Au chevet de la terre si malade LEM 908

LEM n° 908       10 avril 2015

              
 
                                                           

              
        Au chevet de la terre si malade                            


                                 Docteur François-Marie Michaut


Pour certains, l’écologie est une doctrine politique. Pour d’autres, c’est la résurgence douceâtre d’un rousseauisme à la sauce New Age se contentant de quelques indignations ciblées sur des sujets, de préférence animaux, au goût du moment.
Pour d’autres, infiniment moins nombreux, c’est indissociable d’un engagement personnel pour qu’enfin notre environnement ne soit plus une richesse qu’il faut exploiter sans autre objectif que celui du  profit économique immédiat le plus grand.  
La pensée médicale ne me semble pas avoir été très en pointe dans la question des relations entre les hommes et leur biotope. Sans chercher d’alibi, la plongée impressionnante dans la technoscience, comme la complexité de plus en plus grande de ce que nous avons appris de l’humain et de ses maladies,  ont polarisé nos efforts.

Et pourtant, à la fin des années 1930, le microbiologiste franco-américain René Dubos fut le premier à inventer les antibiotiques avec la gramicidine issue du bacillus brevis. L’histoire, pas très juste, a retenu le nom de John Flemming avec la pénicilline en 1945. René Dubos  a été avant tout un ingénieur agronome, diplômé de l’Institut national agronomique en 1921, il émigre aux USA pour devenir chercheur peu de temps  après .

Ce sont encore deux agronomes qui ont décidé de tourner le dos au très officiel Institut de recherche agronomique (INRA) pour se pencher sur un problème aussi répandu sur la planète que peu connu du grand public. La partie fertile du sol, absolument indispensable à la croissance des végétaux vitaux pour tous les animaux, ne mesure qu’une quinzaine de centimètres, et nous la matraquons en permanence. Nos techniques agricoles intensives, très liées à la mécanisation et à l’usage des engrais et des pesticides de l’industrie chimique ( la même qui fabrique nos médicaments ) ne tiennent aucun compte de cette biomasse incroyablement riche en matière vivante et en organismes microscopiques.

En rupture avec cette façon de voir les choses, Lydia et Claude Bourguignon, puisque c’est leur nom, ont créé leur propre entreprise : le Laboratoire d’analyses microbiologique des sols (LEMS)  . Ils  sillonnent le monde entier, à la demande de cultivateurs, pour diagnostiquer l’état de santé de leurs terres, et pour leur proposer les mesures adéquates pour qu’elles retrouvent la meilleure santé possible.

Ce serait d’un grand intérêt, et ils ont bien voulu en accepter le principe, que ces deux «médecins de la terre» acceptent d’expliquer ce qu’ils font à des «médecins des hommes». 
Entre praticiens, qu’est-ce qu’on se raconte si ce n’est des histoire de praticiens !



 


  
Os Court :
«      La terre est une mère qui ne meurt jamais. » 
  Proverbe maori

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