lundi 31 décembre 2018

Voeux, illusoires ou productifs (LEM 1100)

                                

                               Le passage à une nouvelle année du calendrier occidental sacrifie toujours à la cérémonie des voeux. Tradition dont on peut rire, ou même s’irriter pour son hypocrisie  à visée manipulatoire.  Peut-être a-t-on oublié l’origine religieuse immémoriale de cette sorte de marché. « Chère Divinité, si tu me donnes la guérison, un enfant, la victoire l’argent (etc) je te fais telle offrande» . Ou dans une optique préventive, un cadeau pour que tu interviennes sur ce qui va arriver. Il y a derrière cela la conviction (1) que le futur ne survient pas tout seul, qu’il est déterminé, ou au moins infléchi, par une énergie qui nous est bien supérieure, pauvres et fragiles mortels que nous savons être. Le destin (fatum des gréco-romains, la providence des chrétiens.
Il suffit pour en avoir la preuve de visiter la moindre église de campagne et de regarder les petites plaques murales portant l’inscription Ex voto (2). Le rouleau compresseur de la rationalité scientifique aurait pourtant dû faire évoluer notre perception du réel,  notre  monde n’obeissant qu’aux lois de la physique (3) et de la cosmologie. 

    Dame Médecine, toute de blanc vêtue, pourtant remarquable et fidèle élève du temple des sciences et des techniques, nous envoie un message complémentaire. Nos confrères américains, tout comme leurs collaborateurs, n’hésitent pas à déclarer utiliser régulièrement la prière personnelle ou partagée comme moyen thérapeutique. Des travaux de recherche scientifique sur cette pratique sont régulièrement effectués sans permettre de conclusion définitive. Dans la pratique quotidienne, la croyance que peut avoir un chirurgien ou un médecin sur la valeur de son traitement est ressentie par son patient comme un élément important de sa guérison. Une certaine façon de faire comprendre un sincère « vous allez franchir ce mauvais pas» fait partie de la fonction soignante du médecin, en dehors et au delà de tout ce qui est du domaine de la pharmacologie ou de la technique opératoire. Le fameux effet placebo montre encore ici le bout de son nez facétieux. Une force agissante que  la logique rationaliste ne peut pas saisir.

  Nous voici bien écartelés entre nos antiques traditions (4) et le catéchisme de la rationalité scientifique classique. Du côté des spiritualités religieuses  la mise en avant de la prière -sorte de voeu-  comme levier capable d’influencer le cours des choses et de l’autre la mécanique implacable de la causalité linéaire de la matière elle-même. Il nous faut à nouveau nous tourner du côté de la science et interroger la notion en apparence strictement psychologique d’intention. Oublions que les bonnes (intentions) pavent l’enfer, ou qu’il n’y a que cela qui compte, comme disent nos proverbes. 

  Retour obligatoire pour moi au travail de physique fondamentale de Philippe Guillemant : La Route du temps présenté ici Ouvrir page  159 et suivantes. Chapître XI « Le dépôt de l’intention» .  Extrait : « Puisqu’il est admis  que le hasard pourrait transporter un sens corrélé avec nos intentions, une nouvelle conception de l’être humain et de son univers physique peut commencer à  émerger, nous libérant du paradigme déterministe pseudo-scientifique dans lequel nous sommes plongés depuis plusieurs siècles.»
   Et bien voilà, nos voeux, et pas seulement  ceux de nouvel an ou de prompt rétablissement, peuvent être infiniment productifs de ce dont nous avons besoin pour mieux ou moins mal vivre. À une condition cependant. Qu’ils soient authentiques et non destinés à nous tromper. Autrement dit, en termes non médicaux, qu’ils viennent du coeur.  S’ils proviennent d’un calcul d’interêt, gare à leur toxicité, la manipulation des foules  est une force destructrice puissante.

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Notes :


(1) Il n’est pas interdit d’imaginer qu’elle s’est fondée, dans toutes les cultures connues, à la suite de longues observations de phénomènes évoluant d’eux-mêmes  de façon inhabituelle. Comme le déclenchement ou la fin d’une épidémie, d’une famine ou d’une sécheresse.


(2) Les églises des ports maritimes exposent, sous la même appelation , des maquettes de bateau offertes et fabriquées par des équipages ayant été sauvés d’un naufrage.


(3) Si on ne tient pas compte de la physique quantique, pourtant bientôt... centenaire, et de ce qui va être dit plus bas ( qui prend en compte cette dimension de l’infiniment petit comme de l’infiniment grand).


(4) Carl Gustav Jung nous a mis sur la piste - jamais démentie - d’un inconscient collectif  peuplé d’archétypes  dirigeant chacun de nous sans en avoir conscience.
                   

   François-Marie Michaut


Os court :

« La tradition veut que je renouvelle mes voeux : Bonne Année ! »
      
Rondro H. Rakotobe ( Madagascar)

 Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1100 sur le site Exmed
      31 décembre 2018

Les intentions méritent notre attention (Exmed)

     Juste aller regarder ce qu’il peut bien y avoir derrière la tradition de l’échanges de voeux pour le premier jour de chaque année. Le parti pris habituel ici de passer à la moulinette systémique tout ce qui nous entoure nous y invite.

Finalement la LEM 1100 Voeux, illusoires ou constructifs risque bien d’ouvrir une fenêtre surprenante sur la dimension non pas irrationnelle mais scientifique des voeux.
Dans cette hypothèse, voyez-vous  quelque inconvénient à ce que, visiteurs de ce site, nous nous souhaitions mutuellement une bonne année 2019 ?

Juste à titre d’information, en date du 30 décembre, le site Exmed a reçu 108469 visites en 2018 et  a enregistré que 441695 pages ont été consultées.

François-Marie Michaut
31 déc - 2 janvier 2019

mercredi 26 décembre 2018

Haut les nains ;-) (Exmed)


   Les nains du vivant, c’est nous. La masse de carbone de nos cellules, indicateur de la biomasse planétaire, est formelle. 
   Selon Gary Dagorn ( Le Monde.fr du 21 décembre 2018 ,  , homo sapiens, est de loin, avec son 0,011% le dernier du classement. Loin derrière les plantes (81,97%), les malfamées bactéries (12,75%), les inquiétants champignons (2,19%) et mêmes les redoutés virus (0,04%).
    De quoi dégonfler l’image que nous avons de notre importance planétaire. Sauf en matière de capacité de destruction du vivant où nous sommes les dominants absolus. Oui, là, nous les nains, sommes au plus haut. Progrès considérable pour notre survie : nous commençons juste à en avoir pleine conscience.


François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 27-30 décembre 2018

dimanche 23 décembre 2018

Noël/Emmanuel (LEM 1099)

                                 

            Le calendrier présente une énigme. Le 25 décembre, personne ne l’ignore, est le jour carillonné de la fête de Noël. Mais il nous indique aussi que nous devons en même temps célébrer les Emmanuel. Étrange invitation à explorer : Pâques, la Pentecôte  ou la Toussaint de la tradition chrétienne, pas plus que notre révolutionnaire Fête Nationale ne sont ainsi partagés par un second bénéficiaire.
L’origine du mot Noël demeure discutée. Il semble établi par les historiens que Jésus de Nazareth n’est pas né le 25 décembre de l’an zéro.  Au début du VIème siècle le moine Denys le Petit (wiki)  a eu l’habileté de récupérer avec cette date un certain nombre de célébrations  bien vivantes de religions alors fermement implantées (1). Bien étrange concordance que toutes ces festivités issues de cultures différentes et de contrées du monde entier survenant en même temps. Un seul évènement observable par chaque être humain et engrangé dans sa mémoire (2) quelque soit l’étiquette donnée. La fin de la période où la nuit gagne sur le jour.

    Situation angoissante pour nos lointains ancêtres, on peut l’imaginer. Est-ce que ça va s’arrêter, la lumière et la chaleur ne vont-ils pas disparaitre à jamais ? Et nous avec, parce qu’on n’est pas fabriqués pour çà, mammifères vulnérables que nous sommes. Les plus vieux disent bien que se succèdent ce que nous nommons maintenant des saisons avec leurs solstices d’hiver et d’été. Mais cela ne se fait pas tout seul. Les grands récits venant du passé dont les religions sont les seuls vecteurs transmettent un même message. Les évènements de la vie ne se font pas tout seuls. La participation active des hommes pour actionner les puissances supérieures est indispensable pour que les choses soient comme elles doivent être . Saisons, alimentation, reproduction, relations humaines, défense contre les prédateurs de quelque espèce soient-ils, les religions se placent comme des régulateurs indispensables de la seule bonne conduite à adopter pour que la vie continue.

       Que vient donc faire l’Emmanuel du jour de Noël dans tout ça ? Laissons de côté ce pauvre garçon massacré par les Romains en 336. C’est son seul nom qui importe ici. Celui d’un prénom hébreu  (3). Immanouel (wiki) qui se décompose ainsi : ime (avec), anou (nous) et El (Dieu)(4). Les interprétations, possibles, y compris les plus dangereusement nationalistes ou communautaristes , sont multiples. C’est finalement la Bible (5) qui propose une piste. Le livre d’Isaïe (7,14) dit que c’est ainsi que sera nommé par la jeune fille qui en sera la mère le messie qui sauvera le monde de la disparition à la fin des temps (6). 
 Cette balade, loin des guirlandes clignotantes et de toutes les miévreries d’usage de la bienpensance sonnante et trébuchante, se veut simplement stimulante pour l’esprit en bousculant un peu les meubles de la tradition pour comprendre s’il n’y a pas quelque chose derrière que nous n’avons pas encore compris. 


On lève ensemble, et sans modération, parce qu’il n’y a là rien de toxique,  son verre à Emmanoël ?

    François-Marie Michaut

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Notes:


(1) Notamment toutes les fêtes nordiques de la lumière, comme la sainte Lucie scandinave et les traditions celtiques autour des sapins.




(2) Il a été remarqué que les médecins eux-mêmes faisaient plus d’erreurs de diagnostic la nuit que le jour. Et toujours par excès s’il vous plait : la vieille peur du noir n’est pas que pour les enfants.



(3) Sans doute encore baignés malgré nous d’un séculaire antisémitisme culturel généralisé, dès que le mot hébreu est prononcé, nos neurones se bloquent. Nous sommes devant l’incompréhensible : « c’est de l’hébreu» le dit bien l’expression.
 Pour aller plus loin, consulter les propos édifiants du livre cinquième de l’historien romain Tacite à http://remacle.org/bloodwolf/historiens/tacite/histoires5.htm
 Comment ne pas évoquer, avec la complaisance de fait des télévisions, la troupe de gilets jaunes le 22 décembre 2018, au Sacré Coeur de Paris, chantant et mimant «La quenelle» de Dieudonné, véritable hymne antisémite  ?




(4) Celui dont le nom n’est pas prononçable pour les Juifs religieux.



(5) Ouvrage qu’aucun écrit médical ou scientifique ne s’accorde plus depuis des siècles le droit de citer. Sous peine d’être  disqualifié  pour obscurantisme rétrograde. Risque assumé ici.



(6) L’auteur ne suggère aucun rapprochement à faire avec quelque personne existante que ce soit. À prendre en compte cependant, pour rester dans l’observable, de ce qui se dit partout des conséquences  fatales sur la Terre du réchauffement climatique auquel nous participons activement.

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Os court : 
«    Le temps, c’est quand on va d’un Noël à  l’autre. »
      
Paul Villeneuve (1944-2010, écrivain québécois)

Y-a-pas que Noël
 (Exmed)

    Ceci n’est pas un conte de circonstance, mais bien un compte. Celui qui est imposé par le calendrier lui-même. On ne badine pas avec une invention aussi solidement établie que celle-là. La même journée festive entre toutes qui nous dit deux choses à la fois.
   Ce serait presque une énigme  diagnostique, ou policière si vous préférez, de la plus belle facture.

La LEM 1099 Noël/Emmanuel ouvre le dossier.

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 24-26 décembre 2018

jeudi 20 décembre 2018

Bobard (Exmed)

    
L’immersion dans un océan de documents ou de commentaires dont les auteurs demeurent masqués est notre lot quotidien. Conserver son esprit critique - dans la mesure où en a eu un un jour - est un exercice difficile. Nos cerveaux fonctionnent curieusement. Moins nous savons de choses, plus nous avons la conviction de posséder des certitudes d’acier. Plus nous avons le privilège d’aller plus loin dans la connaissance, plus nous avons conscience de l’étendue de nos ignorances.

    
La propulsion à jets numériques continus de bobards pose un vrai problème de civilisation. L’histoire de Claas Relotius, journaliste vedette du «Spiegel» est remarquable.

En ligne de mire un nouveau métier florissant : chasseur de bobards ?

 François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 21-23 décembre 2018

mardi 18 décembre 2018

Lulu et Nana (Exmed)

    Quel  avenir pour ces deux petites filles génétiquement modifiées par l’équipe de He Jian Kiu pour qu’elles soient résistantes au virus du SIDA ? Source : blog de Yves Nau du 17 décembre 2018, « 2019, allons-nous entrer  dans le monde insensé des humains génétiquement modifiés ?» .


   Creusons cette question pleine de bon sens. Sommes-nous capables d’avoir une idée bien solide du sens que nous souhaitons donner à nos capacités de faire ou de ne pas faire ce que les techniques peuvent rendre réalisable ? Faire juste parce qu’on peut faire (et vendre) ou s’imposer un stop pour prendre le temps de comprendre et mesurer les conséquences d’une expérience comme celle des charmantes jumelles Lulu et Nana ?

 François-Marie Michaut, CO d’Exmed 20-21 décembre 2018

dimanche 16 décembre 2018

PRÉCIPITATION (LEM 1098)

                                          

La vitesse est un don des nouvelles techniques ;
Chaque jour, en extase, on en fait des cantiques.
Plus vite que violon n’allons-nous pas trop loin ?
De nos propres vitesses on devrait prendre soin…

À force de courir vite après le bonheur
Souvent on le dépasse ignorant sa couleur…
Le faible par le fort, jadis était battu ;
Maintenant c’est le lent que le rapide tue.

On dit qu’il ne faut pas confondre la vitesse
Avec cette notion pourtant de même espèce,
Mais qui peut apporter de grandes confusions
Et qu’on nomme souvent la précipitation.

Il y aurait bien là une contradiction
Puisqu’un précipité dans une solution,
N’est autre qu’un dépôt sans aucune vitesse 
Qui évoque plutôt une grande… mollesse.

Autre contradiction qu’on rencontre souvent
Malgré coups de colère et gros emportements :
Les mots « définitifs », sont bien ceux sur lesquels,
On revient le plus vite, oubliant les querelles !

Vitesse ou précision ? Parfois on doit choisir :
Retards ou bien erreurs, lesquels nous semblent pires ?
Si l’on sait où l’on va, aller vite est utile,
Mais vitesse à l’aveugle est qualité futile.

« La vitesse du chef est celle de l’équipe »
Entend-on très souvent comme un stéréotype.
Mais n’est-ce pas l’inverse ? Et pourquoi pas, au fond :
« La vitesse du groupe est celle du patron ? »

Moins une œuvre est comprise et moins vite on s’en lasse
Donc l’incompréhensible éternellement passe ?
Pour être bien suivi, il ne faut pas traîner :
Plus vite que les autres, il faut toujours aller…

Qui se croit malheureux, vite en prend l’habitude
Qui amène souvent à grande lassitude.
Tout arrive plus vite à qui court vite après :
Mais bois qui flambe vite est de faible durée…   
                                          Jacques Grieu
            
Os court :

«   Il faut être imaginatif, car le XXI ème siècle ne sera pas celui de la vitesse, mais celui des idées. Parce que la vitesse n’est rien sans contenu. »

        Stéphane Fouks (conseiller en communication).


Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1098 
http://www.exmed.org/archives18/circu1098.html

      17 décembre 2018                                    

Savoir se dire stop
 (Exmed)

   Tout autour de nous sur la planète s’emballe. À nous donner le vertige. Vers quoi courons-nous de plus en plus vite ? Nous posons-nous seulement cette question sans nous en débarrasser par une pirouette mentale justifiant le toujours plus ambiant ?
  

  Tout cela n’a rien à voir avec notre santé personnelle et collective ? Bien sûr que si. Pour prendre le temps d’ouvrir un peu plus la boîte aux questions, voici la LEM 1098, PRÉCIPITATION, de Jacques Grieu.

 François-Marie Michaut, CO d’Exmed 17-19 décembre 2018

jeudi 13 décembre 2018

Médecins de papier (Exmed)

   L’Ordre des médecins vient de publier son annuaire des médecins en France. Tout le monde parle de «déserts médicaux». On manquerait donc de médecins ? 
    Le nombre des titulaires d’un doctorat d’Etat de médecine inscrits au tableau de l’Ordre n’a jamais été aussi important. 

   Toutes les mesures  imaginées par les autorités publiques tombent à l’eau l’une après l’autre. 


   Cherchons l’erreur de méthode, les solutions surgiront d’elles-mêmes.

 François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 14-16 décembre 2018

mardi 11 décembre 2018

Haïr, c’est toxique (Exmed)


   Que des sujets éprouvant ce sentiment fort qu’est la haine veuillent détruire l’objet ou la personne de leur exécration  est une réalité qui ne date pas d’hier. Cela peut-il avoir un effet thérapeutique pour le haineux lui-même comme cela peut survenir avec une bonne vieille colère qui vous purge ? 
Hélas la haine envahit facilement tout un fonctionnement humain comme une obsession limitant le champ de la conscience de tout le reste.

   Le haineux, même s’il se sent un légitime justicier , est la première victime de sa propre haine. La tradition des grandes religions l’enseigne depuis des siècles sur tous les continents. Mais qui les entend, au double sens de l’audition et de la compréhension ?

    Les manipulateurs de haine si bavards prolifèrent de façon contagieuse dans l’anonymat numérique en polluant la collectivité toute entière. Faut-il laisser faire sans rien dire ?

 François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 12-13 décembre 2018

dimanche 9 décembre 2018

Passeurs à l'acte (Exmed)

    Images en boucle, commentaires redondants, émotions provoquées en cascades, les yeux se croisant les bras à force de s’user devant nos écrans plats, l’actualité du moment en France nous abrutit. Des hordes un peu partout. Pas de langage commun audible, mais quelques individualités se portant  isolées au contact des forces de police pour déclencher le combat.

    Pourquoi certains passent à l’acte quand la majorité reste en arrière ? Les connaissances médicales ont-elles quelque chose de pertinent à verser au dossier ? Existe-t-il des formes beaucoup plus discrètes et infiniment plus agissantes ?

  La LEM 1097 ouvre une sulfureuse question : « Le règne des psychopathes »


François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 10-11 décembre 2018

Le règne des psychopathes (LEM 1097)


                                

                            Le règne des psychopathes

                                                    François-Marie Michaut


    D’abord oublions l’image caricaturale véhiculée par les fictions, Vous savez, celle des redoutables et machiavéliques tueurs en série pourchassés par d’infatigables enquêteurs. La réalité est beaucoup plus subtile et largement méconnue du public. La psychiatrie la plus classique (1), à la suite de Kraeplin (1856-1926)  parle de « personnalités psychopathiques». Il s’agit donc, bien plus que d’une maladie bien définie, d’un mode de fonctionnement lié au système d’organisation de certaines personnalités. D’origine encore  mal déterminée pour les scientifiques. Très inconfortable pour les soignants qui ne savent quoi en faire.
Une présentation générale accessible aux non spécialistes a été réalisée par Wiki à l’adresse https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychopathie.


   Ce qui caractérise principalement les psychopathes est leur facilité de passage à l’acte, leur habileté à se montrer séduisants pour mieux manipuler les autres et leur manque total de prise en compte de ce que peut ressentir leur prochain. Toute émotion manifestée est vécue par eux comme une faiblesse à utiliser pour mieux dominer la personne qui l’éprouve. Froideur extrême, calcul permanent pour parvenir au premier rang quelque soient les moyens à employer. Comme si l’adage populaire : la vie est un combat (contre les autres), était leur idéal soigneusement caché pour ne pas se faire repérer comme les prédateurs qu’ils sont. Dans les pays anglophones, on les nomme volontiers antisociaux. Affirmation d’une dangerosité pour la collectivité toute entière. Les sociopathes disent-ils.

   Dame Statistique, en vraie  touche à tout qu’elle est, estime, ne me demandez pas comment, leur nombre. Un pas très important entre 1% et 4% de la population qui pourrait rassurer à tort sur leur possibilité de  nuire à notre vie à tous. C’est oublier deux choses. Leur habileté à dissimuler leur soif de pouvoir, et leur intelligence cognitive souvent au dessus de la moyenne. Dans nos systèmes scolaires qui sont fondés sur le principe unique de sélection, donc d’élimination des «plus faibles», de prise en compte des seules performances cognitives, de négation de la dimension émotionnelle dans l’intelligence (2), ils accèdent souvent aux toutes premières places. Les voilà à vie membres de l’élite de la nation comme des organismes internationaux..

    Notre culture, et depuis bien longtemps, fait tout pour que les plus hauts postes de responsabilité, dans tous les domaines, leur tombent entre les mains. Et, les yeux bien fermés, admirateurs des puissants, nous subissons leurs actions destructrices de cette chose si fragile que nous nommons, faute de mieux, l’humanité. Notre humanité à chacun.

   Répétons-le, ce n’est pas une maladie comme une pneumonie ou un cancer. Il est impossible de compter sur la médecine pour soigner ces personnes dangereuses. Elles s’estiment sincèrement plus intelligentes donc plus habiles que les autres dans la manipulation des comportements. Pour eux, c’est nous qui sommes les malades qu’il faudrait soigner de leur «humanité». Toute sensibilité émotionnelle est une faiblesse qu’il faut exploiter pour conduire sa vie.

   Leur nuisance considérable ne peut cependant s’établir et se maintenir que s’ils ne sont pas démasqués. Leur seul pouvoir est d’agir pour leur propre intérêt sans être reconnus comme des sujets présentant une personnalité dangereuse pour les autres.
Sans verser dans un délire conspirationniste bien dans l’air de l’époque, ni dans une chasse aux sorcières (3) ne pouvant conduire qu’à des erreurs et à des excès, que peut-on faire ? 

   Admettre qu’on ne peut rien faire, ce qui est très difficile pour des médecins. Si ce n’est une chose qui n’est pas rien du tout : s’écarter de la voie de ces gens quand on les a débusqués, ne pas les suivre car leur mode opératoire est facilement et redoutablement contagieux. Les récents débordements largement télévisés des manifestations des gilets jaunes en sont une illustration.
   N’oublions pas comment un peuple si cultivé et si éduqué de notre Europe a suivi un certain Adolphe Hitler il n’y a pas si longtemps.

     Il ne serait peut-être pas totalement inutile de dire et de redire à chacun dès l’enfance que personne n’a à se soumettre aux ordres ou aux désirs de quelque autorité que ce soit s’il les désapprouve. Le droit de dire non doit dépasser la seule intégrité sexuelle (4).
                 
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     Notes :

(1)H. Ey, P.Bernard, Ch.Brisset ,Manuel de psychiatrie, Masson, 4ème édition,p. 363  et seq.    


(2) La notion de QI (quotient intellectuel) censée mesurer par un chiffre le niveau d’intelligence d’un sujet n’est fondée que sur les seules performances cognitives.  Certains estiment qu’un QE ( quotient émotionnel ) devrait le compléter.

(3) Par exemple par un dépistage systématique au moyen d’une grille d’évaluation.  Genre d’algoritme dont use et abuse la pratique médicale contemporaine. « À combien chiffrez-vous votre douleur ?»  
  
(4) Cela constitue également la seule réponse possible devant toute forme de harcèlement, qu’il vienne ou non d’une personne fonctionnant sur un mode narcissique pervers.  

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Os court ; «  Combat le diable avec cette chose qu’on appelle l’amour. »
        Bob Marley

Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1097 sur Exmed  
http://www.exmed.org/archives18/circu1097.html
      10 décembre 2018   

jeudi 6 décembre 2018

De quel blocage sortir ? (Exmed)

   
La situation en France déroute les analystes. Des personnes isolées ont enfilé un gilet jaune parce que les réseaux sociaux ont lancé cette idée avec le détonateur d’un désaccord sur la taxation des carburants. Autant qu’on puisse comprendre, c’est  un peuple qui se sent en danger parce qu’il perçoit un blocage de notre collectivité. Sans probablement en avoir conscience, mais non sans pertinence, cette nébuleuse d’individualités le dit par sa méthode de manifestation : bloquer les voies routières.


     Bloquer pour débloquer : de quoi s’arracher les cheveux pour les titulaires du pouvoir. Grands, moyens et petits dans la même nasse. Paradoxe intenable pour les manifestants.


     Le diagnostic d’urgence de ce qui est en échec collectif s’impose aux plus clairvoyants, et au fond les plus et les moins débloquants ( en argot, cela veut dire fous) d’entre nous. Comme des médecins, ne pas se polariser sur les symptômes, pour adopter des mesures immédiates, plonger vers l’étiologie, les causes profondes de ce coup d’arrêt. 


    Un suspect, dont le procès à charge et à décharge doit être instruit, est sous nos yeux. Tellement énorme que nous ne le voyons plus. Il a pour nom le rationalisme matérialiste que nous trainons avec nous depuis le XIXème siècle. Notre façon de percevoir la matière et de comprendre la réalité a tellement évolué avec les physiciens qu’une mise à jour est inévitable.


François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 7-9 décembre 2018

mardi 4 décembre 2018

Ictère planétaire (Exmed)

    
Lecteurs d’ailleurs ne riez-pas du mouvement des gilets jaunes  en France comme le font  sur internet les Républicains américains. Observez bien ce qui se passe chez nous parce que nous avons juste, notre histoire tumultueuse nous a dressés à cela, un train d’avance sur les autres pays.

   Que vous le vouliez ou non, la réponse que notre nation va trouver à cette crise culturelle sans précédent connu, influencera fondamentalement votre façon à vous de comprendre la marche du monde.

   Que chacun, où qu’il vive, et quoi qu’il fasse, ouvre les yeux et les oreilles : nous sommes tous sur le même bateau.
     Quelques degrés de plus, Homo Sapiens  disparait.


 François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 5-6 décembre 2018

dimanche 2 décembre 2018

Même pas honte (LEM 1096)

                                

                                 Même pas honte


                                                          Cécile Bour

 



  Os court :        
«  Le sexisme comme le racisme commence par la généralisation. C’est à dire la bêtise. »
                                                                                                                             Christiane Collange


Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1096 

http://www.exmed.org/archives18/circu1096.html
      3 décembre 2018   

Les mains dans le cambouis (Exmed)


   Comment en sommes-nous arrivés aux gilets jaunes ?
Quel moteur vient de caler brutalement sous nos yeux ?
Quelle façon de comprendre la réalité a conduit à la survenue de ce STOP ?

Au banc des accusés, la seule religion occidentale qui ait encore des foules de croyants et de pratiquants. Le rationalisme matérialiste. Querelle purement philosophique ? Non.

C’est à la science de 2018 de nous apporter ses lumières, et ses interrogations sur deux sujets :
- Ce que peuvent dire et ignorer les neurosciences de la notion de raison et de conscience
-Ce que nous savons de la matière. Un truc plein de vide, et le vide un truc plein d’informations.

Cet inventaire effectué n’apporte pas de véritable alternative. Faut chercher ailleurs.

   La piste explorant cet ailleurs existe avec Dominique Aubier. Présentation de son ouvrage majeur sur Exmed à  http://www.exmed.org/archives18/circu1053.html

 Trop théorique, trop " intellectuel" on veut du pratique, de l’immédiat, de l’efficace. Réaction compréhensible.
Mais la réalité est là, pour 8 personnes sur 10 en France ( et bientôt bien ailleurs), le moteur qui nous a propulsés dans le mur est cassé.  Le nouveau moteur à la disposition de tous, il suffit de le comprendre.

FM Michaut

jeudi 29 novembre 2018

Prodrome des gilets jaunes
 (Exmed)

      La médecine sait depuis longtemps que certains signes surviennent avant qu’une maladie se déclare. Ces prodromes ( comme la fièvre brutale avant une infection urinaire, une crise de paludisme ou une grippe ) ne prennent leur signification que quand la pathologie devient manifeste. Les fameux gilets jaunes sont le prodrome d’un bouleversement de société d’une ampleur dont nous ne pouvons pas encore avoir l’idée. Ils ne sont pas eux-mêmes la maladie ; ce n’est pas eux qu’il convient de soigner.


    Faisons l’effort, un instant, de faire abstraction de ce que déclarent , demandent, voir exigent, devant les caméras complaisantes des médias, ceux qui manifestent. Et y prennent un évident plaisir, aussi victimaire que soit l’image qu’ils se donnent pour émouvoir les braves gens.
Que signifie l’énergie jaune fluorescente qu’ils arborent ? Les porteurs, ceux qui les approuvent (84% de la population selon le sondage Figaro- Eudoxa du 29 novembre 2018) ne savent pas encore le formuler. Ils le «sentent».


    Voici une hypothèse. En tant que telle, elle doit être discutée. Il existe quelque chose en chacun de nous dont nous venons juste, et avec la plus grande surprise, de faire la découverte. Une force hors des schémas connus pour vivre le front haut les temps à venir. Nous avons perdu toute foi en nos leaders, parce que la doctrine rationaliste et matérialiste qui est la seule qui les anime est en train de s’effondrer devant la réalité. La foi néolibéraliste, avec sa conséquence toxique de l’hyperconsommation hautement polluante, a échoué. La nature ayant horreur du vide, le cycle suivant arrive Il sera ce que nous en ferons.


François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 30 novembre - 2 décembre 2018

mardi 27 novembre 2018

Mieux vaut être sourd (Exmed)


   Une société, dont le nom n’a pas à être ici, « créée en 2013, développe des solutions de suivi médical à l’aide de l’intelligence artificielle». I.A. en gras, s’il vous plait. C’est ce qu’affirme le courriel publicitaire dont j’ai été victime non consentante. Liste des soutiens officiels sur le site de cette start-up, impressionnante.
Lisons la suite : « Au coeur des enjeux médicaux et économiques générés par les évolutions du monde de la santé, notre société développe des robots conversationnels accessibles à tous ! ». Jargon techno-commercial où ne manque qu’un détail. Le malade, le médecin se trouvant libéré de lui parler, la machine « reposant sur les SMS et le machine learning» comme ils le disent.


    Encore un peu d’efforts de la part des marchands d’illusion, et nos sociétés pourront se passer de ces empêcheurs de nous tromper en rond au nom de la santé que sont ces dinosaures encombrants de médecins.



François-Marie Michaut,

CO d’Exmed 28-29 novembre 2018

dimanche 25 novembre 2018

Paradoxale actualité
 (Exmed)

      Sous le nom de «gilets jaunes» un évènement collectif encore jamais vécu par son apparente survenue spontanée et acéphale a gagné la France. La difficulté des commentateurs à en déchiffrer la signification est remarquable. Par son défaut de lecture systémique, tant nos esprits ont l’habitude de fonctionner avec leurs seuls repères anciens.

   
Cela donne encore, s’il le fallait, un regain d’intérêt à notre LEM 1095 : Feuillets de Systémique médicale 2, Stratégie d’abord,  Bonne lecture.

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed
26-27 novembre 2018

Feuillets de Systémique Médicale (2)

                                   

                                      

                                                          François-Marie Michaut


                                                 Stratégie d’abord


   Vous avez compris, je pense, qu’il n’y a pas ici de volonté de détruire quoi que ce soit qui a participé à l’évolution de ce que nous nommons la médecine depuis nos plus lointaines origines d’Homo Sapiens. Pas de révolution dans l’air, pas d’épuration au programme. Nous avons la chance, inimaginable il y a seulement un demi siècle, de disposer d’une quantité extraordinaire de documents venant des cultures dont nous sont parvenues des traces traduites, ou non, en textes ou toute autre forme d’expression. Les implacables techniciens de la fée numérique parlent de Big Data pour en gonfler le ventre de leurs insatiables machines. Enthousiasmant, nous avons à notre entière disposition tout ce que les cerveaux humains ont inventé, cultivé, développé et choisi de nous transmettre des origines à nos jours. Cela rappelle la grande espérance, celle du développement des Lumières, des encyclopédistes D’Alembert (1) et Diderot au XVIII ème siècle en France.

Oui, c’est là dedans qu’il va falloir nous immerger, modestement nous insérer pour y ajouter,  si possible, une toute petite pierre. Le risque est évident. Celui de la noyade tant la masse de connaissances accumulées est énorme et multiforme. Pour compliquer encore toute exploration, il faut tenir compte de tous les aspects de l’activité humaine dont la pratique des soins aux malades n’est qu’une partie. Une partie du tout de la vie d’homme depuis qu’il est homme. Surtout, tenir compte que la primauté que nous accordons à la science dans la connaissance de la réalité ne date guère que du XVIIème siècle et de Galilée. Comment faire ? D’abord, garder son calme pour tenter d’aller à l’essentiel sans se laisser détourner par les détails. Il est là notre GPS, plus poétiquement notre seul fil d’Ariane (2). L’écueil dénoncé par le psychiatre américain Paul Watzlawick est à garder en mémoire. Celui des  «  terribles simplifications » (3) .

Mon professeur André Bourguignon dans ses réunions du mercredi à Créteil dans les années 1960 avait coutume de nous le dire. Aux époques les plus anciennes, c’était une seule personne qui cumulait les fonctions de juge, de prêtre et de médecin. Je ne sais pas d’où il tirait cette affirmation, mais elle m’a marqué. Trainons-nous, sans le savoir, quelque traces inconscientes de ce passé ? Droit, religion et médecine coulant d’une source unique ? Nous serions de lointains héritiers de ce que notre modernité juge comme un inadmissible mélange des genres ? Des esprits parvenaient à assurer leur triple mission sans y percevoir de contradiction, nous avons du mal à le comprendre.
Comme si une énergie les actionnait    , dont nous avons perdu la connaissance. Parce que l’oubli (4) est bien une de nos caractéristiques de fonctionnement cérébral. Il suffit d’avoir un jour rencontré un homme capable de sentir l’eau à des kilomètres au milieu de ce qui vous semble un désert aride pour ne pas en douter. Ou croisé un amérindien qui n’a pas besoin de la moindre boussole ou GPS pour deviner sans se tromper où est le nord.

Il n’est injurieux pour personne d’affirmer qu’en 2018, toutes les grandes idéologies qui ont actionné les peuples en vue de construire un avenir plus humain sont mortes ou agonisantes. Inutile d’en faire l’inventaire ici. Vide effrayant de toute vision d’un à venir collectif organisable, mal compensé par une fuite vers une consommation compulsive des biens marchands toujours plus nombreux. La fréquence considérable des symptômes dépressifs (5) dans un pays aussi nanti que la France en est un indicateur. Le «  No future » du mouvement punk des années 1970 est-il toujours plus que jamais d’actualité ? Le mois de novembre 2018 montre en France une marée spontanée de gilets jaunes occupant les voies de circulation. Quelque chose se passe dans les esprits, encore illisible pour les observateurs avec leur grille habituelle de lecture.

Un phénomène inattendu nait sous nos yeux. Depuis des dizaines d’années des hommes de science nous informent que nos façons de vivre en exploitant les ressources de la planète, si nous ne les modifions pas mettent en péril la survie de notre espèce. Certains d’entre nous les écoutent, d’autres tentent d’exploiter le filon pour leurs ambitions politiques. Le réchauffement climatique (6) est là, nous sommes contraints à ne plus faire comme si notre planète était immuablement réglée sur le thermostat de la moyenne statistique, la révérée moyenne.

Nous avons donc à vivre un présent bien étrange parce qu’il nous écartèle. D’un côté, une masse de connaissance considérable, et en expansion quantitative continuelle, matériellement accessible à la majorité des peuples du monde. La nommer information est, dans un certain sens, tentant. Effectivement, elle a quelque chose d’informe.
En face de cette nouvelle montagne collective virtuelle, il y a chacun de nos petits cerveaux, qui aussi instruit puisse-t-il être, est devenu incapable d’en acquérir la maîtrise générale. Un Pic de la Mirandole (7) contemporain semble impossible. Constat d’échec désespérant ne manqueront pas de dire certains lecteurs.
À moins que…
     Mais, cela, vous en prendrez connaissance à partir du prochain feuillet de cette série.


_________

Notes :

(1)  Auteur de l’Os court de Feuillets de Systémique Médicale (1)

(2) Fil rouge qui a permis au héros Thésée, dans la mythologie grecque, de ne pas se perdre dans le labyrinthe et de détruire le sanguinaire Minotaure qui s’y cachait.

(3) P. Watzlawick, J. Weakland, R. Fisch , Changements, paradoxes et psychothérapie. Le Seuil , 1975.

(4) Fonction dont ne peut être dotée aucune machine numérique, aussi « intelligente » soit-elle censée artificiellement  être ou devenir.

(5) Tout comme les addictions à l’alcool qui concernent, et dans tous les pays du monde, musulmans compris,10% de la population adulte des deux sexes.

(6) Même si sa cause n’est pas uniquement liée aux seules activités humaines polluantes, comme on le laisse trop souvent entendre pour mieux nous culpabiliser.

(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Pic_de_la_Mirandole



Os court :
«  J’accuse mes maîtres de m’avoir, par leur ton et celui de leurs livres, laissé croire à une immobilité possible du monde. »
       Boris Vian

Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1095
  sur le site Exmed
      26 novembre 2018

jeudi 22 novembre 2018

Que de soucis ces sous (Exmed)

   Les questions d’argent, soyons francs, aussi fauchés ou aussi nantis que nous soyons, nous polluent la vie. Le sort des «sous le seuil de la pauvreté » en Europe fait rêver les jeunes de presque tous les pays d’Afrique. Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_PIB_par_habitant.

  Tout ramener de nos vies à de simples termes financiers, n’est-ce pas faire du pouvoir d’achat le but suprême de toute existence humaine ?

  Courir de plus en plus vite pour faire la course à la course, quel beau programme absurde pour gâcher sa courte vie et celle des autres !

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 23-25 novembre 2018

mardi 20 novembre 2018

Règne du «pas pour de vrai» (Exmed)

    
Chacun devant son écran du matin au soir, et pour certains presque du soir au matin, les pouces en mouvements compulsifs, coupés des autres. Qui n’a été témoin de ce spectacle ? Les petits animaux jouent sous le contrôle des adultes pour apprendre à vivre dans la réalité dont dépend leur survie. Les petits humains le font, et savent très vite faire la différence entre la réalité et ce qui n’est pas « pour de vrai » comme ils disent.

    La fascination croissante par les messages et les images nous coupe du réel. Sommes-nous condamnés à en subir dans nos vies toutes les nuisances physiques, psychiques, culturelles, sociétales ? 

    Madame Jean M.Twenge
, professeur de psychologie à l’université de San Diego (Californie) a tiré la sonnette d’alarme «Les smartphones ont-ils détruit une génération?»
Lien

François-Marie Michaut, CO d’Exmed 21-22 novembre 2018

dimanche 18 novembre 2018

COSMOS (LEM 1094)

                                

             COSMOS


                   Jacques Grieu


Les étoiles, une à une, où la nuit les allume,
Font des ombres étranges avec lueurs d’écume.
Depuis que l’homme pense, il étudie le ciel :
Au dessus de sa tête : est-ce bien du réel ?
La voie lactée s’allonge et les planètes tournent
La  lune chaque mois, au même endroit retourne…
C’est une vaste sphère où les astres collés
Sont finement réglés par le Grand Horloger.

Ératosthène, Hipparque, Aristote ou Vinci,
Copernic, Galilée y ont fort réfléchi .
 Tycho Brahé, Képler, expliquent les planètes,
Huygens et Cassini les affinent et complètent.
Après Newton, Einstein, Hubble ou bien Hawking,
Notre vue du cosmos subit bien des dopings ;
Avec nos télescopes et nos fines études,
On va  pouvoir fixer toutes nos certitudes.

On suit les galaxies en leur folle expansion,
On traque leurs planètes, elles sont des millions…
On remonte le temps : on arrive au big-bang
Où nos savoirs trébuchent, où Max Planck nous harangue ;
Son « mur » est la barrière arrêtant nos calculs ;
Nos interprétations cherchent des particules…
La théorie des cordes est une déception;
Que sont les multivers ? Où sont les gravitons ?

Et chaque découverte et chaque théorie
Nous pose des questions butant sur l’infini ;
On voit que du cosmos on ne sait presque rien :
Matière, énergie noires ? On y perd son latin !
On en vient à douter : comment expliquer tout ?
Comprendre l’univers n’est-il pas un tabou ?
C’est là que Dieu ressort, à défaut de l’humain ;
Certains voudraient déjà qu’Il reprenne la main…
              

                                      
        Os Court : 
 
«   Tout individu collabore à l’ensemble du cosmos. »

         Nietzche

Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1094 sur le site Expression Médicale
      19 novembre 2018   

Savoir : tabou ou pas
 (Exmed)

    Il est habituel d’affirmer que la connaissance de toute vérité, donc de tout absolu, est humainement impossible. Dont on déduit facilement que la vérité n’existe pas. Comme il ne peut y en avoir aucune preuve acceptable par la science, ce ne peut être qu’une croyance.

   Qui, comme n’importe quelle autre croyance doit être étudiée par... la science.  Le serpent se mord la queue !

Paradoxe avec lequel il faut bien composer.
COSMOS de Jacques Grieu, LEM 1094, attend votre lecture active.


François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 19-20 novembre 2018

jeudi 15 novembre 2018

Fièvre jaune
 (Exmed)

   Le mouvement, par cristallisation des réseaux sociaux, des citoyens de France en colère contre l’augmentation du prix des carburants s’est dénommé : les gilets jaunes. Ceux-là même qu’il est obligatoire d’avoir dans toute voiture et de porter sur la chaussée en cas d’arrêt d’urgence. La diffusion de cette mobilisation, en parler para-scientifique du moment, est dite virale.


    Péjorativement, on se souvient que les jaunes étaient au siècle dernier ceux qui refusaient de s’associer aux grévistes.
Nous médecins avons appris en faculté l’existence de cette maladie redoutable d’Afrique et d’Amérique intertropicales. Le virus amaril ( de l’espagnol amarillo, jaune) est transmis par un moustique. Aucun traitement curatif, 50 à 80% de mortalité. Le plus souvent par hémorragie digestive connue sous le nom de vomito negro.
   L’une des plus efficaces vaccinations au monde, avec une injection unique.


    Comment le réel va faire évoluer cette fièvre jaune des gens exprimant sans porte parole leur opinion  sur un sujet les touchant directement ?

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 16-18 novembre 2018

mardi 13 novembre 2018

French Big Doc power ? (Exmed)


   Pour n’importe quel acteur d’une administration privée ou publique, sa Majesté Le Dossier est l’alpha et l’oméga de sa raison d’être et de son pouvoir. Le tandem Assurance maladie obligatoire et Ministère de la santé, avec grand renfort de publicité télévisée, cherche à imposer cette vision de la réalité aux malades et à leurs médecins. Le Dossier Médical Partagé (DMP), amicalement nommé Big Doc ici, est un rêve technocratique.  Le seul vrai dossier indispensable en pratique médicale est celui que le soignant a dans sa tête. C’est à lui de le nourrir, de l’enrichir en fonction de sa personnalité et de son expérience, de le faire évoluer au fil du temps.


  L’amoncellement des documents touchant la santé d’une personne, devenant vite pléthorique et brownien, ne peut pas être exploité pour soigner au mieux. Relire ce que Balint a écrit sur «les gros dossiers», explorer l’exploitation qui est faite de n’importe quel dossier hospitalier.
On entend affirmer que le système informatique sera inviolable : c’est faire injure aux capacités de tous ceux qui ne rêvent que de pouvoir s’y introduire pour vendre à, prix d’or, nos renseignements les plus intimes. Big Business se frotte les mains.

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 14-15 novembre 2018

lundi 12 novembre 2018

Sortir de l'informulé (Exmed)



     Une idée n’est rien tant qu’une forme ne lui a pas été donnée par un cerveau humain. Libre ensuite à chacun d’en faire ce que bon lui semble. Ce qui est nommé sur ce site « Systémique médicale » est dans cet état qu’un zoologiste pourrait qualifier de larvaire ou un médecin d’embryologique.

   Voici ce qui vous est proposé si l’aventure intellectuelle de vouloir aller plus loin vous tente. Une série consacrée à une autre vision de la médecine que celle qui a cours dans nos cerveaux occidentaux. Sans recherche de sensationnel, ni même de révolutionnaire. Nous n’avons rien à vendre, tout à comprendre.

La LEM 1093 : « Feuillets de Systémique Médicale (1) » attend votre lecture active.



  François-Marie Michaut, CO d’Exmed   12-13 novembre  2018 www.exmed.org

dimanche 11 novembre 2018

Feuillets de Systémique médicale1 (LEM)

                          Feuillets de Systémique médicale (1)

                                                                                   François-Marie Michaut

              

                                        État des lieux,  prospective  

    Depuis plus de 21 ans sur le site Exmed, le concept de Systémique Médicale est régulièrement invoqué. J’ai tenté de démontrer ici, à travers des situations multiples, qu’il constitue un outil précieux de compréhension élargie de tout ce qui touche, de près ou de loin, à la santé des hommes. Il m’a semblé que cette façon de penser était dans l’air du temps, et qu’elle ne pouvait que trouver des esprits ayant envie d’en assurer le développement et la diffusion qu’elle mérite. La technologie de l’Internet assurant des communications sans frontières (1) rend cela matériellement  possible. Je me suis trompé. L’idée, faute de relais perceptible est restée…. dans l’air. La systémique médicale, autant que je puisse en être informé à cette heure, n’a pas dépassé le stade d’un coffre qui n’a jamais été ouvert. Son contenu n’a pas encore été rendu public.
    Pas question pour autant de baisser les bras. Rien d’autre à faire que de relever mes manches pour dessiner une esquisse à soumettre à l’esprit observateur et critique sans lequel aucune médecine humaine n’aurait pu voir le jour et évoluer comme nous le constatons - non sans fierté mêlée d’inquiétude - depuis des siècles. Ambition démesurée, j’accepte la critique. Je n’ai pas d’alternative,  le temps, mon temps personnel de mortel pour pouvoir travailler,  est mesuré. Alors, j’ose oser.

    Je ne saurais, faute de compétence, de titre, d’accréditation ou de reconnaissance par quelque autorité que ce soit, proposer un enseignement en bonne et due forme. La rédaction d’un ouvrage didactique, là encore sous réserve de compétence de l’auteur (2), ne pourrait que clôturer un champ d’investigation dont une des caractéristiques est de devoir demeurer ouvert. La marche vient en marchant, nos petits d’hommes le démontrent. Le vieux Socrate, qui n’était pas n’importe qui, n’a jamais rien écrit et se contentait de déambuler en dialoguant avec ses disciples. À chacun sa méthode.

    Voici donc ce que je propose avec ce dont je dispose. Utiliser la Lettre d’Expression Médicale (LEM) avec son format volontairement réduit à une page format A4, de fréquence hebdomadaire (3), pour publier un certain nombre de feuillets ( petite feuille) numérotés. L’objectif est de pouvoir utiliser les commentaires, remarques, critiques et interrogations que chacun pourrait faire parvenir (4). Navigation à vue dirait-on dans l’aéronautique. Ressources de l’interactivité plaideraient les chantres de la « communication ». Démarche heuristique si vous préférez un terme plus ronflant.

      Information pratique.Vous avec donc sur votre écran «  Feuillets de Systémique Médicale (1) » avec le sous-titre «  État des lieux,  prospective ».
Pour consulter ultérieurement ce contenu sans en avoir conservé l’adresse, il vous suffira de rentrer dans la rubrique « Mots clés sur exmed.org »  (notre moteur de recherche interne), le titre avec le numéro ou le sous-titre (5).

    Avant tout, un point de vocabulaire doit être précisé, car la confusion n’est pas rare. Ce qui est systémique n’est pas du tout ce qui est systématique. Et réciproquement aurait ajouté Pierre Dac.  Aussi honorable et précieuse soit la science dite la systématique depuis Linné « qui a pour objet de dénombrer et de classer les êtres vivants » ( Wiktionnaire ).        


   À moins que de colère vous n’ayez déjà passé par la fenêtre votre fidèle écran, suite au prochain numéro. Comme on dit dans tous les bons feuilletons (6). Juste pour rester jusqu’au bout de cette LEM, inaugurale d’une série pas tout à fait comme les autres. Parce qu’elle est sans plan prédéfini à l’avance.
Ce sont vos réactions de lecteurs qui orienteront le développement de cette entreprise. À vos neurones, lecteurs.


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Notes :
(1) Et sans coût financier, ce qui peut en assurer l’indépendance rédactionnelle par rapport à toute institution traditionnelle.

(2) Un peu plus sur lui www.exmed.org/and.html

(3) Parution comme d’habitude entrecoupée par d’autres sujets et d’autres auteurs pour ne pas lasser la patience des lecteurs.

(4) Rubrique « Donner votre avis » en fin de texte ou mail à l’adresse dédiée: lecteurs(signe arobase)exmed.org

(5)Page d’accueil du site à www.exmed.org, en bas à droite.

(6) La parenté entre feuillet et feuilleton n’est pas involontaire. Jouer avec les mots, leur parenté, leur signification, leur symbolisme fait partie de nos outils de travail les plus sérieux. C’est un moyen de stimulation des neurones du lecteur, bien au delà d’un simple artifice pour dissiper son assoupissement.

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        Os Court : 
  «   La médecine systématique me parait (et je ne crois pas employer une expression trop forte) un fléau du genre humain. »

 Jean le Rond d’Alembert ( encyclopédiste, physicien, mathématicien , 1717-1783)

 Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1093  
http://www.exmed.org/archives18/circu1093.html

      12 novembre 2018                       

jeudi 8 novembre 2018

Insupportables publicités (Exmed)


    En France, il est interdit de faire de la publicité dans la presse ou à la télévision pour les médicaments. Sage décision. La sanction pour les fabricants en cas d’infraction est la suppression de leur remboursement par l’assureur unique obligatoire.


    Nous voyons s’étaler sans vergogne sur les écrans des messages vantant les mérites, pour une meilleure santé de tous, de laboratoires fabricant uniquement des médicaments génériques.

    Légalement astucieux, financièrement juteux, éthiquement crapuleux que de faire croire au public que de laborieux fabricants de copies de remèdes déjà existants sont de grands défenseurs de la bonne santé de chacun. Tromperie manifeste des consommateurs, comme cela ne semble guère se dire publiquement.

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 9-11 novembre 2018

mardi 6 novembre 2018

Addiction, on comprend toujours pas (Exmed)


  La recherche de la cause des comportements humains d’addiction butte sur une croyance. Que la substance utilisée est la seule responsable « sérieuse» de la maladie. Alcool éthylique, cannabinoïdes, opiacés, nicotine et autres substances sont examinés sous toutes les coutures par de nombreux chercheurs pour déterminer les mécanismes neurobiologiques qu’ils peuvent occasionner. Le rêve, hautement rentable pour l’industrie, que cela ne peut conduire qu’à la découverte de la molécule réparatrice, demeure ce qu’il est. Une illusion ; ce qui n’a rien de scientifique quelque habillage mercantile qui soit utilisé.


   Pourquoi ? Parce qu’il existe de multiples addictions sans produit ( sexe, jeu, sport, violence etc...).
S’adonner à un certain type de comportement nécessite qu’il y ait une raison impérieuse. Faute de pouvoir aller plus loin, se droguer ne peut être que la tentative de se débarrasser d’un manque essentiel dont on ne parvient pas à percevoir l’origine. Le manque, insupportable, cela parle tout seul. C’est celui de la personne infiniment plus que celui de la substance utilisée.


Max Dorra parle de «maladie de la valeur»  (Angoisse, le double secret, Max Milo 2017) : à lire sans faute.


François-Marie Michaut,
CO d’Exmed 7-8 novembre 2018

dimanche 4 novembre 2018

Vertement exprimé (Exmed)

 
« avec rudesse, vivacité» précise le dictionnaire Larousse. Vertement fait aussi référence à la couleur verte, emblème des écologistes comme de l’Islam.  Au sens premier du grec : ceux qui parlent de la maison que nous habitons.
    Les atteintes de l’industrie chimique avec sa soeur pharmaceutique nuisent de plus en plus gravement au milieu de vie de tout ce qui est vivant. 

    Ceux qui consacrent leur vie à soigner les humains ne peuvent pas rester muets.
    Mais comment s’exprimer pour que le message soit entendu ? Nana Nopink, avec la LEM 1092 AU VERT CITOYENS ! lance son appel ;  à chacun sa propre appréciation.


François-Marie Michaut, CO d’Exmed 5-6 novembre 2018

Au vert citoyens ! (LEM 1092)

                                Au vert citoyens !


                                                                                  Nana Nopink

Os Court : 

  «  Une croissance indéfinie est impossible, nous n’avons qu’une seule Terre, mais une civilisation du bonheur est possible. Les solutions existent, mais l’opinion les ignore car les structures actuelles et les détenteurs du pouvoir économique et politique s’y opposent. »


René Dumont (1904-2001, agronome, auteur, homme politique)


Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1092
  sur Exmed
      5 novembre 2018

mardi 30 octobre 2018

Laissez-nous juste respirer
 (Exmed)

   Ce serait chaque année presque l’équivalent de la population de  la Bulgarie qui disparaitrait de la planète à cause de la pollution de notre si mince ( 800 km) et si fragile pellicule atmosphérique. L’OMS parle de 7 millions de morts ( Le Monde du 29 octobre 2019). Nos esprits commencent à s’ouvrir à la nécessité d’une conscience écologique ; le fameux réchauffement climatique ou la disparition d’espèces animales emblématiques ne doivent pas servir d’alibi pour contourner le plus urgent.   
   Sans air, aucune vie animale terrestre ne peut tenir plus de quelques minutes.
Oui, ce sont nos modes de vie bien ancrés, nos habitudes de consommation exponentielle, notre paresse à songer aux conséquences de nos actes sur notre avenir à tous qui sont en question.

    Sinon, aucune législation, aucune réglementation, aucune taxation ne peut être suffisante pour respirer un air sain. L’action politique à elle seule est impuissante quand elle ne facilite pas la mise en oeuvre des choix effectués par les populations actives elles-mêmes.

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed    31 octobre- 4 novembre 2018

dimanche 28 octobre 2018

Panacée anti-pénurie médicale
 (Exmed)

   La France se plaint de manquer de médecins sans parvenir à enrayer ce que le jargon journalistique nomme la désertification médicale. Remplacer les médecins qui ne sont plus là par un système de transmission numérique des images et des sons vers un centre lointain, c’est ce que cherche à faire la télémédecine. Les milieux technocratiques semblent séduits.

   La LEM 1091 : Télémédecine et téléréalité  ( lien ) vous propose de regarder le réel sous un autre angle. Bonne lecture critique.

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed  29-30 octobre 2018

Télémédecine et téléréalité (LEM 1091)

                             

                                                                                      
  Les esprits s’échauffent, les producteurs de sensationnel applaudissent et les marchands de nouveauté ouvrent de façon pavlovienne leur tiroir caisse.  La coqueluche (1) des promoteurs de la pratique médicale de demain a pour nom la télémédecine. Soigner à distance, telle est l’ambition. Ne plus avoir à se déplacer, ne plus attendre : tout, tout de suite, sans effort. Le rêve en ces temps où les médecins de chair et d’os vieillissent et sont de moins en moins nombreux dans de nombreux secteurs urbains et ruraux.

   Avons-nous oublié que la rencontre avec un soignant nécessite tout un processus social ? Contact téléphonique avec le cabinet pour exposer rapidement son attente, négociation de la réponse apportée pour fixer les modalités de la rencontre au cabinet ou à domicile. Ce cérémonial n’est pas neutre ; le «j’ai appelé le docteur - ou son patronyme plus souvent» est la formule traditionnelle des familles. Le code de l’entrée en soins médicaux.

  Pensez-vous que seule l’image d’écran tronquée du médecin que vous n’avez jamais rencontré auparavant peut vous suffire pour établir un contact humain vrai avec lui/elle ? Tenons-nous pour quantités négligeables le contact de la poignée de main et de l’examen clinique ? Les informations véhiculées par les odeurs émises ou perçues, l’expression corporelle des gens en face à face n’ont vraiment aucun rôle dans l’établissement d’une relation authentique ?
Simples détails diront certains. Ont-ils compris que les émotions (2) sont indissociables de toute intervention à visée thérapeutique ? Et que la froide analyse des symptômes se voulant scientifiquement objective est une voie sans issue.
  Comment peut bien fonctionner dans sa tête le médecin pratiquant la télémédecine quand il ne partage aucune histoire commune avec le patient, aucune connaissance concrète de sa personne ? Il est obligé de se conformer à une méthode d’investigation standard, n’étant pas très éloignée dans son principe de la check list du pilote d’avion. Ou des classiques et réputés pédagogiques arbres de décision. Les pratiquants de cet exercice sont contraints , pour ne pas s’égarer dans l’inconnu, de se fier totalement aux algoritmes (3) des enseignements qu’ils ont reçu de leurs maîtres. Comme un pilote, là encore, ne peut que naviguer aux instruments au milieu des nuages. Il n’est pas évident de faire comprendre à des non médecins quelle est la différence entre une rencontre médicale directe et une séance de télémédecine. Le résultat apparent est le même : la production d’un diagnostic et la prescription d’un traitement. Subordonnés aux écrans numériques que nous sommes devenus, un parallèle simple peut nous éclairer.
Chacun sait ce qu’est la téléréalité, cette mise en scène par des gens de spectacle de situations tirées de la vraie vie des vrais gens. La téléréalité a l’apparence de la réalité, juste rendue plus spectaculaire pour être plus attrayante. Mais, comme la pipe de Magritte, elle n’est pas la réalité (4).

   Alors, nous les malades présents ou futurs, juste un petit peu plus informés de ce qui est en cause,  avons-nous envie de confier les yeux fermés notre vie ou celle de nos proches à cette forme d’exercice à distance de la médecine (5) ?

     Est-il superflu ou indécent de demander aux potentiels bénéficiaires directs d’un tel système ce qu’ils en pensent ?

                                                             François-Marie Michaut
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Notes de l’auteur :



(1)  Il ne s’agit pas ici de la maladie infectieuse mais d’un engouement collectif.


(2) Les émotions sont souvent perçues dans les milieux scientifiques comme une production secondaire et perturbante de l’activité cérébrale.  


(3) Algoritme - je préfère écrire sans h - c’est selon wiki : « Un algorithme est une suite finie et non ambiguë d’opérations ou d'instructions permettant de résoudre un problème ou d'obtenir un résultat.» . À noter qu’il n’est pas composé uniquement de termes mathématiques.
Le mot  n’a rien avoir avec une origine grecque, ni la douleur, ni la répétition. Il est la déformation phonétique occidentale du nom du mathématicien perse du IXe siècle Al Khwârizmi. Tout langage scientifique ou technique est un algoritme. Le prototype me semble être le langage de programmation numérique, ou... les notices de montage des meubles en kit parvenant à tout condenser avec quelques chiffres et   schémas sans utiliser un seul mot.


(4) Le mouvement surréaliste, le réel est bien plus et autre chose que les images que nous utilisons pour l’imaginer, a eu comme pionnier André Breton qui a étudié la médecine et fut interne en psychiatrie.


(5) Pouvoir obtenir une aide médicale à distance quand on est loin de tout peut être d’un énorme secours.  C’est de pratique courante depuis longtemps par le seul téléphone, y compris dans un cabinet de médecine générale. Cependant il ne s’agit que d’une aide ponctuelle, ce n’est pas un véritable acte médical.



Os Court : 
 
« La téléréalité est à la vie réelle ce que la poupée gonflable est à l’amour : un simulacre inventé par des marchands à l’usage des esseulés. »
Philippe Bouvard 


Lettre d'Expression médicale
LEM n° 1091
http://www.exmed.org/archives18/circu1091.html

      29 octobre 2018 

vendredi 26 octobre 2018

Mondialisation idéologique rampante (Exmed)

  

Surprise en feuilletant le Bulletin de l’Ordre des médecins N°57 octobre/novembre 2018. Au très officiel code de déontologie faisant partie du Code de la santé publique en France, vient d’être fait un ajout dont personne n’a parlé. Rien moins que l’annexion de la déclaration de Genève élaborée depuis 1948 par l’Association médicale mondiale, révisée en 2017.

   Le début est grandiose. « En qualité de membre de la profession médicale, je prends l’engagement solennel de consacrer ma vie au service de l’humanité »  Bigre, on est rien moins que des sauveurs à vie et en exclusivité des habitants de cette planète en danger. Personne ne rigole dans l’assistance, l’auto dérision des blouses blanches n’existe pas ?

   La fin est un feu d’artifice remarquable de langage convenu. « Je fais ces promesses sur mon honneur, solennellement, librement ». La définition scientifique de l’honneur n’existe pas. Celle de la solennité non plus. Et encore moins la possibilité  de se soumettre librement à l’ordre qui nous est donné sous la contrainte.

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed  26-28 octobre 2018

mardi 23 octobre 2018

La culture du « pas de vagues » (Exmed)

     
La video d’une enseignante se faisant menacer d’une arme par un élève en pleine classe a été un déclencheur. Le corps professoral, jusque là bien muet, ose parler sur Internet de l’attitude de sa hiérarchie.

    Culture largement répandue du surtout ne pas faire de bruit, ne pas se faire remarquer, ne pas montrer ouvertement que l’on ne dirige pas du tout ce qu’on est payé pour maitriser.
Lâcheté ordinaire direz-vous.

    Attention, le pas-de-vagues est contagieux, car il se nourrit du silence de ceux qui sont au courant mais ne parlent pas.
     
Ne pas utiliser sa parole quand on ne risque pas sa peau à le faire, n’est-ce pas s’amputer soi-même d’une partie de sa liberté ?

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed  24-25 octobre 2018

dimanche 21 octobre 2018

En amont des mesures (Exmed)

   
L’action politique se manifeste par la prise de mesures destinées à modifier des réalités jugées mauvaises. Chacune d’entre elles, dans les pays où l’expression n’est pas interdite, trouve ses détracteurs. Et tant mieux. Un petit voyage au coeur de ce que le leader de la France a tenté de nous faire comprendre de son objectif directeur ; essai de décryptage systémique. 
Voici la LEM 1090 : La connaissance, Président Macron. 
  

Bonne lecture et joyeux libre-arbitre.

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed  22-23 octobre 2018

La connaissance, Président Macron (LEM 1090)

              
            
   Monsieur le Président Emmanuel Macron, vous avez fait le choix de nous parler à chacun à la télévision le 16 octobre 2018. Vous avez voulu, en douze minutes,  sans le filtre intermédiaire du jeu des questions et des réponses, nous faire comprendre quel était le ressort de votre façon de gouverner la France.  Vous aviez juste devant vous un papier, tout simple, raturé comme une note personnelle. Vous étiez peu éclairé, ce qui a beaucoup fait parler des commentateurs plus attentifs aux détails qu’au fond même de votre allocution. J’y ai remarqué deux indices. L’absence de tout objet symbolique sur le bureau, notamment de l’horloge, comme si la maitrise du temps désormais passait au second plan ou prenait une autre dimension. Derrière vous, l’espagnolette de votre fenêtre sur le monde extérieur (demeurée en position verticale ouverte dans votre précédente intervention élyséenne) était fermée. Le côté  situé à votre gauche a bloqué le vantail droit. Pour les médecins, la distinction des fonctions entre les deux l’hémisphères cérébraux gauche et droite est capitale, mais d’autres comme  la trop négligée  des gens en place Dominique Aubier vont beaucoup plus loin (1).

   Si, citoyen  ordinaire, je me permets de vous interpeller, c’est parce que depuis vingt et un ans, et en totale indépendance intellectuelle et économique, je fais fonctionner ce site consacré à une réflexion sur tout ce qui touche à la santé au sens le plus large du terme. Bien que situé par conviction sous l’étendard de la francophonie, l’évolution constante de la fréquentation des internautes y est remarquable. Et sans rien à vendre ni à gagner. Nous en sommes actuellement, sans  aucune publicité, à plus de dix lecteurs nord américains pour un Français et près de deux Allemands. Ce sont eux, et eux seuls, qui prennent  la peine de lire ce que je publie. qui me donnent  l’autorité de m’exprimer ici avec la prétention (déraisonnable?) d’ être entendu.

    Allons au coeur de votre «adresse aux Français» qui peut intéresser les gens de  tous les pays et de tous les continents, parce qu’elle les concerne  tout autant que nous.  Votre « ambition» , ainsi parlez-vous, pour la France, c’est de travailler à devenir « une puissance éducative, économique, sociale et environnementale ». Quatre panneaux indicateurs, dont le premier  donne un sens aux trois autres ; il n’est pas du seul domaine matériel, mais bien de celui de l’esprit. Mot qui fait peur ou qui fait ricaner.  L’économie, le social et l’environnemental sont, eux tous, ancrés dans le domaine matériel. Vous parlez d’éducation. Au sens premier,  c’est l’action de conduire hors de.  Hors de l’ignorance. Ce qui n’est  pas le monopole du système scolaire (2). L’utilisation du mot connaissance - ce qui nous fait naitre à quelque chose que nous ignorons - eût été plus précis et plus mobilisateur. Comme le suppose ce que vous nommez - fortement -  une « puissance» .  Une énergie motrice. La matière grise cultivée avec soin et à tous les niveaux (3) pour faire enfin contrepoids à la dictature  destructrice des seules puissances d’argent. Nous avons la chance d’avoir partout et gratuitement  à notre disposition la plus extraordinaire banque de données que l’humanité ait jamais connue. Si on travaillait sérieusement à en extraire le meilleur  pour ne pas tomber dans le pire des esclavages numériques ?

   Voilà, Monsieur le Président, ce que je tenais à porter à votre connaissance sans  rien vous demander en retour. Car nous sommes tous concernés sur la planète. La seule que nous ayons.  Et qui, vous le savez mieux que moi,  ne va pas bien du tout. La connaissance, la connaissance vous dis-je, pour paraphraser le poumon de l’excellent Molière donnant la fessée aux « diafoirismes »  toujours en embuscade.


                                                                     François-Marie Michaut
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Notes de l’auteur :

(1) D.Marche, Savoirs sans frontières, LEM N° 889, 2014. Présentation du livre de madame Dominique Aubier : Le Secret des secrets. Lien : www.exmed.org/archives14/circu889.html

(2) Les institutions dont la mission est de guider le mieux possible les jeunes - et les moins jeunes- dans la démarche d’acquérir des connaissances comme des savoir faire ne sont pas critiquables dans leur principe. Elles sont nécessaires, probablement perfectibles,  mais elles ne sont pas suffisantes. Le champ des savoirs acquis par Homo Sapiens au fil de son évolution est beaucoup plus large que ce que nous en avons retenu. Rien ne nous dit que nous ne sommes pas passés à côté de trésors que nous n’avons pas su voir.

(3) En restreindre le contenu aux seules sciences  et techniques aux retombées matérielles immédiates est  une erreur. Se priver de tous les savoirs humains  culturels acquis partout bien avant l’ère contemporaine est une faute logique et stratégique grave.  La connaissance n’appartient à personne, elle est le bien qui cimente chaque communauté. Cf à titre d’exemple exceptionnel le travail effectué par l'auteure citée en note n°1.

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Os Court :
  « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde. »
Nelson Mandela  

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Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1090


http://www.exmed.org/archives18/circu1090.html

      22 octobre 2018

jeudi 18 octobre 2018

Mais qu'est-ce qui ne va pas en nous ? (Exmed)

   Nous sommes un Français sur dix à avoir présenté un « état dépressif caractérisé»  en 2017, selon «Baromètre santé» cité par le Quotidien du Médecin  du 16 octobre 2018. Cette pathologie, mettant parfois le pronostic vital en jeu dans ses formes les plus graves, est en constante progression depuis 2010, avec une prédominance féminine. L’industrie pharmaceutique y trouve un marché très rentable, bien que l’action pharmacologique de ses antidépresseurs soit loin d’être beaucoup plus concluante que celle obtenue avec un placebo.


   Les neurosciences nous expliquent qu’il y a un trouble des neuromédiateurs. Mais ne peuvent rien dire sur ce qui cause ces perturbations. Les visions purement psychologiques demeurent très partielles. Une vision écologique de la personne en souffrance en interaction avec son environnement n’existe pas encore.
Tant qu’on n’aura pas compris pourquoi et comment certains d’entre-nous présentent cette maladie de l’humeur et qu’on se contera de bricoler les neuromédiateurs, cette bien étrange «épidémie» poursuivra ses dégâts destructeurs.


      Comment faire ? Une seule chose est sûre : la réponse ne peut pas provenir des recherches recevant le soutien de l’industrie pharmaceutique.



François-Marie Michaut,
CO d’Exmed  19-20 octobre 2018

mardi 16 octobre 2018

Césariennes "de confort" (Exmed)

    Le nombre d’accouchements par césariennes est en augmentation constante ( Quotidien du médecin du 15 octobre 2018, Sophie Coisne). La pratique de l’extraction du bébé vivant quand sa mère vient  juste de mourir est bien antérieure à Jules César. puis elle a été encouragée par l’Église afin de pouvoir baptiser d’urgence le nouveau-né pour sauver son âme.


    Au milieu du siècle dernier, il était obligatoire pour obtenir son doctorat d’avoir effectué au cours de ses études au moins trois accouchements. Les médecins actuels ont perdu cette expérience vécue et sont beaucoup plus aptes à effectuer une césarienne que de pratiquer un accouchement par les voies naturelles.


      Les femmes veulent de plus en plus planifier leur gestation en fonction de leurs obligations personnelles. Sans parler de la dimension économique (57% de césariennes au Brésil), sait-on avec certitude quelles sont les perturbations éventuelles du recours à la chirurgie, donc à l’anesthésie, pour la santé physique et psychique, immédiate et à long terme, tant chez la maman que chez le bébé ?

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed  17-18 octobre 2018

dimanche 14 octobre 2018

À Latin, latin et demi (Exmed)

    Le Souverain Pontife se permettant de se mêler de médecine et d’intimité féminine donne plein droit à la médecine comme aux femmes de s’exprimer les yeux ouverts sur l’institution vaticane.

   La langue latine étant le parler officiel de l’État papal romain, c’est avec Habeas Corpus - ce droit capital d’être confronté à un tribunal dès qu’on est emprisonné - que cette tribune est publiée dans la LEM 1089 : Réponse à Rome.
     La signature, sans violence ni dépendance, est celle de Nana Nopink.

   L’humour médical, parfois trivial,  sait aussi faire mouche en toute élégance : chacun ses armes. Bonne lecture à tous.

François-Marie Michaut,
CO d’Exmed  15-16 octobre 2018

Réponse à Rome (LEM 1089)









Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1089  
http://www.exmed.org/archives18/circu1089.html

      14 octobre 2018                                      Réponse à Rome

                                                                                        Nana Nopink
 
Os Court :
«  Les femmes n’ont aucune hiérarchie au sein du Vatican, ce dernier craint un grand nettoyage. »
                    Gaétan Faucer (auteur belge)

jeudi 11 octobre 2018

Tartufferie papale (Exmed)

    Le pape, peut-être mû par un sentiment de charité chrétienne, vient de qualifier publiquement les médecins de «tueurs à gage».  C’est son droit, c’est aussi celui des montrés du doigt de ne pas demeurer silencieux.

   
  Prétexte invoqué ? Celui de la pratique, parfaitement légale en France depuis 1976 ( loi Veil),  de l’interruption volontaire de grossesse. Au nom de quoi? Du commandement de Moïse stipulant : tu ne tueras pas.

   J’ai pu recueillir directement en 1966 au Tchad, de la bouche d’un officier belge ayant combattu au moment de la décolonisation du Congo Belge en 1960, un témoignage... édifiant. Toutes les religieuses de plusieurs couvents ont été violées par les combattants indépendantistes. Il n’en n’est résulté  aucune naissance. La thèse du miracle collectif demeurant peu crédible, qui a donné sa bénédiction, et les fonds nécessaires, pour qu’interviennent en toute discrétion les indispensables « tueurs à gage » ?


François-Marie Michaut,
CO d’Exmed  12-14 octobre 2018

mardi 9 octobre 2018

La grippe qui tue (Exmed)

      En France, début de la campagne annuelle de vaccination antigrippale. La population semble de moins en moins perméable aux arguments des agences officielles chargée de faire la promotion de cette prévention. Des personnalités des maladies infectieuses volent à leur secours en agitant l’épouvantail de la dernière grande pandémie planétaire dite de la grippe espagnole.Centenaire macabre de 40 millions de morts ! Tremblez braves gens et sautez vite sur les bons vaccins.

    L’industrie pharmaceutique  dans la coulisse compte beaucoup sur votre choix.
 Il n’est, hélas, pas clairement dit que nous n’avons aucun moyen de prévoir le comportement de quelque virus que ce soit. Un jour ou l’autre, les virus disposant de capacités de mutations, de résistance et de quiescence stupéfiantes, des épidémies destructrices peuvent resurgir alors que nous les pensions «éradiqués», ces variole ou autres poliomyélites selon les dire orgueilleux de l’OMS.


François-Marie Michaut, CO d’Exmed  10-11 octobre 2018

dimanche 7 octobre 2018

FLORAISONS EFLORESCENCES (LEM 1088)

          FLORAISONS
    
                      EFLORESCENCES

                                                                                                  
                       Jacques Grieu


              
            


La fleur est un symbole et qui est fort ancien :
Depuis le Moyen-Âge et déjà les romains,
On avait codifié ses significations.
Chaque fleur nous parlait avec ses précisions.

À l’ajonc, la colère, à l’origan la joie,
À l‘œillet le caprice, aux centaurées, la foi,
Au buis, le stoïcisme, au muguet le bonheur,
Au crocus l’inquiétude, à l’ixia, le malheur.

Le fenouil, c’est la force et le fuchsia, la grâce,
L’aster est la gaieté, l’achillée, la menace,
L’arum, donne l’ardeur et le gui, la constance,
Le laurier, c’est la gloire et le houx, la défense.

Construire son bonheur, c’est donc faire un bouquet
Avec beaucoup de fleurs choisies sur son trajet.
Certaines resteront toujours inaccessibles ;
Il faut se contenter de celles disponibles.

On veut cueillir très tôt chaque fleur de la vie ;
Ce serait donc la mort qui pousserait ainsi ?
Sans doute les boutons font de belles promesses,
Mais leurs fleurs, il est vrai, en se fanant, nous pressent.

La vie n’est qu’un passage ? Alors sur ce chemin,
Autant semer des fleurs, plutôt que des chagrins…
La fleur de l’âge est bien la période euphorique ;
Viendra l’âge des fleurs, l’âge… nécrologique.

Ainsi allaient nos fleurs du temps de nos enfances ;
Aurait-on oublié toutes leurs… compétences ?
On n’ose plus savoir ce qu’elles prédestinent ?
Et surtout on craindrait qu’elles aient trop d’épines…
         
                       




Os Court : 
 
«  Lorsqu'on respire une fleur, on respire le sexe d’un végétal. »
                  
Paul-Armand Gette
(peintre et naturaliste contemporain)

Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1088

sur Exmed http://www.exmed.org/archives18/circu1088.html

8 octobre 2018   

La fleur au stylo (Exmed)

    
Utiliser des mots, qu’ils soient banaux, hypertechniques ou artistiques ne les délivre jamais d’une charge symbolique  issue d’un héritage lointain dont nous avons oublié jusqu’à l’existence mais ressentons l’influence. Vous savez, cette dimension symbolique qu’aucun algoritme ne peut prendre en compte, ce qui fait qu’elle échappera toujours à cette « intelligence artificielle»  issue de nos machines numériques. Symboles, priez pour nous, les pauvres cerveaux humains.


Travaux pratiques fleuris, voici la LEM 1088 signée Jacques Grieu : FLORAISONS EFFLORESCENCES.


François-Marie Michaut,
CO d’Exmed  8-9 octobre 2018

Et si Homo Sapiens était encore inachevé ?
 (Exmed)

    La lourde actualité de nos contrées occidentales n’a rien pour apaiser les esprits. De ceux qui sont malades encore plus que de ceux qui...