dimanche 12 mai 2019

C'EST SELON ? EXTINCTION (LEM 1119)

                               
                          
                                                          
Pourquoi n’entend-on plus le chant de l’alouette,
Ou celui du coucou à la diction parfaite ?
Ni celui des grenouilles qui se content fleurette,
Ou ceux des martinets ou ceux de la fauvette ?

L’ours blanc disparaît et les grands singes aussi.
Baleines bleues, pandas, albatros ou souris,
L’éléphant ou le lion, le rhino, la perdrix ;
Pas d’espèces qui soient sûrement à l’abri.

Où sont nos scarabées, où sont nos hannetons ?
Et nos bonnes abeilles et les beaux papillons ?
Plus d’un tiers des espèces est en grave danger,
Et la végétation n’est pas plus protégée…

Même depuis l’espace, on voit tous les ravages
Que subit la planète et qui est un saccage.
Les forêts diminuent, les océans grossissent,
Les cyclones augmentent, les glaces rapetissent.

La nature, pourtant, ne fait pas de déchets.
Elle recycle tout et sait tout employer.
Mais elle prend son temps, complice du hasard
Puisant son énergie au soleil superstar.

Habitats dégradés et surexploitation
Chimie envahissante et partout : pollution.
Le désastre, c’est l’homme. Et lui ne « s’éteint » pas.
Et même il prolifère en aggravant son cas.

Pourtant, il fait bien peu pour arrêter le mal :
L’homme va disparaître.  Et ce sera normal.
Il est bien averti, il sait lire les signes.
Biodiversité ? Nous n’en sommes pas dignes !

La Fontaine et Buffon et Darwin et Cuvier
Dans leurs tombes en pleurant ne peuvent nous sauver.
Mais plantes et animaux, pour ceux qui survivront,
Diront « bon débarras, parti, le trublion !»

Certains auraient tendance, invoquant le « destin »
A dire « c’est écrit » et on n’y pouvait rien !
Voilà qui est aisé pour mieux se disculper !
Le sort entre nos mains, il nous faut l’assumer…

Celle des dinosaures  est  avertissement :
La dernière extinction, on le sait maintenant,
Etait une cinquième. On court vers la sixième !
Chaque jour nous apprend que ce risque est extrême…

Après notre extinction revient l’évolution
Qui reprendra son cours vers d’autres horizons.
Le soleil lui promet des années par millions ;
De quoi en rétablir, de belles inventions !

On aime bien se dire en toute modestie
Que l’homme est le chef d’œuvre au sommet de la vie.
Et si nous n’étions rien qu’un incident technique,
Infime quantité du grand hasard cosmique ?

A force de hasards et grandes explosions
Qui font que l’univers est en transformation,
La matière en son sein, comme Reeves le dit,
Paraît bien condamnée à produire la vie…

La Terre en a vu d’autre et tournera encore,
Et vite recréera un monde qu’on ignore ;
Des espèces naîtront qui nous remplaceront…
Plus sages que les hommes ? Ou pires ? C’est selon !

    Jacques Grieu
 

       
           
Os court :
«    Mieux vaut avoir une extinction de voix qu’être en voie d’extinction.» 

Alain Guéguen
     


    Lettre d'Expression Médicale n° 1119 du 13 mai 2019 
Site d'origine :   Exmed                

1 commentaire:

J.G. a dit…

"Mieux vaut avoir une extinction de voix qu’être en voie d’extinction."
Oui, mais parfois, l'une va avec l'autre !

A force de prêcher (crier) dans le désert à s'en briser la voix pour nous mettre en garde, la bonne parole inaudible ne pourra plus nous éviter la voie de l'extinction...

Amitiés

JG

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