Apsychognosie médicale CO d'Exmed

Apsychognosie médicale


    Consacrer toute sa vie professionnelle à ceux qui sont malades est une épreuve psychique redoutable. L’image d’Épinal du saint laïque en blouse blanche drapé dans sa science qui lui tient lieu de bouclier contre toute manifestation de faiblesse a la vie dure. Comme si tout soignant, et peu importe qu’il soit médecin ou non, se trouvait vacciné par ses études éprouvantes et longues contre toute pathologie psychiatrique.
Les étudiants en médecine sont lourdement atteints, leur taux de suicide particulièrement élevé, pour en rester à une donnée objective chiffrable, en témoigne.  
      Mais, en fait, et dans le monde entier, les responsables des enseignements, des formations et des services hospitaliers font comme si cette souffrance psychique majeure n’existait pas. Malgré la rupture récente du silence entourant cette question vitale, tout semble se passer comme si le corps médical dans son ensemble se considérait lui-même comme dépourvu de toute possibilité de connaissance de l’existence de son propre psychisme. C’est le sens premier du mot apsychognosie (1).

Les médecins ont le droit d’être malades dans leur corps comme dans leur tête, et de recevoir sans tarder tous les soins que leur état impose. Qu’on se le dise dans les chaumières comme dans tous les lieux de pouvoir. Est-il normal que la profession de médecin soit celle où on se suicide le plus et où les addictions sont les plus fréquentes ?  Non, faire un tel choix de vie  plutôt tourné vers les autres ne justifie en rien la survenue de tels drames humains dans l’indifférence générale.


(1) Terme inventé  en France par Pierre Fouquet dans les années 1950 pour évoquer l’abrasion psychique majeure occasionnée par une alcoolisation chronique prolongée.


F-M Michaut  CO d'Exmed 28-31 décembre 2016

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