Les matérielles se comptent. Celles qui guident nos façons d’être dans la vie demeurent généralement dissimulées. Tant pis pour l’omerta protégant tous les pouvoirs, osons la curiosité d’aller voir ce qu’il y a derrière le rideau.
C’est ce que propose la LEM 1148 : Toute emprise est systémique.
Sa seule ambition ? Susciter des questions, vos questions.
François-Marie Michaut
2-3 décembre 2019
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01 décembre 2019
Toute emprise est systémique (LEM 1148)
La notion d’emprise sur autrui est ressortie comme un lapin du chapeau des pouvoirs publics, sommés par la population de sortir de la négligence le drame du femmicide (1) en France. On ne connait plus guère le verbe emprendre (2) d’où vient l’emprise. Il est pourtant éloquent. Laissons l’oreille nous parler. En prendre, se servir, piquer dans (l’autre) , le principe moteur permettant le mécanisme d’emprise est là.
Dans les civilisations traditionnelles, c’est une force extérieure invisible qui est reconnue avoir le pouvoir de prendre possession d’un être humain. Possession démoniaque, rituels de sorcellerie ou d’envoûtement plus ou moins exotique, tout cela est de l’emprise. Il n’est pas rare encore que d’authentiques états dépressifs pour les médecins conservent pour les familles cette connotation explicative. D’une certaine façon, c’est rassurant : la maladie vient d’ailleurs, de cause extérieure, pas d’un dysfonctionnement de la personne atteinte. Elle est la victime, et non la coupable d’une faute quelconque dans son comportement.
Prendre le pouvoir sur les autres a toujours été une caractéristique de notre espèce animale, nos récits historiques comme nos recherches ethnologiques en témoignent. L’esclavage, hélas encore vivant en 2019, même s’il a pris d’autres masques, est toujours dans nos esprits. La vieille idée que la vie est un combat sur les autres à gagner chaque jour demeure vivace. Être le plus fort, ne pas se laisser faire, rendre coup pour coup, être le premier : le culte du sport ne célèbre pas une autre valeur. La vie sociale, professionnelle, communautaire, familiale, ne cesse de nous y pousser. Vieux relents de temps dépassés, malgré des prises de conscience collectives de grande ampleur ? Ce n’est pas une certitude. Il nous manque quelque chose. En France, nous proclamons sur nos édifices publics : Liberté, égalité, fraternité. Trilogie d’une société idéale jamais accomplie, chacun le sait. Il faudrait avoir l’audace, sans en altérer pour autant la valeur remarquable , de penser autrement notre relation à tout autre que nous-mêmes. Sans grands mots, sous un forme simple, non agressive et acceptable pour le plus grand nombre. On croirait presque à la gestation laborieuse d’un slogan publicitaire dans la sphère commerciale ! Sauf qu’ici, il n’y a rien à vendre mais beaucoup à gagner.
De la vie intra-utérine à la mort et quels que soient les systèmes culturels et les organisations sociales, un seul principe que je nomme systémique, pourrait surgir. J’ose le formuler ainsi, à titre provisoire en attendant mieux. Aucun être humain n’est et ne peut être la propriété d’un autre. Personne n’appartient à quelqu’un dans tout le règne du vivant. Attention, cela va beaucoup plus loin, dans le vécu de chaque vie, qu’une altruiste déclaration de principe. Établir coûte que coûte sa domination sur l’autre - être le plus fort, le plus beau, le plus puissant, le plus égoïste, le plus intelligent etc - est un schéma sytémique directeur de vie facilement observable tant en clinique que dans la vie habituelle. Peu importe ici le jugement qu’on porte devant cette réalité : nous la subissons tous plus ou moins.
En achevant la rédaction de ce texte bref, si maigrement documenté, je ressens deux impressions. - D’abord, celle d’enfoncer des portes ouvertes depuis des siècles et des siècles partout dans le monde par des esprits d’incomparable clairvoyance. - La seconde est une crainte. Que, si une prise de conscience de cette réalité destructrice peut se faire (3), nous ne sachions pas trouver les bons outils pour que les choses puissent changer. Enfin changer. Nous le devons bien aux armées silencieuses de victimes du choix de nos valeurs depuis nos plus lointaines origines.
Tradition française : pas de sujet, aussi dramatique soit-il, qui ne puisse se conclure sans un sourire. Il est emprunté ici à un mémorable spot publicitaire télévisé pour une marque de rillettes : « Nous ne partageons pas les mêmes valeurs ».
François-Marie Michaut
__________________Notes :
(1) Ce terme (non répertorié par Google) me semble plus simple, plus direct et plus euphonique que le féminicide actuel.
(2) Du verbe latin enprehendo, devenu entreprendre.
(3) La révélation sur la place publique de comportements prédateurs tenus secrets, en particulier dans le domaine sexuel, semble en constituer un début probablement irréversible.
_________________________
Os court :
« C’est la liberté de tyranniser qui est le contraire de la liberté.»
Fernando Pessoa ( poète portugais trilingue 1888-1935)
Lettre d'Expression médicale
LEM n° 1148
2 décembre 201928 novembre 2019
À quoi on joue ? (Exmed)
Un hebdomadaire français, dont je choisis de pas citer le nom ici, vient d’attirer ses lecteurs en vantant l’efficacité d’une injection unique pour « réduire l’alcoolisme». Peu importe que soit citée l’ University College of London comme gage de sérieux. La substance utilisée a été synthétisée en 1962 et depuis d’utilisation courante en médecine vétérinaire et hospitalière.
La dénomination ne figure pas ici car n’importe quel moteur de recherche permet d’en acheter en ligne. Parce qu’il est, en toute illégalité nationale, très prisé dans certains types de fête. Risque majeur de pharmacodépendance en cas d’usage répété, ce n’est pas neutre.
Penser traiter une alcoolodépendance ( et non «l’alcoolisme») en courant le risque d’une pharmacodépendance aussi redoutable, c’est comme vouloir cicatriser une brûlure par le feu. Donner toutes les clés pour que d’autres aillent jouer sur le même terrain des addictions, c’est s’en faire les complices au nom sacré de l’information et... du tyran tirage.
François-Marie Michaut
29 novembre-1er décembre 2019
La dénomination ne figure pas ici car n’importe quel moteur de recherche permet d’en acheter en ligne. Parce qu’il est, en toute illégalité nationale, très prisé dans certains types de fête. Risque majeur de pharmacodépendance en cas d’usage répété, ce n’est pas neutre.
Penser traiter une alcoolodépendance ( et non «l’alcoolisme») en courant le risque d’une pharmacodépendance aussi redoutable, c’est comme vouloir cicatriser une brûlure par le feu. Donner toutes les clés pour que d’autres aillent jouer sur le même terrain des addictions, c’est s’en faire les complices au nom sacré de l’information et... du tyran tirage.
François-Marie Michaut
29 novembre-1er décembre 2019
26 novembre 2019
Sombre parfum de lobotomie (Exmed)
Le Figaro du 25 novembre 2019 titre crânement : « Le cerveau virtuel au secours de la chirurgie de l’épilepsie ». Faut-il en déduire qu’il existe un cerveau virtuel et que l’on sait faire autre chose que de détruire les zones du cortex atteintes de périodes d’hyperactivité électrique quand les médicaments sont sans effet ? Non, le public ne doit pas s’y laisser prendre. Réaliser un cerveau virtuel, même avec la merveilleuse fée numérique, suppose une condition préalable. Celle de savoir non seulement comment, mais aussi pourquoi notre cerveau est capable de fonctionner comme il le fait. Nous ne le savons pas encore, qu'on se le dise bien dans les chaumières.
Au mieux, les neurosciences fournissent une image de plus en plus fine de ce qui pourrait être comparé au câblage de l’encéphale. Mais, il nous manque encore cruellement d’avoir accès à ce qu’est, pour une machine, la notice technique qui permet d’en comprendre le fonctionnement.
Alors comment ne pas évoquer l’effroyable expérience de la lobotomie largement pratiquée aux USA dans les années d’après guerre ? Pour aller plus loin, lire Lynda Zerouk.
François-Marie Michaut
27-28 novembre 2019
24 novembre 2019
MINCEURS (LEM 1147)
« Ah ! Et puis, mince, alors ! ». La belle exclamation !
On peut se demander d’où sort cette expression.
Certains esprits retords y voient un euphémisme
Pour camoufler un « merde ! » aux relents de… snobisme.
Tous deux ont bien cinq lettres et commencent par « M » :
Ce n’est pas par hasard si leur ton est le même.
Le « zut ! » sonne moins bien qu’un « mince ! » bien craché,
Prononcé par un gros ou un maigre fâché.
Au sujet des gros mots, on a beaucoup à dire :
Leur effet n’est pas mince et le fait bien sentir.
Le gros mot est une arme, un obus, un missile
Mais savoir le lancer est un art et un style.
Plus le mensonge est gros et mieux il va passer.
Plus mince est le savoir, plus forts les préjugés.
Un très mince croquis vaut mieux qu’un gros discours ?
Oui, « mais moins qu‘un gros chèque », ajoutent les balourds !
Si le verbe « mincer » n’est plus guère employé
L’obsession de « mincir » est partout proposée.
Le mince est à la mode et le gros mal perçu.
Plus on est filiforme et mieux on est reçu.
Plus mince est le discours, plus chaque mot est gros :
Plus mince sont les bois, plus gros est l’arbrisseau…
Gros défaut vaut-il mieux que trop mince vertu ?
Qui a un trop gros nez croit que chacun l’a vu !
Gros mot n’est pas mot gros, a dit le professeur ;
Cœur gros n’est pas gros cœur, ajoute le censeur.
Je grossis, je grossis ! Et ainsi, je m’aigris !
Mourir gros, mourir mince est même vilenie…
Jacques Grieu MINCEURS
Os court :
« Maigre comme un clou : faut être marteau pour avoir la minceur comme obsession, car en général ça tourne au vice.»
Stéphane De Groodt
( comédien, réalisateur, humoriste, ancien pilote de course)
LETTRE D'EXPRESSION MÉDICALE
LEM 1147
Maigromanie (Exmed)
Depuis combien de décennies les blouses blanches ne cessent de nous marteler que nous sommes trop gros pour nous porter bien ? Sans grand succès. Seuls les résultats sont ... maigres, il faut le reconnaitre.
Alors sans tomber dans le piège dramatique de la redoutable anorexie mentale, et sans nous prendre au tragique, allons faire un tour avec Jacques Grieu et MINCEURS, sa LEM 1147.
Bonne lecture décapante.
François-Marie Michaut
25-26 novembre 2019
Alors sans tomber dans le piège dramatique de la redoutable anorexie mentale, et sans nous prendre au tragique, allons faire un tour avec Jacques Grieu et MINCEURS, sa LEM 1147.
Bonne lecture décapante.
François-Marie Michaut
25-26 novembre 2019
21 novembre 2019
Présidentielle obsession (Exmed)
Emmanuel Macron parlant hier aux maires de France a dit : « Je n’ai d’autre obsession que d’agir.». Agir pour que la nation France patraque aille mieux, ou moins mal, faut-il comprendre ? C’est son travail. Mais faire de l’action une préoccupation dominant et remplaçant toutes les autres doit être discuté. Et au bon niveau : celui du fonctionnement du cerveau humain. Ici même a été publiée une approche inusitée de nos deux entités mentales : Le «Qui-Fait» et le «Qui-Sait». LEM 1156 .
Le Président se dit le serviteur du Qui-Fait mais reste muet sur son Qui-Sait. Le comment faire les choses, avec chiffres à l’appui, occupe le devant de la scène. Mais le pourquoi faire les choses, ces choses bien cadrées dans les médias, cet obscur Qui-Sait agissant comme moteur de tout, nous n’en avons jusqu’à ce jour aucune explication politique claire. Les nations, partout dans le monde, reprochent fort justement à leurs élites un manque fondamental. Celui de savoir exprimer la ligne directrice civilisationnelle capable de rendre bénéfique aux autres ce qu’ils font.
Alors, rêvons large, la France ne serait pas mal placée pour baliser dans le chaos mondial une voie qui n’a pas encore pu être empruntée. Oui, rêvons de nouvelles «Lumières» donnant enfin toute sa place à notre cerveau « Qui-Sait».
François-Marie MichautC.O. 22-23 novembre 2019
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