Michaut
16-17 octobre 2019
On reste les bras croisés ou on se pose, enfin, les bonnes questions qui dérangent nos habitudes mentales ?
François-Marie Michaut
16-17 octobre 2019
13 octobre 2019
ABSOLUMENT (LEM1141)
L’absolu est un mythe et comme une illusion ;
Tout reste relatif, sauf rares exceptions ;
Le silence absolu n’existe pas vraiment :
Il n’y a que les sourds qui n’en soient pas conscients.
Quand l’absolu nous quitte, et où qu’en soit la cause,
Tout n’est pas disparu, il reste quelque chose.
C’est là le relatif, chose la plus commune,
Qui inspire nos pas, nos erreurs, nos lacunes.
L’absolu, dans la vie, peut se trouver partout
Et on peut l’éprouver, où qu’on soit, tout à coup.
Peut-être en se rasant le matin, au réveil,
Ou bien en repensant aux malheurs de la veille.
Pourquoi aspirons-nous à ce bel absolu ?
Est-ce une tentation ? Pour rechercher quel but ?
On le perd, il s’enfuit mais c’est une attraction,
Et cet aimant puissant n’est que malédiction.
Le bonheur absolu n’a cours que chez les sots,
Nous a dit un chanteur n’ayant pas peur des mots.
Car un sentiment noble, hissé vers l’absolu,
Peut devenir un vice au lieu d’une vertu.
Grand prélat fut souvent petit absoluteur.
Ces pingres du pardon ont fait bien des pécheurs,
En cherchant à montrer la rigueur du salut,
Que toute rémission n’est pas droit absolu.
Tous les pouvoirs corrompent, ont dit des mécontents :
Le pouvoir absolu corrompt… absolument,
Et il a ses raisons qui n’ont pas de statut.
Mais tout gouvernement n’est-il pas absolu ?
Jacques Grieu
Os court :
« La poésie est une aventure vers l’absolu. On arrive plus ou moins proche, on emprunte tel ou tel chemin : c’est tout.
Pedro Salinas (1891-1951)
Lettre d'Expression médicale
LEM n° 1141
14 octobre 2019
Point de friction (Exmed)
De la platitude des mots ordinaires nait l’ennui et le sommeil de l’attention aux autres et au monde. Attitude dangereuse de la part de ceux dont la fonction est de soigner les autres.
Notre agitateur de neurones Jacques Grieu monte à l’assaut des cimes avec la LEM 1141 ABSOLUMENT. Pourtant la physique reconnait le zéro degré absolu de température, et la chimie utilise l’alcool (éthanol) absolu.
Alors? demandez-vous. L’absolu ment ?
Le poète Pedro Salinas aurait-il absolument raison ?
François-Marie Michaut
14-15 octobre 2019
Notre agitateur de neurones Jacques Grieu monte à l’assaut des cimes avec la LEM 1141 ABSOLUMENT. Pourtant la physique reconnait le zéro degré absolu de température, et la chimie utilise l’alcool (éthanol) absolu.
Alors? demandez-vous. L’absolu ment ?
Le poète Pedro Salinas aurait-il absolument raison ?
François-Marie Michaut
14-15 octobre 2019
10 octobre 2019
Les "empathophages" (Exmed)
Nous venons d’avoir à Paris notre Michaël Harpon. En RDA, visiblement sous un autre étendard, un autre homme se filme en train de faire un massacre dans une synagogue fêtant Le Grand Pardon avant d’attaquer un restaurant turc. Un fond commun saute aux yeux : la froideur absolue des deux sujets en train de tuer.
Nos mots en isme cherchant à les définir cachent l’essentiel, tout comme celui de psychopathe dont le public gavé de films mesure mal la dimension. Nous sommes en face de gens eux-mêmes dépourvus de toute empathie, sinon simulée. Leur ennemi à détruire, c’est celui qui est pourvu de cette forme d’altruisme. Il leur faut le bouffer, le réduire en poudre, pour l’exploiter dans leur entreprise. C’est de l’empathophagie, sans vouloir accrocher la moindre dimension savante à ce vocable que monsieur Google lui-même ne connait pas.
François-Marie Michaut
11-13 octobre 2019
Nos mots en isme cherchant à les définir cachent l’essentiel, tout comme celui de psychopathe dont le public gavé de films mesure mal la dimension. Nous sommes en face de gens eux-mêmes dépourvus de toute empathie, sinon simulée. Leur ennemi à détruire, c’est celui qui est pourvu de cette forme d’altruisme. Il leur faut le bouffer, le réduire en poudre, pour l’exploiter dans leur entreprise. C’est de l’empathophagie, sans vouloir accrocher la moindre dimension savante à ce vocable que monsieur Google lui-même ne connait pas.
François-Marie Michaut
11-13 octobre 2019
08 octobre 2019
L'hydre à combattre (Exmed)
Discours solennel d’Emmanuel Macron à la Préfecture de Police de Paris célébrant les victimes d’une tuerie commise en son sein, retransmis et commenté le 8 octobre 2019 par les radios et les télévisions. Nous sommes exhortés, nous qui vivons en France, à participer à un «combat sans relâche» contre «l’hydre islamiste». L’image du monstre mythologique dont les têtes coupées repoussent est forte, le ton martial. Comme nous aimerions savoir quelle est la stratégie censée enfin y parvenir. Renforcer encore ce qui n’a pas marché jusqu’à ce jour : difficile de croire à son succès.
Alors, on fait l’effort de remonter le temps pour comprendre ce qui s’est passé entre nos cultures issues du même tronc pour qu’elles ne cherchent qu’à s’éliminer mutuellement ? Combat, non pas des armes entre l’Occident et l’Orient, ce qu’on fait, mais des façons de comprendre la réalité. Ce qu’on ne fait jamais clairement ni d’un côté ni de l’autre.
François-Marie Michaut
9-10 octobre 2019
Alors, on fait l’effort de remonter le temps pour comprendre ce qui s’est passé entre nos cultures issues du même tronc pour qu’elles ne cherchent qu’à s’éliminer mutuellement ? Combat, non pas des armes entre l’Occident et l’Orient, ce qu’on fait, mais des façons de comprendre la réalité. Ce qu’on ne fait jamais clairement ni d’un côté ni de l’autre.
François-Marie Michaut
9-10 octobre 2019
06 octobre 2019
Écologie et médecine systémique (LEM 1140)
À tout inventeur reconnaissance s’impose. Depuis quelques années (1), la conscience écologique se répand comme une marée dans la plus grande partie des esprits. Les plus jeunes n’étant pas les moins démonstratifs (2). Le mot d’écologie a été utilisé pour la première fois par le médecin anatomiste allemand Ernst Haeckel (1839-1919). La langue grecque a, selon la coutume savante, été mise à contribution. Oïkos veut dire maison et logos, c’est connu, le discours,. Sous entendu : celui des hommes de la cité scientifique. La notion, déjà contenue dans la théorie de l’évolution du britannique Charles Darwin, que nous n’avons qu’une seule maison commune qui est notre planète terre, et pas seulement les espèces vivantes, apparait clairement, même si elle érode progressivement nos confortables sentiments de supériorité et de toute puissance.
En 2019 il devient de plus en plus difficile de se penser soi-même comme le centre autour duquel gravite un univers qu’il faut dominer pour l’exploiter au mieux de son intérêt (3). Un mouvement de civilisation, faute de le définir autrement, se fait sous nos yeux, sur tous les continents. Qu’il s’agisse des variations climatiques, des atteintes à la biosphère ou de la protection de telle ou telle espèce menacée d’animal ou de végétal. Au risque de nous enfermer dans un certain intégrisme de chapelle militante. Cette évolution de notre façon de concevoir la planète est aussi récente que rapide. La qualification de «bio» (4) est devenue un argument commercial majeur. C’est comme si, dans nos têtes, nous devenions de plus en plus, tels les Martiens des bandes dessinées, des petits hommes verts !
Il demeure pourtant tout un secteur de notre compréhension du monde qui échappe à la vague verte. Celui de la santé, ou plus exactement celui de la médecine, solidement calé entre son carcan scientifique et ses armes technologiques. que nous sommes obsédés par l’obligation d’agir toujours mieux , et surtout toujours plus, pour soigner et prévenir ces maudites maladies qui nous empoisonnent la vie de la naissance à la mort.. Agir, agir, agir, telle semble être notre devise implicite. Comme des fourmis, nous courons sans répit. Comme nos amies, nous n’avons pas la moindre idée du pourquoi nous agissons ainsi, et vers quoi nous nous précipitons. La course des sciences vers l’infiniment petit nous laisse l’illusion que c’est ainsi que nous trouverons la clé ultime de la connaissance de l’humain. Illusion sans cesse repoussée.
Il est curieux de remarquer que la médecine a le plus grand mal, alors que c’est si à la mode, à s’emparer de l’adjectif biologique. Médecine biologique, ça vous sent son pléonasme (5) à dix lieues. Une fois encore, au risque de lasser la patience du lectorat, la seule roue de secours disponible est celle de l’abord systémique. Un système sans frontière prédéfinie regroupant en son sein et tout ce que l’écologie exprime d’elle-même et tout ce qu’une approche systémique permet d’appréhender de notre fonctionnement le plus intime d’être humain. Notre «maison», bien des traditions le disent depuis longtemps est, et ne peut être qu’une. La découper en appartements sans communication avec ce qui existe autour, c’est se condamner à ne pas pouvoir la connaître. Puisse cette dernière phrase n’enfoncer qu’une porte ouverte. Il ne peut être d’écologie que systémique ; il ne peut exister de médecine que systémique (6).
François-Marie Michaut
Notes :
(1) En France, l’ingénieur agronome René Dumont (1904-2001) a été candidat aux élections présidentielles de 1974 pour tenter, en vain, de faire entrer l’écologie en politique.
(2) Cf le phénomène de masse représenté par Greta Thunberg
(3) À de remarquables et bruyantes exceptions près.
(4) Étiquette purement française ce «bio» , les anglophones, eux, ont choisi « organique» (organic).
(5) Larousse : Répétition dans un même énoncé de mots ayant le même sens, soit par maladresse (par exemple descendre en bas), soit dans une intention stylistique (par exemple Je l'ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux, vu [Molière])
(6) Formule partagée dans un mail privé avec Sophie Duriez, psychiatre à Los Angeles (CA)
Os court :
« Tous les écologistes sont daltoniens, ils voient vert partout ! »
Raymond Devos
Lettre d'Expression médicale
LEM n° 1140
7 octobre 2019
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