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Lutter contre toute douleur ? (Exmed)


 

Lutter contre toute douleur ?



   La sacralisation de la douleur voulue par une divinité, démunie de tout amour pour ses créatures désobéissantes à ses injonctions,  est devenue inacceptable en 2017. Toute souffrance est considérée comme pathologique, et, à ce titre, c’est aux médecins d’y mettre fin.

  

   Aux USA ( Le Monde du 21 décembre 2017) des praticiens tirent la sonnette d’alarme devant ce réflexe thérapeutique : douleur = prescription d’un médicament antalgique, notamment opiacé. Il y aurait de plus en plus de phénomènes de dépendance. « En 2016 [...] 64 000 américains sont morts d’une overdose ; 20 000 morts sont imputables à l’analgésique fentanyl, 14 000 à des opioïdes obtenus sur prescription médicale » .


   Calmer la douleur, après en avoir fait un diagnostic étiologique rigoureux, n’est donc pas un acte médical mineur réalisé à la sauvette pour se débarrasser des patients encombrants. Alors demeurons attentifs et cessons d’accepter sans rien dire les incitations publicitaires à la consommation systématique de médicaments de la douleur.

F-M Michaut , CO d’Exmed 22-24 décembre 2017

Commentaires

Dr MG a dit…
Je me souviens d'une affiche publicitaire d'un laboratoire qui affirmait qu'il était interdit de souffrir laissant entendre qu'il y avait des médicaments pour empêcher la souffrance.

Autant il est normal de vouloir atténuer les douleurs autant il est impossible de les supprimer sauf à être anesthésié.

Aujourd'hui la réalité de la vie est niée au profit de la croyance que l'on s'en fait et qui remplace la réalité.
L'image mentale est aujourd'hui plus vrai que la "réalité réelle".
Le "ciel des idées" est plus vrai que la réalité.

Il ne faut donc pas s'étonner de telles dérives.
Effet Mem a dit…
MG, vous avez raison : un monde sans douleur est simplement impossible. Probablement même dangereux pour notre survie individuelle et collective.
Notre corps - tout comme notre psychisme - ne cessent pas de monter une garde vigilante pour ne pas se bousiller. Signal d'alarme de la douleur pour qui surmène son tube digestif, ses articulations, ses muscles comme pour qui veut toujours être le meilleur, le plus performant, le plus efficace, le plus riche, le plus séduisant.
Avisés sont ceux qui savent s'écouter, comprendre et ne pas aller plus loin.
Véritables soignants sont ceux qui tiennent compte de cet aspect des choses en le faisant comprendre à leurs patients trop ... impatients. Et, bien entendu, qui font tout ce qu'ils peuvent pour atténuer la douleur de ceux qui ont dépassé ce stade d'alarme.
Anonyme a dit…
L'incapacité de mesurer la souffrance - le ressenti personnel de la douleur - pour remplir nos dossiers nous a conduit à une sottise.
L'échelle d'évaluation chiffrée. On vous extorque un chiffre, sans vous laisser le temps de dire quoi que ce soit à votre blouse blanche qui passe vite fait en courant à autre chose. Toute dimension humaine a disparu, on vous jette une poignée de médicaments, comme on le ferait de cacahuètes à un singe en cage.

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