Iatrogénicité du vote LEM 1003

Lettre d'Expression médicale
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LEM n° 1003
http://www.exmed.org/archives17/circu1003.html
    20 février 2017

                           
              
   

                 
                                    Iatrogénicité du vote
               

                                                                
Docteur François-Marie Michaut
  

         Une équation mentale implicite de nos pays occidentaux lie directement la démocratie d’une nation à l’utilisation du suffrage de tous pour choisir ses responsables politiques. La formule n’est pas jeune puisqu’elle semble avoir été inventée et pratiquée par nos ancêtres (1) grecs il y a 2500 ans. Un tel système de désignation de ceux à qui nous confions le pouvoir d’agir à notre place semble logiquement évident. Chaque personne constituant d’une société ne peut pas, matériellement, même au temps du numérique généralisé, prendre toutes les décisions engageant un groupe tout entier. Consulter tout le monde, prendre en compte la multitude des façons de comprendre la réalité des choses, les opinions, les connaissances et les sensibilités demeure impossible, ce n’est pas discutable. Il faut donc adopter un système de transfert des volontés individuelles qui respecte au mieux l’équilibre entre les intérêts, et pas seulement matériels, entre ce qui est personnel et ce qui est collectif.

       Le vote,et Dieu sait s’il en est question en ce moment aux Etats-Unis comme en France et en Europe, est la formule depuis longtemps reconnue comme la seule valable. Hélas, la déception grandissante vis à vis de tous les pouvoirs élus, se traduit par deux symptômes graves. L’abstention de plus en plus massive d’une part, au détriment des partis politiques classiques, la montée des mouvements populistes de repli sur soi-même d’autre part. Il n’est pas interdit de penser que cette érosion de la croyance au bien fondé de la notion même de scrutin risque d’ouvrir la voie à des tentatives de pouvoir autoritaire. Nous avons connu ce temps terrifiant des dictatures au xxème siècle. Il peut revenir.

Il est souvent question de politologues dans nos médias. Que disent donc nos savants experts, que proposent comme remède à cette maladie de nos sociétés celles qui se font les appeler sans se justifier « Sciences Politiques », moule intellectuel quasi unique de tous nos dirigeants ?
 Sauf surdité imputable à mon âge, je n’ai rien entendu là dessus, la machine électorale poursuit son bonhomme de chemin en se contentant de nous traiter de mauvais citoyens si nous ne nous reconnaissons plus dans la réalité qui est la sienne.

       Alors, le diagnostic étant inquiétant,il n’est d’autre alternative à visée thérapeutique que de se demander s’il faut conserver le vote, la votation diraient mieux encore nos amis helvétiques, pour sélectionner les plus aptes à remplir les charges et les obligations des plus hauts responsables de nos pays.
Choisissons-nous ceux qui sont les plus capables de travailler pour aller vers le monde dont vous et moi avons envie et besoin ?
Sommes-nous plutôt attirés par des personnalités qui ont fait de leur carrière politique, et du pouvoir narcissique qui en résulte, l’idéal de leur vie en robotisant leur pensée ? La tentation de l’homme fort, le mythe de l’homme providentiel sont des relents psychologiques encore fréquents de notre univers infantile.

      Il n’est plus acceptable en 2017 que le libre arbitre de chacun soit définitivement confisqué parce que sa voix personnelle ne peut plus être entendue quand il a glissé dans l’urne son bulletin de vote. Il y a là une injustice grave. Chacun devrait pouvoir, à son niveau de compétence, agir pour donner la direction qui lui semble la meilleure aux affaires de la collectivité.
  Une hypothèse devrait être étudiée scientifiquement : celle du tirage au sort de nos représentants. Les Grecs, dont je parlais plus haut, y avaient déjà recours. Nos jurys populaires des Cours d’Assises qui décident de la culpablité et des peines des criminels, lourde responsabilité s’il en est, ne sont pas choisis autrement.
L’idée est loin d’être farfelue. Elle est soutenue avec de solides arguments de physique de l’information par Philippe Guillemant, spécialiste internationalement reconnu de l’intelligence artificielle.
Nous avons donc les moyens de pouvoir vérifier expérimentalement, les médecins aiment bien ça, la pertinence de la recherche de la meilleure façon possible de déterminer ceux que nos nommons encore, faute de mieux, nos élus. Mais pourquoi pas aussi, parce que les problèmes sont de même nature, tous nos patrons, petits, moyens et grands ?


 Notes de l’auteur :
(1) Nous oublions trop souvent que, spirituellement bien plus largement que génétiquement, nous sommes les enfants du résultat subtil du métissage des Grecs antiques et de la tradition juive. D’où le côté incurablement schizophrène de l’antisémitisme que nous trainons depuis deux millénaires.

(2) Philippe Guillemant, La physique de la conscience, Chapitre 4 : La maladie des systèmes de pouvoir
.

            

Os Court :

 «  Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres.» 
Denis Diderot

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