dimanche 29 janvier 2017

Mille semaines de LEM



Lettre d'Expression médicale
Version courriel  sur demande
LEM n° 1000
 sur Exmed http://www.exmed.org/archives17/circu1000.html
    30 janvier 2017

          
                                     Mille semaines
                  Docteur François-Marie Michaut
  

 

    En tant que pilote de l’OVNI Exmed (1), j’allais ajouter au chiffre rond de ce numéro de la Lettre d’Expression Médicale un : déjà.  Simplement pour signifier sans ambiguité qu’assurer sur mon site - et  sur d’autres vecteurs numériques complémentaires - la publication hebdomadaire de cette LEM pendant aussi longtemps n’a pas réussi à me lasser.  Dix fois cent, ça fait, sous forme de papier, un ouvrage... de poids. Dix fois cent semaines, mon professeur d’histoire disait que cela fait une génération.
     Peut-être avez-vous perdu de vue la mouche qui m’a piquée à la fin du siècle dernier pour que soit lancée cette étrange entreprise ? Un besoin de ne pas rester sans rien dire quand j’ai vu ma profession de médecin généraliste condamnée à se soumettre au pouvoir politico-technocratique (2). J’ai eu alors le sentiment très clair que j’avais l’obligation morale de « prendre le maquis » avec la seule arme dont je pouvais disposer : ma plume. Quelques contacts ont pu s’établir avec la complicité du journal Le Généraliste (3), en particulier avec son éditorialiste Jacques Blais (4). 
Nous espérions tous les deux que d’autres confrères allaient ressentir le même besoin d’exprimer leur façon de vivre le sort qui se dessinait pour la médecine, les médecins et les malades en France. Leur offrir, sans aucune contrepartie, le moyen d’expression sans frontière que permettait l’Internet encore débutant nous semblait logique. Se faire entendre sans avoir recours à quelque intermédiaire que ce soit, quel progrès. Vive la technique ! L’illusion que de la rencontre virtuelle d’un certain nombre de correspondants actifs jaillirait de lui-même un élan général de toute la profession fut peu à peu abandonnée devant la réalité de ce qui ... ne se passa pas. Fallait-il alors baisser les bras et se taire ? Le pari suivant a été pris. Sortir des sentiers battus de l’impossibilité de mener seul un travail de quelque valeur, un groupe institutionnalisé en équipe étant la règle dans tous les domaines de la vie scientifique, politique ou culturelle.
Alors, surtout ne pas constituer de communauté, tout faire pour que chacun soit respecté en tant que personne capable de choisir ce qui lui convient, ne pas chercher à imposer, ni même à convaincre, devint la ligne de conduite. Comment faire ? Le vieux ( 2600 ans) Socrate vola à notre secours : se contenter de poser des questions, en laissant au lecteur le soin de répondre ou de se taire. La méthode aboutit logiquement à aller explorer sans complexe et sans exclusion les frontières de toutes les connaissances pouvant contribuer à un bon ou à un mauvais état de santé des humains.  Je revendique la responsabilité du choix de toutes les lettres publiées. Certaines ont été écrites à ma demande. Tous les auteurs, ainsi que les indispensables collaborateurs techniques bénévoles ont toute ma reconnaissance. Une mention particulière pour Jacques Grieu. Ses poèmes de non soignant, depuis des années, amènent un souffle d’air vivifiant en évitant aux lecteurs réguliers de sombrer sous l’ennui de sujets parfois bien austères. Moins méconnaitre, c’est déjà un immense programme. Car il y a, à la fois, ce qu’on ne connait pas encore et ce qu’on connait « de travers».
L’un de mes premiers correspondants par Internet, dont j’ai oublié le nom, m’a dit en substance la chose suivante : ne regardez pas autour de vous pour savoir si c’est bien ou si c’est mal, continuez à creuser votre sillon. C’est le mot de la fin.

____________________________________________________
Notes de l’auteur :
(1) Exmed  est ainsi défini comme un Objet Virtuel Non Identique

(2) Il s’agit du plan Juppé de 1995, sous le quinquennat de Jacques Chirac, destiné à sauver définitivement notre système d’Assurance Sociale ( maladie et retraite) de son déficit croissant. La mise en place, pour ne pas avoir à risquer le vote du Parlement, a été effectuée par des ordonnances autoritaires.

(3) Pour reconstituer l’historique de cette publication, voici ses premiers numéros.  http://www.exmed.org/arlem/arl971.html#lem2

Présentation de Jacques Blais et des autres collaborateurs historiques d’Exmed http://www.exmed.org/exmed/and.html  

_____________________________________________

Os Court :

 «  Mille ans sont comme un jour. » 
Livre des Psaumes 84,11



                

Je vous le donne en mille CO Exmed

Je vous le donne en mille LEM 1000


Au milieu des mille obligations de votre journée, prenez un instant pour prendre connaissance de notre LEM portant le numéro 1000. 



  Sans lecteurs, et de tous les continents de la planète, cette lettre hebdomadaire ne serait que la bouteille jetée à l’eau par un naufragé désespéré sur une ile déserte.


À vous de lire la LEM 1000, si le coeur vous en dit. Lien : http://www.exmed.org/archives17/circu1000.html

Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 30-31 janvier 2017  www.exmed.org

jeudi 26 janvier 2017

Les pharmacies aussi CO Exmed

                     
    Les pharmacies aussi

La politique de destruction par asphyxie économique des professions de santé non hospitalières a été inaugurée en France par les ordonnances du premier ministre Alain Juppé en 1996. C’est, mystère de notre démocratie, une façon prévue par la Constitution de 1958 de promulguer une loi sans avoir à passer par le vote du parlement. 

    La désertion progressive des cabinets privés de généralistes,  gagnant même Paris, témoigne de l’avancement de la destruction.

    Ce sont maintenant les officines pharmaceutiques qui subissent le même sort. Un seul chiffre : une pharmacie disparait tous les trois jours en France. Plus de médecins généralistes, faute de relève, plus de médicaments disponibles dans son quartier ou son village, quel avenir préparent donc à ceux qui n’ont pas une santé de fer nos têtes pensantes ?


Nos bateleurs électoraux si bavards ne se mouillent pas sur ce sujet.

Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 27-29 janvier 2017  www.exmed.org

mercredi 25 janvier 2017

Epigénétiquement parlant CO Exmed




Epigénétiquement parlant


Le valproate de sodium, anti-épileptique vendu en France depuis 1967 sous le nom de Dépakine, absorbé par des femmes enceintes est soupçonné être à l'origine de malformations néonatales. Des perturbations complexes de l'expression des gènes sont suspectées disent les pharmacologues. C'est l'occasion pour des professionnels de la santé, ou de simples esprits curieux, de faire un point sur une branche récente de la biologie : l'épigénétique. Sa majesté Internet, via son fidèle Wiki, nous apporte ses lumières.  https://fr.wikipedia.org/wiki/Épigénétique
    Juste de quoi se sentir un tout petit peu moins ignorant, ça fait du bien. Quand les micro et autres peu explorées nano particules nous cernent, ce n'est peut-être pas du luxe.

Dr F-M Michaut , CO d’Exmed 25-26 janvier 2017  www.exmed.org

dimanche 22 janvier 2017

À quoi servent les voeux ? LEM 999

Lettre d'Expression médicale
LEM n° 999
  http://www.exmed.org/archives17/circu999.html
    23 janvier 2017

                           
              

            

                                 À quoi servent les voeux ?

                                 Docteur François-Marie Michaut

  

 

   Le mois de janvier s’achève. Avec lui se clot la période traditionnelle des voeux de bonne année, et, n’en déplaise aux intérêts légitimes des soignants, de bonne santé.

   Bien étrange période de l’année que celle de ces voeux rituels, du plus modeste citoyen jusqu’à la tête de notre État drapé de tricolore, personne n’y coupe. Jusqu’à l’écoeurement, parfois, tant tout ce bien qu’on nous souhaite pour la prochaine année semble peu crédible.
Posons alors la question iconoclaste : est-ce que ces voeux, ça sert vraiment à quelque chose? Ou bien ce n’est que la survivance d’une croyance dépassée ?
Il est courant, nous dit-ton, que dans les hôpitaux américains, les infirmiers et les médecins prient pour et avec leurs malades. Crime de lèse laïquat en France !

  Vouloir guérir, vouloir que les autres guérissent, cela influence-t-il l’évolution de nos maladies ? La question n’est pas illégitime. Nous observons depuis toujours la variabilité extrême, de la santé apparente à la mort, de nos affections des plus bénignes aux plus graves. Sans pouvoir en donner la moindre explication scientifique sérieuse.  Une fois de plus, cet effet placebo qui ne répond à aucune causalité rationnelle classique, se dresse devant nous. Nos amis chirurgiens voient chaque jour combien les suites opératoires sont différentes selon la façon dont leurs patients envisagent leur avenir. Lourdes, La Mecque, Jérusalem ou Bénarès, bon an mal an, font toujours le plein.

   L’idée s’impose d’elle-même. Les mêmes causes, si tant est qu’on les connaisse toutes, ne produisent pas les mêmes effets chez tous. L’humanité aurait disparu depuis longtemps de ses grandes épidémies. Nous avons une certaine marge de manoeuvre, grâce à nos intentions, pour modifier ce qui nous arrive. Dit d’une autre façon, notre futur subit l’influence de notre présent .  
Pour tenter d’illustrer ce propos, le futur se présente comme la bifurcation vers une des branches d’un vaste faisceau l’éventualités possibles. Beaucoup dépendent de facteurs purement mécaniques bien explorés par les sciences. C’est le déterminisme que nous connaissons bien. Mais pas toutes, et dans une proportion encore ignorée.

     Les souhaits que nous pouvons faire, à haute ou à basse voix, ne sont pas une simple manifestation de gentillesse mièvre. Ou de méchanceté absolue, si c’est du mal que nous voulons aux autres.  Parce que les voeux, ça marche dans les deux sens, comme on l’oublie trop souvent. Oui, on a oublié que jusqu’au XVIIIème siècle la malédiction était un acte terrible. Capable de sceller la destinée dramatique du maudit. La bénédiction, sans doute affadie sous nos cieux par des déluges d’eau bénite, en est une autre expression plus familière.
Me voici contraint de donner à ceux qui m’ont fait l’honneur de me lire, une réponse claire à la question soulevée par le titre de cette LEM. Oui, les voeux que les hommes font chaque jour servent à quelque chose : à infléchir, même imperceptiblement, notre futur à tous. Bonne nouvelle : nous ne sommes pas que des marionnettes mues par un hasard aveugle.

Os Court :

 «  Tous les hommes font la même erreur, de s’imaginer que bonheur veut dire que tous les voeux se réalisent. » 
 Léon Tolstoï


Question du mois CO Exmed

Question du mois LEM 999

Nous croisons tellement de gens qui donnent des réponses à tout et à n’importe quoi que nous avons besoin de nous désintoxiquer un peu. La LEM de la semaine, fidèle à son habitude, se contente de poser une question : À quoi servent les voeux ?


Et, à chacun, s’il le désire, sa propre réponse.


F-M Michaut , CO d’Exmed 23-24 janvier 2017

vendredi 20 janvier 2017

Ceci n'est pas une histoire belge (Exmed)

















            Ceci n’est pas une histoire belge


    Nos confrères belges, lassés de se voir imposer par les systèmes d’assurance des soins de santé des tarifs de plus en plus limités envisagent de déterminer eux-mêmes le montant de leurs actes. L’exemple risque fort de faire tache d’huile en France tant les médecins disent haut et fort en 2017 qu’ils supportent de moins en moins les contraintes administratives et financières imposées par la conjonction de l’État, de l’Assurance maladie obligatoire et de la nébuleuse opaque des complémentaires.
   Blouse blanche ou pas, la servitude professionnelle organisée est une grave atteinte à la liberté et à la santé de chacun.

F-M Michaut , CO d’Exmed 20-22 janvier 2017

mercredi 18 janvier 2017

Pusillanimité ordinaire













    Pusillanimité ordinaire



     Il y a deux jours, nos informateurs nationaux nous gavaient d’une épidémie de grippe qualifiée bien légèrement de redoutable. Depuis hier, plus question de virus, c’est une exceptionnelle (?) vague de froid dont nous devons redouter les mortelles conséquences. Tremblez, braves gens. Vous êtes en permanence en danger, mais nous qui savons tout ce qui se passe, puisque nous sommes des experts de l’information,  nous veillons sur votre sécurité.
    En médecine, jadis, on n’hésitait pas à fustiger ces malades qui, tels des enfants, ont peur de tout en les traitant de pusillanimes. Mais qui connait encore ce terme ?
F-M Michaut , CO d’Exmed 18-19 janvier 2017

lundi 16 janvier 2017

MAUVAIS GENRE lem 998

Lettre d'Expression médicale

LEM n° 998             
http://www.exmed.org/archives17/circu998.html
    16 janvier 2017

                
              
                       MAUVAIS GENRE
                         Jacques Grieu

  


La théorie du genre a fait couler des encres,
Et à de grands fantasmes a servi d’épicentre.
Le rapport entre sexes est-il si compliqué,
Que l’idéologie doive nous l‘expliquer ?

Quand je parle du genre, plus prosaïquement,
Je pense à tous ces noms aux sexes… fluctuants.
Masculin, féminin ? Se posent des questions
Dont seul, le dictionnaire a la vraie solution.

Un abaque ? Ou bien une ? Abysse est-il plus clair ?
Que dire d’obélisque, effluve ou urticaire ?
Opprobre ? Il est sur moi en l’affirmant femelle…
Quand oasis ou dartre, eux, seraient bien tels !

Certains noms ont deux sens selon le ou bien la :
Le poste ou bien la poste on le constate là.
Mais le livre et la livre, un page ou une page,
Sont pièges androgynes égarant tous les âges !

Dans le genre, on a pire et même cent fois pire :
Délice, orgue et amour, l’honnêteté respirent.
Et pourtant, au pluriel, leur genre est… inversé,
Virant au féminin dès que deux sont cités !

Ces fautes sur le genre exposent aux cris d’orfraie
Mais, orfraie, de quel genre ? On connaît mal le vrai !
Termite est masculin, qu’il soit femelle ou mâle
Iguane est féminin : trouvez-vous ça normal ?

Quand on va outre-Rhin, le lune est… masculin :
Parce que la soleil, serait au féminin ?
La façon de les voir tient-elle à ces pays ?
L’ancienne adoration aux sexes a obéit ?


Le mélange des genres est mal vu, c’est connu.
Il fait bien mauvais genre et souvent, a déplut.
Donc, se donner un genre, il faudrait à tout prix ?
Mais sans prôner alors, la dite théorie !

Pour ce dernier quatrain et clore ce programme,
Je voulais terminer sous forme d’épigramme ;
Mais je suis pris d’un doute : est-il bien féminin ?
Alors, un épitaphe ? Est-il, lui, masculin ?

Jacques Grieu






Os Court :

 «   Quiconque a détruit un préjugé, un seul préjugé, est un bienfaiteur du genre humain. » 
 Chamfort



          

XX ou XY ? CO Exmed





XX ou XY ? LEM 998


Les médecins sont dressés à faire la différence entre le sexe chromosomique et le sexe apparent que retrouve l’examen clinique. Ils devraient donc, intellectuellement , être vaccinés contre toute «théorie du genre». Ce qui n’est pas le cas de leurs patients ! Jacques Grieu nous entraine avec la LEM 998 MAUVAIS GENRE www.exmed.org/archives17/circu998.html dans une balade troublante sur le sexe des mots. Vous savez ces mots sans lesquels aucun acte médical n’est possible.

F-M Michaut , CO d’Exmed 16-17 janvier 2017

samedi 14 janvier 2017

Virus en questions CO Exmed

Virus en questions

- Comment se fait-il que les pays d’Asie constituent le point de départ de toutes les grandes épidémies ? Chaleur, humidité, densité humaine exceptionnelle, richesse en faune sauvage, peut-être. Mais alors, pourquoi sommes-nous plus atteints durant la saison froide?
- Comment se fait-il qu’une souche virale de la grippe puisse toucher de façon préférentielle les sujets de plus de soixante cinq ans ? Où donc nos plus jeunes ont-ils bien pu trouver des anticorps qui font visiblement défaut aux vieux ?


La virologie et sa cousine l’épidémiologie demeurent des sciences balbutiantes. Ce qui n’a strictement rien de honteux si on ne veut pas faire croire au public qu’on maîtrise tout.

F-M Michaut , CO d’Exmed 14-15 janvier 2017

mercredi 11 janvier 2017

Un million d'enfants Erasmus

Un million d’enfants d’Erasmus

Le programme d’échanges universitaires internationaux Erasmus a peut-être donné naissance au premier groupe important de vrais européens. Le journal El Periodico del Catalunya nous apprend, effet secondaire remarquable, qu’un étudiant Erasmus sur trois des années 2000 a trouvé son/sa partenaire de coeur au cours de son stage. Remarquable agence matrimoniale, pour le moins imprévue, mais au résultat remarquable. Parions pour une solide pépinière de petits vaccinés dès le biberon au populisme et à l’intolérance à ceux venus d’ailleurs.
Pas stérile, le père Erasme 1467-1536 !

F-M Michaut , CO d’Exmed 11-12 janvier 2017

dimanche 8 janvier 2017

Médecin ou fonctionnaire ? LEM 997

Lettre d'Expression médicale
Version courriel  Désabonnement
LEM n° 997
http://www.exmed.org/archives17/circu997.html
    9 janvier 2017


                           
              
                      Médecin ou fonctionnaire ?
                      François-Marie Michaut

  



  Dans l’intérêt de qui doit travailler la personne qui a choisi  de consacrer sa vie professionnelle à exercer la médecine de soin ? Posez la question autour de vous. La réponse, avec un soupçon de surprise devant votre interrogation naïve, sera unanime. La fonction du médecin, c’est de soigner les malades qui font appel à lui. Tout médecin doit être au service exclusif de ses patients. Point barre.

C’est  ne pas tenir compte de la réalité du lien qui existe obligatoirement dans toute entreprise entre le patron et les personnes qui travaillent pour lui. Le chef, c’est celui qui paie, l’éxécutant. Le subordonné, c’est celui qui est payé. Pas moyen de sortir de ce mécanisme de dépendance, quel que soit  le statut, public ou privé, de l’entreprise. La fonction publique, de façon plus ou moins subtile ou indirecte, n’échappe pas plus que le secteur privé ( il y en a aussi en médecine)  à ce rapport de pouvoir.

La Grande-Bretagne a fait le choix de nationaliser la médecine en créant le National Health Service en 1948.  Quoi qu’on pense de ce système, la situation est sans ambiguité. A la même époque, la France a conservé sa longue tradition de médecine privée  tout en développant depuis 1958 pour des raisons idéologiques sa médecine hospitalière publique. Donc d’un côté une médecine à la fois généraliste et de plus en plus spécialisée exercée par ce qu’il est convenu de nommer des libéraux, et de l’autre une médecine salariée hyper hiérarchisée en charge de tous les hôpitaux, petits et grands tentant de s’occuper de tout. Avec, cerise sur le gateau, merci Robert Debré l’ami du général de Gaulle, le monopole de la formation des jeunes médecins par un corps professoral composé uniquement - ou presque- de praticiens hospitaliers à temps complet. Objectif annoncé : raffler autant de prix Nobel que les américains. Lent mouvement souterrain des services publics et de l’assureur maladie obligatoire unique pour prendre totalement possession de la santé devenue ,au fil des ans et de l’effondrement des doctrines, un enjeu politique majeur. Avec, à terme, dans une option purement technocratique,  la disparition  programmée par asphyxie de toute médecine privée.

  Mais, en vérité, personne ne semble se soucier vraiment en France de ce que désirent les patients, ni de ce que veulent, et ce que peuvent vivre leurs médecins pour exercer au mieux leur travail.
Est-il possible, ou simplement souhaitable, qu’un médecin soit libre de prendre  sous sa seule responsabilité les décisions multiples qu’impose son métier ?
Est-il préférable que tout praticien fasse passer les ordres de sa hiérarchie fortement structurée, standardisée, réglementée, surveillée et organisée avant toute autre considération liée au patient ou à sa propre conscience professionnelle ? Individuel ou collectif, seul ou en équipe ?

En disant les choses d’une autre façon, il devient urgent d’ouvrir un débat public sur une question qui nous touche tous. Le libre-arbitre médical si menacé est-il une valeur fondatrice de toute médecine à encourager. Ou bien le déterminisme implacable des technosciences et de leurs promesses flamboyantes doit-il définitivement décider qu’il n’a plus aucune raison d’être en 2017 ?  Que toute médecine doive être administrée.
   Voilà de quoi faire peur à plus d’un, mais  la réalité d’une dualité devenue intenable pour tout le monde nous met le dos au mur. Il va falloir trancher au bistouri, et sans anesthésie. Plus question de nous cacher derrière de prétendus acquis sociaux indépassables ou des principes intangibles qui ne sont plus que des gueunilles antiques partant en lambeaux. 
Désolé, mais là, on n’est plus dans la philosophie de salon, mais bien dans la pâte humaine la plus élémentaire. La seule dont nous soyons faits pour qui veut bien regarder autour de lui.

NDA : La vie a fait que j’ai exercé en même temps en clientèle libérale et en exercice hospitalier. Assez pour réaliser qu’il s’agit bien de deux façons de vivre le métier de médecin.  Aussi différentes et non miscibles que l’huile et l’eau.



Os Court :

 «  La France est un pays extrêment fertile : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts. » 

Georges Clémenceau, ancien interne des hôpitaux de Paris

Seul ou à plusieurs LEM 997

Seul ou à plusieurs LEM 997


Homo sapiens sapiens est un animal étrange. Contrairement à nos espèces cousines, il est à la fois fabriqué pour vivre seul et ne pas pouvoir se passer de ses semblables. L’exercice de la médecine se heurte à ce paradoxe. Tel est le thème de la LEM 997 Médecin et fonctionnaire à http://www.exmed.org/archives17/circu997.html
F-M Michaut , CO d’Exmed 9-10 janvier 2017

vendredi 6 janvier 2017

Pipette versus pipelettes CO Exmed


Pipette versus pipelettes

De la vitamine D administrée en pipette, et un nourrisson de quelques jours qui décède brutalement. Drame humain terrible pour une famille, c’est indiscutable. 
Mais que sous la poussée des médias et au feu ravageur des réseaux dits (trompeusement) sociaux, ce fait divers devienne une affaire d’État, il y a une somme indigeste d’attitudes irresponsables. Le résultat : l’interdiction de vente  en France d’un médicament. Utilisée empiriquement depuis 1829, la vitamine D antirachitique a été identifiée dans l’huile de foie de morue en 1922 par Elmer McCollum . Juste 95 ans de bons et loyaux services, c’est pas si fréquent en pharmacologie. Le principe de précaution agité à tout bout de champ devient aussi ridicule que les feuilles de vigne sur les sexes masculins antiques des statues papales. Dame Pétoche, soeur jumelle de Pipelette, pour nous  persuader de votre haute vertu salvatrice, vous semez sans scrupule des vents destructeurs.


F-M Michaut , CO d’Exmed 3-4 janvier 2017

mardi 3 janvier 2017

Lectorat Exmed 2016


Lectorat Exmed en 2016
 

Durant l’année, les internautes ont effectué sur le site Exmed www.exmed.org  100 721 visites au cours desquelles ont été consultées 418 337 pages. 
Au cours du mois de décembre, les nationalités des visiteurs, par ordre décroissant ont été les suivantes :
- Etats-Unis : 18 570
- Allemagne : 11 072
- Russie : 6 068
- France : 2 607
- Grande-Bretagne : 2 134

Etrange pour une publication résolument francophone.

   À tempérer par le fait que ce sont les internautes français qui ont, quand mêrme, « consommé » le plus de pages !

F-M Michaut , CO d’Exmed 3-4 janvier 2017

PRÉCIPITATION (LEM 1098)

                                           La vitesse est un don des nouvelles techniques ; Chaque jour, en extase, on en fait des cantiq...