Guérison LEM 966

Lettre d'Expression médicale
LEM n° 966
http://www.exmed.org/archives16/circu966.html
6 juin 2016

                              Guérison
                     
                           Docteur François-Marie Michaut


   Autant ce mot est espéré, voir exigé de leurs soignants, des malades, autant la notion même de guérison met les médecins dans leurs petits souliers. Il est certain que le retour absolument exact au fonctionnement du corps et de l’esprit tels qu’ils étaient avant d’affronter la maladie, l’accident ou le handicap est une vue de l’esprit hors de toute réalité possible. Hier ne peut jamais être aujourd’hui, ni aujourd’hui ce qui était hier, pour nous les mortels. La restitutio in integrum demeure du seul domaine des hommes de loi.
 La guérison, en médecine populaire traditionnelle - donc réputée non scientifique - est la raison d’être immémoriale et planétaire des guérisseurs. Les blouses blanches ont alors une tendance viscérale à voir rouge. Sortir de la maladie avec des moyens étrangers aux connaissances médicale est un péché contre la science. Et contre toute logique.
Et pourtant, un jeune juif de Nazareth, prénommé Jésus, sous la lointaine occupation latine, s’était fait, à partir de trente ans, une réputation de grand guérisseur. Les récits de sa vie, rapportés par les évangélistes il y a environ deux mille ans, en témoignent. Guérisons miraculeuses, comme en revendiquent toutes les religions du monde.
Depuis lors, main mise de tous les esprits des églises chrétiennes, utilisant ce genre d’évènement spectaculaires comme une preuve de l’existence de leur Dieu. Jusqu’au jour où un certain Galileo Galilei mit douloureusement le feu aux poudres d’une toute jeune pensée scientifique indépendante des pouvoirs religieux. Cette fracture, d’abord timide,  Inquisition oblige, n’a fait que se renforcer depuis. Et la science est devenue, dans sa grande majorité, athée.
La réticence médicale devant ce dont sont crédités par la rumeur publique les guérisseurs s’inscrit dans cette tradition culturelle. Qu’est-ce que c’est que ces gens, qui, pour la plupart, n’ont pas fait d’études spécifiques ? Qui disent avoir « reçu le don » d’une autre personne ? Qui prétendent qu’ils ont le pouvoir de manipuler des énergies dont la science médicale n’a aucune connaissance ? Qui prétendent soigner par l’imposition des mains, par des rituels dénués de sens digital et même hors de la présence physique du supposé malade ? Il y a de quoi être troublé, n’est-ce pas ? Même quand des traditions médicales bien plus anciennes que la notre mentionnent avec la plus grande précision des « méridiens » inconnus de l’anatomie et de la physiologie occidentales où circulent, là encore, des énergies indéchiffrables avec les outils intellectuels que nous fournit sa majesté la physique, la reine incontestée et indétronables de toutes nos sciences. 
La clinique, quand elle est honnête, est bien obligée de reconnaître l’existence de phénomènes dits, doux euphémisme, « médicalement non explicables». Il est bien connu que des services hospitaliers aussi rigoureux que ceux soignant les grands brulés utilisent discrètement les soins de « coupeurs de feu», sans se soucier qu’ils se disent magnétiseurs.

Tout médecin expérimenté a pu observer au cours de sa carrière des évolutions de maladie, y compris les plus redoutables, totalement inexplicables. Quelque chose comme une guérison, non attribuable aux traitements mis en oeuvre en désespoir de cause, survient de temps en temps. Suffisamment quand même pour que la sagesse médicale ait retenu l’adage suivant : en médecine, jamais et toujours, ça n’existe pas.

Ces situations médicales, au même titre que ce placebo évoqué ici il y a peu de temps ( LEM 964 ), mettent en échec nos connaissances du moment. Elles méritent donc tous nos efforts pour devenir, enfin, compréhensibles. Car, il est logiquement à parier, que dans ce sillage intellectuel, beaucoup de phénomènes que nous ne comprenons pas peuvent devenir transparents. Naïve vue d’un esprit rêveur ? Peut-être, mais peut-être pas du tout si nous faisons l’effort d’aller explorer des voies encore inconnues. Inconnu ne voulant surtout pas dire qui n’existe pas !


                  




 

 Os Court :
 « Comment, vous qui guérissez les autres ne vous guérissez pas vous-mêmes ? »

      
Esope ( 621- 564 av J-C)
              


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