dimanche 17 mars 2019

COURBURES (LEM 1111)

                COURBURES 
                              

                   Jacques Grieu

La couleur est ma muse et inspire mes formes :
Pour en faire un mélange, il n'y a pas de normes.
En liberté totale on colorie ses rêves,
Mais pour les dessiner, il faut penser sans trève...

Le cercle en quadrature est bien réalité ;
L’arrondi reste flou et se change en bombé.
L’angle droit bien tracé, n’est pas toujours carré
Et devient vite aigu dès que pinceau tourné…

Quand je voudrais des droites, il me vient des courbures
Et quand je veux des ronds,  je ne fais que droitures.
O, contours ajustés, dessins où je m’embourbe,
Pourquoi tant transpirer à produire ces courbes !

 La vie est une droite ? Il n'est rien de plus faux :
Ses sinuosités se tordent en anneaux.
Ma tête les veut courbes en spirales parfaites :
Mais ma main les redresse et n’en fait qu’à sa tête !

Ces courbures étourdissent avec tous leurs réseaux !
Alors, je mets les pouces et pose mes pinceaux.
Il est temps d'arrêter, de signer mon tableau :
J’ai trop de courbatures et tire le rideau.


 Jacques Grieu


Os court ;
« La chance d’avoir du talent ne suffit pas : il faut encore le talent d’avoir de la chance. » 
 Hector Berlioz


  Lettre d'Expression médicale  LEM n° 1111
   

Sur le site Exmed


      18 mars 2019  

Des vers et une toile (Exmed)

     
Il fallait oser avec un public supposé s’intéresser plus aux histoires de santé qu’aux productions artistiques. Introduire par un poème en guise de discours de la méthode le cheminement qui a conduit à la production de sa toile non figurative puis la montrer, c’est ce que fait Jacques Grieu avec la LEM 1111 « COURBURES» . 



     Rien n’empêche un lecteur curieux de noter sur une échelle de 1 à 7 le bénéfice personnel qu’il tire de cet inhabituel doublé créatif.
Bonne découverte.



François-Marie Michaut
Exmed 18-19 mars 2019

jeudi 14 mars 2019

Femmes au pouvoir (Exmed)

   Je l’ignorais avant de lire le Courrier International du 16 novembre 2018. Voici la liste des pays où des femmes exercent la direction politique de leur nation. Royaume-Uni, Islande, Allemagne, Norvège, Estonie, Lituanie, Roumanie, Serbie, Taïwan, Iles Marshall, Croatie, Malte, La Barbade, Trinité et Tobago, Ethiopie, Namibie, Népal, Bangladesh, Birmanie, Nouvelle-Zélande et Singapour.

  Comment ne pas  voir dans cette féminisation de 21 pays une évolution fondamentale encore jamais connue ?
 Garder quand même en tête qu’avec les 197 pays reconnus par l’ONU, cela ne concerne encore que 10,6% de la population du monde.
   La «machocratie» demeure vivace chez Homo Sapiens.


François-Marie Michaut 
Exmed 15-17 mars 2019

mercredi 13 mars 2019

Morts sur écran (Exmed)

     
À combien de décès violents est soumis notre cerveau de témoin des spectacles numériques ? Pas une journée sans que notre sensibilité naturelle devant toute violence soit peu à peu amoindrie.
   Les psychiatres nous disent que, du moment que c’est dans l’imaginaire, ça sert de soupape de sécurité aux passages à l’acte. Mais dans des esprits de tous âges qui vivent la plus grande partie de leur temps disponible accrochés à leurs écrans la réalité se brouille.
   Créateurs de fiction, s’il vous plait, résistez à la facilité.

François-Marie Michaut 
Exmed 13-14 mars 2019

mardi 12 mars 2019

Quelle « Renaissance de l’Europe » ? 
(LEM 1110)


        
   Porteur officiel élu de la voix de la nation française, Monsieur Emmanuel Macron, vous avez pris le parti d’écrire (1) sur ce sujet à tous les citoyens des 28 pays composant l’Union Européenne (2) le 4 mars 2019. Avez-vous été entendu, au double sens de la lecture et de la compréhension de ce verbe en français ? Chacun a-t-il picoré dans ce texte soigneusement écrit la petite partie qui peut le concerner dans sa vie personnelle ? Les compte-rendus journalistiques et les déclarations, assez maigres, des opposants comme des soutiens idéologiques le laissent craindre. Une belle occasion d’exprimer sa pensée perdue pour tous.


    Que voulez-vous dire avec votre titre : « Pour une Renaissance de l’Europe» ? Une naissance, un médecin  en connait le mécanisme, une renaissance, il n’en a pas l’expérience vécue. Vous avez choisi de marquer d’une majuscule cette évolution dont vous souhaitez la survenue. Faire monter au créneau de l’imaginaire le roi François Premier, le château de Chambord et Léonard de Vinci n’est pas rien. Ce ne peut  pas être un hasard pour quelqu’un qui a un grand respect de notre culture. Au delà de la référence historique, l’énigme de la majuscule utilisée mérite de pousser l’enquête. 
Un texte de qualité est construit comme se fait un diagnostic médical rigoureux. Il suit un  rythme précis de progression.Les étapes se suivent articulées des plus générales aux plus précises. Pour aboutir à la conclusion, stade ultime (souvent sous estimé par le lecteur) du travail d’expression de l’auteur. Suivons donc ensemble cette méthode bien éprouvée ; tournons les pages. Laissons aux techniciens et spécialistes le soin de décortiquer comme il se doit toutes les propositions qui sont de leur domaine de compétence.


   Dans le chapitre avant dernier Liberté, protection, progrès, vous écrivez : « L’humanisme européen est une exigence d’action ». Au risque de vous faire traiter,  par des gens qui dans leur immense majorité ne le connaissent pas, de Don Quichotte (3). Ne pas, ou ne plus, savoir pourquoi on agit là où on est, c’est bien se condamner à se deshumaniser. Vous ajoutez : « une Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique » . Une majuscule encore à Conférence, vous insistez : vous voyez grand pour nous, sans craindre que cela puisse attiser des critiques. Dans votre exposé, vous demandez qu’elle soit « sans tabou». Vous voulez même que soient associés à ses travaux des « pannels de citoyens», « auditionner des universitaires, les partenaires sociaux, des représentants religieux et spirituels». Vous osez convoquer ceux qui explorent la dimension spirituelle de l’esprit humain aux côtés des savoirs des sciences, C’est un état d’esprit nouveau.

  

   Si j’ai bien compris, vous faites le constat qu’il est devenu impossible de se contenter des techniciens et des experts des domaines scientifiques et matériels supposés les plus importants et les plus efficaces pour régler un à un les problèmes politiques  concrets à régler. C’est d’une mobilisation aussi large que possible des ressources potentielles de toutes les productions de l’esprit humain, sans aucune exclusion de quelque ordre que ce soit, qu’a besoin notre collectivité humaine dans son ensemble. Il va falloir de fins limiers et des stratèges d’exception pour mener à bien cette ouverture vers le monde de l’esprit et des esprits, à la fois très ancien et vraiment nouveau. Tout ce qu’il faut pour cela existe déjà. Et le choix de ne pas aller dans le sens que vous indiquez, la réalité terrible du monde que nous avons construit nous en a définitivement privés.


   Le médecin que j’ai été ne peut que constater que la grande collectivité que constituent toutes les collectivités dont nous sommes les membres,  est malade (4). Ses rouages infiniment complexes, malgré les efforts de certains, fabriquent de toutes pièces des dangers de plus en plus  redoutables. Quand quelqu’un  prend le risque de se lever et d’écrire ce qu’il en est, son expression mérite simplement d’être examinée sous toutes les coutures. Ensuite, mais ensuite seulement, c’est à chacun de faire fonctionner son libre-arbitre. Plus que jamais, nous sommes contraints par la réalité de penser que notre sort d’espèce vivante est entre nos mains et que le seul remède possible à tous nos maux est notre intelligence. Et  comme elle est souhaitée dans le plaidoyer français  « sans tabou». 

  

   Cette Intelligence, ayons l’audace de lui octroyer la lettre majuscule initiale qui s’impose (5).

         Notes :

(1) Texte original de la tribune disponible sur https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/03/04/pour-une-renaissance-europeenne  , avec possibilité de traduction en 22 langues.   
  


(2) Par ordre alphabétique, à ce jour, il s’agit de : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Dannemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembour, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suède.   


(3) 
Impossible en 2019 de faire l’impasse sur l’exégèse audacieuse Don Quichotte, prophète d’Israel  de madame Dominique Aubier sur ce héros de Cervantès qui demeure depuis 4 siècles, juste après la Bible, le livre le plus édité et le moins compris  dans le monde. 


(4) Ce constat systémique a été l’un des déclencheurs de la création en 1997 du site Exmed



(5) Dommage que nos amis britanniques aient depuis longtemps baptisé leur service de renseignement national d’Intelligence Service . Une Europe orientant ses actions avec la boussole d’un service de l’Intelligence n’aurait pas manqué de panache pour la planète toute entière.


 
 
Os court ;
«  Après avoir été longtemps le cerveau de l’Europe, Paris est encore aujourd’hui la     capitale de quelque chose de plus que la France. » 
  Milan Kundera ( Ecrivain tchécoslovaque nationalisé français)

dimanche 10 mars 2019

Recours aux têtes pensantes
 (Exmed)

   Et si le temps des experts dictant toutes les décisions collectives  était sur le point de s’achever sous la pression croissante des mouvements populaires dans toute l’Europe et  bien ailleurs ? Maladie  systémique majeure de notre modernité élitiste nous obligeant à changer notre fusil d’épaule.

 

  La LEM 1110 Quelle « Renaissance de l’Europe» ? ,  se propose,  hors de tout conflit d’intérêt, de sonder le coeur de la tribune que le président Macron a fait parvenir  par voie de presse et Internet aux habitants de l’Union Européenne.

François-Marie Michaut 
Exmed 11-12 mars 2019

jeudi 7 mars 2019

Ces virus qui grippent (Exmed)

    Comme chaque année ici sévit une épidémie de grippe. Dénomination populaire de cette pathologie infectieuse aigüe qui bloque le fonctionnement habituel d’homo sapiens. « Influenza» a été baptisé le virus responsable avec ses différents types et sous-types et ses mutations imprévisibles. Prudents, les médecins praticiens, n’ayant à leur disposition que les signes cliniques de l’affection, parlent de syndromes grippaux. Coronavirus, virus syncitial respiratoire, adénovirus et quelques autres ne se manifestent pas autrement. Alors quand on nous parle du nombre de cas, de formes graves et de ces morts qu’on comptabilise méticuleusement, de l’efficacité du vaccin spécifique choisi chaque année, il est impossible d’y voir clair. Un syndrome viral n’est pas obligatoirement une grippe plus qu’un légume n’est forcément une carotte.
Que valent alors les campagnes d’opinion pro ou anti vaccination ?


François-Marie Michaut
Exmed 8-10 mars 2019

mardi 5 mars 2019

Les ragoteurs (Exmed)

    C’était jadis compliqué de fabriquer et de colporter autour de soi des évènements fictifs pour se donner une certaine importance. Dieu merci, sa Majesté Numérique a su faire de chacun de nous ses sujets fidèles. Un clavier, une ligne téléphonique, un compte sous un faux nom sur Facebook ou un de ses cousins, et le piège à tous les mensonges imaginables est en place. 

 

   Des faux amis aux escrocs petits et grands, manipulateurs, illuminés et psychopathes, triller le bon grain rare de l’ivraie envahissante de ce flux médiatique invasif n’est pas une mince entreprise. 
     
   À défaut, la jungle des menteurs ne peut que tuer l’internet lui-même en lui enlevant toute fiabilité.

François-Marie Michaut
Exmed 6-7 mars 2019

dimanche 3 mars 2019

BASISMES - BASE DE DONNÉES (LEM 1109)

                                  



                 BASISMES 
               
 BASE DE DONNÉES


                                                      Jacques Grieu


        


La base du savoir, on sait que c’est le doute,
Mais la science en progrès, des certitudes ajoute :
Si les bases azotées ont formé l’ADN,
En base du génome, elles ont lié ses chaines.

Qu’elle soit aérienne ou qu’elle soit navale,
La base est un refuge où le soldat s’installe.
Qu’elle soit militaire ou base de loisir,
On y revient toujours, c’est le lieu pour dormir.

Qu’elle soit base arrière ou tout à l’avant, sise
La base est la base, un socle et une assise.
Base de logarithme ou base exponentielle,
Tout se tient sur sa base, agrippé sur sa stèle…

L’opposé d’un acide est aussi une base
Qui croque les ions H sans grandes périphrases.
La potasse et la soude en sont de bons témoins
L’ammoniaque est souvent l’autre qui les rejoint.

Qu’elle soit décimale ou hexadécimale
La base, en addition, donne le bon total.
Dans toute action humaine, il nous faut une base
C’est l’assiette du fisc, celle qui nous écrase.

Être bien dur pour soi est une bonne base
Et le progrès pour but , proclamons sans emphase.
Le plus beau des discours, sur rien semble basé
Alors qu’en vérité,  sur tout il est fondé.

                Jacques Grieu
 
 
Os court :
« Le basisme est légitime quand il vient de la base. le basisme n’est pas légitime, il est même condamnable, quand il vient du sommet. »   
 Jean-Pierre Garnier et Louis Janover ( La deuxième droite, 1986)


Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1109
    
   http://www.exmed.org/archives19/circu1109.html

      4 mars 2019 

Pas si basique que ça (Exmed)

  La fonction des mots qu’on entend et de ceux qui se disent demeure toujours aussi difficile à analyser quand il s’agit de soins de santé. La standardisation technologique , les jargons et abréviations n’y peuvent rien changer. 
   Alors, qu’est-ce que c’est que cette histoire de base si souvent évoquée ?
    Jacques Grieu en jouant avec ses mots sait en pointer du doigt les maux dont il se joue avec humour.
Voici la LEM 1109 : BASISMES BASE DE DONNÉES .

François-Marie Michaut
4-5 mars 2019

jeudi 28 février 2019

Cap à l’ouest (Exmed)

    
Paris serait-il atteint du syndrome de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf ? Le statut de plus en plus international des habitants de la capitale ne doit pas faire illusion. 

   La situation est la suivante : huit cadres supérieurs sur dix de la région Ile-de-France cherchent à aller travailler ailleurs, en particulier vers Nantes ou Bordeaux. Leur motivation n’est pas d’ordre économique mais de celui de la recherche d’une meilleure qualité de vie.

   La désignation de Paris comme «capitale de l’invivable» ( Le Monde du 28 février 2018) : le diagnostic des candidats à la fuite vers un ailleurs plus sain est sans appel. Certainement autre chose qu’une mode éphémère.

François-Marie Michaut 1-3 mars 2019
Exmed

mardi 26 février 2019

Ne pas oubler (Exmed)

    
Les paillettes brillantes des prouesses technoscientiques sont au premier plan, pouvant laisser croire que nous savons presque tout de la réalité. Ou, au minimum, l’essentiel pour élaborer et diriger correctement nos projets. Nathaniel Herzberg, dans Le Monde du 26 février 2019, nous informe de la découverte de la localisation interstellaire gazeuse chaude et de la quantité de matière manquante. Source : The Astrophysical Journal.

   De façon plus terre à terre, il nous est rappelé que, selon la relativité générale d’Einstein, l’Univers est composé à 68% d’énergie noire, dont nous ne savons rien du tout. Si ce n’est que ce n’est pas de la matière. Il y aurait aussi 27% de matière noire, dont on ne connait à peu près rien.

   
Ne pas oublier ou cacher qu’on ne sait pas ne serait-il  pas, finalement le début de tout savoir digne de confiance ?


François-Marie Michaut 27-28 février 2019, www.exmed.org

lundi 25 février 2019

Comprendre avant les autres (Exmed)

  C’est un privilège enviable ? Ou un cadeau empoisonné aux redoutables effets secondaires ?

   C’est finalement l’étrange question que soulève, sans en avoir la moindre conscience, le rejet haineux de tout ce qui est qualifié de juif. La LEM 1108 vous propose : Antisémitisme,  clé systémique.

François-Marie Michaut
Exmed 25-26 février 2019

dimanche 24 février 2019

Antisémitisme, clé systémique (LEM 1108)




                       Feuillets de Systémique Médicale (5) 



    Le lecteur peut être surpris de constater que le sujet hautement sensible de l’antisémitisme en France puisse être abordé sur un site s’occupant des questions de santé. L’émotion suscitée par de récents agissements dans l’espace public sous couvert de l’ébullition populaire des gilets jaunes, a fait qualifier la haine des juifs de maladie contagieuse. Le président François Hollande, le 24 février 2015 au cours du diner du CRIF parlait de « lèpre » (1). Quatre ans plus tard  malgré quelques remèdes juridiques,  bien peu modificateurs des façons de penser,   cette pathologie de plus en plus voyante sévit toujours.

   Pourquoi et comment peut-on se définir comme un ennemi des juifs qui habitent le même pays et disposent du même statut civique que soi ? Les historiens des religions, les religieux eux-mêmes, les sociologues , les politiques, les psychologues ou les philosophes amènent chacun l’éclairage que permet les limites de leur connaissance spécialisée. Pour reprendre l’image développée ici dans Feuillets de Systémique Médicale (5) nous sommes en plein carottage (1). Chaque discipline de connaissance en forant de plus en plus profond avec ses outils d’investigation cherche à découvrir « la » cause de cette interminable haine. Sans succès ; pas l’ombre d’une relation linéaire de cause à effet en vue. Bien illusoire démarche, hélas, et malgré toutes les bonnes volontés qui en constatent et déplorent les manifestations, de chercher à soigner un mal dont notre intelligence n’a pas su établir l’étiologie.

 Pour ne pas céder au désespoir d’un tel état d’impuissance, il est, me semble-t-il, acceptable d’essayer, tant pis si elle se révèle peu classique, une compréhension non plus linéaire mais systémique. Si elle se montre peu crédible, ce qui est possible, chacun peut la rejeter. Si elle peut ouvrir une piste intéressante, d’autres esprits plus perspicaces sauront bien s’en emparer pour en tirer le meilleur parti. La recherche, quelque soit le domaine, agit ainsi. L’ignorance a toujours le même discours binaire : moi je sais, ou moi je ne veux pas le savoir.
    Qu’est ce que c’est que cette histoire de système, que vient-elle faire dans l’héritage des fils d’Abraham (3) que nous sommes presque tous en France, croyants comme non religieux ? Oui, je sais, parler de religion dans un écrit qui se dit inspiré par les questions médicales peut surprendre ou choquer la laïcité de certains. Ce n’est pas cependant une raison suffisante pour mériter le pilori ou l’autodafé sous nos cieux.
   Les porteurs de la tradition juive se nomment eux mêmes le peuple élu. Par qui ? Par le principe créateur ( son nom même ne peut pas être prononcé selon la tradition) dont l’action est décrite par la Genèse. Description de quelque chose de non matériel ( le Verbe, le Logos disent les Chrétiens), un incroyable concentré d’énergie pure traduisent les physiciens, qui soudain se transforme en matière (4). La parole, celle dont l’humain est largement doté grâce à son cerveau et à son développement culturel. unique dans les espèces vivantes. Cette élection, à quel pouvoir - qui n’est pas donné à toute l’humanité - peut-elle bien conduire ? Si nous voulons interroger la tradition juive, sans nous prendre les pieds dans des façons de dire spécifiques aux discours religieux au fil du temps, nous tombons sur l’histoire d’une énigmatique révélation. Les lecteurs habituels reconnaitront là ce que je nomme la technique de chalutage (2). Les mailles de notre filet tiré par le chalutier de notre curiosité ont remonté une prise intéressante. Tellement intéressante, même, qu’il a fallu pendant des millénaires, tant elle pouvait se révéler explosive pour ses porteurs, la garder secrète. Y voir quelque complot  pour prendre ou garder un pouvoir est une erreur, comprendre que ce fut une technique pour ne pas se faire tuer par les puissances dominantes est plus proche de la vérité.
   La connaissance scientifique, y compris en médecine (5) nous a démontré la nécessité de sortir du petit cercle des initiés. Depuis le siècle dernier bien des esprits se sont ouverts dans tous les domaines de la connaissance et ont compris la nécessité d’essayer de communiquer entre eux. À la recherche d’un principe systémique commun souvent espéré, théoriquement indispensable mais demeurant incompréhensiblement insaisissable. La transdisciplinarité, comme la pluridisciplinarité, ne sont parvenues à aucun éclaircissement. C’est peut-être l’humoriste Pierre Dac qui a résumé le mieux cette situation : «  Tout est dans Tout, et réciproquement ». Finalement un seul type de système devenant lui-même un élément constituant indispensable à un autre cycle lui-même constitutif d’un autre plus vaste de l’infiniment petit au plus grand possible. La biologie nous parlant de l’ADN ou du cycle du carbone le dit sans ambiguité. La cosmologie ne dit rien d’autre.
Alors, quid de cette révélation confiée sous le sceau du secret à quelques êtres rares de ces tribus nomades du Proche-Orient  évadées d’Egypte ? Une réponse positive et bouleversante à la question que j’ai posée dans le titre du Coup d’Oeil de ce site Exmed il y a juste deux jours : Et si Homo Sapiens était encore inachevé ? Oui, nous ne sommes pas finis, nous sommes encore en chantier de construction.  Pour survivre à court terme,  sans aucun catastrophisme, nous n’avons pas le choix. Nous atteler à collaborer sans réserve au perfectionnement terminal de notre propre création personnelle encore inachevée. Passer au peigne fin tout ce que nous ont livrées les sciences comme les grands traditions du monde qui, une fois décantées de leur gangue symbolique, disent la même chose. La plus bavarde et la plus élaborée est celle cultivée par la judéïté. Impossible de la passer à la trappe en 2019 pour qui ne se sent pas suicidaire. 

    Comment mieux terminer cette trop brève incursion dans un domaine qui m’était totalement étranger il y a quelques années encore, sans céder la parole à Primo Levi (6) : « L’antisémitisme est un phénomène typique d’intolérance ». Allergie à des gens qui disent sans dire tout en disant l’essentiel que ne connaissent pas encore «  les nations »(7). 



  Notes
(1) Ladepeche.fr 25/O2/2015

(2) F-M Michaut Carrotage et chalutage, LEM 1104

(3) Chronologiquement les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans

(4) C’est l’hypothèse du Big Bang formulée en 1920 par l’abbé Lemaitre qui s’est abusivement transformée en certitude scientifique.  Elle est actuellement remise en cause par la recherche fondamentale.

(5) Les médecins de Molière, au XVII ème siècle ne parlaient que la langue latine des clercs.

(6) Primo Levi, Si c’est un homme (1947), chimiste de nationalité italienne déporté à Auchwitz en 1944. Merci à Florence Chédotal, journaliste à Centre France, qui  a su attirer mon attention sur cet auteur remarquable.

(7) Les nations, c’est de cette façon que la Bible désigne les peuples des non juifs.


                                                     François-Marie Michaut


Os court ;
«  Des jeunes gens antisémites, ça existe donc, cela ? Il y a donc des cerveaux neufs, des âmes neuves, que cet imbécile poison a déjà déséquilibrés ? Quelle tristesse, quelle inquiétude, pour le vingtième siècle qui va s’ouvrir ! » 
Emile Zola (1840-1902) Lettre à la jeunesse 1897

Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1108   

http://www.exmed.org/archives19/circu1108.html
      25 février 2019                                    


                            


jeudi 21 février 2019

Et si Homo Sapiens était encore inachevé ?
 (Exmed)

    La lourde actualité de nos contrées occidentales n’a rien pour apaiser les esprits. De ceux qui sont malades encore plus que de ceux qui se sentent en bonne santé.   Partout haine, griefs, menaces, insultes, scandales, abus de pouvoir, injustices nous assaillent.

   Charles Darwin nous a familiarisé avec la notion d’évolution des espèces au sommet desquelles il a installé le bipède humain. S’il a raison, et, sans chercher beaucoup on peut constater qu’il n’est pas le seul, il y a encore beaucoup de travail à faire pour qu’Homo Sapiens Sapiens devienne enfin humain et, son double qualificatif en fait une obligation, qu’il soit aussi plein de connaissance que... de sagesse.


François-Marie Michaut 
Exmed 22-24 février 2019

mardi 19 février 2019

Médicaments britanniques (Exmed)

    
Nos amis malades d‘0utre-Manche ne sont pas rassurés. Selon Le Monde du 18 février 2019, sous la plume d’Eric Albert Publié, la survenue du Brexit provoque l’inquiétude. En particulier pour les diabétiques craignant de manquer d’insuline. Les Britanniques achètent à l’Union Européenne deux médicaments sur trois et un équipement médical sur deux nous rappelle le quotidien.

   Au fait, de quels pays lointains nos industries du médicament sont-elles totalement dépendantes pour se procurer les produits de base indispensables à la fabrication  de nos remèdes ? En France, les ruptures de fabrication de multiples produits, dont des vaccins aussi  indispensables que celui du tétanos, sont déjà notre quotidien.


  Situation fragile de dépendance, difficile de penser autrement.

François-Marie Michaut
Exmed 20-21 février 2019

dimanche 17 février 2019

Tableau de l'I.A. ( Exmed)

   
Le déferlement bruyant des marchands d’intelligence artificielle (IA) pour tout et n’importe quoi ne doit pas nous rendre idiots. Jacques Grieu en a fait un tableau de peinture haut en couleur qu’il présente ici avec ses commentaires.

   La fille de notre intelligence humaine n’est pas la soeur de notre cerveau. Elle mérite cependant que nous la prenions avec le plus grand sérieux : l’avenir d’Homo Sapiens Sapiens en dépend.

Voici la LEM 1107 : Intelligence artificielle : essai d’illustration.


François-Marie Michaut 18-19 février 2019

Intelligence artificielle : essai d'illustration ( LEM 1107)

                                  







           Intelligence artificielle : essai d’illustration 


                                                    Jacques Grieu


                              Tentative de décryptage du tableau

                                      (vu par l'auteur) 



    Les courbes centrales subtiles et complexes( à plusieurs faces) de l'esprit humain et de ses émotions sont encerclées,
dominées, supplantées, par la rigueur électronique, inflexible et robotisée, d'une IA dont les limites extrêmes ne sont pas
toujours clairement perceptibles. C'est pourtant sa propre création (triangle jaune).
    Dans tous les domaines les sombres étincelles de cette IA, explosent brutalement en multiples directions envahissantes et
donnent naissance à des concepts apparemment innovants qu'on peut croire lumineux . Mais qui naissent un peu partout,
spectaculaires, aux 4 coins du savoir,  sans discernement ni contrôle réel.
    Le tout sur un fond également bien sombre  attaquant insidieusement la peau de chagrin d' un héritage culturel du libre
arbitre qui, fissurée, trouée, se fragmente et rétrécit inexorablement ...
       Avant, probablement, de disparaître (?)       
                                                                   Jacques Grieu



                                    
                                              Tableau de  J. Grieu (droits réservés)

Os court ;
«   La tristesse de l’intelligence artificielle est qu’elle est sans artifice, donc sans intelligence. »
  Jean Baudrillard  (1929-2007, philosophe français)

Lettre d'Expression médicale 

LEM n° 1107 
http://www.exmed.org/archives19/circu1107.html
      18 février 2019 

vendredi 15 février 2019

Antisémitisme, étiologie d’urgence (Exmed)


   Des étudiants en médecine sont contaminés par une haine dénoncée par la Conférence des doyens de faculté de médecine en France ( source : blog de Jean-Yves Nau.


   Agiter le martinet des sanctions juridiques est-il de nature à ce que chacun prenne le temps de comprendre les racines profondes de l’éxécration si tenace de tout ce qui est juif ? Depuis plus de 2000 ans ce peuple pas comme les autres subit le même sort de tentative d’éradication et survit. Double question de fond : pourquoi est-il si «dérangeant» depuis si longtemps ? Pourquoi a-t-il réussi à «survivre» malgré toutes les tentatives les plus atroces d’ «élimination» au fil de l’histoire ?

François-Marie Michaut 
Exmed 15-17 février 2019

mercredi 13 février 2019

Si bêtes que ça ? (Exmed)

   Voici le gros titre du Quotidien du médecin du 13 février 2019 : « L’Intelligence artificielle, une chance pour les médecins ? » Notons d’abord la déférence quasi sacrée accordée par le rédacteur au mot intelligence en le dotant d’une majuscule ( L’ Intelligence artificielle ).

     Les médecins qui nous soignent sont-ils tellement dépourvus de capacité cérébrale de compréhension, malgré leurs longues et difficiles études, qu’ils sont totalement démunis s’ils ne sont pas aidés par un appareillage électronique ? Si les un et les zéro se mélangent les pinceaux, que deviennent les pauvres humains ?

François-Marie Michaut  

Exmed 13-14 février 2019

dimanche 10 février 2019

Surdiagnostics (LEM 1106)

                                    


                                       

                                                 
       Mes oreilles d’enfant d’une famille non médicale furent frappées par le certificat de compétence accordée par les adultes à notre médecin traitant : il a un bon diagnostic. Certitude rassurante d’être entre les meilleures mains du pays le jour où la maladie frappera à la porte.    Il est vrai que savoir donner un nom à une maladie répertoriée en lisant à travers les symptômes anormaux d’une personne comme dans un livre n’est pas une capacité donnée à tout le monde. Diagnostiquer, c’est, merci le grec savant, connaitre à travers. Voyance extralucide ?
En un siècle, purement issue de l’examen clinique avec ses phases rituelles d’interrogatoire, d’inspection, de palpation, de percussion et d’auscultation, la démarche diagnostique s’est enrichie des découvertes technoscientifiques  les plus étonnantes. Chacun en entend parler tous les jours, sans obligatoirement savoir de quoi il s’agit exactement. Le niveau général de connaissances des choses médicales, même chez des gens très diplômés, demeure fort rudimentaire (1).

      L’invasion des techniques d’imagerie, des endoscopies, des bilans biologiques systématiques, des directives de bonne pratique, des arbres de décision, de la profusion des incitations thérapeutiques sous la pression de l’industrie pharmaceutique nous a fait sombrer dans un autre univers. Celui de la médecine objet de consommation.
Les hôpitaux sont conçus comme des usines à produire des soins : ses différents rouages doivent tourner avec la plus grande productivité possible. Les utilisateurs n’ont plus rien à demander : il sont devenus la matière première d’une énorme machine.

    La machine-à-soins , une fois que vous y êtes entré, ne se soucie plus beaucoup de ce qui vous a fait faire appel à elle. Peu importe le diagnostic d’entrée, votre histoire, vos symptômes, vos attentes ou vos craintes, vous devez être bilanté (2). Chaque anomalie repérée entraine à son tour une chaine d’investigations complémentaires jusqu’à ce qu’un diagnostic soit posé. Une telle façon systématique de faire (3)  tourner la machine-à-soins, et d’une certaine façon justifie son «plateau technique». Son coût est probablement exhorbitant, mais cela n’inquiète guère. La santé n’a pas de prix dit l’adage populaire.

Mais est-ce bien de santé dont il faut parler ici ? Parce que, qu’est-ce qu’on en fait de tous ces diagnostics péchés à la ligne, ou plutôt au chalut (4) ?
L’histoire du dépistage systématique à la française du cancer du sein est une bonne illustration de... ce que nous ne savons pas. Cécile Bour, radiologue, en toute liberté d’expression et en se mettant du côté des femmes, fait un point remarquable de la question sur son site Cancer Rose. 
Être soigné, pas toujours sans risque, de maladies qui demeureront muettes toute votre vie est-il bien raisonnable ? Vivre sereinement avec l’étiquette d’une maladie potentiellement mortelle, qui est assez héroïque pour le faire ?

   La médecine a longtemps conservé une tradition de secret. Parler latin entre confrères, ne pas prononcer certains mots devant les malades, souci de garder pour soi des informations trop désespérantes, c’est ce que nous avons fait. La mode, directement inspirée du puritanisme anglosaxon, de la transparence (5) à n’importe quel prix, a gagné nos habitudes.

    Et bien maintenant, à nous de nous débrouiller avec cette médecine qui tourne toute seule autour d’elle-même. À une seule condition :  celle de lui fournir la matière première humaine dont elle se nourrit. Combien de temps allons-nous nous laisser traiter comme une banale matière première dépourvue de toute conscience ? Longtemps encore nous comporterons-nous comme des fournisseurs  muets d’une telle industrie ?
La santé n’est pas une marchandise, la santé n’est pas un bien de consommation, la santé n’est pas un objectif politique, la santé n’est pas un droit. Elle n’est pas une réalité ni un projet, elle n’est qu’un désir, elle n’est qu’un rêve. Alors imaginer y parvenir en multipliant à l’infini de ce qui est techniquement faisable les interventions médicales ne peut être qu’une dangereuse  illusion. En France, 34 200 décès iatrogènes par an (6) ce n’est pas rien.

François-Marie Michaut

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Notes de l'auteur :


(1)  Réalité souvent peu perceptible par les cliniciens, tant le vernis de connaissance diffusé en profusion par Internet, les livres de vulgarisation  et la presse peut faire illusion.  Reformuler ce qu’on veut faire comprendre et être attentif au retour pour eviter les quiproquos. n’est pas un luxe.  

(2) Le verbe «bilanter» est un vilain néologisme du jargon médical signifiant l’action de faire passer un bilan. Donc  imposer de façon systématique tous les examens dits de routine à un malade, cet ensemble servant de fondation au sacro-saint dossier numérisé.  

(3) Ne pas oublier que les médecins doivent aussi se protéger des accusations en justice qui peuvent être portées contre eux s’ ils ne procèdent pas à toutes les investigations possibles. L’épée de Damocles de la responsabilité médico-légale est un danger constant.

(4) F-M Michaut, Carottage et chalutage,  Feuillets de systémique médicale 4,  LEM 1104 

(5) Vision binaire du pur d’un côté, et de l’impur de l’autre.  Casher ou halal  des aliments dans de grandes traditions.  
                                     
(6) Source Wiki
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Os court ;
«  Ne nous laissez point succomber au diagnostic, mais délivrez-nous des maux de la santé. »
  Ivan Illich 

 Lettre d'Expression médicale n° 1106

LEM n° 1106
 sur le site EXMED

      11 février 2019

La-machine-à-soins (Exmed)

  
Pas un seul moteur ne résiste à fonctionner en sur-régime. Il serait avisé de s’en souvenir quand notre médecine continue de s’emballer comme si c’était sa seule raison d’être.
   La LEM 1106 : Surdiagnostics , puisque des soins en découlent obligatoirement, est une invitation à la réflexion personnelle.

François-Marie Michaut 
11-12 février 2019

jeudi 7 février 2019

Audit de la psychiatrie (Exmed)

   
En France, les soignants des hôpitaux psychiatriques publics manifestent leur désespoir et leur sentiment d’abandon. La psychiatrie est probablement la discipline médicale la plus difficile, la moins compréhensible et la plus énigmatique pour l’ensemble du corps médical et la société toute entière.  Elle semble ne pas pouvoir suivre l’évolution technoscientifique qui rendent si spectaculaires les disciplines de pointe. Les neurosciences n’ont pas pu l’absorber.


  Tant qu’un audit  (  pas seulement national ) de l’adéquation de la psychiatrie de 2019 aux derniers acquis des connaissances humaines n’aura pas été réalisé, aucune mesure structurelle n’a la moindre chance d’être efficace.

François-Marie Michaut 
Exmed 8-10 février 2019

mardi 5 février 2019

À votre bon coeur (Exmed)

      Ainsi parlaient au siècle dernier ceux qu’on nommait, sans état d’âme, les mendiants en tendant la main à la sortie de la messe du dimanche. La charité s’est déchristianisée, mais n’a pas péri. Des associations puissantes ont vu le jour pour porter secours aux grandes  causes publiques négligées par les états.

    La générosité du public pour contraindre le pouvoir politique à soutenir enfin la recherche. Bonne idée tant que le pouvoir ne fait pas la sourde oreille pour assurer sa mission. Sinon ? Les donateurs finissent par ne plus donner. C’est aussi humain qu’irreversible.

François-Marie Michaut
Exmed 6-7 février 2019

dimanche 3 février 2019

AUX PETITS SOINS (LEM 1105)


                AUX PETITS SOINS 

                                                   Jacques Grieu

                    


« Elle eut soin de se peindre et d’orner son visage
Pour réparer des ans, l’irréparable outrage 
»
Le soin qu’elle y mettait, avec sollicitude,
Était d’autant plus grand que la tâche était rude !

« À vous le soin », dit-on, dans la belle marine,
Quand on transmet le quart, que le sien se termine.
Qu’on aimerait entendre une telle supplique,
Quand nos nouveaux ministres entrent en république !

C’est une maladie qui sévit aujourd’hui :
On se soigne, on se soigne et le jour et la nuit.
Chacun doute et se tâte en espérant trouver
Où se situe le mal qu’il sent lui arriver.

L’artiste est un malade : il se soigne en créant :
À force de créer, le mal monte, empirant.
Alors il doit trouver d’autres médicaments :
Et donc change de style en cherchant un calmant.

On est aux petits soins pour combler nos besoins ;
Mais on écrit en mails sans le moindre des soins !
Nos défauts, après tout, sont bien moins ridicules
Que le soin qu’on emploie à masquer leurs férules.

Blessure de parole est plus dure à soigner
Que celle du couteau qui vous a transpercé.
Avoir froid, que ce soit au cœur ou bien au corps,
Est souffrir sans blessure : aucun soin ne l’endort.

On peut bien mieux soigner des genoux écorchés
Que les coups pris au cœur ou même à nos idées.
Les soins des chirurgiens nous font des nouveaux… nez,
Mais ceux de nos psychiatres, aux âmes ont moins d’effets.

C’est la vie qui se soigne et pas la maladie ;
Un corps dont on prend soin dure… toute la vie !
Epicure l’a dit : jusqu’au dernier soupir,
Prenons soin de bien vivre afin de mieux mourir.                                                                                            

   


Os court ;
« Que nous devons mourir, nous le savons. Ce n’est que de l’époque et du soin d’en retarder le jour que s’inquiètent les hommes. »

 William Shakespeare

Tagada tsoin-tsoin (Exmed)

   
Onomatopée musicale joyeuse de notre brave vieille langue française popularisée par Maurice Chevalier.

   Juste en guise d’annonce de la LEM 1105 : Aux petits soins de Jacques Grieu.

    Ne pas toujours pleurer n’est pas une idée à la mode. Ce qui ne veut pas dire a contrario que c’est idiot.

François-Marie Michaut
Exmed 4-5 février 2019

jeudi 31 janvier 2019

Démarchandiser ?
 (Exmed)

    Les publicités télévisuelles sont sans appel. Toutes les choses entourant notre santé, y compris psychologique, font l’objet d’une concurrence commerciale féroce. Aucun contrepouvoir ne se manifeste : le public paie les yeux fermés, des poches se remplissent.


    Les soignants continuent depuis des dizaines d’années à se laisser réduire à la fonction de distributeurs de la marchandise qualifiée de services supposés améliorer la santé.
                  Conception purement matérialiste et traduisible en chiffres et en courbes, à quand des «humanomètres» - encore à inventer par les neurosciences -  dans nos têtes ?

François-Marie Michaut 
Exmed 1-3 février 2019

mardi 29 janvier 2019

Tous à jeter (Exmed)

     
Le temps de la croyance naïve au « c’est vrai parce que c’est dans le journal » est achevé. L’argument publicitaire pour un objet «vu à la télé»  ne porte plus. Comme si notre confiance, notre capacité immémoriale de croyance, étaient en voie de disparition. Cela devant le constat d’un trop grand nombre de tromperies, calculées ou involontaires,  dans les informations transmises à tout vent : l’hypothèse tient debout.
Les théories du complot trouvent un terrain fertile dans un tel climat psychologique.  Paranoïa contagieuse en termes de médecine. Trouver un coupable reconnu par beaucoup pour le condamner, c’est un remède qui ne date pas d’hier.

Celui du bouc émissaire.

    Ici même, nous affichons depuis 1997 le slogan : Retrouvons la confiance
Le chantier n’est pas achevé, vous ne trouvez pas  ?


François-Marie Michaut

Exmed 30-31 janvier 2019

dimanche 27 janvier 2019

Esprit es-tu là ? (Exmed)

   Un peu d’autodérision s’impose si on veut aborder des sujets réputés sérieux. Bien que n’étant pas (encore) équipée de table tournante, la LEM 1104 : Carottage et chalutage vous propose son feuillet de systémique médicale numéro 4.


    Bonne lecture et à vos questions.
François-Marie Michaut 
28-29 janvier 2019

Carottage et chalutage (LEM 1104)


                            Feuillets de Systémique Médicale (4)


                                                                                                   

   Est-il interdit de prétendre qu’aucun d’entre nous ne vit  totalement dans la réalité avec laquelle il a la conscience d’être en contact ? Freud et ses continuateurs, si décriés soient-ils actuellement, l’ont largement démontré.La seule table de lecture objective (1) disponible est l’idée que chacun construit de sa réalité au cours de sa courte vie. Les sciences se nourrissent, tout comme nous , de théories. Le mot grec est cousin de celui de théâtre. Construction d’un monde fictif  dans un spectacle comme dans le cheminement d’une existence ? Ce n’est pas invraisemblable.

 Comment se sont construites les grandes traditions que se sont donnés les humains depuis les temps les plus anciens, dont les différentes religions se sont chargées de transmettre (2), chacune à leur façon orale, gestuelle , le récit du monde environnant ? Les sciences humaines, anthropologie, théologies, histoire des religions, sociologie, psychologie, sciences sociales, politiques, économiques, tournent autour du pot avec, en lieu et place d’une explication profonde indiscutable, une accumulation de descriptions  de plus en plus détaillées à grand renfort d’auxiliaires technologiques, sans répondre à la question que pose tout enfant. Pourquoi  c’est comme ça et pas autrement ?

La technique du carottage, le passe-partout scientifique


  Les sciences, se constituant en opposition systématique de plus en plus frontale  avec ces croyances jugées dépassées et contradictoires, ont su définir leur méthode de recherche. Coup de chapeau de rigueur à René Descartes et à tous ses consciencieux continuateurs de par le monde. Le principe général est simple et accessible à tous.
On se heurte à une question pour laquelle il n’existe pas (encore) de réponse immédiate ? On la découpe comme un saucisson en autant de  tranches qu’il est nécessaire d’élucider une à une puis d’assembler jusqu’à découvrir la réponse à l’énigme initiale. En médecine, nous avons l’habitude des compte-rendus des études publiées dans la presse spécialisée. Leur fin est toujours la même quasiment rituelle. Cette étude doit être confortée par une étude plus profonde sur les questions demeurant en suspens.
Il n’est pas impossible de détecter le mécanisme mental qui impose une telle stratégie de recherche. Un dogme, issus d’une compréhension superficielle du doute cartésien est posé au départ : la vérité n’existe pas. Nous ne pouvons donc que tenter de l’approcher en allant vers de plus en plus d’investigation de chaque élément constituant.
Un rêve secret, jamais clairement formulé : en allant assez profond, sur le modèle du forage minier, les humains découvriront le pourquoi du comment de chaque partie du réel. Hélas, aucune de nos grandes interrogations humaines n’a pu être élucidée ainsi. La science a simplement renoncé à l’hypothèse de l’existence d’une quelconque vérité. Un adage simple court partout : la vérité n’existe pas. La mission scientifique est alors de toujours courir après cette vérité avec la conviction qu’elle n’est pas atteignable, juste de plus en plus approchable sur le modèle d’une asymptote (3). Nous agissons comme si  Démocrite avait raison dans sa formulation proverbiale : la vérité est cachée au fond du puits.
 Depuis Galilée et Copernic, cela demeure un puits… sans fond malgré tous nos efforts.

 Et pourtant, la science n’a pas baissé pavillon. Elle cherche toujours un grand principe unificateur (4). En renvoyant aux philosophes la métaphysique jugée hors de son domaine - au jeu de rugby, on dirait : botter en touche - elle peut prétendre occuper le point le plus élevé de la connaissance humaine. Les choses ne sont cependant ni aussi caricaturales, ni aussi définitives que cela a été longtemps cru. La notion de principe organisateur, de direction d’ensemble du vivant et de l’organique des particules élémentaires au cosmos continue de nous tourner autour, tant il est difficile de s’en passer. Prendre en compte un ouvrage remarquable : « La synthèse des sciences » de Dominique Aubier (1973) page 9 à 39. La frontière de la métaphysique est encore interdite par les gardiens de l’orthodoxie scientifique. Mais, comme n’’importe quelle autre barrière, elle sera un jour franchie. Elle l’a même peut-être déjà été, sans que la nouvelle  ne se soit propagée. Trop perturbant pour notre culture toute entière que ce retour en force de ce qu’il y a au delà du domaine reconnu des lois de la physique. L’ombre d’une entité créatrice, pour ne pas dire le mot scientifiquement tabou de Dieu, plane au dessus de notre modernité. Bien différente, faut-il le dire, de tout créationisme.

  La technique du chalutage, l’incontournable joker

    Nous voici donc devant une gigantesque accumulation de savoirs, dépassant depuis longtemps les capacités de compréhension de tout cerveau humain. La science, si ce singulier a encore un sens en 2019, ressemble à une tour de Babel. Les langues qui s’y parlent, à force de se spécialiser, deviennent  étrangères les unes aux autres. Voilà une situation préoccupante. Faute de pouvoir modifier ce que nous avons bâti avec tant de talent et de travail, il nous faut changer de stratégie.  Sans détruire ni renier quoi que ce soit, l’obstacle est à contourner. Appelons la marine à notre secours.  La technique la plus productive pour capturer des poissons en haute mer est celle du chalutage.

Il suffit de déterminer avec quelle énergie tracter le filet de capture, d’en déterminer la profondeur de travail et de fixer la route suivie et la taille des mailles pour pouvoir prendre ce qu’on cherche. Changement fondamental d’optique : la course à la connaissance ne va plus obligatoirement de haut en bas, de la surface au fond, mais elle s’autorise à aller librement en long, en large et en profondeur. Passage d’une vision en deux dimensions à un univers explorable en trois dimensions. Cela change tout.

Ces considérations peuvent sembler bien arides, simplistes ou trop générales pour certains. Elles sont cependant indispensables à tenter de cerner avant d’oser aller plus loin sur le chemin systémique peu fréquenté qui a été ouvert ici. L’objectif visé ici n’est pas de tenter de convaincre quiconque de quoi que ce soit, mais simplement de montrer que toute mise en question (5) est un véritable enrichissement pour qui  a le culot de s’y risquer. Nous sommes étouffés par des réponses immédiates  à tout et n’importe quoi. Une seule parade : continuer sans se lasser à poser des questions puisque notre cerveau humain est le seul à disposer ce ce pouvoir. Confucius cité plus bas ne tient pas un autre discours.


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Notes :

(1)  La notion d’objectivité si chère à la pensée scientifique héritée du 19ème siècle, reprise par la neutralité supposée du médecin dans son exercice est devenue un leurre. L’influence directe de l’intention de guérir son patient sur l’évolution d’une maladie, en dehors de toute activité pharmacologique décelable, connue sous le nom populaire d’effet placebo, démontre qu’il s’agit d’une illusion. La physique quantique est formelle : l’expérimentateur  n’est jamais neutre.

(2)   Sous la forme de récits imagés pour en faciliter la transmission orale, picturale, architecturale, musicale, gestuelle, artisanale bien avant l’invention de l’écriture. Nous n’en n’avons retenu que des symboles dont nous comprenons bien mal le sens profond avec nos seuls outils scientifiques.

(3) Ligne droite qui s'approche indéfiniment d'une courbe sans jamais la couper, même si on les suppose l'une et l'autre prolongées à l'infini, avec une distance plus petite que toute quantité finie assignable; p. ext. branches de courbes se rapprochant indéfiniment l'une de l'autre sans se toucher. Les asymptotes de l'hyperbole (Ac. 1798-1932); ligne asymptote (Lar. 19e, Nouv. Lar. ill.); point asymptote (Lar. 19e. Nouv. Lar. ill., Quillet 1965)
Source: CNTR (CNRS)

(4) Principe est compris ici comme origine, ce qui vient en tête, ce qui vient en premier.

(5) L’enseignement académique en France, jusqu’à ce jour, ne favorise pas du tout une telle attitude  curieuse de la part de ses étudiants. À mettre en  perspective avec le Talmud ( l’étude),  l’un des livres sacrés avec la Bible, du Judaïsme, qui est composé de plusieurs milliers de questions et réponses sur tous les aspects de la vie issus de la tradition orale.

François-Marie Michaut 26 janvier 2019


Os court ;
« Je ne peux rien pour qui ne se pose pas de questions. »
Confucius (-551 -479)

Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1104 sur Exmed  
http://www.exmed.org/archives19/circu1104.html
                                          

                                                 



                             

                                            

jeudi 24 janvier 2019

Les règles des papes (Exmed)

    
Le NHS britannique a renouvelé le 20 janvier ( Huffpost du 22 janvier 2019) une information connue des médecins depuis... 1965. Il n’y a aucun risque à prendre un contraceptif oestro-progestatif de façon continue. La pause rituelle depuis 60 ans de la pilule pendant une semaine pour le maintien de fausses règles ( hémorragie de privation) a une histoire.

    Pour tenter d’amadouer le Pape ( Paul VI) hostile à toute contraception, John Rock (Harvard) a eu cette idée pour aider les femmes catholiques. Et nous, les prescripteurs latins - en dehors des médecins du sport - avons obéi en silence au Vatican. L’industrie pharmaceutique qui a subi un tel manque à gagner doit être furieuse. Les vendeurs de protections périodiques féminines en ont fait une bonne affaire.


    Où est le respect dû aux femmes dans de telles manipulations ?

François-Marie Michaut 
Exmed 25-27 janvier 2019

mardi 22 janvier 2019

Une faim sans fin (Exmed)

    C’est ce qu’annonce le très respecté Lancet du 16 janvier 2019 sous la plume de Richard Horton (MD), son rédacteur en chef.    Le défi est de nourrir sainement une humanité de dix milliards de personnes en 2050 sans détruire les ressources environnementales de la planète. 

    C’est encore possible, dit le Quotidien du Médecin du 19 janvier 2019 interrogeant le docteur  Fabrice DeClerk (GIARC). À condition de réduire de moitié notre gaspillage alimentaire, de diviser de 50% notre consommation de viande rouge tout en doublant l’ingestion de légumes, graines et fruits.


    Un message si simple, capable de sauver notre espèce humaine en péril si nous restons inertes, mériterait plus que tant d’autres d’être diffusé sans modération.

À chacun de s’en faire le messager autour de lui s’il estime qu’une telle attitude de prévention doit être ou ignorée ou largement diffusée.  


François-Marie Michaut

Exmed 23-24 janvier 2019

dimanche 20 janvier 2019

Machine à penser (LEM 1103)

                                                                            



                                    

                               Machine à penser


                                              Jacques Grieu


     Après des années d'études dans des centres de recherche de pays avancés, (coordonnées par un certain Georges Haurhouèlle)(*), voici enfin l'outil révolutionnaire dont l'homo sapiens rêvait depuis toujours :
    Ci-joint, l'image (encore top-secrète)  de la fabuleuse "Machine à Penser" qui fait beaucoup parler depuis quelque temps. Finies, les incertitudes angoissantes, les indécisions perturbantes, les alternatives stressantes. Terminés les doutes ou hésitations : la machine pense pour vous, réfléchit pour vous, décide pour vous. C'est le repos, le confort, la Sécurité.
Entièrement connectée, elle consomme peu et n'émet aucune pollution.
    Malgré son prix encore élevé (non divulgué) de nombreux pays (USA, Russie, Chine, Brésil, Turquie, Nord-Corée, Birmanie, etc ) l'ont déjà commandée en immenses quantités.
       Certains hommes politiques d'autres pays d'Europe semblent, eux aussi, intéressés... Pas de doute, cette invention révolutionnaire est promise a un grand avenir sur toute la planète.

 



 NDLR
 (*) Pour nos lecteurs étrangers, francisation phonétique de George Orwell.



              

        Os Court : 
 « Inventer, c’est penser à côté.»
Albert Einstein

Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1103  
http://www.exmed.org/archives19/circu1103.html
      20 janvier 2019        

C'est ce qu'on veut ? (Exmed)

     Nos discours, en médecine comme partout, ne cessent de parler de développement, d’évolution, de plans, de mesures, d’innovation, de création et même de progrès.


      Quelle idée exponentielle de notre avenir avons nous derrière la tête ? Jacques Grieu, une fois n’est pas coutume, dans la LEM 1103 Machine à penser, nous en propose une figuration graphique sans appel.

 En l’absence ici de toute «machine à penser», une reproduction ou diffusion impose l’autorisation de l’auteur.


François-Marie Michaut
Exmed 20-22 janvier 2019

jeudi 17 janvier 2019

Règne de l’injonction paradoxale (Exmed)

  
Nous devons faire des économies parce que nous dépensons trop d’argent pour nous soigner nous est-il entré dans la tête. En même temps, pas une journée où ne soient multipliées des incitations à aller chez le médecin se faire examiner, dépister, vacciner, traiter à titre préventif en agitant le principe de précaution.

   Des systèmes d’assurance maladie en déficit, des hôpitaux surchargés au delà du tolérable, des cabinets médicaux désertés ou incapables de répondre aux demandes des usagers. Qui peut s’en étonner quand on court en même temps après une chose et son contraire ?
« Le seul mauvais choix est l’absence de choix .» Amélie Nothomb, romancière.


François-Marie Michaut 18-19 janvier 2019

mardi 15 janvier 2019

Bientôt tous hypochondriaques (Exmed)

     
Étrange dénomination savante de ce que Molière qualifiait sans détour « Le malade imaginaire». Mystérieuse souffrance dont le siège serait dans l’abdomen sous le cartilage des dernières cotes. Ce qui est faux, mais on n’en sait pas plus en médecine.

   La propagande entourant toutes les questions touchant à nos histoires de maladie est un harcèlement psychologique modifiant la perception que nous pouvons avoir de notre propre corps et de sa vulnérabilité. Tout se passe comme si nous avions fabriqué une machine à produire des humains conditionnés à alimenter passivement toutes les usines  de l’inépuisable,et plus que tout autre profitable, marché-de-la-santé.

  Et on se laisse faire quand on se sait pas, et on laisse faire sans rien dire quand on sait ? Bien malade, notre société.

François-Marie Michaut
16-17 janvier 2019

dimanche 13 janvier 2019

Débat de civilisation (LEM 1012)


                                                 
                             

          Se débattre, c’est s’agiter dans tous les sens pour sortir d’une situation périlleuse. Débattre, c’est frapper fort. La syllabe initiale dé en indique l’intensité - et pas du tout comme j’avais tendance à le croire - un éloignement de la violence des gestes  quand est dépassé le seul usage de la parole (1). Face à la nébuleuse, trop vite baptisée par son apparence sur les images de gilets jaunes en guise d’uniforme, les observateurs se, et nous, trompent en parlant de mouvement. Pourquoi ? Parce que nous ne sommes pas capables d’écouter leur véritable langage. Pas celui des mots, des injonctions, des gesticulations en vue de manipuler les images pour frapper les imaginations. Ils sont tous plus contradictoires et imperméables à toute analyse causale les uns que les autres. Pour un systémicien , c’est la façon de faire, la stratégie si vous voulez, qui est la plus parlante. Impossible de passer à côté : l’objectif partagé est qu’il faut bloquer. Traduit par un mot d’ordre, on entendrait quelque chose comme : STOP (2), on ne marche plus (3) dans un système qui écrase nos vies (4). Ceci n’est audible que si l’on fait l’effort de ne pas succomber à la tentation de se plonger dans le dédale des analyses factuelles de chaque catégorie de savoir. Les experts spécialisés patinent. On se sent « gilet jaune » parce que, comme les autres à côté dont on ignore tout, on est contre et que pour sauvegarder ce squelette d’identité : «  on ne lâchera rien » est-il répété en boucle.

     C’est à un délicat exercice de lecture en creux de ce qu’il est tellement important de se sentir dépouillé  qu’il faut se livrer. En  évitant autant que possible, par la rigueur de la pensée et l’expression bien calibrée, le risque de tomber dans des interprétations délirantes. Notre boîte à outil n’est pas complètement vide, je demande au lecteur l’autorisation d’en faire usage, aussi artisanaux soient ces instruments (5). Il est remarquable que ce qui se manifeste avec force en France sous cette forme existe dans de nombreux pays du monde avec le rejet des systèmes politiques traditionnels, des élites en général. Ou en fonçant dans des aventures extrémistes aux conséquences pour le moins inquiétantes. C’est la civilisation elle-même dont nous faisons partie qui est mise en question. Elle a pris sa source en Occident, poussée depuis deux millénaires par le dynamisme de l’expansion  du christianisme . Elle s’y est fortifiée au fil ses siècles  en exploitant les sciences et les techniques. Dans une histoire cahotique et sanglante, avant d’aller conquérir et dominer la terre entière.
    Magnifique réussite que cette culture venue de notre Occident dans l’histoire de l’espèce humaine. Tant d’autres, sur tous les continents, ont disparu sans crier gare. Hélas, tous les voyants sont au rouge. Nous ne pouvons plus ignorer, en 2019, que notre façon de nous comporter - bien au delà des destructions  directement causées par nos  activités - est en train de tuer la fragile planète sans qui nous ne pouvons plus vivre. Juste une ou deux générations en continuant ainsi, disent nos experts, et Homo Sapiens,comme ses frères animaux et végétaux, ne pourra plus vivre. Conscience écologique diront certains. Conscience systémique  me semble plus exact, car cela dépasse de loin notre environnement matériel. Lutter contre la pollution ou sauver la biodiversité, ce n’est pas suffisant. Notre façon de penser notre monde connait une mutation sans précédent. Il n’est plus possible de nous imaginer comme le centre immobile tout puissant du vaste univers  immuable à notre échelle.

     Comment en sommes-nous parvenus à nous condamner nous-mêmes à disparaitre ? La question n’a rien de philosophique, elle est devenue une urgence vitale. Urgence absolue diraient nos réanimateurs. La masse de nos connaissances est telle - la technologie nous en assure la facilité d’accès - que nous avons un gros travail d’investigation à faire pour parvenir à comprendre comment et pourquoi nous en sommes arrivés là. Bien entendu, les sciences ont leur secteur d’investigation à faire valoir. Mais elles n’ont pas le monopole de la connaissance. Tout notre acquis culturel, avec une attention toute particulière à ce qui est jugé comme secondaire, insignifiant, démodé ou dépassé, est à passer au scanner des esprits les plus indépendants.
    Nos amis chercheurs scientifiques nous ont appris qu’une recherche digne de ce nom ne peut pas exister sans que l’on ne parte d’une hypothèse clairement formulée. Peu importe si la suite du travail conduit à la valider ou à l’invalider, la méthode savante est non négociable (6).
Voici donc une hypothèse sur notre civilisation occidentale vacillante pour ouvrir le débat.  Qui, à ma connaissance ou hors de cercles  confidentiels, n’a encore jamais pu être abordé sans détour.
    Nous avons poussé à fond une idée de la réalité ne prenant en compte que la partie de notre intelligence qui a le talent de faire des choses de plus en plus extraordinaires.
Comme si notre cerveau n’utilisait qu’un hémisphère : celui qui agit sur la matière ! Nous ne voulons pas prendre conscience que l’anatomie et la physiologie nous démontrent que nous ne sommes pas de simples machines à faire, qu’il y a un hémisphère qui  sait et que c’est lui qui donne, ou non, l’ordre de faire à celui dont c’est la fonction. Bien d’autres traditions véhiculent le même message qui n’a plus rien de « secret »  si on veut bien les écouter (7).

   Pour le dire en d’autres termes, notre civilisation a pour règle jamais formulée que n’existe que ce qui est matériel et que tout obéit au déterminisme des seules lois scientifiques.
   Un catéchisme scientifique (8) qui nous conduit à la disparition de l’Homo Sapiens, donc à la fin de l’évolution des espèces par incapacité d’adaptation ; la pilule est amère. Le vieux thème de la fin du monde, sans intervention de quelque force supérieure que ce soit, revient sur le devant de la scène de l’histoire universelle.
   Et si le STOP fétiche des gilets jaunes était une émergence  dans la réalité de notre inconscient collectif  national issu de ses racines les plus profondes, il mériterait toute notre reconnaissance. L’après, si nous parvenons à freiner notre activisme par instinct de survie, c’est à nous de trouver les ressources pour le modeler. Pas dans tous les sens (9) mais dans le respect d’un système d’ensemble enfin cohérent et incluant toutes nos connaissances.

   Un futur harmonieux : lourde responsabilité pour Homo Sapiens qui ne peut compter que sur lui-même.
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Notes :

(1)   Les armées de l’antiquité, nous raconte en détail l’Iliade, ne commençaient les batailles qu’en se mettant face à face et en s’insultant sans modération avant de s’entretuer.

(2)  Le stop écrit en majuscules, comme dans les messages virtuels, indique qu’il s’agit d’un cri.

(3) Message sans ambiguité à destination de la force politique dirigeante  baptisée : La  République en marche. ( LRM)

(4) Cf La maladie de la valeur, concept développé ici par Max Dorra dès 2010 . Référence : http://www.exmed.org/archives10/circu646.html

(5) F-M.Michaut ,  Causalité linéaire, circulaire ou « hélicoïdale » LEM 1081 20 août 2018 , lien : www.exmed.org/archives18/circu1081.html


(6) Clin d’oeil à l’usage d’expressions dont le seul mérite est d’être à la mode du jour dans certains cercles.

(7)  Dominique Aubier, La face cachée du cerveau, volume 1 et 2,  (MLL éditions) 1989. Présentation sur Exmed http://www.exmed.org/archives18/circu1053.html
(8) Le terme catéchisme est choisi, car une certaine conception traditiionnelle de la science, aujourd’hui dépassée, se comporte comme une religion avec ses croyances.

(9) Le culte de l’adoption de mesures matérielles, « pratiques »,  pour mettre fin aux problèmes mis en débat n’est qu’une très brève  illusion d’optique.
 


Os court ;
« Chaque civilisation a les ordures qu’elle mérite. »

 Georges Duhamel ( 1884-1966, écrivain, médecin)


                                         François-Marie Michaut

                              Feuillets de Systémique Médicale (3)

Systémoscopie (Exmed)


    Votre dictionnaire, comme mon correcteur orthographique numérique,  ont raison, le mot systémoscopie n’existe pas ... encore. Prendre la mesure d’une situation en raisonnant en terme de système n’a rien d’impossible.

    Tentons ensemble de nous faire une idée de sa pertinence et de ses potentialités avec la LEM 1102. Son titre, qui ne se veut ni  polémique ni partisan,  même s’il a un rapport direct avec l’actualité en France, est : « Débat de civilisation » .

Texte un peu plus long  à lire que d’habitude, je n’ai pas pu en condenser davantage le contenu.
C’est le numéro 3 des Feuillets de Systémique Médicale d’Exmed.


François-Marie Michaut
14-15 janvier 2019

jeudi 10 janvier 2019

Biscuits scientifiques pour tout débat
 (Exmed)

    La bataille des idées n’est pas une aimable plaisanterie juste pour manipuler nos inépuisables crédulités ou calmer les échauffements d’humeur. Elle doit, pour être solidement argumentée, prendre en compte quelques propositions décoiffantes sur la réalité du réel toutes défendues par de grands physiciens. « Le futur est déjà réalisé (Einstein). Le futur influence le présent (Costa de Beauregard, Nielsen et Ninomiya). Le futur est multiple ( Everett). Nous avons un libre-arbitre authentique (Conway et Kochen). Notre observation influence la réalité (Wigner, Penrose) .» Source : La Route du temps, Philippe Guillemant , 2014, P.126-133.


  Négliger les apports de la science est se priver d’une béquille mentale indispensable. La médecine peut en témoigner.


François-Marie Michaut 11-13 janvier 2019

mardi 8 janvier 2019

Violence / viol
 (Exmed)

    La parenté entre les deux mots saute aux yeux. Utiliser la force pour contraindre l’autre à faire ce qu’il ne veut pas faire, sexe ou pas sexe, physiquement ou moralement, on parle de la même chose en terme systémique.

    Utiliser la violence pour dominer l’autre, c’est aussi mettre en route une dynamique automatique de retour qu’elle se nomme haine ou vengeance dont le violent est toujours, au final, la victime.

     Pour ceux qui ne craignent pas de lire, un éclairage anthropologique plus large s’impose. Le livre de René Girard : La violence et le sacré. Commenté ici.

François-Marie Michaut
9-10 janvier 2019

dimanche 6 janvier 2019

BRILLANTAGES
 BRILLANCES (LEM 1101)



Quand brille le soleil, il chauffe tout le monde :
Chacun en veut sa part ou la révolte gronde. 
Quand brille le soleil, si chacun il inonde,
Louer un parasol n’est pas remède immonde !

Prendre son parapluie, le banquier vous en prie
Quand il voit qu’il fait bon et que le soleil brille.
Mais dès qu’il va pleuvoir, alors, il le retire ;
Et si vous protestez, attendez-vous au pire…

Briller par son absence est un choix : pas le nôtre !
Les raseurs parlent… d’eux ; les bavards, c’est… des autres :
Mais le « brillant causeur », c’est qu’il parle de vous ;
 Il pense comme vous et comme vous, sait tout…

Ce n’est pas quand il pleut qu’on répare le toit,
C’est quand le soleil brille : ils sont peu pour ce choix.
Les garanties  promises aux brillantes études,
Déçoivent bien souvent nos grandes certitudes.

Le plus beau des diamants ne brille qu’éclairé ;
Les bonnes intentions doivent être expliquées.
Briller quand il fait noir est toujours plus subtil
Que briller au soleil où tout paraît facile.

La vie est un grand feu, mais gare aux étincelles !
Les brillantes idées sont rarement nouvelles
Et les projets nouveaux, à briller sont très peu .
Chacun aime briller mais… éclairer, c’est mieux…

Dieu, dit-on, est partout ; mais nulle part ne brille !
Prières ou suppliques, il ne parle ou sourcille.
Ce n’est donc qu’à la fin que viendra la lumière ?
La mort a la vie dure, et la foi désespère…

                                                     
                                             Jacques Grieu
                   

Os court : 
«    Ce sont les mots qui existent, ce qui n’a pas de nom n’existe pas. Le mot lumière existe, la lumière n’existe pas. »
    

Francis Picabia ( peintre 1879-1953)

Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1101

http://www.exmed.org/archives18/circu1101.html
      7 janvier 2019                                    

Guirlande lumineuse (Exmed)

       
Miracle annuel : la nuit diminue, le jour augmente. C’est bon pour notre corps, c’est vital pour notre esprit . Les festivités de saison célébrées depuis toujours ne s’y trompent pas.

  Alors, photons ou pas, un coup de projecteur poétique sur cette toujours mystérieuse lumière avec la LEM 1101 de Jacques Grieu BRILLANTAGES BRILLANCES.


François-Marie Michaut
7-8 janvier 2019

mercredi 2 janvier 2019

Les deux solutions (Exmed)


   Dans ses voeux à la France, Emmanuel Macron n’a pas oublié de mentionner les médecins et les déserts médicaux. C’est inédit mais il faut dire qu’il y a plusieurs dossiers épineux. La logique gouvernementale a toujours répondu de façon pavlovienne au surgissement de tout problème par la fabrication instantanée de mesures. Solution comme celle qu’impose à l’école tout problème de mathématiques.


  C’est ne pas tenir compte de ce que nous montrent les sciences physiques. Une solution est le mélange d’un corps quelconque dans un liquide solvant. Dissoudre quelque chose qui gène ou nuit, c’est une façon de balayer la poussière sous le tapis.


   Alors quelle est la solution à cette diplopie ? Oser prendre le temps indispensable pour comprendre, dans toute leur complexité et leurs retombées, les facteurs qui ont conduit à ce qu’on veut changer. Le faire pour faire ( ou pire encore pour plaire) en demeurant factuel avec l’illusion d’être plus efficace est une maladie aux redoutables conséquences.
      Savoir d’abord avant toute action est la seule vaccination possible.


François-Marie Michaut
Exmed 3-6 janvier 2019

mardi 1 janvier 2019

Bonne année aux médecins blogueurs (Exmed)

Quelle belle réalisation que celle du Club des Médecins Blogueurs !
Vive l'inventeur !
   Un endroit sur Internet où des articles écrits par des médecins prenant la peine et le temps de tenir un blog sont publiés et diffusés, quelle richesse pour la profession toute entière et ceux qui s'y intéressent.
Un club dont les membres ne sont pas des demandeurs de quelque publicité ou appartenance à un groupe, juste choisis pour la qualité intrinsèque de leurs publications, ça ne court pas les rues de la Toile.
    Bonne année 2019, collègues que je ne connais pas pour la plupart, que vous soyez des auteurs ou des commentateurs dont la réactivité est si précieuse.

On termine avec Marx ( Groucho et pas Karl ) et que comprenne qui pourra :
" Je n'accepterai jamais de faire partie d'un club qui m'aurait choisi comme membre".

COURBURES (LEM 1111)

                 COURBURES 
                               
                   Jacques Grieu La couleur est ma muse et inspire mes fo...