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12 septembre 2021

RAYONNAGE (LEM 1240)


    


En connaître un rayon signifie qu’on est fort :
C’est, dans des professions, un très bon passeport.
Il ne s’agit pas là de rayon de courbure
Qui n’aiderait personne à la candidature,
Mais plutôt du rayon qui, dans bien des boutiques,
Est un lieu consacré à des choix spécifiques…

Le rayon de braquage est, lui, fort éloigné
D’un brigand menaçant volant à main armée.
Il serait chef de bande et pas chef de rayon :
On ne saurait confondre et serviettes et torchons…
Quand au rayon d’action, il n’est pas sur la roue
Et son action n’est pas celle d’un risque-tout.

De nos bibliothèques, les rayons sont culture
Et rayons de soleil par la littérature :
Les mots sont rayons X,  ils transpercent les corps
Mais leurs ombres s’impriment en trouvant des accords.
Qu’ils soient ultra-violets, infrarouges ou cosmiques,
Les rayons font partie de notre sémantique.

Le rayon de Schwarzschild  vous dit-il quelque chose ?
C’est un rayon à trou, mais de trou fort grandiose,
Puisqu’il nous parle-là des terribles trous noirs,
Et leur gravitation aux appétits notoires.
Peut-être ce savant au nom si émouvant
Aimait-il bien le miel aux rayons si tentants ?

La roue de la vie tourne : où donc sont ses rayons ?
Elle tourne trop fort pour que nous les voyions.
Beaucoup de grands esprits tentent tout pour briller :
D’autres, bien mieux, rayonnent sans s’être démenés.
Leur rayon est interne et dur à déceler ;
Comme chez les poètes c’est une chose innée…

                            Jacques Grieu
  

Os court :

« Belles personnes,
Rayonnez, fleurissez, soyez des échansonnes

De rêve, d’un sourire enchantez un trépas,

Inspirez-vous des vers... mais ne les jugez pas!»

Edmond Rostand (Cyrano de Bergerac)


 

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1240 12 septembre 2021
 



                

Temps précovidien (Exmed)

    Mais qu’avions-nous donc dans la tête avant que Corona le virus du syndrome respiratoire aigu sévère n°2 ne monopolise sans relâche jusqu’à l’abrutissement nos petites - comme grosses- têtes ? Un petit air d’un avant déjà perdu.

     Tiré de nos réserves encore inédites ici, voici la LEM 1240 de Jacques Grieu RAYONNAGES.

 Bonne lecture ne nécessitant, on respire un peu...  aucune modération.

   François-Marie Michaut, 12 septembre 2021

05 septembre 2021

Ceci n’est pas de l’antiscience plus que du proscience
 (Exmed)


  
  Le moins qu’on puisse dire est que la science, comme ceux  qui ont pleine confiance en elle, sont rudement mis en cause dans les échanges publics. Être pro ou anti, pour quelque raison que ce soit là n’est pas l’important pour comprendre ce qui nous arrive.
   La LEM 1239 tente de faire cet effort sans chercher à distribuer de bons et de mauvais points. Voici : Systémique, le grand frein.
À vous, les lecteurs, d’en faire ce qui vous semble juste.

François-Marie Michaut 5 septembre 2021

Systémique, le grand frein (LEM 1239)

   

   Si je suis tombé dans la bassine de la pensée systémique, c’est à cause des malades alcooliques  que j’ai choisi de prendre en charge pour les soigner en un temps où on ne s’en préoccupait guère du côté de la citadelle médicale (1). Les soins, alors orientés par la seule obsession d’empêcher par tous les moyens (2) les malades de boire  jusqu’à la fin de leurs jours, les conséquences bien connues de leur alcoolisation étant dramatiques. Oui, la lutte contre l’alcool s’est avérée une voie thérapeutique on ne peut plus désespérante,tant pour les soignants que les soignés et... leur entourage. Erreur de compréhension d’une pathologie, tant féminine que masculine, impliquant toujours un entourage particulièrement complexe (3). Ne s’occuper que de la substance toxique a conduit à une sorte de négation de la personne humaine dans toute sa complexité.
Rendons à César ce qui lui appartient. La notion d’addiction  (anglicisme francisé) proposée par le psychiatre Jean-Paul Descombey ( in «Alcoolique, mon frère, toi», Privat 1985) a été une ouverture majeure, la personne reprenant la priorité sur la substance toxique.
Une industrie pharmaceutique aux  aguets d’une clientèle potentielle énorme s’est engagée dans le créneau de la nouvelle alcoologie, avec un biais majeur. La course après la substance capable de faire disparaitre, ou diminuer, les comportements de dépendance à l’éthanol. Là encore, il n’y a pas eu de miracle, les promesses sont tombées... à l’eau.

   C’est finalement la thérapie familiale en psychiatrie, dans la lignée de l’école californienne de Palo-Alto, qui a ouvert une porte inédite. Celle de l’abord systémique des situations de chaque personne et de chaque groupe concernés par cette «addiction» dévastatrice.

   Je le dis sans détour, ayant mis en place un bon nombre de formations de professionnels, cette idée même de pensée systémique ne séduit pas les esprits. Trop complexe, trop nouveau, trop dérangeant dans nos précieuses routines. Ce qui ne veut pas dire dénué d’intérêt et sans avenir possible.

   Et pourtant, notre culture biologique ne cesse de décortiquer plus finement les systèmes qui pilotent le fonctionnement du vivant. Du cycle de reproduction au système neuro-endocrinien, de l’embrryologie aux acides nucléïques, nous jonglons avec une quantité de systèmes. Cela pourrait être un chaos. Pas vraiment, tout le vivant semble présenter une surprenante harmonie, et un mouvement d’ensemble souvent nommé l’évolution. Bien que celle-ci ne semble pas toujours rectiligne.

  À quoi obéit cette myriade d’entités systémiques, dont nous ne connaissons toujours (4) qu’une partie. Au hasard dit-on, pour camoufler notre ignorance. N’est-ce pas alors ériger, Philippe Guillemant l’affirme, cette indétermination en une divinité absolue ?
Un autre physicien, David Bohm, a proposé la notion d’un ordre impliqué capable de mettre en route l’ordonnancement des réalités que nous constatons. Un biologiste d’origine britannique, Rupert Sheldrake, propose l’hypothèse de champs morphogénétiques jouant le même rôle de signaux déclencheurs des mécanismes organiques. Le même auteur nous invite à continuer à nous émerveiller dans son livre de 2012 : Réenchanter la science ( Albin Michel). Tout un programme.
   La connaissance scientifique tourne autour du pot d’une connaissance globale et unifiée de la réalité. Pourquoi n’y parvient-elle pas ?
   Serait-ce lié aux frontières qu’elle s’impose elle-même par souci de rigueur et d’objectivité ? Ses méthodes la rendent-elles aveugle et muette à ce qui est hors de son champ d’investigation?
   Tentons de formuler clairement la situation. Peut-il exister un système des systèmes ? Sans sombrer dans des pistes ésotériques ou spirituelles incontrôlables, notre intelligence humaine est-elle physiologiquement capable d’accéder à ce savoir des savoirs ? À ce que Dominique Aubier nomme le système des systèmes, le système absolu ? Les scientifiques, dont elle n’était pas, continuent de faire comme si elle n’avait jamais existé.
Ou bien, comme nous avons tendance à le faire dans de multiples domaines, est-il sage d’attendre que l’intelligence artificielle soit capable de fournir la clé de cette grande énigme ? Notre avenir en dépend à court terme, cela nous est assez dit sur tous les tons.
On continue de passer à côté comme si on avait rien vu ?


François-Marie Michaut
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Notes:


(1) Quelques détails https://www.exmed.org/exmed/and.html


(2) Y compris par des cures de dégout, des implants sous-cutanés de subtances dites antabuse ( espéral), des enfermements en services fermés, des chimiothérapies diverses etc...

(3) D’où un engagement actif dans l’Association pour le développement de la recherche des intervenants en alcoologie (ADRIA),  la Société française d’alcoologie (SFA) et la société médicale Balint locale.


(4) Les virus, comme les prions, parmi bien d’autres, nous le disent sans ménagement.


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Os court :

« À vieille mule, frein doré. »
Proverbe français

 

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1239 5 septembre 2021
https://www.exmed.org/archives21/circu1239.html   

01 septembre 2021

Et mu (Exmed)




   Ça continue, la valse des mutants du COVID. L’OMS nous incite à nous méfier du dernier mutant (connu), repéré en Amérique du Sud.
Baptisé de la lettre grecque mu, notre m à nous. Bon, c’est bien gentil tout ça, mais l’alphabet réputé plus savant que le notre ne comporte que 24 lettres. Juste un peu mieux que les 22 de l’hébraïque, mais limité quand même.

  Un peu naïf de croire que l’oméga final atteint, le virus se sente obligé de disparaitre de la circulation des humains et autres animaux sensibles.

François-Marie Michaut

 2 septembre 2021

29 août 2021

PLEURNICHAGES (LEM 1238)

  

0n dit souvent que rire est le propre de l’homme.
On pourrait dire aussi que pleurer, c’est tout comme.
On a rarement vu un animal pleurer,
Sauf les gros crocodiles et ça n’est pas prouvé.
Rire et pleurer aussi sont donc notre dada.
« Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera »

Pourtant, rire et pleurer,  chacun on doit décrire :
On « donne » à pleurer alors qu’on « prête » à rire !
Si le vin fait chanter, c’est l’eau qui fait pleurer ;
Mais chanter, c’est pleurer si l’on veut méditer.
On vieillit bien plus mal à se gausser des autres
Qu’à pleurer sur soi même avec des patenôtres.

Si pour faire pleurer, il faut pleurer soi-même,
Pour savoir faire rire, restez digne à l’extrême.
On a des mots qui pleurent et des larmes qui charment ;
La bouche sourit mal quand les yeux sont en larmes
Mais la larme de l’œil rit du bruit de la bouche.
Mieux vaut pleurer pour rien que trop rire à la louche.

Qui n’a jamais pleuré, ses larmes a bien masqué,
Car souvent le mouchoir les a dissimulées.
Où sont allées les larmes empêchées de couler ?
Parfois sous les lunettes on les a bien cachées !
La vie est un oignon qu’on épluche en pleurant
Et l’on n’a pas trouvé de légume hilarant…

                   Jacques Grieu

 
 

Os court :
«  Quelle chose merveilleuse serait la société des hommes, si chacun mettait du bois au feu, au lieu de pleurnicher sur des cendres. »
Alain


 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1238  29 août 2021



                 
             
                         
 

Émotivement exprimer (Exmed)


     
Les émotions, il faut bien le dire, n’ont pas une bonne réputation auprès de ceux qui se veulent des intellectuels sérieux. Et pourtant, nos cerveaux ne nous laissent pas de marbre quand nous sommes brassés pendant des mois par les informations d’un monde riche de menaces de tout calibre, et pas seulement sanitaires.

   Parole aux poètes, ces indispensables inutiles pour simplement survivre. Voici « PLEURNICHAGES» la LEM 1238 de Jacques Grieu.
Bonne lecture à chacun.

François-Marie Michaut  28 août 2021

CONTRE NATURE  NATURELLEMENT                                 La nature, il paraît, aurait horreur du… vice, S’opposant, «  par nature »,  à ...