Lettre d'Expression médicale
LEM n° 958
http://www.exmed.org/archives16/circu958.html
11 avril 2016
Transhumanisme
Docteur François-Marie Michaut
Nous sommes en vérité fort nombreux à voir notre méfiance clignoter dès qu’il est question d’un mot se terminant par « isme ». Qu’est-ce que c’est donc que ce transhumanisme ? On en parle fort peu chez nous, de ce mouvement international des idées qui a pris naissance à l’Université de Los Angeles ( Californie), le fameux UCLA qui illustre tant de torses, pas forcément intellectuels, dans le monde entier.
Le mot lui-même semble avoir été employé la première fois en 1957 par le biologiste Julian Huxley. Oui le frère d’Aldous, l’auteur du fameux « Le meilleur des mondes ».
Des futurologues américains ont précisé, au cours des années 1980, ce qu’ils entendaient par là. Certains états que nous connaissons depuis toujours sont considérés comme inutiles et qu’il est possible de les éviter. Ainsi en est-il de la souffrance, des handicaps, des maladies, et même du vieillissement et de la mort ! Il est surprenant, le mot est faible, que tous ceux dont le quotidien professionnel baigne dans cet univers jusqu’à ce jour inévitable, ne reçoivent jamais ( du moins à ma connaissance) le moindre écho de ce fameux « transhumanisme».
Comment donc rendre parfaite cette espèce animale encore bien peu achevée dans son évolution à laquelle nous appartenons ? Mazette, l’ambition n’est pas mince;
Les partisans du transhumanisme, qu’il s’affichent ouvertement ou non comme tels ( par exemple avec le logo H+ ou par un engagement dans une société déclarée), ont une piste à leurs yeux infaillible. C’est celle des biotechnologies, ainsi que toutes les techniques émergentes.
Il y a là une volonté qui semble rechercher l’amélioration de la condition humaine. Comment ne pas songer aux si dangereuses théories eugénistes qui ont conduit aux catastrophes que chacun connait ?
La foi aveugle dans les progrès de l’humanité qui devait résulter du développement des sciences et des techniques a vécu avec la fin du deuxième millénaire. L’addition des conséquences de ces fameux progrès sur nos populations et notre planète elle même est sans appel pour nos consciences. Nous avons raté pas mal de marches quand on observe l’état de nos sociétés : sans envisager un mythique bonheur, un simple bien-être de la vie quotidienne est bien loin d’être au rendez-vous.
Deux éléments d’actualité me semblent à prendre en compte pour se situer soi même sur la pertinence de ce mouvement transhumaniste.
- Le premier est celui de la montée en puissance d’un certain piétisme religieux. D’un côté des groupes qui sont persuadés que le livre dont ils se réclament est la transcription absolue et indiscutable du message aux hommes du seul créateur de toute réalité. Donc, une seule recette possible : imposer à toute la planète leur façon de se soumettre à la volonté divine. Affrontement idéologique absolu avec ce qui vient de l’Occident : le matérialisme sous toutes ses formes. Le transhumanisme, athée par essence, en est un cas de figure, pour ne pas dire un extrêmisme.
Le second, qu’on me pardonne ce chauvinisme, est beaucoup plus subtil. Il est né, et ne s’est encore exprimé clairement (1), que dans des cerveaux francophones. Il concerne les fondements mêmes de la physique, qui est la mère indiscutée de toutes les sciences, et donc de toutes les technologies qui en découlent. Quand c’est l’existence physique de la matière elle-même qui est mise en cause par une énergie de l’information, totalement immatérielle, qui commence à émerger, tout bascule. Les certitudes d’il y a peu ont perdu de leur belle solidité. Travailler à construire notre avenir à tous à grands coups de technique, sans savoir où nous allons, sans savoir pourquoi nous y allons, sans savoir ce que nous pouvons réellement espérer risque bien de ne faire rêver personne d’autre que ceux qui comptent bien y trouver leur bénéfice personnel.
Le matérialisme implicite dominant nos esprits est-il encore scientifiquement, comme humainement, concevable ? C’est le seul véritable défit intellectuel que nous avons à affronter si nous ne voulons pas sombrer dans un suicidaire sous-humanisme.
Que le lecteur me pardonne de ne pas avoir étayé mon propos par des citations et des références. La question est trop grave pour s’abriter derrière ce que d’autres pensent et disent.
Notes:
(1) C’est grâce aux moyens actuels de diffusion personnelle que ces véritables innovations commencent à pénétrer les esprits. Les médias traditionnels, sans doute effrayés par ce qui ne vient pas de la pensée made in USA, demeurent muets sur ces avancées de la physique.
Os Court :
« Dans trente ans, 5% de la population mondiale suffira à faire fonctionner la machine, les 95% restant vivront dans le virtuel et consommeront. »
Bill Gates
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11 avril 2016
Vers quel système allons-nous ?
Vers quel système allons-nous ? LEM 958
Se faire une idée claire des forces antagonistes qui conduisent nos sociétés contemporaines à agir est infiniment plus qu’un exercice de salon ou de café du commerce. Dans cette lettre, c’est la nébuleuse du Transhumanisme qui est mise sur la sellette.
F-M Michaut suite sur www.exmed.org
Se faire une idée claire des forces antagonistes qui conduisent nos sociétés contemporaines à agir est infiniment plus qu’un exercice de salon ou de café du commerce. Dans cette lettre, c’est la nébuleuse du Transhumanisme qui est mise sur la sellette.
F-M Michaut suite sur www.exmed.org
06 avril 2016
Infernaux, ces paradis fiscaux
COUP D'OEIL D'EXMED du 6-7 avril 2016
Infernaux, ces paradis fiscaux
Bien étranges paradis que ceux dont le seul mérite est de faire échapper les gros malins aux « pompes à phynances» ( dixit le père Ubu) de nos états angéliques (sur le papier). De là à en déduire qu’il n’existe pour nos porteurs de gros sous qu’un enfer, celui du fisc, il n’y a que l’épaisseur d’un billet de banque.
Quand on pense qu’Adam et Ève se sont fait virer du vrai paradis de la Genèse, juste pour avoir bouffé une pomme, on voit les immenses progrès de l’humanité. Quand donc cesseront d’avoir pignon sur rue toutes les officines qui promettent aux citoyens lambda de ne plus ( ou moins) payer d’impôts. Dans les niches fiscales sont enchainés de bien tristes promoteurs d’un système D dont ne font les frais que les contribuables les moins magouilleurs.
Le temps n’est pas près de passer où les repas entre médecins ne seront plus embolisés par des histoires d’impôts. Saint-Pierre, toi qui fus percepteur, fais un effort auprès de ton patron.
F-M Michaut
Infernaux, ces paradis fiscaux
Bien étranges paradis que ceux dont le seul mérite est de faire échapper les gros malins aux « pompes à phynances» ( dixit le père Ubu) de nos états angéliques (sur le papier). De là à en déduire qu’il n’existe pour nos porteurs de gros sous qu’un enfer, celui du fisc, il n’y a que l’épaisseur d’un billet de banque.
Quand on pense qu’Adam et Ève se sont fait virer du vrai paradis de la Genèse, juste pour avoir bouffé une pomme, on voit les immenses progrès de l’humanité. Quand donc cesseront d’avoir pignon sur rue toutes les officines qui promettent aux citoyens lambda de ne plus ( ou moins) payer d’impôts. Dans les niches fiscales sont enchainés de bien tristes promoteurs d’un système D dont ne font les frais que les contribuables les moins magouilleurs.
Le temps n’est pas près de passer où les repas entre médecins ne seront plus embolisés par des histoires d’impôts. Saint-Pierre, toi qui fus percepteur, fais un effort auprès de ton patron.
F-M Michaut
04 avril 2016
LEM 957 TOIT DE CHÔME CHÔMIÈRE
Lire sur EXMED : http://www.exmed.org/archives16/circu957.html
LEM 957 du 4 avril 2016
TOI DE CHÔME
CHÔMIÈRE
Jacques Grieu
Du latin calamus, le chaume est une paille ;
Du latin caumare, chômage est… sans travail.
Chaumier n’est pas chômeur, chaumage pas chômage.
Le chaumier, sur son toit, fait un travail de sage.
Des chaumiers au chômage, on n’a jamais pointé,
Mais des chômeurs chaumiers, aucun on n’a formé.
Le chômage est cancer qui ronge le pays,
Mais la France a tout l’air de ses maux faire fi.
Du Travail le ministre, au chômage il faut mettre !
Celui de l’Intérieur, à l’extérieur démettre !
Quand le chômage croît, les chômeurs n’y croient plus :
Pour tuer le chômage, il faut travailler plus.
Faudrait-il s’adapter, modifier nos métiers,
Pour que le plein emploi vienne enfin nous sauver ?
Quand tous les scieurs de long deviendront scieurs de court,
Au large les marins seront tous au long cours ?
Mais qu’importent les cours, qu’il soient courts, qu’ils soient longs,
Ce qui là, n’a plus cours, c’est la sueur au front.
Mamelles du pays : chômage et bavardage ;
Des malheurs du chômage on ferait un fromage ?
Chômer est un travail qui se fait à plein temps ;
Comme des noces d’or, on y fête trente ans,
Et à une retraite, il devrait donner droit,
Quand on sait quel travail est chercher un emploi.
Mais travail de chômeur doit être respecté,
Et le treizième mois on va leur accorder.
De ce temps de travail majorer la durée,
Devrait des politiques, être la grande idée.
Du chômage pour tous on brandit la devise,
En grand acquit social remédiant à la crise…
Os Court :
« Le chômage a un seul avantage : les accidents du travail y sont rares. » Yvan Audiard
LEM 957 du 4 avril 2016
TOI DE CHÔME
CHÔMIÈRE
Jacques Grieu
Du latin calamus, le chaume est une paille ;
Du latin caumare, chômage est… sans travail.
Chaumier n’est pas chômeur, chaumage pas chômage.
Le chaumier, sur son toit, fait un travail de sage.
Des chaumiers au chômage, on n’a jamais pointé,
Mais des chômeurs chaumiers, aucun on n’a formé.
Le chômage est cancer qui ronge le pays,
Mais la France a tout l’air de ses maux faire fi.
Du Travail le ministre, au chômage il faut mettre !
Celui de l’Intérieur, à l’extérieur démettre !
Quand le chômage croît, les chômeurs n’y croient plus :
Pour tuer le chômage, il faut travailler plus.
Faudrait-il s’adapter, modifier nos métiers,
Pour que le plein emploi vienne enfin nous sauver ?
Quand tous les scieurs de long deviendront scieurs de court,
Au large les marins seront tous au long cours ?
Mais qu’importent les cours, qu’il soient courts, qu’ils soient longs,
Ce qui là, n’a plus cours, c’est la sueur au front.
Mamelles du pays : chômage et bavardage ;
Des malheurs du chômage on ferait un fromage ?
Chômer est un travail qui se fait à plein temps ;
Comme des noces d’or, on y fête trente ans,
Et à une retraite, il devrait donner droit,
Quand on sait quel travail est chercher un emploi.
Mais travail de chômeur doit être respecté,
Et le treizième mois on va leur accorder.
De ce temps de travail majorer la durée,
Devrait des politiques, être la grande idée.
Du chômage pour tous on brandit la devise,
En grand acquit social remédiant à la crise…
Os Court :
« Le chômage a un seul avantage : les accidents du travail y sont rares. » Yvan Audiard
Et si du chômage on riait ?
Un peu ras la patate du catastrophisme ambiant.
C'est ainsi que le Coup d'Oeil d'Exmed introduit à sa sauce personnelle la LEM de la semaine.
FMM
C'est ainsi que le Coup d'Oeil d'Exmed introduit à sa sauce personnelle la LEM de la semaine.
FMM
01 avril 2016
La foire aux gros
Coup d'œil du jour d'Exmed.org
1-3 avril 2016
La foire aux gros
Chaque jour, la publicité télévisée attaque le marché (forcément très juteux)de celles et ceux qui se sentent non conformes à la maigritude du temps. Sans enfreindre une seconde la loi, ces adroits marchands font défiler dans leurs clips des gens qui déclarent avoir perdu un nombre souvent impressionnant de kilos. Photos plus ou moins ressemblantes tiennent lieu de preuve.
De quoi s'agit-il ? Tout simplement de remplacer son alimentation coutumière par des menus tout préparés d'avance, à l'exclusion de tout autres ingesta. En proposant une semaine d'essai gratuite de cette méthode, les vendeurs sont certains que ce régime sévèrement hypocalorique mais bien dissimulé par des astuces genre rehausseurs de goût ou stimulants de satiété, entraine une baisse de poids mesurable par le candidat. Il ne reste plus, devant l'évidence que «ca marche», qu'à vendre la suite du même programme. Tant que cette alimentation bricolée est maintenue, la perte de poids peut continuer. Les anorexiques nous le démontrent dramatiquement.
Que deviennent les personnes ainsi manipulées le jour où elles cessent d'acheter (probablement fort cher) leurs menus de famine organisée et adoucie ?
Le corps médical, si souvent prompt à discourir doctement sur le moindre sujet de société, peut-il laisser berner sans rien dire tant de braves gens ? Car, au bout du compte, une seule chose aura maigri : leur compte en banque.
Dr François-Marie Michaut
28 mars 2016
LEM 956 : Toute médecine est narrative
Voici, après le papier de la semaine dernière de Cécile Bour présentant le sujet, le second volet consacré à " la médecine narrative".
Sous forme d'une affirmation qui a de fortes chances de ne pas plaire à une large partie de la corporation médicale : LEM 956 Toute médecine est narrative. Tant pis, tant mieux, rayez la mention inutile SVP.
À chaque lecteur de se faire son opinion personnelle.
F-M Michaut
Sous forme d'une affirmation qui a de fortes chances de ne pas plaire à une large partie de la corporation médicale : LEM 956 Toute médecine est narrative. Tant pis, tant mieux, rayez la mention inutile SVP.
À chaque lecteur de se faire son opinion personnelle.
F-M Michaut
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