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09 janvier 2022

BIOSPHÈRE (LEM 1256)

 


                      
Bio ou pas bio ? Là n’est pas la question,
N’en déplaise à Hamlet (qui mangeait du poisson).
Shakespeare était-il anti écologiste ?
Car même Roméo était loin d’un gauchiste...    

La truffe et le caviar nous semblent-ils meilleurs,
Si on les garantit bio chez le vendeur ?
Car si la boîte est verte, avec de jolies fleurs,
Alors elle promet d’ineffables saveurs.    

Pour l’environnement le bio fait miracle
Et ses grands partisans assènent leurs oracles :
Tout en synthétisant les antioxydants
De bons polyphénols, il nous met sous la dent.

Champignons pathogènes, insectes ravageurs,
Pucerons, charançons, les suceurs, les piqueurs
Tous sont mis en échec dès qu’on plante bio ;
Ils protègent les sols de la plupart des maux.

Abeilles et perdreaux, cigales ou crapauds
Chacun à leur manière nous chantent le bio.                               Dentifrices aussi, crèmes, onguents divers,
Et même les savons, tous exigent du vert.

C ‘est une frénésie ! La course au bon label
Fait courir tout le monde et la pub le martèle.
« AB », quel beau logo ! Merveille des merveilles !
C’est plus cher, mais c’est mieux puisque c’est ça qu’on paye !

Autrefois nos anciens, dévots ou pas dévots,
Priaient les saints patrons pour adoucir leurs maux :
Saint Antoine ou Thomas, saint Michel ou Bruno...
Aujourd’hui, c’est fini : on prie Saint Bio !

                            Jacques Grieu


    

Os court :

«  La logique toujours à la remorque du bio ?  »

                             Inomminé

Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1256 9 janvier 2022


Mais quelle vie (Exmed)

 
Les modes d’expression ne cessent de tenter de nous séduire. La diffusion verbale industrialisée sans limite, à la portée de tous, fait sonner les trompettes de la renommée ou du scandale à si peu de frais. Entre le vrai et le caricatural, la frontière ne parvient pas à sortir du flou.
Heureusement la tradition de ceux qui nous obligent à réléchir à ce que nous entendons, et répétons, ne se perd pas.

Jacques Grieu, dans sa LEM 1256, nous convie avec sa lucidité habituelle de vieux briscard de l’écriture dans sa BIOSPHÈRE.  À vous, que vous vous sentiez ou non, fondamentalement «bio».

François-Marie Michaut

9 janvier 2022

06 janvier 2022

Endémie (Exmed)

   Pourquoi avoir peur des mots pour comprendre ce qui se passe ? Les discours persistent, chiffres et, au besoin insultes à l’appui, à nommer pandémie le flirt poussé que nous entretenons avec le COVID-19. Une infection collective qui persiste partout depuis plusieurs années, en bonne médecine classique, cela se nomme une endémie.

    Pas une simple question d’étiquette, mais l’adoption d’une conduite adaptée à une situation différente de celle d’une épidémie. Le lutter contre guerrier initial cède la place au dogme du vivre le moins mal possible avec.
L’histoire de la médecine humaine comme vétérinaire nous y a habitués. C’est oublié ?


François-Marie Michaut

04 janvier 2022

Effet parapluie (LEM 1255)

     Ainsi peut-on nommer notre situation collective pour nous défendre contre la menace infectieuse du moment. En vérité la cascade inévitable des conséquences entrainées par nos mesures de protection contre le SRAS-2. Ouvrir le parapluie, nous n’avons cessé d’en voir pratiquer l’exercice par ceux, les infortunés, chargés d’assurer notre santé. Le parapluie des connaissances scientifiques, et des échappatoires bardés de technologie arrogante, il n’arrête pas tout. On n’y croit de moins en moins.

   Parce que, ce que nous avons fait, et persévérons à amplifier, a des effets décevants pour les décideurs, et des conséquences très délétères ou destructrices à long terme quand elles se voulaient salvatrices. Nous ne faisons que récolter ce que nous avons semé. Sans penser assez à ce que nous mettions en terre en songeant agir de la façon  «sanitairement» la plus adaptée possible. Tout procès d’intention, de personne, d’institution ou de courant de pensée est inutile. Dépassé. Stérile. Car tel un château de cartes, et en réaction directe avec ce que nous avons fait, sous nos yeux s’écroule notre beau modèle civilisationnel occidental. Et nous avec. Constat aussi amer que réaliste : les, nos, cerveaux humains se sont plantés. On ne peut le redire assez.

    La nature, dit-on, ayant horreur du vide, de cet immense gâchis chaque jour plus évident, nait autre chose que nous ne connaissons pas encore. On peut continuer à vouloir l’ignorer jusqu’à disparaitre avec le monde des vivants. N’est-il pas moins suicidaire de vouloir exploiter au mieux ce que notre cerveau humain a pu laisser de côté pour savoir, enfin, ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut surtout pas, ou plus, s’obstiner à faire ?

   Jamais, nous n’avons eu sur le dos aussi crûment une telle responsabilité collective et individuelle. Pas d’autre ailleurs ou ici dont c’est la faute. 
Transformer un effet parapluie en un syndrome ombrelle.
                                       François-Marie Michaut
    

Os court :

« Un  parapluie ouvert est un beau ciel fermé. » 


 Xavier Forneret     


 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1255 4 janvier 2022
 


                       
             
                                                

30 décembre 2021

ARMEMENT (LEM 1254)


Une « arme », dans la langue, est à « double tranchant »
Et de plusieurs façons peut s’entendre en parlant.
Un « armateur » n’est pas un affreux va-t-en-guerre
 Qui « arme » ses navires  avec des militaires.
Les armes des blasons ne sont que fiers symboles
Et pour qui l’armement n’est pas du tout l’idole.
Notre « béton armé », sans fusil, sans canon
N’a jamais tué personne à ce que nous sachions...

Si la diplomatie est une arme offensive,
Le silence est parfois une arme défensive.
La vengeance est souvent l’arme des humiliés
Comme la peur est l’arme... employée à l’excès.
L’ironie est aussi une arme redoutable :
Le militaire, alors, est partout remplaçable…
L’ « arme blanche » n’est pas pour les enfants de chœur
Et même d’idées noires est souvent le marqueur.

Si pour chacun de nous, un jour, il faudra bien
Qu’on « passe l’arme à gauche » ainsi qu’un bon chrétien,
Que feront les gauchers ? Passer leur arme à droite ?
Et pour les ambidextres, où est l’arme adéquate ?
; ont pour seule arme un bon tire-bouchon,
Mais sont fort dangereux même sans intentions.
 Pour moi, je sais fort bien, qu’« avec arme et bagages »
Je quitterai les lieux quand On dira :  dégage !

                                                 Jacques Grieu
  
    

Os court :

« Un fanatique ne lâche jamais son arme, qu’elle soit chargée ou non. »

 Franklin P.Jones


 

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1254
30 décembre 2021
 



                        
             

20 décembre 2021

Mots qui font mal (Exmed)



   

  La richesse des mots, comme leur indigence, sont un indicateur de la qualité du travail d’intelligence que chacun peut cultiver. Ou trouver dépassé par les discours chiffrés deshumanisés prétendant assener la seule vérité objective, sérieuse. La scientifique, bien pensante pour mieux séduire.

   Bien, oui, cela fait tellement de dégâts toutes ces sommes de mensonges petits, moyens et grands, en cascades.

Voici la LEM 1253 DISPARITIONS pour vous


François-Marie Michaut,  20 décembre 2021

DISPARITIONS (LEM 1253)


Si le «quoi qu’il en coûte» devient fort à la mode,
Certains, tout au contraire, en sont aux antipodes
Et vont jusqu’à rogner nos bons vieux dictionnaires
En supprimant des mots qui ne semblent plus plaire.
Larousse ou bien Robert ont de drôles d’idées
Qui ne sont pas toujours celles du bon Littré.
Ces économies-là, réduisant le papier,
Aux purs écologistes des voix feront gagner...

Un galant amoureux était un «galantin» :
Au rebut, l’amoureux ! Préfère-t-on «copain» ?
Normal, quand «l’accordée» qui disait : «fiancée»
Est passée à la trappe et semble surannée.
D’ailleurs «libertiner» est lui aussi châtré,
Disparu à jamais. Trop osé ? Pas assez?
Si passion du cheval était «hippomanie»
La bagnole l’a tué comme un vil ennemi.  

«L’accul» était un lieu sans une échappatoire :
Seraient-ce un migrant qui le mit au mouroir ?
«L’aumusse» des chanoines était ostentatoire
Pour les purs laÏcards : elle aussi, au placard!
«Friponneau» supprimé s’explique à l’évidence :
Terme trop gentillet pour notre délinquance!
Nos coffres sont percés, depuis longtemps vidés :
C’est qu’on a oublié le nom de «coffretier»!

Exit, les fours à chaux pour maçons en campagne :
Plus un seul «chaufournier» pour châteaux en Espagne !
Le métier «d’argenteur», à moi, ne dit plus rien ;
C’est qu’on a des engins qui font ça aussi bien.
Autrefois, on pouvait soudain changer d’idée

Et alors «déprier» ceux déjà invités.
Etait-ce «lourderie» que ce renoncement ?
Le terme est obsolète, alors pas de tourment.

L’expression les «sans-dent», chère à monsieur Hollande,
Avait nom «claquedent» avant qu’on ne le rende.
Si pour certains, « Covid » est une «chapechute»
Pour la plupart de nous, c’est une dure lutte.
Mais cessons de pleurer, en basses invectives :
Bravant tout les écueils, notre élite inventive,
Au contraire a sorti un nouveau mot génial :
Il s’agit d’un pronom ! Vraiment transcendental !

Car  ce tout nouveau « iel », bien neutre, est capital,
Il est dans l’air du temps et d’usage vital.
Et politiquement, relevant du « wokisme »,
Il est bien dans la ligne où vont nos conformismes.
Tout ceci est bavard, chansons pour un «râcleur»,
Comme une «musiquette» pour ancien auditeur.
Le vieux «poétereau» qui ici peine et trime
A fort «opulément» transpiré sur ces rimes...

                                          Jacques Grieu

    

Os court :


« Ce qui nous rend la disparition d’un être plus sensible, ce sont les mots de passe qui existaient entre lui et nous et qui soudain deviennent inutiles et vides.  »

Patrick Modiano

 

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1253
20 décembre 2021
 


                         
             
                                              
    
 

CONTRE NATURE  NATURELLEMENT                                 La nature, il paraît, aurait horreur du… vice, S’opposant, «  par nature »,  à ...