Iatropathologie (Exmed)

Iatropathologie



    Mot savant pour désigner une réalité qui ne fait plaisir ni aux médecins, ni aux pharmaciens, ni à l’industrie chimique. La prise de médicaments, outre ses bénéfices précieux quand tout se passe bien, n’est jamais totalement anodine, ni sans danger grave. Luc Périno y consacre sur son blog son « humeur du 09/07/2018 ». Lien: https://lucperino.com/584/le-medecin-expert-de-demain.html


   Il y aurait pour cette cause, selon Marie Allier ( site ouvertures.net) entre 13 000 et 45 OOO morts par an en France. Juste, pour fixer les ordres de grandeur, l’alcoolisme tue chez nous environ 30 000 sujets chaque année.
La désescalade thérapeutique, exercice très difficile,  devrait faire, tôt ou tard, partie de la formation des praticiens. La responsabilité de chaque personne qui vante un traitement ( ou fait tout pour sa disparition )  y compris sur Internet ou les réseaux virtuels, est engagée. D’abord ne pas nuire, ne concerne pas que les médecins.

François-Marie Michaut,

CO d’Exmed  11-12 juillet  2018

Commentaires

Dr MG a dit…
"
La désescalade thérapeutique, exercice très difficile, devrait faire, tôt ou tard, partie de la formation des praticiens"
Pour qu'il y ait désescalade, il faut qu'il y ait eu escalade au préalable non?
Qui est responsable de cette "escalade"?
Les médecins à n'en point douter, car ce sont eux qui prescrivent, et ils ont la "liberté" de prescription.
A-t-on jamais vu le responsable d'un problème être celui qui le résout?

Donc il me semble assez "illusoire" que la "désescalade" soit possible pour demain, à moins d'une révolution de la "santé" où l'industrie pharmaceutique ne tiendrait plus les rênes.

Mais on a le droit de "rêver".
Anonyme a dit…
@MG

Je pense qu'une bonne partie de l'escalade vient de l'empilement de spécialiste sur la santé d'une personne, chacun d'entre eux prescrivant ce qui lui semble nécessaire. Le médecin généraliste bien formé (! ! !) aurait toute sa place pour élaguer ces empilements.

Une autre bonne partie vient de médicaments censés améliorer l'expérience de vie du patient, mais qui in fine ne font que la dégrader et donc qui nécessitent d'autres médicaments ... qui nécessitent d'autres médicaments ... qui nécessitent... Pour ce soucis, il faut revoir avec impartialité et rigueur scientifique les médicaments sur le marché. Avec des études en triples aveugles ou les noms des médicaments ne sont connus qu'à la fin de l'étude.
Effet Mem a dit…
Intéressantes contributions.
Tout hélas, depuis des dizaines d'années, semble se passer comme si la fonction prioritaire du médecin était de "donner quelque chose" pour faire disparaitre les symptômes : fièvre, douleur, anxiété, insomnie, hypertension etc...
Pas besoin de refléchir, ni même d'établir un diagnostic étiologique : une ordonnance à la diable, une passe à un spécialiste et au suivant.
Quand nous avons laissé l'industrie chimique prendre la main sur la recherche médicale, faire disparaitre la presse médicale française, nous avons contribué à cet asservissement. Bon, c'est fait, c'est fait.
Comment se sortir de cette impasse quand tous ceux qui devraient être notre élite son, de fait, muselés ?
Dr MG a dit…
Nous sommes absolument tous les 3 sur la même "longueur d'onde". Mais combien comme nous?

C'est tout le système qui est perverti.
Un système complètement à la disposition de l'industrie pour son chiffre d'affaire.
Il y a une étude il y a quelques années qui comparait la médecine générale en France et celle pratiquée aux Pays Bas.
En France, de mémoire, 91% des consultations se soldaient par la prescription d'un médicament, là où aux Pays Bas le chiffre n'était que de 67%. Or personne n'a jamais lu que les hollandais sont plus mal soignés que les français!

Par ailleurs, je suis complètement d'accord avec l’empilement des traitements des différents spécialistes que nombre de médecins généralistes ne remettent pas en cause ce qui produit des ordonnances à rallonge et délétères.
Mais quand vous essayez de "faire le ménage", d'abord vous n'êtes soutenu par aucune autorité sanitaire, mais en plus vous vous retrouvez en but avec vos confrères prescripteurs qui n'hésitent pas ( pour certains du moins, peut-être même la majorité) à vous agresser et même vous menacer (je parle de quelque chose que j'ai vécu personnellement)

Donc je ne vois pas comment sortir de ce système qui fait la part belle aux industriels au détriment des patients.
Et cela d'autant plus qu'un débat actuellement au sénat va encore aggraver les choses, tout cela au nom de l’innovation qui n'est en fait qu'un terme marketing des industriels pour faire rêver ceux qui n'y connaissent rien au système.
Anonyme a dit…
suite de anonyme de 17h37

La première chose est de passer au dessus de la confraternité et d-aider les patients à porter plainte lorsque un traitement est manifestement iatrogène. Parce que c'est bien gentil, mais le c'pas ma faute j'ai suivi le protocole est un paravent puisque le médecin est libéral et donc personnellement responsable de ses ordonnances. Que lors de la plainte instruite au civil et/ou pénal les autorités sanitaires soient appelées en tant que témoins assistés et mises en cause pour tromperie aggravée envers les médecins ne serait qu'un effet secondaire.

Si le monde médical ne faisait pas corps pour défendre les malotrus qui tuent des gens en toute impunité en arguant des même antiennes que concomitance ne vaut pas causalité et qu'il n'y a pas de preuves scientifiques solides d'un lien (montrez d'abord le lien scientifique solide de causalité entre la vaccination obligatoire ... au hasard des oreillons/rubéole et la baisse des épidémies et nous pourrons en reparler) , on avancerait un peu.

Deuxième point si le conseil de l'ordre de dénonciation des médecins juifs faisait son travail (pas celui de défendre les violeurs contre les patientes, mais au moins de défendre les médecins contre les autorités), nous aurions changé de monde.

Si les syndicats de médecin ne signaient pas des trucs ahurissants pour gagner 5 euros de C ou CS, permettant la mise en place d'un médecine soviétique ou la cpam paie des bonus à des médecins pour vacciner les vieux contre la grippe, contre toutes données scientifiques, le ciel s'ouvrirait et les anges descendraient pour faire passer l’humanité au niveau suivant avec une planète remise à zéro écologiquement.

Parce que la seule chose qui fait changer les gens c'est la peur. Si le médecin ne craint rien, si l'ordre et les sociétés savantes ne craignent rien, si les autorités ne craignent rien, l'industrie à 1 000 milliards est le roi du monde. Mais même le titanic à coulé. Si chaque famille portait plainte contre le médecin qui prescrit un anti Alzheimer (c'est SA prescription), si chaque famille d'un accident vaccinal porte plainte contre le médecin, si chaque famille d'un patient mort à cause du médiator, ou handicapé à cause de la dépakine, on avancerait un peu. Oui le médecin n'a pas d'obligation de résultat, mais de moyen et un médicament qui ne donne aucun bénéfice et qui tue plus vite que la normale, l'obligation de moyen n'y est pas.

Oui effectivement, le médecin a été trompé mais cela ne regarde pas le patient, sa relation de soin est avec le médecin, c'est lui qui a encaissé les montant des consultations, c'est lui qui a écrit sur l’ordonnance parce qu'il jugeait que c'était le traitement adéquat, c'est lui qui est responsable ; que le fournisseur du médecin l'a abusé c'est son problème (au médecin). Effectivement, si DANS UN DEUXIÈME TEMPS le médecin (son assurance) se retourne contre l'état ce n'est pas le problème du patient.

Anonyme a dit…
.../... suite
Il faut sortir du 18ème siècle ou le médecin (comme le notaire, le maire, le banquier) est inattaquable car une sorte de demi dieux. Nous sommes arrivés à un moment ou les médecins (pas tous individuellement, mais probablement globalement) tuent plus qu'ils ne soignent.

De mon point de vue, c'est l'angle le plus facile. quelques procès, le prix des assurances va grimper en flèche, l'ordre va bouger un peu, le pouvoir va passer une loi qui déresponsabilise les médecins et deviendra responsables, ce qui permettra aux médecins de se joindre à la cause. Médiatiquement, ils ne pourront pas se dire pas responsable et se placer du coté de l'état. Au niveau justice européenne ça clashera... Pouff, une sonnerie stridente, je me réveille retour à la réalité... et bien les gens vont voir ailleurs, des trucs pas remboursés, s’auto-médicamentent avec de l'homéopathie, des recettes de vielles, se donnent des tuyaux (parfois percés) sur facebook. Certains y perdent, d'autre y gagnent, match null.

De toute façon... pour les cas graves ou le pronostic vital est dans la balance, parfois, ne vaut-il pas mieux 5 ans de vie sereine et normale plutôt que 6 ou 7 ans d'une vie merdique avec des effets secondaires handicapants et toute l'inhumanité de nos hôpitaux et des spécialistes psychopathes ? Donnons le choix aux gens plutôt que les menacer... et on revient à l'idée de la plainte... épanadiplose narrative.

herve_02

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