dimanche 30 avril 2017

L'arme de la haine- LEM 1013

Lettre d'Expression médicale

LEM n° 1013    
http://www.exmed.org/archives17/circu1013.html

    1er mai 2017

                           
              

                                 L’arme de la haine
               


                                              Docteur François-Marie Michaut
  
  La notion de haine, au même titre que tout autre sentiment, ne fait pas partie du vocabulaire médical. Les patients pour autant ne se privent pas d’en parler. Chez certains un « J’ai la haine » bien senti semble justifier toute réaction émotionnelle violente devant une réalité humaine traumatisante.

   Un peu facile de dire qu’on est là aux antipodes du « aimez-vous les uns les autres » évangélique, mièvrement repris par les adeptes du New-Age. Qu’est-ce que la haine ? En philosophe, José Ortega y Gasset répond ainsi : « Haïr, c’est tuer virtuellement, détruire en intention, supprimer le droit de vivre. Haïr quelqu’un, c’est ressentir de l’irritation du seul fait de son existence, c’est vouloir sa disparition radicale.». Les guerriers antiques,  il suffit de lire Homère, ne se livraient bataille qu’après s’être abondamment insultés mutuellement. Activer une énergie encore virtuelle pour passer à l’acte. C’est la fonction même de nos modernes animateurs et autres «chauffeurs de salle» des grandes réunions publiques. Le combustible le plus éprouvé pour manipuler les foules afin de les forcer à agir, c’est encore et toujours, même si nous ne sommes plus les humains des années 1930 des dictatures, la haine.

Les psychanalystes, ces méprisés intellectuellement de notre siècle, ont travaillé ce sujet. Ecoutons Marie-Claude Defores : « Il est important de distinguer l’agressivité, qui est une pulsion de vie, de la haine, qui est une force de dépersonnalisation...». Puis, un peu plus loin : « La haine peut prendre les formes les plus socialisées ; elle refuse le nouveau, tourne vers le passé, produit la répétition et dépersonnalise».
Et, comme si ces mises en garde, terrifiantes pour qui veut bien les comprendre, étaient insuffisantes, laissons la parole à Heitor de Macedo. « La haine n’attrape pas la vérité, elle l’enserre à l’intérieur d’une pensée immobile où plus rien n’est transformable, où tout est pour toujours immuable : le haineux navigue dans un univers de certitudes.».

Par quel mécanisme psychologique ce sentiment de haine, initialement porté par quelques uns peut-il se développer chez beaucoup, comme s’il s’agissait d’une épidémie ? Le mécanisme d’imitation, de rivalité mimétique, développé par les travaux anthropologiques de René Girard ( lien : www.exmed.org/pages/dqs0.html ) le siècle dernier en permet la compréhension. 

  

   Autrement dit, et là nous retombons dans l’univers intellectuel des soignants,  il y a une incompatiblité totale et définitive entre toute pensée scientifique et toute adhésion à une vision collective fondée sur la haine quelle qu’elle soit. Simplement l’huile et l’eau. Notre futur de vie ou de mort en dépend.

 Comprenne  cette LEM qui pourra, comprenne ce qui en découle pour lui qui voudra.  Pour les autres, d’où qu’ils viennent, j’en suis profondé désolé pour notre devenir à tous, je ne peux rien.


  

Note :
1°) remerciements de l’auteur à Wiki pour la recherche documentaire.
 

Os Court :

 « C’est plus de l’amour, c’est de la rage (Pasteur).» 

 Alexandre Breffort


Les haineux tuent - CO d'Exmed

30 avril 2 mai 2017


Les haineux tuent LEM 1013



La médecine n’en parle pas, mais l’énergie  générée par le sentiment de haine conduit obligatoirement au passage à l’acte homicide. Pour aller un peu plus loin sans tomber dans le jugement moral, voici la LEM 1013 «L’arme de la haine». www.exmed.org/archives17/circu1013.html

Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 30 avril-2 mai 2017  www.exmed.org

lundi 24 avril 2017

Futur paysage médical français, dessin de Cécile Bour LEM 1012

Lettre d'Expression médicale


LEM n° 1012

http://www.exmed.org/archives17/circu1012.html
    24 avril 2017

                           
              

                Un effort, et on y est
               


                  Docteur Cécile Bour



 Publié initialement sur Exmed du 13 au 15 juillet 2007


Os Court :

 «  Un médecin comme berger connait voisin. » 

Proverbe français XVIème siècle


24-25 avril 2017


Des voix dans le désert

Ce dessin de Cécile Bour sur la survenue de déserts médicaux en France date de 2007 : exactement dix ans. Sans prendre, hélas, une seule ride. Dix ans, c’est le temps minimum pour former ces médecins qui nous manquent tant, et de plus en plus. Pas la moindre initiative gouvernementale de droite comme de gauche allant dans ce sens : former des médecins de terrain. Politique de santé, santé publique, électeurs de tout poil, vous voulez rire.

Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 24-25 avril 2017  www.exmed.org

vendredi 21 avril 2017

Piège électoral paradoxal
 - C0 d'Exmed


Piège électoral paradoxal


    C’était au temps lointain du Général de Gaulle président. Un referendum des années 1960 m’avait particulièrement frappé. En gros, oui ou non, êtes-vous pour la paix en Algérie et la politique du Général de Gaulle ?  Les jeunes appelés allaient combattre - parfois jusqu’à 3 ans- sur le sol algérien dans ce qui n’a jamais alors été nommé ici une guerre. Juste des « évènements » incompréhensibles pour le public. Impossible de ne pas vouloir que ça s’arrête.


    Mais de là à donner son approbation à la politique menée par le pouvoir en place, il y avait un monde.
Double contrainte paradoxale dans un tel choix biaisé disent les systémiciens.
Puissions-nous devant les urnes à venir ne pas succomber au même piège logique !

Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 21-23 avril 2017  www.exmed.org

lundi 17 avril 2017

L'aimer écrire LEM 1011





                          

                                    L’aimer écrire
               


                                               Docteur François-Marie Michaut
  

   

 L’apprentissage scolaire initial du maniement de ces dessins hermétiques que constituent nos lettres, puis nos mots et enfin les textes nous a tous plus ou moins traumatisés. Que des sons désignant des choses familières deviennent de simples traits à dessiner et à déchiffrer n’est pas banal dans notre monde animal. Cela nécessite un dressage, jadis territoire gardé d’une élite, devenu par la loi obligatoire et gratuit. C’est devenu tellement naturel chez nous que nous n’en mesurons plus l’importance.
Franchement, comme les vaccinations obligatoires ou, pour nos devanciers l’huile de foie de morue antirachitique, c’est une corvée pour le plus grand nombre.
Faute d’adultes eux-mêmes assez capables d’admirer le miracle de cette aptitude à fixer durablement ce qui n’est que passage temporaire fragile dans l’expression orale ?

   L’utilisation prioritaire de l’écrit dans les études, du moins en France, laisse une trace encombrante. Ce que le maître, et avec lui tous les auteurs appelés au secours, communique par écrit prend et conserve la première place pour les élèves. Ce que les enfants peuvent eux-mêmes écrire est d’une nature inférieure : ils ne sont amenés qu’à répondre aux questions de celui qui enseigne. Et en restituant au mieux ce qui lui a été dit. Résultat : une grande méfiance devant la page blanche.

   La situation d’infériorité par rapport à qui est censé savoir mieux diminue-t-elle avec le niveau des études, ou simplement le passage des ans et des expériences accumulées ? On pourrait le penser. Mais c’est une erreur.

   Quand Internet est entré dans les moeurs, nous avons été un certain nombre à penser que la facilité d’entrer en contact avec un nombre illimité d’interlocuteurs allait stimuler les capacités de prendre contact avec les autres au moyen de l’écriture virtuelle. Naïveté dans la réalité. Pour mille et une raison, notre mutisme imposé en classe n’a pas reculé d’un pouce.
Écrire demande un effort, exige et entraine une gymnastique intellectuelle, prend du temps et surtout expose aux sarcasmes et aux critiques des lecteurs. Activité à risque d’autant plus important qu’on occupe soi-même une position sociale dominante.

   Pourtant écrire, cela s’entraine, cela s’apprend. Comment ? Mais en écrivant pendant des années. Pas pour convaincre les autres de quoi que ce soit, mais avec l’espoir qu’au moins une personne, un jour ou l’autre, trouvera son compte personnel dans vos textes. Ainsi peut naître, remarquez ma prudence de chat échaudé par la rareté des «retours» des lecteurs virtuels, l’amour de l’écrit.
Même si vous pensez ne pas être très à l’aise dans cette forme d’expression, ne vous censurez pas vous mêmes. Pas de plus mauvais juge de vous que vous !

    Osez répondre, osez écrire, osez critiquer. C’est du plaisir personnel que vous récolterez. Pourquoi investir ainsi sa capacité d’écriture ? Parce que qu’écrire, du plus dramatique au plus léger, notre oreille francophone ne n’y trompe pas, cela se termine obligatoirement par rire.


Os Court :

 « - Ah vous, vous tombez bien ! 
- Ça dépend comment l’on me pousse. » 

André Gaillard, Teddy Vrignault ( Les Frères Ennemis)



Les médecins écrivent mal- CO exmed

Les médecins écrivent mal  - LEM 1011


Les ordonnances manuscrites indéchiffrables, sinon par des pharmaciens extra lucides, indiquent un curieux rapport à l’écriture. Caricature, bien sûr. Mais aussi bonne occasion d’aller fouiller notre rapport à tous avec l’expression écrite.  La LEM 1011 : « L’aimer écrire »  attend votre lecture.

Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 18-19 avril 2017  www.exmed.org

samedi 15 avril 2017

0rdre + contre ordre = désordre CO Exmed





                                                     Ordre + contre ordre = désordre



Le moins qu’on puisse dire en ces jours de Pâques (fête religieuse piquée il y a deux millénaires au judaïsme), c’est que l’expression opinion publique n’a plus aucun sens. Dans tous les domaines de la connaissance, et pas seulement en politique, nous sommes intellectuellement matraqués par des gens qui nous donnent des ordres. Regardes-les, écoutez-les. D’autres, au moins aussi savants, aussi compétents, aussi experts et aussi avides de pouvoir font tout pour nous persuader que les ordres des premiers sont mauvais. Contre ordre diraient les militaires.
Les braves petits soldats de la modernité sur informée que nous sommes numériquement devenus peuvent de moins en moins s’y retrouver. Dans nos têtes, isoloir en vue ou pas, nous voici devenus incapables de choisir quelle opinion adopter. Autrement dit, c’est le désordre : nos pronostiqueurs, sondeurs et statistiqueurs si arrogants il y a quelques années n’osent plus rien dire. Comme toute maladie non mortelle, celle-ci guérira.

Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 14-17 avril 2017  www.exmed.org

mardi 11 avril 2017

Confiance, conscience et compétence, CO Exmed


                                                 Confiance, conscience et compétence


Ce trépied des 3 C, depuis 20 ans, sert de ligne de mire pour orienter les publications d’Expression Médicale. Serait-il imbécile ou malvenu de proposer à ceux qui vont avoir à élire dans les semaines à venir ceux qui les représenteront pour des années d’utiliser le même filtre ? 
- Telle ou tel,  quel degré de confiance lui accorder ?
- Telle ou tel, quelle est son niveau de conscience pour ce qui est le plus important à mes yeux ?
- Telle ou tel, qu’en est-il de sa compétence pour diriger au mieux la collectivité dont je suis un maillon méritant le respect de tous les pouvoirs ?
Pas sûr du tout, après cet examen,  que chacun puisse trouver chaussure à son pied.



Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 12-13 avril 2017  www.exmed.org

dimanche 9 avril 2017

Nervosité, Juliette Goldberg

Lettre d'Expression médicale
LEM n° 1010
   http://www.exmed.org/archives17/circu1010.html
    10 avril 2017



                          






                         Nervosité

                       Juliette Godberg



Mes doigts de pieds bougent sans répit,
ceux des mains s’ouvrent, se ferment, c’est pis !
Mes pensées ont reçu des ailes,
s’il vous plaît, revenez mes belles !

Me concentrer est un problème,
même si m’intéressent, oui, les thèmes !
La nervosité m’envahit….
Horreur, les maux de tête aussi !

Lire est devenu un problème
et écouter les autres m’embrouille même !
La musique est toujours trop forte.
Non, je ne veux pas une Terre morte,

mais vos secrets ne criez pas
dans l’autobus, sur tous les toits !
Je ne veux pas dire : « fermez-vous,
ne parlez pas, isolez-vous »…

vous seriez encore plus nerveux !!!!
Changez de cadre, beaucoup, un peu…
écrivez, cinéma, sortez
surtout, des amis rencontrez,


tournez-vous vers d’autres chemins,
jetez vos nerfs, tout votre venin,
vers le ciel, la mer, la poubelle,
développez les choses les plus belles !

Jérusalem le 14/3/2017
 


Os Court :

 «  Un bon escroc est un farceur ironique qui se joue de la distraction, de l’impertinence, de la naïveté ou de la nervosité de ses contemporains.»

Henri Jeanson




C'est nerveux, CO d'Exmed

C’est nerveux


Réponse on ne peut plus classique à l’issue d’une consultation, supposée fournir à un patient l’explication des troubles de santé qu’il présente quand le médecin ne parvient pas à les faire entrer dans le cadre d’une atteinte organique bien définie. Pourtant, cette fameuse nervosité qui rebute les praticiens traditionnels est une réalité qui mérite d’être entendue comme telle.

Écoutons Juliette Godberg avec sa LEM 2010 « Nervosité».  Lien : www.exmed.org/archives17/circu1010.html
Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 10-11 avril 2017  www.exmed.org

vendredi 7 avril 2017

Pistons les dépistages CO d'Exmed


 Pistons les dépistages


Dépister une maladie, c’est espérer que plus on la diagnostique tôt, plus le malade guérit facilement.  Absolument sur le modèle mécanique compréhensible de tous d’un incendie de forêt.  C’est peut-être vrai, intuitivement  c’est convainquant mais cela reste à prouver. 
La connaissance médicale ne peut progresser que parce qu’on remet en question ce qui était jusqu’alors largement admis comme vrai.
Alors, comme des limiers du savoir que nous devrions être, pistons rigoureusement les multiples dépistages que les autorités font tout pour nous imposer. Plus que jamais la balance bénéfices - inconvénients, sans oublier le domaine psycho-pathologique, mérite d’être scrutée. Tant pis si ça défrise les grands planificateurs de ce qui est certifié être bon pour notre santé personnelle.

Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 7-9 avril 2017  www.exmed.org

mardi 4 avril 2017

Et moi, et moi et moi CO d'Exmed

                                                                Et moi, et moi et moi


   Fanfares électorales tricolores pleines de promesses de tous les côtés. Citoyens saturés de bruit médiatique de moins en moins faciles à séduire et... à capturer. L’ambiance générale est étrange et lourde, personne ne sachant ce qui va, ni même ce qui peut, se passer.
  
   
Dans le même temps, se déchainent de multiples groupes constitués, aux objectifs affichés souvent honorables, pour interpeler les candidats présidentiables. Que comptez-vous faire pour les malades que je représente, pour les sans logis, pour les défenseurs du lynx d’Europe ou les cultivateurs de truffe zébrée du Périgord ? Curieuse résurgence des cahiers des doléances des Etats-Généraux de 1789 !

     
Éclairage sans pitié d’une incapacité largement répandue de s’occuper d’autre chose que de sa petite sphère à soi. Altruisme, sens vrai de l’intérêt général, civisme - mot oublié-, respect des autres n’existent plus chez nous ?

Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 5-6 avril 2017  www.exmed.org

Et si Homo Sapiens était encore inachevé ?
 (Exmed)

    La lourde actualité de nos contrées occidentales n’a rien pour apaiser les esprits. De ceux qui sont malades encore plus que de ceux qui...