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07 janvier 2018

Un Ordre du vivant ? LEM 1049


Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1049
      8 janvier 2018

Un Ordre du vivant ?

                           François-Marie Michaut


   Cela fait bien plus de vingt ans que je suis à la recherche d’une clé de compréhension assez solide pour donner un fondement bien établi à ce que je nomme une médecine systémique. Jusqu’à ce jour simple hypothèse issue de mes rencontres thérapeutiques si complexes avec des patients alcooliques avant même que l’on parle d’alcoologie (1). Que ce qui est de l’ordre du vivant fonctionne par cycles subtilement imbriqués les uns dans les autres est une évidence pour n’importe quel médecin ou biologiste. Mais comment tout cela peut-il se mettre en route et s’organiser, avec ou sans quelques défaillances, pour aboutir à ce que nous nommons l’évolution personnelle ou collective d’une espèce ? Répondre par l’intervention du hasard est une façon faux cul d’avouer notre ignorance. Il y a bien un plan général, il y a bien un moteur pour l’actionner : où se cachent ils donc ? Notre laïcité scientifique de bon ton refuse toute sorte de Grand Horloger. Pourtant, il y a un sacré ordre dans ce que nous observons du réel. Ce n’est pas le chaos.


  Vous pouvez comprendre mon émotion quand je suis tombé sur le livre intitulé : L’Ordre étrange des choses (2). Son auteur, Antonio Damasio, portugais de naissance, est un neuro-scientifique et un enseignant de tout premier plan (3).
Le tableau qu’il brosse de tout le vivant, de ses formes les plus simples et archaïques à ses représentants les plus sophistiqués - ouf, nous en faisons partie - est impressionnant et non sans poésie, nous obligeant à penser comme des généralistes et pas comme des spécialistes. Sans nous laisser enfermer dans des limites académiques.
Cet inventaire nous conduit à réviser fondamentalement ce que nous avons appris à l’école sur notre fonctionnement et ses racines biologiques les plus anciennes. Rôle éminent des émotions.
Audacieusement, car c’est à contre courant de la pensée dominante, Damasio parvient à cerner un principe unique qui a permis au vivant d’exister et de croitre puis de décroitre. Il le nomme l’homéostasie. Façon condensée de dire qu’un truc fait que les choses font tout pour demeurer ce qu’elles sont. Et, en particulier, tout ce qu’il faut pour lutter contre ce qui les empêcherait de continuer à exister. L’idée est séduisante, et la démonstration brillante.

  Mais qu’est-ce que c’est que cette homéostasie ? D’où sorte-t-elle donc celle-là, toute chargée d’une étrange dynamique? Comment a-t-elle pu exister plutôt que de ne jamais être ? Notre ami Damasio se garde bien de se hasarder sur ce terrain. Prudence de scientifique patenté ? C’est possible, mais l’homme est courageux et l’écrivain habile. Il se tait volontairement.
   
   Il y a pourtant un indice qui mérite qu’on y prête grande attention.
Il se trouve dans le titre de l’ouvrage et ce serait faire injure à l’intelligence de l’auteur de dire que c’est une erreur d’écriture.
Ce n’est pas de l’ordre étrange des choses dont il est question. Mais bien et bel et bien de l’Ordre des choses. Un ordre avec une majuscule, comme s’il avait quelque chose d’absolu. Il y a là dedans une façon de dire les choses sans les dire, méthode éprouvée de se faire comprendre aux yeux et à la barbe de tous les inquisiteurs de tous les temps et de tous les pays.
    Soyez remercié, cher confrère, puisque vous êtes médecin, de nous mettre sur une telle piste en nous laissant la tâche, si nous le pouvons (4), d’aller plus loin.
              
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Notes :



(1)F.Michaut, De qui souffrez-vous, 1992 en ligne sur ce site

(2)A.Damasio, L’Ordre étrange des choses, 2017, Odile Jacob

(3)Plus sur l’auteur

(4) Il n’y a aucune raison logique, à ce jour, de penser que nous ne le pouvons pas. Une prochaine LEM, fondée elle aussi sur un travail scientifique de haut vol en témoignera !


Os Court : 
  «   Un couteau sans lame auquel il ne manque que le manche  »
 Lichtenberg

Vision systémique du vivant (Exmed)

 

 

Vision systémique du vivant


    La connaissance de la médecine est tellement vaste, compartimentée et exigeante que les médecins eux-mêmes ont le plus grand mal à se faire une idée de ce que peut bien être l’ensemble du vivant. Voici, dans la LEM 1049, une invitation à une lecture de grande qualité pour mettre à jour notre logiciel personnel de connaissance scientifique.

François-Marie Michaut, CO d’Exmed 8-10 janvier 2018

05 janvier 2018

Enseignement plus humain ? (Exmed)

 

Enseignement plus humain ?


    Dans le Monde du 1er janvier 2018, Aurélie Djavadi, sous le titre L’enseignement de la médecine se veut plus humain, écrit : « Des universités développent des modules ou des masters autour des humanités pour aider les futurs médecins à mieux affronter les bouleversements technologiques et sociaux en cours».

   Juste des petits bidules annexes, juste pour faire joli et donner l’impression qu’on veut «humaniser» ( qu’est-ce que ça veut dire ?) les façons d’être des générations médicales à venir. Ça ressemble à ça.

  Quant à l’objectif annoncé de donner des armes intellectuelles permettant une meilleure compliance à un futur que personne ne connait, il est hors de toute réalité.


  C’est d’une plus grande maîtrise de notre outil diagnostique et thérapeutique numéro un dont nous manquons de plus en plus cruellement. Il porte un nom simple qui dissimule son énorme complexité. La langue. Pas l’anglais aseptisé des publications scientifiques. L’irremplaçable expression française dont nous avons reçu le magnifique héritage.

François-Marie Michaut, CO d’Exmed 5-7 janvier 2018

02 janvier 2018

Capables de l'exceptionnel si (Exmed)

                    Capables de l’exceptionnel si



  Lors de ses voeux aux Français, le président Emmanuel Macron a lancé cette profession de foi  : «Nous sommes capables de l’exceptionnel.» . Jusqu’à présent silence radio embarrassé chez les commentateurs obnubilés par le sensationnel. 

   Il a raison cet homme, même s’il ne sait pas pourquoi, où et comment existe cette capacité nationale relevant de l’exception.

   Nous, collectivement parlant, disposons de potentialités qui ne se sont encore jamais révélées au grand jour. 

   Il est urgent de faire un inventaire de tout ce qui freine ce que nous portons d’exceptionnel. Seule la neutralisation intelligente de ces obstacles institutionnels et culturels peut laisser enfin possible l’émergence de cet «exceptionnel» qui est en nous. Encore en friche, mais déjà bien en herbe.

  La tâche d’une telle ouverture des esprits est immense pour chacun d’entre nous, qui que nos soyons.
François-Marie Michaut, CO d’Exmed 3-4 janvier 2018

31 décembre 2017

Calendrier des médecins Exmed (dessin)

Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1048  

      1-2 janvier 2018



                                       Nouveauté 2018

                                                               Docteur Cécile Bour



Os Court : 
 

« Je ne prendrai pas de calendrier cette année car j’ai été très mécontent de celui de l’année dernière. »    Alphonse Allais


28 décembre 2017

Attention et sécurité
 (Exmed)




Attention et sécurité



     Encore un débat bien français. Faut-il réduire la vitesse autorisée sur les routes à deux voies de 90 à 80 km/h ? Chacun a son avis et le défend bec et ongle, sans penser qu’aux USA la question est réglée et respectée depuis bien longtemps.

   Juste une question. Que devient l’attention du conducteur - y compris celle liée au contrôle visuel du tachymètre - selon les diverses limites réglementaires ?

   Autre interrogation décalée. Quel est l’impact sur l’accidentologie du non respect, surtout en zones urbaines, des distances de sécurité ? Il n’y a pas que l’alcool et la vitesse en cause : les lois de la physique sont sans pitié.

F-M Michaut , CO d’Exmed 29-31 décembre 2017

26 décembre 2017

Laissons-nous espérer (Exmed)




Laissons-nous espérer



   Entendu ce matin à la radio un citoyen espagnol très surpris par la contradiction entre l’état réel  relativement enviable de la société en  France et les commentaires pessimistes qu’en font ses habitants.

   Il me semble qu’en médecine, le résultat d’un traitement, chirurgie comprise, est directement proportionnel aux attentes, positives comme négatives, de n’importe quel patient.

     Commentateurs de toute espèce, l’état d’esprit culturel auquel nous contribuons par nos paroles a une influence directe sur ce que nous faisons, donc sur ce qui nous arrive à tous.
        Serions-nous facilement des disciples de Sacher-Masoch ?

F-M Michaut , CO d’Exmed 27-28 décembre 2017

CONTRE NATURE  NATURELLEMENT                                 La nature, il paraît, aurait horreur du… vice, S’opposant, «  par nature »,  à ...