lundi 31 décembre 2018

Voeux, illusoires ou productifs (LEM 1100)

                                

                               Le passage à une nouvelle année du calendrier occidental sacrifie toujours à la cérémonie des voeux. Tradition dont on peut rire, ou même s’irriter pour son hypocrisie  à visée manipulatoire.  Peut-être a-t-on oublié l’origine religieuse immémoriale de cette sorte de marché. « Chère Divinité, si tu me donnes la guérison, un enfant, la victoire l’argent (etc) je te fais telle offrande» . Ou dans une optique préventive, un cadeau pour que tu interviennes sur ce qui va arriver. Il y a derrière cela la conviction (1) que le futur ne survient pas tout seul, qu’il est déterminé, ou au moins infléchi, par une énergie qui nous est bien supérieure, pauvres et fragiles mortels que nous savons être. Le destin (fatum des gréco-romains, la providence des chrétiens.
Il suffit pour en avoir la preuve de visiter la moindre église de campagne et de regarder les petites plaques murales portant l’inscription Ex voto (2). Le rouleau compresseur de la rationalité scientifique aurait pourtant dû faire évoluer notre perception du réel,  notre  monde n’obeissant qu’aux lois de la physique (3) et de la cosmologie. 

    Dame Médecine, toute de blanc vêtue, pourtant remarquable et fidèle élève du temple des sciences et des techniques, nous envoie un message complémentaire. Nos confrères américains, tout comme leurs collaborateurs, n’hésitent pas à déclarer utiliser régulièrement la prière personnelle ou partagée comme moyen thérapeutique. Des travaux de recherche scientifique sur cette pratique sont régulièrement effectués sans permettre de conclusion définitive. Dans la pratique quotidienne, la croyance que peut avoir un chirurgien ou un médecin sur la valeur de son traitement est ressentie par son patient comme un élément important de sa guérison. Une certaine façon de faire comprendre un sincère « vous allez franchir ce mauvais pas» fait partie de la fonction soignante du médecin, en dehors et au delà de tout ce qui est du domaine de la pharmacologie ou de la technique opératoire. Le fameux effet placebo montre encore ici le bout de son nez facétieux. Une force agissante que  la logique rationaliste ne peut pas saisir.

  Nous voici bien écartelés entre nos antiques traditions (4) et le catéchisme de la rationalité scientifique classique. Du côté des spiritualités religieuses  la mise en avant de la prière -sorte de voeu-  comme levier capable d’influencer le cours des choses et de l’autre la mécanique implacable de la causalité linéaire de la matière elle-même. Il nous faut à nouveau nous tourner du côté de la science et interroger la notion en apparence strictement psychologique d’intention. Oublions que les bonnes (intentions) pavent l’enfer, ou qu’il n’y a que cela qui compte, comme disent nos proverbes. 

  Retour obligatoire pour moi au travail de physique fondamentale de Philippe Guillemant : La Route du temps présenté ici Ouvrir page  159 et suivantes. Chapître XI « Le dépôt de l’intention» .  Extrait : « Puisqu’il est admis  que le hasard pourrait transporter un sens corrélé avec nos intentions, une nouvelle conception de l’être humain et de son univers physique peut commencer à  émerger, nous libérant du paradigme déterministe pseudo-scientifique dans lequel nous sommes plongés depuis plusieurs siècles.»
   Et bien voilà, nos voeux, et pas seulement  ceux de nouvel an ou de prompt rétablissement, peuvent être infiniment productifs de ce dont nous avons besoin pour mieux ou moins mal vivre. À une condition cependant. Qu’ils soient authentiques et non destinés à nous tromper. Autrement dit, en termes non médicaux, qu’ils viennent du coeur.  S’ils proviennent d’un calcul d’interêt, gare à leur toxicité, la manipulation des foules  est une force destructrice puissante.

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Notes :


(1) Il n’est pas interdit d’imaginer qu’elle s’est fondée, dans toutes les cultures connues, à la suite de longues observations de phénomènes évoluant d’eux-mêmes  de façon inhabituelle. Comme le déclenchement ou la fin d’une épidémie, d’une famine ou d’une sécheresse.


(2) Les églises des ports maritimes exposent, sous la même appelation , des maquettes de bateau offertes et fabriquées par des équipages ayant été sauvés d’un naufrage.


(3) Si on ne tient pas compte de la physique quantique, pourtant bientôt... centenaire, et de ce qui va être dit plus bas ( qui prend en compte cette dimension de l’infiniment petit comme de l’infiniment grand).


(4) Carl Gustav Jung nous a mis sur la piste - jamais démentie - d’un inconscient collectif  peuplé d’archétypes  dirigeant chacun de nous sans en avoir conscience.
                   

   François-Marie Michaut


Os court :

« La tradition veut que je renouvelle mes voeux : Bonne Année ! »
      
Rondro H. Rakotobe ( Madagascar)

 Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1100 sur le site Exmed
      31 décembre 2018

Les intentions méritent notre attention (Exmed)

     Juste aller regarder ce qu’il peut bien y avoir derrière la tradition de l’échanges de voeux pour le premier jour de chaque année. Le parti pris habituel ici de passer à la moulinette systémique tout ce qui nous entoure nous y invite.

Finalement la LEM 1100 Voeux, illusoires ou constructifs risque bien d’ouvrir une fenêtre surprenante sur la dimension non pas irrationnelle mais scientifique des voeux.
Dans cette hypothèse, voyez-vous  quelque inconvénient à ce que, visiteurs de ce site, nous nous souhaitions mutuellement une bonne année 2019 ?

Juste à titre d’information, en date du 30 décembre, le site Exmed a reçu 108469 visites en 2018 et  a enregistré que 441695 pages ont été consultées.

François-Marie Michaut
31 déc - 2 janvier 2019

mercredi 26 décembre 2018

Haut les nains ;-) (Exmed)


   Les nains du vivant, c’est nous. La masse de carbone de nos cellules, indicateur de la biomasse planétaire, est formelle. 
   Selon Gary Dagorn ( Le Monde.fr du 21 décembre 2018 ,  , homo sapiens, est de loin, avec son 0,011% le dernier du classement. Loin derrière les plantes (81,97%), les malfamées bactéries (12,75%), les inquiétants champignons (2,19%) et mêmes les redoutés virus (0,04%).
    De quoi dégonfler l’image que nous avons de notre importance planétaire. Sauf en matière de capacité de destruction du vivant où nous sommes les dominants absolus. Oui, là, nous les nains, sommes au plus haut. Progrès considérable pour notre survie : nous commençons juste à en avoir pleine conscience.


François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 27-30 décembre 2018

dimanche 23 décembre 2018

Noël/Emmanuel (LEM 1099)

                                 

            Le calendrier présente une énigme. Le 25 décembre, personne ne l’ignore, est le jour carillonné de la fête de Noël. Mais il nous indique aussi que nous devons en même temps célébrer les Emmanuel. Étrange invitation à explorer : Pâques, la Pentecôte  ou la Toussaint de la tradition chrétienne, pas plus que notre révolutionnaire Fête Nationale ne sont ainsi partagés par un second bénéficiaire.
L’origine du mot Noël demeure discutée. Il semble établi par les historiens que Jésus de Nazareth n’est pas né le 25 décembre de l’an zéro.  Au début du VIème siècle le moine Denys le Petit (wiki)  a eu l’habileté de récupérer avec cette date un certain nombre de célébrations  bien vivantes de religions alors fermement implantées (1). Bien étrange concordance que toutes ces festivités issues de cultures différentes et de contrées du monde entier survenant en même temps. Un seul évènement observable par chaque être humain et engrangé dans sa mémoire (2) quelque soit l’étiquette donnée. La fin de la période où la nuit gagne sur le jour.

    Situation angoissante pour nos lointains ancêtres, on peut l’imaginer. Est-ce que ça va s’arrêter, la lumière et la chaleur ne vont-ils pas disparaitre à jamais ? Et nous avec, parce qu’on n’est pas fabriqués pour çà, mammifères vulnérables que nous sommes. Les plus vieux disent bien que se succèdent ce que nous nommons maintenant des saisons avec leurs solstices d’hiver et d’été. Mais cela ne se fait pas tout seul. Les grands récits venant du passé dont les religions sont les seuls vecteurs transmettent un même message. Les évènements de la vie ne se font pas tout seuls. La participation active des hommes pour actionner les puissances supérieures est indispensable pour que les choses soient comme elles doivent être . Saisons, alimentation, reproduction, relations humaines, défense contre les prédateurs de quelque espèce soient-ils, les religions se placent comme des régulateurs indispensables de la seule bonne conduite à adopter pour que la vie continue.

       Que vient donc faire l’Emmanuel du jour de Noël dans tout ça ? Laissons de côté ce pauvre garçon massacré par les Romains en 336. C’est son seul nom qui importe ici. Celui d’un prénom hébreu  (3). Immanouel (wiki) qui se décompose ainsi : ime (avec), anou (nous) et El (Dieu)(4). Les interprétations, possibles, y compris les plus dangereusement nationalistes ou communautaristes , sont multiples. C’est finalement la Bible (5) qui propose une piste. Le livre d’Isaïe (7,14) dit que c’est ainsi que sera nommé par la jeune fille qui en sera la mère le messie qui sauvera le monde de la disparition à la fin des temps (6). 
 Cette balade, loin des guirlandes clignotantes et de toutes les miévreries d’usage de la bienpensance sonnante et trébuchante, se veut simplement stimulante pour l’esprit en bousculant un peu les meubles de la tradition pour comprendre s’il n’y a pas quelque chose derrière que nous n’avons pas encore compris. 


On lève ensemble, et sans modération, parce qu’il n’y a là rien de toxique,  son verre à Emmanoël ?

    François-Marie Michaut

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Notes:


(1) Notamment toutes les fêtes nordiques de la lumière, comme la sainte Lucie scandinave et les traditions celtiques autour des sapins.




(2) Il a été remarqué que les médecins eux-mêmes faisaient plus d’erreurs de diagnostic la nuit que le jour. Et toujours par excès s’il vous plait : la vieille peur du noir n’est pas que pour les enfants.



(3) Sans doute encore baignés malgré nous d’un séculaire antisémitisme culturel généralisé, dès que le mot hébreu est prononcé, nos neurones se bloquent. Nous sommes devant l’incompréhensible : « c’est de l’hébreu» le dit bien l’expression.
 Pour aller plus loin, consulter les propos édifiants du livre cinquième de l’historien romain Tacite à http://remacle.org/bloodwolf/historiens/tacite/histoires5.htm
 Comment ne pas évoquer, avec la complaisance de fait des télévisions, la troupe de gilets jaunes le 22 décembre 2018, au Sacré Coeur de Paris, chantant et mimant «La quenelle» de Dieudonné, véritable hymne antisémite  ?




(4) Celui dont le nom n’est pas prononçable pour les Juifs religieux.



(5) Ouvrage qu’aucun écrit médical ou scientifique ne s’accorde plus depuis des siècles le droit de citer. Sous peine d’être  disqualifié  pour obscurantisme rétrograde. Risque assumé ici.



(6) L’auteur ne suggère aucun rapprochement à faire avec quelque personne existante que ce soit. À prendre en compte cependant, pour rester dans l’observable, de ce qui se dit partout des conséquences  fatales sur la Terre du réchauffement climatique auquel nous participons activement.

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Os court : 
«    Le temps, c’est quand on va d’un Noël à  l’autre. »
      
Paul Villeneuve (1944-2010, écrivain québécois)

Y-a-pas que Noël
 (Exmed)

    Ceci n’est pas un conte de circonstance, mais bien un compte. Celui qui est imposé par le calendrier lui-même. On ne badine pas avec une invention aussi solidement établie que celle-là. La même journée festive entre toutes qui nous dit deux choses à la fois.
   Ce serait presque une énigme  diagnostique, ou policière si vous préférez, de la plus belle facture.

La LEM 1099 Noël/Emmanuel ouvre le dossier.

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 24-26 décembre 2018

jeudi 20 décembre 2018

Bobard (Exmed)

    
L’immersion dans un océan de documents ou de commentaires dont les auteurs demeurent masqués est notre lot quotidien. Conserver son esprit critique - dans la mesure où en a eu un un jour - est un exercice difficile. Nos cerveaux fonctionnent curieusement. Moins nous savons de choses, plus nous avons la conviction de posséder des certitudes d’acier. Plus nous avons le privilège d’aller plus loin dans la connaissance, plus nous avons conscience de l’étendue de nos ignorances.

    
La propulsion à jets numériques continus de bobards pose un vrai problème de civilisation. L’histoire de Claas Relotius, journaliste vedette du «Spiegel» est remarquable.

En ligne de mire un nouveau métier florissant : chasseur de bobards ?

 François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 21-23 décembre 2018

mardi 18 décembre 2018

Lulu et Nana (Exmed)

    Quel  avenir pour ces deux petites filles génétiquement modifiées par l’équipe de He Jian Kiu pour qu’elles soient résistantes au virus du SIDA ? Source : blog de Yves Nau du 17 décembre 2018, « 2019, allons-nous entrer  dans le monde insensé des humains génétiquement modifiés ?» .


   Creusons cette question pleine de bon sens. Sommes-nous capables d’avoir une idée bien solide du sens que nous souhaitons donner à nos capacités de faire ou de ne pas faire ce que les techniques peuvent rendre réalisable ? Faire juste parce qu’on peut faire (et vendre) ou s’imposer un stop pour prendre le temps de comprendre et mesurer les conséquences d’une expérience comme celle des charmantes jumelles Lulu et Nana ?

 François-Marie Michaut, CO d’Exmed 20-21 décembre 2018

dimanche 16 décembre 2018

PRÉCIPITATION (LEM 1098)

                                          

La vitesse est un don des nouvelles techniques ;
Chaque jour, en extase, on en fait des cantiques.
Plus vite que violon n’allons-nous pas trop loin ?
De nos propres vitesses on devrait prendre soin…

À force de courir vite après le bonheur
Souvent on le dépasse ignorant sa couleur…
Le faible par le fort, jadis était battu ;
Maintenant c’est le lent que le rapide tue.

On dit qu’il ne faut pas confondre la vitesse
Avec cette notion pourtant de même espèce,
Mais qui peut apporter de grandes confusions
Et qu’on nomme souvent la précipitation.

Il y aurait bien là une contradiction
Puisqu’un précipité dans une solution,
N’est autre qu’un dépôt sans aucune vitesse 
Qui évoque plutôt une grande… mollesse.

Autre contradiction qu’on rencontre souvent
Malgré coups de colère et gros emportements :
Les mots « définitifs », sont bien ceux sur lesquels,
On revient le plus vite, oubliant les querelles !

Vitesse ou précision ? Parfois on doit choisir :
Retards ou bien erreurs, lesquels nous semblent pires ?
Si l’on sait où l’on va, aller vite est utile,
Mais vitesse à l’aveugle est qualité futile.

« La vitesse du chef est celle de l’équipe »
Entend-on très souvent comme un stéréotype.
Mais n’est-ce pas l’inverse ? Et pourquoi pas, au fond :
« La vitesse du groupe est celle du patron ? »

Moins une œuvre est comprise et moins vite on s’en lasse
Donc l’incompréhensible éternellement passe ?
Pour être bien suivi, il ne faut pas traîner :
Plus vite que les autres, il faut toujours aller…

Qui se croit malheureux, vite en prend l’habitude
Qui amène souvent à grande lassitude.
Tout arrive plus vite à qui court vite après :
Mais bois qui flambe vite est de faible durée…   
                                          Jacques Grieu
            
Os court :

«   Il faut être imaginatif, car le XXI ème siècle ne sera pas celui de la vitesse, mais celui des idées. Parce que la vitesse n’est rien sans contenu. »

        Stéphane Fouks (conseiller en communication).


Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1098 
http://www.exmed.org/archives18/circu1098.html

      17 décembre 2018                                    

Savoir se dire stop
 (Exmed)

   Tout autour de nous sur la planète s’emballe. À nous donner le vertige. Vers quoi courons-nous de plus en plus vite ? Nous posons-nous seulement cette question sans nous en débarrasser par une pirouette mentale justifiant le toujours plus ambiant ?
  

  Tout cela n’a rien à voir avec notre santé personnelle et collective ? Bien sûr que si. Pour prendre le temps d’ouvrir un peu plus la boîte aux questions, voici la LEM 1098, PRÉCIPITATION, de Jacques Grieu.

 François-Marie Michaut, CO d’Exmed 17-19 décembre 2018

jeudi 13 décembre 2018

Médecins de papier (Exmed)

   L’Ordre des médecins vient de publier son annuaire des médecins en France. Tout le monde parle de «déserts médicaux». On manquerait donc de médecins ? 
    Le nombre des titulaires d’un doctorat d’Etat de médecine inscrits au tableau de l’Ordre n’a jamais été aussi important. 

   Toutes les mesures  imaginées par les autorités publiques tombent à l’eau l’une après l’autre. 


   Cherchons l’erreur de méthode, les solutions surgiront d’elles-mêmes.

 François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 14-16 décembre 2018

mardi 11 décembre 2018

Haïr, c’est toxique (Exmed)


   Que des sujets éprouvant ce sentiment fort qu’est la haine veuillent détruire l’objet ou la personne de leur exécration  est une réalité qui ne date pas d’hier. Cela peut-il avoir un effet thérapeutique pour le haineux lui-même comme cela peut survenir avec une bonne vieille colère qui vous purge ? 
Hélas la haine envahit facilement tout un fonctionnement humain comme une obsession limitant le champ de la conscience de tout le reste.

   Le haineux, même s’il se sent un légitime justicier , est la première victime de sa propre haine. La tradition des grandes religions l’enseigne depuis des siècles sur tous les continents. Mais qui les entend, au double sens de l’audition et de la compréhension ?

    Les manipulateurs de haine si bavards prolifèrent de façon contagieuse dans l’anonymat numérique en polluant la collectivité toute entière. Faut-il laisser faire sans rien dire ?

 François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 12-13 décembre 2018

dimanche 9 décembre 2018

Passeurs à l'acte (Exmed)

    Images en boucle, commentaires redondants, émotions provoquées en cascades, les yeux se croisant les bras à force de s’user devant nos écrans plats, l’actualité du moment en France nous abrutit. Des hordes un peu partout. Pas de langage commun audible, mais quelques individualités se portant  isolées au contact des forces de police pour déclencher le combat.

    Pourquoi certains passent à l’acte quand la majorité reste en arrière ? Les connaissances médicales ont-elles quelque chose de pertinent à verser au dossier ? Existe-t-il des formes beaucoup plus discrètes et infiniment plus agissantes ?

  La LEM 1097 ouvre une sulfureuse question : « Le règne des psychopathes »


François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 10-11 décembre 2018

Le règne des psychopathes (LEM 1097)


                                

                            Le règne des psychopathes

                                                    François-Marie Michaut


    D’abord oublions l’image caricaturale véhiculée par les fictions, Vous savez, celle des redoutables et machiavéliques tueurs en série pourchassés par d’infatigables enquêteurs. La réalité est beaucoup plus subtile et largement méconnue du public. La psychiatrie la plus classique (1), à la suite de Kraeplin (1856-1926)  parle de « personnalités psychopathiques». Il s’agit donc, bien plus que d’une maladie bien définie, d’un mode de fonctionnement lié au système d’organisation de certaines personnalités. D’origine encore  mal déterminée pour les scientifiques. Très inconfortable pour les soignants qui ne savent quoi en faire.
Une présentation générale accessible aux non spécialistes a été réalisée par Wiki à l’adresse https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychopathie.


   Ce qui caractérise principalement les psychopathes est leur facilité de passage à l’acte, leur habileté à se montrer séduisants pour mieux manipuler les autres et leur manque total de prise en compte de ce que peut ressentir leur prochain. Toute émotion manifestée est vécue par eux comme une faiblesse à utiliser pour mieux dominer la personne qui l’éprouve. Froideur extrême, calcul permanent pour parvenir au premier rang quelque soient les moyens à employer. Comme si l’adage populaire : la vie est un combat (contre les autres), était leur idéal soigneusement caché pour ne pas se faire repérer comme les prédateurs qu’ils sont. Dans les pays anglophones, on les nomme volontiers antisociaux. Affirmation d’une dangerosité pour la collectivité toute entière. Les sociopathes disent-ils.

   Dame Statistique, en vraie  touche à tout qu’elle est, estime, ne me demandez pas comment, leur nombre. Un pas très important entre 1% et 4% de la population qui pourrait rassurer à tort sur leur possibilité de  nuire à notre vie à tous. C’est oublier deux choses. Leur habileté à dissimuler leur soif de pouvoir, et leur intelligence cognitive souvent au dessus de la moyenne. Dans nos systèmes scolaires qui sont fondés sur le principe unique de sélection, donc d’élimination des «plus faibles», de prise en compte des seules performances cognitives, de négation de la dimension émotionnelle dans l’intelligence (2), ils accèdent souvent aux toutes premières places. Les voilà à vie membres de l’élite de la nation comme des organismes internationaux..

    Notre culture, et depuis bien longtemps, fait tout pour que les plus hauts postes de responsabilité, dans tous les domaines, leur tombent entre les mains. Et, les yeux bien fermés, admirateurs des puissants, nous subissons leurs actions destructrices de cette chose si fragile que nous nommons, faute de mieux, l’humanité. Notre humanité à chacun.

   Répétons-le, ce n’est pas une maladie comme une pneumonie ou un cancer. Il est impossible de compter sur la médecine pour soigner ces personnes dangereuses. Elles s’estiment sincèrement plus intelligentes donc plus habiles que les autres dans la manipulation des comportements. Pour eux, c’est nous qui sommes les malades qu’il faudrait soigner de leur «humanité». Toute sensibilité émotionnelle est une faiblesse qu’il faut exploiter pour conduire sa vie.

   Leur nuisance considérable ne peut cependant s’établir et se maintenir que s’ils ne sont pas démasqués. Leur seul pouvoir est d’agir pour leur propre intérêt sans être reconnus comme des sujets présentant une personnalité dangereuse pour les autres.
Sans verser dans un délire conspirationniste bien dans l’air de l’époque, ni dans une chasse aux sorcières (3) ne pouvant conduire qu’à des erreurs et à des excès, que peut-on faire ? 

   Admettre qu’on ne peut rien faire, ce qui est très difficile pour des médecins. Si ce n’est une chose qui n’est pas rien du tout : s’écarter de la voie de ces gens quand on les a débusqués, ne pas les suivre car leur mode opératoire est facilement et redoutablement contagieux. Les récents débordements largement télévisés des manifestations des gilets jaunes en sont une illustration.
   N’oublions pas comment un peuple si cultivé et si éduqué de notre Europe a suivi un certain Adolphe Hitler il n’y a pas si longtemps.

     Il ne serait peut-être pas totalement inutile de dire et de redire à chacun dès l’enfance que personne n’a à se soumettre aux ordres ou aux désirs de quelque autorité que ce soit s’il les désapprouve. Le droit de dire non doit dépasser la seule intégrité sexuelle (4).
                 
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     Notes :

(1)H. Ey, P.Bernard, Ch.Brisset ,Manuel de psychiatrie, Masson, 4ème édition,p. 363  et seq.    


(2) La notion de QI (quotient intellectuel) censée mesurer par un chiffre le niveau d’intelligence d’un sujet n’est fondée que sur les seules performances cognitives.  Certains estiment qu’un QE ( quotient émotionnel ) devrait le compléter.

(3) Par exemple par un dépistage systématique au moyen d’une grille d’évaluation.  Genre d’algoritme dont use et abuse la pratique médicale contemporaine. « À combien chiffrez-vous votre douleur ?»  
  
(4) Cela constitue également la seule réponse possible devant toute forme de harcèlement, qu’il vienne ou non d’une personne fonctionnant sur un mode narcissique pervers.  

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Os court ; «  Combat le diable avec cette chose qu’on appelle l’amour. »
        Bob Marley

Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1097 sur Exmed  
http://www.exmed.org/archives18/circu1097.html
      10 décembre 2018   

jeudi 6 décembre 2018

De quel blocage sortir ? (Exmed)

   
La situation en France déroute les analystes. Des personnes isolées ont enfilé un gilet jaune parce que les réseaux sociaux ont lancé cette idée avec le détonateur d’un désaccord sur la taxation des carburants. Autant qu’on puisse comprendre, c’est  un peuple qui se sent en danger parce qu’il perçoit un blocage de notre collectivité. Sans probablement en avoir conscience, mais non sans pertinence, cette nébuleuse d’individualités le dit par sa méthode de manifestation : bloquer les voies routières.


     Bloquer pour débloquer : de quoi s’arracher les cheveux pour les titulaires du pouvoir. Grands, moyens et petits dans la même nasse. Paradoxe intenable pour les manifestants.


     Le diagnostic d’urgence de ce qui est en échec collectif s’impose aux plus clairvoyants, et au fond les plus et les moins débloquants ( en argot, cela veut dire fous) d’entre nous. Comme des médecins, ne pas se polariser sur les symptômes, pour adopter des mesures immédiates, plonger vers l’étiologie, les causes profondes de ce coup d’arrêt. 


    Un suspect, dont le procès à charge et à décharge doit être instruit, est sous nos yeux. Tellement énorme que nous ne le voyons plus. Il a pour nom le rationalisme matérialiste que nous trainons avec nous depuis le XIXème siècle. Notre façon de percevoir la matière et de comprendre la réalité a tellement évolué avec les physiciens qu’une mise à jour est inévitable.


François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 7-9 décembre 2018

mardi 4 décembre 2018

Ictère planétaire (Exmed)

    
Lecteurs d’ailleurs ne riez-pas du mouvement des gilets jaunes  en France comme le font  sur internet les Républicains américains. Observez bien ce qui se passe chez nous parce que nous avons juste, notre histoire tumultueuse nous a dressés à cela, un train d’avance sur les autres pays.

   Que vous le vouliez ou non, la réponse que notre nation va trouver à cette crise culturelle sans précédent connu, influencera fondamentalement votre façon à vous de comprendre la marche du monde.

   Que chacun, où qu’il vive, et quoi qu’il fasse, ouvre les yeux et les oreilles : nous sommes tous sur le même bateau.
     Quelques degrés de plus, Homo Sapiens  disparait.


 François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 5-6 décembre 2018

dimanche 2 décembre 2018

Même pas honte (LEM 1096)

                                

                                 Même pas honte


                                                          Cécile Bour

 



  Os court :        
«  Le sexisme comme le racisme commence par la généralisation. C’est à dire la bêtise. »
                                                                                                                             Christiane Collange


Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1096 

http://www.exmed.org/archives18/circu1096.html
      3 décembre 2018   

Les mains dans le cambouis (Exmed)


   Comment en sommes-nous arrivés aux gilets jaunes ?
Quel moteur vient de caler brutalement sous nos yeux ?
Quelle façon de comprendre la réalité a conduit à la survenue de ce STOP ?

Au banc des accusés, la seule religion occidentale qui ait encore des foules de croyants et de pratiquants. Le rationalisme matérialiste. Querelle purement philosophique ? Non.

C’est à la science de 2018 de nous apporter ses lumières, et ses interrogations sur deux sujets :
- Ce que peuvent dire et ignorer les neurosciences de la notion de raison et de conscience
-Ce que nous savons de la matière. Un truc plein de vide, et le vide un truc plein d’informations.

Cet inventaire effectué n’apporte pas de véritable alternative. Faut chercher ailleurs.

   La piste explorant cet ailleurs existe avec Dominique Aubier. Présentation de son ouvrage majeur sur Exmed à  http://www.exmed.org/archives18/circu1053.html

 Trop théorique, trop " intellectuel" on veut du pratique, de l’immédiat, de l’efficace. Réaction compréhensible.
Mais la réalité est là, pour 8 personnes sur 10 en France ( et bientôt bien ailleurs), le moteur qui nous a propulsés dans le mur est cassé.  Le nouveau moteur à la disposition de tous, il suffit de le comprendre.

FM Michaut

Impatriation culturelle (Exmed)

    Les replis communautaires de populations venant habiter la France, comme tous les pays jugés attactifs, sont une réalité quotidienne. Le...