vendredi 16 février 2018

Épidémie d’à-peu-près
 (Exmed)

 

 

Épidémie d’à-peu-près



    Il est toujours tentant de forcer le trait pour tenir captifs ceux à qui on s’adresse. La vieille recette de nos conteurs n’a pas pris une ride : tremblez braves gens. Ces jours-ci, en France, l’un des sujets vedette pour nos gazettes est la survenue de cas de rougeole. Morts à l’appui pour faire bon poids. Immédiatement, et à partir de cas très isolés, la presse, tout comme le Ministère de la santé parle d’une épidémie.
Le dictionnaire Larousse définit ainsi ce qu’est une épidémie : « Phénomène pernicieux, nuisible qui atteint un grand nombre d’individus ». Quelque chose qui plane au dessus d’un peuple dit exactement la racine grecque.

  
Plus que le virus morbilliforme avec lequel notre Occident a pris, au moins depuis le 7ème siècle, l’habitude de vivre - dans la majorité des cas sans gros dommage - c’est un autre mal contagieux qui nous met en danger.  Celui du flou, de la paresse de l’esprit, du manque de rigueur dans la façon de dire et de penser les choses telles qu’elles sont perceptibles.

   La langue nous est indispensable pour vivre. Y porter atteinte par insouciance, sans tomber dans le ridicule du purisme, c’est rendre malade notre société. Donc, chacun de nous-mêmes. Et là, pas le moindre vaccin injectable en perspective.

François-Marie Michaut,

CO d’Exmed 14-15 février 2018

Machine à penser (LEM 1103)

                                                                            



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